Coucou ! Voici le chapitre 5 et il est inédit !! Donc, bonne nouvelle pour les anciens ! Un grand merci pour vos reviews! Je ne m'attendais pas à tout ça ^^ Je suis très touchée que ma fic vous plaise en espérant que ce chapitre ne vous déplaira pas !
Merci également aux revieweurs anonymes (je vais vous répondre ici):
nini (merci pour ta fidélité !), Elysabeth (je suis contente que ma fic te plaise !), Arkane (une revenante !!! Oui TWWO est désormais fermé.. c'est ça qui m'a donné le courage de repartir à zéro! Je suis très honorée de te revoir ! J'espère que ce chap te plaira ^^).
Chapitre 5 : Nouveau départ
Les températures pré-hivernaux commençaient déjà à se faire ressentir en ce mois de septembre. Conny adorait l'hivers si bien que chaque année, elle espérait un retour prématuré de la neige.
Elle se souvint de son père et eut alors une bouffée de nostalgie qui lui noua la gorge inopinément. Elle se souvint de son regard bienveillant et de ses yeux bleus dont elle avait hérités. Ses yeux qui étaient légèrement ridés en leur coin.
Conny était assise à la Salle Commune, lieu de discussions, de ragots et de rapprochements entre les élèves. D'un regard curieux, elle embrassa la foule des yeux et se rendit compte à quel point le comportement humain était mystérieux. Il aurait été tellement plus simple que l'être humain soit une machine prévisible car dans ce cas, Conny aurait su, dès le départ, ce que Black cachait. Malheureusement pour elle, l'esprit du Maraudeur était insondable. Cependant, il dégageait une allégresse et une désinvolture trop naturelles pour être vraies. Elle ne sut dire pourquoi mais elle était presque sûre qu'il ne pensait jamais ce qu'il disait comme si sa vie n'était qu'une mise en scène dans laquelle il interprétait un rôle permanent et éternel.
Pieds sous son corps, elle prit son fusain et son bloc de feuilles grainées et se mit à dessiner la scène qui s'offrait à elle: une quinzaine d'élèves, réunis autour du feu de la Salle Commune, occupés à rire aux éclats. C'était une image très touchante qui lui plut énormément. C'était pour assister à ces moments de chaleur qu'elle aimait les vendredis soirs.
Elle entendit le portrait de la Grosse Dame s'ébranler ce qui l'incita à tourner la tête. Elle vit avec ennui les deux jeunes filles qui entrèrent. Jessica Sipson et Yagaëlle Jalger, deux filles de son dortoir. Jessica était réellement la personne la plus stéréotypée qu'elle connaissait. Grande, fine à poitrine généreuse avec de longs cheveux châtains légèrement ondulés, elle était la plus belle fille que Conny avait vu. Ses yeux d'un vert foncé avait la capacité de vous émouvoir en une fraction de seconde.
Jessica était gentille. Surtout lorsqu'elle se taisait.
Yagaëlle, quant à elle, était la meilleure amie de Jessica. Elle vivait dans l'ombre de son amie qui la traîtait comme son petit toutou dressé avec soin. Elle était plus petite d'une tête, ses cheveux, coupés au carré, étaient d'un blond sans éclat et elle avait des yeux noirs. De jolies pommettes se dessinaient lorsqu'elle souriait mais cela était tellement rare que peu de gens avaient remarqué ce détail.
Parmi les deux, Conny préférait Jessica pour sa naïveté, sa sincérité et son imprévisibilité contrairement à Yagaëlle qui jalousait secrètement sa meilleure amie. Ce qui gênait Conny c'était surtout sa mesquinerie et sa méchanceté cachée. Elle était, en effet, sûre que Jalger pouvait à tout moment devenir une personne sans pitié.
C'est au moment où Jessica, sentant un regard persistant peser lourdement sur elle, croisa les yeux de Conny que cette dernière se rendit compte qu'elle la fixait depuis un petit temps. Gênée, elle détourna la tête et se remit à dessiner.
