Yop !! Merci pour vos review !!! Ca fait, encore une fois, cré, cré plaisir !! (ouais, je radote, mais c'est symbolique je trouve de remercier les gens pour leurs encouragements :) ).
Enfin bref, voilà donc le 8ème chapitre, que j'ai eu beaucoup de plaisir à écrire, d'ailleurs, car cette scène me trottait dans la tête depuis un moment - donc j'espère très beaucoup qu'elle vous plaiera autant que moi ! :D
Allez, j'arrête de vous embêter, bonne lecture !!
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Chapitre VIII
Sous le masque
Envy réfléchit beaucoup, dans le train, s'éloignant sans un regard supplémentaire de la cambrousse de Lust, encore trop irrité pour envisager quelconque ressentiment. Installé seul dans un imposant compartiment (étrangement, après avoir croisé le regard du jeune homme, chaque potentiel voisin avait fait demi tour – dont deux d'entre eux qui semblaient s'être prit des droites récemment, à en juger leur visage de fils à papa boursoufflés), il s'attarda à faire glisser ses doigts le long de son plâtre, désormais moins imposants que quelques jours auparavant, s'étendant du coude au poignet, lui laissant la liberté d'au moins pouvoir plier le bras (le Dr. Mustang avait manqué l'étouffement en découvrant l'extraordinaire régénération cellulaire de l'adolescent, qui ainsi pus réduire sa surcharge de plâtre).
Bon, très bien, il allait à Central trouver le minimoy. Mais après ? Qu'allait-il lui dire ? Lui faire ? (quoi que cette question était plutôt stupide, en fin de compte). Ouais, Envy réfléchissait, et pas qu'un peu. Il se triturait les méninges littéralement, à s'en donner la migraine, sans pour autant trouver des réponses plausibles à ses interrogations. Déplorable.
Très vite épuisé par la surcharge pondéral d'effort mental (yeah, et ça rime en plus !), il s'endormit et fut brutalement tiré du sommeil par le crissement désagréable des freins emprisonnant les rails, et de cette voix continuellement égale qui lançait d'un ton mécanique dans tout le véhicule : « Arrivé à Central. Terminus. Nous vous souhaitons un agréable séjour. Vérifiez de ne rien avoir oublier à bord du train. ». Tout en maudissant cette voix et se promettant que s'il trouvait à qui elle appartenait il lui casserait la gueule, il descendit et sortit d'un pas rapide de la gare, s'étant désormais mit en tête de trouver un lieu où dormir. Suivant les panneaux qui lui indiquaient les hôtels, il allait tourner à gauche pour suivre sa route, sans faire attention à quiconque, qu'un attroupement bruyant face à lui l'interloqua, et qu'il daigna lever les yeux. C'était des groupes de jeunes, en majorité, qui semblaient s'extasier devant une affiche, brandissant des stylos, comme s'ils cherchaient à y noter quelque chose. Intrigué, il décida de satisfaire sa curiosité et joua brutalement des coudes pour arriver face à l'affiche en question : elle était imposante, d'un rouge sombre, et des annonces en écriture fines et penchées y laissait lire :
SOIRÉE MASQUÉE DU NOUVEL AN.
Quoi de mieux pour passer une bonne soirée que de rencontrer des inconnus, tout en étant incognito ? C'est ce qu'aujourd'hui propose le maire de Central, organisant une soirée inédite, réunissant des personnes entre 15 et 65 ans.
La soirée est à thème. Pour créer originalité et prestance, il sera obligatoire de venir déguisé en médiéval, le plus méconnaissable possible, imitant la haute aristocratie du Moyen-âge. Ne seront acceptés que les personnes déguisés et masqués !
Attention : les places sont limités ! Inscrivez-vous rapidement sur la liste ci-dessous et rejoignez-nous !
Note informative : l'alcool sera présent mais payant.
Déviant le regard, Envy constata qu'en effet, quelques feuilles empilées les unes à côté des autres laissait percevoir un tableau, où déjà un bon nombre de noms siégeaient. Affligé par cette stupidité, il allait faire demi tour qu'un nom lui attira l'attention ; Edward Elric, suivit d'Alphonse Elric et de Winry Rockbell. Alors ils y allaient ? IL y allait ? Laissant son visage se mouvoir dans ce sourire si sadique et emprunt d'une sournoiserie inimitable, il s'empara d'un stylo des doigts d'une fille quelconque – qui n'eu pas même le courage de protester en croisant son regard – et nota rapidement son nom, déjà excité à l'idée de surprendre le nabot d'une arrivé fracassante en tenu médiéval. Ca promettait d'être drôle. Oui, très, très drôle.
