Disclaimer: Bien évidemment, et comme toujours, rien de tous cela ne m'appartient. Remercions tous ensemble J.K. Rowling.

Warning: Contiens une relation à caractère homosexuel, donc homophobes, soyez gentils de passer votre chemin.

Note de l'auteuse: Et oui, pour une fois, je n'ai pas trop de retard dans mes publications! Merci à ceux qui aiment mon histoire…


Nous y étions, maintenant j'allais devoir face à tous les gens que j'avait passé ma jeunesse à insulter, et cette perspective ne me réjouissait pas... vraiment pas. Harry me prit la main:

-Tu es prêt?

-Quand faut y'aller...

Le portail fit un bruit épouvantable en s'ouvrant, et à peine avions nous fait un pas à l'intérieur de la propriété qu'une tête rousse fit son apparition à la porte d'entrée, puis une autre, et encore une autre, jusqu'à ce qu'une véritable tribu se forme en ligne devant la maison. L'atmosphère était emplie d'une tension que je parvenait mal à comprendre. Tous avaient les yeux rivés sur Harry, et gardaient une distance respectueuses. Oui, respectueuse était bien le mot. Une chose dont je m'étais aperçue le jour précédent me sauta à nouveau aux yeux, le regard des gens avait changé sur Harry, même celui de ses plus proches amis. Il n'était plus le petit garçon étrange qui avait accompli un exploit sans le vouloir, il était devenu un vrai héros, un héros qui les avait tous sauvé, un héros sans qui ils ne seraient pas là aujourd'hui, et cela installait indéniablement une distance. Harry était devenu une sorte de créature légendaire qu'il était impossible de regarder sans se brûler les yeux. Je m'attendais presque à ce que la tribu s'incline pour montrer son respect et sa gratitude à Harry. Cela me mit mal à l'aise, parce que je savais que Harry n'aimait pas ça. J'avais envie de leur dire de ne pas faire ça, d'arrêter de se comporter ainsi, que Harry ne pourrait jamais retrouver une vie normale si ils continuaient. Mais peut-être fallait-il se rendre à l'évidence, Harry ,ne serait jamais aussi normal qu'il l'aurait souhaité.
Pourtant, alors que je pensais tout cela, l'atmosphère changea brusquement alors que Madame Weasley s'approchait de nous en courrant presque, la scène sembla se ranimer.

-Harry, mon chéri, nous avons eu tellement peur pour toi. Je suis si heureuse que tu ailles mieux, ne me refais plus jamais une peur pareille! S'écria la petite femme replète en étouffant Harry entre ses bras.

-Promis Madame Weasley.

-Enfin, Harry, tu es un adulte maintenant, appelle moi Molly, sois gentil.

Monsieur Weasley s'approcha à son tour, et serra lui la main.

-Pareil pour moi, Harry. Je suis heureux que tu ailles mieux, je suis... très fier de toi mon garçon.

-Merci, mons... Arthur.

Harry se mit alors à saluer tout le monde tour à tour, il prit Ginny dans ses bras, serra la main de Charlie, offrit une poignée de main maladroite à Percy, serra George contre lui sans lui dire un mot, et s'arrêta près de Bill et Fleur, qui arborait un joli petit ventre rond. Il avait l'air émerveillé.

-Tu es enceinte! Je... Félicitation, mais ... quand?

-Je suis enceinte de trois mois, Harry.

-Je suppose que vous ne savez pas si ce sera une fille un garçon.

-C'est une fille, répondit la belle jeune femme sur le ton de l'évidence.

Bill rit:

-Fleur dit que les premiers nés dans sa famille sont toujours des filles.

-Nous l'appellerons Victoire! Continua la jeune femme.

Une ombre passa sur le visage de Harry.

-Harry, je... Les autres m'ont dit que je ne devais pas te dire ça, reprit-elle, mais je tiens à te dire ce que je pense au moins une fois, après, je te jure que je te laisserais tranquille avec ça. Mais, Harry, si cette petite fille à la chance de naître dans un monde un paix, et que nous sommes encore tous là pour la voir, c'est entièrement grâce à toi, alors je te remercie, infiniment.

Harry ne répondit pas tout de suite. Je voyais sur le visage des autres qu'ils pensaient tous la même chose. J'attrapai la main de Harry pour le soutenir, et je vis que ce geste ne passait pas inaperçu, mais je m'en fichais, tout ce que je voulais, c'est que Harry sache que j'étais là pour lui, à cet instant. Harry, encouragé par mon contact, finit par se reprendre:

-Y'a pas de quoi, vraiment...

Fleur allait répondre, mais Harry se détourna d'elle, signifiant clairement la fin de la conversation. Il s'approcha alors de ses deux meilleurs amis, qu'il prit tout à tour dans ses bras.

-Bonjour Harry, comment vas-tu aujourd'hui?

-Bien, merci Hermione.

-Et toi Draco?

C'était la première personne qui ne prétendait pas ignorer mon existence.

-Bien, merci.

-Je suis désolé, Harry, ma mère s'est un peu laissée emporter.

-Je m'en doute oui, il y'a du monde qui va arriver?

-Oui, mais seulement des proches, beaucoup de gens ont entendu que tu t'étais réveillé, ils voulaient tous venir te voir, alors maman a invité quelques personnes a déjeuner.

-Je vois.

Madame Weasley s'approcha alors de nous.

-Harry, mon ange, tu restes déjeuner avec nous bien sur?

-Ca aurait été avec plaisir, Molly, mais je comptais déjeuner avec Draco ce midi.

Un blanc suivit sa déclaration, Harry avait dit cela d'une voix glaciale, exprimant ainsi son agacement de voir tous le monde m'ignorer ainsi. Je me sentis affreusement mal à l'aise, je ne voulais vraiment pas être l'élément perturbateur de ces retrouvailles. Madame Weasley eut un petit rire nerveux, alors que Harry la regardait assez froidement, attendant sa réaction:

-Bien sûr, Monsieur Malfoy est bienvenu à notre table.

-Dans ce cas, oui, bien sûr, nous restons déjeuner! S'exclama Harry, retrouvant toute se chaleur.

Le blanc passa, et j'eus l'impression qu'un peu moins d'hostilité m'était destiné.

-Nous avons aussi toutes tes affaires ici, dans la chambre de Ron.

-Génial, je vais aller me changer!