***
- Sirius, grouille ! lança James dans un souffle.
James était camouflé dans sa cape d'invisibilité, celle qui avait tant de fois tromper Rusard lors de leurs escapades nocturnes.
Cette fois James et Sirius étaient partis seuls car Sirius voulait entrer par effraction dans le bureau de Rusard pour fouiller dans les dossiers des élèves et plus particulièrement celui de Conny. Or, pour ce genre d'expédition, moins on était, mieux c'était. Ainsi, James faisait le guet devant la porte du bureau bénéficiant de l'état d'invisibilité et de la Carte des Maraudeurs.
Sirius avait enfin trouvé l'armoire réunissant les dossiers de tous les élèves de Poudlard. Il chercha la catégorie des Gyffondor puis des septièmes années. Lorsqu'il trouva, une boule d'excitation le prit. Il allait enfin en savoir un peu plus au sujet Conny Lewis. Bien vite, il se trouva dans la lettre "L" cependant il lui fallut quelques minutes avant de trouver le dossier de la jeune fille. Lorsqu'il eut ce qu'il cherchait entre les mains, un énorme bruit de fond se fit entendre dans le couloir.
Il tourna brusquement la tête, ferma l'armoire et se dirigea à toute vitesse vers James qui le prit sous sa cape.
Ils avaient tellement grandi ces dernières années qu'ils devaient plier les genoux pour ne pas être perçus. Ensembles, ils se dirigèrent vers un portrait de chevalier du Moyen-Age et dirent le mot de passe avant d'entrer, soulagés. Ils étaient à présent dans un couloir étroit, sombre et dont les murs étaient des pierres anciennes. C'était un des nombreux passages secrets que les Maraudeurs connaissaient.
En même temps, il eut une grande étincelle au bout de leur baguette. Sort très utile lorsqu'ils se trouvaient dans le noir.
- C'était quoi? Tu étais censé surveiller, je te signale!
- C'est ce que je faisais figure-toi, pendant que toi, de ton côté, tu prenais tes aises!
- Moi, je prenais mes aises? Tu sais combien de dossiers j'ai dû fouiller?
- Tu as su lire quelque chose au moins?
- Non, je n'ai pas eu le temps.
- Sirius, tu te fiches de moi là j'espère !
- J'ai pris le dossier pour le lire à mon aise dans la chambre.
Il sortit de sa poche un mini dossier, rapetissé par ses soins.
- Tu es cinglé, sourit James.
Sirius répondit par un clin d'œil espiègle.
- Il faudra y retourner demain pour remettre le dossier avant que quelqu'un ne s'aperçoive de sa disparition.
- Ouais.
James ouvrit la carte des Maraudeurs et se laissa guider par elle.
- Comment as-tu fait pour ne pas voir sur la carte qu'il y avait quelqu'un ? demanda Sirius.
- Il n'y avait rien sur la carte, c'est ça qui est étrange. Tu crois qu'on a pu faire une erreur de fabrication?
- Ne dis pas de bêtises Cornedrue ! Cette carte, c'est la meilleure chose que nous avons fait.
- Oui, c'est vrai... Le bruit venait de loin mais, après, j'ai vérifié sur la carte et personne n'y figurait dans les alentours.
- C'est vraiment bizarre...
James tourna à gauche et se mit devant une statuette. Doucement, il la retourna et une porte en marbre, jusque là invisible, apparut. Sirius l'ouvrit et ils atterrirent directement dans leur dortoir.
- C'est mon passage secret préféré, fit Sirius en retrouvant Remus et Peter.
- Oui, répondit James, l'imitant, mais c'est dommage qu'on ne puisse pas ouvrir la porte de notre chambre, ça nous aurait facilité la tâche dans nos escapades mais j'avoue que c'est assez pratique pour le retour.
Peter sortit de son lit, à moitié réveillé.
- Alors, bailla-t-il, vous avez trouvé le dossier?
- Oui, je l'ai ! sourit Sirius, en montrant le document.
- Super, bon moi je vais me recoucher alors.
