D'abors un GRAND merci à tous ceux qui prennent le temps de me laisser des reviews, c'est comme gratter un ticket de la française des jeux et de s'apercevoir qu'on a gagner 20000€.
Ensuite, j'avais promis le chapitre 8 mercredi et nous sommes mercredi. Il est très exactement minuit chez moi. Je ne peux pas faire plus dans la ponctualité.
Donc merci à : MiaSa, Mrs Esmé Cullen, Zionne, kline (surtout pour les 7 reviews et la longueur lol), veronika, diane24, Blub, lol638, mimily, louloute0310, lolo08, scrapfaconed, chris, Jasper's Kitten (également pour avoir reviwer les autres chapitre aussi), chanel00, Allyssabella, marion, twintania, lily7807, mag, eve, Eiphose, rachoudied, sophiebelier, Rondelli, Mary79, gigi, Galswinthe, aline1320, misiri-addict, annecullen69, faf, tite-lilith, Nienna-lo et Clair-de-Lune-25.
*plus de salive*
RR (Réponse aux Reviews) :
Jessica (Rondelli) : Je ne sais pas combien de chapitre il va y avoir, j'écris vraiment selon l'inspiration.
annecullen69 : Je ne peux pas prendre en photo mon voisin et le mettre en ligne à cause de cette foutu loi française sur le droit à l'image. Mais tu ne rates rien pour les raisons que j'expliquerais tout en bas.
lili7807 : Tu as raison. Etre accro au lemon n'est pas une tare lol
Kline : Tes reviews m'ont fait mourrir de rire, continue STP
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Disclamer 1 : Twilight ainsi que tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
NA à la fin comme d'hab
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« La vérité c'est comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur. »
Albert Camus – Extrait de La Chute
CHAPITRE 8 – L'Heure Bleue
Esmée stoppa la voiture devant un immense bâtiment qui ressemblait plus à une usine qu'à un lycée. Le cadre était assez agréable au premier abord. Pas de clôture, beaucoup de verdure et surtout pas trop d'humains.
Ce n'était pas que être à proximité d'humains me tentait – j'avais dépassé ce stade – mais leur présence me rappelait constamment mes fautes passées et la peur qui allait avec de faire un faux pas.
J'avais exposé à Carlisle la nature de cette crainte et il m'avait assez rassuré sur le sujet, m'expliquant que j'aurais le soutien et la vigilance – il était assez diplomate pour ne pas avoir employé le mot surveillance - des autres. Bien sur, le fait d'être épaulé par Alice et ses visions étaient un atout indéniable.
De plus, il avait une confiance en moi qui me dépassait. Tout le monde autour de moi s'étonnait de constater mes capacités de maîtrise pour le sang humain. D'abord à Denali puis ici même. Kate m'avait confié que pour avoir une telle discipline, il lui avait fallu plusieurs dizaines d'années. J'étais ahurie de voir que Jasper, même après tant d'années de sevrage luttaient encore contre l'appel du sang. Il n'était pas alléché à proprement parler mais ressentait encore une certaine gêne à être près d'humains.
Eléazar pensait que c'était dû à mon bouclier mais je savais, au plus profond de moi, que ce qui me rendait si maître de moi, c'était aussi la volonté de ne plus voir les horreurs de ces deux dernières années se répéter à nouveau.
Toute à mes pensées, je suivis Esmée dans le hall d'entrée puis dans le couloir vide du lycée. Les vacances de fin d'année se terminaient mais quelques membres du personnel étaient présents. Sentir leur odeur était un peu déstabilisante mais je pris sur moi.
Nous attendîmes devant le bureau du Principal. Esmée tenait la pochette avec tous mes papiers indispensables à mon inscription.
J'étais Isabella Denali, Fille de Eléazar et Carmen Denali, 18 ans, étudiante en seconde en Alaska et venant terminer ses études à Forks chez les Cullen. Falsifier mon identité et édulcorer mon parcours scolaire avec un dossier aussi épais qu'inventé, avait semblé être plus facile encore que de chasser le grizzli sans les mains.