Et Harry partit vers la maison, me laissant là, seul, ne sachant où me mettre. Les Weasley se dispersèrent, et je décidai d'entrer à mon tour dans la maison, à la suite de Madame Weasley, afin de lui proposer mon aide. J'entrai dans la cuisine pour trouver la petite femme attelée aux fourneaux.

-Avez-vous besoin d'aide, Madame Weasley.

-Oh, non, c'est gentil de votre part de proposer.

Un moment de silence succéda à notre échange.

-Votre maison est charmante.

-Merci, dit-elle en se retournant enfin vers moi. Mais vous n'avez pas à faire toutes ces politesses monsieur Malfoy.

-Je suis sincère, votre maison est extrêmement chaleureuse. J'ai toujours vécu dans un manoir glacial, vous savez? Ici, c'est peut-être moins luxueux, mais tout est empli d'amour.

-C'est vrai, répondit-elle avec un petit sourire triste. Je suis désolé de la façon dont je vous aie accueilli ici Monsieur Malfoy.

-Ce n'est rien Madame Weasley, et appelez-moi Draco, je vous en prie.

-Bien, et non, ce n'est pas rien. Nous vous devons beaucoup Draco, c'est vous qui avez réussit à sortir Harry de l'état dans lequel il était plongé, et nous vous en sommes tous reconnaissants. Je ne devrais pas me laisser guider par les mauvais préjugés que j'ai contre vous.

-Ce ne sont pas des préjugés, Madame Weasley, j'ai vraiment été un horrible con... désolé, abruti, et c'est bien naturel que vous n'ayez pas confiance en moi. Mais pour Harry, j'aimerais changer.

-J'ai l'impression que ma maison n'est pas la seule chose emplie d'amour, me dit-elle avec un sourire. Harry mérite d'être heureux plus que n'importe qui, et depuis tout ce temps, je devrais avoir confiance dans son jugement. De plus, je dois avouer que vous formez un très joli couple tous les deux. Et si Harry vous fait confiance, sachez que vous êtes dorénavant le bienvenu ici Draco, avec ou sans lui.

La petite femme se retourna à nouveau vers ses fourneaux et je souris. Je ne me débrouillais pas si mal que cela, au bout de quelques minutes seulement, j'étais devenu un invité permanent du terrier. Je jetai un regard vers la porte, me demandant ou Harry était.

-La chambre de Ron se trouve sous les toits, au dernier étage, me lança Madame Weasley, un sourire dans la voix, comme si elle avait lu dans mes pensées.

Je quittai alors la pièce et prit l'escalier, je montai les nombreux étages, curieux de savoir ce que cachait toutes ces portes, mais n'osant m'aventurer ou je n'avais pas été spécifiquement invité. Finalement, j'arrivai sur le dernier palier, et ouvrit la porte de la chambre de Ron.

-Oh, c'est toi?

-Oui, désolé, j'aurais peut-être dû frapper.

Harry était assis sur le lit, son magnifique éclair de feu sur les genoux. Je ne pus m'empêcher d'admirer le balai, c'était un modèle assez vieux déjà, mais selon moi, aucun balai de course n'avait pût le surpasser jusque là.

-J'étais en train de me demander depuis combien de temps je n'avais pas joué au quidditch, ça me manque...

-Quand nous serons installé, nous aurons suffisamment d'espace pour jouer quand nous le désirerons, remarquai-je avec un sourire.

-Tu as raison, dit-il en se levant.

Il se dirigea vers un gros sacs de vêtements et commença à farfouiller dedans, il en sortit quelques vêtements et commença à enlever les siens sans aucune pudeur. Je me détournai alors qu'il se retrouvait torse nu devant moi, peu désireux de reproduire l'épisode de la salle de bain.

-Comment ça va, lui demandai-je, essayant de contrôler ma voix.

-Ca peut aller, soupira t'il. Je suis heureux de voir les Weasley, mais la situation est difficile.

Je ne répondis pas.

-Tu as remarqué n'est ce pas?

A nouveau, je gardai le silence. Le bruit de froissement derrière moi s'était arrêté.

-Ils me regardent comme si j'étais un monstre...

-Non, pas comme un monstre, comme un héros.

-C'est pareil, grommela-t-il.

-Non. Rappelle toi de la première fois que tu es arrivé à Poudlard, tous le monde te regardait comme ça. Laisse leur juste le temps de s'habituer, de se rappeler que tu es toujours le Harry qu'ils connaissaient avant que tu ne tues Voldemort.

-Les choses ne seront plus jamais comme avant.

-C'est possible. Mais pas forcément en mal.

-Comment ça?

-Et bien oui, les gens te regarderont avec encore plus de respect et d'admiration. Mais d'autres choses ont changées Harry, rappelle toi pourquoi les gens te regardent ainsi. Plus jamais tu n'auras à te battre contre Voldemort, plus de drame, plus de peur...

-Je suppose que tu as raison.

Je sentis sa main se glisser dans la mienne. Je me tournais vers lui.

-Tu es... très beau, remarquai-je, un peu surpris.

Il portait un jean bleu foncé, bien ajusté et une chemise noire dont les manches étaient remontées jusqu'aux coudes, et qui laissait entrevoir la naissance de son torse bronzé. C'était simple, mais cela le rendait incroyablement sexy.

-Merci.

-Je ne t'avais jamais vu habillé ainsi, lui dis-je, me rappelant avec horreur les vieux vêtements trop grands qu'il portait quelques minutes plus tôt et qui étaient son habitude.

-Hermione doit m'avoir acheté ces vêtements, elle a toujours voulu que je fasse plus attention à moi. Et je dois avouer que ça commençait à me plaire, mais à quoi bon porter ce genre de vêtement quand tu passe ton temps à te battre?

-En tout cas, tu es magnifique.

Il me sourit à nouveau et me proposa de redescendre. Nous prîmes alors les escaliers, Harry m'indiquant devant chaque nouvelle porte ce qu'il y'avait derrière. Granger et Weasley se trouvaient dans l'entrée quand nous y arrivâmes.

-Harry, tu es splendide! s'exclama la jeune femme. Je savais que ça t'irait à merveille!

-Merci, Hermione.

Nous entrâmes tour à tour dans la cuisine, Ronald voulant savoir quand le déjeuner serait prêt.

-Tu es très beau Harry! S'exclama à son tour Madame Weasley.

-Bon, ça va les compliments! Grogna Ron.

-N'est-ce pas moi qui devrait être jaloux? demandai-je.

