Bon! J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les deux précédents, et, pour les impatientes qui se demandent pourquoi il ne se passe toujours rien entre Bella et Edward, je voudrais préciser que je tiens absolument à développer le côté "amicale" de leur relation car, à mon sens, il me semble plus réaliste qu'ils apprennent à se connaître et à se faire confiance avant de se jeter dessus! Alors patience Ladies et je promets de ne pas vous faire languir trop longtemps!


Chapitre 3

Home Sweet Home


- Allez Bella, laisse-moi monter. Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu en fais toute une histoire.

- Non Edward, je te l'ai déjà dit cent fois, mon appartement n'est pas encore terminé, je préfère que tu viennes une fois que j'aurais tout finis.

L'air résigné, Edward remonta dans sa voiture.

- D'accord pour cette fois, mais je te préviens, je suis coriace!

J'étouffais un rire en lui faisant signe alors qu'il démarrait. Cela faisait maintenant un mois que nous nous connaissions et depuis que je lui avais dit que je refaisais toute la déco de mon appartement, il sautait sur la moindre occasion pour essayer de venir voir à quoi il ressemblait. Ma voiture était tombée en panne et il avait refusé que j'en utilise une prêtée par le garagiste. Il avait prétexté que puisqu'on avait les mêmes horaires et qu'il aimait bien conduire, il viendrait me chercher pour aller en cours et me raccompagnerait chaque soir. En réalité c'était un moyen pour découvrir où j'habitais car j'avais refusé de lui donner mon adresse après qu'il ait menacé de venir à l'improviste. Chaque matin c'était le même rituel, Edward m'attendait de pied ferme devant ma porte et je devais en venir aux mains pour l'empêcher de se glisser à l'intérieur quand j'ouvrais la porte. Ça m'amusait plus qu'autre chose à vrai dire, je savais que c'était plus un jeu pour lui et qu'à la minute où il sentirait que ça m'agaçait il arrêterait.

En revanche il y en avait une qui était énervée. La première fois qu'Edward m'avait amenée à la fac, nous étions tombés sur Lauren sur le parking. Ses yeux s'étaient écarquillés lorsqu'elle m'avait vu descendre de sa voiture et elle avait claqué sa portière si violemment que le miroir de son rétroviseur s'était détaché. Plus tard dans la journée, j'avais retrouvé dans mon casier un mot qui disait «Bella Swan, tu es inutile, tout le monde devrait te fuir comme la peste et si Edward Cullen reste avec toi c'est uniquement parce qu'il a pitié de toi». Puérile, vous avez dit puérile ? Edward avait failli s'étouffer de rire avec son yaourt quand je lui avais montré le mot. Il m'avait alors expliqué que Lauren était tout simplement jalouse parce qu'elle avait jeté son dévolu sur lui lorsqu'ils étaient au lycée ensemble. Il m'avait conseillé de prendre ces attaques à la légère et de ne pas trop m'en soucier.

Je montais les escaliers de mon immeuble en me remémorant cet épisode quand quelque chose attira mon attention. Devant ma porte, sur le paillasson, se trouvait une enveloppe blanche. Je cru pendant une fraction de seconde que c'était un tour de Cruella avant de me souvenir qu'elle ignorait où j'habitais. A vrai dire, peu de gens connaissait mon adresse. Il n'y avait qu'Edward et... Jacob. Son père, avec qui j'avais gardé de bon contact, m'avait aidé pour mon déménagement. Je m'avançais d'un pas hésitant et ramassais la lettre. Il me suffit d'un seul coup d'œil pour reconnaître l'écriture. Pourquoi fallait-il qu'il m'écrive alors que je commençais enfin à réellement l'oublier. J'ouvrais ma porte et je jetais de rage la lettre à travers la pièce. Elle atterrit dans la pile de cartons vides qui s'amoncelait contre le mur opposé. Je n'avais pas la tête à ça, j'avais prévu de me faire une soirée cinéma et rien ne pouvait me faire changer de plan. Je préparais rapidement mon dîner et mis en route mon lecteur DVD.

