Kurogane avait cherché partout, longeant un couloir, il avait entendu de la musique. Un piano. Il s'agissait d'un air triste et mélancolique. Il en aurait pleuré s'il avait été sentimental. Où du moins, s'il n'avait pas était lui…

Quand il entra dans la pièce d'où venait cette musique, poussant la porte grinçante, la musique continua. Le vieux piano à queue était tout à fait dans le ton de la pièce. Sombre, vieux mais envoûtant. Une jeune fille y était assise, lisant la partition vieillit, elle aussi par les années, les pages jaunes et cornées montraient combien elles avaient été lu et relu.

Il reconnu la jeune femme qui l'avait aidé quand il était allé secourir cet idiot de Fye. Elle le regarda d'un air triste avant de se retourner et continuer à jouer. Apparemment elle ne suivait pas la partition, jouant à l'instinct d'après ce que Kurogane pouvait en dire. Mais il n'était pas très fort en musique. Instinct ? En fait ça lui semblait impossible en regardant ses doigts glisser avec une telle aisance sur les touches, comme une poupée qui a trop longtemps été utilisé pour une même tache, elle jouait comme un pantin qui ne sait que faire d'autre.

Jouant avec grâce, il devinait maintenant les heures qu'elle avait dû passer assise ici, sans doute en seule compagnie de ce magnifique piano.

- Ce que tu cherches n'est pas là…

Elle avait parlé d'une voix douce, complètement différente de la dernière fois.

- Comment peux-tu savoir ce que je cherche ?

- Tu ne sais pas toi non plus ce que tu cherche…

- …

- Tu ne devrais pas te lancer à la recherche d'une chose qui te tient à cœur… Tu pourrais perdre autre chose plus précieux encore...

- De quoi tu parles ?

- Tu es venu ici pour chercher quelque chose non ? expliqua-t-elle sur un ton ennuyé.

- Oui, ou je peux le trouver ?

- Ce que je veux dire c'est… Es-tu sur de le vouloir ?

Pour la première fois depuis le début de leur conversation, elle cessa de jouer et se tourna vers lui, le regardant de ses yeux devenus jaune. Kurogane commençait sérieusement à s'énerver. A croire que toutes les connaissances du blond étaient des tordus qui lui tapaient sur le système. Il se demanda un instant s'il ne préférait pas simplement ce crétin à ces gens qui se la jouait « mystérieux » mais qui au final était seulement sérieusement perturbé.

- Je suis là pour ça, alors dit moi ou est cet antidote.

Elle regarda un moment, lassée par cette discussion. Evidemment, il ne comprenait pas… C'était un simple humain. Comment son Fye pouvait-il aimer un homme pareil ?

- Si tu choisis cette voie, tu pourrais perdre bien plus...Quelque chose qui t'es vraiment cher dans ton cœur mais qui n'atteint pas ton esprit.

- Pardon ?

Toujours à parler par énigme elle devenait lourde la copine de Fye…

Elle soupira. Décidément il était encore plus ennuyeux qu'elle le pensait. Il ne comprenait pas… Ce que son cœur disait était différent de ce que lui soufflait son esprit. Il aimait Fye de tout son cœur mais son esprit le refusait. Qu'y avait-il d'aussi compliqué à comprendre là-dedans ? Elle le fixa de ses étranges yeux de vampire, décidant que s'il ne pouvait pas comprendre, il ne pourrait pas protéger Fye.

Elle se retourna et reprit son air, posant délicatement ses doigts sur les touches, faisant sortir de nouvelles notes. Comme si Kurogane n'avait jamais été là.

- Hoy !

Elle le prenait pour un con ? Ils étaient en plein milieu de la conversation. Elle l'énervait mais il se retint d'aller la secouer comme un prunier, il sentait que ce n'était pas la bonne idée. Il grogna et fit demi tour. Il ne tirerait rien d'autre de cette folle.

