Alors, je n'ai pas précisé quand je posterai ce chapitre parce que je voulais vous faire la surprise de le poster aujourd'hui. (Hey hey 2 chapitres en un peu plus de 24 h. Ne dites rien. Je viens de basculer dans la folie et j'ai pété les plombs.)

Pourquoi ce pitit cadeau ? Parce que je vous aime et parce que vos merveilleuses reviews sont le carburant de mon inspiration. Et c'est aussi pour tous les 'Vivement la suite' que je reçois.

Oui j'avoue aussi que je me suis transformé en guimauve géante et mielleuse. Et j'assume.

Merci donc à mes MRMQT : Eliloulou, cynthiacullen, Miinie, lena -lna933-, cynthia, Rody85, ErylisxJazz, Mrs Esmée Cullen, Valou974, diane24, hp-drago, fleur, Carine, chriwyatt, steffiwolf, Fiitalya, La'ienth, Dogywoman, HelleHaare, maryline, juliette, Gaelle-51, AuroreAthena, Méli, San59, Atchoum16, schaeffer, , mariacarlota, liliputienne31, twilighteuse27, Mixetremix, aldie, Dawn266, cynthiacullen, mafrip, Lenerol, Letmesign23, alice'n'tom, delphine92, Angel, Mary79, Lilia84, annecullen69, , Yon.01, SurreyFr, Ally1915, scrapfaconed, veronika crepuscule, twililyz, ecathe38, VeroNiQue22, callie226, babounette, clairew59, bostondirty, melacullen, kadronya, Baby07, Melielola, amel, Alexa27, Frizouh_Powaaa, , Angel9,4 popolove et mel31, mamanpierreafeu, Fleur50, Joeymalia42, SolN, Audrey, vinou, jelly bells, isasoleil et caro30.

Enjoy

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Disclamer : Twilight ainsi que tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

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Dans le chapitre précédent :

J'aperçu d'abords Esmée dans le fauteuil, puis Carlisle à son coté, Emmett et Rosalie puis Alice et Jasper mais je ne les voyais pas vraiment. Ils étaient comme une peinture, figés dont les contours colorés rappelaient les silhouettes.

Je fis un pas de plus et mes yeux purent voir.

Voir le diable sourire.

« Bonsoir Isabella. »

Et la voix du diable me faisait toujours trembler…

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« Il y a un temps pour tout.

Un temps pour pleurer et un temps pour rire,
Un temps pour chercher et un temps pour perdre,
Un temps pour se taire et un temps pour parler,
Un temps pour aimer et un temps pour haïr,
Un temps de guerre et un temps de paix.

Un temps pour vivre et un temps pour mourir. »

Premier testament - Ecclésiaste 3

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CHAPITRE 28 – Liberté

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Je ne savais pas combien de temps j'étais restée dans ma contemplation stoïque mais je pense que ma fixation dérangeante alerta Edward car je sentis sa main se poser dans mon cou.

Je sursautai.

Finalement, je tourna ma tête dans sa direction et lus l'incompréhension dans son regard. Comment l'en blâmer ? La mienne était si chimérique que je fus incapable d'esquisser le moindre geste, le moindre battement de cils, la moindre parole. Il me fallut bientôt un appui tangible car je sentais déjà monter en moi un mélange de haine, d'aversion et d'écœurement s'insinuer jusque dans mes veines, le flot de venin inondant ma gorge, singulier et presque acide.

Mon corps était tellement conscient de l'odeur qui flottait autour de moi qu'il me semblait qu'il lui était directement connecté, aussi, lorsque que Daniel se cala un peu plus confortablement dans le canapé, je reculai si instinctivement que je ne m'en rendis même pas compte.

N'avais-je donc rien appris depuis ma fuite ? Tout ce que j'avais vécu à Denali puis ici, à Forks n'avait-il donc rien changé pour que sa seule présence ait un tel impact sur moi-même même aujourd'hui ? Je n'étais pourtant plus cette femme qui vivait dans la peur, je n'étais plus cet assassin, je n'étais plus cette femme. Elle était morte. Alors pourquoi ? Pourquoi Daniel avait encore cette emprise sur moi ? Peut-être parce qu'il était là, dans mon salon, sur mon canapé, entouré de ma famille. Le tableau était tellement impossible à dépeindre que sa réalité physique m'avait heurté de plein fouet.

