Ça y était. Drago pouvait entendre la porte grincer alors que Potter entrait dans la salle. Drago avait craint qu'il ne vienne pas et avait finalement reporté son attention sur la salle dans laquelle il devait attendre. Des draperies rouge et or portant les armoiries de Gryffondor pendaient du plafond et, au fond de la salle, se tenait des répliques des artefacts de Godric Gryffondor : son armure, son épée, son bouclier et même sa baguette magique –bois de chêne, 38 cm, crin de Dragon. Drago entendit des pas derrière lui. Le cœur battant, il se retourna. Comment est-ce que ça allait se passer ?

« Tu as reçu ma lettre, commença lamentablement Drago en sortant l'évidence du siècle.

- Bien évidemment, répondit Potter en croisant les bras et en s'adossant à une étagère. »

Ce geste surprit Drago. C'était… bizarre. De voir Potter si décontracté, tout d'un coup, ça lui faisait vraiment un effet nouveau. Le désir qu'il éprouvait pour le garçon se réveilla, plus fort que jamais, et Drago fit de son mieux pour garder le contrôle.

« Alors… tu es d'accord pour qu'on le fasse… ensemble ?, demanda-t-il d'une voix qu'il voulut assurée mais sans succès.

- Bien entendu, répondit le garçon d'une voix à la fois fruitée, sensuelle et enjouée tout en se redressant. »

Le corps entier de Drago se durcit sous l'effet de la tension, une sueur froide lui coulait dans la nuque. Il venait de se rendre compte que la question qu'il venait de poser était ambiguë ; autant que la réponse, d'ailleurs. Surtout vu le ton qu'avait employé Potter.

« Je te trouve bizarre, Potter, dit Malfoy d'un ton hésitant. Depuis quelques temps tu te comportes différemment.

- Et tu trouves que c'est mieux ?, demanda Potter d'un désinvolte à faire frémir (d'ailleurs, c'est ce que fit Drago).

- Je –je trouve que quoi ?, s'étrangla le garçon, perdant tous ses moyens. »

La situation échappait vraiment à tout contrôle… et Potter semblait s'en réjouir comme pas deux. Pourquoi fallait-il que ce Potter de malheur agisse de cette façon ? Le gryffondor eut un regard amusé.

« Est-ce que tu trouves que je suis mieux qu'avant ?, répéta-t-il du même ton qui avait le don de torturer le serpentard. En fait, je crois que ça vient du moment où j'ai décidé d'assumer que j'aimais les hommes. Et, tu sais quoi ? Je trouve ça très libérateur… »

C'est à ce moment-là que Drago craqua. À trop lutter contre son démon, il n'eut plus aucune volonté. Il s'écroula par-terre et se mit à pleurer. Alors, les choses s'accélérèrent. Très vite, Potter fut sur lui et il le prit dans ses bras pour le consoler. Drago n'eut même pas la force de lutter ; d'autant plus que le contact fut, tout compte fait, assez réconfortant. Ils restèrent ainsi, collés l'un à l'autre un moment, Drago pleurant toutes les larmes de son corps. Le gryffondor finit par lever la tête blonde qui était en train d'inonder sa robe et lui dit :

« Tout va bien, je suis là. »

Et Drago le crut. Il n'y avait plus de démon intérieur, plus de cauchemar ; seulement un rêve. Celui de ne plus jamais être séparé du gryffondor au corps et au cœur si purs. Alors, lentement, Drago commença à s'approcher du gryffondor à la cicatrice, ce garçon qui tant de fois avait habité ses cauchemars et qui, maintenant allait venir le visiter dans ses rêves les plus fous…