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Edward soupira, désespéré. Pourquoi avait-il accepté, déjà ? Ah oui. Winry. Elle et encore elle. Elle avait exigé de lui qu'ils aillent à il ne savait quel soirée masquée de Central, comme quoi ils allaient s'amuser comme des petits fous. Étrangement, maintenant qu'il se retrouvait enfermé dans une salle de déguisement depuis bientôt trois heures à essayer sans arrêt des costumes encombrants, laissant des femmes passionnées prendre ses mesures compliquées (oui, car il était rare de voir un homme de sa carrure aussi… enfin constatant que les pantalons étaient UN PEU grands), l'amusement se faisait moins présent, bizarrement. Alphonse, à deux mètres de lui, également monté sur une petite estrade, semblait penser tout le contraire. Il ne cessait de rire, et cette petite journée shoping l'émerveillait. « Une vraie fille… » songea Edward, tentant vainement de trouver des réactions différentes entre Winry et son frangin. Cette dernière, cette jeune femme passé du rand d'amie d'enfance, puis de meilleure amie, et enfin de petite amie, tournoyait sur elle-même dans de grands éclats de joie, alors que son imposante robe bouffante et cintrée à la taille épousait ses formes avec grâce. Elle était superbe, il fallait l'admettre. D'ailleurs, certain hommes, plus loin dans la boutique, la reluquaient sans retenue. Il aurait dû être fier, d'être son petit ami. Il l'avait tellement désiré, après tout. Cependant, quelque chose le gênait, et quelque chose de taille. Peut-être même qu'elle se résumait à l'inéducable présence de cet anneau autour de son annulaire, qu'il n'arrivait à se résoudre d'ôté. Il avait bien comprit qu'Envy était l'auteur de se présent ; comment en être autrement ? Et ainsi, il avait la sensation qu'il était près de lui. Avec lui. Tout le temps. C'était stupide, puisque la simple idée de croiser son regard ébouillantait son sang de rage, mais il n'y pouvait rien, cette situation était incompréhensible.
- Ed ?
La voix de Winry le fit revenir sur terre, alors qu'il s'était perdu dans la contemplation du bijou d'argent ornant son doigt. Il releva les yeux vers elle, et son sourire éblouissant le désarçonna, alors que ses pensées n'étaient pas tellement à sourire. D'ailleurs, il ne comprenait pas vraiment comment elle arrivait à lui sourire. Elle l'avait entendu, le jour de noël, lorsqu'il avait crié le nom d'Envy à la place du sien, alors qu'elle lui faisait le cadeau de sa « première fois ». Ils n'en avaient pas encore parlé, et Edward commençait même à douter du fait qu'elle s'en soit rendue compte… Winry n'était pourtant pas une fille à laisser ce genre d'incident couler tout seul. Bah, il verrait bien, ce n'était sûrement pas lui qui allait se charger d'aborder le sujet : c'était déjà assez humiliant de s'être entendu cette nuit là pour chercher à le crier sur tous les toits.
- Ca va ? s'inquiéta-t-elle d'une voix douce.
- Très bien ! répondit-il aussitôt, presque machinalement.
- Tu as besoin de quelque chose ?
Quelqu'un aurait été plus juste.
- Euh… non, ça va, tout est parfait. J'espère seulement que c'est bientôt terminé.
Le sourire de sa belle s'élargit, et elle lança joyeusement en remontant sur sa propre estrade souplement :
- T'inquiète ! Quelques retouches et c'est terminé ! Ensuite direction le coiffeur !
Edward retint un soupire de désespoir. Peut-être que finalement, la vengeance de Winry consistait à lui en faire baver un maximum.
