Désolé pour le retard mais mon fournisseur Internet m'a coupé ma ligne et je viens de la récupérer et je ne vais pas m'énerver plus que je ne le suis déjà. Je pense que la femme de la hot line en a suffisamment bavée pour que j'en rajoute une couche.
Bref…
Bon nous y sommes.
C'est la der des ders, la fin, le bout, l'issue, la conclusion, le dénouement, le terminus et j'ai trop les boules putain. (Désolée, mais vous savez que l'émotion me faire parler un langage très châtié.)
Alors merci à mes Merveilleux Reviewers de la Mort Qui Tue :
maggy7594, xalexeex25, Gaelle-51, Angel, marie, Morgane, Bigmonster4, LilyRiry, samy940, Blub TPA, Heero, Dark, diane24, Galswinthe, Laura, aude77, manon, popolove et mel31, carine067, louloute0310, Lilia84, SolN, Mixetremix, , CindyPlacide, Joeymalia42, Lenerol, lili-lise, fan-de-jacob-black, steffiwolf, schaeffer, Miinie, hp-drago, Mrs Esmée Cullen, chriwyatt, Carine, amel, Atchoum16, loumarcise, Lukilina, just cynic, anya, angelique94, Baby07, San59, veronika crepuscule, Dawn266, callie226, Méli, vinou, ErylisxJazz, arwen, chanel00, Hilaidora, Ally1915, lulupattinson, annecullen69, cynthiacullen, , bianka17, kalika-ma, bostondirty, l'empire des anges, oliveronica cullen massen, eliloulou, melacullen, cynthia, AuroreAthena, liliputienne31, , appaloosa, Mary79, Rody85, Gaelle-51, Alice-57, mafrip, caro30, louise malone, Letmesign23, babounette, kadronya, fleur, Alexa27, josy8604, twilighteuse27, jelly bells, lena -lna933-, scrapfaconed, Miss Lunatik, PtiteKmye et La'ienth.
Merci à mon esprit pervers et dérangé (à certains moments) de m'avoir inspiré cette histoire.
Merci à l'amour.
Merci à la vie de ne pas toujours être une chienne et de nous offrir plus de moments heureux que malheureux.
Merci à SM d'avoir imaginé Edward Cullen et à RP pour l'avoir transfigurer physiquement.
Merci aux fabricants de café qui m'ont maintenu éveillé et à Allociné de m'avoir fait découvrir ce site.
Merci à toutes celles qui écrivent, qui lisent et traduisent.
Et surtout…
… Merci, à toutes celles et ceux qui m'ont laissé des reviews qui, sans cesse, m'ont encouragés et soutenu même (et surtout) en période de doutes.
Profitez et have fun. Je vous aime. (En tout bien tout honneur)
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Disclamer : Twilight ainsi que tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
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"Le couple qui se reconnait dans l'amour définit l'univers et le temps ; il se suffit et réalise l'absolu. "
Simone de Beauvoir - Extrait de Le deuxime sexe
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EPILOGUE – Elle
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POV Edward
Je n'avais jamais vraiment compris ce qu'était l'amour. Et je ne le comprenais toujours pas. Nul doute que je ne le comprendrais vraiment un jour.
J'avais toujours essayer de comprendre les choses, de les analyser, de les décortiquer, aussi j'avais cru – à défaut de le comprendre – savoir ce que c'était. Après tout, j'avais trois couples autour de moi dont les pensées quotidiennes transcrivaient les émotions et les sensations.
J'avais cru le savoir.
En fait, je ne savais rien.
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Carlisle et moi étions passé au magasin des Newton afin de nous doter des derniers modèles de matériel de randonnée. C'était une étape obligée pour faire croire à la population de Forks que nous partions en escapade durant nos absences.
J'étais heureux de rentrer à la villa et de retrouver Bella. Ce n'était pas ma faute. J'étais totalement dépendant d'elle. A l'instar des humains qui avaient besoin d'air pour respirer, j'avais besoin de Bella pour exister.
Elle n'était pas dans le salon avec les autres. Devant ma mine renfrognée, Alice s'extirpa des bras de Jasper et avant même de lui poser la question, elle y répondit.
Dans votre chambre. Pensa-t-elle
Je souris malgré moi, rien qu'à l'idée de la rejoindre, quand je perçus un flot de pensée incompréhensible en provenance de l'esprit d'Alice. Qu'elle me voilait ses pensées n'était pas une chose inhabituelle et ne m'en préoccupa pas davantage. Bien souvent, cela m'arrangeait. Lire dans les pensées était… dérangeant.
Je montais les escaliers sans demander mon reste et pénétra dans la chambre emplit du parfum de Bella. Son parfum… Il me rendait fou. Littéralement.
Elle était devant la fenêtre mais ne se retourna pas. A quoi pensait-elle ?
Pourquoi ne pouvais-je pas lire en elle ? Après tout, le voulais-je vraiment ? Si je le pouvais, l'aurais-je aimé comme je l'aime en ce moment ?
Je m'approchais et l'étreignais avec ce besoin constant de la sentir contre mon corps. Je me sentais si bien quand je la tenais contre moi.
Je déposais un baiser sur son cou, là où aurait battu sa jugulaire. J'adorais l'embrasser à cet endroit précis. Ça me rappelait constamment l'absence de sang dans ses veines. Elle était mon égal.
Elle se retourna dans mes bras et je fus étonné que la beauté de son visage me frappe encore de cette façon. Je levais ma main et lui caressa la joue tandis qu'elle fermait les yeux et mes doigts descendirent le long de sa mâchoire puis de sa gorge. Avais-je déjà dit que j'étais fou de la douceur de sa peau ?
Je lui avais procuré cette caresse un nombre incalculable de fois durant ces derniers mois mais curieusement, à présent que ma main frôlait le creux de ses seins – Avais-je déjà dit que j'étais fou de ses seins ? – je sentais quelque chose de différent.
Le collier.
