Genre : Univers Alternatif
Rating : M
Disclaimer : Les personnages sont à la base propriété de J.K. Rowling. Ne m'appartiennent d'eux que les élucubrations que j'invente à leur sujet… Notons aussi que le titre est un emprunt à une chanson de Johnny Thunders, reprise par les Guns.
Avertissement : Slash en devenir. Ceux que les relations homosexuelles masculines incommodent trop sévèrement peuvent donc aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte.
Preuve qu'il ne faut jamais désespérer de rien, voici la suite !
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You can't put your arms around a memory.
Chapitre 6
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Le trajet du retour dure à peine une demi-heure, mais il n'en faut pas tant, loin de là, pour que mon enthousiasme premier ne retombe comme un soufflé mal cuit.
Est-il nécessaire de préciser qu'il s'effectue dans un silence quasi-total ? C'était tellement prévisible, au fond… J'aurais très certainement crié à l'imposture si Snape s'était soudain mis à me raconter sa vie ou à m'interroger sur les détails trépidants de la mienne – voire tout simplement à me faire la conversation – mais cette absence de mots, de choses à dire, entre nous deux, finit par devenir pesante, surtout dans la situation où nous nous retrouvons.
Une situation de rapprochement, dans laquelle nous nous sommes mis de notre plein gré, mais dont nous ne semblons soudain plus trop savoir que faire.
A vrai dire, lui, tant qu'il conduit, j'ignore s'il le ressent comme moi, ce silence… Trop absorbé par l'attention que requiert la route obscure et à nouveau verglacée malgré le sel répandu dans la journée, il n'y pense peut-être même pas. Il le trouve peut-être parfaitement naturel.
Au bout du compte, il est possible qu'il le soit, naturel, tout autant que les autres. Que ce soit juste mon point de vue à moi qui ait changé…
Je n'en sais rien. Mais je ne peux m'empêcher de me sentir vaguement mal à l'aise, pendant une bonne partie du trajet. Mal à l'aise et impatient, tout à la fois…
Oui, je sais, mes variations d'humeur et d'états d'âme sont pires que celles d'une bonne femme en pleine ménopause – Ron me l'a suffisamment fait remarquer pour que je ne risque pas de l'ignorer. Même Remus semblait d'accord, c'est tout dire…
Le pire, en fait, dans ce silence, c'est qu'il a beau me gêner, je suis incapable de me résoudre à le rompre… comme si, d'une certaine manière, ce serait malgré tout malvenu. Et puis il y a aussi toutes ces questions, qui profitent de l'occasion pour revenir se bousculer dans ma tête. Sur lui. Sur les motivations de cette invitation qui me parait plus surprenante à mesure que j'y pense… sur ce qui adviendra de cette soirée, que j'imagine pouvoir être tout et son contraire, un champ de possibilités dont aucune ne me paraît pleinement envisageable…
Arrête de te prendre la tête, gamin, tu verras bien… Tu as toujours aimé les surprises et l'imprévu, non ? Tu ne serais pas dans cette bagnole, sinon.
C'est vrai. Mais, pour la première fois depuis que je l'entends, la petite voix sonne un peu faux. Parce que celui auquel elle se rattache a une position trop ambiguë dans l'affaire… Parce qu'au fond, je n'ai aucune putain d'idée sur la manière dont Sirius aurait réagi, face à lui. Face à lui et moi – quelle que soit la manière dont on envisage le « et ».
Une croissante, bientôt furieuse envie me démange de sortir la petite bouteille qui repose bien au chaud contre ma poitrine, et dont la première gorgée m'avait fait un bien fou, tout à l'heure, en sortant de l'épicerie. Mais je la réfrène, pendant un bon moment. Si je me moque royalement de passer pour un alcoolique auprès de la quasi totalité de la population de cette planète, il semble bien que Snape soit l'exception qui confirme la règle…
Merde.
Cet satané désir de faire bonne impression sur lui, cette foutue sensation d'être un gamin jugé par le poids de son regard, vont finir par me faire perdre toute ma spontanéité, si je continue comme ça. Et je n'ai aucune chance de voir advenir ce que j'ai envie qu'il advienne si je commence à serrer les fesses pour savoir comment je suis censé agir – sans jeu de mot vulgaire.
Une gorgée, juste une. Juste pour savourer la sensation flamboyante de l'alcool, glissant lentement le long de mon œsophage, allumant un infime nid de chaleur au fond de mon corps toujours à peu près aussi transi. La brève mais bienfaisante anesthésie de ma gorge, brûlure contre brûlure.
J'appuie la tête contre la vitre et replace la flasque au fond de ma poche, surprenant au passage un bref regard de Snape en ma direction.
Regard indéchiffrable, évidemment, que je lui retourne avec une indifférence presque non étudiée.
- C'est pour soigner votre mal de gorge, ça aussi ?
Sa voix est vaguement sarcastique, pas vraiment désapprobatrice pour autant…
- En partie.