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La soirée était entamée depuis une heure, qu'Edward s'étonnait d'encore apercevoir des gens arriver. C'était une ambiance étrange, presque malsaine. Tout le monde était déguisé, comme l'exigeait le thème, et leurs masques plus ou moins sombres lui donnaient la sensation de perdre la totalité de ses repères. Il ne reconnaissait plus rien ni personne, c'était comme s'il avait littéralement atterrit au beau milieu d'une soirée mondaine du Moyen-âge, et que la musique sourde provenait de réels instruments d'époques, et non des baffles imposants disposés aux quatre coins de la pièce. Connaissant leur costume, il avait peu de mal à retrouver son frère et Winry, mais c'était sans s'inquiéter devant ces corps mouvant inconnus, souriant sournoisement, comme dans un rêve déroutant et enivrant. Soudainement, alors qu'il tentait avec difficulté de retrouver ses uniques connaissances du regard, l'une d'elle se plaça devant lui, ses cheveux blonds exceptionnellement coiffés en de belles anglaises brillantes et son sourire malicieux ornant un visage masqué à une peau crème.
- Hey, Ed, tu viens danser ? lança Winry, visiblement motivée.
- Euh… hein ? Danser ? s'inquiéta-t-il aussitôt, alors qu'il avait élu domicile près des bouteilles d'alcool hors de prix.
- Oui, vient !
Elle l'entraîna sur la piste en lui tenant les mains, et c'est par pure gentillesse qu'il accepta de la suivre. La musique était calme, et les corps effrayants s'agitaient avec plus de grâce et moins de vivacité angoissante. Il posa une main sur la hanche de sa petite amie, l'autre dans sa propre paume, repéra du coin de l'œil son petit frère qui dansait avec une belle inconnue masquée, et les autres invité, s'observant yeux dans les yeux, souriant malicieusement, semblant s'amuser dix mille fois plus que lui-même. Edward et Winry restèrent un instant ainsi, silencieux, leur respiration semblant s'accorder aux trois temps métronomiques de leur pas, puis la jeune femme rompit le silence soudainement, rougissant légèrement, sa main tenant celle du blondinet se crispant soudainement :
- Ed… Je… je voulais te parler de quelque chose.
Soudainement prit de sueur froide, Edward tenta de cacher son malaise en gardant un visage impassible et un silence à en rivalisé avec les morts.
- Je… j'aurais aimé savoir pourquoi est-ce que tu as crié le nom d'Envy, lorsque nous avons… enfin… tu vois…
Tout les muscles du jeune homme se crispèrent, et il fut le premier à s'étonner de sa capacité à encore être capable de garder la mesure, suivant le rythme inlassable de la valse. Ne sachant tout d'abord que dire, il garda le silence, cherchant désespérément une excuse plausible, mais finie par balbutier pitoyablement :
- Je… je m'excuse, Winry… Ce n'est pas ce que tu crois…
- Et qu'est ce que je crois ? s'enquit-elle, indéchiffrable.
Elle était douce, et son regard semblait emplit d'une tristesse infinie. Edward aurait sans aucun doute préféré qu'elle hurle et qu'elle lui frappe dessus de toutes ses forces, allant même jusqu'à lui briser les os avec sa nouvelle clé à molette, plutôt que de se retrouver dans cette situation plus qu'ambiguë.
- Je… je ne préfère pas le savoir, avoua-t-il enfin en baissant les yeux. C'est seulement… que… j'avoue avoir songé à Envy, quelques minutes plus tôt, à… à cause de cette bague…
- Tu crois que c'est lui qui te l'a envoyé ?
Il frissonna ; raviver le souvenir d'Envy lui donnait des crampes d'estomac.
- J'en sais rien, répondit-il. Simplement, ça m'a troublé, et je… j'étais stressé, pour nous deux… Enfin c'était ma première fois… Alors j'ai voulu penser à autre chose pour… pour que tout se passe bien… et voilà… Je… m'excuse.
S'excuser de quoi ? D'être si dégueulasse ? C'était sans doute ça. Edward se dégoûtait littéralement – continuer de mentir à Winry de la sorte était effroyablement répugnant, si bien que l'alcool précédemment ingurgité lui remua l'estomac dangereusement. Le visage de Winry semblait s'être figé dans la réflexion, et Edward patientait silencieusement, attendant sa sentence, ne sachant quoi espéré. Il aurait mérité qu'elle le quitte. Et… Ne voulait-il pas, au fond, qu'elle le quitte ? N'était-il pas certain, finalement, qu'il ne lui ferait que du mal… ?
