Bon, il m'a fallu quatre réanimations cardiaques, trois chocs à palettes électriques, deux injections d'adrénalines directement dans le cœur, un bouche-à-bouche d'un beau pompier pour me remettre du nombre de reviews qu'atteint cette fic grâce à vous.
Plus de 2000!!! C'est comme si je recevais 2000 bisous en même temps.
Moi, je sais plus comment vous remercier, j'ai plus d'idée là.
Merci à mes MRMQT : CinDyPLaCide, cynthia, diane24, just cynic, Alexiel, Bellarde, bellafeearwen. Skyrock, Gann, Morgane, Lili36, Miinie, lili-lise, Laura, appaloosa, popolove et mel31, SOPHIEBELIER, Galswinthe, maryline, SurreyFr, cynthiacullen, Blub TPA, SolN, Audrey, scrapfaconed, Fleur50, clairew59, vinou, chriwyatt, lena -lna933-, fleur, misiri-addict, hp-drago, Mrs Esmée Cullen, Lenerol, samy940, ErylisxJazz, twilight007, Angel94, jess001, loumarcise, Amandine, amel, arwen, bostondirty, severine, Lilia84, oliveronica cullen massen, marie, schaeffer, Atchoum16, louloute0310, Baby07, l'empire des anges, , kalika-ma, Ally1915, alice'n'tom, aude77, Alexx, veronika crepuscule, annecullen69, PtiteKmye, La'ienth, KaoriSolaris, Angel, Joeymalia42, Dawn266, Rody85, callie226, melacullen, Mary79, caro30, VeroNiQue22, Letmesign23, Alice-57, liliputienne31, AuroreAthena, Nienna-lo, eliloulou, mafrip, ecathe38, louise malone, Gaelle-51, Valou974, ALex27, Miss Lunatik et jelly bells.
-
Disclamer : Twilight ainsi que tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
-
"Toutes les choses ont une fin. La fin est déjà le commencement d'un tout."
Citation anonyme
-
CHAPITRE 29 – Réaliser
-
Le sentiment de bonheur que j'avais ressenti à l'époque s'était bien vite évanouit dans les airs.
Le retour à la Villa avait été dur. Voir la maison aussi dévastée, voir les stigmates du passage de Daniel dans nos vies, voir tout cela. C'était comme si il avait laissé sa propre marque ici. La vision de toutes ces choses brisées, anéanties, ravagées lui ressemblait tellement. Tout ce qu'il touchait, il le détruisait.
Pire que toute cette image apocalyptique, son odeur.
Elle était partout.
S'il n'y avait eut que ça, j'aurai pu prendre sur moi mais voilà, la réalité nous avait rattrapé comme un boulet de canon et les questions silencieuses dans le regard des autres allaient forcément demander des réponses.
Je savais qu'ils n'allaient jamais me demander de leur expliquer les causes qui avaient amenés ces conséquences. Jasper m'en voulait-il d'avoir mis en péril la vie d'Alice ? Et Emmett ? Et Carlisle ? Tout ce que Daniel avait dit pendant qu'ils étaient figés ne pouvait pas rester leur seule explication sur le pourquoi leur vie avait été en danger. Je connaissais l'Histoire de chacun d'entre eux, même dans des détails que je n'avais pas besoin de savoir. Il était injuste et lâche de ma part de les laisser dans l'expectative alors qu'une partie de mon passé était venu les frapper de cette manière.
Et si seulement, il n'y avait eu qu'eux….
Comment expliquer à Eléazar, Carmen, Irina et Kate que mon passé les avait frappé eux aussi par la même occasion ? Comment leur dire pour Tanya ? Comment leur avouer qu'elle ne reviendrait jamais ?
Daniel avait tellement gâché nos vies… Même mort, il continuait encore de me tourmenter.
Nous avions commencé à déblayer les dégâts, nettoyant les traces de sa présence et je ramassais les débris de la chaise, près du piano et me figeait devant celui-ci.
Le piano d'Edward.
Je m'arrêtai soudain et ressenti un tel gâchis, une telle honte, un tel dégoût que je portai mes mains sur mon visage et pleurais.