Les autres rirent à ma plaisanterie, et cela me fit étrangement plaisir, de voir qu'ils m'acceptaient et qu'ils étaient assez à l'aise avec moi et avec la relation que j'entretenais avec Harry pour rire à cette stupide plaisanterie. C'est à ce moment que la plus jeune des Weasley entra dans la pièce déjà bondée. Je la vis jeter un regard rapide sur Harry et se détourner rapidement.

-Quelqu'un pourrait-il venir m'aider avec les gnomes du jardin?

-Je viens si tu veux, proposai-je soucieux de faire bon impression à tout le monde.

-Je ne t'ai rien demandé Malfoy!

Sa réponse m'atteint comme une gifle. Harry attrapa ma main dans un geste défensif et protecteur, bien que discret. Et je me rappelai soudain que Harry et Ginny étaient sortis ensemble. J'avais vu nombre de choses qui se trouvaient dans la tête de Harry, et je savais que quand lui et la jeune Weasley avaient rompu, ils pensaient tous deux se remettre ensemble à la fin de la guerre. D'ailleurs tout le monde devaient penser ainsi. Mais j'étais arrivé, et j'avais détruit tout leurs rêve de voir Harry épouser un jour Ginny, et avoir de beaux petits Potter/Weasley avec elle. Je me sentis affreusement gêné.

-Ginevra! Je te prierais d'être polie avec nos invités.

La jeune fille ne répondit pas à sa mère, et je sentis Harry se tendre légèrement à mes cotés.

-Ginny, je pourrais te parler quelques minutes, en privé?

-Bien sur, soupira la jeune fille.

Je serrai la main de Harry plus fort. je ne voulais pas qu'il y aille, soudain, je pris conscience qu'il avait vraiment aimé cette fille, que lui aussi s'était imaginé finir sa vie avec elle. Et j'étais effrayé à l'idée que peut être Harry pourrait se rendre compte que finalement c'était cela qu'il voulait, que c'était avec elle qu'il voulait vivre dans la maison sur la falaise. Harry porta ma main à ses lèvres, puis détacha mes doigts des siens, et finit par quitter la pièce sans me jeter un regard de plus. Un frisson m'envahit.
Un moment de silence plana tandis que je continuai de regarder la porte par laquelle était sorti Harry.

-Bon les enfants, ne restez pas dans mes pattes, allez plutôt profiter du soleil! S'exclama alors Madame Weasley.

Granger, Weasley et moi sortîmes en silence. Le couple s'assit sur un petit banc près de l'entrée de la maison, en plein soleil. Plus loin, Fleur était assise sur une chaise de jardin et Bill, accroupit devant elle caressait son ventre. Charlie lisait un livre, au soleil. Et au fond du jardin, Harry et Ginny discutaient. Je ne pouvais m'empêcher de les regarder bien que je ne puisse entendre ce qu'ils se racontaient. La jeune fille n'avait pas l'air ravie, et cela me rassura quelque peu. Mais à cet instant, Harry avança sa main vers son visage pour caresser sa joue, et instinctivement, je fis un pas vers eux que je réprimai bien vite. Je brûlai d'aller les rejoindre pour dire à Ginny que Harry était à moi, qu'elle n'avait pas intérêt à essayer de me le piquer! Je ne mis pas très longtemps à comprendre quel était ce sentiment qui m'envahissait. C'était nouveau pour moi qui avait toujours tout possédé, qui n'avait qu'eut à demander pour avoir ce qui me plaisait, j'étais jaloux, horriblement. Je ne voulais pas qu'elle le touche, Harry m'appartenait, et à personne d'autre. J'entendis un ricanement derrière moi qui me fit me retourner, Weasley me regardait d'un air goguenard.

-Alors, Malfoy, jaloux?

-Ca te plaît bien hein?

-Je dois avouer que c'est plutôt marrant!

-Laisse le tranquille Ron! Le morigéna Hermione. Ecoutes, Draco, tu sais bien que Harry ne vas pas te quitter.

Je ne répondis pas, non, je ne savais pas.

-Draco, ça saute aux yeux que Harry t'aimes!

-Aujourd'hui, oui, mais avant?

-Le passé reste dans le passé Malfoy, toi aussi tu as vécu d'autres choses avant lui.

A nouveau, je ne répondis pas. J'avais bien eu quelques attirances, mais rien qui puisse rendre jaloux Harry, au vu de ce que j'éprouvais pour lui. Ron sembla comprendre que mon passé amoureux était vide, il voulut faire un commentaire, mais Hermione lui mit un coup de coude dans les côtes.

-Draco, tu n'as aucun souci à te faire. Harry est quelqu'un de parfaitement honnête, il n'est pas capable de passer d'une personne à l'autre de cette façon.

-Je ne doute pas de son honnêteté, ce qui m'effraie, c'est qu'il se rende compte qu'honnêtement ce n'est pas avec moi qu'il veut être, mais avec elle.

Ron rit à nouveau avant de répondre:

-Sérieusement, je ne crois pas que ça arrivera. Je pense qu'il a beaucoup aimé Ginny, mais les choses ont changé, Harry a changé...

-Et ça ne te dérange pas toi, que je vole le copain de ta soeur?

Ron se pencha en avant, l'air de réfléchir.

-Comme Hermione le disait, Harry est quelqu'un de parfaitement honnête, et je crois qu'il l'a toujours été avec ma soeur. Quand il disait l'aimer comme maintenant qu'il ne l'aime plus. Et ne plus aimer quelqu'un, et bien ce sont des choses qui arrivent, je ne peux pas blâmer Harry sur ça. Et je ne pense pas que cela ait vraiment rapport avec toi. Si tu n'avais pas été là, je ne pense pas qu'il serait ressorti avec Ginny pour autant. Bien sûr, Harry aurait pu faire preuve d'un peu plus de jugement en tombant amoureux, mais bon...

Je souris à l'insulte, parce que je savais qu'il ne le pensait qu'à moitié. J'avais encore du mal à me faire à l'idée que ces deux là puisse me donner une seconde chance.

-Alors tu vois, Draco, il n'est pas nécessaire d'être inquiet à ce point.

-Je ne sais pas si je pourrais m'en empêcher.

-Dans ce cas ne te retourne pas.

A la remarque de Ron, je me retournai, bien évidemment. Et je vis que Harry tenait maintenant Ginny dans ses bras. Je soupirai, essayant de contrôler mes émotions, serrant les poings. Je me retournai à nouveau pour trouver ces deux imbéciles en train de sourire.