- Le scotch est plus efficace.
- Je sais. Mais j'en profite pour tester les spécialités locales.
Le coin de sa bouche se relève et il y a quelque chose de clairement amusé dans l'expression de son profil. Il semblerait que nous ayons plus ou moins les mêmes recettes, lui et moi…
- Et vos conclusions sur cette chose pour touristes… ?
J'esquisse une vague grimace en repensant à l'étiquette à l'effigie du lac, qui en effet, catalogue assez clairement la bouteille.
Ça arrache la gueule, mais ça fait du bien par où ça passe…
- C'est toujours mieux qu'un mauvais whisky.
Si nous continuons comme ça, il réussira peut-être à me sortir un vrai sourire avant demain. J'ai bien fait de la sortir, ma grappa, en définitive…
- Amateur ?
- Disons que j'ai été élevé au scotch, et tout particulièrement au Dalwhinnie… J'ai appris à apprécier.
Il y a une seconde de silence dans la voiture avant que Snape ne reprenne, d'un ton à peine interrogatif.
- Votre parrain, je suppose.
Je lève brusquement les yeux vers lui, passablement surpris par cette évocation on ne peut plus inattendue, mais son profil semble impassible, comme s'il n'avait fait que suggérer une évidence parfaitement neutre.
- Oui.
Je me contente d'une réponse sobre, à peu près certain que cette remarque n'était pas une invitation à m'étendre sur le thème « souvenirs de Sirius Black », mais je suis en revanche foutrement incapable de déterminer pourquoi il l'a effectuée… Surtout qu'elle n'avait rien de spontané. Une forme de rectification, après la violence de sa réaction d'hier soir, pour prouver qu'il peut très bien conserver sa maîtrise sur ce sujet-là également ? Qu'il ne le touche pas tant que ça ?
Mouais…
- Il doit m'en rester une bouteille. S'il vous vient l'envie de renoncer au tords boyaux latin.
- Je crois qu'il serait malséant de refuser ce genre de proposition.
Et sur ce point, à vrai dire, il m'arrive très rarement de l'être, malséant. Un bref regard, semble-t-il appréciateur, me répond et je laisse échapper un fin sourire. Au-delà des apparences, cet homme semble décidément posséder un sens de l'hospitalité plutôt appréciable…
Mais je ne peux m'empêcher de remarquer qu'il a suffisamment connu Sirius pour savoir que le Dalwhinnie était sa marque de prédilection – ce qui, en soi, ne signifie sans doute pas grand-chose : tel que je le connais, mon vénérable parrain devait tout à fait être le genre d'adolescent à planquer des réserves de scotch entre matelas et sommier, dans les dortoirs du pensionnat, et s'ils se sont fréquentés là-bas, il y a des tas de raisons pour que Snape ait pu être au courant… Sauf que je me souviens aussi l'avoir entendu dire que c'était « le seul truc bien qu'on lui ait appris à apprécier dans sa famille », et si mon hôte consomme le même… Ça fait une coïncidence de plus.
Tadam !
Il faudrait que j'arrête de me prendre pour le fils caché d'Hercule Poirot et d'Imogène (1), ça devient ridicule… mais je ne suis pas certain d'en avoir réellement envie – surtout si ce type continue à transformer mon cerveau en sac de nœuds à chaque fois qu'il ouvre la bouche…
En attendant, nous sommes presque arrivés – Snape vient de rétrograder pour s'engager dans l'allée menant à son domaine, et nous ne tardons pas à nous arrêter devant le haut portail, que le faisceau des phares découpe de manière quelque peu théâtrale en arabesques noir luisant sur fond de neige lumineuse. Je me dévoue pour aller ouvrir puis refermer sur le passage de la voiture ces lourdes grilles qui, il y a moins d'un jour, m'apparaissaient à la fois menaçantes et salvatrices, frontière de tout inconnu et de tout espoir, et que je manie à présent avec à peine moins de maladresse, mais comme une étrange familiarité, comme si j'avais déjà acquis une place minime dans le monde qu'elles enclosent.
Même si je sais que c'est faux – j'ai beau être invité cette fois, je ne suis pas accepté pour autant, certainement pas par cette immense demeure que je ne peux encore que deviner, tapie quelque part devant moi au cœur du parc, dans son manteau de givre, de lune et de broussailles. Hostile. A moi, à ma présence. Sans doute plus encore que ce matin, parce que mon retour est un défi, presque une insulte à ces lieux qui m'ont déjà témoignés leur rejet, leur malveillance…
Le froid est plus incisif que jamais, comme un manteau de glace tombant des étoiles parfaitement pures à présent, et le décor semble directement sorti d'un conte noir anglais, symphonie de végétation obscure inextricablement enchevêtrée, et de blancheur fantomatique, à demi avalée par l'ombre ou révélée en reflets d'argent laiteux par l'astre nocturne. Un long frisson, qui n'est peut-être pas dû qu'à la température, vient glisser le long de mon dos, alors que je laisse échapper un petit rire.
