Encore et toujours, merci pour vos review géniales, je ne m'en lasse pas ! =) J'avais prévu de poster ce chapitre un peu plus tard, mais j'me suis dis, "pouquoi pas?" J'espère en tout cas qu'il vous plaira, c'est un chapitre... pas forcément palpitant mais indispensable tout de même. La sortie ciné est pour le prochain, vous en faîtes pas ;).

Bonne lecture ! :)

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Chapitre XI

Nouvel élève

L'idée d'être forcé d'aller au cinéma avec Envy était plutôt effrayante, ne sachant à quoi s'attendre, et ne sachant comment tourner la chose face à Winry. Elle se doutait bien qu'il comptait l'emmener : tout petit ami digne de ce nom invite sa copine lorsqu'il a deux billets pour une avant première !

« Enfin, tout petit ami digne de ce nom n'est pas amoureux de son ex-pire ennemi – un homme ! » répliqua sa conscience, dans sa tête.

Prit d'une bouffée d'angoisse, il se frappa le crâne dans sa main, cherchant à faire cesser cette voix agaçante, qui n'arrêtait pas de lui rappeler son côté je-suis-un-bel-enfoiré-et-je-mériterais-d'être-pendu. Et puis, il n'était pas amoureux d'Envy : ça va pas ?!

« Ahem » toussota l'autre.

Nouvelle gifle – il allait réussir à se donner la migraine, sans compter que son prof de math (un homme si gros qu'il en paraissait plus large que haut) le dévisageait de temps à autre, un brin intrigué par son attitude étrange. Ce samedi matin, le cours était séparé en deux, et étant en fin de liste, Winry n'avait pu y assister avec Edward, lui ayant donc signalé qu'elle l'attendrait dans la cour (elle était dingue de vouloir l'attendre dehors par un temps pareille – m'enfin, c'était Winry). C'est donc se noyant dans un ennui mortel qu'Edward ressassait ses malheurs, tandis qu'il sentait le regard glacé et stoïque d'Envy dans son dos, à la diagonale de lui. Il évitait donc minutieusement de détourner les yeux de sa feuille froissée (il était incapable de garder des affaires soigneusement rangé dans son sac) et fermait les yeux pour se contrôler, écoutant le cours aussi peu que sa conscience.

- Eh, Ed ! souffla une voix rauque à sa droite.

Il fronça les sourcils en tournant la tête vers son voisin – un garçon plus ou moins sympa qui n'avait de cesse de mâchouiller un cure-dent, soi-disant pour se faire passer l'envie de fumer (malgré tout Edward ne comptait plus les fois où il l'avait surprit une clope au bec, à l'abri des regards) – et l'interrogea d'un signe de tête. Il s'enquit alors, d'un air intéressé et quelque peu narquois :

- Dis, entre Envy et toi, y s'passe quoi ?

Edward manqua de s'étouffer avec sa salive, et il se redressa promptement, gardant tant bien que mal une mine désinvolte :

- Co… comment ça ?

- Bah, j'sais pas, il arrête pas d'te regarder depuis t'à l'heure, c'est flippant, on dirait qu'il va t'bouffer.

Edward tressaillit, et, juste pour faire bonne figure, mima la surprise et se retourna vers le mateur en question, qui souriait, amusé, ayant à l'instant dévié son regard de lui pour observer calmement le professeur Bouboule (ouais, on sait, c'est mesquin ; mais ce prof était énorme, quand même). Reprenant sa position initiale, il agita sa main devant son visage en marmonnant des « 'fait chaud, ici ! » pour tenter de justifier le feu ardent qui lui était monté aux joues.

- Mais il parait qu'vous vous êtes battu, pendant les vacances, non ? T'en as même encore la lèvre coupé…, insista son voisin, décidément bien curieux.

- Euh… Ouais, opina simplement Edward, pas tellement motivé pour aborder ce sujet avec lui.

- Pourquoi ?

Tain... Il était un peu lourd, tout de même...

- Euh… Il… il était pas content, j'imagine.

- Il parait qu'tu souriais, quand on t'a trouvé, rajouta la garçon.

Edward ferma les paupières pour se calmer, tandis que le regard d'Envy lui brûlait à nouveau la nuque.

- Qui t'as dis ça ?

- J'sais pas, un gars. C'était une fille qui lui avait dit, une copine de Winry, apparemment.