Le collier que mes doigts touchaient quand je passais à cet endroit n'était plus là. Je stoppai ma caresse et Bella ouvrit les yeux. Des yeux ambres et expressifs dont la profondeur n'avait d'égal que leur douceur. Avais-je déjà dit que j'étais fou de ses yeux ?
J'avais tellement imaginé cet instant, repassant des tas de scénarios différents dans ma tête, l'imaginant avec cette bague à son doigt que tout d'un coup, je ne savais plus quoi faire. Je pris ses mains entre les miennes mais je me figeai dans le choc.
La bague n'était pas non plus à son doigt.
Que cela pouvait-il bien signifier ? Avait-elle renoncée ? S'était-elle rendu compte qu'elle ne serait jamais prête à se marier une seconde fois ? Même si c'était moi ?
Je ne pouvais pas le concevoir.
Dès qu'elle était entrée dans ma vie, elle l'avait bouleversé. La première fois que mes yeux se sont posés sur elle, la première fois où mon corps avait senti le sien, j'avais su.
C'était elle.
Une évidence, une certitude. Comme si tout d'un coup les mystères de l'univers m'avait été révélé et que je puisse entrevoir leurs vérités au-delà des apparences. Comme si j'avais été foudroyé par la grâce et que j'étais irradié d'une lumière nouvelle.
Etre avec elle, être en elle était la chose la plus dévastatrice qui m'eut été donné de ressentir.
Et cette première fois, j'avais su.
Il n'y aurait qu'elle.
Visiblement, cette révélation n'était pas réciproque et elle m'avait fui. Elle regrettait. Pire. Elle ne m'aimait pas. Et moi… Moi, je l'aimais déjà comme le fou que j'étais. Comment l'en blâmer ? Ma propre folie me faisait peur.
Je pensais que la douleur physique devait être la chose la plus insupportable qui soit, je me trompais. Le rejet. Voilà la véritable souffrance. Ayant connu l'amour inconditionnel de ma famille, je ne m'avais jamais senti être rejeté et ça faisait mal.
Pendant deux jours, elle n'était plus qu'un fantôme dans mon esprit, un rêve éphémère qui m'avait échappé alors que je tenais encore sa promesse dans ma main et seul son odeur qui flottait dans la maison me rappelait sa réalité. La fine effluve de son parfum me rendait nostalgique et presque fiévreux. J'avais besoin d'être avec elle, besoin de la sentir, besoin de lui dire que chaque seconde de chaque minute de chaque heure, je ne pensais qu'à elle.
Au fil des jours, Alice devenait cinglée mais m'avait bien refroidi dans mes ardeurs. Si je lui disais, Bella repartirait en Alaska. Cette pensée m'était inconcevable.
Alors, je me suis tu.
Et j'ai souffert.
Chaque fois que je l'embrassais, chaque fois que je la touchais, chaque fois que je jouissais en elle, j'avais envie de lui hurler mes sentiments.
Mais je me taisais.
Et je souffrais. Encore.
Je voulais crier au monde entier qu'elle était mienne, voulais faire comme tous ces couples autour de moi dont je maudissais à présent l'étalage de sentiments qui m'était interdit. Je voulais l'aimer au grand jour mais elle voulait rester dans l'ombre, je voulais qu'elle reste avec moi mais elle voulait repartir, loin de moi.
J'étouffais le cri de mon cœur et il n'en était que plus brisé.
Esmée voyait bien que quelque chose n'allait pas et j'avais voulu m'ouvrir à son cœur de mère mais j'avais promis à Bella et la réaction d'Esmée, ses espoirs, m'auraient trahi.
Sur le moment, je n'avais rien dit mais j'étais bien décidé à le faire.
C'était sans compter Alice.
Et nous eûmes des discutions assez virulentes surtout la première. Notre première véritable dispute depuis… Jamais en fait.
Le lycée était déjà mon lieu de perpetuelle damnation avec toutes les pensées de la moitié des mâles ici présent, bavants sur Bella et rêvant en secret de me la ravir à tout instant. Alors quand Alice m'avait attrapé dans un coin, furieuse et que j'avais passé la moitié de la matinée à grogner, j'étais déjà en condition.
« Pourquoi ne m'écoutes-tu pas Edward ?!? » Elle semblait tout d'un coup lasse mais n'avait rien perdue de sa colère.
A cet instant, je savais que l'un était aussi fanatique que l'autre dans ses convictions.
« J'en ai ma claque Alice. De toi. Fout-moi la paix. »
J'avais haussé la voix, chose que je n'avais jamais faite et si sur le coup ça l'avait surprise, elle était repartie au quart de tour.
« Ne me parles pas comme ça Edward. Tu veux aller lui dire ? Parfait. Cours. Va lui dire. Fais-la fuir. Qu'est ce que tu attends ? »
Et tandis qu'elle m'exhortait ironiquement et sèchement à faire ce que j'avais envie de faire depuis si longtemps, Alice me renvoyait ses visions où tous les chemins menaient irrémédiablement Bella en Alaska. Et j'avais détesté Alice pour ça.
Stoïque et ne sachant plus quoi faire, j'avais baissé la tête et enfouit ma main dans mon visage.
« Je ne veux pas la perdre. » J'avais à peine murmuré.
J'avais senti les bras d'Alice m'étreindre alors. « Laisse-lui du temps Edward. »
Parler de tout ça avec Alice me renvoyait à mes propres échecs pour ravir l'amour de Bella. Alice était sans arrêt en train de me refréner, un rempart physique à mes désirs aussi, lorsque Jasper sut la vérité, il était devenu mon seul confident. Lui, il ne me refrénait pas, il m'écoutait.
Emmett et Rosalie, qui ne se doutait de rien, mettait mon comportement maussade sur le compte de mon spleen habituel et Carlisle, que j'avais connu plus perspicace, pensait que moi et Bella nous nous détestions poliment. Je lui enviais de telles pensées. Il aurait était plus simple de la haïr… Haïr à voix haute était plus facile que d'aimer en silence.
