En route pour le chapitre 12 !!! Wouhouuuu ! (ouais, je suis là seule à m'emporter, là...) j'aurais aimé le publier plus tôt dans la journée, mais... j'ai pas pus. Sorry. M'enfin, vous l'avez, c'est le principal, non ? :p En tout cas, un grand merci à ceux et celles qui continus de me soutenir, c'est toujours un immense plaisir.

Ce chapitre, quant à lui, et plus long que d'habitude - je n'avais pas envie de le couper en deux.

Allez, bonne lecture, en espérant que vous ne serrez pas déçu !

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Chapitre XII

Une soirée peu commune

Rhaa ! Qu'est-ce qu'il foutait, bordel ?! Il savait pourtant qu'Envy n'était pas du genre patient, alors en plus oser le faire languir à côté de tout ces ploucs qui le bousculaient pour arriver en premier au cinéma, bonjour ! Et puis d'ailleurs, c'était quoi ce délire ? Lust lui avait assuré qu'il fallait être bien habillé pour ce genre de soirée, il s'était donc soigneusement acheté un smoking et s'était fait tout beau tout propre, pour finalement découvrir que tous les adolescents qui les entouraient n'avaient absolument pas daigner se faire beaux (déjà qu'ils l'étaient pas à la base) mais arrivaient, mains dans les poches, en jean et t-shirt troués et transpirant, le dévisageant avec curiosité. De plus, sa meilleure amie l'avait également forcé à porter son bras plâtré en écharpe, la manche de la veste le recouvrant lui donnant la sensation désagréable d'avoir un avant bras trois mille fois plus épais que l'autre. Enfin bref, tout ça pour dire qu'à vingt heures dix, alors qu'Envy commençait sérieusement à se demander si l'autre abruti ne lui avait pas foutu un lapin pour éviter d'avoir à être en face de lui, que sa minuscule silhouette se dessina au loin, ses cheveux éternellement tressé laissant ses mèches rebelles s'éparpiller devant son visage angélique, son épais et habituel pantalon de jais surplombant des chaussures de cuir. Il avait revêtu un long manteau brun, les mains enfoncées dans les poches, n'ayant vraisemblablement lui aussi pas daigné s'habiller correctement. Lust lui avait-elle menti… ??

Alors qu'Envy restait furieusement plongé dans ses pensées, Edward avait achevé la distance qui les séparait, et bien malgré lui il fini par relever les yeux, pour se figer d'ahurissement devant le jeune homme qui lui faisait face. Ce n'était plus du tout le même ; il avait délibérément abandonné son côté androgyne pour un élégant costume noir, surplombant une chemise blanche nouée d'une cravate rouge, ses cheveux libéré de leur inlassable bandeau, retombant nonchalamment devant son visage, dans des mèches moins héritées, plus douce et brillante que d'ordinaire. Jamais au grand jamais Edward n'avait trouvé son tortionnaire aussi sexy, si bien qu'Envy, agacé de sa contemplation, s'écria brutalement :

- Bon, tu te bouges, la fourmi, j'me les pelles, moi !

Edward déglutit difficilement, s'arracha à la vision divine qu'était le parfait visage de son ancien ennemi, puis l'entraîna à l'intérieur du cinéma bruyant, cherchant un moyen de démontrer qu'ils avaient des places déjà achetées.

C'est donc cinq minutes plus tard – après qu'Envy ai opté pour la solution bruyante, à savoir gueuler dans tout le hall pour signaler leur laissez-passer, et ensuite insulter les gens qui avaient le bon sens de ne pas réagir à sa provocation – qu'ils se retrouvèrent dans l'immense pièce clause et sombre, les sièges se remplissant peu à peu. Repérant deux places à peu près au milieu de la salle, assez bien placé pour ne rien manqué du film, Edward commençait à s'avancer qu'Envy lui agrippa le col et le tira en arrière, sur le côté, dans des petites allées déserte où seulement une colonne de trois sièges siégeait les uns derrière les autres.

- Eh ! Attends, pas ici, on va rien voir ! plaida Edward en constatant que le jeune homme s'avançait vers la plus haute et la plus improbable de ces places.

- T'inquiète pas pour ça, tu vas rien manquer, t'en fais pas.