-Draco, il va falloir que tu travailles sur ça, ce ne sera pas possible avec Harry. Certaines personnes trouvent la jalousie séduisante, mais je doute que ça ne fonctionne très bien avec lui. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais Harry a désespérément besoin d'être présent pour tous ceux qui ont besoin de lui. Si il pouvait se dédoubler, il le ferait sans attendre, pour pouvoir être avec tout le monde en même temps, alors il va falloir que tu apprennes à partager.

Bien sur, elle avait raison, Harry avait toujours été comme ça, se sentant responsable de tout ce qu'il pouvait arriver aux autres. Quand je me retournai à nouveau vers lui et Ginny, je vis que la jeune fille l'avait quitté et se dirigeait vers nous. Elle passa près de moi sans même m'accorder un regard, les bras serrés autour de sa poitrine, les yeux rouges, et entra dans la maison. Hermione soupira et se leva pour aller la rejoindre, voulant sûrement la consoler.

-Je suis désolé, dis-je à Ron, me sentant coupable.

-Je t'ai déjà dit que ce n'était pas de ta faute.

Harry était maintenant dos à nous, au loin.

-Qu'est ce que tu attends pour aller le rejoindre?

Je ne répondis pas, mais commençai à avancer vers Harry. Quand j'arrivai à lui, je glissai ma main dans la sienne.

-Tu vas bien?

-Tu n'arrêtes pas de me demander ça.

-Je sais, c'est parce que je m'inquiète pour toi.

-Ca peut aller...

-Harry, tu sais... tu... tu es libre.

-Qu'est ce que tu veux dire? me demanda t-il en se tournant vers moi, fronçant les sourcils.

J'hésitai, ne sachant trop comment dire ce que je voulais dire.

-Les choses se sont bousculées depuis ton réveil, et si tu t'es rendu compte que ce qu'il s'est passé depuis n'est pas réellement ce que tu veux...

Harry retira vivement sa main de la mienne et se détourna. Je baissai les yeux, ne sachant trop ce que cela voulait dire.

-Tu es libre...

-Draco, arrêtes ça.

Le ton de sa voix montrait clairement son agacement. Et quand il se retourna, je vis dans ses yeux qu'il était en colère:

-Tu crois que je viens de faire ça pour rien? Me demanda t'il en désignant la direction qu'avait pris Ginny en partant. Tu crois vraiment que je m'amuserai à la faire pleurer pour ensuite te quitter?

Je baissai les yeux, oui, j'avais peur de cela, pouvait-il vraiment me le reprocher?

-Draco, je ne sais pas comment faire pour que tu me fasses confiance. Je ne sais pas ce qu'il te faut.

Il avait l'air déçu, et j'avais envie de lui dire que ce n'était pas en lui que je n''avais pas confiance, mais en moi.

-Parle moi! Dis moi pourquoi tu crois que je préfèrerai être avec elle qu'avec toi?

-Elle est parfaite pour toi Harry, elle a toujours été à tes cotés! Tu était prêt à perdre ton meilleur ami pour elle. Elle te donnerait une famille, la famille dont tu rêves...

Quand je m'arrêtai, ma voix n'étais plus qu'un souffle. J'étais surpris moi-même de ce que je venais de dire, je n'avais pas cerné mes propres incertitudes avant de les énumérer à voix haute.

-Et qu'est ce que j'ai fait tout à l'heure quand tout le monde t'a ignoré?

Sa voix était dure.

-J'ai pris le risque de tous les perdre, si ils ne t'acceptaient pas Draco. Je ne veux pas entrer dans la famille Weasley, ils sont déjà une famille pour moi. Et ma famille à moi, c'est avec toi que je veux la fonder, tu comprends. Pas avec Ginny.

-Alors, pourquoi est ce que tu sembles si triste? demandai-je timidement.

-Parce que j'aime Ginny, et que je suis triste qu'elle soit triste, surtout qu'elle soit triste à cause de moi. Je... Je ne me suis pas réveillé pour faire pleurer les gens que j'aime.

Je ne répondis pas, c'était juste parfaitement censé.

-Et là, j'ai vraiment besoin que tu m'accordes un peu plus de crédit, que tu nous accorde un peu plus de confiance. Parce que ça ne marchera pas si tu passes ton temps à douter de nous Draco, moi, je ne peux pas marcher comme ça. J'ai besoin de toi à mes cotés, et dans l'état actuel des choses, je ne suis pas assez fort pour passer mon temps à te rassurer. Alors, s'il te plait, fais moi confiance.

Je repris sa main.

-Je suis désolé Harry, je suis nul. Je n'arrête pas de déconner. Mais sois indulgent avec moi, je t'en prie. Ma vie n'a pas été aussi dure que la tienne, mais je n'ai pas l'habitude de fréquenter des gens comme toi. Je n'ai l'habitude qu'on m'aime sans rien attendre en retour, sans que j'ai besoin de ne rien faire...

Il me regarda, et sembla prendre pitié de mon air minable.

-Ecoute, Draco, je suis comme je suis, et je ne me referais pas. Le fait est que j'aimerais pouvoir faire en sorte que les gens que j'aime ne souffrent jamais, et 'est pour cela que j'ai du mal à gérer de faire souffrir Ginny, mais je t'aime. Je ne sais pas combien de fois il faudra encore que je te le répète pour que tu commences à la croire enfin, mais je t'aime.

-Moi aussi Harry, c'est juste que... tu es trop bien pour moi...

-Tu es incroyable Draco! Mais si c'est vraiment ce que tu crois, alors tu as intérêt à tout faire pour me mériter, parce que moi je ne suis pas prêt de te lâcher. Alors si tu persistes à voir les choses de cette façon, ton foutu complexe d'infériorité ne va pas aller en s'améliorant!

Je souris, Harry était un ange. Et j'allais faire exactement ce qu'il me conseillait. Si il était prêt à m'attendre, alors je deviendrais assez bien pour lui, un jour.
Un craquement du portail nous fit tourner la tête, et alors que je réprimais un soupir de voir un nouveau Gryffondor arriver, un large sourire s'afficha sur le visage d'Harry, qui déjà s'élançait vers le nouvel arrivant.

-Neville, s'exclama-t-il alors qu'il arrivait à ses cotés.

-Harry! Lança l'autre sur le même ton.

