Disclaimer: À nouveau, bien sur, rien de tout cela ne m'appartient, ni les personnages, merci J.K Rowling, ni la chanson, qui elle est du groupe Evanescence.

Note de l'Auteur : Bon, comme je l'ai déjà dit, cette fanfic était censée à l'origine être une OS basée sur la chanson My Immortal de Evanescence. Alors voilà, c'est finalement ce second chapitre, nettement plus long que le premier, qui va avec la chanson. Non pas que je sois une très grande fan du groupe en question, mais bon, j'ai entendu cette chanson, et les paroles m'ont inspiré une histoire, voilà… Ceux qui connaissent remarqueront très probablement que la chanson n'est pas dans le bon ordre, mais j'ai juste mis les couplets d'abord et ensuite le pont et le refrain, afin que cela colle un peu mieux avec mon histoire. La traduction de la chanson est aussi à la fin du chapitre.

Autre chose, même si ce n'est pas toujours clair, c'est bien Draco qui est le narrateur de toute cette histoire. Si quelquefois je parle de Harry sans mentionner Draco, c'est parce que Draco sait tout ce que ressent Harry.

Enfin je voulais rappeler qu'il s'agit d'une fanfic post tome 7, alors même j'ai fait quelques petits changements, il y'a de très très gros spoilers!

Voilà, bonne lecture…


Chapitre 2 : Partage et découverte.

Pour la seconde fois, Draco pénétra dans la petite chambre d'hôpital que Harry Potter occupait, seul. Comme la fois précédente, il faisait nuit, et Harry gisait paisiblement dans son lit. Draco remarqua qu'il semblait moins bien que la dernière fois où il l'avait vu, son visage s'était émacié et avait perdu ses couleurs. Et en effet, en regardant les petites bulles magiques, il put voir que l'état du survivant ne s'améliorait pas, si la bulle liée à son cerveau restait verte, celle liée à son cœur était maintenant rouge. Et toutes les autres bulles commençaient à devenir violettes.

Comme la fois précédente, il tira une chaise pour s'asseoir à coté du survivant. Depuis qu'il était venu le voir, deux semaines plus tôt, il n'avait eut de cesse de chercher un moyen de communiquer avec lui. Malheureusement, dans tous les grimoires qu'il avait consulté, il n'avait trouvé aucun moyen de s'entretenir avec une personne aussi profondément inconsciente. Il s'était alors tourné vers les formules permettant de parler avec quelqu'un sans utiliser de mots et avait finalement trouvé quelque chose d'assez satisfaisant. La formule qu'il s'apprêtait à utiliser sur Potter devait normalement lui permettre d'entrer dans sa tête. Cependant, à la différence de la legilimencie, elle devait normalement permettre à son utilisateur de savoir ce que ressentait celui sur qui il l'utilisait. Seulement, le problème majeur était que normalement, la personne sur qui l'on jetait ce sort était censée être consentante. Il ne restait qu'à espérer qu'il restait suffisamment de conscience à Potter pour qu'il lui permette de se lier à lui de cette façon.

Il prit une profonde inspiration, puis brandissant l'ancienne baguette de sa mère devant lui, il lança :

-Esperitu Anima !

Le jet de lumière bleu pâle qui sortit de sa baguette se sépara en deux rayons dont l'un entra dans la tête de Harry tandis que l'autre se dirigea vers son cœur. Draco attendit de voir l'effet du sort se répercuter sur lui, une minute, puis deux… Au bout d'un moment, Draco serra les dents, le sort avait manifestement raté… Puis soudain, il sombra dans l'inconscience.

oOo

Draco ouvrit les yeux sur… sur rien à vrai dire, il était dans le noir complet. Seul son corps semblait irradier et créer une source de lumière. Il allait jeter un « Lumos » pour créer plus de lumière autour de lui, mais il s'aperçut qu'il n'avait plus de baguette. D'accord… Draco commençait à paniquer maintenant. Merlin ! Mais qu'avait-il pu se passer pour qu'il se retrouve ici ? Le sort n'était pas du tout censé fonctionner de cette façon ! Etais-ce parce que Potter était inconscient ?

Prenant une grande inspiration, il essaya de se calmer. Si il y'avait une chose de bénéfique à vivre avec Voldemort durant toute une année, c'est qu'il savait dorénavant garder son sang-froid. De plus il savait qu'il n'avait pas grand-chose à craindre, si il restait coincé, on découvrirait son corps inconscient dans la chambre de Potter au matin, et on le ramènerait.

Rassuré, il regarda à nouveau autour de lui et remarqua une lueur, mais si lointaine qu'il se demanda si ses yeux ne le trompaient pas. Il commença à marcher et vit que la lueur semblait prendre plus d'ampleur. En continuant d'avancer, il comprit que cette lumière était une personne qui, comme lui, semblait irradier dans la pénombre. Et c'est seulement en arrivant à quelques mètres de lui qu'il reconnut enfin Harry Potter.

-Potter ? Appela-t-il.

Mais le garçon ne lui répondit pas. Il fixait le vide, les yeux grands ouverts, regardant quelque chose qui échappait au Serpentard. Et cette chose semblait le faire souffrir, ses grands yeux verts étaient éperdus de douleur.