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Un coup de sonnette me réveilla en sursaut. J'avais dû m'endormir devant la télé car je me trouvais sur le canapé et j'étais encore habillée. Quelle heure pouvait-il bien être et qui pouvait bien sonner si tôt? Je me levais et me dirigeais vers la porte, je regardais à travers l'œil de bœuf avant d'ouvrir.

- Edward? Mais qu'est-ce que tu fais ici, quelle heure est-il?

- Je suis venu te chercher, comme d'habitude, me dit-il calmement.

- Quoi?! Répondis-je affolée. Oh mince, mince, mince! Je n'ai pas entendu mon réveil, je suis complètement en retard. Et merde !

- Du calme Bella, reprit-il, le premier cours a été décalé. Pas besoin de te mettre dans cet état là.

Mon cœur battait encore à cent à l'heure mais il commençait à ralentir.

- On dirait qu'on est chanceuse aujourd'hui, ajouta-t-il. Et que moi aussi d'ailleurs.

- Comment ça? Demandais-je.

- Allons Bella, tu ne vas pas me laisser t'attendre dehors, avoue le, tu es obligée de me laisser entrer.

Mince. Il avait réussi son coup. Je le fis patienter dehors pendant que je m'empressais de recouvrir les murs inachevés de bâches. Tout en m'activant, une pensée me traversa l'esprit. Comment pouvait-il savoir pour le cours alors que nous n'étions pas encore à la fac? Tout ça me semblait louche. Je le fis entrer en entamant l'interrogatoire.

- Edward?

- Hmm...

- Depuis quand tu possèdes des dons extralucides?

- Qu'est-ce-que tu veux dire?

- Comment t'as su pour le cours? Insistais-je, parce que, à moins que tu n'es été à la fac avant de venir ici, je ne vois pas comment tu as pu être au courant.

- Je l'ai su hier, dit-il d'un ton dégagé.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit? M'offusquais-je.

- Si je l'avais fait, je n'aurais pas eu d'excuse pour entrer.

Il me regarda avec un grand sourire et ajouta:

- Je t'avais dit que j'étais coriace.

Après m'être défoulée sur lui en lui jetant tous les coussins qui me passaient sous la main je lui ordonnais de s'asseoir et de ne toucher à rien pendant que je me douchais. Il s'assit sur le canapé, fier de sa prouesse et amusé par ma réaction.

- Comment vas-tu faire pour savoir si je n'ai pas jeté un coup d'œil derrière ces bâches? Me demanda-t-il, l'air malicieux.

- Oh c'est relativement simple tu vois, il se trouve que je n'ai pas encore réinstallé ma porte de salle de bain et avec le miroir au dessus du lavabo j'ai une vue complète sur mon salon. Donc, si tu bouge ne serait-ce qu'un doigt, je m'en rendrais compte immédiatement.

Son sourire s'effaça immédiatement et pendant que je me dirigeais vers la salle de bain je l'entendis marmonner entre ses dents quelque chose comme «plus compliqué que ce que je pensais...». Je souris. Tel était pris qui croyait prendre...

Au moment où je sortais de la douche, je sentis une odeur merveilleusement bonne embaumer mon salon. Je m'habillais à la hâte et me ruais dans la cuisine. Edward était passé derrière les fourneaux et était en train de préparer quelques tranches de pain perdu.

- Mais qu'est ce que tu fais? M'exclamais-je. Il ne fallait pas, honnêtement Edward je suis capable de me préparer à manger toute seule.

- On arrête de râler Madame «je-mange-n'importe-quoi-au-p'tit-déj'», j'en ai marre de te voir avaler à la va-vite tes vieilles tartines toutes miteuses. Au moins comme ça, elles ressemblent vraiment à quelque chose.

- Mais...protestais-je.

- On se tait et on mange pendant que c'est chaud, m'interrompit-il en me posant une assiette devant moi.