- Bonne nuit Queudver, firent les deux autres, en choeur.
Remus sortit de la salle de bain, essui autour de la taille. Son corps était plus maigre que celui de James et Sirius, endurcis par le Quidditch. Seulement, sa nature bestiale lui avait donné quelques atouts aussi même si quelques cicatrices fines couvraient son torse. Les cheveux de Remus avaient poussé depuis juin dernier et Sirius savait avec tristesse que durant les vacances, Remus avaient dû faire face seul à sa malédiction. Il en avait souffert, cela se voyait car il paraissait beaucoup plus faible que d'habitude et plus négligé, aussi.
- Moony, appela Sirius.
- Oui?
- Demain je t'apprendrai un sort qui te coupera les cheveux.
- Ah, fit-il, gêné. Je ne m'étais même pas rendu compte qu'ils avaient beaucoup poussé.
- Je sais. C'est un sort vraiment efficace, il suffit que tu penses à la coupe que tu voudrais avoir que tu l'as en une fraction de seconde.
- Intéressent, en effet, fit Remus, penseur.
Remus prit sa baguette et se changea.
- Oui, la baguette, c'est tellement utile. Regarde ça, une seconde avant j'étais en essui et là je suis en pyjama.
- Je plains tellement les Moldus, intervint James.
- Au fait, j'ai entendu que tu avais pris le dossier avec toi?
- Tu as l'oreille très fine, mon loup, sourit Sirius. Oui, je l'ai. Je le lirai demain.
- Mais pourquoi avoir besoin de son dossier?
- Je veux mieux la connaître.
- C'est en parlant qu'on apprend à connaître quelqu'un et non avec des dossiers.
- Je suis au courant, merci, répondit Sirius, pincé.
- C'est juste qu'il a du mal à établir un contact avec La Loupe, fit James de son lit.
- Si un jour elle apprenait ça, elle ne serait pas contente.
- Je ne vois pas comment elle le saurait et en plus ce n'est pas comme s'il se trouvait des informations personnelles dans ce machin.
- Détrompe-toi Patmol, dit Remus, sérieux.
Remus souhaita bonne nuit à ses camarades et éteignit la lumière.
Sirius mit des bras derrière sa nuque et pensa aux dernières paroles de Remus. A présent, il se demandait ce que son dossier contenait. Ses problèmes familiaux y seraient-ils inscrits? Il espérait bien que non car cela était personnel.
A présent, tout le monde dormait dans la chambre, sauf lui. Cette histoire de dossier l'en empêchait. Ainsi, il se leva et se dirigea vers la Salle Commune.
Le feu crépitait avec douceur et les flammes dansaient avec souplesse. Il s'assit dans le fauteuil en face du feu et commença à penser à la maudite famille à laquelle il appartenait. Il revit le regard de Regulus avant qu'il ne s'enfuie de la maison.
- Où tu vas?
Sirius tourna la tête. Son balais était sous lui et la fenêtre était ouverte, laissant ainsi apparaître un ciel bleu nuit. Les étoiles brillaient de tous leurs éclats.
- Je me casse.
Regulus se raidit. Il avait toujours été froid et distant, comme sa famille mais Sirius avait perçu, pour la première fois, un voile de tristesse passer dans ses yeux. Cet instant, pourtant si court, le déboussola.
- Ah oui? Et si je prévenais mère, que se passerait-il?
Son air suffisant et hautain avait repris le dessus. En voyant cela, Sirius serra les dents. C'était précisément pour cela qu'il s'enfuyait, il en avait assez de toute cette haine.
- J'espérais que tu le ferais et n'oublie pas de lui dire combien je la hais.
Sirius tapa du pied droit et le balais le transporta instantanément dans les airs.
Sirius revint à lui et soupira. Sa vie était beaucoup mieux depuis sa fuite.
Soudain, il sentit une présence et il tourna la tête. Il avait entendu une respiration lente et constante.
Il chercha des yeux et vit alors qu'une personne s'était endormie dans un des fauteuils. Avec l'obscurité, il ne l'avait pas remarquée.