Je savais qu'Edward me parlait puisque je voyais ses lèvres remuer mais je n'entendais que le l'effervescence du venin qui envahissait ma tête comme un million de petit bulles qui éclate en même temps. Ce que j'avais redouté le plus était en train d'arriver. Ce n'était pas le retour de Daniel, ni même le fait que ça arrive maintenant. Non. C'était cette rage que je m'étais promis de combattre, dont je m'étais juré de ne pas la laisser me consumer. J'étais en train de rompre mon serment. Le serment qui était la condition sine qua non de ma propre rédemption. Celui qui me permettait d'accéder à la paix intérieure. Et voilà que sa seule présence réussissait à briser cette promesse et à annihiler des années d'efforts, de batailles, d'épreuves. Je ne pouvais pas lui faire ce plaisir. Mais plus important que tout, je ne pouvais pas me faire ça, pas après avoir enduré tout ce que j'avais enduré pour me sauver de ma propre déchéance.

Je n'étais plus cette femme qui avait peur.

J'étais Bella.

Je pris la main d'Edward dans la mienne. Son contact m'électrisa et m'insuffla une force nouvelle. A son coté, je me sentais forte. A son coté, je pouvais tout faire. Je n'étais plus seule. Il était avec moi et je lui appartenais. Corps et âme.

Esmée croisa les bras sur sa poitrine, l'air surprise en fixant Daniel.

« Vous vous connaissez ? » Demanda-t-elle.

Bien sur, seuls Edward et Alice étaient au courant. Les autres ne savaient pas. Voilà mon erreur. Je n'avais rien dit et ce, par pur égoïsme. Si je leur avais parlé de lui, il n'aurait pas eu d'ascendant sur moi. La vérité expliquée de sa bouche – et elle allait éclater – était d'autant plus dangereuse que c'était comme si ils allaient me voir à travers son regard à lui.

Les yeux de Daniel se posèrent presque immédiatement sur nos doigts entrelacés mais son visage ne laissait apparaître aucune émotion. Je relevais le menton. La main qui reposait le long de mon corps commençait à trembler lorsque je vis que Daniel recommençait à parler.

« Quand je pense que je refusais de toucher une autre femme par égard pour toi Isabella. Si j'avais su que tu te tapais le premier venu, j'aurai eu moins de scrupule à commettre l'adultère. »

Mes yeux s'ouvrirent telles deux soucoupes.

Alice se leva d'un seul bond, paniquée. Elle venait de comprendre. Son attitude contrastait avec celle des autres qui se lancèrent des regards furtifs entre eux puis sur Edward qui poussa un grognement féroce. Je pouvais sentir qu'il esquissait un mouvement, je l'arrêtais d'une main sur la poitrine. Je secouais la tête et chercha son regard.

« Si tu le touches. Il te figera. » Expliquais-je. « Son pouvoir agit directement sur le venin. »

« T-t-t-t-t Isabella. Ce n'est pas très gentil de dévoiler mes petits secrets. » Réprimanda Daniel, en se levant. « Bien puisque que les présentations sont faites apparemment… »

« Qu'est ce que tu veux ? » Répliquais-je avant même de le laisser allez plus loin.

« Voyons Isabella. Je suis ici par pures intentions pacifiques. Je me baladais dans le coin et il aurait été très malpoli de passer sans dire bonjour. Que tu sois là… Ce n'est que le petit bonus de la visite. »

« Je vais le tuer. » Grogna Edward.

Edward fut rapide et bondit sur lui à une telle vitesse que j'eus du mal à percevoir son mouvement. Il fut si véloce que lorsque je m'élançai derrière lui, il était déjà trop tard. A l'instant même où il toucha Daniel, il se figea sur place, la main tendue vers sa gorge. Daniel se tourna immédiatement vers Alice. Jasper vint au secours de sa compagne mais ni l'un ni l'autre ne purent échapper au pouvoir de Daniel. Je m'accroupis sur le sol, lorsque je le vis s'approcher de Rose et sauta dans sa direction. Je le percutai si violement que nous traversâmes le mur du salon pour atterrir dans la cuisine. Le bruit assourdissant du déchiquètement du béton résonnait encore dans mes oreilles mais je me redressais vivement tandis que Daniel m'attrapait à la gorge et me leva du sol avant de me plaquer contre le plan de travail qui se brisa dans mon dos. Des morceaux microscopiques de poussières tombaient de ses cheveux noirs et je dus fermer les yeux. Mes doigts s'accrochèrent à ses poignets car ses doigts serraient mon cou si fort que je sentais mes os qui commençaient à se broyer.