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La journée touchait à sa fin et j'attendais mon bus. Edward avait reçu un coup de téléphone juste avant le dernier cours et je ne l'avais pas revu depuis. Il m'avait appelée pour m'expliquer qu'il avait du partir en quatrième vitesse car son père venait d'être hospitalisé suite à une mauvaise chute. Rien de grave apparemment, il avait voulu grimper dans un arbre pour épater la mère d'Edward mais avait juste oublié qu'il n'avait plus 20 ans et que les quelques kilos qu'il avait pris depuis pouvaient lui nuire. Toujours est-il qu'il devait passer la nuit en observation et qu'Edward était allé tenir compagnie à sa mère. Ses parents habitaient à quatre bonnes heures de route d'ici et dans la précipitation il avait oublié son ordinateur contenant le devoir que nous devions rendre le lendemain. Il m'avait demandé d'aller le récupérer chez lui car il n'était pas sûr de pouvoir rentrer à temps pour le donner en main propre. Il avait déposé ses clés dans ma boîte aux lettres ainsi que son adresse et avait prévenu son colocataire de ma visite.

J'étais à présent dans le bus et mise à part l'odeur et la durée du trajet, il était plutôt intéressant de prendre les transports en commun. On pouvait voir toutes sortes d'individus issus de milieux complètement opposés se mêler le temps de quelques arrêts. Devant moi, une vieille dame et une jeune punk percée et tatouée discutaient de jardinage. À mon grand étonnement, c'était la jeune femme qui avait engagé la conversation en voyant les fleurs de sa voisine et elle lui demandait conseil concernant les pieds de géraniums qu'elle essayait d'entretenir dans son jardin. En un clin d'œil j'avais immortalisé ce moment avec mon appareil que j'avais sortis discrètement de mon sac. Je descendais au même arrêt que la vieille femme et lui proposais mon aide pour traverser. Celle-ci me regarda comme si j'avais voulu lui voler son sac et s'éloigna de moi à toute vitesse. «On aura tout vu» pensais-je.

En rentrant chez moi, j'avais un message de mon garagiste sur mon répondeur. Ma voiture était prête et je pouvais venir la récupérer. On pouvait dire que le timing était parfait. J'avais beau avoir apprécié mon petit voyage en bus, je ne pensais pas être capable de me lever une demi-heure plus tôt demain matin pour arriver à l'heure en cours. Et puis je devais passer chez Edward aussi. Je regardais l'heure, il me restait tout juste 20 minutes avant la fermeture du garage. Heureusement pour moi il se trouvait à deux pâtés de maison de là où j'habitais. Je repartais aussitôt.

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Je me trouvais à présent au pied de l'immeuble d'Edward que j'avais réussi à trouver non sans mal. Vu mes expériences passées en terme de lecture d'un plan ça aurait pu être pire, je ne m'étais trompée qu'une fois et je m'en étais rendue compte presque aussitôt. Le quartier était assez ancien, il était situé à l'entrée de la vieille ville. On avait divisé les grandes et vieilles bâtisses en appartements tout en gardant le caché des façades. Les rues étaient étroites et pavées et si il n'y avait eu que ma voiture de garée, on aurait pu se croire des siècles plus tôt. Des draps et des vêtements pendaient aux fenêtres et des gamins jouaient et riaient un peu plus loin. On pouvait distinguer de-ci de-là des enseignes discrètes de commerces de quartier et une odeur de pain chaud flottait dans l'air. De la musique s'élevait d'un des appartements à la fenêtre ouverte et on entendait au loin le brouhaha des voitures sur le boulevard en contrebas. À l'opposé, il y avait une petite place où des hommes s'empressaient de ranger les derniers étalages du marché de la journée. J'aurais pu rester là, appuyée sur ma voiture, un bon moment si on ne m'avait pas adressé la parole.

- C'est toi Bella? Me lança un garçon qui sortait de l'immeuble.

- Euh, oui. Répondis-je timidement.

- Salut, moi c'est Éric, dit-il en me tendant la main, je suis le colloc' d'Edward, je t'ai reconnu grâce à la voiture. Il n'avait pas menti, c'est vraiment une belle bête.

- Ah, euh, merci, bégayais-je en lui serrant la main.

- Je dois sortir là, mais fait comme chez toi, de toute façon tu as les clés. Fait juste attention en refermant la porte, parfois elle se bloque.

- Ok, merci de m'avoir prévenue.

- 'Y a pas de quoi! À la prochaine, dit-il avant de s'en aller.

