D'abors, je voulais vous dire que tous les messages que j'ai reçu, en reviews, par MP ou par mail m'ont énormément touché.
A la base, je voulais juste vous prévenir que je n'aurais pas pu publier un autre chapitre avant un moment et je ne m'attendais pas à une telle élan de sympathie. Vous m'avez vraiment donné du courage.
Je ne pourrais pas remercier tout le monde individuellement et je le regrette alors je vais me contenter de vous dire merci et aussi que je pense fort à toutes celles et ceux qui ont perdu un être cher ou qui vivent des moments difficiles.
Profitez de la vie et des gens que vous aimez.
Je vous adore.
Lily
-
Disclamer 1 : Twilight ainsi que tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
-
« La vérité est une bombe dont les effets tuent à la fois celui qui la lance et celui qui la reçoit. »
Françoise Parturier
-
CHAPITRE 20 – La vision d'Alice
Il me sembla que le voyage de retour s'étirait en longueur. Comme ce rêve curieux que faisaient souvent les humains où ils montaient inlassablement les marches d'un escalier alors que celles-ci se multipliaient exponentiellement au fur et à mesure de leur progression. Il ne restait plus qu'à courir encore et encore, en espérant pouvoir rejoindre l'étage, qui n'apparaissait, bien sûr, jamais. Si j'avais pu dormir, j'aurai fait peut-être ce rêve – Ou une variante – pourtant, malgré cela, je regrettais amèrement de ne pouvoir le faire. Dormir était tellement plus simple. Vous vous endormiez le soir et hop, le matin apparaissait sans même que vous n'aillez pris conscience que des heures venaient de s'écouler paisiblement. Le sommeil capturait le temps. Le temps apportait dans son sillage l'attente impuissante. L'attente impuissante était sans doute le plus cruel des supplices.
Seulement voilà, je ne pouvais pas dormir. Je ne pouvais me contenter de ressentir cet incroyable sentiment de pure anticipation, comptant les heures, les minutes, les kilomètres qui me séparaient d'Edward. Chaque panneau que nous croisions sur la route ne faisait que me sentir encore plus frustrée. Ma seule consolation fut de savoir qu'Alice ne lésinait pas sur la vitesse. Jasper s'était totalement rendu hermétique à mes effluves cinq minutes après notre départ de Denali, exaspéré de mon impatience.
Il est vrai, qu'au moment de quitter Eléazar et les siens, j'avais préféré me concentrer sur la perspective heureuse de mes retrouvailles avec Edward plutôt que de me focaliser sur mes adieux difficiles à un clan qui m'avait tout donné. Bien qu'à aucun moment Eléazar, Carmen ou Kate n'affichèrent un quelconque signe de déception, préférant me gratifier de sourires heureux, la mélancolie de leur regard ne laissait aucun doute sur leur tristesse profonde de me voir partir pour toujours. Irina eut plus de mal à afficher son indifférence. Après le Conseil, j'avais tenté de lui parler mais elle s'était dérobée avec une facilité déconcertante. Au début, j'avais cru que c'était à cause de Tanya mais un peu avant mon départ, elle m'avait finalement expliqué avoir agit par pur égoïsme, elle n'avait pas compris pourquoi je leur préférais Edward. Elle pensait avoir gagné une nouvelle sœur qui, au final, préférait vivre avec un homme qu'elle connaissait depuis un mois plutôt que rester avec elle. J'arrivais à saisir la portée de son malaise. Moi-même je reconnaissais une sorte de folie dans mes actes.
J'allais littéralement tout plaquer par amour.
Mais voilà Eléazar, le destin, le karma, une bonne étoile, un ange gardien - que sais-je encore - m'avait envoyé Edward et je m'étais battue contre une force trop puissante pour pouvoir gagner cette bataille. Tout ça était arrivé malgré tout, malgré l'amour que je portais à Irina et tous les autres, malgré le bonheur d'avoir vécu les six mois les plus serein de mon existence et même malgré moi. Je n'y pouvais rien. Il était trop tard pour pouvoir continuer de vivre ma vie dans un lieu où Edward n'était pas physiquement là. Et si il n'était que la représentation physique de ma propre folie alors je l'enlacerai avec férocité jusqu'à l'aliénation totale, jusqu'à me noyer complètement dans cette étreinte. Pourtant, c'était bizarre de savoir que, paradoxalement, il était aussi devenu mon point d'ancrage dans la réalité.