Le ton carnassier qu'il avait employé fit frissonner le petit blond de désespoir, tandis que la mine embêtée de ce dernier ravisait le grand brun. Ils s'assirent, Edward propulsé au siège près du mur, Envy s'asseyant à celui du milieu, lançant un regard assassin au peu de personne qui avaient, comme eux, l'idiotie de vouloir s'installer si loin de tout. Mais à quoi jouait-il ? Tentant de se concentrer sur le film, ils n'échangèrent pas un mot jusqu'à ce que tout le monde ait prit place et que les lumières blafardes s'estompèrent, pour finalement disparaître totalement, les plongeants tous dans un noir quasi-total, seulement ponctué par la luminosité du film défilant.

Au bout d'une heure de film, Edward s'était penché en avant, passionné, oubliant même celui qui était à ses côtés, jusqu'à ce qu'il sente une main glacée se glisser dans son dos sous sa chemise, le faisant brutalement sursauter, heureusement assez éloigné de tous les autres spectateurs pour éviter d'être remarqué. Dégageant la main d'Envy d'un geste brutal, il se tourna vers lui, chuchotant fermement :

- Ca suffit, j'ai déjà dit non !

Il vit l'ombre de son accompagnateur secoué d'un rictus narquois, jusqu'à ce que sa main le propulse en arrière et que la cuisse d'Envy glisse le long des siennes, l'aidant à finalement se retrouver sur ses genoux, face à lui, souriant sadiquement. Collé à son siège, le cœur d'Edward s'emballa aussitôt, alors que les doigts experts du brun s'aventuraient à rapidement déboutonner sa chemise. Ignorant les plaintes silencieuses du petit blond, il fini par laisser son corps à découvert, et faire glisser ses mains d'albâtre le long de ses flancs, pour finalement se coller à lui sensuellement, et lui susurrer à l'oreille :

- Tu ne croyais tout de même pas que je suis ici pour regarder un film, le nabot ?

Edward rougit – feu qu'Envy sentit en posant ses lèves sur les joues de la crevette – et clama en tentant de le repousser :

- Eh bien il va falloir te contenter de ça ! J'ai déjà mentit à Winry, je ne veux pas en plus la tromp…

Il fut interrompu par le baiser brûlant du beau brun, qui immédiatement lui fit perdre le fil de ses pensées, les mains baladeuses d'Envy achevant son désarroi. Ce dernier fut le premier à rompre le baiser, fit glisser sa langue le long des joues brûlantes de son amant, et lança, sa voix cassée et féline tentant à déstabiliser le plus possible le petit être plaintif sous lui :

- Après que tu lui ai annoncé que tu allais soi-disant au cinéma avec ton frangin, elle s'est littéralement jeté dans les bras de Seth ; il l'emmène au restau, ce soir. J'imagine qu'elle ne t'a rien dit, elle non plus, alors t'inquiète pas pour ça, le mensonge, elle connaît aussi.

Envy sourit en constatant le choc d'Edward, et s'évertua à lui embrasser, mordre, lécher le cou, attendant patiemment qu'il s'en remette.

Winry… lui avait mentit ? Enfin, non, ce n'était pas vraiment un mensonge, c'était surtout qu'elle ne lui avait pas dit qu'elle passerait la soirée avec Seth. Mince… ça faisait à peine une journée qu'ils se connaissaient, il l'emmenait déjà au restau ! C'était qui, ce type ? Quoi que s'il était aussi avenant que son cousin, il n'aurait pas de mal à l'amener dans son lit… Non, Seth n'était pas comme Envy. Il était plus honnête, tendre et gentil. Il était ce que méritait Winry. D'ailleurs, à cette pensé, ce ne fut pas de jalousie que son cœur se serra, mais bien de soulagement. Si son amie tombait amoureuse de Seth, elle souffrirait moins, et tout s'arrangerait. Il n'aurait plus de remord, il ne serait plus un enfoiré, et elle serait heureuse… Oui, c'est tout ce qu'il souhaitait, qu'elle soit heureuse ; mais Edward n'était pas celui qui y arriverait, il en était incapable, et ça depuis cet accident de voiture, où Envy et lui avait dévoilés une autre facette de leur haine respective…

- Alors, Edo, on s'endort ? chuchota le concerné à son oreille, le faisant soupirer de désir.