Je me retins avec difficulté de lancer un "Draco!" retentissant pour ne pas être en reste, mais j'eus la très nette impression que cela ferait mauvais genre.
Les deux Gryffondor se faisaient face. Et Londubat fit quelque chose que personne n'avait osé faire jusque là, il s'inclina face à Harry. A cet instant, je le détestai encore bien plus que durant nos années à Poudlard, parce que je savais que Harry n'apprécierais pas. Je regardai celui-ci avec appréhension et vit qu'il n'avait pas l'air aussi affecté que je ne l'avait craint. Il semblait gêné, mais regardait le garçon avec un sourire doux et compréhensif. Je me demandai un instant pourquoi l'attitude de Harry était si différente avec Londubat, et compris assez rapidement en repensant à nos années d'école. Neville avait toujours admiré Harry, jamais il n'avait pensé que celui-ci était autre chose qu'un grand héros, et il l'avait toujours pris comme modèle. Harry de son coté l'avait toujours poussé en avant, confiant dans ses capacités, et aujourd'hui, il devait être fier du chemin qu'avait accompli ce garçon, jadis grassouillet et empoté.
Finalement, Harry s'avança vers Neville:

-Ce n'est pas à toi de t'incliner devant moi, Neville.

Le jeune homme se redressa avec un sourire.

-Bien sur que si. Je ne sais pas si tu te rends bien compte de ce que tu as fait pour nous Harry. Tu nous a tous permis de vivre libre, peu importe nos origines. Tu as vaincu la plus grande menace qui ai jamais pesé sur nous!

Je m'aperçus à cet instant que tous les Weasley étaient à nouveau réunis dans le jardin, et que tous semblaient approuver les mots de Londubat. Bien sur, il avait raison. Mais Harry ne semblait pas l'entendre ainsi.

-Moi, un héros? Face à toi, je ne suis pas sur de faire le poids Neville. Je te rappelle quand même que c'est toi qui a mené la résistance à Poudlard contre les Carrow au moment ou je devais me cacher comme un rat. C'est toi qui a tué Nagini, le serpent de Voldemort, et sans cela, je n'aurais rien pu faire. Mieux que tout le reste, c'est toi qui envoyé balader en face le plus grand mage noir de tous les temps en lui hurlant que tu le rejoindrais quand il gèlerais en enfer.

Alors que Harry énumérait les actes de courage de Londubat, je le vis sous un nouveau jour, et je me sentis à nouveau écrasé par le poids de ma propre lâcheté. Le jeune homme continuait de sourire et acquiesça au paroles de Harry:

-Mais c'est toi le seul qui lui a jamais fais peur. Et il avait raison d'avoir peur!

Harry avança sa main vers le visage de Neville, touchant une de ses cicatrices du bout des doigts.

-Toi aussi tu es marqué maintenant.

Neville ne sembla pas comprendre ce que Harry avait voulu dire par là. Harry ferma les yeux amèrement, et ajouta:

-Nous sommes quittes maintenant.

Neville restait dans le flou, et je dois bien avouer que moi aussi. Seuls Ron et Hermione semblaient comprendre ce que Harry voulait dire.

-Tu es un héros Neville, tu ne m'enlèveras pas cette idée de ma tête! Clama finalement Harry sur un ton plus joyeux, voulant sans aucun doute rompre le moment de tension qui s'était installé.

Cela eut l'effet escompté, car le Londubat lui répondit en riant:

-Si le grand Harry Potter le dit, alors, je ne vais pas le contrarier!

Les Weasley vinrent alors saluer le jeune Gryffondor à leurs tour, ayant saisi que le moment de retrouvaille s'était terminé. En reportant son attention ailleurs que sur Harry, Neville sembla me remarquer, d'un air dégoutté. Il se pencha discrètement sur Harry:

-Qu'est ce que Malfoy fais là?

Harry lui adressa un sourire en me prenant la main.

-Draco est mon invité Neville.

Le Gryffondor faillit tourner de l'oeil en voyant le geste de Harry: son modèle qui pactisait avec l'ennemi. Finalement il se reprit, et levant ses mains en face de lui en signe d'incompréhension, il ajouta seulement:

-Il y'a des choses qui me dépassent, mais je vais faire comme si ce n'était pas le cas.

-Oui, fais ça...

Je fus soulagé que ce moment de retrouvaille soit enfin terminé, mais c'était sans compter sur le sinistre craquement sonore qui nous parvint du portail. Hagrid, le célèbre garde-chasse se tenait devant l'entrée, l'air gêné, le portail des Weasley dans la main. J'entendis Ron ricaner non loin de moi, et un fou rire général secoua l'assemblée devant cette vision de la maladresse du semi géant.

-Je...je suis désolé Molly, je vais réparer ça tout de suite! S'exclama-t-il, embarrassé.

-Ne vous inquiétez pas pour ça, Hagrid, lui répondit le père Weasley qui déjà avait sorti sa baguette.

Le portail fut réparé en un rien de temps, et Hagrid, oubliant sa honte, finit par remarquer Harry.

-Harry, s'exclama-t-il en s'approchant de lui.

-Hagrid, comment allez-vous, le salua ce dernier.

Le géant ne répondit pas, mais prit Harry dans ses bras, manifestement très ému. Je me rappelai à ce moment là à quel point l'homme était imposant. Harry était assez grand, pourtant, dans les bras du géant, il avait l'air d'un petit garçon.

-Hagrid, finit par dire Harry. Vous M'étouffez.

-Oh, je suis désolé mon garçon, lui répondit le garde chasse en le relâchent de son étreinte. Mais je suis si heureux de voir que tu vas bien!

A présent le géant avait les larmes yeux.

-Allons Hagrid, reprenez-vous, je vais bien maintenant.

-Oui, c'est juste que je suis si heureux! Il y'a quelques semaines, je te tenais dans mes bras, tu étais mort, et te voilà devant moi, en pleine santé!

-Je suis désolé Hagrid, j'aurais voulu pouvoir vous prévenir, mais cela m'était impossible.

-Oui, je le sais bien.

Pour couper cet élan d'émotions, tout le monde se précipita sur Hagrid pour le saluer. Et finalement, quand tout le monde eut terminé, le semi géant reporta son attention sur la seule personne à qui il n'avait pas dit bonjour, moi.

-Qu'est ce que tu fais là toi!