La porte du bureau s'ouvrit et le Principal, un homme petit et chauve, apparut sur le seuil. Le froid qui régnait, en ce mois de janvier, me permit de lui serrer la main avec décontraction car il n'était pas suspect – pour celui qui voudrait avoir l'air humain - d'avoir la peau aussi glacée avec cette température extérieure. Pour éviter de casser l'ambiance, j'essayais de ne pas avoir l'air trop 'effrayante', gardant mes dents et arborant un sourire rassurant.
La rencontre ne dura pas bien longtemps, ce qui semblait arranger tout le monde. Je me présenta comme étant la correspondante d'Alice et confiée au bon soin d'Esmée et Carlisle Cullen par mes 'parents' jusqu'à la fin de l'année scolaire. Mon petit discours était bien au point et reçu un accueil assez positif.
Après l'entretien, le Principal nous accompagna jusqu'à son secrétariat où nous fûmes accueillit par une petite femme rousse assez rondelette. Nous fixâmes ensemble l'organisation des cours.
Les matières étant « à la carte » (1), ça nous avait permis de constituer mon emploi du temps de façon à être en permanence avec un membre de la famille Cullen à chaque heure de la journée - le plus souvent avec Alice. Sauf avec Rosalie et Emmett, qui eux, étaient en terminale.
J'attendis Esmée dans le couloir tandis qu'elle finissait de remettre tous les papiers nécessaires à la secrétaire et commença à imaginer les couloirs vides se peupler d'humains qui déambulaient. Dans ma rêverie, je voyais aussi Edward, dans ce même couloir, au milieu des élèves, me sourire. La perspective de le croiser ici tous les jours me rendait… Extatique.
Bon, il fallait absolument que j'arrête de jubiler et de penser sans arrêt à lui ou je sentais que ça allait légèrement partir en vrille. Mais qu'est ce que je pouvais espérer ? Tomber amoureuse, me marier avec lui et avoir plein de petits vampires ? N'importe quoi. Il fallait absolument que je me ressaisisse parce que j'étais à deux doigts de tomber dans le monde de Disney.
Le seul problème c'était que je n'avais pas envie d'être loin de lui pour le moment. Je ne voulais pas penser à ce que serait ma vie dans six mois quand je retournerais auprès de Carmen, d'Eléazar, de Kate, d'Irina et de Tanya - non finalement, c'était pas la peine de citer Tanya – si je tombais amoureuse de lui. Ne pouvais-je pas me contenter d'être avec lui tout simplement et vivre au jour le jour ?
Tout cela commençait à prendre des proportions trop grandes pour mon pauvre cerveau.
J'entendis Esmée faire ses adieux à la secrétaire et essaya de prendre un visage serein avant de me rejoigne.
Une fois dans la voiture, elle exprima sa joie de me voir mener une vie plus humaine et m'assura que cette expérience allait m'ouvrir d'autres perceptives. Elle s'enquit de ma réaction face aux humains que j'ai rencontré et eut l'air soulager quand je lui répondis que tout allait pour le mieux.
De retour à la villa, je fus immédiatement harponnée par Alice et Rose. La première, à cause de la journée shopping reportée, la seconde, préoccupée de passer un peu de temps avec moi avant son départ en week-end avec Emmett. Rose partait à Vancouver, soucieuse de s'aérer avant la reprise des cours. Je la regardais avec un sourcil levé.
« T'aérer hein ? C'est comme ça que tu dis toi ? »
« Bin si tu avais un mari avec lequel tu voudrais faire plein de choses érotiquement érotiques dans une maison pleines de vampires à l'ouie fine, toi aussi tu voudrais 't'aérer' un peu je pense. »
Je ne sais pas pourquoi mais bizarrement je ne trouvais rien à dire sur le coup. Alice me regarda et gloussa, changeant rapidement de sujet pour partir dans un long monologue dont elle avait le secret, sur la rentrée de lundi. Son discours - la tenue dont elle pensait m'affubler, l'effet que je ferais aux élèves en me voyant le matin, les trois heures de cours qu'on aurait ensemble dans la matinée, l'emplacement de notre table pour le midi à la cantine du lycée, l'heure de cours de l'après-midi et le bilan programmé de ma première journée quand on sera de retour à la villa - rendait Alice encore plus hystérique qu'à l'accoutumée. Qu'aurait été ma vie avec une Alice et une Kate dans la même maison ? J'aimais le caractère un peu moins expansif de Rosalie. Elle contrebalançait la mesure.