- Envy… même si Seth et Winry… tombent amoureux ; je suis toujours avec elle, je ne peux pas faire ça…

- C'est ta conscience qui t'en empêche ? ricana le brun en griffant sensuellement le torse du blond.

- E-Evidement… Ce n'est sûrement pas mon corps…, avoua Edward malgré lui, se sentant mourir de désir.

Envy remonta lentement jusqu'au visage de l'adolescent, lui mordillant la moindre parcelle de peau, puis souffla, tentant d'y mettre le ton, mais restant de plus en plus agacé de ne pas trouver Edward réceptif :

- Eh bien fais comme moi : ignore la.

Là-dessus, il s'empara derechef de ses lèvres, lui mordillant celle du bas avec tendresse, tandis que le blondinet réfléchissait.

Réfléchir ? Ha, ha, la bonne blague ! Comment pouvait-il réfléchir dans une situation pareille ? Tout son être était partagé en deux : celle de brutalement repousser Envy une bonne fois pour toute (on y croit) ou bien de s'abandonner à ses bras surentraînés, profitant de leur statu d'exclu dans cette salle de cinéma et de l'obscurité qu'elle leur apportait, ainsi que le moyen de faire un tantinet de bruit, les musiques, bruitages ou dialogues de ce film tant attendu attirant l'attention de la population les entourant. Plus il « réfléchissait », plus Envy se faisait présent, ses lèvres désormais glissant sur son torse, dans des coups de langue excitants, des baisers brûlants et impatients, et plus le côté « je le repousse une bonne fois pour toute » ne devenait qu'un vulgaire point à l'horizon. Alors qu'il sentait le brun ouvrir difficilement sa braguette avec les dents, il ferma les yeux, poussa un long soupire de résiliation, s'excusa mentalement auprès de la pauvre Winry trahit, et attrapa les cheveux d'Envy pour le faire se redresser, et s'empara presque violemment de ses lèvres, mettant dans ce baiser toute le désir mais également toute la rancœur qu'il avait pour cette situation.

Ravi, Envy y répondit avec ardeur et passion, ayant finalement décidé de se débarrasser de ces fichus boutons avec la main, libérant légèrement la pression un peu trop étouffée qui se faisait sentir sous le boxer d'Edward. Caressant la bossette du bout des doigts, il ferma les paupières, le souffle haletant et le cœur battant contre ses tempes alors qu'il sentait les mains d'Edward à leur tour tenter de lui ôter la veste superflue des épaules. Acceptant tout de même de lui donner un coup de main, il rompit le baiser à contrecoeur, s'écarta du corps chaud de son amant et tendis les bras pour que ce dernier y fasse glisser le vêtement, le balançant d'une main sur son siège désormais vide et l'attirant à lui de l'autre, encerclant sa cravate de ses doigts tremblants, tandis que lui prenait appuis de son avant-bras plâtré sur le dossier du siège, et de l'autre caressait le torse dénudé d'Edward.

Tous deux étouffaient tant bien que mal (surtout mal) des gémissements de plaisir, ne sachant ni quoi penser, ni comment réagir, ni comment réfléchir. Alors quoi ? C'étaient la deuxième fois qu'ils se touchaient, qu'ils se désiraient, qu'est-ce que ça voulait dire ? Envy se souvint de la douleur qui avait encerclé son ventre en songeant qu'il avait put appartenir, le temps d'une nuit, à une autre que lui, et même en cet instant, alors qu'Edward était sien, l'idée que cela puisse encore être le contraire l'irrita. Il le voulait, toujours plus, encore plus. Il était à lui, et malgré tout le gouffre qui les séparait était toujours présent. Après tout, ils étaient deux hommes, deux ennemis aux yeux du monde (bon, ok, du lycée, mais c'est une façon de parler), ils s'opposaient – que cela soit physiquement ou psychologiquement – ils n'avaient ni la même façon de vivre, ni les mêmes attentes de la vie. Et pourtant, chacun désirait l'autre, ce jour là, dans cette salle de cinéma. Que devaient-ils faire ? Se séparer ? Continuer ? Se cacher ? S'exposer ?

