La Vision.
-Et toit Alice tu as trouvé ton bonheur ? Me demanda Esmée, toute sourire, alors que du sang d'animaux tâchait encore son haut.
-Oui, souris-je, la meilleure chasse depuis des lustres !
Jasper me rejoignit et sa main pris la mienne.
-Complètement d'accord, s'écria Emmet en riant, les vêtements en lambeaux, les ours sont de plus en plus irritables en cette saison !
Rosalie leva les yeux au ciel mais ne pus retenir un sourire.
-C'est dommage qu'Edward ne soit pas venu, soupira Esmée en remontant dans la voiture, mais il devait voire Carlisle, je m'en doutais.
Elle rayonnait, le retour de celui dont elle nous avait tant parlé semblait la ravir. Aussi loin que je me souviennes il ne c'était jamais passé un seul jour sans qu'elle ne parle de lui. Edward, le fils Prodige.
Personnellement je n'avais rien contre lui, et d'après les dires d'Esmée il était plutôt gentil, et puis son retour la rendait tellement heureuse ! Comment ne pas aimer quelqu'un qui parvient à rendre le sourire à Esmée ?
Je m'apprêtais à monter dans la voiture, Jasper sur mes talons, quand un engourdissement familier me figea dans mon élan.
Comme à chaque vision, je vis une sorte de réalité floue se matérialiser sous mes yeux, je devins sourde au monde réel, me plongeant totalement dans ce monde nouveau et familier qu'étais l'espace temps, j'avais depuis longtemps cessé de lutter et m'abandonnais à présent complètement dés que cela m'arrivait.
Je vis alors notre salon, les contours voilés de l'image devinrent de plus en plus nets, jusqu'à ce qu'elle se matérialise complètement.
J'eue alors l'atroce impression que mon cœur mort tombait dans ma poitrine, suivi de prés par tous mes organes, sur notre canapé se trouvaient deux corps, Carlisle et Edward, ils étaient nus. Et ils faisaient l'amour.
Une lame tranchante me transperça l'abdomen. Carlisle, le mari d'Esmée était entrain de faire l'amour avec le fils de celle-ci, Edward…
La voix de Carlisle résonna à mes oreilles, rythmé par sa respiration saccadée, « Tu ne partiras plus jamais, tu ne me laisseras plus jamais. Promets le moi… »
L'autre enroula ses bras autour de ses épaules et embrassa le creux de son oreille.
« -Promis mon Amour, plus jamais. ».
Et je revins à moi.
Je titubai Jasper me rattrapa, son regard inquiet se posa sur moi.
-Dans la voiture. Lui soufflais-je.
Il hocha la tête et me poussa dans l'énorme Jeep d'Emmet.
Il monta après moi, referma la porte d'un coup, et se tourna vers moi.
Je jetai coup d'œil à Esmée, mais elle ne faisait pas attention à nous.
J'enfouis alors ma tête dans le cou de Jasper, plus pour alléger l'atroce impression d'horreur qui me secouait que par sécurité.
-J'ai vue Carlisle et, son nom se bloqua dans la gorge, j'avala ma salive, et Edward…
-Et alors, murmura t-il, ils leurs est arrivés quelque chose ? Il semblait paniqué tout à coup.
-Non, non c'est pas ça c'est que … je les ai vue entrain de…
Les mots ne me venaient pas, c'était atroce.
Jasper me sourit, m'encourageant à continuer. Son sourire me fit du bien.
-Entrain de faire l'amour… Murmurai-je dans un souffle.
Jasper écarquilla les yeux, il se raidit tout à coup et je vis son regard aller d'Esmée à nous.
Il se pencha vers moi.
-Tu en es sure ? C'est impossible Carlisle et Esmée sont …
-Mariés, je sais. Je te dis ce que j'ai vue, c'est tout. Carlisle à dit un truck du genre : Ne m'abandonne plus jamais… Ou autre. J'essayai de prendre un air dégager, pour masquer le réel sujet de notre discussion, mais c'était presque impossible, je revoyais sans cesse Carlisle nu, sur cet homme, entrain de lui murmurer des choses à l'oreille…
J'inspirai à grande bouffées l'odeur rassurante de Jasper puis continuai.