Je pleurais le goût amer de ma liberté, je pleurai de ne pouvoir pleinement me réjouir de la disparition de Daniel parce que tout ici me rappelait à quel point il avait été proche de détruire les êtres que j'aimais le plus au monde, je pleurais parce que j'avais pensé que tout était terminé alors qu'il n'en était rien.
Rien n'était terminé.
Du fond de sa tombe, Daniel devait bien rire.
Cette image ne fit que redoubler mes pleurs. Je m'en voulais de me laisser aller devant tout le monde, je m'en voulais de ne pas être assez forte, je m'en voulais de ne penser qu'à moi et d'être égocentrique à ce point, je m'en voulais de me recroqueviller à nouveau dans une attitude geignarde et plaintive. En définitive, je m'en voulais même de m'en vouloir.
Je sentis les bras d'Edward m'étreindre par derrière mais penchée dans mes considérations narcissiques, j'essayais de m'éloigner.
« Ne me repousse pas Bella. » Chuchota Edward contre mon oreille, en resserrant son étreinte.
Je ne voulais pas le repousser. J'avais bien trop gâcher de temps à le faire alors que lui seul avait le pouvoir de m'apaiser totalement. Il posa une main sur mon front et passa un bras autour de mon cou.
« Ce n'est pas ta faute. » Murmura-t-il.
Mon Dieu, j'aimais tellement cet homme. Il était ma vie, il m'avait tellement donné ; même encore aujourd'hui, il me donnait tellement. Et s'il fallait une éternité pour me racheter, alors chaque jour de mon existence sera consacré à faire le bonheur de cet homme.
Je resserrai mes doigts sur son avant-bras et frôla, dans le processus, la bague qui pendait autour de mon cou. Je basculai ma tête en arrière, contre son épaule. Mon collier me semblait peser une tonne. La bague qui y était nichée me rappelait à quel point il m'aimait. C'était le symbole de sa passion, de son engagement.
C'était une promesse.
J'ouvrai les yeux devant le silence qui régnait dans le salon et constata avec effarement que nous étions seuls. Super, j'avais même réussi à faire fuir tout le monde. Je me retournai vers Edward, lui faisait face mais mes yeux rencontrèrent le trou béant du mur séparant le salon de la cuisine. Je me revoyais le traverser et réussit même à entendre le son fracassant lorsque mon corps l'avait frappé.
« Hey. » Prononça doucement Edward en posant un doigt sous mon menton. Je croisai son regard ambré si doux, si intense, si aimant. Ses yeux n'était que le reflet de tout ce qu'il m'inspirait.
Soudain, je devais savoir. Je devais savoir ce qu'il avait vu dans l'esprit de Daniel.
« Edward… Je voudrais… Daniel a dit des choses… sur moi. » Je m'arrêtai un instant et vis un flash de rage passer sur son visage. « Dis-moi. Parle-moi Edward. »
Il poussa un soupir.
« Tu m'avais pourtant prévenu de son pouvoir mais… il m'a piégé au travers de ses pensées en me faisant croire que son pouvoir n'avait d'effet que sur les vampires se nourrissant de sang humain. C'est pour ça que j'ai tenté malgré tout de l'attaquer. »
Edward secoua la tête de frustration puis, après une légère pause, il continua.
« Quand j'ai compris mon erreur, j'étais… Je ne pouvais plus bouger, je ne pouvais rien faire pour te venir en aide… et qu'il a pensé à toutes ces choses qu'il voulait te faire… » Il passa ses mains sur son visage en secouant la tête. « … Toutes ces choses Bella… Je ne voulais pas lire en lui… Je ne voulais pas te voir à travers lui… Ce qu'il a fait à Tanya… Je ne pouvais plus… Alice me renvoyait des images au fur et à mesure de ses décisions… Elle a fini par arrêter de scruter l'avenir. Ses visions étaient de plus en plus insupportables, la suivante pire que la précédente… Je n'avais jamais enduré une telle souffrance. Jasper ressentait tout… Emmett, Rose, Esmée… leurs pensées… je ne suis jamais senti aussi dénuer… d'espoir. Je t'ai abandonné Bella mais je ne pouvais pas en lire davantage. »
Il baissa la tête mais je posai une main sur ses joues et ferma les yeux devant son air coupable.