Draco essaya un peu n'importe quoi pour réveiller le survivant, il l'appela, lui cria dessus, le secoua, le frappa, mais rien n'y fit, Harry ne lui répondait pas. A cours d'idée, le blond recula de quelques pas afin de réfléchir : était-il possible que Harry Potter soit devenu un légume, que son cerveau aie arrêté de fonctionner ? Non, songea-t-il, Harry avait vraiment l'air de regarder quelque chose, de souffrir, de plus Draco ressentait sa souffrance au plus profond de lui.

Soudain, le brun cligna plusieurs fois des yeux de façon inhabituelle, son regard se fit vague, puis il baissa les yeux sur Draco :

-Harry ? Appela-t-il avec espoir.

Le brun fronça les sourcils, surpris.

-Qu'est ce que tu fais là Malefoy ?

Comme quinze jours plus tôt, le jeune homme se sentit comme un voyeur, intrus dans le monde qu'il venait de pénétrer. Pourtant, le ton de Potter n'avait pas du tout agressif, il exprimait plutôt une surprise polie.

-Je…je suis venu parler avec toi, répondit-il, un peu gêné.

Le brun le regarda avec un petit sourire triste :

-Dans ce cas, dépêches-toi, nous n'avons pas beaucoup de temps, ça va bientôt recommencer.

Le blond ne compris pas :

-Qu'est ce qui va bientôt recommencer ?

Mais Harry ne répondit pas.

-Qu'est ce que tu es venu me dire Malefoy ?

En voyant Harry Potter si lucide devant lui, Draco ne sut plus très bien quoi dire. Les questions se bousculaient dans sa tête. Il décida de commencer par celle qui le tourmentait le plus depuis quelques semaines.

-Je voulais parler avec toi pour savoir pourquoi tu m'as sauvé la vie…

Le brun le regarda, un peu surpris :

-Franchement, je ne pouvais pas te laisser mourir comme ça, alors que je pouvais te sauver ?

Le blond eut un petit sourire, il sentait en lui la sincérité qui émanait des paroles du survivant. Alors c'était aussi simple que cela, sauver une vie, qu'elle soit bonne ou mauvaise, qu'elle soit importante ou non, cela restait toujours sauver une vie…

-Je vois, répondit-il seulement.

Mais Harry ne semblait pas l'écouter, son regard était en train de se reperdre dans le vague :

-Je crois que ça va recommencer…dit-il évasivement.

Draco paniqua, il avait d'autres choses dont il voulait parler avec Potter ! Il lui attrapa le bras assez brutalement pour le forcer à rester avec lui, et cela sembla marcher, puisque Potter le regardait à nouveau.

-Qu'est ce que tu veux encore, Malefoy ?

-Je veux que tu restes près de moi, le supplia-t-il.

Harry lui adressa un regard indulgent et un petit sourire. Il dégagea son bras de l'emprise de Draco, et doucement, la main du survivant vint effleurer son torse, juste à l'emplacement de son cœur.

oOo

Aussitôt, il entendit une femme crier. Draco se retourna brusquement. Que se passait-il ? Y'avait-il quelqu'un en danger. Il regarda Harry pour voir que celui-ci n'avait pas esquissé un seul geste. Draco se demanda si lui aussi avait entendu cette femme crier. Des mots résonnèrent alors dans l'obscurité :

Un homme criait :

-Lily ! Prends Harry et va-t'en ! C'est lui ! Va-t'en ! Cours ! Je vais le retenir !

Puis des bruits de pas, un gloussement suraigu. Une personne monte un escalier en courant. Une porte qui s'ouvre, un corps qui tombe. Et une seconde personne qui monte l'escalier, plus calmement. Une autre porte qui s'ouvre. Puis une voix de femme, paniquée, suppliante :

-Pas Harry, pas Harry, je vous en supplie, pas lui !

-Pousse-toi, espèce d'idiote… Allez pousse-toi…

-Non, pas Harry, je vous en supplie, tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place…

-C'est mon dernier avertissement…

-Non, pas Harry ! Je vous en supplie… Ayez pitié… Ayez pitié… Pas Harry ! Pas Harry ! Je vous en supplie… Je ferais ce que vous voudrez…

-Pousse-toi, idiote, allez, pousse-toi…

Puis un éclair de lumière verte, et un second corps qui tombe.

I'm so tired of being here
suppressed by all of my childish fears

Draco se sentit mal en entendant ces mots, ces sons résonner dans la pénombre environnante. Il avait déduit sans mal que ce qu'il avait entendu, c'était le souvenir que conservait Harry de la mort de ses parents. Il avait bien reconnu la voix du seigneur des ténèbres. Et alors qu'il se faisait ces quelques observations, Draco se rendit compte qu'il savait des choses qu'il ne devrait pas savoir. Il savait que ce qu'il venait d'entendre, c'était ce que Harry entendait à chaque fois qu'il se trouvait à proximité de détraqueurs, il savait que c'était le seul souvenir de ses parents vivants qu'il conservait. Et en plus, Draco savait ce que ressentait Harry, il savait qu'il se sentait coupable de ces morts. En effet, si lui-même n'était pas venu au monde, alors James et Lily Potter seraient peut-être toujours en vie.