Il suivit des couloirs et se retrouva dans le hall, la porte d'entrée fracassé était maintenant réparée. Etait-ce vraiment là par ou il était entré ? Et où était cet idiot de vampire ? Au moment où il se posait la question, il entendit un bruit de pas derrière lui. Il se retourna prêt à se battre quand il reconnu Fye.

- Ou est-ce que t'étais ? demanda le brun en s'approchant. J'ai rencontré ta copine là, complètement incompréhensible. Pendant un moment j'ai cru que t'avais des ennuis…

Le blond ne dit rien, sourit comme à son habitude et sauta dans les bras du brun, qui fut surprit.

- Qu'est-ce que tu fout abrutit ? Tu crois que c'est le moment ?

- Kuro-Toutou s'inquiète pour moi ! Je suis conteeeeeeent !

- Bon tu me lâches ?

Fye au lieu de continuer se décolla du corps du brun, sortant la fiole de sa poche. Ce n'était pas le moment de perdre du temps. Même s'il aurait voulu avoir plus de temps pour dire au revoir à Kurogane. Celui-ci sentant que quelque chose n'allait pas, prit le menton du blond dans une main, le forçant à le regarder. Son oeil semblait si triste, encore plus triste que d'habitude. Celui-ci ne bougea pas, regardant les yeux foncés qui le fixaient.

Fye glissa l'antidote dans la main libre du guerrier, ne coupant toujours pas le contact visuel entre eux.

- C'est l'antidote… Tu peux aller voir ton ami.

- Tu parles comme si tu allais rester ici…

Décidément… Il ne pouvait rien cacher à son Kuro-Kuro.

- Je voudrais que tu ailles lui remettre ça… Mais effectivement j'ai des choses à régler…

Il avait parlé avec le sourire qu'il lui connaissait mais la lueur de tristesse que dégageait son oeil était toujours présente.

- Non ! Tu viens avec moi, il ne voulait pas laisser le blond, il en était hors de question. Tu viens avec moi.

- Je dois rester.

- Ca suffit avec tes bêtises, tu viens et c'est tout, il commençait sérieusement à l'énerver, la main tenant son visage descendit pour attraper le poignet de Fye.

- Si tu ne me laisses pas, je ne te pardonnerai jamais… laisse moi faire ce que je dois faire.

- Je ne veux pas te laisser alors je t'emmène avec moi.

Le blond ne pouvait plus se retenir, tiré par la main de Kurogane, ils sortirent de la demeure. Fye s'arrêta brusquement obligeant le brun à en fait autant. Avant qu'il n'ait eut le temps de lui demander ce qu'il avait, le vampire s'avança jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent et les effleura avant de presser plus fort sa bouche contre celle du guerrier. Il aurait voulu plus, mais c'est tout ce qu'il pouvait donner. Ses lèvres sur celles chaudes de Kurogane, et lui, tellement surprit qu'il ne bougea pas, sentant que quelque chose n'allait pas. Pas le baiser, le baiser du blond était parfait, mais son attitude clochait, ce n'était pas le Fye qu'il connaissait.

Pourtant ses lèvres semblaient avides, demandant plus, il répondit au baiser du blond qui ne protesta pas, au contraire, il fut heureusement surprit.

Sentant la langue du blond demandant la permission d'entrer, il ouvrit la bouche, goûtant avec plaisir ce qu'il avait toujours eut envie de sentir. Dans ce baiser on pouvait y lire tout le désir, toute la tendresse mais aussi toute la détresse du vampire. Donnant tout ce qu'il avait, s'ouvrant pour la première fois au brun.

Au bout d'un long moment, Kurogane reprit un peu ses esprits quand il sentit les canines au contact de sa langue et se sépara. Fye, essoufflé, le regardait. Il sourit.

- Hyuuuu !!Je savais bien que Kuro-Kuro m'aimait !!!

- Espèce de….