« Qu'aurais-tu pu faire ? Tu ne m'as pas abandonné. Tu ne m'as jamais abandonné Edward. Tu étais avec moi. » Je pris sa main dans la mienne et la posa sur mon cœur qui ne battait plus mais où, lui, en avait comblé l'absence. « Tu étais là. » J'ouvrais les yeux. « C'est toi ma force. »
Il me fixa avec un regard empreint de gravité puis posa son front sur le mien en fermant les yeux. Ses lèvres balayèrent les miennes à la manière d'une brise chassant les feuilles mortes, aérienne et vaporeuse, puis s'arrêta à la commissure de mes lèvres. Je tournai légèrement la tête afin de rejoindre ce morceau de chair qui m'appelait par sa douceur, par ses caresses et sa dévotion et mon corps s'enflamma si vivement que cela arriva même à me surprendre. Le besoin de l'embrasser était si naturel, si instinctif.
Notre baiser ne semblait pas rassasier nos âmes, avides de toujours plus et mes mains commencèrent à le déshabiller avec une urgence qui pouvait sembler exagéré mais qui était loin de refléter le feu qui me consumait de l'intérieur, plus ardent, plus violent.
La vitesse avec laquelle nous avions basculé sur le sol, nus, remplissant la pièce de nos gémissements et nos soupirs était presque surnaturelle. Sa bouche sur mes seins, mes doigts qui touchaient, palpait, caressait son corps étaient la manifestation physique de la force de ce que nous ressentions. Il remonta le long de mon ventre et plaça son sexe contre mon entrée et s'enfonça en moi à m'en faire gémir de plaisir. Sa main vint saisir ma cuisse afin de remonter ma jambe le long de son corps et ses lèvres mimaient des 'Je t'aime' sans jamais les prononcer à voix haute.
Qu'il soit en moi, me semblait la chose la plus intense qu'il m'eut été donné de ressentir. J'avais l'impression de l'aimer jusque dans l'excès. Mais là où l'orgasme mettait fin à la passion de nos corps insensés, l'amour qui perdurait au-delà de nos étreintes ne me paraissait pas avoir de fin.
Nous nous aimions au milieu du carnage, au milieu d'un champ de bataille comme si, à notre tour, nous voulions y laisser l'empreinte de notre amour… Comme si nous voulions effacer les traces du mal et y imposer notre propre aura. Comme si nous voulions absorber les stigmates de ce chaos pour le remplir par quelque chose de plus fort, de plus puissant, de plus grand.
Je regardais Edward tandis que son visage exprimait un trop-plein de sensations identiques aux miennes et me perdit dans son regard brillant, brûlant d'un feu qui semblait m'atteindre jusque dans mon âme. En fusion. Voilà ce que nous étions.
Je resserra mes bras autour de son cou avec le désespoir de ne pas pouvoir me fondre en lui jusqu'à en oublier l'existence de mon propre corps et sa bouche se nicha dans mon cou en expirant des gémissements et des paroles incompréhensibles. Il posa ses coudes de chaque coté de ma tête et m'étreignit jusqu'à l'étouffement comme si lui aussi ressentait cet espèce de désespoir de ne pouvoir être encore plus proche de moi.
Ses lèvres ne quittèrent jamais ma peau. Les miennes non plus. Je m'imprégnais de son odeur aussi vivement que chacune de ses pénétrations. Sa verge allait et venait en moi, conquerrant chaque parcelle de mon ventre comme pour y imprégner sa marque.
A moi. A moi. A moi
J'étais déjà à lui, j'étais déjà un territoire conquis à sa cause depuis le premier jour où mes yeux se sont posés sur ses yeux incandescents, j'étais sienne, dans tout les sens, dans tout ce que ce mot pouvait signifier, même au-delà.
J'étais à lui, même au point de me perdre moi-même.
Et c'est ce que je fis. En prononçant le prénom de la seule personne au monde qui remplissait mon existence et qui l'embellissait à chaque instant.