Draco compris alors que son sort avait marché, qu'il partageait tout ce que Harry pouvait savoir, croire, ressentir… Il avait l'impression qu'une entité étrangère venait de s'installer à l'intérieur de lui, c'était une entité pure, innocente… Draco pensa qu'il devait s'agir du cœur, ou peut-être même de l'âme de Harry qu'il avait au fond de lui grâce à ce sort. Et il sentit cet être de lumière s'ouvrir d'une minuscule brèche, d'une toute petite fissure à l'évocation de ce souvenir qu'était celui de la mort des parents de Harry.

oOo

Draco n'eut pas le loisir d'approfondir ses pensées, car des formes se dessinaient devant ses yeux. Il se trouvait probablement dans une salle de Poudlard. Au centre de la pièce se dessinait une personne. Harry devait avoir dans les onze ans, il était assis face à un grand miroir qui reflétait son image mais sur lequel se dessinait aussi d'autres personnes. Au premier plan, un homme qui ressemblait trait pour trait à Harry et une femme qui avait exactement les mêmes yeux que lui. Et de la même façon que pour le souvenir précédent, Draco sût tout ce que Harry savait sur cette image qui se dessinait sous leurs yeux. Harry était en fait devant le miroir du Rised, et son désir le plus profond, c'était de voir ses parents en vie. Draco eut mal au cœur pour le survivant, et aussi pour ce petit garçon de seulement onze ans, qui aurait pu voir n'importe quoi dans ce miroir, des choses merveilleuses, extravagantes, et qui souhaitait seulement voir ses parents en vie. Et il sentit au fond de lui la brèche qui s'était ouverte dans cette entité si pure, s'ouvrir un peu plus profondément. Draco jeta un regard en coin au véritable Harry, son visage ne trahissait aucune émotion, seuls ces yeux laissaient paraître sa tristesse.

oOo

Les contours de la pièce devinrent flous, et une nouvelle scène se dessina. Harry avait environ 13 ans, il était en haut de le tour d'astronomie, il regardait s'envoler au loin, perché sur le dos d'un hypogriffe, le tristement célèbre Sirius Black. Et Draco sut la déchirure que représentait cette séparation pour Harry. Dans le ciel s'envolait son parrain, le meilleur des amis qu'aient eut ses parents, quelqu'un qui tenait à lui, quelqu'un qui l'aimait. C'était son dernier espoir d'avoir une famille qui s'envolait, car cet homme, il n'était pas sur de le revoir un jour.

oOo

Une nouvelle image se plaça sous les yeux de Draco. Harry, 14 ans, tenait dans ses bras le corps sans vie de Cédric Diggory. Il ne l'aimait pas vraiment, il ne le connaissait même pas très bien, mais ce garçon courageux de Pouffsouffle était mort par sa faute. Si il ne lui avait pas dit de prendre la coupe avec lui, il serait toujours en vie. Draco sentit au fond de lui que la brèche devenait crevasse, que Harry Potter était à tout jamais changé. Que si jusqu'alors il y'avait eut pour lui un espoir de réparer ce qui avait été brisé, tout cela était définitivement terminé. L'enfance, si elle avait eut lieue, c'était enfuie pour toujours.

oOo

And if you have to leave
I wish that you would just leave
Because your presence still lingers here
And it won't leave me alone

Une salle au ministère de la magie. Au centre de la pièce, un unique combat : Beatrix Black contre son cousin Sirius. Et une image qui semble avancer comme au ralenti. Sirius Black touché en pleine poitrine par un sort, s'écroule. Et non loin d'eux, Harry, retenu pas Remus Lupin, se débat, crie et pleure, alors qu'il n'y a plus rien qu'il puisse faire. Sirius Black s'est éteint. Parce que finalement, il l'a connu son parrain, et finalement, même si il n'y croyait plus, il s'est senti comme si il avait enfin une famille. C'est vrai qu'il y'avait des incompréhensions entre eux, qu'ils n'étaient pas toujours d'accord, et que Sirius avait tendance à le prendre pour James Potter. Mais Sirius aimait Harry, il aurait fait n'importe quoi pour lui, même mourir. Il était tout pour lui, et quelque part, c'était réciproque. Et de sa mort, Harry ne pourrait jamais s'en remettre. Parce que c'était entièrement de sa faute, encore une fois. Si il n'était pas tombé dans le piège grossier de Voldemort, Sirius ne se serait pas précipité pour le sauver, et il serait toujours en vie. Et dorénavant, il ne resterait pas pour Harry comme un bon souvenir, comme l'assurance qu'on l'avait aimé au point de mourir pour lui, non, il serait toujours à ses cotés comme le rappel de ses terribles erreurs. Il ne le laisserait plus jamais en paix. Et au fond de lui, Draco sentit l'âme de Harry se briser en deux, détruite à jamais par les horreurs de la guerre.

oOo

You used to captivate me
By your resonating light
But now I'm bound by the life you left behind
Your face it haunts
My once pleasant dreams
Your voice it chased away
All the sanity in me

Draco n'eut pas besoin des souvenirs de Harry pour reconnaître la scène suivante. Lui-même en gardait un souvenir cuisant : la mort de Dumbledore le hantait encore régulièrement. Il détourna les yeux pour ne pas voir Severus asséner le coup fatal au vieil homme, sentant monter en lui une culpabilité qui était bien la sienne, sachant pertinemment que si il avait été plus courageux, si il avait osé se lever et se battre, il aurait pu éviter ce décès. Il sentit en plus de cela monter en lui une sourde impuissance, celle de Harry qui avait vu Albus mourir sous yeux sans avoir rien pu tenter pour le protéger. Il sentit la solitude qui avait envahit le jeune garçon face à la mort de celui qui avait été son mentor, le sentiment de faiblesse et de fragilité qu'il avait ressenti devant l'envergure du travail qui lui restait à accomplir et pour lequel il devrait dorénavant lutter complètement seul. Albus Dumbledore avait toujours été un guide pour lui, il l'avait toujours dirigé dans tout ce qu'il avait entrepris, il s'était toujours senti en sécurité grâce à lui, mais maintenant, il était seul, complètement, et il se sentait comme un petit garçon… Draco sentit en lui les deux morceaux de l'âme brisée de Harry palpiter, comme si elles allaient exploser.