Je ne répondis pas tout de suite, intimidé par le géant, qui, je dois bien l'avouer, m'avait toujours un peu effrayé.

-Je... Je suis là avec Harry.

A son tour, Hagrid faillit tourner de l'oeil en voyant nos mains jointes. Mais au à la différence de Longdubat, il ne semblait pas vouloir en rester là.

-Qu'est ce que ça veut dire?

-Ecoutez Hagrid, Draco et mon...

Harry se tourna vers moi, cherchant ses mots. C'est vrai que nous n'en avions pas parlé, comment était-il possible de qualifier notre relation.

-Compagnon, finit par ajouter Harry.

Compagnon, ça me paraissait bien. Cela ne laissait aucun doute sur la relation que nous entretenions tout en évitant de tomber dans la mièvrerie.

-Enfin Harry, commença Hagrid en essayant d'être discret mais sans y parvenir, c'est un Malfoy!

Harry semblait partagé entre l'agacement et l'indulgence. Finalement, contrairement à ce qu'il avait choisi un peu plus tôt dans la journée, il opta pour la diplomatie.

-Ecoutez, Hagrid, Draco n'est plus le même, et cela me ferait plaisir que vous acceptiez de lui donner une seconde chance.

Le géant me regarda d'un air revêche, ce n'était pas gagné.

-Dumbledore ne disait-il pas qu'il fallait toujours donner une seconde chance? N'en avez-vous pas bénéficié vous-même?

Je sentis le garde chasse hésiter aux derniers arguments de Harry.

-Tout de même, Harry, ce n'est pas pareil. J'étais digne de confiance moi!

Harry soupira, cherchant quoi répondre.

-Je ne vous demande pas d'avoir confiance en lui Hagrid, mais en moi. Vous avez confiance en moi n'est ce pas?

Hagrid sembla déstabilisé par le doute qui transparaissait dans la voix de Harry.

-Je n'ai jamais douté de toi Harry! Se défendit-il. Pas plus que je n'ai douté de Dumbledore!

-Je le sais bien Hagrid, c'est pourquoi je vous demande de me faire confiance à propos de Draco.

Le semi géant me regarda à nouveau, rebuté par l'idée même de me faire confiance. Mais je voyais qu'il était de moins en moins sur de lui. Il tourna les yeux vers Harry qui le suppliait du regard. Et finalement, il ne put que céder.

-Très bien! Très bien! Mais tu ne devrais pas jouer le sentimentalisme avec moi Harry, c'est injuste!

Harry ne fit que lui sourire innocemment. J'étais pour ma part aussi surpris pas la clairvoyance de Hagrid sur les manipulations de Harry, que sur le fait que Harry soit capable de manipuler quelqu'un. Le semi géant, encore trop mal à l'aise avec moi, se tourna vers Charlie en demandant des nouvelles d'une certaine Norberta. Au même moment, je sentis Harry me tirer par la main, nous écartant quelque peu du groupe. Quand nous fûmes arrivés à une distance raisonnable, Harry m'embrassa furtivement.

-Ca va? me demanda-t-il.

Je fronçais exagérément les sourcils.

-Ce n'est pas moi qui pose ce genre de questions normalement?

Il rit, et ce simple son me fit sourire.

-J'ai conscience que cela ne doit pas être évident pour toi d'être sans cesse remis en question de cette façon.

Je pris mon temps pour répondre. Bien sur, cela m'agaçait au plus haut point, je n'avais pas l'habitude d'être dans la position de celui qui est jugé. Mais je devais m'efforcer de comprendre tous ces gens si je voulais qu'ils finissent par m'accepter.

-Ils ont toutes les raisons du monde de me remettre en question.

Harry me sourit à nouveau.

-Je te remercie de prendre sur toi et de réagir de cette façon.

-C'est normal, et je dois avouer que j'aime l'idée que tu me défendes sans cesse.

-Je le ferais autant de fois que nécessaire, mais ne t'inquiètes pas, cela ne va pas durer. Je pense me faire bien comprendre sur la façon dont je voudrais qu'ils se comportent avec toi. Si tu fais des efforts de ton coté, ça va bien se passer.

Je serrais sa main un peu plus fort. Et finit par demander ce qui me trottait dans la tête.

-Je suis assez surpris de la façon dont tu t'es comporté avec Hagrid.

Il fronça les sourcils, semblant ne pas me suivre très bien. Je repris:

-Ce matin, avec Madame Weasley, tu as été très Gryffondor, tu y a été de front pour dire ce que tu pensais. Alors que là, tu as carrément manipulé Hagrid.

"Comme un Serpentard', pensai-je sans toutefois oser le dire, de peur de le vexer, lui, le Gryffondor par excellence.

-Hagrid et les Weasley ne peuvent être convaincus de la même manière. La famille Weasley a de mauvais à priori sur toi de par ton... ancienne personnalité, et par la connaissance qu'ils ont de ta famille. Ils doivent se faire leurs propre idée de qui tu es véritablement, mais il fallait les forcer légèrement à revenir sur leur jugement. Pour Hagrid c'est à la fois plus simple et plus compliqué. Il a une façon plus manichéenne de voir les choses si tu veux. Il y'a les bons et les méchants. Normalement, il suffirait que je t'accordes ma confiance pour que tu sois du cotés des bons, si seulement tu n'avais pas essayer de faire tuer son hippogriffe!

Je le regardai, surpris, cette histoire était tellement loin maintenant.

-Tu as menacé la vie d'un ami de Hagrid, d'une créature magique qui plus est. Ca ne joue pas en ta faveur! Alors j'ai du jouer sur son sentimentalisme pour le convaincre d'essayer de te voir sous un autre jour. Et puis... Je ne peux tout simplement pas me résoudre à parler méchamment à Hagrid, il est beaucoup trop gentil!

Je le regardai, incrédule.

-Je sais qu'il fait un peu peur comme ça. Mais il ne ferait pas de mal à une mouche. Tu sais... C'est lui qui est venu me chercher pour m'apprendre que j'étais un sorcier. Il a été mon premier ami dans ce monde.

Je ne répondis pas. Certaines choses m'échappaient encore dans les relations et les liens qui existaient ici. Je vis Harry me regarder, hésitant à parler.

-Qu'est ce qu'il y'a?

-Tu as dit que j'avais agi en Gryffondor avec Madame Weasley, et tu mettais cela en opposition avec la façon dont je me suis comporté avec Hagrid...