En pensant à Kate, je me dis que je ferai bien mieux de l'appeler avant qu'elle ne le fasse et me passe un savon. Pire. Elle serait capable de débarquer pour me démembrer elle-même.
Curieusement, Alice-la-pie arrêta de parler lorsque je lui confirma notre escapade boutique pour le week-end suivant et laissa la place à Alice-l'exaltée, s'obligeant même à sauter dans mes bras afin de me montrer sa joie. Je vis Rose me lancer un regard compatissant et compris pourquoi elle s'était trouvée une passion pour les voitures.
J'espérais secrètement aussi croiser Edward entre le moment où je sortirais de la chambre d'Alice et celui où je me rendrais dans la mienne pour téléphoner en Alaska.
Qu'avais-je dit déjà plus tôt sur le fait qu'il fallait absolument que j'arrête de penser sans arrêt à lui ? C'était raté. Aussi, lorsque je ne le croisa ni à l'extérieur de la chambre, ni en bas des escaliers, ni dans le salon, je ressentis une espèce de déception et commença à être d'humeur fracassante.
Je m'enfermais dans ma chambre et appela rapidement à Denali. Comme si la malchance avait décider de me coller comme un chewing-gum dans les cheveux, une voix que j'identifia comme étant celle de Tanya décrocha.
« Tanya ? Salut, c'est Bella. » Dis-je d'une voix sans joie.
« Kate. » Appela-t-elle doucement.
Même pas bonjour, ni merde. Super. Y'a au moins des choses qui ne changent pas autour de moi. Un silence pesant s'installa dans le combiné.
Quelques secondes après, j'entendis la voix rassurante de Kate. Bien sur, comme je le soupçonnais, si je n'avais pas appelé aujourd'hui, j'aurai eu un coup de fil de sa part plus qu'impitoyable. Je lui racontai mon installation et ce que j'avais fait depuis que j'étais arrivé ici, en omettant évidemment la partie 'Edward', me plaignant au passage de ne pas pouvoir chasser le loup, ce qui m'amena finalement à parler des indiens Quilleute et mis au moins ½ heure à tout lui raconter. Ensuite, elle me félicita lorsque je lui annonçais que je n'avais pratiquement rien cassé depuis mon arrivée et m'engueula un peu de ne pas avoir continuer l'opération 'caribou' en me criant que le fait d'être dans un autre état n'était pas une excuse. Pour la calmer, j'allais lui parler de la superbe piscine lorsque je vis Edward derrière ma porte fenêtre me faisant signe de l'ouvrir. Je fus un instant médusée jusqu'à ce que la voix de Kate me ramène dans la réalité.
« Allo ? Tu es là ? » Dit-elle, impatiente.
Je fis entrer Edward dans ma chambre et il s'installa sur le canapé, décontracté.
« Oui Kate. Excuse je… J'ai perdu le fil de la conversation. » M'excusais-je en fixant Edward, l'air songeur, qui n'avait pas bouger d'un sourcil.
Je repris la conversation, écoutant Kate me parler de sa nouvelle moto et du nouveau télescope d'Irina quand je sentis les bras d'Edward encercler ma taille. Je frissonna et ferma les yeux en me laissant bercer par son étreinte.
« Bella ? » Demanda soudain Kate.
« Hein. Oui. Quoi ? » Balbutiais-je comme un enfant qu'on avait pris en faute.
« Bella, c'est la deuxième fois que tu me mets un vent. Tout va bien ? » S'enquit Kate, inquiète.
« Je… J'ai soif je pense. » Mentis-je effrontément en sentant le torse d'Edward contre mon dos se contracter en un petit rire silencieux.
« Bon ok, je ne te retiens pas plus longtemps. Je te rappelle bientôt. Embrasse tout le monde de ma part. » Dit-elle à regret.
« T'inquiète. Bye. » Répondis-je en raccrochant et en me retournant pour croiser le regard malicieux d'Edward. « Hum. Que me vaut cette apparition soudaine ? » Demandais-je en le voyant soudainement changer d'expression.