oOo

Sur l'image suivante, Harry était seul, assis sur un petit lit, la tête entre les mains. Et de toutes ses forces, il tentait de retenir ses larmes. Il n'aurait pas du les laisser faire ça ! Il n'aurait jamais dû les laisser prendre tous ces risques uniquement pour lui ! Pourquoi avait-il fallût qu'il se montre si faible, pourquoi n'avait il pas refusé leur aide ? Il le savait pourtant ! Il savait que désormais il serait totalement seul, alors pourquoi n'avait-il pas pris les devants sur l'ordre, pourquoi n'était-il pas parti de chez les Dursley avant que quiconque se fasse tuer ? Et à cause de lui maintenant, George serait à tout jamais mutilé, et Hedwige et le professeur Maugrey avaient perdus la vie.
Au fur et à mesure que les souvenirs de Harry refaisaient surface, Draco sentait le poids de ses sentiments s'abattre sur lui. C'était comme une chape de plomb qui pesait sur ses épaules. Et il commençât à se demander comment Harry avait fait pour supporter tous cela, toute cette peur, toute cette rancœur, toute cette culpabilité pendant si longtemps ? Depuis des années, Harry Potter souffrait le martyr en s'accablant de tous les maux de la planète, alors comment, malgré cela, avait-il fait pour tenir et accomplir sa mission sans jamais flancher ? Et dans sa poitrine, il sentit les deux morceaux de l'âme de Harry se fendiller très légèrement.

oOo

These wounds won't seem to heal
This pain is just too real
There's just too much the time cannot erase

Souvenir suivant, nouvelles douleurs. Harry suivait Severus Rogue dans les couloirs du château, le soir de la bataille finale. Il avait peur, il était stressé, mais il essayait malgré tout de garder son sang-froid, il avait une tâche à accomplir, et le monde sorcier dans son ensemble comptait sur lui. Il regarda l'homme qui le précédait, un peu méfiant : devait-il lui faire confiance, n'était-il pas en train de l'attirer dans un piège ? Après tout, l'homme avait juré à Lord Voldemort en personne de lui livrer Harry Potter. Pourtant, Severus Rogue semblait vouloir l'attirer dans les méandres du château, et jusqu'à preuve du contraire, Voldemort n'était pas dans le château.

Sans un mot, les deux hommes passèrent devant les portes entrouvertes de la grande salle, et le regard de Harry fut attiré par la famille Weasley. Il s'arrêta et vit qu'ils étaient tous réunis autour du corps à jamais sans vie de Fred Weasley. George était agenouillé près de lui. Harry ferma les yeux un instant, tentant avec difficulté de contenir l'horrible douleur qui l'envahissait, il fallait qu'il tienne, juste quelques heures de plus. Mais la peine montait en lui comme une marée dévastatrice. Fred était mort ! Il l'avait vu mourir, après une toute dernière blague sur le manque d'humour de Percy… Comment quelqu'un comme Fred Weasley, si plein de joie de vivre, si rieur, pouvait-il passer en une seule seconde, comme cela, de vie à trépas ? Comment les Weasley allaient-ils faire face à la mort de l'un de leurs enfants ? Comment George allait-il continuer à vivre alors que Fred, son double, son meilleur ami, son autre lui-même était mort ?

Alors que Harry essayait de reprendre contenance, il balaya la grande salle du regard. Et ce qu'il vit le glaça d'effroi. Il chancela, comme si le choc de ce qu'il venait d'apercevoir l'avait frappé physiquement. Remus Lupin et Tonks étaient étendus par terre, cote à cote, morts tous les deux. Alors eux aussi les avaient quitté ? A cet instant, Harry se rappela que le couple venait d'avoir un petit garçon, Teddy, dont il était censé devenir le parrain. Alors lui non plus ne connaîtrait pas ses parents ? Lui aussi grandirait en orphelin à cause de la guerre ? Harry se sentit suffoquer. Tous ça, c'était encore de sa faute ! Il aurait du se rendre à Voldemort de nombreuses heures plus tôt, il n'aurait pas dû les laisser se battre pour lui.

-Mr Potter !

La voix sèche du professeur de Potions sembla ramener Harry à la réalité. Avant de passer près de cette salle maudite, il suivait Rogue, curieux de savoir ce que celui-ci allait lui révéler, méfiant, et même avide de vengeance. Mais tous cela avait-il encore de l'importance alors que le monde semblait s'écrouler autour d'eux ? Severus Rogue sembla décerner le trouble qui habitait Harry Potter, car sa voix se fit légèrement plus douce quand il reprit la parole :

-Venez Mr Potter, le temps presse…

Harry parvint tant bien que mal à retrouver un peu de force pour aller de l'avant. Tous cela devait s'arrêter, et il était probablement le seul à pouvoir y mettre fin. Il devait suivre Rogue qui était, il le devinait, une pièce importante du puzzle qu'était devenu sa vie.