Doucement, il s'approcha. C'était une fille car il vit de longs cheveux châtains seulement il ne voyait pas son visage car il était tourné vers le dossier du fauteuil. La jeune fille était recroquevillée sur elle même, comme si elle avait froid. Pas étonnant, elle n'avait pas de couverture et la température externe était froide. Il ne sut quoi faire. Fallait-il la réveiller? Elle avait l'air d'avoir froid...
Il s'approcha d'elle pour voir son visage.
Elle avait le visage pâle et des traits fins. Des mèches lui venaient à ses yeux. Sirius la reconnut très vite. C'était Conny Lewis sans ses lunettes.
Là, il fut encore plus hésitant. S'il la réveillait, elle lui en voudrait probablement et tous les efforts qu'il avait fournis auraient servis à rien mais s'il la laissait ainsi, elle risquerait d'attraper froid et de tomber malade, le fauteuil dans lequel elle était allongée étant assez loin de la cheminée.
***
Conny se sentait réellement bien là où elle était. Elle sentait son coussin beaucoup plus moelleux que d'habitude et sa couverture étonnamment douce et chaude. Lentement, elle se réveilla et fut stupéfaite lorsqu'elle comprit qu'elle s'était endormie dans la Salle Commune.
Bouche bée, elle se demanda à qui appartenait ce coussin et cette couverture. Alors, comme pour répondre à sa question, elle trouva un petit bout de parchemin. L'écriture était grande et soignée mais elle sut d'avance par la forme et le style que c'était une écriture de garçon.
Chère Conny,
Je t'ai trouvée endormie ici hier soir. Tu dormais d'une manière tellement paisible que je n'ai pas voulu te réveiller c'est pourquoi je t'ai mis un coussin et une couverture.
J'espère que tu ne m'en veux pas trop...
Sirius B.
Des millions de questions fourmillèrent dans le cerveau de la jeune fille. Malgré ce qu'il s'était passé l'autre jour, elle admit que, cette fois, son acte était touchant. Peut-être essayait-il de se racheter?
Et là, elle en vint à la question qu'elle se posait la plus souvent ces derniers temps, pourquoi faisait-il tout ça? Elle soupira d'impuissance. C'était tellement étrange et énervant ! Car maintenant, elle devait le remercier et lui rendre ses affaires. Elle devait donc être gentille avec lui alors qu'elle s'était jurée de ne plus lui adresser la parole.
Elle se leva et alla dans son dortoir où elle rangea les affaires de Sirius dans son armoire.
D'un coup de baguette, elle se changea et s'apprêtait à descendre pour aller manger.
- Conny?
Son coeur manqua un bon. Troublée, elle se retourna. Cela lui faisait toujours cet effet lorsqu'on l'appelait par son prénom. C'était tellement rare...
Lily Evans sortait de son lit, les yeux fatigués.
- Tu étais où hier soir, bailla-t-elle, je me suis inquiétée.
- Ah bon? Oh, pardon... Je me suis endormie en bas.
- Ah, d'accord. J'ai eu peur que les Serpentard t'aient encore embêtée...
- Non, pas cette fois.
- Tant mieux, sourit la jeune rousse.
- Je vais descendre manger, à tout à l'heure.
- D'accord, répondit simplement l'élue de James.
Conny descendit et entra dans la Grande Salle. Comme elle s'était levée plus tard, l'immense pièce était bondée et son habituelle place était prise.
Paniquée, elle scruta la grande table des Gryffondor. Elle trouva une chaise vide près du clan des écervelées. Maudissant ce jour qui commençait très mal, elle s'avança vers elles et prit place.
Conny n'avait pas besoin de les regarder pour sentir leur regard peser sur elle.
- La Loupe, fit l'une d'entre elle.
Résignée, Conny leva la tête.
- Cette place est prise .
- Ah?Oh... c'est juste que...enfin je veux dire qu'il n'y avait personne et...
- Oui mais notre amie va arriver, renchérit une autre.