Edward.
**************************
Il était étrange de constater que plus les minutes s'écoulaient plus la peur, l'angoisse m'étreignait le cœur au point de jeter tout mon courage au loin et de prendre mes jambes à mon cou.
Nous étions arrivés depuis peu à Denali et cette fois-ci, tout le monde était du voyage. Carlisle avait annoncé notre arrivée à Eléazar mais s'était bien gardé de parler de Tanya au téléphone, estimant que la situation exigeait notre venue et qu'il s'agissait là d'une chose trop grave et trop important pour être annoncer par téléphone. Nos deux clans étaient tellement proches qu'il était hors de question pour Calisle qu'il en fusse autrement. Toutefois, il ne força personne à l'accompagner. Mais personne n'avait failli.
J'avais décidé de parler. A tout le monde. En même temps. Sur le moment, ça m'avait paru la meilleure chose à faire mais à présent que je me tenais devant eux, autour de leur table qui était autrefois la mienne aussi, ça me semblait la chose la plus stupide à laquelle je n'avais jamais pensé.
Edward me tenait la main. Tout le temps. Je sentais la pression de ses doigts s'accentuer à certains passages de mon récit. Eléazar écoutait malgré le fait qu'il connaissait une partie de l'histoire mais son regard changea vite, avec une lueur de compréhension nouvelle comme si son esprit, au fil de mes paroles, trouvait un emboîtement logique sur les zones d'ombres qu'il n'avait pas réussi à combler. Kate avait le visage grave, Carmen regardait furtivement Eléazar et Irina ne me lâchait pas du regard.
Je finis mon récit, terminant avec ma rencontre avec Eléazar et mon arrivée en Alaska. Lorsque je me tus, un silence de plomb régnait dans la pièce.
Je marqua une pause et me tournait vers Eléazar.
« Si je vous parle de ça, c'est parce que Daniel n'a pas eut de répercutions que sur nos vies mais... sur la vôtre également. »
« De quoi parles-tu Bella ? » Demanda Irina, intriguée.
Je ne quittais pas Eléazar des yeux et nous semblâmes ne pas vouloir casser cette connexion où tout se racontait dans le regard. Nous nous fixions comme si aucun de nous ne voulait mettre des mots sur ce que j'essayais de lui dire ; Moi, parce que je savais la douleur que j'allais provoquer, lui parce que le simple fait d'imaginer ce à quoi il avait l'air de réaliser, sonnait comme quelque chose au-delà du supportable.
« Vous allez nous dire se qui se passe à la fin ? » S'énerva Kate, les sourcils froncés.
Eléazar grimaça de douleur, comme s'il allait pleurer et prit la main de Carmen. Celle-ci le regarda et saisit alors la gravité de ce que j'allais dire. Carmen semblait vouloir se retenir de sombrer et je dus alors détourner le regard. Leur souffrance m'était intolérable.
« C'est Tanya. » Dis-je alors tout simplement.
« Quoi Tanya ? Bella. Qu'est ce que ça veut dire 'C'est Tanya' ? » Demanda Kate.
Mais déjà, je ne pouvais plus parler. Irina regardait Eléazar qui avait collé sa main sur son visage. J'étais là, parmi eux, sans y être. Je n'avais jamais vu Eléazar flancher où même figé dans une posture qui reflétait autant de désespoir. J'avais mal pour eux. J'eus mal avec eux.
Alors je pleurais.
Encore.
Contre toute attente, Edward pris la parole, regardant la table, jouant nerveusement avec une des nervures du bois. Je savais que ce qu'il avait vu la mort de Tanya dans l'esprit de Daniel.
« Tanya a fini par croiser la route de Daniel. Il a vu Bella à travers elle. Tanya n'avait aucune idée de qui il était en réalité. Elle nous a trahi mais elle ne connaissait pas ces intentions. »
« Elle est morte ? » La voix d'Irina n'était qu'un murmure mais son visage dur et rigide trahissait la colère qui s'insinuait en elle.