- D'accord, finit-elle par lâcher d'une voix sombre. Je veux bien te croire.
Le cœur d'Edward se serra. Etait-il heureux ?
- Mais il faut que tu me promettes quelque chose, Ed, reprit-elle.
- Tout… tout ce que tu veux…
- Je… je ne veux plus que tu t'approches d'Envy.
La respiration du jeune homme se bloqua, et la valse qu'ils continuaient inlassablement de suivre était devenue mécanique. C'était comme une tornade de poignard envoyée directement contre son torse, dans une violence inimitable. Il en avait presque les larmes aux yeux, et le masque d'impassibilité qu'il portait sous celui de plastique sembla sur le point de craquer. Lui… ne plus revoir Envy ? Après tout… c'était ce qu'il lui avait dit, à l'hôpital… Pourquoi devait-il s'en désoler ? Envy n'était rien, pour lui. Il était… il était Envy.
- Ed ?
Le petit blond reprit pied, tentant d'ignorer les vertiges qui le submergeaient par le manque de respiration et par le choc provoqué par cette demande douloureuse, puis releva enfin la tête, sourit à sa petite amie du mieux qu'il put, et assura doucement, tentant de s'en convaincre lui-même :
- C'est comme tu voudras, Winry. Je ne reverrai plus Envy, si c'est ce que tu souhaites.
Il n'avait pas envie de faire souffrir son amie d'enfance, elle comptait trop à ses yeux, mais l'idée de ne plus pouvoir approcher cet être si attirant l'attristait autant que le frustrait. Il grimaça intérieurement, et entendit à peine la jeune femme lui lancer joyeusement qu'elle allait chercher quelque chose à boire en lui caressant la joue doucement, qu'il se retrouva soudainement seul, au beau milieu de la piste, immobile et perdu.
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Envy entra paisiblement dans la salle bondée, deux heures après l'ouverture officielle. Il était donc déjà vingt trois heures trente quand le jeune homme se rendit compte jusqu'à quel point la bêtise humaine pouvait mener. La salle des fêtes était décorée de façon extravagante, des tissus dans les tons bordeaux ornant les murs de tout part ; l'estrade généralement confectionné pour des groupes de musique était désormais devenu l'espace grignotage, où la plus part des pleupleux incapables de danser siégeaient (ce qui, il le présentait, allait sans doute être son cas) ; les baffles énormes diffusaient du Beethoven et les danseurs engourdit par leur costumes opulents se dandinaient sur la piste, se cognant les uns aux autres, la plus part incapable de repérer le bon tempo pour les trois temps de la valse. Désespéré par ce manque de savoir faire, Envy s'appuya tout d'abord contre un mur, dans l'obscurité peu difficile à trouver de la salle, et tenta de repérer la raison de sa présence ici. Observant ces corps mouvants, il fut un peu agacé de la difficulté qu'il avait à les reconnaître, et soudain il y eu un mouvement en décalé, quelque chose d'inhabituel dans ce tableau (presque) ordonné, alors que tous les couples marquaient les temps avec délicatesse : deux corps, deux blonds, une fille et un garçon semblaient avoir abandonné l'idée de danser. La fille souriait tristement et annonçait quelque chose en commençant déjà à s'éloigner alors que le jeune homme masqué restait debout, immobile, comme un abruti. Soudain, il se fit bousculé par une femme hilare, et Envy constata sa petitesse déplorable et surprenante comparé à ce corps attrayant et visiblement musculeux. Ni une ni deux, son cerveau mit en marche le radar Elric, et il comprit aussitôt que ce nabot n'était autre que celui de ses désirs. Semblant avalé par la foule, il slaloma avec agilité jusqu'à arrivé près d'Edward, d'un pas rapide et excité par l'impatience.