-Edward a répondu, et il l'a appelé… Mon amour. Ils étaient sur notre canapé. Et c'étais aujourd'hui, ajoutai-je pressentant les questions de Jasper, Edward et Carlisle portaient les vêtements qu'ils avaient se matin. Enfin portaient … Enfin t'as compris quoi.
Jasper resserra son étreinte autour de moi et je me laissai allé contre lui. Ses yeux papillonnaient d'Esmée à moi. Il semblait paniqué.
-Interdit de lui dire quoique ce soit ! Dit-il au bout d'un court instant. Esmée serrait effondrée. Tu en parleras avec Carlisle plus tard, je t'accompagnerai ne t'inquiètes pas, ajouta t-il sentait ma peur.
-Merci. Murmurai-je, me blottissant tout contre lui.
-Je suis là me répondit-il en me rendant mon étreinte.
Je courais au devant des problèmes, je le savais. Mais je ne pouvais les laisser faire ça à Esmée.
Esmée. Mes yeux se posèrent a nouveau sur elle, elle semblait aussi heureuse que quelques minutes avant. Mais cette fois je ne partageais pas son bonheur.
Le malaise intense qui s'empara de moi obligea Jasper à me bombarder de d'ondes positives.
Malgré cela, je frissonnai.
-Vite, Vite ! S'écria Esmée, excitée comme une puce, tandis que Emmet se garait. Elle tremblait d'excitation à l'idée de revoir son fils.
Une sensation étrange s'empara de moi, comme une flèche pleine de haine venue se planter dans mon cœur. Jasper s'approcha de moi, et la sensation disparue.
Comme pour venir appuyer mon analyse Esmée murmura, les yeux brillants :
-Edward est là…
Et une nouvelle flèche, une.
Jasper me prit la main mais cela ne suffit pas à calmer la haine qui grandissait dans mon cœur. Esmée ressemblait à une enfant excitée par un gros cadeau de Noël, à moi son cadeau me semblait empoisonné…
Le regard de Jasper croisa le mien et la haine disparue. Je le fusillai du regard, il me fit un sourire angélique. Je craquai et me blottis contre lui, réconfortée par la chaleur de son corps, enfin pour un vampire …
Esmée courue, monta les escaliers et disparue derrière la porte. Un crie perçant nous annonça qu'elle était toujours en vie.
En un instant nous fument en haut des escaliers, je laissai passer Emmet et Rosalie devant moi, peu désireuse de me retrouver en face d'Eux deux, persuadée que des images de ma visions me reviendrai directement en mémoire.
Et à nouveau ma vue se brouilla. Notre salle de bain, notre douche. L'eau qui coulait sur leurs corps parfait, leurs baisers furieux, Carlisle sous Edward. Et une bonne dizaine de flèches qui vinrent se planter directement dans mon cœur mort.
Je revins à moi et Jasper me rattrapa avant que je trébuche.
-Encore ? Me souffla t-il.
-Pire … Répondis-je, du moins c'était l'effet que cela me faisait.
-Tu me racontera plus tard, murmura t-il. Ses yeux étaient fixés sur un point derrière moi. Je me retournai et me retrouvais face à Carlisle dont la beauté insultante me fit baisser les yeux. Derrière lui se tenait Edward, beau à se damner. La c'était carrément l'arbalète que ressue dans la poitrine.
Jasper m'effleura et je sentis la vague calme qu'il m'envoyait se cogner au mur de haine qui emprisonnait mon cœur, puis disparaître.
Il ne pouvait rien faire face à la force de ma haine.
Esmée se tenait prés d'Edward, un bras sous sa taille, les yeux rivés sur lui, un sourire fier sur les lèvres qui ne fit que grossir encore le mur de mon cœur.
-Alice, dit Carlisle en me regardant, soucieux, tu es sure que ça va ?
Son ton semblait inquiet et je plongeai mes yeux dans ses pupilles tendres, plus sincère tu meurs. Je commençai à avoir des doutes, et si ce que j'avais vu ne c'était pas réellement passé, et si c'était plutôt l'expression du désir d'un des deux…
Et si …
Je m'interrompis, m'interdisant de céder à l'espoir.
Il n'y avait qu'un seul moyen de le savoir.
-Très bien, dis-j'en passant devant lui. Je sentis mon ton glacial et je m'interdis de le regarder sachant que je ne pourrais m'empêcher de le fusiller du regard.