Mais même si Harry avait retrouvé un peu de son calme, Draco sentit dans ses entrailles que l'âme déjà brisée de Harry se fissurait de plus en plus.

oOo

When you cried i'd wipe away all of your tears
When you'd scream i'd fight away all of your fears
And i've held your hand through all of these years
But you still have all of me

Les deux hommes se trouvaient à présents face à face dans le bureau directoriale. Harry avait les yeux baissés, il serrait les dents, visiblement, il avait du mal à avaler ce que venait de lui révéler Severus Rogue. Ce dernier, quand à lui, se tenait parfaitement immobile, il s'efforçait manifestement de se faire oublier afin de laisser le temps nécessaire à Harry pour accepter ce qu'il avait entendu. Et Draco savait combien cela devait être difficile pour lui. En partageant les souvenirs de Harry, il savait que celui-ci avait fait un tour dans les souvenirs de Rogue. Il y'avait appris que Rogue avait toujours été de leur coté, et cela depuis la nuit ou Lily Evans, cette femme qu'il avait toujours aimé, avait été tuée par Voldemort. Tout au long de l'année, il avait essayé d'aider Harry et il avait été chargé de lui révéler sa toute dernière mission, car en effet, Harry était lui–même un Horcruxe.

Le silence se prolongea durant un temps infini. Soudain, Fumseck, le phoenix de Dumbledore qui n'avait pas quitté sa place depuis la mort de son maître, émit un petit cri. Harry releva la tête, semblant se rappeler qu'il n'était pas seul. Il s'éclaircit la voix, et dit la première chose qui lui passa à l'esprit :

-Alors c'est ça le grand secret, je dois mourir ? Je me suis battu, j'ai tout fait pour survivre, et maintenant, il va falloir que je marche vers la mort, sans me défendre ?

Draco vit la stupéfaction se dessiner sur le visage de Severus, et il se dit que sa propre expression ne devait pas être bien différente. Il était choqué par les mots de Harry, parce que pas une seule seconde, celui-ci n'avait songé à se rebeller, à tout envoyer balader. Il se résignait, il était prêt, et même si le fait de devoir se sacrifier ainsi lui semblait injuste, il savait qu'il devait le faire, qu'il n'y avait pas d'autres alternatives. Dans le souvenir, Harry pris à nouveau la parole :

-Je comprends mieux maintenant pourquoi Dumbledore m'avait confié la quête des Horcruxes, finalement, ma mort ne signifiait qu'une autre avancée dans la déchéance de Voldemort. Merde ! s'exclama-t-il d'une voix brisée. J'ai toujours fait tout ce que j'ai pu, mais ça !

-Je suis désolé, Monsieur Potter.

-Je… le jour ou Voldemort est revenu, j'ai cru que j'allais mourir, mais j'ai décidé de me battre et de tomber comme un homme. Et là, là je dois juste avancer et lâcher ma baguette !

Draco voyait que Harry n'avait pas voulu dire cela, qu'il aurait préféré garder tout cela pour lui, mais là c'en était trop, il n'arrivait plus à tenir…

-J'aurais été seul, du début à la fin… lâcha-t-il d'une toute petite voix.

-Je serais à vos cotés.

-Non, je ne pourrais pas… Vous ne voulez pas que je meurs, et même si c'est vous, cela suffirait à… Je pourrais flancher…

Et Draco fut impressionné par Harry, par ce garçon qui avait peur de finir seul, mais qui préférait tout de même cela au moindre risque de ne pas accomplir sa mission. Il jeta un regard en coin au véritable Harry qui contemplait la scène à ses cotés. A cet Harry qui avait vécu tout cela, à cet Harry qui n'avait plus envie de se battre, à cet Harry qu'il commençait à comprendre, enfin…

Le Harry du souvenir se leva, et commença à se diriger vers la porte, pour accomplir son destin. Il chancela légèrement, étourdi par toutes les émotions qu'il avait ressenties durant les dernières minutes. Il ferma les yeux un instant, cherchant profondément en lui les dernière parcelles de courage et de sang-froid qu'il pouvait encore lui rester. Il se retourna à demi vers son ancien professeur :

-Professeur, n'oubliez surtout pas le serpent, il faut qu'il meure, et ensuite seulement vous pourrez tuer Voldemort…

Et à nouveau Draco fut impressionné par ce garçon, qui malgré sa mort imminente, trouvait encore assez de maîtrise de lui-même pour donner ses dernières directives, pour s'assurer que le travail serait fait convenablement après son sacrifice. Et manifestement, Severus dût se dire à peu de choses près la même chose, parce qu'à ces mots, il se leva brusquement de sa chaise et se dirigea prestement vers Harry en l'interpellant. Celui-ci se retourna vers lui :

-Bien souvent, on a dit que vous ressembliez à votre père mais que vous aviez les yeux de Lily, et c'est vrai, je ne peux pas le nier. Mais aujourd'hui, c'est la toute première fois que je me rends compte à quel point il y'a du Lily en vous…

Harry savait dorénavant que c'était le plus beau compliment que Severus Rogue pourrait jamais lui faire. Il essaya de sourire, mais il n'y parvint pas, il y'avait trop de douleur et de peur en lui. D'ailleurs, si il ne devait pas mourir si tôt, il douterait d'un sourire puisse à nouveau naître sur ses lèvres.