Me voilà reparti en plein dans mon trip romantico-gothique, mais l'atmosphère, ou plutôt l'impression, est bien présente, mélange de malaise insidieux et d'exaltation renouvelée, d'impatience. Il y a quelque chose qui à la fois me repousse et m'attire dans ce lieu, dans cette situation. Qui m'effraie un peu et me stimule.
D'un pas décidé, je regagne la voiture pour les quelques centaines de mètres qui nous séparent encore de la maison – quelques minutes d'un silence qui me semble à présent moins pesant, quelques amples sinuosités du chemin de terre défoncé, comme un jeu de cache-cache avec les buissons monumentaux et les troncs dénudés, avant qu'apparaisse la haute façade, ses pierres noircies et marbrées d'humidité, ses corniches et festons à demi brisés, ses statues et mascarons défigurés. La lumière de la lune, loin de la douceur qu'elle revêt dans le parc, agit sur ces murs comme un bain révélateur, soulignant avec une froideur cruelle les outrages du temps et de l'abandon, et chaque fenêtre m'apparaît comme un œil immense peuplé de ténèbres – l'orbite d'un squelette, qui donne l'étrange, la dérangeante sensation que le vide vous observe.
J'ai du mal à en détourner mon propre regard, qui y revient inexorablement dès que nous sommes sortis de la voiture, et je dois faire une drôle de tête, les yeux levés vers les hauteurs de la façade, car Snape m'en fait la remarque alors que nous gravissons les marches branlantes du perron.
- Le décor vous impressionne ?
- Un peu, oui. Mais il est aussi assez fascinant…
Comme vous, aurais-je envie d'ajouter. Les mots frôlent mes lèvres mais ne sortent pas – dommage peut-être, sa réaction aurait été intéressante à découvrir. Le un peu, en ce qui le concerne, est encore beaucoup trop pour que je me permette ce genre de libertés.
- On se croirait presque dans une version Renaissance du château d'Otrante ou d'Udolphe…
- Si cela peut vous rassurer, je n'ai l'âme ni d'un Manfred, ni d'un Montoni, et mon intention n'est nullement de vous séquestrer, rétorque-t-il du tac au tac, sarcastique, tout en s'effaçant de la porte pour me laisser entrer.
Je lui décroche un sourire malicieux au passage.
- Et moi, en dépit des apparences premières, je n'ai pas vraiment non plus la vocation d'une Isabelle ou d'une Emilie. Je ne pense pas que je me laisserais faire aussi facilement. (2)
- Tout dépend des arguments qui vous seraient opposés.
- Et de celui qui me les oppose.
Il n'est certainement pas dupe une seule seconde de mon air innocent et me décroche un coup d'œil incisif, comme s'il cherchait à saisir ce que j'ai réellement derrière la tête. J'ai vaguement l'impression que cette conversation est en train de dévier, sur une pente qui est loin de me déplaire, et alors que je passe devant l'escalier, je sentirais presque se poser sur moi le regard réprobateur du vieux croûton encadré. Juste une impression fugace, dont je préfère sourire… De toute façon, Snape ramène déjà la conversation sur un terrain plus stable en me demandant d'un ton quelque peu narquois si j'apprécie réellement la lecture de ce genre de fadaises.
- C'est très kitsch, mais je trouve ça plutôt amusant, et ça ne manque pas d'un certain charme. Mais vous aussi, vous semblez assez bien les connaître…
Et je doute qu'il soit du genre à frémir d'émotion devant les mésaventures tragico-horrifiques de pures et chastes orphelines persécutées… quoique la chose soit peut-être susceptible d'alimenter efficacement son goût du sarcasme.
Il se contente d'un vague haussement d'épaules, apparemment insensible à ma provocation.
- La littérature est un excellent moyen de comprendre la mentalité d'une époque. Ce qui est indispensable pour un historien.
Il l'est décidément jusqu'au bout des ongles…
- Je pensais que vous étiez plutôt spécialiste de la Renaissance.
- Je le suis. Ce qui ne m'empêche pas de m'intéresser à d'autres époques. Tout particulièrement à ce qui concerne l'évolution des mentalités face à la science et… je dirais, l'occultisme. Pourriez-vous vous occuper de refaire du feu, pendant que je commence à préparer le dîner ?