- Et en plus, on ne veut pas de toi près de nous, termina la troisième, sourire hypocrite aux lèvres.
Conny bafouilla misérablement des excuses. Elle était très mal à l'aise et surtout triste si bien qu'elle retenait un sanglot. Alors, elle se leva et elle sentit soudain une main chaude et protectrice l'effleurer.
- Il reste une place à côté de moi si tu veux.
Sirius lui fit un sourire en coin sincère.
- Par le caleçon de Merlin! C'est pas possible, je dois faire un cauchemar!
- Laisse-moi te dire une chose Parker, fit Sirius, tu es pathétique. Et encore une fois que l'une d'entre vous ose reparler à Conny de cette manière, je divulguerai toutes ces choses que je sais à propos de vous, c'est clair? Je ruinerai votre vie sociale en moins d'une minute.
Les trois jeunes filles laissèrent échapper un hoquet d'horreur.
- Mais qu'est-ce que tu fous avec La Loupe? reprit Parker. Tu es descendu bien bas, dis-moi.
- C'est toi qui descendras et jusqu'en enfer si tu ne fermes pas l'immonde chose qui ressemble à un pot de peinture, communément appelée ta bouche.
Sans attendre de réponses, Sirius se remit à sa place, suivi de Conny, toujours muette.
Les trois autres Maraudeurs avaient assistés à la scène et, connaissant Sirius, savaient que lorsqu'il était énervé, valait mieux le laisser tranquille.
Remus et James parlaient de Quidditch alors que Sirius, mâchoires serrés, ne touchait pas à son assiette.
Conny ne sut quoi faire. Elle sentait que Black était fébrile et conclut donc que ce n'était pas le bon moment pour le remercier.
- Potter?
Lily se tenait derrière Sirius. Elle avait l'air nerveuse à l'idée de parler James d'elle-même.
James, lui, était aux anges et n'en revenait pas mais il continuait à écouter les conseils de Sirius et de faire comme si elle n'était rien à ses yeux.
- Oui?
- Je...tu...enfin nous avons une réunion.
- Ah bon? Pourquoi?
- Nous devons rédiger un rapport en tant que Préfet-en-Chef...c'est la procédure.
- Oui, d'accord.
- A sept heures, ça te convient?
- C'est parfait, lui sourit-il.
Lily partit aussi vite qu'elle le put.
- Ma vie est parfaite, s'extasia James.
- Je t'avais dit qu'elle te mangerait dans la main, lui rappela Sirius.
- Tu es l'homme de ma vie Sirius Black.
Conny avait entendu, à son insu, tout le dialogue. Ainsi, James Potter était réellement amoureux de Lily? Elle qui pensait -comme la préfète- que c'était juste une passade, un caprice.
Ne sachant toujours pas comment aborder Sirius, elle leva la tête et tourna sa tête vers lui une seconde. Même s'il avait l'air beaucoup moins excédé que tout à l'heure, elle n'osa toujours pas lui parler.
Comme elle avait fini de manger, elle se leva sous le regard surpris de Sirius.
- Je... merci pour hier et aussi pour tout à l'heure, même si tu n'y étais pas obligé.
Et elle sortit de la Salle d'un pas précipité.
Elle se rendit à la bibliothèque pour y rendre un livre qu'elle avait emprunté.
C'était malin ! La manière dont elle était partie était on ne peut plus minable. Surtout qu'elle devait l'affronter à nouveau pour lui rendre ses affaires. Lasse, elle soupira et sortit de la pièce après avoir remis le livre à Mme Pince.
La journée se passa bien, dans le calme et la bonne humeur. Conny avait un peu discuté avec une fille de deuxième année qu'elle connaissait. Ensuite, elle était montée finir son dessin pour le ranger sans sa farde, celle qui en contenait une petite cinquantaine.
Elle n'avait pas revu Black de la journée et s'aperçut que lui et ses amis n'étaient pas là au dîner du soir. Elle se demanda alors la raison de son absence. Puis, soudain, surprise par elle-même, elle essaya de penser à autre chose se disant qu'après tout, cela ne la regardait pas.