J'ouvrais les yeux de douleur et vis soudain son visage disparaître, balayé par la télé du salon. Ma tête se tourna rapidement vers la provenance du projectile et vit Emmett se frotter les deux mains et attraper un des fauteuils d'une main. Je roulais péniblement sur le coté et vis Daniel sauter au-dessus de moi puis esquiver le fauteuil qu'Emmett avait lancé dans sa direction tandis qu'il glissait au sol sur le ventre et atteint les chevilles d'Emmett qui se figea à son tour, le regard fixé sur le visage de Daniel au sol.

Rosalie tenait une chaise et l'abattit violemment au sol mais Daniel se contorsionna et sauta en arrière tandis que la chaise se brisa dans un fracas sonore projetant des éclats de bois dans toute la pièce. J'arrivai derrière Daniel et lui assena un coup de pied entre les jambes directement sur la partie de son anatomie et celui-ci s'écroula sur ces genoux en se tenant.

Vampire ou pas, les points faibles des hommes restaient toujours les mêmes.

Je le pris par les cheveux et le traîna au sol tandis qu'il gémissait mais une de ses mains agrippa ma jambe et il tira dessus si puissamment que je basculais en arrière. Il se leva et me fit tourner et tourner et tourner, me tenant ferment par la cheville pour finalement m'envoyer valser à travers une des fenêtres du salon. Mon corps atterrit dehors dans un bruit sourd, au milieu de milliers de petits éclats de verre brisé qui retombèrent sur moi en tintant comme du cristal. Je me relevais en me secouant. Trop vite cependant, en marchant, je titubais. La force centrifuge avait fait monter tout le venin dans mon cerveau et il me fallut un moment avant de reprendre mes esprits. J'entendais un fracas tonitruant à l'intérieur de la maison et des grognements effrayants.

Puis le silence.

Un silence tellement lourd qu'il en était assourdissant.

Je pénétrais à nouveau dans le salon, en m'appuyant un peu contre le mur. Esmée et Carlisle était tous les deux figés dans leur action. La pièce, autrefois si chaleureuse n'était plus de dévastation et le fait que Daniel trônait au milieu de cette vision n'en rappelait que davantage la vison apocalyptique. Il saisit un de ses bras qui s'était détaché et le remit en place avec une grimasse indiquant le supplice du processus. Les tissus se ressoudèrent instantanément et il secoua le bras, étirant son épaule, le visage déformé par la colère.

Je tentai une approche mais ne stoppa net lorsque je le vis aux cotés d'Edward, sa tête coincée entre ses mains.

« Tu me voudrais pas que cette charmante petite tête se sépare de ce corps que tu aimes tant Isabella. »

« Laisse-le. » Menaçais-je. « Si tu lui fais du mal Daniel, tu le paieras de ta vie. »

« Comme c'est intéressant. » Il regarda Edward avec une expression de dégoût sur le visage. « D'après les descriptions de Tanya, je l'imaginais plus… grand. »

Je lui jetais un regard stupéfait. Comment connaissait-il Tanya ? Que lui avait-elle dit ?

« Tanya ? » Dis-je dans la surprise la plus totale.

Un sourire se forma sur les lèvres de Daniel.

« Ah !!! Tanya !!! » S'exclama-t-il avec nostalgie. « Il ne m'a pas fallu faire de gros efforts. La pauvre. Elle était si anéantie. Elle me rappelait toi mais… en blonde. Une telle détresse… » Minauda-t-il en feintant la compassion.

Ma voix se perdit dans un murmure. « Qu'as-tu fait… ? » Chuchotais-je tant ma voix tremblait.

« Je savais exactement où appuyer pour que ça fasse mal et où presser pour l'apaiser. Tu sais à quel point je peux être convainquant ? Mais c'était plus difficile qu'avec toi tout de même. »

« Tu me dégoûtes. » Crachais-je.