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Une petite demi-heure plus tard, nous sommes installés devant la cheminée où crépite une vaste flambée, que j'ai eu un mal fou à faire démarrer avec le bois un peu humide récupéré dans une petite réserve glaciale attenant à la cuisine, mais dont je suis finalement assez fier. Nous avons, comme machinalement, repris les mêmes places qu'hier soir – un hier soir qui me semble remonter à un moment en dehors du temps, proche et infiniment lointain à la fois – Snape entre les bras du vieux fauteuil de cuir et moi sur le divan, le dos calé dans les coussins et les jambes repliées en tailleur, mes chaussures à mes pieds. Un gratin de pommes de terres est en train de cuire dans le four, et deux verres de cristal taillé, généreusement remplis de Dalwhinnie, sont posés sur la table basse entre nous deux. La mise en scène est presque trop confortable, trop intimiste pour ne pas avoir quelque chose de déroutant, mais je puise dans le scotch un regain d'entrain pour envoyer résolument ce genre de considération voir ailleurs si nous y sommes, et je réoriente aussi sec la conversation sur cette allusion à l'occultisme qui m'avait fait dresser les oreilles, à notre arrivée. Je ne connais pas grand-chose au sujet, mais il exerce sur moi une attirance indéniable, et je ne demande pas mieux que d'en apprendre un peu plus par cette bouche qui avait déjà si bien su me captiver, lors de notre précédent repas.
Je ne demande pas mieux, surtout, que trouver la parade à ce silence inconfortable dont l'ombre semble toujours planer entre nous deux…
Snape s'engage avec une bonne volonté réconfortante sur cette voie. Adaptation de ma part au phénomène complexe que représente cet homme, ou adaptation dudit phénomène à l'incongruité de ma présence, il faut reconnaître que je commence à avoir moins de mal à le faire parler – sans doute grâce au fait que j'ai pour l'instant renoncé à toute question, toute allusion personnelle, et me cantonne au domaine purement culturel, celui dans lequel il se sent visiblement le plus à l'aise. Et moi aussi, du coup.
Pour le reste, on verra plus tard… selon l'ambiance.
Entre littérature et histoire, l'apéritif dure longtemps, et il faut le parfum insistant du gratin, parvenant jusqu'à nous par la porte entrouverte, pour que nous nous décidions à sortir un instant de notre conversation afin de passer à table. Où elle reprend presque aussitôt, déviant presque inévitablement sur ce monde qu'il privilégie et semble connaître mieux que tout autre – celui de son aïeul, que pourtant nous n'évoquons presque pas, comme retenus par une réticence tacite et pleinement partagée. Celui de la redécouverte du néoplatonisme, de la Kabbale et des révélations gnostiques de l'Hermès Trismégiste, cet obscur et mythique prêtre égyptien, intermédiaire de la sagesse divine ; celui de Marcile Ficin, son premier traducteur au chevet d'un prince mourant, et de Pic de la Mirandole, 'l'homme qui savait tout' et disparut à trente ans, mage ou hérétique dont les discours humanistes furent brûlés sur les bûchers de Savonarole. Celui de ces esprits universels, curieux de tout et cherchant Dieu dans les voies de l'hermétisme antique et de l'alchimie…
A l'égal de son ancêtre, Snape aurait pu être l'un d'entre eux, s'il avait vécu cinq cents ans plus tôt. Sa culture me semble vertigineuse… et tout comme ce midi, la magie de sa voix opère pleinement sur moi.
J'en viendrais à souhaiter qu'elle ne produise pas le même effet sur ses étudiants. Ce serait… vaguement dérangeant. Parce que par moments, j'en arrive presque à me forcer pour ne pas me concentrer sur elle seule, sur cette vibration infime qu'elle recèle autour de certaines syllabes et qui pourrait bien me donner des frissons si je me laissais aller… Peut-être est-ce aussi l'effet de l'alcool, le souvenir des deux verres de scotch et ce vin de Savoie léger, délicieux, qui accompagne le repas – les pommes de terres fondantes sous leur croûte de parmesan doré et la salade de roquette relevée d'un filet d'huile d'olive et de citron. Peu à peu, bien malgré moi, mon attention commence à se détendre et la fatigue revient alourdir mon esprit – même si pour rien au monde, je ne voudrais que ce moment prenne fin…
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Le repas terminé, plats et couverts entassés sur le bord de l'évier – je me propose bien pour aider à les laver, mais me vois répliquer aussi sec que je ne suis pas là pour faire la vaisselle – nous retournons nous installer au salon, où la conversation déjà mourante achève de s'éteindre. Toutefois, le demi-silence qui prend sa place n'a plus rien de dérangeant. Au contraire.
Il n'est plus une gène, un vide à combler, mais ressemble à l'aboutissement naturel de notre tête-à-tête. Une pause. Une détente – de l'esprit, de l'intelligence, plus encore que de la parole.
Un de ces moments de calme, où les mots semblent entièrement superflus.
La fatigue, l'alcool et la chaleur du feu, en contraste presque violent avec la fraîcheur du reste de la pièce, conjuguent leurs effets pour me plonger dans une vague torpeur lénifiante. Confortable.
Snape ne semble pas témoigner d'un dynamisme beaucoup plus grand que le mien. Il a repris sa place attitrée, tout comme moi, mais dans une attitude bien moins raide que celles que je lui ai vues jusqu'à présent, et il contemple la bouteille de Dalwhinnie, abandonnée sur la table basse.
- Je vous ressers ?