Parfois, le silence devenait trop lourd à supporter et je n'avais qu'une envie : Faire taire une bonne fois pour toute, courir vers Elle et libérer ce poids de ma gorge mais chaque fois, Alice revenait à la charge et me stoppait dans ma course.
Malgré le fait qu'Alice représentait ce mur entre ma libération et ma douleur, il était évident qu'elle ne voulait pas perdre Bella. Quelque part dans ma frustration, j'en étais conscient. Ses mises en garde et menaces me faisant miroiter un avenir dénué de Bella avaient eu raison de mes élans égoïstes. Je préférai avoir six mois avec Bella que rien du tout.
Alors, je continuai de souffrir.
Au fil du temps, j'avais eu envie de la connaître plus encore mais Bella ne m'ouvrait jamais son cœur, elle ne disait jamais rien de son parcours, ne parlait pas de sa vie. Tout ce que je savais d'elle, c'était ce qu'elle voulait bien me dire.
Il n'était pas nécessaire de savoir lire dans les pensées et de s'y connaître en psychologie pour réaliser que Bella avait un problème. J'avais maudit la chance, la destinée, la fatalité, la fortune, le hasard, la malchance, la providence, le sort, Dieu, Bouddha et compagnie – j'avais été très virulent – pour ne pas pouvoir lire en l'esprit de la seule personne au monde que j'avais besoin de lire. Qu'en avais-je à foutre des pensées de tous ces gens autour de moi ? Quelle ironie ! Les pensées du seul être que j'avais besoin d'aider m'étaient condamnées. Inutile de dire que ça ne contribuait pas à améliorer mon état mental.
Pourtant, un espoir aussi furtif qu'un battement de cœur m'avait pénétré et ce, dans l'endroit le plus improbable qui soit, lieu qui représentait le point culminant de ce que nous étions prêt à faire afin de nous mêler aux humains comme si nous étions des leurs. Le lycée. Ce jour-là où elle m'avait permis de montrer à tous, le temps d'un baiser, qu'elle était mienne. Je m'étais senti si heureux, si fière mais aussi si dangereusement prêt à espérer qu'elle puisse avoir des sentiments pour moi. Je crois que je me serais même contenté qu'elle m'aime un peu. Même si moi, je l'aimais déjà au-delà de la raison. Et je n'avais jamais été aussi proche d'espérer parce qu'après, dans la forêt quand nous avions fait l'amour, j'avais douloureusement entraperçu son amour au travers de ses mains, de ses lèvres, de ses soupirs, de ses yeux dans lesquels il me semblait que son âme silencieuse me criait son amour. Il n'y avait pas assez de mots pour traduire ce que me montrait son corps.
Et pour la première fois, j'étais heureux.
Car j'étais habité par la foi.
Toutefois, bien que cela eut été une étape importante, je me rendais bien compte que j'étais heureux certes, mais pas… complet. Il fallait qu'elle sache. Il fallait des mots. Je voulais lui dire ses mots, je les brûlais. Mais je marchais sur des œufs. La seule erreur pouvait être fatale.
Durant notre retenue, cet après-midi là, j'avais capté les pensées de Jasper. Quelque chose n'allait pas avec Bella. Il s'était tourné vers moi, l'air préoccupé. Il ne savait pas ce qu'il se passait mais il n'aimait pas ça. Je le remercia intérieurement d'avoir utiliser son don pour l'apaiser et lui fis signe de mon désir d'avoir une petite discussion tous les deux, plus tard.
Il était fou de constater qu'en l'espace de quelques semaines, Bella était devenue mon soleil. Je gravitais autour d'elle, m'imprégnait de sa chaleur, de son aura. J'en étais arrivé à un point où je l'aurai suivi jusqu'en Alaska s'il l'avait fallu. Alice avait parfaitement raison quand elle disait que j'étais dingue. J'étais tellement dépendant de Bella que je me demandais parfois si je n'étais pas devenu un vrai psychopathe. Nul doute que si elle avait été humaine, je me serai faufilé dans sa chambre chaque nuit rien que pour la regarder dormir tellement j'étais obsédé par elle. Il était certain que dit comme ça, ça faisait un peu pervers mais je pense que j'étais arrivé à un point où toute rationalité avait fui mon cerveau.
Aussi rien que l'idée que quelque chose n'allait pas avec Bella, me rendait fou. Je devais apaiser mes craintes. Quand nous sommes rentrés à la maison, je m'éclipsais avec Jasper et Alice. Cette dernière n'était pas prévue au programme mais elle voulait être sure que je n'allais pas tenter de rallier Jasper à ma cause 'Dire à Bella que je l'aime comme un dingue est une bonne idée' et pour surveiller sa moitié afin qu'il ne me dise pas quelque chose qui ne ferait que m'encourager en ce sens.
Lorsque nous fûmes à bonne distance de la villa, je m'arrêtai et me tourna vers mon frère.
« Jasper ? » L'encourageais-je.
Ce dernier fronça légèrement les sourcils. « C'est… Etrange. J'ai senti de la peur, de la douleur… une profonde douleur… et puis tout d'un coup, pouf, plus rien. Comme si elle n'était plus là et pourtant elle était là mais si mes yeux ne l'avaient pas vu, je n'aurai jamais pu déceler sa présence. »
« Son bouclier, tu crois ? »Demanda Alice.
« En principe, son pouvoir n'arrête pas mon don d'empathie. Je ne sais pas. Ce n'était pas normal. Par contre, ce dont je suis sur, c'est que c'est la première fois que je suis confronté à ce phénomène.»
Je croisai les bras sur ma poitrine, frustré et pas plus avancé pour autant. « Peut-être que… »
Je m'interrompis. Alice avait eu une vision à l'instant même où j'avais commencé à parler et je n'y aurais pas prêté attention si les flashs qui se réverbéraient dans ma tête n'y avaient pas inclus Bella.
Bella.