Leur palier se trouvait au dernier étage et j'avais pris l'ascenseur pour y arriver. Il était d'époque, comme toutes les parties communes d'ailleurs. Pour monter dans la cabine, il fallait d'abord ouvrir une porte en fer forgé puis faire coulisser une petite grille que l'on rabattait derrière soi. L'intérieur était en bois verni et le sol était recouvert d'un vieux tapis élimé. Le clavier était en bronze et à coté de chaque bouton d'ivoire était gravé en lettre romaines le numéro des étages. J'entrais maintenant dans l'appartement, j'étais curieuse de voir où Edward habitait. Il avait déjà mentionné sa collocation mais ne m'y avait jamais vraiment invité. Je compris pourquoi alors que je pénétrais dans un salon qui devait faire le double du mien. Vu la grandeur du logement ces deux là devaient sûrement payer une petite somme pour le louer. Leur vue était imprenable à travers les grandes vitres qui donnait sur une petite terrasse. Les meubles semblaient avoir été tout droit sortis d'un cabinet de design et même les objets les plus insignifiants avaient l'air d'avoir coûté une petite fortune. Ainsi donc Edward était issu d'une famille plutôt aisée. Ça ne me paraissait pas impossible, après tout, nous n'avions pas encore eu l'occasion de nous raconter nos vies en détails. Et puis ce n'était pas étonnant de sa part qu'il n'ait rien dit à propos de sa situation sociale. C'était Edward, et Edward n'était pas du genre à étaler sa vie au public.

Je me dirigeais le long d'un couloir à la recherche de sa chambre et ouvrais la première porte que je rencontrais. La salle de bain, raté. Le deuxième essai fût le bon, enfin presque. Je me trouvais bien dans une chambre mais des affiches au goût douteux semblaient avoir remplacé la tapisserie originale, j'avais beau ne pas le connaître sur le bout des doigts, je savais qu'il n'appartenait pas à la catégorie de ceux qui aimaient s'endormir sous le regard figé de femmes dénudées. Il ne restait plus qu'une porte au bout du couloir, ce devait être la bonne.

Contrairement à celle d'Éric, la chambre d'Edward était assez sobre. Les murs étaient blancs et n'avait pour seul ornements qu'une série de photos en noir et blanc d'Eugène Atget, l'une des figures les plus emblématiques de la photographie française. La fenêtre située face à la porte laissait entrer dans la pièce de fins lambeaux de lumière qui avaient réussis à se frayer un passage en dépit du vis-à-vis. Il n'y avait pas beaucoup de meuble, juste le strict nécessaire, à savoir un lit, un bureau et une armoire. On dit souvent que pénétrer dans la chambre de quelqu'un, c'est entrer dans son monde. Certaines personnes auraient pu être déçues d'avoir si peu à se mettre sous la dent, déroutées par l'absence d'indices sur la personnalité d'Edward. Mais cela aurait voulu dire qu'elles n'avaient jamais discuté réellement avec lui. Et pour moi qui pouvais prétendre le connaître, j'arrivais mieux à le cerner après ces quelques minutes passées chez lui.

J'en étais là dans ma réflexion quand je me rappelais ce pour quoi j'étais là. Je m'installais au bureau et allumais son ordinateur. Je ne fus pas surprise de voir que le bureau de son PC était ordonné, chaque dossier étaient soigneusement classés par type et par ordre alphabétique. Je double-cliquais sur celui portant le nom «Cours». J'avais parlé trop vite, une série de document texte, de fichier photos et de sous-dossier s'affichaient dans le désordre le plus total. Pour me faciliter la tâche, je changeais les options d'affichage afin de faire apparaître les documents en miniature. « Bingo, j'te tiens! » m'exclamais-je mentalement alors que je venais de trouver le devoir. Je l'imprimais aussitôt. Seulement voila, l'imprimante d'Edward semblait dater du 19e siècle, la mise en mémoire du fichier était horriblement longue. En attendant, j'attrapais un post-it et un stylo pour griffonner un mot à l'attention d'Edward:

Edward, je t'en supplie, vie avec ton temps et achète toi une imprimante qui ne date pas du Jurassique. Profites-en aussi pour faire le ménage dans tes documents. Je t'assures, tu me remercieras un jour.

Bella.