Elle n'avait presque rien mangé mais elle se leva tout de même pour monter dans la Salle Commune.
Alors qu'elle montait les escaliers menant à son dortoir, elle vit les Maraudeurs sortir de le leur, essoufflés et épuisés.
- On a échappé belle, cette fois! Rusard devient de plus en plus perspicace et...
James s'interrompit lorsqu'il vit qu'ils n'étaient pas seuls.
- Bravo, t'aurais pu le crier plus fort, histoire que tout Poudlard sache ce qu'on vient de faire fit Sirius entre les dents.
- Il y a un problème? demanda, James à Conny, légèrement nerveux.
- Non.. pas du tout. J..j'allais monter dans mon dortoir...
Sirius, n'ayant toujours pas avalé le fait que Conny ne l'ai pas aborder pour le remercier franchement, ne la regarda pas, vexé.
- A propos, je... reste là une petite seconde, je vais te rendre tes affaires...
Sirius tourna la tête et vit qu'elle s'adressait à lui.
James, qui n'était pas au courant de cette histoire fut éberlué.
- T...tes affaires?
- C'est pas ce que tu crois, lui chuchota Sirius, lassé.
Sirius acquiesça à Conny. Cette dernière se dépêcha donc de monter.
- Non, je n'ai pas conclu.
- Mais, je n'ai rien dit !
- Je te connais et je sais ce que tu es en train de te demander. C'est pourquoi, je te réponds que tu te plantes.
- D'accord, d'accord... et en plus je vois que tu es de mauvaise humeur alors je ne vais pas te demander ce qu'il s'est passé, fit James avec tout de même un petit espoir que son ami cède.
- J'ai pas envie d'en parler, répondit alors le ténébreux, ronchon.
D'un pas vif, Conny descendit les escaliers avec le coussin et la couverture de Sirius, rapetissés. Elle se dirigea vers lui, intimidée par son regard froid.
- Bon, moi je descends, informa James, se sentant en trop.
Conny le regarda partir avant de faire à nouveau attention à l'expression de Sirius.
- Tiens et encore une fois merci.
Le visage du jeune homme se détendit au grand soulagement de Conny. Il prit, dès lors, ses affaires et les mit dans sa poche.
- Tu vas bien?
Cette question l'avait échappée. Sirius parût surpris de l'élan de la jeune fille et surtout de sa tentative à commencer la conversation.
- Disons que je suis un peu... comment dire... agacé.
- Oh...
- Je n'arrive pas à te cerner Lewis. C'est ça qui m'agace.
- Ah...
- Tu n'arranges pas les choses là.
Conny baissa les yeux.
- C'est que moi et les contacts humain c'est pas trop ça...
- Pourtant, il y a des moments où tu as l'air à l'aise.
- Je ne sais pas, c'est difficile à expliquer. Et pour info, toi non plus, tu n'es pas si facile à décrypter.
- Moi? Mon cas est simple, pourtant.
Conny leva la tête et le regarda profondément. Elle se rendit compte alors qu'il avait de très beaux yeux gris. Troublée, elle revint à elle-même.
- C'est que... enfin non, laisse tomber, se rattrapa-t-elle.
- Mais non, l'encouragea-t-il. Dis-moi ce que tu penses de moi. Je veux savoir...
- Pourquoi? Je ne comprends pas... c'est absurde !
- Absurde? Comment ça?
- Ouvre les yeux, on a rien en commun. Pendant six ans tu m'as ignorée et là, tout à coup, tu viens et c'est comme si c'était normal!
Sirius était à présent moins sûr de lui. Il est vrai qu'elle approchait du terrain glissant.
- Oui, je te comprends, répondit-il simplement.
- Merci, souffla-t-elle.
- Mais alors, reprit-il. Selon toi, comment débutent les amitiés?
- Eh bien je.. je n'en sais trop rien... mais pas comme ça en tout cas.
- Dis-moi.
Conny réfléchit un instant.
- Déjà, ça vient spontanément. Du moins, je le pense et non par besoin.