Un nouveau panneau nous indiqua n'être qu'à 93 miles (1) de Forks. Je ne pus que coller mon front contre la vitre en poussant un soupir de désolation. Soudain, une image surgit devant mes yeux. C'était assez flou, un souvenir du temps où j'étais humaine semblait-il. Une vision de moi, petite. Quel âge ? Je ne saurais le dire tant l'image était plongée dans l'opacité. Je me revoyais, soufflant contre le carreau d'une vitre, provoquant ainsi un nuage de buée blanche dans lequel mon doigt était en train d'écrire quelque chose. Je tournais la tête sur ma gauche vers des rires qui s'élevaient et aperçu une silhouette difforme et nébuleuse, puis plus rien. Juste le paysage au dehors défilant sous mes yeux.
Je tentais alors de souffler sur la vitre de la portière mais constata qu'aucune buée ne se formait. Ce qui était normal après tout. Je me sentais un peu triste. Je secoua la tête et décolla mon front du verre, troublée de ressentir une certaine nostalgie même après toutes ces années. Qu'importe, je savais que ces images finiraient par disparaître. J'aurais tellement souhaiter pouvoir faire de même avec d'autres souvenirs. Pourquoi ne pouvais-je pas garder ces images inoffensives et rayer de ma tête d'autres bien cruelles. Et s'il n'y avait que les images. Mais il y avait aussi les sons, les odeurs, les gestes…
Je frissonna et ferma les yeux. Au moins, j'aurais, pour toujours, graver en mémoire le sourire d'Edward, le parfum d'Edward, sa voix… Mon dieu… J'aurais tant aimé le voir à ma descente d'avion. Mais les instructions d'Eléazar étaient claires : pas de retrouvailles publics avec Edward bla bla bla. Je fulminais contre Eléazar.
Je jeta un coup d'œil sur un autre panneau annonçant 'Forks… 60 miles (2)'. Pfffff. J'irai plus vite en courant. Je fulminais contre Alice. Et Jasper, reposant sa main sur la sienne, me jetant ainsi son bonheur au visage. Lui aussi eut droit à ma fulminisation. Même le pauvre lapin que j'eus le temps d'apercevoir sur le bas coté de la route n'y avait échappé.
Je n'avais pas revu Tanya depuis le Conseil et je n'avais pas demandé où elle était. D'ailleurs, tout le monde abordait sa disparition avec une certaine sérénité. Avait-elle déjà fait cela ? Peut-être après qu'Edward ait rompu tout lien avec elle.
« Il se lassera de toi avant même que tu ne comprennes ce qui t'arrive… » Sa voix sifflante résonna dans ma tête. Son regard… Si sur d'elle, si certaine de la véracité de chaque mot qu'elle prononçait… Se pouvait-il qu'elle dise vrai ? Après tout, elle le connaissait. Elle avait vécu des choses avec lui. Elle….
« Je veux juste être avec toi… ». « Tu es une déesse. Ma déesse… ». « Je t'aime si fort que j'ai cru que mon putain de cœur allait exploser un million de fois… ». « … j'ai tellement besoin de toi… ». « Tu es mon âme… ». « Je t'aime comme un fou. »
La voix d'Edward résonnait dans mon crâne, douce, envoûtante, sincère. Si les mots pouvaient mentir, le regard lui ne le pouvait. Or, ses yeux hurlaient son amour pour moi. Je ne devais pas laisser la rancœur de Tanya insuffler le doute dans mon cœur. Pourtant, ce qu'Edward ressentait aujourd'hui était vrai mais qu'en sera-t-il dans un an ? Dix ans ? Cent ans ? Moi, je ne voyais que lui.
Lorsque que nous pénétrâmes dans la forêt si familière, je commençais à gesticuler sur mon siège tandis qu'Alice ne lançait des œillades amusées. Alors que la voiture s'engouffra dans l'étroit chemin qui menait à la villa, il me semblait que les quelques mètres qui restaient encore à parcourir étaient encore plus long que les quelques heures qui s'étaient écoulées depuis notre départ. Bon, ok, j'exagérais un peu mais l'amour n'est-il pas enclin à la disproportion et à la démesure ?
Emmett et Rose étaient déjà plantés sur le pas de la porte d'entrée avec Esmée. Tandis que Jasper était autoproclamé par Alice 'porteur de valises'. Nous nous dirigeâmes vers les autres.
« Bella je suis si content que tu sois rentrée. Edward a été infernal. » Pleurnicha Emmett en me donnant une forte accolade. « Maintenant que tu es là. Il va arrêter de m'envoyer tout ce qui lui passe par la main en pleine figure. »
Je jetais un coup d'œil interrogatif vers Rose qui se contenta de lever les yeux au ciel.