-Merci Professeur, dit-il seulement, un étrange rictus sur les lèvres.

Pendant une seconde, un lourd silence s'installa, mais Harry, au bord des larmes, reprit :

-Vous… Vous veillerez sur eux, n'est ce pas ? Je veux dire… quand tout sera fini… les Weasley, Hermione, et tous les autres… Ils méritent d'être heureux…

Severus le regarda un court moment, assimilant son discours désordonné, et pour la première fois, Draco put déceler toutes ses émotions sur son visage, et il semblait aussi ému et torturé que ne l'était Harry.

-Je vous le promets.

-Merci.

Un nouveau silence s'installa dans la pièce, mais cette fois, se fut Severus qui prit la parole.

-Quand vous verrez votre m… Je veux dire… Quand vous verrez Lily, pourriez vous lui dire… lui dire que…

Le maître des Potions s'interrompit, peut-être parce qu'il ne savait pas quoi dire, ou bien peut-être parce qu'il s'était rendu compte, comme Draco au même instant, à quel point il était ignoble et insensible de sa part d'utiliser ce garçon qui allait sacrifier sa vie pour sauver des milliers d'inconnus comme un vulgaire messager. Harry, cependant, ne sembla pas s'en formaliser.

-Je lui dirais… Mais à mon avis, elle le sait déjà.

Severus le regarda, comme effaré de n'avoir pas compris jusqu'à cet instant à quel point Harry était un garçon de valeur.

-Je dois m'en aller, le temps qui m'est imparti est presque écoulé…

Severus sembla désemparé un instant, de ne rien pouvoir faire, de ne pas savoir quoi dire, puis il fit la seule chose qui représentait encore quelque chose pour lui. Il tendit la main à Harry, en signe de l'infini respect qui venait de naître en lui.

-Adieu, Harry Potter.

-Adieu Professeur Rogue.

Et le garçon passa la porte. Draco, aussi bien que Severus, savait qu'il ne reculerait pas. Qu'importe la peur, qu'importe l'injustice de cette situation, il ferait ce qu'il devait faire. Et alors que Harry paraissait si calme dans ce souvenir, Draco sentit son âme exploser en million de petits morceaux, broyée à jamais pas la douleur. Et au même instant ou Draco se sentit envahit par la douleur, il fit à son tour la seule chose qu'il se sentait capable de faire, il attrapa la main du véritable Harry Potter qui se trouvait à ses cotés, et entrelaça ses doigts avec les siens. Il vit Harry détourner son regard de ses souvenirs pour la toute première fois et lui jeter un regard un peu perdu, mais il ne dit rien, car lui-même ne savait pas très bien pourquoi il avait fait ça, ou bien ce que cela pouvait signifier.

oOo

A présent, Harry marchait dans les couloirs du château, c'était presque fini, il devait tenir encore quelques minutes, seulement le temps de se trouver face à Voldemort. Il passa à coté de quelques élèves qui ramenaient des corps sans vie à l'intérieur du château. Il vit Neville et Dubois et s'approcha d'eux pour voir qui était cet autre cadavre. Harry pensait qu'il avait atteint sa limite, qu'il ne réussirait pas à se sentir encore plus mal qu'il ne l'était maintenant, pourtant, quand il reconnu le corps, celui lui fit un choc. Colin Crivey, le si petit, si gentil Colin Crivey. Merde ! Colin n'aurait même pas dû se battre, c'était juste un enfant !

oOo

I've tried so hard to tell myself that you're gone
But though you're still with me
I've been alone all along

Après avoir échangé quelques mots avec Neville, afin de s'assurer une toute dernière fois que le serpent serait bien tué, Harry avait continué sa route. Il se trouvait à présent dans la forêt interdite, et après avoir pressé une petite balle dorée contre ses lèvres, ses parents, Sirius Black et Remus Lupin étaient apparus à ses côtés. Il se sentit un peu réconforté par leur présence, mais pas autant qu'il l'aurait voulu, il avait trop peur, il y'avait trop de désespoir en lui. Il demanda d'une petite voix si cela faisait mal, de mourir. Et Draco, touché par cette peur, serra la main du véritable Harry, comme pour lui rappeler qu'il y'avait encore des gens autour de lui, des gens vivants.

Et Harry ne recula pas, entouré pas sa famille, il entra dans une clairière remplie de Mangemorts sans hésiter. Et au bout de quelques minutes, il enleva sa cape d'invisibilité afin que tous puissent le voir, afin que Voldemort puisse le tuer. Et même si il en avait envie, il ne leva pas sa baguette pour se défendre, et en quelques secondes, c'était fini, Voldemort lui avait jeté le sort final, il était mort.

oOo

Harry était à présent dans la Gare de King's Cross, il venait d'avoir une longue conversation avec Albus Dumbledore, et enfin, il lui semblait qu'il comprenait tout, que tout ce qui lui avait échappé jusqu'alors était devenu parfaitement clair. Draco l'entendit demander à Dumbledore si il devait y retourner, et le vieil homme lui répondit que non, qu'il n'y était pas forcé, que si il voulait, il pouvait juste prendre un train et mourir. Et Draco vit Harry regarder l'endroit d'où partaient les trains avec une évidente lueur d'envie dans le regard. C'était fou, encore quelques minutes plus tôt, il était révolté à l'idée de mourir, mais maintenant qu'il était dans cet endroit, ou il avait chaud, ou il n'avait plus peur, ou il était juste si serein, il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il était mieux ici. Parce qu'il savait, il savait que de retourner à la vie, se serait replonger dans les souffrances qu'il venait de quitter, et cela, il avait du mal à s'y résoudre. Pourtant, après de longs instants de silence, il s'arracha péniblement à la contemplation de la gare :

-Ce n'est pas encore fini. Je dois y retourner, il n'y a que moi qui puisse mettre fin a tous cela.