Il ne finit pas sa phrase. Que devait-il faire ? Il ne comprenait pas.

- Tu devrais te dépêcher pour l'antidote… Hitsugi ne tiendra pas jusque là…

- Merde...

Il avait complètement oublié l'espace d'un instant, trop préoccupé par le vampire. Il se mit une claque mentale pour remettre son cerveau en état de marche. Il devait sauver sont ami en premier lieu, il s'occuperait du blond après.

Il se précipita sur le chemin se retournant pour voir Fye qui ne bougeait pas. Il grogna devant la résolution du vampire. Merde il fallait qu'il aille sauver son ami…

- Merde ….. Ton « quelque chose » fait le et rentre vite sinon tu vas avoir à faire à moi !!

Et là… Kurogane disparu, tournant dans une ruelle sombre.

Fye se retourna et poussa la porte, Ashura le regardait avec un petit sourire.

- Viens.

Fye s'avança et attrapa la main que le brun lui tendait…

oooooooooooooo

Hitsugi se réveillait lentement après avoir été prit de tremblements. Kurogane lui avait administré l'antidote, Yuuki restait discrète derrière lui. Au bout de quelques instants il fut en mesure de parler. Avec un peu de mal il se releva doucement sur les coussins, s'appuyant sur ses bras. De sa position maintenant assise il regardait ses visiteurs.

Il voulu parler mais le brun l'arrêta. Il valait mieux qu'il se repose maintenant, comme le lui avait dit Yuuki. Ca l'énervait d'attendre. Il ne savait pas s'il avait des choses importantes à dire. Mais d'après la jeune fille, il aurait l'esprit encore embrouillé un petit moment. Il valait mieux alors le laisser seul rependre pleinement le contrôle de son corps.

Kurogane sortit sans un mot, laissant la maîtresse de maison au chevet d'Hitsugi. Il avait autre chose à penser. Où était le blond ? Il avait eut l'air vraiment peiné. Il repensa à ce fameux « maître » et ne pus s'empêcher d'avoir une envie de meurtre. S'il l'avait trouvé, il l'aurait bien tué. Un coin d'ombre s'éclaira dans son esprit. Et si Fye avait rencontré Ashura et qu'il avait fait quelque chose au blond ? Cela expliquerait son comportement pour le moins étrange. En un fragment de seconde il se remémora leur baiser et son cœur fit un bond désespéré dans sa poitrine.

Il aurait juré que s'il avait été une jeune fille il aurait rougit et glousser. Il s'adossa contre le mur se demandant ce qui lui arrivait. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il n'aurait jamais dû laisser le blond faire ce qu'il voulait, quitte à le traîner par la peau des fesses tout le trajet en entendant ses protestations consternantes. Oui, maintenant qu'il y repensait, il avait peut-être fait une grosse connerie. C'est là qu'il se souvint des paroles de l'amie du blond.

Perdre quelque chose d'encore plus cher ou un truc comme ça s'il se souvenait bien de ses paroles. Son cœur manqua un battement. Comment ça perdre ? Fye allait revenir non ? Un grand doute l'assaillit. Il n'allait pas…

Il revoyait encore Fye et ses grands yeux bleus si triste. Et sa bouche avide de contact. Si seulement Hitsugi n'avait pas été empoisonné, il n'aurait jamais fait une telle bêtise que de laisser le blond. Il le savait très bien que cet idiot ne pouvait vraiment pas réfléchir plus de 2 minutes. Toujours à faire des bêtises et à inquiéter les autres.

S'inquiéter… Ce mot résonnait dans sa tête. Oui, il s'inquiétait pour lui. Il soupira. Il aurait tellement voulu pouvoir dire qu'il s'en fichait et que sa vie serait de nouveau paisible –aussi paisible que possible du moins- et qu'il ne lui manquerait pas. Mais ce n'était pas vrai du tout. Et maintenant qu'il se rendait compte que leur chemin ne se croiserait peut-être plus, il se disait, qu'après tout, il aimait les remarques et blagues débiles du blond, ses grands sourires énervants et le fait de ne pas arrêter de le coller.