« Juste l'envie de faire ça. » Dit-il en caressant doucement mes cheveux. « Et ça. » Je le vis rapprocher son nez de mes cheveux et humer délicatement. « Et surtout ça… »
Il suivit doucement la courbe de ma mâchoire de ses lèvres et me donna un baiser tendre et délicieux sur les miennes. Il rompit le premier notre étreinte avec une expression indéfinie sur le visage. Il m'installa sur le canapé entre ses cuisses et je posa ma tête contre son épaule tandis qu'il me caressait doucement les cheveux.
« Alors ? Comment ça va à Denali ? » Demanda-t-il en brisant le silence qui s'était installé.
« Bin à vrai dire on a surtout parlé de moi. » Répondis-je en effleurant le dos de sa main.
Je sentais son autre main se glisser sous mon débardeur, sur mon ventre en traçant de petits cercles autour de mon nombril puis remonta jusqu'à la naissance de mes seins.
« Tu lui as raconté quelle petite dévergondée tu étais ? » Murmura-t-il contre mon oreille, la voix vibrante de sarcasme.
Je me sentis immédiatement mal. Je n'arrivais pas à croire qu'il trouvait la situation amusante alors que le fait de mentir à Kate était douloureux.
« Je ne trouve pas ça drôle. » Dis-je soudainement en me redressant et en m'extirpant du canapé.
« Bella. » Reprocha-t-il en s'asseyant.
« Merde Edward. Si je n'en parle ni à Esmée, Carlisle, Emmett ou Rose, ce n'est pas pour en parler à Kate. Surtout elle. » Explosais-je devant sa bêtise.
« Pourquoi tu es toujours sur la défensive ? » Demanda-t-il apparemment choqué par ma réaction. Son incompréhension me rendit encore plus rageuse.
« Parce que tu ne te rends pas compte de ce que tu dis parfois. » Répondis-je sur un ton sec.
« Ok. » Dit-il sur le même ton en se levant. « Peut-être que je ne devrais plus rien dire alors. »
« Pourquoi pas ? »
« Bien. »
« Parfait. »
Il se dirigea vers la baie vitrée et sortit sans même refermer derrière lui. Je ruminais mais au fur et à mesure que le temps passait, je me mis à culpabiliser. J'y avais été peut-être un peu fort quand même.
Reprends-toi Bella.
Tu es forte.
Tu es indépendante.
Tu es… Trop conne. C'est quoi ton problème bordel ?
Je me laissa tomber dans le canapé. Que je voulais le faire fuir que je ne m'en serai pas pris autrement. Voulais-je vraiment le faire fuir ? Je savais qu'il représentait un danger. Mais je savais aussi que c'était de sa présence dont j'avais besoin.
Bon. Le jour où tu sauras vraiment ce que tu veux tu me fais signe.
Je ne veux pas lui faire de mal. Je ne veux pas jouer avec lui.
Forte de cette révélation intérieure, je sortis par la porte coulissante et tourna autour de la maison pour me mettre au-dessous de la fenêtre de la chambre d'Edward. Je trouvais des prises assez facilement sur la façade et commença à escalader le mur. Arrivée devant sa fenêtre, je marqua un arrêt et le vis, dos à moi, en train de lire. Je cogna à la vitre. Une trace de stupéfaction traversa furtivement son visage et il posa lentement son livre puis se leva et vint se planter devant moi, en me fixant d'un drôle d'air. Bon, apparemment il n'avait pas envie de m'ouvrir. Au bout de quelques secondes, me scrutant toujours, je décida qu'il était temps de faire quelque chose. Ne voulant pas ameuter toute la maison, je lui chuchota un « je suis désolée » tellement bas qu'il ne m'avait sûrement pas entendu mais j'avais appuyé les mots avec ma bouche de façon qu'il puisse lire sur mes lèvres.
Au moment où je cru que c'était foutu, il s'avança et me permit finalement d'entrer.
« Tu te prends pour Roméo ? » Demanda-t-il, ironique et tendu.
« Seulement si tu es ma Juliette. » Dis-je sur un ton plus doux, essayant de l'apaiser.