Bella tremblant, Bella hurlant, s'effondrant au sol, inerte, le regard vide.
Je ne bougeais plus jusqu'à ce qu'Alice nous dise de courir moi et Jasper. Dans ma course, j'essayais de ne pas penser aux images qui avaient surgis dans l'esprit d'Alice mais sa vision avait été tellement violente que ses flashs me revenaient sans arrêt.
Arrivés devant la maison, Jasper s'immobilisa et tomba au sol en tenant sa tête entre ses mains. Je ne savais plus quoi faire, J'étais tiraillé entre le désir de l'aider et rejoindre Bella le plus vite possible. Alice surgit de nulle part et éloigna Jasper dans les bois. Je me précipitai dans la chambre de Bella et ce que j'y vis me terrifia.
Ses yeux avaient roulé dans leur orbite et alors que je m'approchais, elle me hurlait qu'elle me tuerait. Elle répétait de ne pas m'approcher dans une voix vacillante entre le sanglot et la terreur. Elle s'arrêta tout d'un coup et son corps trembla de spasmes incontrôlés puis retomba sur la moquette dans un bruit sourd.
Je tombais à terre et pris son corps entre mes bras. Il était dur, inerte et froid… Si froid que je crus sur le coup qu'elle était morte.
Et pour la première fois de mon existence, je m'étais mis à prier.
Je savais qu'un vampire ne pouvait pas mourir autrement que par le feu mais à ce moment là, toute logique m'avait déserté. J'avais vu tellement de choses impensables dans ma vie que, l'espace d'un instant, je cru vraiment qu'il fut possible que Bella soit morte et cette pensée déclencha une souffrance si vive que j'avais déjà repéré mentalement le bidon d'essence dans le garage et mon seul soucis était de trouver de quoi allumer l'incendie qui mettrait fin à ma douleur.
Mais mes tristes visions suicidaires furent remplacées par la joie hystérique lorsque je sentis les doigts de Bella remuer dans ma main et j'eus l'impression que mon cœur s'était remis à battre dans ma poitrine.
A son réveil, elle me l'avait enfin avoué. Elle m'aimait. Sur le moment, j'avais cru effectivement que j'avais utilisé ce bidon d'essence et que j'avais atterri directement au Paradis. Mais c'était réel. Elle m'aimait. Enfin. Elle m'aimait. Elle l'avait dit.
C'était le son le plus merveilleux qui m'eut été donné d'entendre. Sa voix était encore plus magnifique que lorsqu'elle prononçait mon prénom, engloutie dans le plaisir.
Et au moment même où son 'Je t'aime' avait franchi ses lèvres – Avais-je déjà dit que j'étais fou de ses lèvres ? – à ce moment précis, j'avais su. J'avais su que jamais je ne pourrai la laisser loin de moi.
J'aimais tout de Bella. Il n'était arrivé au cours de ce siècle de penser que peut-être, quelque part, j'arriverai à trouver ce qu'était Alice pour Jasper, Rose pour Emmett ou Esmée pour Carlisle. Avant même de penser au sexe, je voulais quelqu'un qui me comprenne et plus le temps passait, plus je m'étais enfermé dans une spirale de désespoir qui ne faisait que s'amplifier à chaque instant.
Jusqu'à ce que mon regard se pose sur Elle.
Au-delà du seul fait qu'elle arrivait à me comprendre, il y avait cette chose en elle qui était plus fort que n'importe quel autre critère : Elle me faisait rire. Avais-je déjà dit que j'étais fou de son rire ?
Pas d'un rire forcé ou orchestré dans le but de faire croire à tout le monde que je n'étais pas cet être vide de sens comme c'était le cas avant de la rencontrer mais un rire franc, libérateur, vrai et pas cet espèce de façade que je m'imposais pour épargner ma famille – qui n'en restait pas moins dupe pour autant.
Aussi, sa réaction au moment d'annoncer à Carlisle que nous étions ensemble était presque jouissive. Elle était forte, courageuse, intrépide et sa timidité face à l'idée d'officialiser nos liens devant celui que je considérais comme mon père m'avait semblé tellement disproportionné que je n'avais pas eut d'autre choix que de la taquiner encore plus.
Dire que Carlisle avait été étonné était un euphémisme. Il y avait peu de choses qui le surprenait dans la vie mais au travers de ses pensées, j'avais bien vu qu'il était soulagé et heureux. Et Agréablement surpris. J'avais trouvé ma compagne.
Pourtant j'avais des millions de questions dans ma tête et à présent que Carlisle était au courant, je ne pouvais pas attendre plus longtemps pour avoir des réponses. Dès que Bella s'était éclipsée, je m'étais tourné vers mon père.
Il y a autre chose. Pensa Carlisle
J'hochai la tête et passa inconsciemment une main dans mes cheveux.
« Je ne sais pas comment t'expliquer sans rentrer dans les détails. » Commençais-je, gêné.
Il a l'air assez nerveux. De quoi diable veut-il me parler ?
« Moi et Bella. Notre relation… Je devrais peut-être commencer par le début. »
Carlisle prit un air concerné. « Edward. Tu sais qu'il n'y a rien dont tu ne puisse pas me parler n'est-ce pas ? »
« Oui. C'est juste que… Ça porte sur… Ça concerne le…. Physique. »
Mon Dieu. Est-il en train de me parler de sexe ? Concentration Carlisle. C'est naturel. Il a assez confiance en toi pour parler du sujet avec toi.
« Ouais bon. » Continuais-je, penaud. « Il se passe quelque chose entre elle et moi… A propos de… Ça justement et je ne l'explique pas…. »
De quoi est-il en train de parler ? Je ne comprends rien. Est-ce que Bella et lui ont des relations sexuelles ? Comment ai-je pu passer à coté de ça ? Depuis combien de temps sont-ils ensemble ? Pourquoi ne nous en n'ont-ils pas parlé avant ?