Envy, jusqu'à cet accident de voiture, n'avait jamais songé au fait que ce qui le hantait depuis des années, hormis le visage d'Edward, c'était bien le souci de sa protection. Pourquoi le tabassait-il ? Pour le protéger : le protéger de lui, de sa possessivité, de ses désirs malsains, et du mal qu'il pourrait lui faire. Inconsciemment, il s'était dit qu'en se faisant haïr d'Edward, c'était le meilleur moyen de le garder près de lui. Mais cette barrière était tombée, désormais. Maintenant, ce petit être fragile, ce petit blond si tentant lui embrassait la nuque, faisait glisser ses doigts dans ses cheveux, tandis que les siens dévalaient, savouraient, arpentaient chaque courbes parfaites de son buste, jusqu'à glisser sensuellement vers son entrejambe, crispant ce petit corps entre ses bras, les lèvres douces dans son cou se transformant en de brutaux coups de dents ; l'humain devenant vampire, l'ange devenant démon.

Edward n'avait jamais été si prompte, si avide de désir que maintenant. C'était peut-être le risque, leur exposition qu'ils encouraient, ses fautes, sa culpabilité, ou bien le torrent de sentiments qui l'assaillait, qui l'empêchait de raisonner convenablement. Désormais, Envy avait empoigné sa virilité de sa main doucereuse et commençait de tendre va-et-vient, son souffle éternellement brûlant glissant contre la peau d'Edward couverte d'un film d'eau. Les mains tremblantes de désir, les lèvres crispées pour étouffer ses cris, il déboutonna si brutalement la chemise d'Envy qu'il fut certain d'avoir envoyer valser quelques boutons, pour encercler le torse marmoréen de l'objet de ses désir de ses bras, griffant nerveusement son dos, lui arrachant des gémissements incontrôlés. Malgré qu'il sache être dominé, presque forcé, sentir le corps d'Envy contre le sien, soupirant de plaisir, lui donnait la sensation d'exclusivité. Le brun étant toujours d'une froideur extrême, d'une mal amabilité si étendu qu'il donnait presque le sentiment d'avoir envie de vous tuer ; que le voir, ainsi, joues rosis par le désir, lèvres constamment dépendante des siennes, souffle accéléré grâce à ses gestes, le confortait dans un étrange sentiment de supériorité. Il n'utilisait pas Envy, sûrement pas, mais il ne pouvait s'empêcher d'être fier, de savoir au fond de lui qu'il était le seul, qu'il était… Le seul, disait-il ? Saisit d'une brusque révélation, il interrompit le baiser qu'Envy lui avait octroyé de force, pour l'observer un instant dans les yeux, ces perles d'améthystes forgées dans une incrédulité inédite.

- Qu'est-ce que t'as ? s'enquit le brun, tentant d'être sec et cassant, comme à l'accoutumé, mais la voix trop enrouée de plaisir, ne réussissant qu'à souffler sa demande.

Edward hésitait, et pourtant la réponse était capitale. Imaginer qu'elle puisse être négative lui tordait l'estomac de douleur et lui donnait d'ors et déjà envie de repousser l'adolescent d'un coup de pied bien placé. L'impatience d'Envy se lisant au travers de ses traits froncés, il fini par balbutier piteusement :

- Est-ce que je… je…suis le seul ?

Son ton était presque suppliant, bien malgré lui. Ne pouvant détacher son regard du magnifique visage de son amant, ce dernier sursauta de surprise, s'attendant visiblement à tout sauf à une telle question. Au bout d'un long moment, ses traits se ridèrent plus encore et sa main quitta brusquement son boxer, une boule de frustration se logeant immédiatement dans la gorge d'Edward. Visiblement vexé, Envy se redressa, remit correctement sa veste, dégagea ses cheveux trempés de sueur d'un geste sec, et se rassit sur son siège initial, fixant le film imperturbable, les traits furieux et tendus. Sonné et surprit d'une réaction aussi excessive, Edward ne réussit qu'à le dévisager longuement, bouche entrouverte, le cœur serré d'un désarroi et d'une douleur indescriptible d'avoir si brutalement été abandonné. L'agacement finissant, bien évidement, par prendre le dessus, il força Envy à le regarder en agrippant son visage brutalement, et lâchant, dérouté :

- Qu'est-ce qui te prend ?!