J'allais fermer le dossier quand une image capta mon attention. Il s'agissait d'une photo d'une jeune femme à la beauté singulière qui servait de couverture à un dossier intitulé « Tanya ». Je dû faire appel à toute mon énergie pour empêcher la curiosité de prendre le dessus. Je cliquais rapidement sur la croix rouge et la fenêtre se ferma. Je récupérais le devoir maintenant imprimé et éteignais l'ordinateur. Je me hâtais de sortir de l'immeuble après avoir soigneusement refermé la porte de l'appartement et me précipitais dans ma voiture. J'avais l'impression d'avoir été une intruse prise en flagrant délit de voyeurisme par ma propre conscience. C'était une sensation étrange et nouvelle pour moi qui avais toujours mis un point d'honneur à ne pas m'occuper des affaires des autres. C'était comme si j'avais trahis l'accord tacite qu'Edward et moi avions passé quand nous avions décidé de ne pas chercher à en savoir plus que ce que l'un confiait à l'autre à son sujet.

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Je dormis mal cette nuit là mais ce n'était pas à cause de mes habituels cauchemars. Je m'étais réveillée à plusieurs reprises avec un sentiment de malaise et je n'avais pu fermer l'œil définitivement que lorsque je m'étais résignée à laisser la lumière allumée. Le lendemain je n'avais pas entendu mon réveil et c'était la raison pour laquelle j'étais à présent en train de dépasser toutes les limitations de vitesse pour arriver à l'heure à la fac et rendre les devoirs à temps. Une fois arrivée sur le campus, je faisais le reste du chemin en courant et ne m'arrêtais qu'une fois devant la salle où j'avais cours. Je reprenais mon souffle tout en jetant un coup d'œil à ma montre. J'avais 20 min de retard et je n'arrivais pas à savoir si j'entrais où si j'attendais la fin du cours. Je pris mon courage à deux mains et frappais à la porte. J'entendis mon professeur s'interrompre et quelques secondes après il vint m'ouvrir la porte.

- Que puis-je faire pour vous? Me demanda-t-il.

- Euh, voila, bredouillais-je, je sais que je suis très en retard mais je me demandais si je pouvais quand même assister à la fin de votre cours.

- Eh bien Mademoiselle, je crois que la réponse à votre question est non et sachez le pour la prochaine fois, je n'accepte aucun retardataire.

- Ah, très bien, réussis-je à articuler malgré le profond sentiment de honte qui s'emparait de moi, excusez moi de vous avoir dérangé Monsieur.

J'allais partir quand celui-ci m'interpella.

- Vous n'oubliez pas quelque chose Mademoiselle?

- Pardon? Répondis-je, surprise.

- J'avais demandé à votre classe de me rendre un devoir, reprit-il, à moins que vous ne l'ayez oublié comme votre tête apparemment.

- Oh oui, pardon, tenez, lui dis-je en lui tendant les devoirs, j'ai aussi celui d'un autre élève qui n'a pas pu venir aujourd'hui.

- Très bien, très bien, répondit-il, tâchez de rattraper le cours vous et votre camarade, il y aura sûrement une interrogation la semaine prochaine.

Il referma la porte sous mon nez et me laissa toute seule, les bras ballants au milieu du couloir désert. Je repartis vers ma voiture, j'avais réussi à rater ma seule heure de cours de la journée et mon professeur me prenait pour la reine des idiotes. «Beau palmarès, Bella».

Sur le chemin du retour je fis un détour. Je n'avais pas envie de rentrer tout de suite chez moi et je voulais visiter les environs. Je passais devant un ancien restaurant en reconstruction dont on avait mis sur le trottoir une partie du mobilier. Je me garais pour aller voir de plus près les différents meubles. Parmi eux, j'avais repéré une table basse en bois recouverte par une plaque de bronze en fer forgé. Il y avait aussi quatre petites lampes assorties. Après avoir parlé au propriétaire, celui-ci m'invita à prendre ce que je voulais puisqu'il allait tout jeter. Il m'aida à charger ma voiture et proposa même qu'un de ses fils m'accompagne pour m'aider à les transporter chez moi. Une fois les meubles montés et le garçon remercié, j'ôtais toutes les bâches de mes mûrs, j'allais terminer mon appartement aujourd'hui.