Il haussa les épaules. « Je t'inspire au moins un sentiment. C'est déjà ça. »

« Où est Tanya ? » Demandais-je froidement, presque certaine de la réponse. Mais je devais gagner du temps, réfléchir. Il y avait forcément un moyen de sauver la situation.

« Tu te soucis d'elle ? » Demanda-t-il presque choqué. « Tu ne devrais pas Isabella. Si tu savais ce qu'elle pensait de toi… Elle ne te portait pas dans son cœur tu sais. »

« Où. Est. Tanya ? » Répétais-je en détachant chaque mot.

« Ne t'inquiète pas pour ça. Elle aura bientôt de la compagnie. » Dit-il en tapotant doucement la tête d'Edward.

Mon Dieu. Il voulait tous nous tuer. J'avais la réponse à ma question, là, dans son regard rouge écarlate et dans son rictus.

« J'ai regretté… Vraiment… De devoir me séparer d'elle. Elle était si délicieuse mais vraiment trop bavarde. C'est fou tout ce qu'une femme peut sortir quand elle est en position verticale. Une vraie pipelette, je te jure. Les visions de la petite brune, l'empathie du grand blond, les pouvoirs psychiques de son cher Edward… Il me suffisait tout simplement de ne pas arrêter de choix dans mes décisions pour leurrer la voyante. »

Je lui jetai un regard incrédule. Tanya lui avait tout avoué de nos forces. Tout.

Daniel rit légèrement avec ironie. « Tu crois vraiment que j'allais rester planté là, sachant ce que tu faisais avec ce connard. Le destin est parfois bien fait Isabella. Tu n'imagines pas un seul instant ma… surprise quand j'ai rencontré Tanya et que je t'ai vu. Tu n'imagines pas non plus ma colère lorsque j'ai compris que tu ne faisais pas grand cas de notre mariage. Tu t'es salie Isabella. Comment veux-tu que je puisse imaginer un seul instant te reprendre ? »

Je fronçai les sourcils, écoeurée. « Le jour où je voudrais ne serait-ce que tolérer ta présence, il gèlera en enfer. »

« Hummmmm. J'adore quand tu me parles comme ça. » Gémit-il. « Allons Isabella… » Il regarda Edward à nouveau. « Tu sais que les vampires que je fige garde leur pleine capacité cérébrale. Ils entendent tous, voient tous mais sont comme piégés dans leur propre corps. Peut-être que ton jouet ici présent voudrait un petit aperçu du comment la chienne qu'il s'envoie 'tolérait ma présence'. » Il ferma les yeux brièvement pour inspirer profondément. « Comment tu pouvais être chaude… Comment tu me suppliais… Tu te souviens de Chicago ? De Milwaukee ? Ah !!! De Toronto… Tu t'en souviens Isabella ? » Il caressa la joue d'Edward. Je grognai. « Lui n'en a pas perdu une miette maintenant. Il pourra toujours se vanter de t'avoir vu… sous tous les angles. »

Je priais intérieurement pour qu'Edward ait pu bloquer ses pensées avant même d'avoir vu tout ce à quoi Daniel était en train de penser. Seigneur. Il y avait tellement d'atrocité, tellement de choses… Mon Dieu !!! Toronto. Les nomades. (1)

Faites qu'Edward n'ait pas vu cela. Faites qu'Edward n'ait pas vu cela. Faites qu'Edward n'ait pas vu cela.

« Tu ne passeras pas le pas de cette porte vivant Daniel. » Promis-je avec fermeté.

Il rit bruyamment. « Et que feras-tu au juste ? Tu comptes te battre avec moi ? Tous les deux savons comment ça s'est terminé la dernière fois. Sois raisonnable Isabella. Je te jure que tu ne souffriras pas. Ce ne sera pas le cas de ce fils de pute. Lui, il regrettera d'être venu au monde. »

J'observais furtivement les autres, tous figés dans une immobilité parfaite, tous pétrifiés en position d'attaque. Tous sauf Carlisle. Il était dos contre la table, les bras posés en arrière et, je ne le remarqua pas tout de suite mais il y avait un bout de papier sous sa main gauche, le stylo encore décapuchonné trônant à coté. Lentement, je m'approchais.