Les traits d'Envy, déjà bien ridés, semblèrent trembler de colère, et un frisson d'appréhension dévala l'échine du petit blond. Le brun dégagea brutalement la main d'Edward et siffla, contrôlant malgré tout sa voix, chuchotant froidement :

- « Ce qui me prend » ? C'est à moi que tu demandes ça ?!

- Ce n'était qu'une simple question ! Pas de quoi en faire un plat !

- T'es vraiment trop con ; je ne suis pas comme toi, Edward !

Envy remarqua à peine que, pour la troisième fois, il n'avait pas daigner utiliser de surnom dévalorisant, et détourna les yeux du blond choqué et incrédule. S'il ne comprenait pas, c'était que le terme « con » n'était pas encore assez fort. Pour qui se prenait-il pour se poser de telle question ?! Qu'est-ce qu'il croyait ? Que chialer devant lui, que hurler de jalousie, que mourir de désir n'était qu'un jeu, qu'une simple diversion pour réussir à l'avoir ? Merde, à la fin, il n'était pas si insensible ! Il aurait préféré, d'ailleurs, ça lui aurait évité toutes ces emmerdes. Ca lui aurait évité de se péter le bras, de s'engueuler avec Lust, de se taper un bal pourri, de souffrir d'une putain de jalousie trop avenante, d'avoir littéralement envie de détruire tout ce qui entourait Edward, tout ce qui le touchait, lui parlait, le désirait. Ca lui aurait évité d'être si con, lui aussi.

Continuant de fixer l'écran sans le voir, il ne daigna pas accorder un autre regard au blond pétrifié à sa gauche, bien trop furieux pour s'abaisser à revenir à la charge. Il le sentit bouger ; sans doute se rasseyait-il, lui aussi. Après tout il était incapable de faire le premier pas ; à croire qu'Envy n'était qu'un pantin servant à soulager Môsieur lorsque le manque était trop présent. Ouais, c'était sans doute ça, ce cloporte n'avait aucune autre raison pour venir ramper à ses pieds, pour venir de lui-même.

- Envy…

Il l'ignora. Il ne reviendrait pas.

- Envy…

Tssh ! Bordel, il allait regarder ce putain de film qu'il avait tant envie de voir ?! Il était venu là pour ça, après tout !

Envy sursauta en sentant la main du nabot glisser le long de son torse, ses épaules puis sa tête la suivant, pour que finalement son visage se pose sur le haut de sa poitrine immobile, yeux clos, respiration calme mais semblant douloureuse. A quoi jouait-il ? Il voulait le rendre dingue, ou quoi ?! La main du blond agrippa le tissu blanc, et il soupira, visiblement fatigué, voix suppliante :

- Je… je suis désolé… pardonne moi…

C'était quoi, ça ? Edward qui s'excusait ? Edward qui le suppliait ? Edward qui le demandait ?! Il ne le repoussait pas, cette fois ?! Poussé à bout, Envy tourna la tête, et l'adolescent releva la sienne, plongeant son regard dans le sien. Contemplant ses yeux de soleil, il perdit le fil un instant, puis se ressaisit et s'enquit sèchement, faisant passer toute sa rage et son indignation à travers ces mots :

- T'as fini avec tes questions à la con ?

Il hocha la tête, opinant timidement, et Envy s'empara de ses lèvres doucement. Non, impossible, il était indéniablement incapable de se passer de lui.

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Le film continuait de tourner, tandis qu'au fond, dans l'obscurité de la pièce, à l'abri des regards, Envy et Edward étaient étrangement enlacés. Bougeant doucement pour ne pas attirer l'attention, chacun enfonçait ses ongles dans la chair de l'autre pour résister à l'envie de hurler, secoués de tremblements incontrôlables sous les plaisirs engendrés.

- Chuuuuuut ! siffla une voix féminine dans la rangé d'en face, alors qu'Edward avait laissé échapper un cri de plaisir.