Je rougis légèrement, il voyait si clair en moi que s'en était agaçant.

-Tu voulais dire que j'avais agi en Serpentard avec Hagrid n'est ce pas?

-Oui...

Je remarquai avec surprise qu'il ne semblait pas offensé du tout.

-Tu veux que je te racontes un truc? Quand j'ai mis le choixpeau sur ma tête pour la première fois, il voulait absolument m'envoyer à Serpentard.

Je ne pus retenir un hoquet estomaqué.

-Comment?...

-Je ne voulais pas aller à Serpentard, alors il m'a envoyé à Gryffondor.

-Ca veut dire que tu es un Serpentard en vrai?

-Non pas un vrai, au vu de ce qu'il s'est passé par la suite... Je dirais que je suis moitié-moitié.

Je ris:

-Harry Potter à moitié Serpentard! Quelle blague! Et pourquoi ne voulais-tu pas venir à Serpentard?

Il sembla un peu gêné. Mais voulut tout de même me répondre honnêtement:

-A ce moment, j'avais rencontré uniquement deux sorciers, Ron qui avait envoyé à Gryffondor et avec qui j'avais tout de suite sympathisé, et toi, qui avait été envoyé à Serpentard.

Je ne répondis pas, mais contemplais sa main que je caressais doucement en me rappelant un moment cuisant de ma courte vie. Celui ou Harry Potter avait refusé ma main tendue.

-Les choses auraient pu être autrement.... Mais il ne sert à rien de regretter. Tu as refusé ta main à l'abruti que j'étais alors, mais maintenant tu t'offre tout entier à celui que je suis devenu...

Je serrais sa main plus fort, et il me sourit. Je repensai à ce qu'il s'était passé un peu plus tôt avec Neville, mais craignais de me montrer trop indiscret en posant les questions qui me brûlaient les lèvres. Cette fois, se fut Harry qui s'aperçut de mon indécision.

-Quelque chose te tracasse?

-Non, mais j'aimerais te poser une question, et j'ai peur de me montrer indiscret en la posant.

-Dis toujours, me répondit-il en haussant les épaules. Si je ne veux pas répondre, je te le dirais.

J'hésitais encore une seconde, puis me lançai:

-Tout à l'heure, tu as dis quelque chose à Londubat, quelque chose que je n'ai pas compris. Tu lui as dit qu'il était marqué...

Je vis ses yeux se voiler et regrettai instantanément d'avoir laissé ma curiosité s'exprimer.

-Laisse tomber, ce n'est pas important... M'empressai-je d'ajouter.

-Non, c'est juste que... J'aimerai oublier tout ça, mais c'est normal que tu te poses des questions. C'était somme toute assez... énigmatique je suppose.

Il me regarda soudainement dans les yeux:

-Tu sais qu'une prophétie me désignait comme la seule personne pouvant tuer Voldemort n'est ce pas?

J'acquiesçai en silence.

-Cette prophétie ne m'était pas forcément destiné. Elle parlait d'un enfant né à la toute fin du mois de juillet. Moi, je suis né le 31.... Neville, le 30...

Je jetai un regard vers un regard surpris vers Londubat, alors lui aussi était une sorte d'élu?

-Il y'avait une autre partie à la prophétie qui nous a départagé sur le rôle que nous aurions à tenir dans cette guerre. Celui qui aurait le pouvoir de tuer Voldemort serait celui qu'il aurait lui même marqué comme son égal.

Je levai vers sa cicatrice sans même y réfléchir.

-Le fait que Voldemort aie choisi d'essayer de me tuer en premier et de me considérer comme menace prioritaire a fait de moi le garçon de la prophétie. Mais c'est vrai que de temps en temps, j'ai souhaité que Voldemort aie d'abord attaqué Neville. J'aurais eu une vie normale, tu comprends?

Il semblait culpabiliser de tenir ce genre de discours.

-Je sais que je ne devrais pas souhaiter de pareilles choses à quelqu'un.

-Mais c'est normal de le faire. Il faudrait vraiment que tu sois un saint pour ne pas avoir voulu que quelqu'un d'autre porte le fardeau que tu portais.

Il m'offrit un petit sourire. Lui et moi savions que peu importe ce que je pourrais dire, Harry n'arrêterait pas de culpabiliser.

-Bien allons rejoindre les autres maintenant!

Il me tira à nouveau par la main pour me ramener au milieu des Gryffondors.

-Une minute, juste une minute, suppliai-je en lui résistant.

Il ne répondit rien, mais ne me tira plus, se plaçant juste derrière mon dos et m'entourant de ses bras puissants. Déjà épuisé, je laissais tomber ma tête en arrière sur son épaule. Il posa de léger baisers sur ma gorge tendue près de son visage, et son souffle me fit rire parce qu'il me chatouillait. Je sentais mon cœur se gonfler d'un sentiment que je ne n'avais encore ressentie que pour peu de personne, et jamais encore à cette intensité. La tendresse qui se dégageai de cette étreinte me laissais sans voix tout en me mettant parfaitement à l'aise. Jamais plus je ne saurais vivre sans cela dorénavant.

-Comment se fait il que cela me paraisse si naturel?

-Ca l'est, c'est tout, parce que je t'aime, murmura-t-il dans mon cou.

Comme à chaque fois, je sentis mon cœur prêt à exploser alors qu'il me disait ces quelques mots avec cette désarmante simplicité.

-C'est presque trop facile, tu ne penses pas?

-Non, je besoin de facile, de naturel, Draco, me répondit-il, la bouche toujours enfouie dans mon cou. J'en ai marre des drames, des larmes…

-Alors on fera en sorte qu'il n'y en ai plus.

Presque brusquement il me retourna contre lui et s'empara de ma bouche dans un baiser qui me laissa sans souffle. Finalement, il décolla sa bouche de la mienne et posa son front contre le mien.

-Retournons voir les autres maintenant.

Je le laissai me tirer par la main, encore trop ébahi par son baiser.
Il me tira vers les autres qui discutaient en petits groupes disparates sous le soleil d'été. Me lâchant la main, Harry s'approcha de la fenêtre de le cuisine restée ouverte par cette chaleur.

-Puis-je au moins mettre la table, Molly?

-Ne serait-ce pas une tactique mal déguisée pour savoir combien il reste de personnes à arriver, répondit en riant Madame Weasley, de l'intérieur de la cuisine.