Et si jamais…

Ses réflexions furent stoppées quand il vit Yuuki apparaître, elle lui proposa une tasse de thé. Il la regarda un instant se demandant si elle se moquait de lui mais devant son air sérieux, il ne refusa pas et l'accompagna. Dans le silence le plus complet ils partagèrent cette fameuse boisson sans odeur mais au goût particulier et envoûtant. Comme si à chaque fois la saveur paraissait différente. Différente selon l'humeur, les pensées ou peut-être autre chose de l'individu qui le buvait.

Il avalait de longues gorgées brûlantes, plongé dans ses pensées. Si le blond ne revenait pas vite, il irait le cherchait. De grès ou de force.

- Vous devriez aller vous reposer après. Il est très tard vous savez… Et après tout ces… évènements, vous devriez être fatigué. J'ai pris la liberté de faire préparer une chambre pour vous.

C'est à cet instant, quand il comprit ce qu'elle dit, qu'il se rendit compte dans quel état de fatigue il était. Il se laissa rapidement conduire dans les couloirs. Demain, il avait la désagréable sensation qu'il devrait être en forme. Car les choses prenaient une tournure de plus en plus tordu. Et l'histoire avec Fye l'inquiétait toujours.

Il ne fit pas tellement attention à la pièce dans laquelle il fut conduite, s'endormant comme une masse, dans sa tête tout pleins de problèmes tournaient et retournaient semblable à un épais brouillard.

Quand il se réveilla le matin, son esprit était plus clair. Une seule pensée : Fye. Il se leva précipitamment, parcourant les couloirs, se perdant de temps en temps dans cette grande demeure. Jurant bruyamment alors qu'au détour d'un couloir il aperçu le salon où Hitsugi et Yuuki se trouvaient. Passant la porte coulissante ouverte, il se dirigea vers eux et voulu demander s'ils avaient des nouvelles du vampire mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que se soit Yuuki le regarda et secoua la tête négativement. Il ouvrit la bouche mais elle l'interrompit.

- Il a certaines choses qu'il veut vous dire, avant que vous ne partiez à la recherche de Fye-san.

Comment savait-elle ça ? Il n'en avait pas la moindre idée. Mais depuis qu'il avait rencontré le blond, il n'avait cessé de croiser la route de ce genre de personne. Ceux qui savent déjà tout à l'avance mais qui ne vous aide pas avant que les pires choses n'arrivent. Il repensait encore à la pianiste... Il n'avait pas alors compris les paroles prononcées, mais maintenant il regrettait plus que tout de ne pas l'avoir secoué et forcé à lui parler.

Kurogane s'assit en face d'Hitsugi qui le regarda en souriant.

- Je devrais te dire merci… C'est grâce à toi que je suis encore en vie.

- Ce n'est pas à moi qu'il faut dire merci, c'est à cet idiot…

Il s'arrêta net. Il n'arrivait pas à parler de lui d'une façon différente. Il aurait parié que Fye lui aurait sortit un truc du genre « hyuu Kuro-Chan est méchant, Kuro-Kuro m'a fait beaucoup de peine ». Hitsugi garda le silence un moment. Yuuki lui avait brièvement expliqué la situation la veille.

- Si tu veux aller le chercher, je viens avec toi. On parlera en chemin. Ce ne sont pas des choses très importantes, juste quelques trucs qui pourraient nous aider.

Kurogane acquiesça, se leva suivit par son ami alors que la jeune fille ne disait mot, les regardant s'en aller.

- Quand je t'ai parlé de moi comme étant aux ordres des Anciens … Ce n'est pas totalement vrai. Je t'ai parlé de vengeance quand à ce qui est arrivé à nos maisons et nos familles… Et notre vie. J'ai rêvé de vengeance toute ma vie.