Envy ricana, la virilité du petit blond en bouche, sa main libre de toute contrainte galopant le long de son torse musculeux tandis que l'autre, pénalisée par le plâtre, glissait sur les lèvres de son amant. Edward lui attrapa la main, stoppant ses allés et venues sur son abdomen, et entrelaça ses doigts aux siens, comme la première fois. Edward se cambra, tendu au maximum, sa main se serra autour de la sienne, et Envy devina que le moment était arrivé, infaillible, inévitable, rassurant. Le petit blond atteint l'extase en gémissant de plaisir, se mordant la lèvre si fortement qu'il en saigna, tandis que le beau brun laissait paisiblement glisser la preuve de son plaisir le long de sa gorge, ignorant le goût, trop occupé à contempler l'adolescent face à lui, si vulnérable, si fragile, si beau. Il se redressa, laissant leur chair se confondre en une, et Edward, incapable de dire quoi que ce soit, s'empara de ses lèvres brusquement, agrippant ses cheveux presque compulsivement, comme pour lui interdire d'oser s'éloigner.

Malheureusement, d'un sursaut commun, ils percutèrent le ton des dialogues dans leur dos, la musique entraînante s'apprêtant à exploser pour laisser place au générique et sonner la fin du film, donc à rallumer les lumières. A contrecœur, ils échangèrent quelques derniers baisers, dépendants, envoûtés, puis, comme prévu, l'éclat de l'écran dans leurs dos changea d'intensité à l'instant où la musique augmentait, et ils eurent tout juste le temps de se rassoire correctement sur leur siège respectif, reboutonnant à la va-vite leurs vêtements froissés et trempés de sueur, que la lumières les dévoilèrent, les spectateurs applaudissant avec entrain, n'ayant absolument rien remarqué de leurs ébats, autant qu'eux n'avaient absolument rien suivit du film. Ne perdant pas de temps à taper des mains comme les autres abrutis, ils finirent de se réordonner – Edward refaisant correctement sa tresse, Envy rajustant sa cravate – puis se levèrent comme si de rien étaient, revêtirent leur pardessus respectifs, jusqu'à ce qu'une voix ne s'élève dans la salle, provenant d'un homme quelconque devant l'écran, micro à la main :

- Pour ceux ou celles qui le souhaitent, il y a un buffet gratuit dans le hall !

Ils entendirent quelques exclamations appréciatives, puis se décidèrent à suivre la masse d'individus dévalant les marches, bavardant avec enthousiasme sur le film qu'ils avaient totalement loupé. Eux, restant silencieux – encore trop sonnés pour réussir à aligner deux mots cohérents ou engager une conversation quelconque – se contentèrent de s'y mêler, pour parvenir jusqu'au hall en question où les gens se bousculaient en masse, s'égosillant sur quelques gâteaux, boissons, ou sur le stand d'alcool qui lui, bien évidement, était loin d'être gratuit. Sautant sur l'occasion, Envy se précipita sur ce dernier, balançant quelques billets au hasard et s'emparant directement d'une bouteille de vodka assez conséquente. Visiblement, le caissier ne protestant pas, ses billets suffirent, et il décida un instant de s'éloigner d'Edward pour se rafraîchir la pense, ne supportant pas cet état de rêverie suffocante, ou bien cette vision trouble qui l'obligeait à ne distinguer qu'un seul et unique visage : celui de son amant.

Resté en arrière, emporté par la foule qui ne l'avait vraisemblablement pas remarqué (trop petit, bien sur), Edward ne percuta qu'au bout d'un long moment qu'Envy s'était isolé pour boire, dos à lui, cherchant, il le devinait, à l'éviter. Sympa. Bien trop fier néanmoins pour lui courir après comme un chien-chien, il fini par bouder en s'asseyant sur un des sièges inconfortables du cinéma, ruminant tous les souvenirs qu'il avait de la séance, se désolant d'avoir réussit à gâcher le cadeau d'Alphonse en débordant avec Envy. Quels crétins – ouais, au pluriels, ils avaient tous deux été de parfaits crétins. Enfin, ç'avait été… tellement bon… qu'il n'aurait pu en vouloir à Envy très longtemps – d'ailleurs il n'en voulu pas à Envy plus d'une seconde et demi, le temps de songer qu'il lui en voulait. En tout cas, il continua de le suivre des yeux d'un œil morne, pendant assez longtemps pour le voir passé par différentes étapes : tout d'abord il était l'Envy habituel, immobile, snobe et glacial ; puis il s'était mit à déambuler dans la salle, le regard dur mais tantôt vacillant légèrement, la démarche lourde et maladroite ; et enfin, il fini par s'appuyer contre les tables d'un air lasse, reluquant tout ce qui passait, draguant les hommes comme les filles, éclatant de grand rire tonitruant au moindre mot, ou bien insultant comme un malade des pauvres gens innocents. Edward avait laissé coulé, n'ayant ni l'envie ni le besoin de voler à son secours. Après tout, c'était lui qui s'était foutu dans cette merde tout seul, en cherchant à l'éviter. Point barre.