« Si tu avais arrêté de l'emmerder, peut-être qu'il t'aurait laisser tranquille. » Soupira Rosalie. Elle se tourna vers moi en m'enlaçant. « Je t'expliquerais. »
« Ma chérie. » Sourit Esmée. « Ça s'est bien passé j'espère. »
« J'ai connu pire. » Soufflais-je. « Mais je suis heureuse d'être à la maison. »
Esmée me serra dans ses bras tandis que Jasper et Alice, après avoir embrasser tout le monde, montèrent à l'étage.
« Il est confiné dans votre chambre. » M'expliqua Esmée. « Carlisle a cru bon, après sa discussion avec Eléazar, que vos retrouvailles ne se déroulent pas devant nous. »
Dire que j'étais embarrassée était un euphémisme. Je lui bafouillais un bref merci alors qu'Emmett commençait à rire mais avant qu'il ne commence à blaguer sur le sujet, j'avais déjà franchi les escaliers et me tins une demi-seconde devant la porte de la chambre.
Je l'ouvris et son odeur me frappa de plein fouet. Une telle odeur ne devrait pas exister. Si captivante, si fascinant, si ensorcelante, si attractive, si… Il fallait que je me fonde dans ce parfum. Avant même avoir fait un pas en avant, Edward était déjà sur moi. Il y avait un certain désespoir dans ses gestes, une nécessité absolue et croissante de soulager la démence qui s'était emparé de nos corps. Je posa mes lèvres contre son cou et huma sa peau aussi puissamment que je le pouvais. Son odeur avait le parfum de la pluie.
Ses lèvres virent se presser contre les miennes tandis qu'il poussa un feulement troublant et que mes mains ne pouvaient s'empêcher de le toucher partout. Nous n'arrivâmes jamais jusqu'au lit.
La pression était trop forte, l'envie était trop puissante, le désir était trop virulent.
Son odeur était partout elle semblait même être en train de ronger avec délice l'intérieur de mon corps. J'atteins rapidement les bords de son pantalon, arrachant légèrement sa fermeture éclair dans ma précipitation et il fit de même dans un grognement sauvage.
Durant tout le processus, je le fixais, ses pupilles se dilatèrent au rythme de sa progression. Sa façon de me remplir m'arracha un gémissement et bientôt la chambre ne fut remplit que par mes cris et nos souffles incohérents. J'entendais le claquement de sa peau contre la mienne. Je sentais le frottement continu et rythmé de mes seins sur son torse et de ses mains enrobant mes fesses en les malaxant. Je pencha ma tête en arrière et sentis sa bouche gober un de mes mamelons, gémissant, implorant. Tout à coup, il posa sa main contre le mur, à coté de ma tête et me pénétra encore plus vigoureusement. Un cri misérable tenta de sortir de ma gorge. J'essayais d'avaler de l'air par la bouche mais ma respiration se bloqua refusant de rentrer tandis que son sexe continuait son ascension en insinuant plus profondément en moi. J'étais littéralement en train de suffoquer de plaisir.
Alors que la jouissance montait dans mon corps de façon totalement indécente et sans aucune pudeur, Edward jeta son visage entre mes seins et mes deux bras s'enroulèrent autour de sa tête. Je l'entendais gémir et prononcer des paroles incompréhensibles dont je ne perçu que les vibrations contre ma poitrine. Alors que je jouis avec obscénité, je dus me retenir pour ne pas lui broyer la tête. Finalement, il s'enfonça une dernière fois en moi et nous fis basculer sur le sol en se fixant dans les yeux.
Je ne ressentais même pas le besoin de parler. Qu'aurais-je pu dire de plus que ce que mes yeux ne disaient déjà ? Qu'aurait-il pu dire de plus que ce que ses yeux ne m'avouaient déjà ?
Rien n'était plus éloquent, plus beau que le silence qui nous entourait.
Sans se défaire de moi, il me porta jusqu'au lit et nous refîmes l'amour encore et encore et encore jusqu'à ce que le soleil se lève, annonçant ainsi l'heure de nous séparer pour rejoindre le lycée après ce long week-end plein de rebondissement.
Je n'avais pas envie d'y aller. Retrouver tous ces humains, me complaire dans la mascarade dans laquelle nous devions jouer, j'aurai préféré mille fois rester dans cette chambre, dans les bras d'Edward. Mais voilà, j'avais déjà séché vendredi dernier afin de partir plus tôt pour l'Alaska avec Alice et Jasper et nous devions quand même afficher une certaine normalité, pour ne pas éveiller les soupçons.