- …

- Je voulais me rendre à leur service pour avoir une chance de les rencontrer… J'avais fait des tas de recherches me menant à eux… C'était dur de trouver des traces de ces soi-disant Anciens… Mais j'ai réussi à me faire « engager » au près des larbins. Mais je n'ai pas réussi à les approcher. Alors que je voulais tellement me venger…

- Pourquoi t'en prendre aux Anciens ? Parce qu'ils pourraient être à l'origine des Ombres ?

- Je pense que c'est plus profond que ça… Un Ombre devient une sorte de partie du vampire qui l'a créé. Y'a quelque chose à propos de l'énergie vitale de l'homme qui, suite au rituel, appartiendrai au vampire. En gros l'énergie de « l'ancien humain » devient la propriété du vampire… Enfin... Je ne sais pas trop si on peut dire ça. Je ne sais pas exactement comment ça marche leur truc. Ca fait des années que je fouine dans le coin à la recherche de tout ce bordel. Les Vampires peuvent contrôler les Ombres, ce qui voudrait dire que s'ils avaient voulu empêcher ces « demi-vampire », ils n'auraient pas fait tout ses morts et tout ses dégâts. Est-ce que toi, tu peux les pardonner ?

Kurogane réfléchissait. Si effectivement les vampires contrôlaient ces monstres pourquoi ne les arrêtaient-il pas ? Il repensait aux attaques répétées des Ombres aux abords de la frontière de la cité. Il ne comprenait pas bien.

- Et si les vampires ayant créé les Ombres étaient mort ? Les autres vampires peuvent les contrôler ?

- Je ne pense pas… Vu que l'énergie vitale appartient aux vampires qui ont créé un monstre. Mais ça n'explique pas qu'il y en ait autant… La seule explication que je vois…

- Est que les vampires voulait avoir une sorte d'armée obéissant à tout leur moindre désir, sans rien demander a leur tour… Termina Kurogane.

- Tout à fait, confirma Hitsugi, monter une armée… Et les Anciens ont peur que les gens apprennent que c'est leur faute.

- Mais ils ne savent pas que des vampires se trouvent dans la cité… Même moi pendant des années je n'ai été au courant de rien.

- Ils ont sans doute peur qu'ils se rebellent… Les Anciens donnent beaucoup d'ordre, ils essayent de contrôler pas mal de chose dans la Cité. Depuis des années je me suis rapproché d'eux pour avoir des réponses et trouver le coupable. Mais quand je t'ai vu et qu'on m'a demandé de te faire peur… J'ai un peu enquêté sur ce livre. Je voulais absolument savoir ce que c'était. Malheureusement je n'ai pas pu tout lire…

Il fit une pause, avalant sa salive. Même après une bonne nuit de sommeil, il avait encore du mal à parler aussi longtemps.

- Ca n'explique pas tout. Ils ont fait assassiner le gouverneur. Pourquoi ? Parce qu'il avait appris pour ça ? Ce n'est pas vraiment cohérent…

- Ashura, le représentant des Anciens…

- Représentant ? Tu te fous de moi ?

- Non, répondit-il en rigolant devant l'expression d'incrédulité de Kurogane. Puis il reprit son air sérieux. Il savait que ce qu'il allait dire au brun le rendrait furieux, ou… déconfit.

Il hésita cependant à continuer alors que Kurogane le regardait de façon insistante. Attendant qu'il finisse de parler.

- Ashura est en relation avec Les Anciens.

- …

Kurogane repensait à tout ce qu'il s'était passé depuis sa rencontre avec Fye. Le meurtre, l'attaque des hommes qui disaient avoir été envoyé par un homme en noir et le reste… Tout était donc bien lié… et Fye dans tout ça ? Malgré lui, son pas s'accéléra, ça sentait vraiment pas bon tout ça…

- Ils travaillent ensemble mais lui… Il est en relation directe avec eux… Le seul à savoir où ils se cachent.