Les pensées déferlantes de Carlisle affluaient dans son esprit à une rapidité étonnante et ça ne m'aidait pas à expliquer mon trouble. Malgré tout, j'occultais ses questions et continuais.
« … C'est une sorte… d'attraction. » J'allais finir par perdre mes cheveux à force de passer ma main dedans. « Bon sang… On s'est sauté dessus à la minute même où on s'est… euh…senti tous les deux et c'est ça qui est bizarre. »
« Comment ça 'à la minute où on s'est senti' ? » Demanda Carlisle en croisant les bras.
Je savais qu'il avait déjà la réponse.
« Bin… En fait… je rentrais de chasse et j'ai senti l'odeur de Bella. J'étais comme magnétisé par son odeur, envoûté. Je n'avais plus de contrôle sur mon propre corps et crois-moi, c'est vachement flippant. Alors, je me l'as suis faite contre le mur et…. »
« D'accord, j'ai compris. » M'interrompis-je Carlisle en secouant la tête. Toutes ses pensées étaient tournées vers Eléazar.
… Mieux vaut qu'il n'apprenne pas cette partie de l'histoire. A quoi allait ressembler notre clan ? A un lieu de débauche et de perdition ?...
« Dès que je ne suis plus habitué à son odeur et que je la sens à nouveau c'est… Enfin tu vois quoi. Le plus troublant, c'est que ses yeux changent de couleur pendant… le…truc. Franchement, c'est carrément flippant. »
… En même temps, qu'il ne vienne pas se plaindre. Quelle idée d'envoyer une belle femelle célibataire alors qu'il sait pertinemment qu'Edward est un beau mal célibataire ! Il ne fallait pas dire que ça n'arrivera pas…
Je me raclais la gorge afin d'avoir un minimum d'attention.
Hein ? Zut, je n'ai pas compris un mot de ce qu'il me raconte…Ah oui, l'odeur de Bella le rend… Oui bref, je vois…
« C'est étrange en effet. Je n'ai pas de réponse à te fournir Edward. Je n'ai jamais entendu parler de quelque chose se rapprochant. »
… Ne lui dis pas ça Carlisle. D'habitude tu as réponse à tout et le fait de ne pas savoir ce qu'il se passe va le rendre plus inquiet encore…Surtout qu'il a tendance à s'inquiéter d'un rien. Tu vas alimenter sa psychose…
« Tu sais que je t'entend là ? » Demandais-je, ironique.
« Bref, tu m'as compris. »
Je vais faire quelques recherches.
Les explications de Carlisle - ou devrais-je dire son absence d'explication – n'avaient fait que renforcer mes craintes.
J'avais peur de tout. Peur de la perdre. Peur que tout s'arrête. Je me faisais l'effet d'être une bombe à retardement prête à exploser. Aussi, lorsque Bella m'avait annoncé son désir de partir en Alaska, je n'avais pas eu d'autre choix que d'être sur la défensive. Encore plus lorsque j'avais réalisé que Tanya serait là-bas. Je voulais que Bella saisisse toute l'ampleur de la situation alors je lui ai tout déballé. J'espérais juste qu'après mon aveu sur ma pseudo-relation avec Tanya, Bella ne me considérait pas comme un salaud. Après tout, je n'avais fait qu'utiliser Tanya.
Mais Bella n'avait pas cédée. Et ce fut une torture de plus à ajouter sur la liste 'Comment torturer Edward en 10 leçons'. La seule chose qui me soulageait c'était qu'Alice et Jasper l'accompagnaient. Il fallait se méfier d'Alice car sous ses airs de petit lutin se cachait en réalité un troll des cavernes. Je savais qu'elle ferait tout pour protéger Bella de la colère de Tanya. J'y avais veillé.
Cependant – quand je n'étais pas occupé à me ronger d'inquiétude ou quand je ne ruminais pas près du téléphone – l'absence de Bella m'était apparu comme une sensation insupportable. Emmett avait beau fait le pitre, cela n'eut d'effet que de me renfrogner davantage et je crois que plus je me renfrognais, plus Emmett me harcelait et plus l'envie de lui arracher la tête me titillait.
Moi, je voulais juste que l'amour de ma vie revienne.
Quand j'avais eut cette pensée – l'amour de ma vie – je su. Je su que c'était ce qu'elle était. Je su que c'était avec elle que j'allais passé l'éternité avec ce sentiment perpétuelle et constant d'être dans l'amour, je su que c'était moi et moi seul qui allait posséder son corps – comme elle possédait le mien -, je su que la perception de béatitude et de paix que je ressentais quand j'étais auprès d'elle n'allait jamais se tarir.
Je su que je voulais qu'elle porte mon nom.
Le mariage n'avait vraiment aucun intérêt pour nous. Ce n'était qu'une institution, un acte social sans intérêt pour nous autres, vampires. Mais au-delà de ce seul aspect, je voulais qu'elle devienne une Cullen, je voulais qu'elle se sente une Cullen, je voulais lui appartenir.
Je voulais tant de chose avec Elle…
A son retour, j'étais bien décidé à mettre en place ma stratégie. J'avais mis Esmée et Carlisle dans la confidence mais m'était bien gardé d'en toucher un mot à Emmett. Ce gros lourdaud aurait bien trouvé le moyen de faire une gaffe.
Carlisle avait parlé au téléphone avec Eléazar à propos du fait que Bella soit ma danseuse. Je trouvais que l'interprétation selon laquelle son corps dansait pour le mien était une putain de bonne définition et étais soulagé de mettre une explication rationnelle sur cette chose irrationnelle. Avant que Carlisle ne raccroche, je voulais parler avec Eléazar. Puisque celui-ci était ce qui se rapprochait le plus d'un père pour Bella, j'avais décidé de lui demander sa main. Eléazar avait rit de ma demande – Moi je m'étais vexé – littéralement hilare en m'indiquant que c'était plutôt à Kate que je devrais demander en premier.
C'est la première fois de ma vie que je m'étais senti aussi ridicule.