A regrets, nous nous préparâmes. Il m'interrogea sur mon voyage et je préféra rester un peu vague, certaine qu'Alice et Jasper combleront ses autres interrogations. Je ne voulais pas sans arrêt ressasser l'incident avec Tanya et me concentrer sur le bonheur que j'éprouvais à être en présence de l'être le plus parfait qui soit.
Ça allait même plus loin. TOUT était parfait. Maintenant que je savais que j'allais rester avec Edward et une famille que j'aimais, qu'Eléazar, Carmen, Kate, Irina et même Tanya était au courant, j'en éprouva comme un goût de liberté. Je savais pourtant qu'il me restait une chose à accomplir. Une personne voulait savoir. Et tant que je me tairais, je savais que mon bonheur ne serait pas complet.
************************
Durant toute la semaine au lycée, je constatais qu'une certaine routine s'était installée. Le matin, en arrivant, Emmett garait sa voiture sur le parking tandis qu'Edward faisait de même, nous sortions tous presque simultanément sous le regard des quelques élèves présents, puis main dans la main, nous nous rendions vers l'entrée avec l'impression étrange d'être épiés, sondés, scannés et sous les commentaires tantôt admiratifs tantôt agacés.
La semaine de cours se déroula dans un ennui mortel. Alice et Jasper cependant, essayait tant bien que mal de me distraire durant nos heures de cours communes tandis que celles que je passais avec Edward - heures pas toujours très studieuses – me paraissaient toujours trop courtes.
Pourtant, le vendredi, j'ignorai alors qu'un drame se déroulait en coulisse. Déjà, j'aurai dû me méfier la veille lorsqu'Alice, en cours d'espagnol, commença à me questionner innocemment.
Flashback
« Comment ça va toi et mon frère ? » Demanda-t-elle en posant une main nonchalante sous son menton.
« Ça va. » Répondis-je avec un grand sourire. « Pourquoi cette question ? »
« Oh juste comme ça. Pour avoir une discussion entre filles. Savoir peut-être aussi si je dois me préparer psychologiquement au cas où tu aurais envie de plus. »
Je la regardais avec amusement. « Alice. Qu'est ce que je pourrais avoir de plus ? Je partage ma vie avec l'homme que j'aime. Il est merveilleux, il est magnifique, il est époustouflant, il est form… »
« Bon bin j'ai compris. » M'interrompit-elle en levant les deux mains.
« Désolé. J'ai tendance à m'enflammer des fois. » Pouffais-je.
Elle joua avec son stylo, le faisait rouler entre ses doigts et pris un air songeur. « Quand je parlais de plus, je pensais à ce qui nous lie moi et Jasper. Le mariage. Pas dans l'immédiat non mais plus tard… Dans quelq… »
Alice s'arrêta net en me dévisageant. J'avais sûrement l'air horrifié. Epouser Edward ? C'était hors de question. Ce n'était même pas envisageable, pensable. Elle se pétrifia un instant dans une vision qui ne dura que quelques secondes. Elle me regarda à nouveau, confuse.
Elle haussa les épaules et m'adressa un sourire pincé. « Oublie ça Bella. »
Alice me gratifia ensuite de quelques paroles enjouées dont elle avait le secret mais quelque chose n'allait pas. C'est comme si elle feignait l'enthousiasme.
« Alice. Qu'est ce qu'il y a ? » L'interrogeais-je.
« Une fille trop collante avec Jasper. » Se renfrogna-t-elle.
Je poussa un soupir et secoua la tête. Si une fille s'approchait trop d'Edward, je sortirai les griffes et deviendrait malade de jalousie.
Fin du flashback
Le lendemain, je dus bien avouer qu'Alice n'était pas très loquace, ce qui était très inhabituel chez elle, voire carrément suspect. Edward la fixait de temps à autre assez frustré et circonspect. Emmett mettait son comportement sur le compte de Jasper qui lui, le pauvre, semblait avoir passer une sale nuit. Rose se contentait d'hausser les épaules. Elle ne semblait pas s'offusquer de son attitude.
Durant notre heure de biologie, je me décida d'interroger Edward.
« Qu'est ce qui se passe avec Alice ? »
Il fronça les sourcils. « Je ne sais pas. »
« Quoi ? » Demandais-je ironique. « Ça ne devrait pas être un souci pour toi de savoir ce qui se passe dans sa tête. »
Il me sourit. « Alice sait très bien comment me cacher ses pensées. Crois-moi. »
« Tu crois qu'elle s'est disputée avec Jasper ? »
« Non. Jasper non plus ne sait pas ce qu'elle a. Mais à ta place je ne m'inquiéterai pas pour elle. » Dit-il en me prenant la main discrètement.