- IMPOSSIBLE, il n'est pas ce genre de personne, coupa Kurogane. Il se refusait à croire ce genre de bêtise. Comment aurait-il pu ? Comment ? Il ne comprenait pas… Il aurait été tellement facile de suivre ce vampire et découvrir les Anciens pour que tout soit réglé ?

- Je ne pense pas qu'il savait tout ça… A propos des vampires créant des Ombres et le reste. D'après me recherches les Anciens sont immortel, enfin… c'est ce qui se dit puisqu'ils étaient déjà là avant que ton père ne soit gouverneur… Et encore avant. Donc je ne sais pas s'ils sont vraiment immortels ou si c'est la vie normale d'un vampire… Mais il semblerait qu'ils vivent très longtemps...

Le silence de Kurogane était révélateur. Il réfléchissait et essayait de se faire à l'idée. Il voulu reprendre la discussion quand il se rendit compte qu'ils étaient arrivé. Mais… Ce n'était pas possible. Il regarda d'un air dubitatif l'espace devant lui. Il n'y avait rien d'autres que des ruines. Là ou se trouvait la fameuse demeure D'Ashura… Il n'y avait plus rien.

Kurogane s'élança au milieu des pierres enchevêtrées les une sur les autres, seuls débris restant. Comment cela était-il possible ? Ses pieds foulaient la terre qui n'aurait jamais était là. Non, pourtant il était sur que c'était bien ici. Un instant il faillit céder à la panique, son cœur battant il regarda autour de lui, de rage donna un coup de poing dans une moitié de mur qui restait encore debout.

Hitsugi le regardant, comprenant sa peine de ne pas savoir ce qui était arrivé à un être cher. Puis voyant l'air inhabituellement anéanti du brun il se décida à parler. Lui demandant de rentrer avec lui voir Yuuki pour en parler. Fye… Où pouvait-il être ? Tout lui échappait. Hitsugi le tirait, essayait de l'emmener mais il ne pouvait pas bouger. Cherchant au milieu des ruines des traces du blond, le moindre indice qui aurait pu l'amener à lui, la moindre chose qui prouvait qu'il était encore vivant…

Il resta là, pendant des heures, Hitsugi à ses côtés, essayait de le raisonner mais en vain. Assis à côté, il attendait en silence, se demandant s'il ne devait pas l'assommer pour le ramener ou alors rentrer seul à la recherche de réponse.

Au bout d'un moment Kurogane abandonna. Oui, les réponses, sans doute que yuuki les avaient. Il ne pouvait pas perdre Fye. Pas maintenant. Pas comme ça. Cet imbécile le savait. Il savait tout, c'est pour ça qu'il l'avait embrassé. C'est pour ça. Quel lâche. Quand il le retrouverait il se jura de lui botter les fesses. Où du moins de lui mettre une bonne claque –enfin… un bon coup de poing, c'était plus viril-.

Il partit en courant vers la propriété de Yuuki alors que Hitsugi qui, jusqu'à présent somnolait, se leva et couru derrière lui sans rien dire. Ouf, il n'aurait pas à le traîner dans les rues, Kurogane n'aurait sûrement pas très apprécié et il aurait juré qu'il aurait fini avec un joli œil au beurre noir.

Elle les attendait à la porte. Depuis combien de temps était-elle là ? Il aurait parié qu'elle venait à peine de sortir, sachant qu'ils arrivaient. Comment ? Pour l'instant il s'en foutait. Il voulait des réponses. Calmement elle les mena à l'intérieur écoutant les explications du brun.

Il se demanda l'espace d'un instant si elle ne savait pas déjà tout de leur découverte.