Et leurs lèvres se rencontrèrent. C'était bizarre, pensèrent les deux garçons chacun de leur côté, de n'avoir jamais embrassé quelqu'un à part son ennemi juré. Drago sourit, le visage mouillé des larmes qui avaient coulé. Mais il n'avait plus aucune raison de pleurer, car le gryffondor ne le repoussait pas. Bien au contraire. Lentement, Drago sentit sa langue s'insinuer entre ses lèvres, à la recherche d'une compagne de jeu. Elle la trouva. Harry et Drago sentirent leurs corps exploser sous l'effet du baiser. Alors, Harry s'avança vers Drago, le forçant à s'allonger sur le sol. Il l'enlaça et Drago se sentit fondre sous les mains de ce garçon qui était pour lui la perfection incarnée. Une main s'enfonça bientôt dans son pantalon et Drago pria pour qu'Harry continue. Mais le gryffondor n'avait pas l'air pressé. Continuant à embrasser le serpentard, il se plaisait à sentir l'excitation de Drago et à lui faire sentir la sienne. Mettre leurs deux érections en contact lui procurait une sensation d'extase intense et il commença donc à défaire la boutonnière du pantalon que le garçon aux yeux gris portait sous sa robe. Le tee-shirt relevé, Drago respirait bruyamment alors qu'Harry continuait à l'embrasser au torse, s'attardant sur ses tétons pointés par le désir, tout en continuant à défaire son pantalon. Harry passa une main dans le dos de Drago, le forçant à se redresser pour lui enlever sa robe et son tee-shirt.

« Harry…, murmura Drago sous le désir. »

Harry ne répondit que par un grognement étouffé tout en enlevant le boxer du serpentard. Sous l'emprise du désir, Drago n'en put plus, il se jeta à son tour sur le gryffondor et le mit rapidement torse nu tout en continuant à l'embrasser. Drago défit rapidement la boutonnière du jean de Harry et sortit son sexe du boxer. Il commença par l'embrasser sur toute sa longueur puis, empoignant son propre sexe, il commença à faire des allers-retours de sa bouche sur le sexe du gryffondor. Harry gémit et mit ses doigts dans les cheveux de Drago tout en se cabrant de plaisir. Drago, lui, continuait tant à faire des va-et-vient avec sa main sur son sexe qu'avec sa bouche sur celui du garçon. Harry retira alors son sexe de la bouche de Drago avant de lui relever la tête et de l'embrasser. Alors il roula par-dessus lui, mettant son sexe en dessous du sexe du serpentard. Le gryffondor embrassa Drago à nouveau et lui enfonça un doigt.

« Harry…, murmura à nouveau ce dernier d'une voix frémissante. »

Harry entra un deuxième doigt puis entra. Drago ressentit une explosion de douleur et de plaisir mêlés, très vite remplacée par un plaisir diffus alors que le garçon s'activait en lui. Harry, quant à lui, faisait des va-et-vient de plus en plus rapides. Puis il prit le sexe de Drago et commença à le masturber à sont tour, sa main allant au rythme de ses hanches. Drago, les larmes aux yeux sous l'emprise du plaisir, ne put se retenir de hurler :

« Harry !

- Oui !, eut-il comme réponse. »

Puis l'extase absolue. Drago se vida sous la main de Harry, sentant une vague de plaisir et de calme l'envahir. Et Harry le suivit, se sentant défaillir dans le corps si parfait du serpentard aux yeux gris et à la peau si pâle. Ils restèrent ainsi un moment, dans les bras l'un de l'autre, une flaque, témoin de ce qu'il venait se passer, mouillant leurs deux ventres collés, reprenant leur souffle en respirant à l'unisson ; quand l'un inspirait, l'autre expirait, les deux en parfaite harmonie. Leurs deux corps enlacés, voulant profiter un maximum de ce moment.

« Harry, murmura faiblement Drago.

- Je suis là… »

Drago sourit et se retourna pour se blottir dans les bras du gryffondor. Harry le serra fort et ils s'endormirent.

« Harry, appela Drago en enfilant sa chaussette. La prochaine fois, évite de me provoquer sur du carrelage. C'est la nuit la plus inconfortable que j'aie passée de toute ma vie…

- C'est toi qui as créé cette salle, je te rappelle, répondit le gryffondor d'un ton amusé en regardant son compagnon s'habiller.