- En guise de digestif ?
Il hoche la tête et se penche pour remplir à nouveau nos deux verres, tout aussi généreusement que la première fois. Ses gestes sont toujours empreints de la même précision fascinante, mais ils sont un peu moins secs, un peu plus lents et fluides. Mes yeux restent captivés par ses mains qui revissent le bouchon, sans le serrer, le bout des doigts effleurant imperceptiblement le métal avant de se poser, un peu plus bas, sur le récipient de cristal où semble danser de l'or en fusion. Une longue araignée blanche, osseuse et élégante, qui s'y enroule avant de l'emporter dans les profondeurs du fauteuil, à demi dissimulée par le jeu des ombres, et une seconde qui vient se poser sur l'accoudoir, s'y alanguit dans le reflet des flammes.
Au-dessus, son visage est comme un jeu de fusain en constante mutation, sur un fond de parchemin à la couleur indéfinissable – du noir, beaucoup de gris, mais pas de blanc réel dans la lumière instable et chaleureuse de la flambée. Presque immobile, le regard pensivement posé sur un quelque chose qui n'est pas moi.
Mais le devient soudain.
Les deux puits sans fond de ses prunelles avalant les miennes, les retenant prisonnières quelques instants – minutes ou secondes, je n'en sais rien – jusqu'à ce que l'un de nous brise le contact. Et je suis toujours, désastreusement, incapable de lire ce qu'il y a en elles. Il semble mettre encore plus de soin qu'auparavant à me le cacher, ce qui semble paradoxalement redoubler leur intensité.
J'ai envie…
Je porte mon verre à mes lèvres et savoure une longue gorgée.
- Ça ne vous ennuie pas si je dessine ?
Il n'était pas vraiment nécessaire de demander une quelconque autorisation, mais la question est un peu sortie d'elle-même, et il y répond d'un haussement d'épaules. Indifférent. Evidemment.
Qu'importe.
J'ai envie de le poser, une fois encore, sur le papier. Ses mains. Son visage. Son regard. La manière dont il tient son verre, la posture qu'il prend dans son fauteuil, cette apparence presque détendue que je lui vois pour la première fois. Cette façon qu'il a de poser ses yeux sur moi, aussi, d'un air qui se veut neutre mais ne peut l'être, de par sa seule existence. Ses yeux qui ont résolument abandonné les miens, mais que je sens suivre mes gestes alors que je déballe mes affaires – le bloc déplié sur mes genoux, une nouvelle page blanche prête à l'accueillir, un morceau de noir charbonneux entre mes doigts impatients de l'y coucher…
Cette fois, je le dessine bien moins pour le saisir, pour le comprendre, que pour me l'approprier. Pour faire miens ces traits heurtés, que j'esquisse comme j'aimerais pouvoir les caresser, avec légèreté mais insistance, avec fascination mais sans douceur.
D'un geste un peu plus souple, un peu moins dur, je pourrais effacer l'amertume au coin de sa bouche. Ce serait facile, tellement facile.
Beaucoup trop.
Je me demande si j'en serais capable, avec mes doigts, mes lèvres sur sa peau…
Juste pour quelques instants, ne soyons pas absurdes.
C'est à la fois délicieux et infiniment frustrant de dessiner quelqu'un que l'on aimerait pouvoir toucher aussi étroitement, intimement, que le crayon épouse le papier. C'est un acte à la fois charnel et désincarné – qui explore et savoure la chair, la matière de l'autre, pour la retranscrire, mais ne débouche que sur une possession trop subtile et abstraite pour être satisfaisante.
Je crois que je souris à demi, sans même savoir pourquoi. Je me sens bien, vaguement euphorique, mais il n'en faudrait peut-être pas beaucoup pour que quelque chose de nettement plus sombre ne vienne se glisser en moi. Il ne faudrait pas, surtout pas, que je m'attarde à penser que le feu de cheminée, sa chaleur et ses craquements familiers, la saveur du Dalwhinnie, les gestes de ma main sur le papier, sont autant d'éléments qui établissent une étrange, presque dérangeante analogie avec d'autres soirées, en une autre compagnie.
Surtout pas. Mieux vaut que je me concentre sur ce que je fais… sur lui.
Le fusain glisse, les ombres se creusent.
Son regard est toujours sur moi.
Je le devine, même lorsque le mien est posé sur ma feuille. Il me stimule et m'apaise étrangement, accentue ma concentration tout en contribuant à la dissoudre, petit à petit. Seconde par seconde et trait par trait.
Car j'y surprends, du coin de l'œil, le temps d'un éclair si infime que je pourrais croire à un mirage s'il ne se répétait à plusieurs reprises, quelque chose qui ressemble à du désir, une faim informulée, vite refoulée, une tension – vers moi. Aussi ardente que fugace. Qui fait naître comme un crépitement électrique le long de ma nuque – une sensation subtile mais insistante, irradiant plus bas, jusqu'au creux de mes reins.
