Série : CSI New York – Les experts Manhattan
Histoire : Danny et Lindsay emménagent ensemble pour fêter leur un an de couple. Don en souffre car il aime secrètement son meilleur ami. Rien ne va plus entre eux.
Genre : Romance / Slash
Statut : 10 chapitres – Terminée
Rythme de parution : un chapitre par semaine
Public : Tout public.
Prélude
Chapitre 9 : Retour
L'ambulance ouverte, un secouriste tamponnait une compresse sur l'avant- bras du blessé. Une longue estafilade courrait sur toute sa longueur, saignant abondamment. L'entaille était profonde et nette, seul le muscle semblait avoir été touché. Mais par prudence, il fallait faire un examen plus poussé de la lésion afin de vérifier que les tendons et autres liaisons nerveuses n'aient pas été endommagés.
Don avait eu chaud et si sous l'effet de l'adrénaline, il n'avait rien ressenti au passage de lame affutée, là, il douillait sévère. La gravité potentielle de sa blessure et le risque de séquelles lui fichaient une sacrée frousse. Constance l'accompagna à l'hôpital, le remontant le moral à sa façon : énergique. L'interne confirma l'avis du son confrère ambulancier, le traumatisme était musculaire. Il devrait revenir dans 15 jours pour retirer les points de suture. D'ici là, il désinfecterait la cicatrice avec une pommade spéciale à chaque fois qu'il referait le pansement. Il avait ordre de ne pas forcer avec ce bras au risque de rouvrir la plaie.
****
Allongé sur son lit d'hôtel, Don se reposait satisfait du devoir accompli. L'anesthésie s'estompait, la douleur était supportable mais les fils le gratouillaient.
Il arrivait au terme de l'échéance, il se préparait mentalement au départ. Quelle attitude adopter face à Danny ? Il ne se décidait pas. Le trait qu'il avait tiré sur lui n'était que rhétorique, ce con hantait toutes ses pensées, plus encore depuis la visite de Lindsay. Fatigué d'extrapoler des scénarii plus improbables les uns que les autres, le mieux était d'affronter les retrouvailles sans rien préméditer, il agirait en conséquence.
Le lendemain, il se soigna, ça suintait un peu, aussi il appliqua délicatement la crème. Elle sentait bon et ne piquait pas. Il eut des difficultés pour coller correctement le large pansement propre. Il y parvint après quelques essais. Il était droitier, sa bonne main n'avait rien, il s'en sortait pas si mal que ça.
Au bureau, il rassura ses collègues sur sa santé. Constance le prit à part.
— « Mon canard, tu me plais beaucoup. Ton travail sur cette affaire est irréprochable. Je ne me suis pas privée de le dire à ton capitaine. Il t'attend d'ailleurs après-demain à la première heure.
— J'ai été ravi de bosser avec vous.
— Justement, sache que si tu le souhaites, tu peux avoir un poste permanent ici.
— Je ne te demande pas de réponse immédiate. Réfléchis à cette opportunité. Je t'ai bien observé et je sais qu'à New York, tu as des problèmes à résoudre. Quand tout sera clair pour toi, tu me le feras savoir.
— Merci Constance, pour cette marque de confiance. »
Don était ému, contre toute attente, il se plaisait à Minneapolis.
— « Comment s'est passé l'interrogatoire avec Randall ? »
Etant la dernière victime de ce malade, il n'avait pas pu y participer.
— « Il n'a rien dit d'intéressant, on va le réentendre cette après-midi. Mais je doute obtenir plus de résultat. De toute façon, les preuves sont irréfutables, son petit jeu ne peut que le desservir. »
Il prit son temps pour fignoler son rapport, le pot de départ fut chaleureux. Pour sa dernière soirée, il flâna un peu dans les rues, s'imprégnant de l'ambiance, des humeurs du ciel pour les graver dans sa mémoire. Il embarquait à 10 H 00.
Il eut la surprise d'être escorter à l'aéroport par la patronne en personne et surtout à l'heure, une dernière attention qu'il apprécia à sa juste valeur. N'ayant prévenu personne de son retour, il ne s'étonna donc pas d'être seul à la sortie de l'avion. New York avait repris des couleurs et des degrés supplémentaires. Cette douceur le revigora.
Arrivé chez lui, il ouvrit en grand les fenêtres. Il ne supportait pas l'odeur de renfermé qui flottait dans chaque pièce. Il récupéra la pile de courrier en stand by chez la concierge avertie de son absence, factures et pubs, rien de bien réjouissant.
Il téléphona enfin à sa sœur. Ils papotèrent de tout et de rien. Sam passerait dans la soirée lui rendre les clés de sa voiture et lui apporter trois bricoles, de quoi regarnir un frigo vide jusqu'à ce qu'il se décide à faire les courses.