- Dans des anciens livres, ont nous apprend que certains êtres « mythique » sont capable de magie. Il s'agissait surement d'une forme de magie dont les vampires sont sans doute capables. Mais une forme assez éloignée de ce qu'elle est en générale. Mais elle était souvent utilisée autrefois quand il y avait la chasse aux vampires dans certaines régions… Dans certaines cités… Chez nous, les vampires n'ont jamais eut à avoir recours à cela. Ils se fondaient dans la masse et personne n'a jamais su -ou presque- qu'ils côtoyaient des humains. C'est une magie qui transforme une chose en une autre.

Voyant le visage intrigué de ces deux invités elle expliqua.

- Les ruines que vous avez vues sont vraies. A la base il n'y a jamais eut de demeure de vampire là-bas. La maison était l'illusion… Une porte par exemple donne accès à un autre endroit… Et crée par la même occasion une illusion. Le château était donc une illusion créée à partir de ces ruines… Et la porte était un portail… Quand l'hôte pensait rentrer dans la maison il traversait alors un portail qu'est l'illusion et se retrouvait projeté dans un univers différent. Je ne sais pas très bien si je suis très claire… Chaque portail mène vers un endroit différent. Il se peut que ce portail soit dans des endroits ou il n'y a pas d'illusions. C'est-à-dire un portail qui vous emmène dans un lieu qui existe déjà. Mais c'est rare… Le deuxième portail est celui de la demeure D'Ashura… C'était une illusion à part entière, il faut beaucoup de magie pour cela… Le lieu ou vous êtes entré et façonné par celui qui utilise ce sort.

Elle fit de nouveau une pause avant de boire un peu de thé.

- Il existe donc ces deux types de portail. Un, est un portail faisant partie de l'illusion, comme pour notre cas. L'autre type de portail est plus facile à trouver, car ces portails crées une distorsion, on peut alors voit comme un léger flottement à leur niveau, comme du flou… Mais en général ce genre de portail est bien caché.

- Alors Fye n'est plus là ? Comment peut-on trouver un portail ?

Yuuki regarda Kurogane longuement. Elle soupira.

- Malheureusement on ne peut pas le trouver comme ça... Et la cité est très grande. Ils ont changé d'endroit, alors il sera presque impossible de le trouver. Sauf si vous cherchez les bonnes personnes, elles vous mèneront vers le portail.

- Mais je ne pense pas qu'Ashura sorte ou laisse sortir Fye pour le moment, intervint Hitsugi.

- Il semblerait, répondit Yuuki d'un air triste, mais vous devriez faire ce que vous avez à faire pour l'instant.

Elle regarda Kurogane puis Hitsugi. Comprenant soudain ses paroles ils se levèrent.

- ...

Kurogane avait du mal à se l'avouer mais il fallait qu'il continue à jouer son rôle de gouverneur… Il était même a peut près sur que quelqu'un viendrait lui donner un autre « avertissement » mais ce serait peut-être l'occasion pour lui de trouver ce fameux portail… Hitsugi le sortit de ces pensées.

- Moi je vais continuer de chercher, j'ai pas mal de ressources… Je vais voir si je ne peux pas trouver ce, ou ces portails ou même, encore mieux, les Anciens. Ces temps-ci j'ai l'impression que je touche au but…

- Faites attention… Leur dit Yuuki d'un air doux, avec un petit sourire sur le visage.

Ressassant toute la conversation, toutes les actions et le reste, ils partirent chacun de leur côté, espérant arranger rapidement la situation…

OOOOOOOOOO

Fye se trouvait dans une large pièce longée de baies vitrées, laissant rentrer une douce lumière. La vue portait sur un grand jardin. Son pâle visage se reflétant sur la vitre, il repensait sans cesse au visage de Kurogane. Se demandant s'il lui en voudrait quand il découvrirait qu'ils ne se verraient plus jamais. Est-ce qu'il se sentirait comme lui ?