- Par besoin?
- Toi, quand tu es venu me parler, c'était pour des cours, lui rappela-t-elle.
Sirius se sentit misérable. Lui qui était fier de sa tactique, maintenant qu'il y repensait, il était vrai qu'elle était réellement déplorable.
- Je vois, sourit-il.
Sirius tourna les talons, ce qui troubla Conny.
Il partit vers son dortoir, sans un mot. N'y comprenant plus rien et désemparée, elle quitta la Salle Commune.
Puis, alors qu'elle descendait les marches allant vers la Grande Salle, quelqu'un l'interpela poliment. C'était lui.
- Salut, c'est bien toi qui dessines toujours dans la Salle Commune?
Elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il faisait. Lorsqu'elle saisit, elle n'en revenait pas et, amusée, elle se sentit rougir.
- Oui...
Sirius lui adressa son plus beau sourire sincère.
- Moi c'est Sirius et toi?
- Conny.
- Enchanté! J'espère pouvoir te reparler un jour, c'est tellement honteux qu' arrivés en septième année, on n'ait toujours pas discuté un peu. Tu m'accorderas une petite discussion, n'est-ce pas?
- B.. bien sûr, bégaya-t-elle.
- Merci! A la prochaine alors!
Et il descendit rejoindre ses camarades au dîner alors que Conny alla dans le Parc, touchée.
***
Après avoir bien rempli son estomac, Sirius monta vers la Salle Commune suivi de ses amis.
- Peter, fit-il, maintenant que tu n'es plus avec Samantha, il faut que tu te trouves une autre fille !
- Je ne sais pas trop...
- Allez, supplia-t-il, j'insiste parce que j'ai des sources...
- Et? demanda Remus.
- Et je sais qu'il y a une jolie fille de Serdaigle qui craque pour toi, dit-il, tapant sur l'épaule de Peter. Tu les fais toutes craquer.
- Et c'est qui? couina Peter.
- Sarah Doherty.
James siffla de stupéfaction.
- Wahou ! Eh bien, pas n'importe qui en plus, elle est très belle !
- Oui, admit Sirius, fier. Parle-lui quand tu la vois.
- D'accord, je le ferai.
- Alors James, dit Remus en changeant de sujet. Prêt ?
- Je ne sais pas trop... j'ai peur qu'elle me déteste à nouveau.
- Ne fais pas ce qu'elle n'aime pas que tu fasses et tout ira bien, lui conseilla Sirius.
- C'est-à-dire?
- Ton air suffisant et hautain, répondit Peter. Ah, et aussi quand tu t'ébouriffes les cheveux, elle en a horreur.
-Mais, comment tu sais ça?
James était ébahi.
- Je l'ai entendu, un jour.
- Vous avez vu? Elle parle de moi !
- Et voilà qu'il recommence... fit Sirius, désemparé. C'est ce genre d'attitude débile que tu dois éviter ! N'oublie pas, elle ne te fais aucun effet, tu ne la calcules pas.
- Oui, c'est ça, elle ne me fait aucun effet et je ne la calcule pas.
James se répéta cette phrase plusieurs fois.
- Bonne chance, vieux !
-Merci...
James changea de direction et alla au lieu de rendez-vous que Lily lui avait transmis.
Il resta planter devant la porte, plusieurs secondes, n'osant pas entrer. Il était nerveux à l'idée de l'affronter.
Comme pour se donner du courage il répéta : "Pas ébouriffer mes cheveux, pas être hautain, pas être stupide, pas être immature... elle ne me fait aucun effet et je ne la calcule pas !"
Expirant un bon coup, il frappa à la porte puis entra.
Lily était là, assise et concentrée à lire un dossier. Sa beauté l'émut. James nourrit un grand espoir d'un jour l'avoir comme petite amie. Mais en attendant, il devait se concentrer et tout faire pour la conquérir.
Oui, il fallait qu'il arrive à émouvoir le coeur de Lily Evans...
Fin du chap ! Il vous a plû? RDV la semaine prochaine ;-)