« Quel exemple ! Tu sais qu'ils meurent tous les deux à la fin ? »
« Ok j'ai peut-être pas pris le bon exemple. Excuse-moi Edward. Je ne voulais pas réagir comme ça. » Dis-je en mettant toute la sincérité de mes mots dans mes yeux.
Je posa ma main sur sa joue et le vis pousser un long soupir en fermant les yeux. Il prit le dos de ma main dans sa paume et me regarda.
« Bella. Comprend-moi. Que ta vie soit un sujet sensible, je peux le concevoir. Dis-moi juste de quel sujet parler sans te fermer comme une huître et je le ferai. » Sa voix était presque un murmure.
« Je suis désolée. Tu ne pensais pas à mal, je le sais. C'est moi, je suis partie au quart de tour et je me suis enflammée. » Avouais-je en baissant les yeux, incapable de soutenir son regard. « Et puis moi aussi j'avais envie de faire ça. » Soufflais-je en posant mes lèvres sur son torse. « Et ça. » Chuchotais-je en remontant et en l'embrassant au creux de la gorge. « Et surtout ça… ».
Je pris sa nuque dans ma main afin de rapprocher son visage et déposa un long et langoureux baiser sur ses lèvres, les caressant, les goûtant avec une ferveur presque religieuse et j'eus l'impression de capturer un petit bout de ciel bleu. En me détachant presque à regret de ses lèvres, je posa mon front contre le sien tandis que je respirais son haleine douce et suave.
« Je préfère largement. » Murmura-t-il m'envoyant ainsi des effluves de son souffle directement dans mon nez.
« Moi aussi. » Chuchotais-je contre ses lèvres.
« Reste avec moi. » Dit-il doucement en posant ses mains sur mes hanches.
« Quoi ici ? Dans ta chambre ? » Demandais-je, agitée et nerveuse.
« Personne ne viendra. Les autres ne pourront pas sentir ton odeur ici. Et j'ai envie que tu restes. Et en plus, Alice nous couvrira. » M'informa-t-il en frottant son nez contre le mien.
Je me sentais un peu mal à l'aise lorsqu'il évoqua sa sœur et me sentit immédiatement épiée. « Justement, je n'ai pas envie qu'Alice puisse voir ce que nous faisons. C'est assez perturbant en y pensant. » Expliquais-je en enfonçant ma tête contre son cou.
« Je ne pensais pas forcement à ça quand je te disais de rester. »
« A quoi d'autres alors ? » Demandais-je en posant mes doigts sur les siens.
« Je ne sais pas. On pourrait parler ou juste se poser dans le sofa et je pourrais me contenter de respirer ta sublime odeur et toi la mienne. »
Soudain, quelqu'un frappa à la porte. Je me figea un instant puis commença à sauter du sofa comme un ressort désarticulé alors que je sentis la poigne ferme d'Edward se refermer sur mon poignet.
« C'est Alice. » Dit-il avec un sourire apaisant.
Tandis qu'il se leva et commença à ouvrir. Je repris contenance et m'appuya légèrement contre l'armoire mais n'ayant pas senti ma force, je me contenta de faire traverser ma main à travers le bois. La surprise m'ayant envahit, j'essayais de me retenir au premier truc qui me passa sous la main à savoir les chemises d'Edward, et tira dessus avec une telle force que le barreau de la penderie tomba et j'atterris dans l'armoire la tête la première.
En essayant de faire bonne figure, je me redressais vivement et constata les dégâts. Moi qui venais de me vanter de n'avoir rien encore cassé. Certes, j'avais omit de parler à Kate de la rambarde des escaliers que j'avais broyée parce que j'étais un quart de seconde éblouis par le sourire d'Edward mais ça lui aurait forcément mis la puce à l'oreille dit comme ça.
L'armoire était… Dévastée. On aura cru un vieil immeuble qu'une bombe aurait frappé. J'entendis soudain d'énormes éclats de rire en provenance de mon dos et me retourna pour constater qu'Alice et Edward était mort de rire. Je les fusillais du regard et essaya tant bien que mal d'épousseter les petits morceaux qui s'étaient incrustés dans mes vêtements. J'enleva alors la chemise qui était restée sur ma tête et la jeta sur le visage d'Edward qui continuait de rire puis fut prise dans l'ambiance générale et rigola à mon tour.