Heureusement Bella était rentrée – et je boudais dans ma chambre comme un petit garçon de cinq ans parce que Carlisle m'avait défendu d'aller à l'aéroport – et ce fut comme si le soleil avait envahit ma vie à nouveau après des mois de nuits boréales. J'avais laissé parler mon corps, profitant de ce courant glissant entre nous qui nous obligeait de manière presque animal à nous aimer et nous parler mais j'étais bien décidé aussi à laisser parler mon cœur et quel meilleur jour que la Saint Valentin pour ça.
Seulement voilà, je n'étais pas prêt à recevoir cette… gifle lorsqu'elle m'avait enfin parler d'elle et de son passé. Au début, j'avais été pris dans un mélange d'excitation, de fierté qu'elle s'ouvre enfin à moi et de crainte de ce que j'allais découvrir. Et ce que je découvris était encore plus mauvais que ce que j'avais imaginé.
Elle s'était mariée. Merde. Elle avait dit oui à quelqu'un d'autre.
Et au pire fils de pute qu'il m'eut été donné d'entendre dresser le portrait.
Au fil de son récit, j'avais des envies de meurtre. Je ne m'étais jamais autant senti aussi haineux et dégoûté. J'avais déjà imaginé ce qu'était la vie de Bella, j'avais eu quelque aperçu de ses dommages, je savais qu'il s'était passé quelque chose de grave, j'avais essayé de regrouper les éléments du puzzle dont les quelques morceaux avaient échappés à Bella par inadvertance mais rien… Rien ne m'avait préparé à l'horreur qu'avait été sa vie. Et encore, je ne savais pas tout – Et je ne voulais même pas l'imaginer.
Comment avait-il pu… ?
Il l'avait trahi, il l'avait corrompu, il s'était servi de son ascendant sur elle, son savoir, peut-être même son amour contre elle. Elle n'avait pas réussi à se tuer mais c'était ce qu'il avait fait. Lentement. Graduellement. A petit feu.
Il l'avait tué.
Et là, je me rendis compte soudainement que ma demande en mariage devait attendre.
Attendre qu'elle soit prête.
Et l'attente n'était rien quand j'avais la chance incroyable d'avoir Bella à mon coté.
Outre le fait que j'allais passé le reste de ma vie à vénérer Eléazar pour ce qu'il avait fait, j'avais pu constater, avec la venue de Kate, qu'à Denali, Bella n'avait pas manqué de soutien. Kate adorait Bella. Elle l'avait soutenu, protégé et l'aimait. Pour cela, le clan Denali avait droit à ma gratitude éternelle. Mais leur visite m'avait également permis d'en apprendre plus sur Bella. Souvent, des pensées éparses me renvoyaient des images de Bella lorsqu'elle était en Alaska, des visions de rires, de situations la mettant en scène, ses premiers jours chez Eléazar – terriblement durs – j'avais pu la voir avec ses iris rouges dans des flashs involontaires. J'avais demandé à Eléazar qu'il me montre sa première rencontre avec Bella mais celui-ci secoua la tête en m'assurant qu'il n'était pas nécessaire pour moi de le savoir. Il avait raison.
Tout était si merveilleux, si facile, la vie ne m'avait jamais apparu aussi douce, j'aurai du me douter que c'était trop beau pour être vrai. Aussi, lorsque Bella avait disparu, la panique qui s'était sournoisement insinué en moi n'avait fait qu'alimenter davantage mon désarroi. J'étais passé, en l'espace de quelques heures, de l'état d'euphorique à l'état de larve. La disparition de Bella ne m'aurait pas rendu si désespéré si Alice avait pu la voir dans ses visions.
Hors, elle n'était nulle part.
La libération de ma torture mentale provint du téléphone et de cet appel étrange de cette humaine qui s'inquiétait qu'une femme, enfermée dans les toilettes, réclamait le Docteur Cullen. Je n'avais pas cherché à comprendre, Alice, Carlisle et moi avions presque sauté dans la voiture – je n'avais jamais conduit aussi vite – et quand nous arrivâmes enfin à l'hôpital, je n'avais pas cherché à comprendre non plus et avait laissé le parfum le plus délicieux au monde me saisir. La femme de l'accueil pensait de Bella qu'elle était une junkie en manque et n'avait pas voulu qu'on s'approche. Mais lorsque que je l'avais vu, c'est ce à quoi elle ressemblait. Elle avait les yeux si noirs… et était prostrée comme un animal peureux contre le mur en poussant de petits gémissements étouffés. Elle semblait si fragile que j'avais cru alors que mon cœur s'était brisé en deux. Je n'avais pas voulu me préoccuper sur le moment du sang qui avait souillé ses vêtements ni même de l'odeur qui s'en émanait – Mon Dieu, c'était l'odeur d'un Quilleute – car la seule chose qui m'importait s'était de l'éloigner et de la libérer de cette douleur dont j'en connaissais que trop bien la morsure.
Une fois à l'extérieur, mon cerveau s'était remis en marche et je commençais alors à entrevoir la portée des conséquences de ce que je croyais qu'avait fait Bella. Et fort heureusement, il n'en était rien. Heureusement, les Quilleute ne réclamerait pas la tête de Bella, il n'y aurait pas de sang versé, pas de fuite, pas de drame. Du moins, je l'espérais. Mais, pas même Alice ne pouvait entrevoir l'issue de l'incident dans l'avenir.
C'était pour cette raison que je ne voulais plus la laisser seule. La demande de rencontre avec Sam aurait pu tourner à la tragédie. Il y avait tant de paramètres inconnus, tant de choses immaîtrisable. Je pense que nous nous reposions tellement sur les visions d'Alice que, lorsqu'il s'était avéré que, pour la première fois depuis qu'elle nous avait rejoint, elle était incapable de prévoir ce qui allait se produire, nous nous sommes trouvés dans l'impuissance.
Et ce n'était pas quelque chose à laquelle nous étions habitués.
