Me revoila! Encore une fois toutes mes excuses pour le retard pris dans les publications, je sais que, pour certaines, le temps commençait à se faire long. Comme (petite) compensation, ce chapitre est un peu plus long que les autres. J'espère que vous l'apprécierez, j'ai tout particulièrement aimé écrire la fin. Mais chut! Je ne vous en dit pas plus!
Enjoy!
Chapitre 5
Gueule de bois et plus si affinités
Je sentais que si j'ouvrais les yeux, ma tête déjà bourdonnante allait exploser. Je pouvais deviner à travers mes paupières closes que j'avais oublié de fermer les volets de ma chambre en rentrant et qu'elle était à présent inondée d'une lumière blanche et vive. Il me fallut un temps de préparation physique et psychologique avant de pouvoir ouvrir les yeux lentement, très lentement. J'étais allongée sur le côté, le corps tourné vers le bord de mon lit, dos à la fenêtre. Je balayais du regard la petite partie de la pièce que j'étais capable de voir afin de m'habituer à la clarté du jour. Mon regard se fixa au sol. Un tas d'habits roulé en boule gisait à terre, juste sous mes yeux, et au premier coup d'oeil je pouvais dire qu'il ne s'agissait pas des miens. Au même moment je réalisais que le poids que je sentais sur ma taille n'avait rien à voir avec la pression familière de ma couette et que les chaussures posées à côté du tas de vêtements étaient celles d'Edward.
«Oh mon Dieu, non, pas ça, je vous en pris faites que ce ne soit pas ça!». Je n'osais pas me retourner de peur que la vision d'Edward étendu à côté de moi ne confirme mes doutes. Je soulevais doucement la couette à l'endroit où elle recouvrait mon corps et glissais un regard terrifié en dessous. «Ouf!», mes vêtements étaient encore là et mon soutien gorge aussi. Lentement, je pris le poignet d'Edward entre mes mains et ôtais son bras de ma taille pour pouvoir sortir du lit. Je m'examinais alors à la recherche de toute trace de jean ou de tee-shirt déboutonné. Rien à signaler mis à part les immenses traces de boue sur mon pantalon. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour que je sois dans cet état là? Je sortis discrètement et non sans mal de la chambre. J'avais du mal à garder mon équilibre et je sentais encore les effets que l'alcool avait eu sur mon corps.
J'entrais dans mon salon et stoppais net, sidérée. Il était sans dessus dessous, le canapé était à la renverse, une partie du sol était jonchée de cadavres de bières et il y avait des cacahuètes un peu partout. Incapable de me souvenir de ce qui avait bien pu se passer ici, je restais là à contempler le désordre. Après quelques secondes et un doliprane, je pris mon courage à deux mains ainsi qu'un sac poubelle et me mis au travail. Il ne me restait plus qu'à remettre les meubles en place et à passer l'aspirateur quand j'entendis Edward m'appeler. Quand j'entrais dans la chambre je découvris un Edward en caleçon qui tenait dans ses mains ses vêtements d'un air perplexe.
- Euh, Bella, hésita-t-il, tu peux me dire ce qui est arrivé à mes vêtements?
Il était difficile pour moi de me concentrer sur la question qu'il venait de poser. Il se tenait devant moi et je ne pouvais pas m'empêcher de regarder son corps. Sa peau était lisse et chaque muscle était parfaitement dessiné. Jamais de ma vie je n'avais vu de musculature aussi fine et belle. Je détachais enfin mes yeux de son corps pour les plonger dans les siens et répondis.
- Je me suis posée exactement la même question, dis-je en lui montrant mon pantalon, jette un oeil dans le tiroir en bas de mon armoire, il y a des vêtements pour homme, sers toi.
Je sortais de la chambre, aucune fille normalement constituée n'aurait pu rester indifférente à la vision d'une plastique aussi parfaite, j'avais le coeur qui battait la chamade. Puis il s'arrêta net. Le tiroir du bas... J'avais pris l'habitude d'y ranger mes vieux sous-vêtements...
- Edward, attends! M'écriais-je en faisant demi tour et en déboulant dans ma chambre.
Trop tard, Edward était accroupi devant le tiroir ouvert et il tenait dans sa main une de mes culottes les plus affreuses.
Il se retourna vers moi, l'air à moitié gêné et à moitié amusé.
- Oh oh! Je ne savais pas qu'on faisait ce genre de modèle pour les hommes, en tout cas, celui à qui ça appartenait avait des goûts étranges!
Je me précipitais sur l'objet honteux pour lui arracher des mains et lui assenais un coup sur la tête avec pour faire disparaître son sourire narquois.
- Arrêtes de rigoler, j'ai pas mis ça depuis longtemps, me défendais-je.
- Je ne vois pas pourquoi, je la trouve super sexy, continua-t-il sur sa lancé, d'ailleurs, je pense que ça irait super bien avec ce magnifique soutien-gorge Snoopy, termina-t-il en agitant le deuxième sous-vêtements sous mon nez.