« Edward je suis désolée. » Rigolais-je en mettant une main sur la bouche.
« Pas grave. De toute façon, ça me donnera une bonne excuse pour changer le mobilier. » Dit-il en m'embrassant la tempe.
Alice continua de pouffer. « J'ai bien fait de venir moi. »
Edward se tourna vers sa sœur, croisant le bras sur sa poitrine en un geste faussement irrité. « Oui Alice. Qu'est ce qui t'amène dans ma chambre ? »
« Carlisle va arriver et j'ai vu qu'il allait voir Bella dans sa chambre. » Alice se tourna vers moi. « Où elle ne se trouve pas d'ailleurs. »
« Tu sais de quoi il voulait me parler ? » Demandais-je, nerveuse.
« Du lycée. De ton premier jour. » Répondis Alice en fixant Edward.
« Il vaut mieux que je sois dans ma chambre avant qu'il arrive alors. » Dis-je, en levant un sourcil suspect devant l'échange de regard vif entre Alice et Edward.
« On se voit plus tard. » Murmura Edward en m'embrassant rapidement.
J'hocha la tête par la positive alors qu'Alice et son frère se jaugèrent encore et sortis par où j'étais entrée, désireuse de ne pas me retrouver entre ces deux-là.
Une fois dans ma chambre, je pris une douche et mis de nouveau vêtement. Cette obsession à camoufler l'odeur d'Edward était assez contraignante mais indispensable. Je savais qu'il en faisait de même. J'avais vraiment envie de ne plus me cacher, de pouvoir embrasser Edward devant et aux yeux de tous, de garder son odeur sur moi mais j'avais peur.
« … parfois, il faut se lancer dans le vide sans savoir ce qui nous attend en bas. »
Les paroles d'Eléazar, prononcées ce dernier jour avant mon départ de Denali, résonnaient dans ma tête.
Sauf que je savais ce qui m'attendait en bas.
Le fait de me cacher me protégeait. Ça me protégeait des réactions de Tanya, ça préservait mon avenir, ça me protégeait même d'Edward. Je ressentais ainsi de la distance entre nous, quelque chose qui nous séparait, qui me forçait à ne pas me laisser m'engouffrer totalement par mes sentiments pour lui. C'était une barrière entre lui et moi. Un moyen de rester ancrée dans la réalité et de me rappeler constamment que ma vie était ailleurs. Le fait qu'Alice et Jasper fussent au courant amoindrissait ce mur, le rendait friable.
Ce qui me faisait vraiment peur, c'était de me rendre compte un jour que je ne pourrais plus jamais le quitter et je ne voulais pas ressentir ça, je ne méritais pas d'être heureuse. Pas après ce que j'avais fait. Pour l'instant, je pouvais juste profiter de ce que j'avais et je pourrais toujours arrêter quand je le voudrais.
J'entendis des vibrations contre ma porte et ouvrit pour découvrir Carlisle, un sourire franc aux lèvres.
« Je ne te dérange pas ? » Demanda-t-il.
« Non Carlisle. Entre. » Répondis-je en me décalant pour le laisser pénétrer dans ma chambre.
« Esmée m'a brièvement parlé de cette entrevue avec le Principal et dit que tu t'es plutôt bien débrouillée. » Dit-il en s'asseyant dans le canapé.
Cette attitude presque humaine qu'il avait acquise, de manière à rendre tout ces gestes le plus humain possible, me surprenait toujours.
« Faut dire que l'histoire était en béton. Ça m'a mâché le travail. » Dis-je en croisant mes bras sur ma poitrine.
« Tu es nerveuse ? Je veux dire pour lundi. » Demanda-t-il dans un sourire apaisant.
« Pas tant que ça. Ne t'inquiètes pas. J'ai déjà été en contact avec plein d'humains auparavant, j'irai pas jusqu'à dire que leur présence m'indiffère mais je suis assez sure de mes capacités. »
Il baissa la tête et sembla réfléchir un instant puis reprit en me regardant avec bonté.