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Alors qu'Edward se décidait à rejoindre Winry, quelqu'un lui barra la route et lui attrapa la main, posant l'autre sur sa hanche, le collant à lui de façon plutôt osée. Mais… c'était qui, ce gus ?! C'était un homme, d'une tête élevée au dessus de lui, un admirable chapeau relevant des cheveux de jais, seulement deux mèches restant en retrait et tombant devant son visage masqué ; son corps fin et musclé recouvert d'une chemise élégante et froufrouteuse commune à la sienne, cependant ouverte de moitié et laissant apercevoir un superbe torse marmoréen ; son pantalon de cuir surplombé d'une toge aux dorures en surnombre, laissant tout de même apercevoir des chaussures épaisses ne collant pas vraiment avec la perfection surprenante du costume. Le masque noir et argenté couvrait la moitié de son visage, et ces lèvres, ce menton, ce sourire, lui rappelèrent quelque chose avec brutalité. Agacé de ne pouvoir mettre le doigt dessus, Edward lança, sur la défensive, la poigne incroyable de l'homme l'empêchant de s'éloigner de lui :
- Qu'est ce que tu me veux ?! Lâche moi !
- Oh, du calme, le minimoy, ce n'est pas tellement une façon de me souhaiter la bienvenue.
Cette voix traînante, cassée et incroyablement sexy s'ajouta à cette irritante impression de déjà vu, et il ne se rendit compte au bout d'un long moment que l'homme avait déjà commencé à danser, ses pas de géants le faisant tournoyer avec une facilité déconcertante, l'éloignant peu à peu du centre de la piste, mais l'approchant d'une pièce sombre et recluse, à l'abri de tous regards.
- Alors, le nabot, on ne me reconnaît pas ?
Le regard d'Edward glissa le long du bras de l'inconnu qui soutenait le sien, et il aperçu, choqué, une main d'une blancheur d'albâtre décorée d'un anneau d'argent, identique trait pour trait à celui qu'il portait lui-même. Son cœur ne fit qu'un tour, et toutes les informations assimilées s'assemblèrent pour ne former qu'un tout, solide et irréfutable :
- Envy ?!
- Bingo, le nabot ! lança-t-il en riant.
Ils étaient désormais arrivés dans le coin de la pièce, qu'une espèce de couloir annexe, sombre et étroit leur fit face. Ravi, Envy y poussa sa victime avec brutalité, et s'y colla une fois que l'obscurité quasi-totale les avait recouvert.
- Alors, content de me revoir ? s'enquit-il, en commençant d'ors et déjà à faire glisser ses doigts le long de la chaire frissonnante de l'aîné Elric.
Ce dernier réprima un frisson et repoussa violemment son tyran, le tenant à bout de bras collé au mur d'en face.
- Qu'est ce que tu fous ici, bordel ?!
- N'ais-je pas le droit de rendre visite à mon nabot préféré ? railla-t-il.
- N… Non ! Je t'ai dis que je ne voulais plus te revoir, j'ai été clair, non ?!
- Pas tant que ça, lorsque l'on considère que tu as tout de même prit la peine de porter cet anneau, répliqua-t-il en souriant malicieusement, ne jetant pas même un regard au bijou en question, visiblement certain de l'avoir précédemment remarqué.
Edward remercie le ciel de se trouver à l'ombre de son regard, tant ses joues devenaient feu sous cette situation oppressante.
- Je… je ne savais pas que c'était toi, je l'ai seulement trouvé jol…
- Menteur ! coupa brusquement Envy en forçant le passage, se collant à lui de façon indécente, relevant ses bras pour les coller au mur d'une seule main. Comment aurais-tu deviné que c'était moi en voyant cet anneau à mon doigt, si tu ignorais que j'étais celui qui t'avait offert le tien ?
Edward ferma les yeux pour éviter la migraine. La voix d'Envy lui martelait les temps de désir, son corps plus encore, et sa façon de parler, de jouer avec les mots, de construire des phrases compliquées pour achever le brouillard de son esprit fini presque par l'agacer. Il chercha un instant une réponse plausible, un mensonge qui, il le devinait, ne tromperait jamais Envy, mais n'eu pas le temps de formuler quoi que ce soit que les lèvres du brun avaient emprisonné les siennes, d'une passion inédite et foudroyante. Il se crispa ; il devait résister, pour Winry, pour lui. D'ailleurs il ne devait pas être là, c'était interdit. Il devait respecter sa promesse.
Envy, qui, de sa main libre encore à demi masqué par un plâtre imposant, commençait à déboutonner lentement la chemise de son amant, fut coupé par ce dernier, poussant un long soupire, à mi-chemin entre la colère et le désarroi, pour brusquement lui mordre la lèvre inférieur. Surpris et grimaçant sous la douleur, Envy recula vivement, mécontent, et s'exclama en tentant d'ignorer le désagréable goût de sang qui se répandait dans sa bouche :
- Pour qui te prends-tu, microbe ?!