« Et tu crois que je vais te laisser faire tranquillement ? Tu devras me passer sur le corps. » Demandais-je, tout en jetant un coup d'œil furtif sur le papier froissé où il était inscrit un seul mot. J'écartillai furtivement les yeux puis repris un visage impassible.

Trois lettres sur le papier.

SAM

Je compris immédiatement ce que Carlisle avait essayé de me faire comprendre.

« Si tu insistes. »

Il bondit sur moi à une vitesse vertigineuse mais n'était pas aussi rapide qu'Edward. Je glissa sur le coté et l'attrapa par les cheveux, le stoppant dans son élan. Je le redressa alors et lui assena un coup de poing dans la mâchoire. Son corps fut projeté avec violence dans les débris du piano dont les cordes et les touches blanches étaient entremêlées ensemble tel le fruit de la création d'un artiste sculpteur un peu excentrique. Le coup avait été porté si violement que je tenais encore une mèche de ses cheveux dans ma main.

Il secoua la tête et grogna furieusement en se précipitant sur moi et nous nous retrouvâmes dehors. Exactement, là où je voulais qu'il soit. Il était sur moi et essaya de me mordre dans le cou. Je le repoussais à l'aide de mon pied par-dessus moi et me leva en criant. Je devais le provoquer. Il fallait qu'il se concentre sur moi et non pas sur ceux qui étaient dans la maison, il devait me suivre.

« Alors ? Qu'est ce que tu dis de ça hein ? » Demandais-je avec ironie. « Tu vas perdre Daniel. De tout façon, tu as toujours été un perdant, un looser. C'est pour ça que je ne t'ai jamais aimé et c'est pour ça que quoi que tu fasses, je ne t'aimerai jamais. »

Apparemment, mon discours eut un effet plus qu'efficace. Daniel serra les poings et ses yeux commençaient à changer de nuance jusqu'à ce que son regard s'obscurcisse en un rouge grenat foncé.

« Tu vas regretter tes paroles Isabella. » Rugit-il.

« Ce que je regrette, c'est de ne jamais avoir eu le courage de te dire ça plus tôt. »

Il s'accroupit au sol puis prit appui sur ses pieds et sauta si haut que je dus lever les yeux en l'air. Je roulai en avant par terre mais, soudain, sa main était sur ma cheville, me tirant vers lui avec une telle force que j'atterris à plusieurs mètres de l'endroit où je me trouvais et ne fut stopper dans mon vol que par la présence d'un gros arbre dans mon dos. Daniel fut presque aussitôt devant moi et me saisit par la gorge. Mes pieds ne touchaient plus terre et remuaient désespérément dans le vide. En dernier recours, j'enfonçai mes ongles dans ses yeux, touchant presque les orbites et Daniel poussa un immense cri de douleur en me lâchant dans la foulée.

Je lui assenai une gifle du revers de la main qui le projeta en arrière et courus aussi vite que possible dans la direction opposée. Carlisle m'avait indirectement indiqué la marche à suivre. Je savais que Daniel était plus fort que moi. Il était peu probable que Sam et les siens acceptent de nous aider mais c'était mon dernier espoir. Ils pourraient me tuer pour ce que je m'apprêtait à faire mais quitte à choisir entre mourir de leurs mains ou celles de Daniel, le choix était couru d'avance. Et quitte à mourir, je ne partirai sûrement pas seule.

Daniel me suivait à la trace, j'entendais ses pas broyer la terre, les branches et les feuilles derrière moi. Il était proche.

Pourvu que je puisse y arriver.

Parvenue jusqu'à la rivière, je sautai par-dessus et reprit ma course comme si j'allais le diable aux fesses – Bin, c'était un peu le cas tout de même – et commença à compter dans ma tête. J'étais arrivée à seize lorsque je l'entendis franchir la rivière. Il avait seize secondes de retard sur moi.

Au bout de quelques secondes de course effrénée, j'arrivais à mon but : le territoire Quilleute. Mais je courrais encore et encore, m'enfonçant de plus en plus. Je bondis par-dessus une espèce de formation rocheuse et compta à nouveau. Huit secondes. Je courrais toujours mais malgré tous mes efforts, il finit par me rattraper et fut si près que je pouvais sentir sa main frôler mon épaule puis saisir mes cheveux. Je me stoppa dans un hurlement de douleur épouvantable et il me projeta au sol, face contre terre, son corps sur mon dos et releva juste ma tête.