Et devant ce cas de figure, je n'allais sûrement pas la laisser aller seule rencontre cet bande de chien galeux qui ne rêvait que de nous détruire. Et cette fois-ci, il était hors de question de céder.
J'avais été prêt à utiliser le moindre argument, le moindre coup bas, je ne voulais pas écouter Carlisle, confiant de l'issue positive de cette rencontre, il y avait trop de risque.
Et puis Elle le fit.
J'avais cru un instant – ayant abandonné le rêve utopique de pouvoir lire en elle - que j'étais effectivement en train de rêver. La perceptive de toucher l'esprit de Bella m'avait semblé tellement impossible, tellement insensée, la définition même du songe extravagant.
Voir à travers elle, c'était comme voir à travers un kaléidoscope de lumières, de couleurs vives, c'était une musique douce – la pluie qui tombe -, une voix, un chant lointain mais si étincelant. Je n'étais plus un frère, un ami, un fils. J'étais l'être dans les pensées de cette femme qu'elle aimait le plus au monde. J'étais l'essence de l'amour lui-même.
Certaines fois, mon besoin de la sentir était si intense que j'étais frustrée d'être en elle car il me semblait que je ne pourrais jamais pouvoir me délecter d'elle aussi puissamment que je le ressentais. Mon amour pour elle me paraissait aussi fou que la folie elle-même. Mes cris ne pouvait pas exprimer le dixième que ce que mon corps exaltait de ce qu'elle me faisait, mes yeux ne pouvait de délecter de la voir dans la jouissance tant elle irradiait de beauté et de sensualité. Je voulais me fondre dans son propre corps. Parfois je voulais me fondre jusque dans son âme.
Et c'était ce que je faisais.
Et à cet instant, je su.
Je su que jamais je ne pourrais la perdre.
Tout m'était apparu avec une clarté évidente. Je crois que je me sentais intouchable, invincible, invulnérable. Plus rien ne pouvait nous atteindre. Je me sentais investie d'une force intérieure et d'une foi en moi, en ma famille, en l'avenir qui me paraissait si inébranlable que toute peur m'avait déserté soudain comme si elle n'avait été qu'une ombre imaginaire.
Mais bien sur, la tragédie venait toujours frapper au moment où vous y êtes le moins préparé.
Avais-je seulement été préparé ?
Lorsque Bella m'avait parlé de Daniel, la pensée de le tuer de mes propres mains m'avait envahi alors mais c'était la dernière chose au monde à laquelle j'aspirai. Cela aurait signifié le revoir pour cela et ce n'était pas une perceptive que j'avais envisagée.
Aussi, lorsqu'il avait fait son apparition physique dans nos vies, je n'avais pas voulu y croire et ma volonté était tellement forte que je n'avais pas compris tout de suite qui Il était. Ce n'est que lorsque que j'avais capté les pensées d'Alice que la réalité était venue me percuter de plein fouet.
Ses pensées se bousculaient dans sa tête comme s'il avait voulu montrer le maximum de choses en un minimum de temps. Je n'étais pas stupide loin de là, je savais que si je ne fermais pas mon esprit, j'allais voir des images qui allaient me hanter à jamais. Les paroles d'Eléazar m'étaient revenues. Il n'était pas nécessaire pour moi de le savoir.
Je mentirai en disant que, l'espace d'une quart de millième de seconde, je n'avais pas été habité par la curiosité malsaine de savoir. Mais la voir à travers ses yeux à lui m'était apparu comme le pire des blasphèmes.
Piégé dans mon propre corps, je n'avais pu qu'écouter. Je me débattais intérieurement, me blâmant moi-même de me trouver dans l'impuissance, enfermé dans une immobilité rageante, ne pouvant qu'entendre les paroles de l'être dont je voulais tant la destruction.
Et puis, il y avait eu le fracas, les voix au-dehors, les cris de douleur, l'éloignement progressive des sons et le silence.
Un silence de mort.
Je savais que je prenais un risque mais je n'avais plus aucun moyen de savoir ce qu'il se passait. L'attente était trop insupportable. Alors j'avais ouvert les vannes de mon esprit et fut assailli par toutes les pensées des autres. Devant tant de désespoir, de questions, de peur j'avais commencé à effacer une à une les afflux qui envahissait ma tête quand les pensées de Carlisle qui avait envoyé Bella vers Sam.
Et pour la première fois de ma vie, je l'avais maudit.
Carlisle avait été conscient du danger mais il était sur que Daniel ne reviendrait pas vivant s'il s'aventurait sur le territoire Quilleute. Il avait envoyé Bella malgré les risques. Des risques non calculés. Il était conscient que Bella pourrait ne pas revenir mais il avait été prêt à la sacrifier si cela pouvait tous nous sauver. Carlisle l'aurait fait lui-même si cela avait été possible, tout comme chaque membre de cette famille. J'avais été à des années-lumière de sa vision logique des choses parce que tout ce que je voyais moi, c'était que j'étais sur le point de la perdre.
Malgré les constants appels à la raison, je voulais juste mourir. Je n'avais plus de logique, plus de raisons, plus d'espoir, plus de passé, de présent, d'avenir, j'étais vide de tout. A l'instant même où les autres s'étaient remis à se mouvoir, le mien restait en l'état et la seconde d'après, je n'étais même plus conscient de mon propre corps qui se lassa tomber sur le sol.
Je n'avais même plus de rage, même plus d'amour, même plus de sentiments, j'étais une coquille, j'étais une enveloppe.
J'étais le néant.
Dans ma détresse, je n'avais même pas remarqué que je n'étais plus dans la maison jusqu'à la libération. Les hurlements d'un loup, les images de Bella, vivante, courant à travers la forêt, l'image même de la vie, le chant de mon salut, de ma guérison, mon retour à la vie. Et quand je l'avais vu, enfin, tel une vision de rêve, je n'avais vraiment réalisé sa présence que lorsque que je l'avais touché et respiré à m'en liquéfier la cervelle.