Et il repartit vers la vie, la souffrance, le froid et la peur, même si il n'en avait aucune envie.

oOo

Un moment plus tard. Harry était face à face avec le Lord Noir dans la grande salle de Poudlard, et cela pour la toute dernière fois. Les deux ennemis mortels discutaient en se déplaçant, formant un cercle parfait. D'une seconde à l'autre, Draco le savait, tout serait fini. Deux sorts seraient jetés et Voldemort serait vaincu. La scène se déroula comme au ralenti, les deux hommes levèrent leurs baguettes, deux jets de lumière se rencontrèrent au centre du cercle, et Lord Voldemort tomba, pour la toute dernière fois. Le survivant le regarda, comme assommé par ce qu'il venait de faire. Draco sentit le véritable Harry Potter dégager sa main de la sienne. Et comme Draco partageait tout ce que Harry ressentait, il sut pourquoi. Il sut que Harry ne pensait pas mériter ce réconfort à cet instant. De toutes les horreurs qu'il avait vécu, de toutes les erreurs qu'il avait faites, celle-ci le plongea dans une solitude encore bien pire. Parce que cette fois, il avait tué un homme, il avait assassiné. Et peu importe qu'il s'agisse de Voldemort, peu importe que cet homme soit le plus grand mage noir de tous les temps, peu importe que cette mort signifie la possibilité d'un monde en paix, Harry se sentait désormais comme un vulgaire criminel.

oOo

Et brusquement, tout redevint noir autour de Draco et Harry. Plus d'image, plus de son, juste la pénombre que Draco avait trouvé en arrivant dans la conscience de Harry. Le blond compris avec horreur que tout ce qu'il venait de voir tournait et retournait sans cesse dans l'esprit de Harry depuis que celui-ci était inconscient, et il se sentit mal, si mal. Toute la peine de Harry, toute sa douleur, sa culpabilité, sa peur l'envahissaient sans qu'il arrive à les réfréner. Alors c'était cela être Harry Potter ? La solitude, la terreur… Draco se sentit suffoquer sous le poids de toutes ces émotions qui étaient trop lourdes pour lui, beaucoup trop lourdes. Et alors qu'il lui semblait que tout espoir lui échappait, il entendit un son dans la pénombre, un homme criait :

-Lily ! Prends Harry et va-t'en !

Draco paniqua, tout était encore en train de recommencer. Il ne pourrait supporter de revoir tous cela, c'était trop dur. Il se mit lui-même à crier :

-Non, arrêtez ça, je ne veux pas revoir tout ça ! Stop ! Stop !

Et il ne sut pas si c'était dû à la simple force de sa volonté, mais tout s'arrêta, il n'y eut plus un son. Draco tomba à genoux, vaincu par le poids de tout ce qu'avait vécu Harry. Le survivant le regarda, un peu surpris :

-Tu vas bien Malefoy ? demanda-t-il d'une voix douce.

-Non, pas vraiment…répondit-il en se relevant avec difficulté. Qu'est ce que c'est que tous ça Harry, pourquoi restes-tu bloqué ici ? Est-ce l'effet d'une malédiction, de magie noire ?

Harry le regarda avec un sourire triste, un peu tordu :

-Non, bien sûr que non. Tu ne comprends donc pas ?

These wounds won't seem to heal
This pain is just too real
There's just too much the time cannot erase

Draco ferma les yeux, il comprenait, il comprenait tout. Il regretta d'avoir utilisé ce sort sur Harry, parce qu'il y'a des choses que l'on ne préfère pas savoir, et aussi parce qu'il n'était vraiment pas assez fort pour supporter cela. Bien sur, Harry n'était l'objet d'aucune malédiction, ou plutôt si, toute sa vie avait été maudite. Et si aujourd'hui, alors qu'il était inconscient, il revoyait passer en boucle tout les pires moments de sa vie, c'était juste parce qu'il n'avait rien d'autre à penser. Car en effet, Draco le savait, à chaque fois que Harry fermait les yeux, à chaque fois qu'il laissait son esprit vagabonder, c'était ces choses là qui lui passaient à l'esprit, invariablement.

Draco avait froid, il se sentait malade, comme si, à la place de l'âme si pure et si innocente de Harry qu'il avait accueilli un peu plus tôt, c'était maintenant un détraqueur qui s'était installé dans sa poitrine. Comme si tout l'espoir, tout le bonheur, toute la chaleur du monde s'étaient envolés à jamais. Et dans un accès de désespoir, il se rendit compte que si c'était véritablement ce que ressentait Harry, tous les jours, alors il comprenait parfaitement que celui-ci ait abandonné la partie, qu'il n'ait plus envie de se battre. Il lui semblait déjà stupéfiant que Harry ait trouvé la force nécessaire en lui pour accomplir ce qu'il avait accompli. Pourtant, une toute petite voix, au fond de la tête de Draco, une voix qui ressemblait fort à celle de Harry, lui soufflait que dans un monde qu'il avait quitté il n'y a pas si longtemps, l'espoir existait encore, le soleil brillait de temps à autres, et il arrivait même aux hommes d'être heureux. Alors, suivant cette petite voix dans son esprit, Draco tenta de toutes ses forces de s'arracher à la douleur de Harry, de faire la part des choses entre le ressenti du survivant et le sien. Et comme il avait vu Harry le faire quelques souvenirs plus tôt, il réussit à trouver en lui suffisamment de force et de sang froid pour se remettre à parler.