« Merci pour l'échauffement sale petite pute. » Il rabaissa mon visage dans la terre et appuya fortement l'arrière de mon crâne. Mon cri fut étouffé et mes mains se débattirent dans le vide. Il me releva la tête et là, mes hurlements se mirent à raisonner dans la forêt.

La bouche de Daniel était tout contre mon oreille. « Mais avant de te tuer, je vais te donner d'abords ce que tu mérites. »

Je me figeai un instant, en comprenant ce qu'il avait l'intention de faire. Plutôt crever. Je me débattais violemment jusqu'à m'en arracher les mains et les jambes et ma gorge exaltait mes appels à l'aide désespérés. Je secouai mon corps dans tous les sens si bien qu'il eut toutes les peines du monde à m'immobiliser.

« Vas-y crie plus fort. Débats-toi autant que tu peux, ça ne fait que rendre l'instant encore plus excitant. Si j'avais su que tu pouvais te montrer aussi combative, je l'aurai expérimenter pour nous bien avant. »

« Ne me touches pas, espèce de salaud. Je te tuerai… Je te tuerai. » Criais-je en me débattant.

« C'est ça. Mais avant, je vais te rafraîchir la mémoire. Et quand j'en aurai fini avec toi, j'irai m'occuper de…»

Il s'interrompit soudain. Le cri d'un loup venait de rugir derrière nous. Je levai la tête et cria jusqu'à m'en déchirer les poumons.

« Sam… Aidez-moi… Aidez-moi. Mon Dieu, il veut tous nous tuer. Je vous en supplie. Aidez-moi. » Mendiais-je en sanglotant.

Daniel se redressa et une fois que je fus libérée, je rampai jusqu'au pied d'un arbre et m'adossa à lui en ramenant mes genoux sur ma poitrine. Daniel se tenait devant six loups immenses et je pouvais le voir trembler et faire plusieurs pas en arrière. Le loup en tête se rua sur lui tandis que les autres se précipitèrent à sa hauteur. Un seul resta en arrière et se dirigea vers moi en me toisant de ses crocs luisants. Je ne bougeai plus. Seul mon regard captait la scène qui se déroulait sous mes yeux. La stupeur de Daniel lorsqu'il réalisa la férocité de ses adversaires, l'inutilité de son pouvoir – là, il n'avait pas à faire à des vampires – ses hurlements de souffrance lorsque les crocs perçaient sa chair dans un bruit qui me fit moi-même frissonner. Il réussit quand même à repousser deux loups plus loin mais le chef de meutes bondit sur lui, ses pattes l'immobilisant au sol et mordit son cou en n'en lui arrachant la moitié. Les autres loups prirent chacun un membre dans leur gueule et tirèrent dessus si fort qu'il fut démembré en un instant.

Efficace.

Le loup, toujours perché sur la poitrine de Daniel, hurla à la lune et chacun repartit au cœur de la forêt, emmenant chacun une partie du corps de Daniel. Le tronc et la tête furent saisit par le chef et je croisai le regard apeuré de Daniel.

« Considères ça comme un divorce. » Murmurais-je si bas que je fus certaine que lui seul m'avait entendu.

Je n'avais plus aucune pitié pour lui, aucune compassion. Je le regardais mais tout ce que je pu ressentir, c'était un puissant et profond soulagement Je fermai les yeux juste pour savourer le goût de liberté qui flottait autour de moi.

C'était fini.

C'était terminé.

J'éclatais en sanglots. J'étais tellement heureuse et malheureuse à la fois. Je ne reverrais jamais Edward et ça me brisait le cœur. Mais d'un autre coté, Daniel avait été anéanti. Plus jamais il ne menacerait ma vie, plus jamais il ne s'attaquerait à des innocents, plus j'aimais il ne toucheraient aux gens que j'aime. Il ne fera plus jamais de mal. A personne.

Et si mon destin était scellé, ici, ce soir, je ne pouvais pas éprouver de peine - même à l'idée de mourir – parce que j'avais sauvé Edward, Carlisle, Esmée, Rose, Emmett, Jasper et Alice. Ils étaient saufs. Je n'avais fait que rééquilibré la balance car c'était à cause de moi qu'ils avaient failli mourir.