Haletant, Edward éloigna derechef le tyran de lui, et scanda sur le même ton furieux :
- Arrête de croire que tout t'est permis ! Je ne joue plus, alors dégage !
Envy pâlit sous l'humiliation et la fureur, puis, guidé essentiellement par ses nerfs, encercla le cou du petit blond de sa main libre et rapprocha brusquement son visage du sien, la pointe de leur masque respectif se touchant presque.
- Je te l'ais dit, j'ai toujours ce que je veux, alors je te jure que même si tu n'es pas d'accord, je t'aurais !
- Je ne suis pas un objet incapable de réagir, Envy ! Je ne me laisserais pas faire, c'est perdu d'avance si tu attends quoi que ce soit de moi !
- Je n'attends rien de toi, espèce d'abruti !! s'écria le jeune homme, s'étranglant de rage sous ses propres mensonges éhontés mais inavoués.
Edward saisit impeccablement ce moment d'hésitation et en profita pour asséner un colossal coup de poing dans les côtes de son tortionnaire, avant de se rendre compte que le mal d'ainsi refuser ces avances lui brûlait la gorge. Envy glissa un instant contre le mur d'en face, projeté vers la source de lumière qui les aurait trahis, grommelant des jurons incompréhensibles. Il allait reprendre pied et rendre la pareille à ce nabot insolent, qu'une voix féminine et désagréablement familière s'éleva à quelques mètres d'eux, alors que la silhouette frêle de Winry Rockbell se désignait dans la lumière, ses yeux plissés sous son masque et ses mains en visière, tentant de les apercevoir dans l'obscurité régnante.
- Ed ? T'es là ?
Envy sentit le nabot toussoter, se redresser vivement et commencer à s'approcher de la blonde, le regard impassible et froid, ignorant royalement le brun frustré. Furieux d'être ainsi ignoré, Envy empoigna son épaule avant qu'il soit totalement visible et le plaqua au mur une nouvelle fois, pour lui murmurer au creux de l'oreille, trop bas pour que quiconque à par Edward puisse l'entendre, couvert par la musique puissante :
- Je te préviens, crétin, je ne lâcherais pas l'affaire. Je ne sais pas ce qui me retient à ce point, mais de toute évidence tu as l'air aussi obsédé que moi pour ne pas daigner retirer cette bague de ton doigt ; alors attends toi à du folklore, mon gars, t'es pas près de m'oublier.
Edward tressaillit, et enfin Envy daigna le libérer de cette étreinte douloureuse. Sans un mot, sans un regard, le blondinet s'avança vers son amie toujours soucieuse, tandis que le grand brun se tapissait plus encore dans l'ombre, prévoyant déjà le prochain asseau envers sa victime favorite.
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Et en effet, à minuit, alors qu'Edward dansait paisiblement avec sa petite amie, l'esprit vidé de toute compétence à réfléchir correctement, les « Trois… Deux… Un… » significatifs retentirent, puis des explosions de joie, des feux d'artifices, une musique puissante et entêtante qui célébraient la nouvelle année. Légèrement comateux, il fit la bise à tout le monde qui passait, n'y trouvant guère d'intérêt, ne connaissant pas ces lèvres, ces parfums, et s'en fichant éperdument. Winry l'avait embrassé sur la joue avec rapidité avant de s'éclipser vers Alphonse, le laissant perdu au milieu de cette multitude de bras coloré et inconnus. Puis, soudain, au beau milieu de la foule en délire, deux mains encerclèrent son visage – d'une poigne qu'il aurait reconnu entre mille – et des lèvres chaudes, pleines et avides de désir s'abattirent sur les siennes, le confortant dans sa léthargie confuse, le moindre de ses sens aiguisés simplement envers cette personne si familière.
Le baiser prit fin, le bruit assourdissant autour d'eux ne diminua pas cependant, néanmoins masqué par un voile trouble et sélectif prostré au creux de l'oreille d'Edward. Pourquoi sélectif ? Parce que ce soir là, en cet instant, à cette seconde, il n'entendit distinctement qu'une seule voix, unique et inchangeable, la sienne :
- Bonne année, Edward.
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Alors, qu'en avez-vous pensé...??