-Harry, tu es en train de mourir, dit-il d'une voix encore faible.

-Oui, c'est ce que j'avais cru comprendre, lui répondit le survivant , d'un ton parfaitement neutre, comme si il s'était habitué à l'idée depuis longtemps déjà, ce qui étais le cas, songea Draco.

-Il faut que tu te battes Harry, le monde que tu as créé est meilleur que celui que tu veux quitter. Il y'a encore de l'espoir…

-Pas pour moi. Dans mon monde, il n'y aura plus jamais d'espoir. Tu as vu tout ce qu'il y'avait en moi, tu sais ce que je ressent Draco. Il y'a des choses qui ne pourront jamais être réparées pour moi.

Draco se sentit envahi par une nouvelle vague de douleur, comment convaincre ce garçon qui avait tant perdu qu'il existait encore des choses belles dans ce monde ?

-Harry, la guerre n'a pas tout détruit tu sais ? Tu as encore des amis dehors qui t'attendent ! Pense aux Weasley, pense à Granger !

-J'ai bien peur que ce soit insuffisant, ils se remettront de ma mort…

-Il y'a tellement de gens qui attendent que tu te réveilles Harry, même Rogue vient te voir presque tous les jours !

Draco vit une légère surprise se dessiner dans les yeux de Harry, mais il sut instantanément que cela aussi, c'était insuffisant. Il ne savait plus quoi faire, et il se rendit compte, affolé, que les sentiments de Harry commençaient à nouveau à l'envahir. Le survivant sembla noter sa panique, car il reprit :

-Ecoute Draco. Pour moi, c'est fini. Je n'en peux plus. Je me suis battu tant que vous aviez besoin de moi, j'ai fait tout ce que j'ai pu, j'ai fait tout ce que je devais, et maintenant que plus personne n'a besoin de moi, j'ai le droit de m'en aller, j'ai le droit d'arrêter de souffrir. S'il te plaît, laisse moi partir.

Et là, Draco fit quelque chose que lui-même n'avait pas prévu, qu'il n'aurait jamais imaginé. En deux pas, il traversa la distance qui le séparait de Harry, et il l'embrassa. C'était un baiser passionné, désespéré. Et alors qu'il sentit Harry s'abandonner à cette étreinte, il sentit aussi autre chose. Un sentiment qui était jusqu'alors absent du coeur de Harry semblait naître timidement de ce baiser.

Mais quand Draco parvint à reconnaître ce qu'était ce sentiment, il s'écarta violemment de Harry, brisant cette étreinte dont il était pourtant responsable. Terrifié, il tourna les talons et partit en courant, sous le regard perdu de Harry.

oOo

Draco se réveilla en sursaut dans la chambre d'hôpital de Harry. Celui-ci n'avait pas bougé, il était toujours paisiblement endormi. Le blond se leva brusquement en repensant à ce qu'il venait de vivre, ce qu'il venait de faire… Quand lui et Harry s'étaient embrassés, il avait fini par reconnaître ce sentiment, cette émotion qu'il avait pourtant cherché à faire apparaître chez le brun, mais pas de cette façon, l'espoir. Doucement, il s'approcha du brun et lui pris la main :

-Je suis désolé, je ne peux pas être ton espoir, souffla-t-il seulement avant de s'enfuir de la pièce, comme un lâche.

oOo


Alors, la traduction de la chanson :

Je suis si fatiguée d'être ici
Etouffé par toutes mes peurs enfantines

Et si tu dois partir
Alors j'espère que tu partiras vite
Car ta présence s'attardera toujours ici
Et ne me laissera pas seul

Autrefois, tu me captivais
Par ta lumière résonnante
Maintenant je suis restée prisonnier de cette vie que tu as laissé
Ton visage hante
Mes rêves autrefois agréables

Ta voix a chassé
Toute la raison en moi

Ces blessures ne sembles pas guérir

Cette peine est juste trop réelle

Il y'en a juste trop que le temps ne peut effacer

Quand tu pleurais, j'essuyais toutes tes larmes
Quand tu criais, je combattais toutes tes craintes
J'ai tenu ta main pendant toutes ces années
Mais tu as toujours
Tout de moi

J'ai tant lutté pour me convaincre que tu étais bien partie
Mais bien que tu sois toujours avec moi
Je suis seul depuis le début

Ces blessures ne sembles pas guérir

Cette peine est juste trop réelle

Il y'en a juste trop que le temps ne peut effacer

Quand tu pleurais, j'essuyais toutes tes larmes
Quand tu criais, je combattais toutes tes craintes
J'ai tenu ta main pendant toutes ces années
Mais tu as toujours
Tout de moi

Voilà pour ce second chapitre. Une troisième et dernière partie est en préparation et devrait normalement arriver très bientôt. Merci à ceux qui me lisent, j'espère que ça vous a plu. Et si vous avez le temps, n'hésitez surtout pas a rewiewer !