Non… Kurogane était fort et il ne cessait de répéter que c'était un crétin fini. Peut-être qu'il ne manquerait pas au brun ? Cette pensée lui fit mal. Mais quelque part il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il n'était pas ce genre là. Il n'abandonnait pas ses amis comme ça. Peut-être qu'il aurait dû lui dire de ne pas revenir le chercher, lui expliquer mieux la situation... Si seulement il avait pu… Si seulement ils avaient eut le temps.

Cela faisait à peine une nuit qu'il était là et il ne supportait déjà plus. Ashura lui avait interdit de sortir, il ne pouvait plus emprunter le portail. De plus son maître ne cessait de lui rappeler que désormais il lui appartenait et qu'il ne reverrait plus jamais Kurogane. A chaque fois qu'il entendait le nom du brun, son cœur se serrait. Mais il se contrôlait pour avoir un visage impassible. Il ne voulait pas qu'Ashura soit encore plus heureux qu'il ne l'était. Celui-ci le regardait depuis un moment, se rappelant alors qu'ils étaient en pleine « discussion ».

Enfin… Ce n'était pas vraiment une discussion, seul Ashura parlait, lui donnant des ordres. Quand il eut terminé, sans se retourner, toujours contemplant le paysage qui s'offrait à lui, il posa les questions qu'il avait voulu poser plus tôt.

- Pourquoi m'avoir donner le poison ? Vous avez dit que les Anciens voulaient se débarrasser de toutes les personnes ou choses, qui pourraient amener Kurogane à trouver des choses qu'il ne devait pas savoir… Et pourtant en permettant à Hitsugi de s'en sortir… Il lui racontera tout ce qu'il sait…

- J'obéis corps et âme aux Anciens… Je suis leur plus fidèle serviteur… J'ai une raison à cela et les Anciens m'ont juste promis certaines choses… Alors je me suis permis de faire les choses à ma façon.

- Je ne comprends pas…

- Les Anciens m'ont mis à leur service… Je suis leur « fils », tu le savais n'est-ce pas ? Ils m'ont créé. Enfin je ne t'en dirai pas plus sur cela. Ils voulaient vous donner un avertissement. Quand ils ont vu que la langue de notre envoyé se déliait devant vous, ils ont voulu le punir. D'ailleurs, ils auraient aimé savoir ce qu'il vous a dit. Il ne doit pas en savoir beaucoup car le livre est maintenant en sécurité… C'est pour cela que j'ai pris la liberté de désobéir…

- …

- Et puis. Je t'ai eus toi…

Fye gardait le silence. Désobéir mais pourquoi ? Il n'avait pas remarqué mais son maître s'était rapproché de lui et l'observait puis comme s'il avait lu en lui, il répondit.

- Parce que je te voulais et que maintenant tu m'appartiens.

Le blond resta sans voix. Pourquoi son maître agissait-il ainsi ? Depuis qu'il avait rencontré Kurogane, il avait l'impression qu'il s'agissait d'une toute autre personne. Son petit monde s'était écroulé comme un château de carte et il ne comprenait plus rien.

Quel était le bien ? Quel était le mal ? Plus il se posait la question et plus il était perdu. Mais il lui suffisait de regarder les yeux que posait alors Ashura sur lui pour se sentir mal à l'aise. Malgré tout quand celui-ci posa la main sur sa joue et tourna sa tête face à lui, il ne protesta pas. Non plus quand ses lèvres se posèrent sur les siennes. Attrapant ses cheveux or d'une main, il approfondit le baiser. Il ne bougea pas non plus quand leurs lèvres se séparèrent et qu'il embrassa son cou avant de glisser sa langue jusqu'à son oreille et d'en lécher le lobe.

Il ne bougea pas, seul son cœur lui faisait mal et son esprit criait au secours, alors que dans sa tête l'image de Kurogane venait le hanter. Il sentit alors les crocs dans son cou s'enfoncer sans aucune douceur alors qu'il suçait encore et encore son sang, alors que ses mains parcouraient le corps du blond.

Non, il ne faisait rien… Car… Il lui appartenait.