Kate s'effondra en fixant Eléazar et bondit de sa chaise pour se diriger dehors. Garrett s'élança à sa poursuite mais Alice le retint en secouant la tête. Irina se leva à son tour en me toisant d'un air mêlé de rancune et de douleur. Elle leva les yeux au ciel, fermant les paupières puis se leva pour se rassoire aussitôt. On aurait dit qu'elle ne savait plus quoi faire de son propre corps. Entre deux sanglots sans larmes, elle me regardait finalement avant de prononcer des paroles qui se logèrent directement dans mon cœur pour le briser en un millier de morceaux.
« Je voudrais qu'Eléazar ne t'ait jamais ramené ici. »
Eléazar redressa la tête des cheveux de Carmen qui était dans ses bras et il sembla reprendre contenance aux mots d'Irina.
« Tu n'a pas le droit de dire ça Irina. » Il fronça les sourcils. « Ce n'est pas sa faute. Ta colère est tournée vers la mauvaise personne. Si tu veux blâmer quelqu'un, blâme-moi. Blâme-moi de n'avoir pas retenu Tanya, blâme-moi de l'avoir laisser partir mais n'accuse pas Bella. »
Irina se leva et mis son visage entre ses mains pour pleurer. « Je… Je ne sais plus, je ne sais pas. » Elle me regarda, la tête penchée sur le coté dans une expression indéfinissable de peine. Je me leva et nous fîmes chacune la moitié du chemin afin de nous rejoindre. Je serrai fort Irina dans mes bras en laissant s'échapper des larmes invisibles. « Bella, je ne le pensais pas… s'il te plait… mais j'ai tellement mal. »
Je resserrai Irina encore plus et après quelques minutes, celle-ci se détacha lentement de moi, la tête baissée puis regarda Carmen toujours penchée sur l'épaule d'Eléazar. « Je… Je vais voir Kate. » Articula-t-elle péniblement. « Eléazar ? » Celui-ci hocha la tête et sans me regarder, elle partit dehors.
Edward se retrouva presque instantanément devant moi et je me ressaisis aussitôt. Si je voulais leur venir en aide, il fallait que je me reprenne. Ils avaient déjà assez mal sans que je les inonde avec ma culpabilité.
Eléazar frottait le dos de Carmen avec tendresse et se tourna vers Edward sans rien dire. Ce dernier sursauta légèrement et secoua la tête.
Pour la première fois depuis que nous étions assis à cette table tous ensemble, Carlisle prit la parole.
« Nous resterons autant de temps que tu le souhaites mais si tu veux être seul avec les tiens Eléazar, nous comprendrons. »
Carmen s'arracha soudain de l'épaule de son époux. « Restez. Les nôtres sont aussi les tiens Carlisle. »
Les heures qui suivirent étaient troublantes, empreintes d'une atmosphère triste et amère. Je n'avais pas eu le culot de me sentir accabler par la disparition de Tanya. La mort n'a jamais rendu quelqu'un meilleur qu'il ne l'était de son vivant. J'étais juste triste pour ceux que j'aimais et je souffrais de leur souffrance.
Garrett ne savait plus comment réagir vis-à-vis de Kate qui le fuyait comme la peste. Peut-être faisait-elle un mauvais parallèle entre la rencontre de Tanya avec Daniel – qui était lui aussi un nomade – et sa propre relation (ou absence de relation) avec lui ? Irina se tournait irrémédiablement vers Carmen et Eléazar qui restait le plus souvent avec Carlisle et Esmée.
Plus le temps passait, plus la situation devenait pesante. La mort frappait tellement peu notre espèce qu'en sa présence nous ne savions plus comment réagir.
Malgré tout, la mort de Tanya m'avait ouvert les yeux sur bien des choses. Nous nous étions cru à l'abri de la perte de l'autre, nous étions si bien accrochés à l'aspect inébranlable de notre immortalité que nous avions cru que nous n'avions pas besoin de vivre notre vie en profitant de chaque instant de bonheur qui s'offrait à nous. Or, humains et vampires, dans cette vie, rien n'était jamais acquis, nous n'étions pas immuniser contre le chagrin et surtout, un jour, nous pouvions nous réveiller avec les regrets de ne pas avoir fait ce qu'il fallait pendant qu'il était encore temps.