« Bella. J'ai conscience que je dois un peu t'ennuyer avec mon protectionnisme exacerbé mais nous le faisons parce nous t'apprécions beaucoup et surtout aussi parce qu'Eléazar est un ami précieux. »
Lorsqu'il prononça son prénom, des images de son visage se penchant sur moi, cette nuit là, alors qu'il m'avait pris dans ses bras pour m'emporter vers ma nouvelle vie, assaillirent ma tête tandis que je me dirigeais vers la bais vitrée de ma chambre, les yeux perdus dans le vague. Eléazar était plus qu'un ami précieux.
« Il est comme un père pour moi. J'espère que je n'aurais jamais à le décevoir. » Dis-je d'un voix presque inaudible en fixant la mousse luisante au pied des arbres.
« Il n'y a aucune raison. De toute manière, les risques sont quasi-inexistants. » Assura-t-il.
« Mais ils existent. » Me contentais-je de répondre.
« Oui. Mais personne n'est à l'abri de la tragédie Bella. Seulement, nous avons des armes que personne d'autre n'ont. »
« Alice. »
« Je ne parlais pas que d'Alice. Nous avons tous fait un rêve Bella. Le rêve de pouvoir mener une existence aussi proche de notre humanité perdue que possible. Notre volonté est notre force et notre force c'est notre capacité à ressentir ce que nous ressentons les uns envers les autres, de nous aimer, de nous comprendre, de nous aider et de combattre l'atrocité de notre nature profonde. Toi aussi, tu peux atteindre ce rêve Bella et tous nous croyons en toi. »
Je voulais croire en ses paroles. Vraiment. J'espèrais qu'un jour je serais capable de parler avec toute la fougue et la véracité avec laquelle il avait appuyé chaque mot. Je ne dormais plus, je ne rêverais plus jamais mais, quelque part en moi, la minuscule parcelle d'espoir se mit à gonfler.
« Crois-tu en la rédemption Carlisle ? Crois-tu que l'on puisse être pardonner malgré tout ce que l'on a pu faire dans sa vie ? » Demandais-je, regrettant presque d'avoir posé la question tant la douleur qu'elle engendra fut puissante.
« Je crois que chacun a droit à une seconde chance mais je pense qu'avant toute chose le chemin qui mène à la rédemption passe par soi-même. »
« Tu veux dire que ce sont nos actes qui détermine si l'on doit ou non être pardonné ? »
« Je veux dire que pour être pardonné, il faut avant tout se pardonner. »
Je ne sus quoi en penser. Cette phrase ne représentait rien de concret pour moi. Comment aurais-je pu penser un seul instant pouvoir me pardonner ? C'était inconcevable. Les images étaient trop présentes dans ma tête. Je me contentais de fixer les fougères sans vraiment les regarder. C'était plus une manière de trouver une consistance.
« Il y a des choses qui sont impardonnables Carlisle. » Dis-je avant de me rendre compte que j'en avais peut-être trop dit.
« Alors dans ce cas, il faut vivre avec et ne pas la laisser nous détruire mais puiser dans nos forces pour trouver le courage d'avancer et de nous rendre meilleur. »
J'avais l'impression bizarre d'être au confessionnal ou dans le cabinet d'un psy. Essayait-il de m'analyser ? Je savais Carlisle assez fin diplomate et intelligent pour cela. Il semblait vouloir transpercer ma tête pour y chercher je ne sais quoi. Si je continuais à lui parler, ça n'allait certainement pas arranger mes affaires.
« Si Eléazar était là, il te rejoindrait sûrement dans tout ce que tu dis. » Dis-je sur un ton un peu plus léger en me retournant et affichant un sourire, désireuse de changer de conversation.
« Et toi Bella ?» Demanda-t-il en me fixant de ses prunelles dorées.
Tandis que le silence s'installait, j'avais l'impression qu'une joute silencieuse se déroulait entre nous pour savoir qui de nous deux allait finalement craquer.
« Je crois que nous avons tous nos raisons de vouloir nous améliorer et que celles-ci sont nos affaires. » Dis-je avec dureté au bout d'une longue minute.
Je ne voulais pas être aussi sèche mais il ne me donnait pas le choix. Apparemment le message était passé et il ne semblait pas s'offusquer de mon ton.