Il était bien résolu de suivre ces sages décision, envisageant même de repartir seul, que son regard se posa une nouvelle fois sur le brun qui avait enlacé un autre gars bourré, sourire éternellement sadique et carnassier, dansant honteusement sensuellement sur une musique qui n'avait aucun rapport, se touchant, se cherchant, se caressant. Sentant venir la boule de fureur dans sa gorge, il se leva promptement, raide comme la justice, et s'élança vers son amant, pour violemment lui tirer les cheveux en arrière, alors que le gars s'écriait :

- Eh ! Mais qu'est-ce qui s'passe ?!

Envy riva son regard sur Edward, puis ses yeux s'illuminèrent comme des lanternes, apparemment ravi de le trouver ici, puis répondit au gars en ricanant :

- Rien, c'est la révolution des nains de jardins.

Incroyable ! Il arrivait à être sarcastique en s'étant enfiler la totalité d'une bouteille de vodka !

- Ca suffit, on rentre ! ordonna sèchement Edward en le tirant d'ors et déjà par le coude, ignorant l'autre gars frustré.

Envy balança un « Désolé, on remet ça ! » et accepta de suivre le blondinet agacé, sous les coups d'œil outrés de l'assistance.

Prendre le train ne fut pas une tache facile : Envy refusa obstinément de donner son argent à la pauvre caissière déjà désespéré d'être de garde, et Edward du lui promettre de lui faire un câlin dans le train (en le chuchotant à l'oreille, bien sur) pour qu'il daigne enfin balancer la monnaie sur le socle de bois, sourire mi-agacé d'avoir été vaincu, mi-excité à l'idée de la promesse d'Edward. Ce dernier trouva assez facilement un compartiment de libre – les trains de minuit vers Resembool n'étant pas franchement bondés – et ordonna à Envy de s'allonger sur la banquette pour qu'il se repose. Bien évidement, celui-ci refusa :

- Non ! Tu m'as promis un câlin ! proclama-t-il rageusement.

Edward soupira, ne pouvant malgré tout contenir son sourire : c'était la première fois qu'il trouvait Envy mignon. Acceptant sa requête en grimaçant, il s'installa sur la banquette et Envy fondit littéralement sur lui, tout sourire, entoura son buste de ses bras, celui recouvert d'un plâtre reposant sur ses cuisses. La tête du brun désormais posé sur ses jambes, Edward ne put détacher son regard de son incroyable profil, de ce nez fin et droit, de ces lèvres parfaitement dessinées, de ces yeux sombres ancré dans leur orbites, de ces sourcils fins qu'ils ne voyaient jamais, de ces cheveux lisses et soyeux exceptionnellement rassemblé, et non détaché mèche par mèche, accentuant son côté agressif. Il était tout simplement superbe.

Envy fini par s'endormir, très peu de temps après que le train eu démarré, et Edward le regarda dormir presque pendant la totalité du trajet, son regard passant tantôt de l'horizon assombrit par la nuit silencieuse, tantôt sur ce visage parfait plongé dans le sommeil.

Une fois arrivé à Resembool, il secoua légèrement le garçon endormit qui remua avec mauvaise humeur, puis réussit enfin à l'éveillé totalement en se relevant lui-même et laissant s'aplatir le pauvre Envy au sol. OK, c'était pas très sympa, mais il n'y avait pas d'autre solution pour qu'ils ne manquent pas l'arrêt. Se redressant, le brun s'exclama, vacillant dangereusement de côté, bien loin d'avoir purgé tout l'alcool qui circulait dans ses veines :

- Eh ! La fourmi ! Qu'est-ce qui te prend de me laisser tomber comme ça ?!

- Fallait bien que tu te réveilles. Allez, bouge toi, on va pas camper là.