Je finis par rejeter le bloc sur la table basse et m'empare à nouveau de mon verre. Je veux qu'il voie.
Je veux…
- Encore moi ?
Le regard a suivi mon mouvement. Il a vu. Mais se veut à nouveau impassible.
- J'aime vous dessiner.
- Et vous comptez faire de ma tête un sujet d'exposition, à votre retour ?
Retour au sarcasme – même s'il peut mieux faire, dans ce domaine. Dois-je en conclure que je l'ai un tantinet déstabilisé ? J'enfonce le clou avec mon sourire le plus innocent – ou peut-être le plus crâneur.
- Pourquoi pas… Mais exclusivement chez moi. Voire dans ma chambre. Je n'ai pas envie que le premier venu tombe sur votre visage.
Bon. J'ai beau ne pas être ce qu'on appelle communément bourré, je reconnais que je la dois en bonne partie au scotch, celle-là. Du coup, je replonge illico dans mon verre – notamment pour discipliner un peu ce sourire dont je sens les velléités d'innocence se barrer au pas de course. Mais Snape, de toute manière, se cramponne à l'ironie.
- C'est très prévenant de votre part.
Je ne réponds rien – aucune réplique particulièrement spirituelle ne me vient à l'esprit, et de toute façon, je n'ai aucune envie de revenir m'enliser sur cette voie.
Je me contente d'un nouveau sourire. Plus franchement malicieux, cette fois.
Les commissures de mes lèvres semblent dotées d'une volonté propre qui les pousse irrésistiblement vers le haut, et sur le moment, je ne vois aucune raison valable de chercher à les en empêcher. Je suis peut-être un tantinet plus éméché que je ne le pensais, au bout du compte… et je m'en fous royalement.
Quoi qu'il en soit, le temps de pause a bel et bien trouvé son terme. Le silence qui se réinstalle est à nouveau tension, manque ou attente de quelque chose. Ce qu'il y a en suspens entre nous deux depuis… ce midi s'est fait un peu plus sensible, un peu plus exigeant. Et je refuse de le perdre une fois de plus. Sans trop savoir comment m'y prendre pour le conserver… le faire advenir.
Si au moins Snape ne se trouvait pas aussi loin de moi, dans ce fauteuil que je commence à maudire… s'il était sur mon canapé, je pourrais déjà… Bon sang, je ferais quoi de plus, au fond ? Je lui sauterais dessus ?
Bah, il ne demande peut-être que ça… Si tu attends qu'il fasse le premier pas, vous êtes encore là dans trois jours.
La petite voix est de retour – ça commençait à faire longtemps qu'elle n'était pas venue mettre son grain de sel, aussi. Mais elle manque sérieusement d'enthousiasme, et je ne suis pas certain de pouvoir gérer une deuxième couche de sarcasme…
Ce que j'en dis… c'est surtout que je t'ai déjà vu largement plus entreprenant, gamin.
Merci, parrain. Je suis bien de ton avis. C'est même sans conteste la première fois que je me trouve aussi coincé – disons-le franchement – dans ce genre de situation. Et ça m'agace certainement beaucoup plus que ça n'est susceptible de te surprendre.
…
Et je ne pense pas que tomber dans la schizophrénie en taillant le bout de gras avec les défunts m'aidera grandement à faire avancer les choses.
Avec un soupir oscillant entre lassitude, dérision et agacement, je renverse la tête en arrière sur le dossier du divan, retirant d'un geste machinal mes lunettes qui atterrissent à côté de moi sur le divan. Un plafond à caissons sculptés, au décor noirci rendu presque indiscernable par la fumée et le temps, apparaît dans mon champ de vision, mais ma rétine l'imprime sans que je lui accorde la moindre attention. Le regard de Snape est à nouveau sur moi, je le sens, instinctivement, d'un poids presque physique, tout comme je sens qu'il recèle ce même désir que j'y ai surpris tout à l'heure. Ce désir qu'il semble chercher à me dissimiler à tout prix, et que ses yeux ne trahissent que lorsqu'il croit mon attention détournée vers un autre objet que lui. Mais je n'ai pas le temps de lui faire face à nouveau que sa voix s'élève, sourde, trop plate, comme privée de timbre.
- Vous devez être fatigué. Je vais vous laisser vous reposer.
Je relève la tête en catastrophe, moitié incrédule, moitié paniqué. Il est déjà debout, prêt à se retirer pour de bon, et je jaillis de mes coussins sans plus réfléchir.
- Non ! Je… Enfin, je ne suis pas fatigué, je…
Je me tais. Je n'ai jamais prétendu faire de la concurrence à Cicéron ou à Oscar Wilde, mais j'ai au moins la décence de me sentir ridicule à bafouiller ainsi et il vaut mieux que j'évite d'en rajouter.