La mâchoire du jeune homme se serra : pourquoi en avait-elle parlé ?! Comme s'il n'en avait pas assez bavé d'avoir été tabassé dans une ruelle !

- T'aurais du porter plainte, t'crois pas ? enchaîna le voisin, qui commençait sérieusement à l'énerver.

- Non, je… j'en sais rien, soupira-t-il, se passant une main dans les cheveux nerveusement.

- Moi c'est c'que j'aurais fait, à t'a place. Franchement, c'type est dangereux ! Et t'es pas le premier gars qu'il tabasse ! Tu d'vrais faire gaffe !

- Merci. J'y penserais.

Il ne voulait pas s'énerver, ça n'aurait servit à rien, et ça n'aurait fait qu'amplifier les railleries d'Envy.

- Ouais, enfin j'te dis ça, c'est pour toi, hein, puisque tout le monde sait qu'vous pouvez pas vous saquer.

- Je sais, merci, réitéra Edward, la tête appuyé dans ses mains, ses ongles s'enfonçant d'agacement dans la chair de son crâne.

- Donc tu comptes faire quoi ?

Te casser la gueule.

- Je… j'en sais rien… je veux pas de problème…, soupira-t-il pitoyablement, s'étonnant encore de ne pas lui avoir foutu une droite.

- Ouais, c'est sur, mais t'sais, y'a beaucoup de gens qui croient qu'il s'passe des trucs entre vous, étant donné qu'ça fait un baille qu'vous vous êtes pas battu au lycée…

Il fronça les sourcils, interloqué. Alors quoi, ils devaient se battre pour que tout aille normalement ?!

- Ah, vraiment ? s'enquit-il, le tourbillon de sentiment qui bouillonnait en lui lui donnant mal au ventre.

- Ouais, c'est c'qu'on dit. Enfin, t'sors avec Winry, d'toute manière, c'est con d'dire ça.

- Oui, c'est con…

L'esprit d'Edward se faisait brumeux, tandis que la voix de son voisin l'abrutissait et que le regard d'améthyste d'Envy lui bombardait la nuque, accélérant son pouls, le souffle haletant.

- Ca t'fais rien, qu'on dise ça ?

Sa main, serrée comme un étaux, réfléchissait sérieusement à l'abattre sur son visage, qu'une fois de plus le grésillement de la sonnerie divine retentit, et que, d'un même bon, Envy et lui furent levés de leur chaise. Ne lui accordant pas un regard, Edward lui passa devant le nez, ses feuilles de cours encore à la main, voulant fuir cette conversation et ce regard à tout prix.

Comme prévu, il retrouva Winry dans la cour, assise sur les imposants gradins qui donnaient accès à un nouveau hall, mais étonnamment pas seule. Elle semblait discuter avec passion à un garçon, d'une tête de plus qu'elle, ses cheveux cuivrés éparpillés devant ses yeux en de souples et fines boucles, dégageant un charisme et une présence qui lui était familière. S'approchant d'eux, il put entendre distinctement quel était le sujet de conversation qui animait tant Winry, et c'est sans surprise qu'il comprit qu'il s'agissait de mécanique, le gars apparemment aussi passionné qu'elle, la dévisageant avec émerveillement de ses grands yeux aux reflets violacés (après tout, ça courait pas les rues, des filles de dix sept ans ne jurant que par les clé à molette, les tournevis et autre gadgets insignifiants). Une fois qu'ils eurent tous deux remarqués sa présence, Winry sursauta, s'empourprant immédiatement, comme si Edward l'avait surprise en train de gaffer :

- Hey ! Ed ! T'es sorti !

- Apparemment, lâcha simplement le petit blond, ne sachant quoi dire d'autre.

Ils se levèrent, et Edward eu la brusque envie de filer un violent coup de poing dans le bide du garçon, juste pour qu'il ne l'écrase pas de sa taille remarquable. Cependant, il ne fit rien, et se contenta d'écouter sa petite amie faire les présentations :

- Edward, voici Seth, il vient d'entrer au lycée.

Le dénommé Seth lui tendis amicalement la main, et il s'apprêtait à la serrer qu'une voix déroutante claironna dans son dos, faisant brusquement flancher son assurance décidément un peu fragile :

- Eh, bouclette ! T'es arrivé aujourd'hui ? s'exclama Envy en apparaissant dans le dos d'Edward, s'adressant apparemment à Seth.