Le loup m'avait toujours sous sa garde. J'aurai pu m'enfuir mais je ne voulais pas déjà envenimer la situation. Peut-être que si je me tenais tranquille, ils n'auraient pas alors de raison de s'attaquer à ma famille.

Je ne sais pas combien de temps j'étais restée à pleurer ma liberté retrouvée. Je voulais la goûter et profiter de chaque seconde de son étreinte. Un bruit de pas humains m'alerta et mes yeux se posèrent sur Sam, entouré par quatre autres loups et je reconnu derrière eux, Seth - sous forme humaine - que j'avais secouru quelques semaines plus tôt.

Un espoir jaillit en moi. L'espoir de pouvoir vivre, de pouvoir à nouveau sentir les bras d'Edward autour de mon corps, d'entendre à nouveau les rires de ma famille, même les jérémiades de Kate – là pour le coup, j'avais vraiment touché le fond – de revoir Eléazar, Carmen et Irina. Il y avait rien de plus grisant que de goûter l'espoir de vivre quand vous frôler la mort d'aussi près. C'était dangereusement tentant.

Sam s'approcha de moi et me toisa de toute sa hauteur.

« Tu as rompu le traité. » Formula Sam d'une voix grave et solennel.

« Je sais. » Dis-je doucement.

Il croisa les bras sur sa poitrine. « Nous n'avons aucune raison de te laisser repartir en vie vampire. »

« Je sais. »

« Et pourtant, tu l'as tout de même fait. » Fit-il remarquer.

« Pour protéger ma famille. » Répondis-je en baissant la tête et en pleurant encore un peu.

Sam se racla la gorge. « Nous ne protégeons pas les vampires. Vos histoires ne nous concernent pas. Tu as mis en danger les membres de notre tribu en ramenant ce vampire sur nos Terres. »

« Je n'avais pas le choix. » Je le regardai dans les yeux. « Mais je suis prête à en accepter les conséquences. »

Sam se tourna vers les autres et souffla bruyamment.

« Je devrais prononcer une sentence de mort mais… Mais tu as sauvé Seth, qui lui-même s'était aventurer sur votre territoire et… Nous honorons nos dettes de sang. » Dit-il finalement, l'air visiblement contrarié. « Tu es libre. Jacob et Jared t'escorteront jusqu'à la frontière. »

Je mis mes mains devant ma bouche et remercia Sam dans une myriade de gratifications humbles. J'arrêtai au bout du onzième 'merci' car cela agaçait Sam plus qu'autre chose apparemment. Il repartit de son coté mais s'arrêta pour me regarder une dernière fois.

« Nous sommes quitte à présent. Comprends-tu la portée de mes paroles Vampire ? »

J'hocha la tête pour lui signifier que j'avais bien saisi la menace sous-entendue et suivit les deux loups de mon 'escorte' en courant à leur allure.

Une fois la plaine atteinte, je me stoppais dans la surprise et sourit à m'en décrocher la mâchoire.

Tout le clan Cullen au grand complet attendait à la lisière de la forêt et je vis alors Edward répondre à mon sourire béat. Je me tournais vers Jacob et Jordy… euh… Jarod – Arggg, je n'ai jamais eu la mémoire des noms – et les remercia avant de courir vers Edward. Je sautais dans ses bras, entourant mes jambes autour de ses hanches et l'embrassa partout en lui susurrant des 'je t'aime' à tout bout de champ. Tout le monde autour de nous se rapprocha dans une étreinte et je pleurais malgré moi, hoquetant involontairement.

« J'ai cru que je n'allais jamais vous revoir. » Pleurais-je en resserrant mes bras autour du cou d'Edward.

« Quelle nuit de ouf. » S'exclama Emmett en se détachant le premier.

« Toute la déco est encore à refaire. » Soupira Esmée, en pouffant dans sa main.

Je me redressais et la regarda, riant malgré moi. Jasper, Rose et Alice se joignirent à moi dans un rire plus franc, bientôt transformé en un fou rire. Carlisle prit Esmée par les épaules et lui déposa un baiser sur les cheveux.

« Rentrons chez nous. » Dit Carlisle en regardant sa femme.