Nous nous sommes tous deux stoppés dans notre élan, à moins d'un mètre l'un de l'autre, moi lui barrant plus ou moins la route, et il y a un moment de flottement – de surprise puis de gêne réciproque – devant l'impulsivité sans doute incongrue de ma réaction. Avant que je ne prenne réellement conscience de notre proximité. Je n'aurais qu'à tendre un peu la main pour le toucher, la poser sur son torse ou son visage, comme j'ai tant envie de le faire depuis… depuis longtemps déjà.
Je sais que mon expression doit être particulièrement explicite – il parait qu'on a toujours lu sur mon visage comme sur un livre ouvert, et je n'ai aucune envie, aucune intention de dissimuler ce que je ressens. Et je sais qu'il est troublé, lui aussi, bien plus qu'il ne veut le laisser paraître – je le devine à son regard, qui refuse obstinément de se laisser accrocher par le mien, à une sorte de raideur dans sa posture, comme s'il mobilisait sa volonté à dominer son corps sans pleinement y parvenir. Au vague tressaillement nerveux de sa pomme d'Adam lorsqu'il reprend l'initiative de la parole, d'une voix qui s'affiche ironique. A l'ostentation même de cette ironie.
- Je ne pensais pas que vous teniez autant à ma compagnie.
Je souris. Encore. J'ai l'impression de ne faire que ça depuis la dernière demi-heure, mais c'est la seule parade que j'aie trouvée contre ce bouclier de sarcasme qu'il tente toujours de lever devant mes tentatives de rapprochement. Ça, et une franchise que j'espère désarmante.
- Je l'apprécie. Réellement.
- Vous avez du mérite.
- Je ne pense pas qu'on puisse avoir du mérite à ressentir quoi que ce soit.
Il hausse vaguement les épaules. Je voudrais qu'il me regarde. En face.
- Je vous trouve fascinant, vous savez…
Quelque part dans cette conversation, ou même avant elle, dans le courant de la soirée, j'ai l'impression que les rôles en sont venus à subrepticement se modifier, presque s'inverser, et ces mots que je n'osais pas sont enfin sortis, naturellement. Ils ont au moins la vertu de ramener ses yeux dans les miens – ses yeux au fond desquels luit quelque chose d'intense et de dur à la fois.
- Parce que vous ne me connaissez pas.
- Peut-être.
Mais je ne demande que ça, mon cher. Même si pour l'instant, cela n'a au fond strictement aucune importance…
- Vous devriez en profiter.
C'est une invitation, certes, mais prononcée sur un ton mi-figue mi-raisin, pas ouvertement provocateur – j'ai beau avoir retrouvé une partie de mon audace naturelle, je ne sais toujours pas trop sur quel pied danser avec lui, et je préfère rester dans le domaine des sous-entendus.
- Ne jouez pas avec cela.
Ne pas jouer… avec quoi ? Avec vous ?
Sa voix se veut froide, mais ne parvient pas – plus – à l'être. Il y a une tension, une lutte en elle, et le « quelque chose » s'est encore accentué dans son regard… renforçant ma perplexité, mon incompréhension.
- Je ne vois pas où est le problème, je finis par répliquer, sur un ton que commence à gagner une vague impatience.
A vrai dire, c'est lui qui me fait l'effet de jouer, en cet instant – avec mes nerfs, avec mon désir. Avec ce désir que je sais réciproque. C'est à la fois excitant et frustrant, déstabilisant et épuisant…
- Tel est-il, justement.
Je trépigne mentalement. S'il pouvait au moins en finir avec ses réponses sibyllines et m'expliquer les choses en bonne et due forme !
De quoi a-t-il peur, au juste ?
Des conséquences de ce qui ne sera probablement au bout du compte que l'histoire d'une nuit ? Ce qui se trame entre nous n'aura que l'importance que nous lui accorderons – à quoi bon s'en soucier dès à présent ?
Un rictus agacé, teinté d'un relent d'amertume, vient tordre les lèvres de Snape, comme en écho à ce qu'on peut soupçonner dans son regard. Il s'apprête à rajouter quelque chose, mais je le coupe instinctivement dans un élan que je devine mal inspiré :
- Vous ne pensez pas qu'on pourrait juste le laisser de côté pour l'instant, ce problème ?
Son regard parait vaciller. Peut-être par leur spontanéité même, mes paroles semblent avoir atteint leur cible et je crois bien qu'il est tenté de se ranger à mon point de vue… Il hésite, au moins… mais n'en démords pas si facilement.
- Ce n'est pas si simple…
- Moi, je crois que si.
Et j'entends bien le lui démontrer de facto. Sans réfléchir une seule seconde de plus.
Il me suffit d'un pas – à peine un pas – pour annuler la distance entre nous, et mes mains sont sur sa nuque, mes lèvres ébauchent un baiser sur les siennes, réduisant à néant toute velléité de discussion.
Mon cœur s'est mis à battre beaucoup trop vite à mon goût, et je le sens se crisper contre moi, dans une attitude… de stupéfaction ? De rejet paniqué ? De quoi, au juste ?