Winry blêmit presque autant qu'Edward, alors qu'ils observaient les deux jeunes hommes se donner une accolade sympathique et inattendue.

- Vous… vous vous connaissez ? souffla Winry, observant simultanément Envy et Seth.

- Oui, répondit joyeusement se dernier, lui adressant d'un sourire éclatant. Nous sommes cousins !

Les deux blonds sursautèrent d'un bon commun, et la jeune femme continua, s'adressant à Envy cette fois :

- Mais… je pensais que tu n'avais plus de famille !

- Nous sommes des cousins éloignés, et il habitait trop loin pour que je puisse vivre chez lui et rester ici, expliqua le brun, mal aimable.

- Mais j'ai décidé de venir lui tenir compagnie jusqu'à la fin de l'année ! rajouta le rouquin avec entrain.

Il était vrai qu'en regardant bien, ils avaient quelques traits similaires. Les mêmes yeux de cette couleur si particulière, la même peau d'une blancheur presque translucide, le même dessin de lèvres, pâles et juteuses, et enfin le même charisme éblouissant, révélant une silhouette remarquable, tracée à la perfection. L'un à côté de l'autre, on aurait cru la représentation d'ange et démon, forgée dans une statue de cire. Seth arborait toujours ce sourire joyeux et enfantin, respirant la bienveillance derrière ses boucles scintillantes, tandis qu'Envy gardait une mine impassible et glacée, ses longs cheveux raides tombant sur lui comme des pics acérés. En les détaillant ainsi, Edward avait du mal à comprendre son attirance irraisonnée envers le jeune homme effrayant, alors que des gars comme Seth étaient largement plus rassurants, drôles et sympathiques.

- Tu es en quelle classe ? s'enquit Winry, stoppant sa contemplation silencieuse.

- Je suis dans la section Littéraire, mais j'ai déjà fait le point avec Envy, nos horaires sont en grande partie identiques.

- Génial ! lança la belle blonde, aux anges.

Edward les dévisagea tour à tour, surprit. C'était quoi, ces regards ? Pourquoi est-ce qu'elle était si intéressé par ce… ce gars ? Certes, il était beau, gentil, et, à l'instar d'Envy, il respirait l'intelligence, mais, merde, il était grand ! Pourquoi semblait-elle intéressée par les gars grands ? C'était les petits qu'elle devrait aimer ! Mince, mais y'en a toujours que pour les grandes asperges, c'est pénible !

Il se perdit un instant dans ses indignations mentales, jusqu'à se traiter d'abruti profond, ayant enfin remarqué qu'il n'était pas sensé polémiquer là-dessus, mais plutôt s'inquiéter du fait qu'elle le regarde ainsi, par ce que c'était lui son petit ami. Les coupants dans les quelques mots qu'ils échangeaient timidement, il toussota bruyamment, ignorant le regard pesant d'Envy qui s'était rivé sur lui, et lança, avec une assurance feinte :

- Bon, tu… tu viens ? On va manger…

- Oh ! Bah, tu pourrais manger avec nous, qu'en dis-tu ? questionna immédiatement la blonde à l'adresse d'un Seth ravi, ignorant totalement son cousin, qui de toute manière semblait à cet instant indifférent à tout ce qui l'entourait, excepté Edward.

- Euh… je… je sais pas… ça risque peut-être de déranger Ed, c'est ton…

Le concerné haussa les sourcils, surpris et paniqué, en balbutiant :

- Euh… je ne… oui, d'accord… pas de souci.

Winry rayonna, tandis qu'Edward se liquéfiait à l'idée de devoir manger face à Envy. Seth et Winry commencèrent à s'en aller, qu'il les apostropha à la dernière minute, sourcils froncés d'incompréhension :

- Eh, attendez ! Al n'est pas encore arrivé !

- Lust et Glutony non plus, rajouta sombrement Envy, qui lui non plus n'avait pas bougé.

Seth observa Winry, embarrassé, jusqu'à ce qu'elle lance, les joues cramoisies :

- Eh bien, on vous garde des places ! Vous nous rejoignez, d'accord ?

Elle semblait hésiter, s'attendant sans doute à une vague de fureur de la part d'Edward. Malgré tout, ce dernier, trop déconcentré par la présence d'Envy à sa gauche, ne réussit qu'à balbutier, dans de légers hochements de tête préoccupés :

- Euh… très bien, à toute à l'heure.