Je me ruai dans le salon, et m'assis brutalement sur le canapé, à l'endroit exact où j'avais vu Carlisle se prélasser nu, dans les bras d'Edward.
J'enfouis ma tête dans les coussins et l'horreur m'envahis. L'odeur de Carlisle était partout. Sur le tissu des accoudoirs, sur les coussins, dans les replis du dossier. Partout.
A son odeur se mêlait un autre parfum, un parfum doux, envoûtant. Si beau qu'il me révulsa. Celui d'Edward.
Le mur de mon cœur se transforma en armure.
Ils entrèrent tous dans la pièce et je quittais vivement le canapé, désireuse de quitter l'odeur des deux corps et l'aura de luxure qui y régnait. Jasper vint se poster prés de moi. Je sentis les ondes positives qu'il tentait de m'envoyer, mais j'étais intouchable. L'armure ne comptait pas déguerpir si vite.
Carlisle me regardait fixement, visiblement inquiet. Mon armure faiblit. Carlisle est et a toujours été un père pour moi, comme pour les autres. Si je devais le décrire en un seul mot, sans hésiter se serrait Compassion. Carlisle est l'homme le plus doux, le plus chaleureux, le plus gentleman des hommes au monde. Il atteindra bientôt ses 300 ans pourtant il est toujours le même. Ce même vampire qui a toujours rejeté sa propre nature pour ne faire de mal à personne, ce même vampire que tuer et faire le Mal révulse au plus haut point. Ce vampire que j'aime et qui m'hérite plus que tout mon respect.
En cet instant mon armure avait disparue. Puis les images de mes visions me revinrent brutalement, comme une lame tranchante venue rompre le fil de pardon que j'avais doucement commencé à tisser entre lui et moi sans vraiment m'en rendre compte.
Et ma haine revint.
-Alors cette chasse ? demanda t'il sans me lâcher des yeux.
-Mais ne parlons pas de ça ! S'écria Esmée, Parlons plutôt d'Edward, elle se retourna vers lui et le regarda alors comme si c'était la huitième merveille du monde. Je retins un grognement.
Et tandis que tout le monde centrait son attention sur Edward et son histoire qui me parut tout bonnement lâche, Jasper se retourna vers moi, le regard interrogateur.
-Ils étaient … sous la douche. Soufflai-je en sentant la haine glacer mes veines.
-Tous… Tous les deux ? S'étonna t-il.
-Evidement, ils étaient …
Jasper posa son doigt sur ma bouche.
J'ai compris. Me répondit-il, rassurant.
Je pencha là tête sur son épaule et me laissa bercer par son souffle.
Je ne savais toujours pas quoi faire, et je sentais le regard insistant de Carlisle sur moi.
Je prit la main de Jasper et l'entraîna avec moi, espérant que personne ne nous verrait.
Les images de mes deux visions tournaient dans ma tête. Malgré le dégoût que m'inspirait ces images révoltantes, je sentis une pointe de gène germer en moi, en revoyant Carlisle nu, grognant de plaisir dans la bouche d'un Edward tout aussi dévêtu, pourtant je passai devant Edward qu'Esmée couvait toujours des yeux, et la haine repris son long chemin dans mes veines.
Je vis qu'Edward me regardait avec insistance, en fronçant les sourcils apparament préoccupé. Puis alors que je tournai mon visage vers lui, le défiant des yeux, je vis ses pupilles s'agrandirent d'horreur, il se raidit et son visage parfait se tordit dans une grimace alarmé, il se retourna presque instantanément vers Carlisle. Mais celui-ci ne le voyait pas, ses yeux inquiets toujours posés sur moi.
Il revint peu à peu vers moi, très lentement, et plongea ses iris noir d'encre dans mon regard de miel, j'y vis une peur irrationnelle, comme un trou au milieu de ses pupilles.
Et, tandis que je refoulais les images de leurs deux corps entrelacés, je m'inquiétai sur les raisons de cette étrange peur.
Et, là je me souvins.
Je laissai mes visions s'emparer de mon esprit et je le regardais grimacer de douleur, répondant ainsi à ma question muette.
Il avait bel et bien un don, et pas des moindres d'ailleurs.
Il lisait dans mon esprit ce qui me torturai depuis l'après-midi.
Et encore une foi leurs deux corps nus passèrent devant mes yeux, tout comme devant les siens.
Edward était télépathe.