« Bien. » Dit-il dans un sourire. « Tu devrais aller chasser avant d'aller au lycée après-demain. Je suis sur qu'Alice ne dira pas non. » Dit-il en se levant et en posant sa main sur mon épaule.
« Alice ne dit jamais non. »
Il me laissa seule. Je me dirigea vers la baie coulissante et pensa un instant rejoindre Edward dans sa chambre mais alors que je sentis une douleur que je connaissais que trop bien broyer mon cœur mort, je me dirigea vers la forêt en marchant doucement.
Le fait d'avoir parler de culpabilité et de pardon avec Carlisle avait réussit à faire remonter à la surface d'insupportables réminiscences de cris, de sang et de visages dansant devant mes yeux et avant que je ne me mette à penser à ces choses monstrueuses qui commençaient à assaillir mon crâne, je fis le poireau et me tint en équilibre contre un tronc d'arbre. Cette position me calmait et me faisait sentir comme si toute la gravité du sol attirait mes pensées écœurantes en haut de mon cerveau et s'évacuaient par là en goutte-à-goutte. Je pouvais rester comme ça pendant des heures, le plus souvent les bruits de la nature suffisaient à me faire concentrer sur autres choses qu'à ces images horribles.
Ce n'était pas la première fois que ça arrivait – et pas la dernière non plus- et je savais alors quoi faire pour qu'elle me traverse sans me transpercer. Il suffisait d'attendre et de ne plus penser.
Après que la douleur soit passée, je me remis à l'endroit et m'allongea sur le sol pour regarder le ciel. Au bout de quelques minutes, j'entendis la voix d'Alice m'appeler.
« Je suis là Alice. » Dis-je doucement sans bouger.
Je n'étais pas très loin de la maison, cinquante mètres à peine, et je n'avais pas besoin de hurler. Alice ne vint pas. Je me doutais qu'elle avait vu que je lui disais que je voulais rester un peu seule. Avait-elle vu aussi ma conversation avec Carlisle ? Pfff. Je ne savais pas ce qu'il m'avait pris de parler de ça avec Carlisle. Qu'avais-je donc dans le crâne ?
Je referma mon esprit et laissa tout ce qu'il y avait autour de moi m'envahir. La chaleur de la terre, le bruissement de l'herbe, la lumière du crépuscule vacillant. Le crépuscule. L'heure bleue.
[Tout crépuscule est double, aurore et soir. Cette formidable chrysalide qu'on appelle l'univers trésaille éternellement de sentir à la fois agoniser la chenille et s'éveiller le papillon.](2)
Je me sentais comme ça entre deux choses, entre deux états. Inconsciente de mon corps qui ne ressentait ni la froideur de ma chair, ni même l'absence de souffle dans ma poitrine. Je fusionnais avec la terre et voulut, l'espace d'un instant, qu'elle m'y engouffre à tout jamais.
(1) Aux Etats-Unis, les lycées proposent un "catalogue" dans lequel les élèves choisissent leurs cours. Une fois ce choix fait, il est considéré comme définitif et les élèves ne peuvent pas modifier leur programme en cours d'année, sauf cas exceptionnel.
(2) Citation de Victor Hugo
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N/A 1 :
Le chapitre dans lequel on en saura un peu plus sur le passé de Bella est en cours d'écriture ainsi que le chapitre 100% Lemon *hihihi*. C'est très dur (lol) et j'ai vraiment besoin d'encouragement.
N/A 2 :
Pour ceux et celles qui se poserait la question, mon voisin a effectivement tondu sa pelouse torse nu mais finalement je le préfère habillé. Il a les tétons flasques et un petit ventre qui crie "je bois trop de bière". C'est pour ça que si j'ai un conseil a donné aux célibataires pour éviter les mauvaises surprises : Toujours demander à un homme de retirer son tee-shirt avant de lui donner votre N° de téléphone.
N/A 3 :
Alors, vous voulez le prochain chapitre Samedi ou dimanche ???? (Attention succeptible de provoquer un effet de serre chez certaines).
N/A 4 :
Coucou aux vilains qui restent des vilains et qui se reconnaîtront lol.
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Les reviews sont comme un coucher de soleil sur la mer.