Il détourna le regard, et c'est ravi qu'Envy remarqua la mine déconfite de Winry, qui semblait peu à peu comprendre l'inattention de son petit ami envers elle. Elle acquiesça, puis son sourire revint immédiatement lorsqu'elle croisa le regard de son cousin, qui décidément avait de bien piètres goûts pour si rapidement s'enticher de cette idiote. Puis, soudainement prit d'un élan de mesquinerie, Envy décida d'intensifier le sabotage du couple d'Edward, en s'écriant, railleur, à l'adresse de Seth, qui commençaient à s'éloigner :

- Eh, bouclette ! Evites de lui sauter dessus tout de suite, d'accord ?

Les deux concernés se stoppèrent, rouge de honte, tandis qu'Edward se crispait, ayant inévitablement comprit le petit jeu de son tyran. Cependant, que dire ? Winry avait lancé un regard furieux en direction d'Envy qui ricanait, observa un instant son petit ami silencieux, puis reprit sa route d'un pas lourd, le pauvre Seth trottinant derrière elle, au comble de la gène. Une fois qu'ils furent assez éloignés, et qu'Edward se sentit assez seule face à Envy, il siffla, agacé :

- J'peux savoir ce qui t'a prit ?! Ca va pas bien !

- J'aide seulement la blonde à te lâcher les basques.

- Tu lui fais du mal, abruti !

- Moi ? T'en es sûr ? s'enquis malicieusement Envy, au moment où, d'un côté, Alphonse s'avançait, et de l'autre, les talons de Lust raisonnaient à l'unisson avec les martèlements de pas de Glutony.

Edward se raidit, et il n'adressa pas un regard de plus au beau brun, entraînant Alphonse en avant, laissant le trio inséparable dans leur dos.

- Qu'est-ce qui s'passe ? questionna aussitôt Alphonse, intrigué. Où est Winry ? Pourquoi ils nous suivent ?

- Winry est déjà à la cantine, souffla Edward, agacé. Al, j'ai besoin de toi, rajouta-t-il finalement, après une légère inspiration.

- Il y a un problème ?

- Je… j'en sais rien. Enfin bref, tu te souviens des places que tu m'as offertes ?

- Oui, bien sur, opina le cadet, suivant tant bien que mal les pas précipités de son aîné.

- Bon, et bien tu vois… je comptais emmener Winry, mais en fait, euh… ben Envy m'a volé une place, et je risque de re-finir à l'hosto si je n'y vais pas avec lui. Mais je ne veux pas que Winry le sache, alors… est-ce que tu pourrais… est-ce que tu pourrais faire comme si c'était toi que j'emmenais à cette avant première ?

Edward hésitait. Il avait toujours tout confier à son petit frère, il était son confident et il également la seule personne à qui il pouvait demander cela. Seulement… comme n'importe qui, Alphonse risquait de le juger… A la place, il afficha une mine horrifiée, s'exclamant :

- Envy t'a encore menacé, c'est ça ? Je vais le dire, Ed, c'est du harcèlement, il est hors de question que…

- Non, non, non, inutile, coupa aussitôt le blond, paniqué à ce que quelqu'un l'entende. Je te demande juste ce service en tant que frangin, je… j'ai besoin de toi, là...

Sa mâchoire serrée et sa mine paniqué eurent dont d'attendrir le petit Alphonse éternellement trop sensible, et il souffla, embêté :

- Mais… j'avais prévu de rentré à la maison, ce weekend, pour voir Jennyfer… si je te couvre je vais devoir rester là, et trouver un endroit où passer la soirée, en plus…

- Al, pitié, insista Edward, lui infligeant l'impitoyable regard du chaton malheureux.

Il garda le silence encore un instant, puis soupira, vaincu :

- Bon, d'accord… Mais tu as intérêt à m'expliquer ce qui se passe entre Envy et toi, un jour.

Jubilant sous le soulagement, l'aîné Elric encercla le cou du cadet de son bras en clamant :

- Un jour, peut-être ! En attendant, t'es le meilleur frérot du Monde, Al !

- C'est ça, c'est ça, bah éloignes-toi ! répliqua Alphonse en le repoussant vivement, souriant tout de même.

Derrière, Envy avait observé la scène d'un œil suspicieux, et un sourire satisfait étira un coin de ses lèvres en constatant qu'il avait gagné : il l'aurait, cette sortie au ciné.