Je déposa ma tête contre l'épaule d'Edward et huma sa merveilleuse odeur à m'en décoller les narines. Elle avait une autre saveur. Elle était si limpide, si pure, exempt de la moindre imperfection. Comme si je la découvrais réellement pour la première fois. Edward nicha son nez dans mon cou et me caressait la nuque doucement.

« Je vais me mettre à pleurer. » Souffla Jasper. Alice rit joyeusement, tournicotant autour de Jasper.

« Waouh Bella, tu es une vraie tigresse au combat. Tu te retenais avec moi ou quoi ? » Demanda Emmett avec amusement

« Fais gaffe. Je pourrais bien finir par te botter les fesses un de ces jours. » Répliquais-je l'air faussement menaçant.

Emmett m'adressa un clin d'œil. « J'y compte bien petite sœur. »

Rose s'avança vers nous et m'enlaça en posant sa tête sur mon dos. « Je suis si heureuse que tu sois saine et sauve Bella. »

Je passa un bras derrière moi sans m'écarter d'Edward et posa ma main sur ses cheveux. « Je t'aime Rose. »

« Hey ! Moi aussi je suis contente qu'il ne te soit rien arrivé. » Protesta Emmett.

« Je t'aime aussi Emmett. »

« Et moi et moi. » Sautilla alice.

« Oui je t'aime aussi Alice. » Je me tournai vers Jasper avant qu'il ne puisse prononcer la moindre parole. « Je t'aime Jasper. »

« Et moi ? » Murmura Edward tout contre mon cou. Il leva la tête, le regard rempli d'amour.

Je le fixai dans les yeux. « Je t'aime mon amour. Plus que ma propre vie. »

Il sourit et m'embrassa avec fureur, m'arrachant un gémissement involontaire.

Jasper colla une main sur son front. « Nom de Dieu, prenez une chambre !!! »

Je ris. Emmett tapa l'épaule de Jasper qui chancela un peu en fronçant les sourcils.

« Bon on va pas coucher là non ? »

Nous nous dirigeâmes vers la villa, moi toujours dans les bras d'Edward.

Et j'étais heureuse.

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(1) Je passerai sous silence ce qu'il s'est passé à Toronto car même moi je n'oserai jamais écrire ce à quoi j'ai pensé. Je laisse la place à l'imagination de chacun.

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Note de l'Auteure 1 :

Le Chapitre 29 sera le dernier chapitre (snif). Après viendra l'épilogue (POV Ed) qui reprendra certains passages des chapitres précédents où vous n'avez pas forcement compris tout ce qu'il se passait (les échanges silencieux, les moments où Bella n'était pas présente…)

N/A 2 :

J'ai oublié de dire dans le dernier chapitre que j'avais reçu 24 demandes en mariage quand même !!! Si j'étais lesbienne je serai ravie.

N/A 3 :

Vous l'avez aimé ma surprise ?!?

N/A 4 :

J'ai eu beaucoup de demande pour la traduction de « The office » Malheureusement, le temps me manque. Donc si quelqu'un cherche à traduire une fic et a du courage à revendre, vous savez sur quelle histoire plancher.

PS : Vive toutes les traductrices !!!

N/A 5 :

Pauvre Daniel. Aussitôt arrivé, aussitôt trépassé. J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre. L'action j'adôre surtout quand il y a de la bonne musique pour se motiver (Uprising - Muse).

En premier lieu, j'avais pensé à Edward pour mettre sa raclée à Daniel mais ça faisait vraiment trop cliché et c'était trop prévisible. Et puis, Edward est tout le temps en train de sauver Bella. J'ai décidé que, pour une fois, ce serait le contraire.

J'ai pensé alors que le fait de se faire déchiqueter vivant était une mort à la hauteur de son personnage.

Pour les fans qui espèrent le retour de Daniel (si si y'en a, je vous jure), les loups sont partis avec les différents membres pour les brûler. Donc... No retour possible. Pour vous consoler, je pourrai faire une fin alternative où Bella s'enfuit finalement avec Daniel et jette Edward comme une vieille chaussette. Ou faire un slash, avec Edward qui s'enfuit avec Daniel et jette Bella comme une vielle chaussette.

Faut que j'aille me coucher je commence à raconter n'importe quoi moi.

(Prochain chapitre Samedi ou Dimanche.)