Je suis cinglé, je suis complètement cinglé d'avoir osé ça… L'espace d'un instant, je suis à deux doigts de reculer, mais j'insiste, sans doute témérairement, parce que je suis allé trop loin pour renoncer… parce que le seul contact de ses lèvres suffit à m'électriser… parce que je veux cet homme...
Et soudain, je sens ses mains sur mes hanches, un peu tremblantes.
Sa bouche enfin vaincue qui répond à la mienne, s'y accroche, la dévore déjà, maladroite mais affamée… de plus en plus étourdissante à mesure que notre étreinte se resserre – mes bras enroulés autour de son cou, mes doigts enfouis dans ses cheveux, ses doigts ancrés au creux de mes reins, plaquant nos corps l'un à l'autre… Une petite voix a à peine eu le temps de crier victoire au fond de ma tête qu'elle s'évanouit déjà, le souffle coupé par l'intensité presque douloureuse du baiser. C'est ma conscience elle-même qui se déconnecte, de tout ce qui n'est pas lui – sa chaleur inattendue, son parfum vaguement épicé, indéfinissable, ses lèvres un peu sèches, la fièvre impérieuse de sa langue enchevêtrée à la mienne, ce frémissement nerveux dans ses avant-bras… et son sexe qui durcit déjà, pointant contre mon aine comme pour effacer définitivement toute ambiguïté quant à la réciprocité de mon désir.
Je ne suis même plus capable de penser que c'est encore meilleur que ce que j'aurais pu imaginer – je savoure, juste. L'esprit flou et les jambes flageolantes.
Puis, brusquement, il me repousse.
S'arrache à moi ou m'arrache à lui.
Je suis obligé de me rattraper au dossier du divan pour ne pas perdre un équilibre qui ne tenait plus guère que par la force de son étreinte, et je reste quelques instants dans un flou artistique intégral. Le temps de reconnecter quelques neurones, et de réaliser ce qui vient de se passer.
- Je ne crois pas… que ce soit une bonne idée.
C'est le son de sa voix, ravageusement rauque et étouffée, qui me fait réagir pour de bon. Il s'est déjà à demi détourné, mais j'ai entraperçu de la confusion dans son regard, comme de la peur. Je ne veux même pas chercher à savoir ce qu'elle dissimule – je suis tout bonnement incapable de réfléchir, de tergiverser encore. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai pas goûté à ça pour le laisser m'échapper, alors j'agrippe son bras avant qu'il ne s'éloigne un peu plus. Le force à me faire face.
- Je m'en fous. Vous en avez autant envie que moi. Là, maintenant. C'est tout ce qui compte.
Réalité irréfutable, à laquelle il ne trouve rien à répondre.
D'autant moins lorsque je reviens me coller à lui, mes yeux plantés dans les siens, confrontant insidieusement nos deux érections qui n'ont presque rien perdu de leur vigueur.
Un presque rien qu'elles regagnent aussitôt…
Un grondement sourd s'échappe de la gorge de Snape, dont la résistance survit le temps d'un quart de seconde avant de trépasser inexorablement. Nos bouches se sont déjà rejointes, plus avides encore que tout à l'heure, ses mains glissent autour de ma taille pour venir se plaquer sur mes fesses, et lorsqu'il me soulève d'un coup de reins pour m'emporter vers une autre pièce – vers un lit, vers sa chambre – je ne suis même plus en état de réaliser que j'ai enfin gagné la partie…
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(1) Pour ceux qui ne connaissent pas, Imogène est l'héroïne d'une série de romans policiers d'Exbrayat. Sorte de Miss Marple écossaise et complètement déjantée qui, en plus d'une vague tendance à croire que tous les hommes sont amoureux d'elle, porte une affection toute particulière au rugby, au whisky et aux bagarres, tant verbales que physiques, avec le sergent de police local, son plus grand ennemi…
(2) Nouvelle précision, Harry et Snape font ici référence à deux romans, Le château d'Otrante d'Horace Walpole (1764) et Les Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe (1794). Ce sont deux des plus célèbres « romans gothiques » anglais (le premier est d'ailleurs celui qui a lancé le genre), où l'on retrouve tout un arsenal de châteaux gothiques angoissants, de mystères terrifiants, de cris bizarres à minuit, avec l'inévitable pure et innocente jeune fille (Isabelle et Emilie) tombant aux mains du propriétaire dudit château, infâme noble manipulateur, perfide, perverti etc etc… (Manfred et Montoni).
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Ce fut laborieux mais nous avons vaincu ! (ce nous englobant Harry, dont les difficultés furent miennes, et Tama, dont l'aide fut on ne peut plus précieuse pour venir à bout de la chose (bien dommage que nous n'ayons filmé cette séance d'écriture commune, qui valut son pesant de cacahuète...) Encore merci, darling !)
Comme toujours, j'attends vos commentaires avec la plus grande impatience !