Tous les revoir lui pesait et l'idée de se camoufler derrière son masque l'insupportait. Dans ces moments de doutes, la proposition de Constance devenait plus séduisante. Cependant fuir n'était pas la solution, ces mois au loin le lui avaient appris. Avant d'accepter ou non sa proposition, il lui fallait résoudre son problème avec Danny.
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Mercredi 7 H 50, le Lieutenant Flack faisait une entrée remarquée dans les locaux de son commissariat. Ses collègues le saluèrent, contents de le voir revenir au bercail. Il ne s'attarda pas en mondanité, il se savait attendu par leur supérieur. Ce dernier avisa sa montre 8 H 00 quand on frappa à sa porte. En reconnaissant son inspecteur franchir le seuil de son bureau, il constata que Don n'avait pas perdu ses bonnes habitudes, pile poil à l'heure à chaque rendez-vous.
Il l'observa faire son rapport sur l'arrestation de Randall Malloy, il releva quelques allusions à l'équipe locale, rien de rédhibitoire en soit, mais surprenant de sa part. Concis et direct, il se bornait aux faits dans ses comptes rendus, de telles parenthèses soulignaient un certain attachement qui lui laissait présager le pire, son homologue du Minnesota ne lui ayant pas caché son intention de le débaucher. En gestionnaire soucieux de la rentabilité de ses effectifs, il n'était pas disposé à perdre son meilleur élément. Il allait le remettre au boulot le plus tôt possible. Le travail dans la rue prenait aux tripes, arpenter Manhattan lui enlèverait toute idée de quitter sa ville. Enfin, il l'espérait. Pour faire bonne mesure, il le félicita officiellement pour la totale réussite de sa mission et s'enquit de sa santé.
Sitôt qu'il fut libéré par leur boss, Don n'eut pas le temps de se retourner que Ripley lui sauta dessus exhibant une photo de sa merveille : un petit bout de 54 cm pour 3,450 kg à la naissance avec en prime des coucougnettes de taureau. Encore tout fripé, le poupon chevelu était mignon. Il pria silencieusement qu'il n'ait pas à subir une deuxième version commentée de l'accouchement, il lui en avait dressé le descriptif pendant prés de 45 minutes, bouffant toute la batterie de son portable. Heureusement le papa exubérant limita les effusions.
Son propre père avait-il manifesté autant de fierté à sa venue au monde ? Non, chez les Flack, tout tournait autour de la lignée, il n'était qu'une obligation à remplir et à formater. Qu'à son âge, il n'ait pas encore fondé une famille était une honte pour son géniteur. Il ne s'estimait pas prêt, le serait-il un jour ? Envisager d'élever un enfant alors qu'il s'engageait dans une relation avec un autre homme, était un peu prématuré. D'autant plus qu'à l'heure actuelle, il était tout ce qu'il y a de célibataire. Depuis presque 6 mois, il se qualifierait même de moine. Terrain glissant sur sujet casse gueule, Don se morigéna. Les introspections prise de tête, il se les réservait pour le soir, où, perché sur le toit de son immeuble, il se perdait dans la contemplation du ciel, cherchant dans ses couleurs, la voie à suivre.
Il se concentra retrouvant rapidement ses repères, le prochain meurtre serait pour lui, la routine en somme. En attendant, Jess le mettait au courant des dossiers en cours. Elle l'emmena ensuite déjeuner. La gorge sèche de lui avoir parlé toute la matinée, elle voulait à présent se taire et l'écouter. Il appela l'ascenseur. Lorsqu'il s'ouvrit, un troupeau d'experts s'y entassait. Ils avaient eu la même idée : manger ensemble, dans le lot, il fallait qu'il y soit: Danny Messer, le seul et l'unique.
Adam fut le premier à intervenir, mettant un terme à leur observation mutuelle.
— « Tiens, Flack, de retour parmi nous.
— Toujours aussi perspicace, Adam. »
Il salua rapidement les autres occupants, en commençant par Stella, honneur aux dames.
— « Que veux-tu, je suis scientifique de terrain maintenant. Je dois être à l'affut du moindre indice, et tu ne passe pas inaperçu.
— Félicitation pour cette promotion. Il s'en est passé des choses pendant mon absence.
— Tu n'as pas idée. Parti sur sa lancée, Adam continua : bon, j'en ai marre de bloquer la porte, vous montez ou vous prenez le suivant ?
— Jess s'empressa de s'engouffrer dans la brèche: on va au Pasta Party, Don va me raconter ce qu'il a fait au Minnesota, ça vous tente.