-J'avoue tout! Laissez-moi quand même le faire, cela fait tellement longtemps que je n'ai pas utilisé ma baguette.

-Très bien, comme tu veux.

-Alors, pour combien dois-je mettre la table?

Un silence suivit la question, comme si elle ne comptait le nombre de ses invités que maintenant.

-17, je crois.

A son tour Harry s'arrêta un instant, ayant l'air de réfléchir. Il parut soulagé en se rendant compte qu'il ne manquait plus grand monde. Il sortit alors sa baguette, la vraie, celle qu'il avait réparé la veille et après un grand geste, deux grosse tables en bois s'élevèrent d'un endroit du jardin pour venir se placer face à lui, parfaitement alignées. Harry semblait ressentir un plaisir indicible en utilisant à nouveau sa baguette. Pendant ce temps, Hermione s'était approchée. Elle poussa un petit cri aigu.

-Mon Dieu Harry, ta baguette est réparée, je suis tellement contente!

Elle sembla réfléchir un instant, et demanda sur un ton suspicieux:

-Comment l'as-tu réparée?

Harry la regarda en riant, la jeune fille avait bien sur déjà compris.

-Grâce à ma lampe magique Hermione, un génie m'a accordé trois vœux.

-Trois vœux?

-J'ai comme l'impression que tu ne veux pas que j'utilise la baguette de Dumbledore? Et ne t'inquiètes pas, je ne l'utiliserais sûrement plus jamais après mes trois souhaits.

-Et quels sont-ils ces souhaits?

-Réparer ma baguette, apporter quelques modifications à la maison de Sirius, et le troisième, je vous le montrerai ce soir.

-Harry, tu es grand, mais…cette baguette est dangereuse tu sais?

-Oui, Hermione, ne t'inquiètes pas, je te promet que je n'ais pas envie de la garder, je préfère largement la mienne.

Je me détournais de leurs conversation pour aller m'asseoir un peu plus loin dans l'herbe, afin de profiter du soleil. Au bout de quelques minutes, je sentis un présence derrière moi, une présence pour le moins hostile. Je levais les yeux vers elle en basculant ma tête en arrière, il s'agissait de Ginny qui me fusillait du regard.

-Je peux te parler Malfoy?

J'ouvris de grands yeux surpris. Jetant un regard vers Harry, je vit qu'il nous regardait. Il ne semblait pas vouloir intervenir.

-Oui, bien sur.

Je me levais pour la suivre un peu plus loin. Harry nous regardait toujours, près à intervenir si cela venait à dégénérer en crise de jalousie, cela me rassura quelques peu.
Quand nous fumes à une distance qui lui convint, Ginny s'arrêta et se retourna vers moi. Elle ne semblait pas trop savoir par ou commencer. Finalement, elle prit une grande inspiration et commença:

-J'aime Harry.

-Je sais, répondis-je doucement.

-Mais Harry ne m'aime plus, c'est toi qu'il aime désormais. Quand il a rompu avec moi, j'étais persuadée qu'il suffisait que je l'attende, mais il ne m'aime plus. Je ne lui en veux pas pour ça, parce que je sais que quand il a rompu il pensait aussi finir avec moi.

J'attendais avec appréhension le moment ou cela me retomberait dessus.

-Je ne t'en veux pas non plus pour ça, continua-t-elle à ma plus grande surprise. On ne commande pas de qui on est amoureux, je suis bien placée pour le savoir. Harry t'aimes, tu n'y peux rien.

Je ne savais trop quoi répondre, était-ce une proposition de paix?

-Mais tu ne le mérites pas.

Visiblement non.

-Harry est un être exceptionnel, et toi tu es un cafard tout juste bon à être écrasé du plat de la chaussure.

Charmant, vraiment.

-Je ne vais pas faire comme les autres membres de ma famille, je ne vais pas faire comme si ces sept dernières années n'avaient pas eu lieu. Tu es un connard fini, et je ne suis pas près de l'oublier. Et je ne comprend pas comment Harry a pu tomber amoureux de toi, c'est carrément contre nature.

-Tu penses qu'il serait mieux avec toi? demandai-je, presque agressif.

-Clairement, avec n'importe qui plutôt qu'avec toi! Je ne sais pas si tu te rends compte du poids que Harry a du porter durant toutes ces années. Et la douleur que tu rajoutais constamment sur ses épaules, il n'en avait certainement pas besoin.

Je baissai les yeux, elle avait raison.

-La meilleure chose que tu aurais à faire, se serait de le quitter, au lieu de lui faire croire que tu es différent de ce que tu es.

Je gardai les yeux baissés Elle avait raison, à nouveau. Un petite voix au fond de ma tête ne cessait de me dire la même chose: "quittes-le avant de lui faire du mal!" Non, non, je ne devais pas penser ça, Harry avait besoin de moi!

-Tu crois vraiment que je vais l'abandonner au moment ou il a plus besoin de moi?

La petite me jaugea du regard durant quelques secondes.

-J'aimerais vraiment croire que tu es sincère quand tu dis ça.

Un moment de silence suivit ses mots. Je le rompis:

-Alors quoi, c'est la guerre ouverte pour toujours entre nous?

-Probablement, mais pas nécessairement. Harry mérite plus que quiconque d'être heureux, et aussi mal que cela me fasse de l'admettre, c'est toi qu'il a choisi, alors je dois bien l'accepter. Mais je t'aurais à l'œil Malfoy, constamment. Si finalement, il se trouve que tu as changé, alors je t'offrirai mon amitié sans rancœur, mais il me faudra du temps. En revanche, si tu le fais souffrir, je te promet que tu le regretteras. Et crois-moi, les petits sortilèges de chauve furie que je t'envoyais à l'école, c'étaient de vraies caresses.

Je souris, elle était presque effrayante. Je commençais à bien l'aimer finalement.

-On va faire un deal tous les deux Ginny. Si jamais je fais souffrir Harry, je t'engages personnellement pour m'infliger les pires souffrances que tu pourras imaginer.

Je lui tendis la main:

-Marché conclu?

Elle me regarda un instant, puis hocha la tête en me serrant la main.

-Marché conclu!

Nous retournâmes ensuite vers le groupe, et je ne pus m'empêcher de rire en voyant le visage surpris de Harry qui, assurément, n'avais rien manqué de notre échange. J'allai vers lui quand je vis une nouvelle personne au portail, une que j'appréciais cette fois.


Review?

Le prochain et dernier chapitre arrive Bientôt!