Disclaimer : Tout appartient à Tachibana Higuchi-sama.
Spoilers : Pas à ma connaissance. Peut-être un sous-entendu de spoiler, mais...
Note : Mon petit OS se transforme en Two-Shot. J'avais juste envie de donner une petite explication sur le pourquoi du comment du Chat Blanc. Même si c'est un peu parti en dérapage à la fin :D
Bonne lecture !
Post-Scriptum : À propos du titre du TS, Manichéïsme : une vision manichéenne, en gros, c'est l'opposition du bien et du mal. Quand on me l'a expliqué, on m'a dit texto, que c'était, en gros, dire que le monde était soit tout en noir, soit tout en blanc, et j'ai trouvé que ça collait bien avec l'OS que je voulais faire au départ. Mais ça n'a pas vraiment de rapport avec la suite...
TS - Manichéisme, suite.
Il ne referma pas les rideaux, n'alluma pas la lumière – le moindre mouvement l'aurait alertée. Il se contenta d'attendre, immobile, qu'elle soit entrée pour s'écarter de la fenêtre.
Elle n'était pas partie longtemps, cette fois.
Une énième fois, il se demanda depuis quand elle avait tant changé. Ou plutôt, si c'étaient vraiment ses paroles qui l'avaient changée. Peut-être que, s'il ne l'avait pas encouragée dans cette voie, ils n'en seraient pas là, aujourd'hui ? Peut-être. Ce n'était, après tout, pas ce qu'il voulait. Pas ça.
Cela faisait quatre ans. Qu'il avait loupé le premier signe. Un peu plus de quatre ans qu'elle avait commencé à s'entraîner.
« Tu n'es pas obligée de travailler si dur, Mikan. Tu as d'excellentes notes en sport.
- Je ne veux pas dépendre de mon Alice. »
Elle avait raison, bien sûr. Que pouvait-il faire ? L'interdire de s'entraîner à la course ? À l'époque, c'était insignifiant : il n'aurait pu croire que cela prendrait de telles proportions.
Puis, petit à petit, elle ne s'entraînait pas qu'à la course. Elle faisait beaucoup de gymnastique, de sauts d'obstacles. Puis, elle pratiquait l'escrime, la lutte, et, finalement, le tir. Ce n'était pas encore à ce moment-là qu'il avait compris. Elle faisait très attention, et ces yeux ne brillaient jamais trop quand elle lui parlait.
Quoi de plus normal, après ce qu'elle avait vécu, que de vouloir être capable de se défendre ?
Et puis, un jour, elle avait disparu. Il avait cru devenir fou. Il l'avait cherchée partout, mais elle n'était pas là. S'était-elle enfuie ? Pour aller où ? Cela faisait huit mois que son grand-père était mort.
Il ne savait pas quoi faire, personne ne savait. Il avait été obligé de retenir Hotaru, Natsume, Luca et les autres, et nombreux, amis de Mikan alors qu'il ne souhaitait rien d'autre que partir à la recherche de la jeune fille avec eux. Mais, alors qu'ils commençaient à penser qu'elle ne reviendrait plus, elle était rentrée.
Ses yeux brillaient, beaucoup, et il n'avait tout d'abord pas vu le reste. Mais il avait fini par remarquer les joues creuses, les ongles cassés, les mains ensanglantées.
Il n'avait pas compris. Il n'avait rien compris.
Et Mikan, qui était au lycée, et qui s'entraînait toujours plus dur. Malgré toutes leurs précautions, toutes leurs ruses, elle disparaissait toujours de temps à autre. Parfois, après le départ de Natsume. Et lorsqu'ils revenaient tous les deux, jamais en même temps, ils ne répondaient pas aux innombrables questions qu'ils avaient.
Désormais, les seuls plus rapides, les seuls plus agiles, les seuls plus forts que Mikan, à l'Académie, c'étaient des Alices, et, face à elle, les Alices n'étaient rien.
Et il comprenait maintenant. Il n'avait pas eu besoin de trouver le masque blanc dans sa chambre pour comprendre ce qui lui arrivait.
De toute façon, à part pour le protéger, pour protéger tous ses amis, quelle raison pourrait pousser Mikan à faire tout cela, tous ces efforts ?
Elle avait vraiment changé. Ce n'était plus l'adorable et naïve petite fille qu'il avait rencontrée, et même adoptée. C'était une adolescente forte, toujours, et même encore plus belle, bien sûr, mais d'une beauté tranchante, et un peu sauvage.
Et parfois, quand elle était triste et qu'elle laissait de nouveau ses larmes couler sans retenue, comme avant, il avait l'impression de la retrouver telle qu'elle était avant.
Et parfois, quand elle souriait, en entrant en classe, de cet air toujours aussi innocent, ses doigts entremêlés à ceux de Natsume, il comprenait qu'au fond, elle n'avait pas vraiment changé.
Et il se sentait juste stupide. Et immensément triste – comme face à une étoile prête à s'éteindre.
Et il s'écartait de la porte, laissant passer une Hotaru qui avait écrasé sans pitié les deux amoureux, le regardant comme pour le défendre de faire le moindre commentaire, elle-même suivie de près par un Kokoroyomi réjoui qui n'avait même pas sourcillé en entendant le grincement menaçant de Natsume quand il les avait à son tour piétinés, puis une Mikan souriante, quoiqu'un peu échevelée, qui se fit traiter de mocheté par un Natsume grognon, et Luca, qui fixait le bentô d'Anna sans oser lui demander si elle était sûre de ne pas avoir utilisé d'aliments périmés, et Sumire, qui se jeta sur Mikan en clamant que personne n'avait le droit de traiter Natsume d'idiot égoïste et méchant, et Inchô qui regardait avec perplexité un Yoichi soudainement devenu presque adulte en se demandant ce qu'il fabriquait dans leur classe, et Nonoko qui pointa Mr. Bear d'un air entendu.
Et l'ours en peluche qui décida soudain que Narumi-sensei était un obstacle devant la sortie de secours – une fenêtre ouverte, et qui lui envoya un coup dans la machoîre.
Et Narumi-sensei, qui, sous les ricanements de Natsume, les cris haut perchés de Mikan, Anna, Nonoko et Inchô, vit trente-six étoiles.
En voulait-il, en voilà : les étoiles n'étaient pas prêtes de s'éteindre.