— Un oui quasi unanime, remplit la cabine.
— Dans ce cas, on embarque avec vous. »
Sans plus de cérémonie, elle s'incrusta, entrainant son ami avec elle.
— « Mac n'est pas là ?
— Si mais il est en plein dans la paperasse. Il nous a dit de ne pas l'attendre. »
Elle se colla à son chéri. Sheldon en profita, passant discrètement sa main sur la taille de sa petite-amie.
Don quant à lui, échoua à côté de Danny se raidissant de cette proximité. Il s'obligea à regarder droit devant. Cela n'échappa pas à son voisin qui piqua du nez pour admirer ses chaussures, de dépit, de gène, de culpabilité, il hésitait, deviner les gestes de l'autre enflammait son imagination. Des flashs lui revenaient inlassablement sur leur dernière rencontre, l'embrouillant davantage. Ce n'étaient pas tant les gestes mais les mots et la hargne avec laquelle il les avait prononcés qui le faisaient souffrir encore aujourd'hui. Jamais descente ne lui parut si longue.
Surpris par le soubresaut à l'arrêt de la machine, Danny s'accrocha par reflexe à ce qu'il put, le bras de Don. Il se fit rejeter sans ménagement, la grimace du brun était sans équivoque. Cette réaction n'augurait rien de bon, il croisa les doigts que le repas se passe mieux. Lui qui espérait tant son retour, il ne savait pas comment se comporter maintenant qu'il était là. Pour des retrouvailles, un endroit exigu et surpeuplé comme celui-ci n'était pas le cadre idéal.
Au restaurant Pasta Party.
Le gérant fut agréablement surpris de voir débarquer leur petit groupe. Il faisait rarement le plein au service de 13H00. Il dirigea ses 6 clients à sa meilleure table, avec la tchatche caricaturale d'un rital de troisième génération qui ne connaissait de l'Italie que ce qu'il avait vu à la télévision. Pizza et plats de pâtes se disputaient le menu, avec différentes portions de quoi satisfaire les appétits d'oiseau comme les estomacs d'ogre. Sur la page des desserts, les douceurs aux noms exotiques titillèrent leurs gourmandises.
Ils dégustèrent leurs assiettes dans une ambiance agréable. Les discussions s'enchainaient sans temps mort inconfortable. Le malheur des uns faisait le bonheur des autres. Si Danny ne s'était pas étendu sur la fin de son couple, ce que tout le monde comprenait, Adam était intarissable. Lui qui avait failli être licencié pour raison budgétaire, ne devant la sauvegarde de son poste que grâce à la mobilisation de ses collègues, occupait aujourd'hui la place laissée vide par Lindsay. Mac l'avait pris sous son aile, alors que Stella se chargeait plus volontier de Sheldon, qui allait fêter sa première année en tant qu'expert. Cette diversité dans leurs cursus leur apportait une complémentarité les aidant à résoudre les cas les plus difficiles. Puis se fut au tour de Don de leur répondre sur le Découpeur et Minneapolis. Lorsqu'il aborda sa blessure, il capta l'attention de tous, l'inquiétude qu'affichait son blondinet lui fit plaisir.
— « Montre. »
Il dut relever la manche de sa chemise pour leur faire voir le pansement. Une auréole rouge et fraiche grossissait lentement sur une extrémité de la gaze. Cela faisait presque 10 jours, les chairs ne s'étaient pas encore très bien ressoudées. L'empoignade involontaire de Danny avait dû faire sauter un point.
Le côté médecin de Sheldon s'exprimait en force.
— « Il ne t'a pas loupé, tu saignes encore.
— J'ai dû me cogner sans faire attention. »
Ce n'était pas lui qu'il regarda quand il dit ça.
— « Tu vas me suivre au labo en rentrant pour que je t'examine.
— Oui docteur Hawkes, et il pouffa.
— Ca doit être coton pour te soigner tout seul, demanda Adam.
— C'est un coup à prendre, le plus douloureux c'est quand j'enlève le pansement. Avec la colle, ça tire sur les poils. Mon duvet n'a pas résisté à l'arrachage quotidien, heureusement que je ne suis pas un yéti. J'admire votre courage, mesdames, pour l'épilation.
— Merci, Stella et Jess rigolèrent.
— Entre ça et les traces d'adhésif que j'arrive pas à nettoyer. J'ai hâte d'en finir. Plus qu'une semaine. »
Cet intermède les avait rassérénés, ils pensaient réitérer l'expérience de façon plus régulière, incluant Mac d'office pour leurs futurs festins.
A suivre…
Le prochain et dernier chapitre s'intitule : Tout ou rien.
Dragoun Lou