- C'est vrai. La prochaine fois je demanderai un lit, au moins. Dis, tu n'as pas vu mon pantalon ? »

Harry, qui l'avait à la main, le montra au serpentard avec un sourire joueur avant de le cacher derrière son dos.

« Harry je t'en prie, on n'a pas le temps de jouer, dit Drago d'un ton mi-exaspéré, mi-amusé. On est en train de rater le petit-déjeuner et si on ne se grouille pas, ça sera les cours qu'on loupera. »

Le gryffondor leva les yeux au ciel, amusé. Il jeta le pantalon au garçon qui s'empressa de l'enfiler, puis ils quittèrent la salle sur demande et se dirigèrent vers la grande salle en se tenant la main.

« Harry ! »

Harry tourna la tête pour voir Hermione lui faire signe. Il quitta Drago non sans lui presser discrètement la main avant. Harry s'assit à côté de Hermione ; toujours pas de signe de Ron en vue.

« Tu étais passé où ?, demanda Hermione. Je t'ai attendu presque toute la nuit et tu n'étais pas là ce matin. »

Harry jeta un coup d'œil à Drago, qui s'était installé seul pour déjeuner, chose qui ne lui ressemblait pas.

« On a eu un petit retardement sur le programme, répondit Harry en mentant à moitié, ne sachant pas s'il devait parler de sa relation avec le serpentard ou non.

- Je vois ça. Alors, la carte , tu l'as récupérée ?

- Hein ?, demanda Harry en détournant les yeux de la table des serpentards.

- La carte, répéta Hermione d'un ton incisif en interceptant son regard.

- On ne l'a pas eue. Il va falloir y aller une nuit de plus.

- Oui. Et j'espère que cette fois vous ne serez pas retardés… »

Harry, se plongea dans ses céréales et ne dit rien. Avec ce qu'il s'était passé, ils en avaient oublié le but principal de la rencontre. C'est le moment que choisirent les hiboux pour faire leur entrée dans la grande salle. Edwige entra aussi portant vraisemblablement une lettre. Harry l'identifia comme une lettre de Drago une fois détachée.

[ Ce soir, même heure, même salle, il y aura un livre sur les philtres d'amours à l'intérieur.

Signé : Drago.

PS : Je t'ai]

« Qu'est-ce que c'est ?, demanda Hermione en désignant la lettre.

- Drago, répondit inconsciemment le garçon. Même heure, même salle, même décor, termina-t-il en mentant.

- ''Drago'' ?, releva la jeune fille.

- Hein ? Ah oui, Drago, répéta le garçon en se demandant comment le serpentard avait pu écrire la lettre et l'envoyer en déjeunant.

- Tu ne l'appelles plus « Malfoy » ?

- On a décidé d'enterrer la hache de guerre. On s'est rendu compte qu'en fait, on ne se détestait pas au point qu'on voulait bien le croire. Ah ben je comprends… »

Drago n'était plus dans la grande salle ; il avait dû s'éclipser pour écrire la lettre avant l'arrivée du courrier.

« Tu comprends quoi ?, demanda Hermione d'un ton accusateur.

- Ben je me demandais comment il avait pu écrire ce mot alors qu'on s'est quitté seulement ce matin.

- Vous y avez mit toute la nuit ?, s'étrangla la jeune fille. »

Harry partit d'une quinte de toux ; autant pour leur petit secret…

« En fait, on n'a pas cherché la carte, cette nuit…

- Ca te gênerait d'être plus explicite ?

- Eh bien… bon, voilà : Drago et moi on a couché ensemble cette nuit.

- J'avais décidé de passer l'éponge mais là, c'est au-dessus de mes forces !, entendirent-ils derrière eux. »

Harry et Hermione se retournèrent pour voir Ron en train de se ruer vers la sortie de la grande salle. La jeune fille poussa un soupir et se lança à la poursuite du rouquin. Les garçons, gays ou pas, étaient décidément de gros boulets…