Ça avait était si bon, si libérateur, si intense de l'avoir à nouveau dans ses bras qu'à cet instant – même si j'en étais conscient avant – je su.
Je su que je mourrais sans elle.
Nous nous étions réjouit peu de temps cependant. Une autre épreuve nous attendait.
Le voyage à Denali.
J'avais souffert de me mettre à la place de Carmen, Eléazar, Irina et Kate. Si la mort d'un des membres de notre famille était venue à se produire, je ne m'en serai jamais remis. Le chagrin avait envahit leur demeure autrefois si pleine de vie. La disparition de Tanya avait provoqué un vide. Irina avait accusé Bella mais je savais que c'était une façon pour elle de trouver une explication à l'inexplicable. Elle avait besoin de ça même si au fond d'elle, elle savait que ce n'était pas sa faute.
L'empathie que j'éprouvais n'avait certes pas d'égal à celle que ressentait Jasper à cet instant mais elle était d'autant plus vivace que l'étaient les pensées de chacun.
Au milieu des 'pourquoi' lancinant, Eléazar m'avait choqué lorsqu'il m'avait demandé silencieusement le 'comment' de la mort de Tanya. J'avais secoué alors la tête de la même manière qu'il l'avait fait quand j'avais voulu voir sa rencontre avec Bella. Et il su immédiatement ce que j'avais voulu répondre.
Il n'était pas nécessaire pour lui de le savoir.
En l'espace de quelque mois, j'avais eu l'impression de vivre une centaine de vie, d'être passé par tous les sentiments possibles et inimaginables et je m'étais tellement battu, avais tellement pleuré que je pouvais me vanter d'avoir mériter le bonheur auquel je goûtais en ce moment.
Aujourd'hui, avec Bella dans mes bras et cette bague fantôme qui n'était nulle part, je ne pouvais pas vraiment dire comment je me sentais. Je n'avais jamais expérimenté ce sentiment. La déception peut-être.
C'était ça.
J'étais désillusionné.
Je fermais les yeux en inspirant l'odeur de Bella qui avait cet incroyable pouvoir de m'apaiser en toute circonstance, en tout lieu, en toute chose et la simple promesse de son parfum me rappelait inexorablement qu'elle serait à mes cotés pour toujours malgré tout.
Et ça me suffisait.
Je la sentis me pousser en arrière et ouvris les yeux lorsque mes genoux virent rencontrer le lit. Je m'assis en gardant mes mains sur ses hanches et en la regardant. Elle plongea alors sa main délicate dans son décolleté et en sorti le bijou dont j'avais tant redouté l'absence.
Contre toute attente, elle s'agenouilla à mes pieds tandis que je ne la lâchais pas des yeux une seule seconde et la vis déglutir avant que ses yeux ne se voilent d'une lueur d'émotion qui me semblait trop intense pour elle.
« Ed… » Commença-t-elle, la voix tremblante. « Edward … »
Je voulais parler, faire quelque chose mais j'étais trop abasourdi pour pouvoir faire quoi que ce soit.
« … Tu es ma vie. Tu es mon sang. Je t'aime plus que de raison et je ne peux pas vivre sans toi… »
Je voulais tout garder en mémoire. Le moindre battement de cils, la moindre intonation de sa voix, le moindre reflet dans ses cheveux bruns, la moindre variation de nuance de ses yeux ambrés, le moindre mouvements de ses lèvres, de ses mains, l'espèce de chaleur qui m'envahissait en cet instant.
Je voulais tout enregistrer.
« … Je te promets de t'aimer jusqu'à la fin des temps. Je t'appartiens, corps et âme. » Elle me tendit la bague en tremblant et prit un air empreint de solennité.
« Edward Anthony Masen Cullen… » Elle sourit. « … Veux-tu m'épouser ? »
Attendez une minute…
Bordel. Elle m'a piqué ma réplique.
Je crois que je ne suis mis à ouvrir la bouche et à gober les mouches avec un air complètement idiot parce qu'elle se mit à rire. Je n'avais toujours pas décroché lorsque son sérieux était revenu.
Bouge-toi merde. Dis quelque chose.
Je pris son visage entre mes mains et m'approcha doucement de ses lèvres pales mais sans la toucher.
« Oui. » Murmurais-je doucement, incapable de dire autre chose, et fondis sur ses lèvres dans un baiser scellant cette promesse.
Et à cet instant précis, je su.
Je su que je passerai l'éternité auprès d'elle.
-
FIN
-
Note de l'auteure 1 :
Putain j'ai trop les boules (Et en plus je radote)
Bon. Si il y a une review à faire dans toute l'histoire de la review, c'est le moment ou jamais.
N/A 2 :
- La 1ère scène que j'ai imaginé et est la base de cette histoire, est la rencontre entre B et E (Chapitre 3 – Trou noir)
- Le chapitre le plus dur à écrire : Chapitre 14 – Chicago
- Rosalie (dans mon idée de départ) devait rester fidèle de caractère et détester Bella mais je trouvais que c'était vraiment mettre encore plus de bâton dans les roues à la relation E/B qui était pas facile à la base.
- J'écris toutes mes scènes avec Daniel en écoutant le générique de capitaine Flam (sauf chapitre 28 – liberté) et tous les lemons en écoutant The offspring.
N/A 3 :
1) La traduction de « Bonne foi » d'Amesthyst Jackson arrive
http : // www . fanfiction . net/s/5045405/1/Bonne_Foi
2) J'ai fait deux OS :
« Envole-moi » : http : // www . fanfiction . net/s/5437603/1/Envolemoi
« A la guerre comme à la guerre » :
3) Y'a aussi une nouvelle fic que j'ai commencé et sur laquelle je vais pouvoir concentrer mes efforts.
« Impossible » : http : // www . fanfiction . net/s/5314460/1/Impossible
N/A 4 :
Merci à ceux et celles qui viendront lire cette histoire lorsqu'elle sera tombée dans les bas-fonds des fics 'completed'.