Tout autour d'Envy tournoyait, et le bras d'Edward ne fut pas de trop. Ils arrivèrent à l'internat du lycée au moment où Alphonse rentrait lui-même, revenant de chez un ami de classe qui n'avait pu le garder plus longtemps.

- Ah ! Te voilà ! J'ai cru que vous alliez passer votre nuit là-bas ! lança le cadet Elric, un tantinet réprobateur.

- Désolé, frérot… On a un peu traîné…

Alphonse haussa les épaules, sa gentillesse reprenant le dessus :

- Pas grave. Alors, il était bien ce film ?

Envy laissa échapper un rictus loin d'être discret, et enchaîna avant même qu'Edward puisse ouvrir la bouche :

- Gééééééééénial !

Alphonse haussa les sourcils, surpris de l'entrain inédit d'Envy, tandis qu'Edward expliquait, au comble de la gêne :

- Il… il a un peu bu, désolé. Mais sinon euh… ouais, le film était bien.

Il détestait par-dessus tout mentir à son frère – pire qu'à Winry – mais là, il fallait admettre qu'il n'avait pas le choix. Redressant son amant vacillant sur ses épaules, il remercia son frère de l'avoir couvert, indiqua qu'il allait porter Envy dans son lit et qu'il le rejoindrait ensuite (ils avaient pu, avec peine, obtenir le droit de partager la même chambre). Montant les marches avec difficulté, Edward maudit les organisations lycéennes d'avoir placé le coin garçon au quatrième étage, puis poussa un long soupire de contentement une fois qu'ils eurent atteint la chambre 408, celle d'Envy. Avec surprise, il constata leur apparente solitude, et s'enquit :

- Tu es tout seul ?

- Ouaip, répondit aussitôt le brun complètement saoul. Personne n'a voulu se mettre avec moi, c'est bizarre, non… ?

Edward ricana en tant que réponse, puis assit Envy sur le bord de son lit, et entreprit de lui enlever sa veste et ses chaussures pour qu'il ait une chance de correctement dormir. Il allait s'arrêter là qu'Envy lança en souriant sournoisement :

- Tu peux continuer, tu sais.

- C'est ça ; et ensuite tu me sauteras dessus et je serai incapable de me débattre.

- Promis, je ne bouge pas ! assura fermement Envy en levant la main droite prestement.

Edward soupira mais ne put se retenir bien longtemps, et commença à déboutonner les quelques boutons restant de la chemise d'Envy, la lui ôta lentement, tout cela sous l'œil attentif mais vacillant du garçon au yeux d'améthyste. Il lui ordonna de s'allonger – il s'exécuta aussitôt – et entreprit de lui enlever son pantalon, multipliant les efforts pour ne pas s'aventurer à trop longtemps s'attarder sur ce corps parfait et enivrant. Une fois qu'il eu tout correctement plié sur le bord du lit, il s'apprêtait à s'éloigner qu'Envy sortit de son immobilité aux allures de statue de cire et lui empoigna le bras, le faisant basculer sur lui, l'emprisonnant de ses avant bras puissant.

- Que… t'as promis, Envy ! clama Edward, surprit et paniqué

- J'ai dis que je ne bougerai pas pendant que tu me déshabillais ! D'ailleurs, tu n'as pas totalement fini…

Il commençait à vouloir aller plus loin, dans des gestes machinaux mais maladroits, et Edward trouva plus facilement le courage de s'extirper de sa poigne, sans doute agacé du fait qu'il soit inconscient de ses actes. Le maintenant de force sur le lit, il lui ordonna sèchement de dormir et disparu rapidement de la chambre, ignorant ses appels de gamin boudeur qui le suppliait de revenir.

Dans son lit, Envy n'eut pas la force de se relever pour lui courir après, mais choisit plutôt d'attraper sa chemise et de la porter à son visage, humant avec délice l'odeur de son amant s'en étant imprégnée, puis fini par plonger dans le monde des rêves, un paisible sourire aux lèvres.

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Ma très chère Izumy m'ayant supplier de faire un Envy bourré, j'ai essayer de lui en donner un apperçu (enfin je dis "apperçu" mais ça sera la seule fois qu'il apparaitra ainsi) j'avoue que je me suis bien éclaté à l'écrire. J'espère en tout cas que ce petit lime vous satisfait, un gros bisous, et j'attends vos avis :)