Son contact, c'est bête à dire, éclipsa toute ma préoccupation et la seule chose qui traversa mon esprit fut comment me retrouver avec lui sans tous ces humains autour de nous.
J'avais vraiment l'impression d'être obséder par lui. Etais-ce normal d'éprouver un tel désir pour quelqu'un ? Tout le temps ? Tous les jours ? Est-ce que ça s'arrêtera un jour ?
Hey ! Je veux pas que ça s'arrête moi !
Je m'en serais douté.
Tu te parles à toi-même je te signale. Tout ce que JE veux, TU le veux.
Je veux pas devenir une accroc du sexe.
Avec Edward ? Tu te moques vraiment de toi-même là.
Oh la ferme.
Nous sortîmes tranquillement à la fin de l'heure et l'accompagna jusqu'à la porte de son prochain cours. Après l'avoir embrasser langoureusement, je repartis, le cœur gros, vers mon cours de chimie. Alors que je traversais la cour pour rejoindre le bâtiment des sciences, je sentis une poigne ferme m'attraper le bras et vis Alice qui me tirait vigoureusement en direction de la forêt qui bordait l'arrière du lycée.
« Alice qu'est ce qu… » Commençais-je tandis qu'elle me fit signe de me taire en posant doucement sa main sur ma bouche.
Nous marchâmes jusqu'à la lisière des bois et lorsque que nous fûmes sures que personne ne pouvait nous voir Alice se mit à courir tout en continuant de me tirer.
Après plusieurs minutes de course, Alice s'arrêta.
« Alice pourquoi tu… ? »
Elle me stoppa net en levant un doigt et j'attendis alors patiemment qu'elle m'explique ce que nous faisions ici. Visiblement, elle n'avait pas envie que les autres surprennent cette conversation, sinon pourquoi s'éloigner aussi loin ? Elle commença à tourner en rond en se frottant les tempes vigoureusement. Voir Alice si silencieuse faisait presque peur.
« Je ne sais pas comment te demander ça mais…. » Dit-elle enfin après plusieurs minutes. « Tu commences à me connaître, j'ai tendance à rentrer dans le vif du sujet sans introduction… Bon, alors… Je sais que tu n'es pas obligée de me répondre mais j'aimerai vraiment que tu me répondes Bella. Que tu m'expliques pourquoi… » Elle s'interrompit à nouveau. « Merde. Je vais pas y arriver. »
« T'expliquer pourquoi quoi ? Je comprends rien à ce que tu racontes. » Dis-je, totalement embrumée.
« J'ai vu… »
« Tu as vu quoi Alice ? » Demandais-je en l'encourageant à continuer.
Ses épaules s'affaissèrent comme si elle portait le poids du monde sur elle et lâcha un profond soupir. « Mon frère… Te demander… En mariage… Et tu as dit non. »
Je me pétrifia quelques instants avant de recouvrir l'usage de mon corps. Ainsi donc, il s'agissait de ça ! Incapable de faire face au dilemme qui me tenaillait les tripes, je pris mon visage dans mes mains, impuissante et dévastée. Je crois que c'est la pire chose qui pouvait arriver. J'étais vraiment à des années-lumière de penser qu'Edward voulait une telle chose. La seule chose que je ne pouvais pas lui donner.
Je sentis les mains d'Alice saisir délicatement mes épaules et je leva ma tête pour la voir me chercher du regard.
« Pourquoi Bella ? Tu vas lui briser le cœur. » Dit-elle doucement.
« Je ne peux pas. »
« Au moins, parle-lui. Si tu ne me dis pas pourquoi à moi alors, au moins, dis-le lui. Si tu ne l'aimes pas assez pour faire ça ou si tu comptes le quitter… »
« Non ! » M'exclamais-je vigoureusement. « Tu sais que je l'aime plus que ma propre vie. Je ne peux pas me passer de lui. J'ai besoin de lui. J'ai… »
« Alors pourquoi Bella ? » Supplia-t-elle.
Je levais mes yeux vers elle et croisa son regard meurtri et presque à demi consciente du poids des paroles que j'allais prononcer. J'étais las des secrets, fatiguée des mensonges. Si je considérais vraiment Alice comme une sœur alors je lui devais la vérité au même titre que je la devais à Edward.
Je poussa un long soupir et parla d'une voix calme tout en ne la lâchant pas des yeux.
« Parce que je suis déjà mariée Alice. »
La bombe était lâchée.
-
(1) 93 miles = Environ 150 km
(2) 60 miles = Environ 100 km
N/A : Je pense poster le prochain chapitre samedi prochain.