Alice avait tort lorsqu'elle disait que le temps n'avait pas d'importance.
Chaque seconde était importante.
Cette tragédie nous avait forcé à regarder notre existence avec une vision nouvelle. Au bout de quelques jours, quelques rires timides résonnèrent à nouveau dans la maison. J'avais eu des longues discutions avec Irina, Carmen et Kate qui finirent de balayer mes derniers sentiments coupables. Nous avions fini par comprendre que tout ce qui était arrivé, c'était produit à cause de Daniel et uniquement à cause de lui et aucun de nos choix n'avait pas provoqué sa mort.
Je n'avais jamais souhaité la mort de Tanya.
Kate se laissait finalement approché par Garrett. Je crois que malgré ses peurs, malgré ses doutes, elle avait plus que jamais besoin de lui. Tout comme j'avais besoin d'Edward.
Nous étions repartis au bout d'une semaine. Carlisle avait ses obligations envers l'hôpital et notre absence prolongée au lycée ne devait pas se poursuivre davantage. Esmée avait fait venir des entrepreneurs afin de réaménager la villa avant notre séjour si bien que notre retour s'était fait sans trop de réminiscence de ce qui s'était produit quelques semaines plus tôt.
Mais tout était différent aujourd'hui. J'avais conscience que la vie pouvait être trop courte, qu'il fallait profiter de chaque instant et ne pas reculer devant la perceptive d'un bonheur qui était à protée de main sous prétexte d'avoir peur ou que ce n'était pas le bon moment ou encore parce qu'il fallait plonger dans l'inconnu.
Nous avions repris les cours avec une certaine normalité mais j'étais habitée par autre chose, d'autres envies, d'autres perceptives. Quelque chose avait changé. Irrémédiablement. Je voulais plus.
Le premier vendredi depuis notre retour à Forks, j'allais rejoindre Rosalie dans le garage quand soudain, je m'arrêtais devant la porte de mon ancienne chambre. Je pénétrais à l'intérieur et bien que la déco ait changé depuis, je la revoyais à l'identique de mon premier jour dans cette maison.
La seule chose qui n'avait pas changé, c'était cette photographie sur la nouvelle commode où posait toute la famille. Je regardais Edward et le trouvait toujours aussi beau avec son sourire en coin.
Je souris involontairement.
Tout cela s'était-il produit vraiment il y a juste neuf mois ? Il me semblait que des années s'étaient écoulées.
Je me regardai dans le reflet du miroir. J'avais changé. Imperceptible, graduellement mais m'en rendre compte maintenant était paradoxalement si soudain. Comme si j'étais consciente de qui j'étais vraiment.
Je portai mes doigts à la chaîne qui n'avait jamais quitté mon cou et ce, depuis qu'Edward me l'avait mis. Lentement, je pris le fermoir entre mes ongles et ôta le bijou de mon cou. Je remuais la bague entrelacée dans le collier avec mes doigts et la libéra. Je posai la chaîne sur la commode et regarda la baie vitrée. Le fantôme d'Edward m'apparut, penché derrière cette vitre, les mains collées sur le verre, son regard, l'appel de son corps, la réponse du mien. Je fermai les yeux.
J'étais sure. Je n'avais jamais été aussi sure de toute ma vie.
Je serrai la bague dans la paume de ma main et sortit de la chambre. Sur mon chemin, je croisais le regard brillant d'Alice.
-
Note de l'auteure :
Voilà. Prochain chapitre c'est l'épilogue et je rappelle qui est uniquement POV Edward. La boucle sera bouclée.
Je suis triste, vraiment, de finir une si belle histoire qui (je peux l'avouer maintenant) n'avait rien à voir avec ce que je pensais en faire. Je vais garder le prochain chapitre pour remercier tout le monde comme il se doit et mettrais également à la fin des petits secrets sur l'écriture de cette fic.
Je suis désolée si ma mélancolie s'est traduit dans ce chapitre et a tué l'ambiance.
N/A 2 :
Epilogue Jeudi
Zut, je vais pleurer. (C'est malin lily)