Il était toujours accroupi, aussi le poussais-je pour lui faire perdre l'équilibre et dégager l'accès à l'armoire. Je pris le tiroir entier avec moi et sortis de la chambre.
Toujours hilare, Edward s'écria:
- Où tu vas comme ça, je commençais à m'amuser!
- Je vais brûler tout ça! Criais-je du salon.
- Et mes vêtements alors? Répondit-il.
- Ah ça, t'avais qu'à y penser avant de te moquer!
Il me rejoint dans le salon.
- Waouh! S'exclama-t-il. Je me doutais qu'il y aurait du rangement à faire mais pas à ce point là! Tu veux de l'aide?
- Tu n'as qu'à préparer le petit déj' pendant que je donne un coup d'aspirateur, ensuite tu pourras me rafraîchir le mémoire en me racontant ce qui s'est passé ici hier soir.
- À vos ordres mon commandant. Puis-je? Répondit-il en montrant la stéréo.
- Bien sur, vas y, le priais-je, les CD sont sur l'étagère là-bas, sinon il y a la platine de ce côté ci, les vinyles sont dans la caisse à côté.
Après sa brève inspection de ma collection, les premiers accords de Shadowplay des Joy Division retentirent dans la pièce et couvrirent le ronronnement sourd de l'aspirateur.
Une fois notre petit déjeuner englouti, le téléphone d'Edward se mit à vibrer. Il quitta la pièce pour revenir quelques minutes après.
- C'était Eric, dit-il
- Qu'est ce qu'il se passe? Demandais-je en voyant son air perplexe.
- Et bien, apparemment lui non plus ne se souvient pas très bien de sa soirée. Il s'est réveillé dans sa voiture en plein milieu des bois et complètement nu.
Je faillis recracher mon jus d'orange.
- Tu rigoles?
- Non, et c'est pas tout, sa batterie est morte, il ne peut plus démarrer. Ajouta-t'il.
Nous restâmes là à nous regarder quelques secondes puis nous explosâmes de rire. Edward parvint à articuler:
- Je lui ai dit qu'on viendrait le chercher, j'ai pensé que tu ne voulais pas manquer ça.
Et nous repartîmes de plus belle.
- Je vais lui préparer des vêtements, réussis-je à dire entre deux éclats de rire, tu peux prendre une douche en attendant si tu veux.
- Bonne idée, répondit-il.
- Les serviettes sont dans l'armoire de la salle de bain. Indiquais-je en retournant dans ma chambre.
Quelques minutes s'étaient écoulées quand un bruit sourd suivi d'un cris éclata dans l'appartement. Alarmée, je me précipitais dans la salle de bain. Sur le sol et sous mes yeux, Edward gisait dans le plus simple appareil. Troublée encore une fois par la vision de son corps, je repris rapidement mes esprits et me retournais tout en demandant:
- Ça va? Rien de cassé?
- Euh, je ne pense pas. Il était visiblement gêné de s'être retrouvé nu devant moi.
- Excuse moi d'être entrée comme ça, j'ai eu peur et...
- Nan, t'inquiètes pas ça va, j'ai juste glissé en voulant attraper la serviette.
- Ok, euh, je pense que je vais te laisser t'habiller. Balbutiais-je
Je l'entendis se relever et je ne pu m'empêcher de jeter un oeil derrière moi en quittant la pièce. «Oh ces fesses!» pensais-je en m'éloignant, le sourire aux lèvres.
La mission sauvetage d'Eric était accomplie. Non seulement il avait fallu recharger sa voiture mais, en plus, nous avions dû la pousser car elle était embourbée. Eric avait insisté pour que je reste manger chez eux pour me remercier. Nous étions à présent à table à essayer de se remémorer notre soirée précédente.
- Vous ne vous rappelez pas? Sérieusement?! S'exclama Eric.
Edward et moi hochâmes de la tête.
- Vraiment pas. Répondit Edward.
- Il faut dire, vous aviez l'air bien amochés aussi.
- N'importe quoi, m'indignais-je.
- Tu m'excusera Bella mais si danser sur une table en massacrant «Girls just wanna have fun» c'est pas être amoché...
- Pardon?! M'exclamais-je en interrompant Eric.
- Maintenant que tu le dis, j'ai l'image de Bella se servant d'une bouteille de gin en guise de micro qui me revient, plaisanta Edward.
- Tu m'étonnes que tu t'en rappelles, tu faisais les choeurs en dansant à côté d'elle! Enchaîna Eric.
La bouche d'Edward s'ouvrit sans qu'aucun son ne sorte et ses yeux s'écarquillèrent.
- Tiens! Ça t'apprendra à te moquer, lui lançais-je
- On était vraiment si pitoyable que ça? Demanda Edward.
- Ça dépend, tu parles d'avant ou après que vous vous soyez jetés dans la foule façon rock'n'roll?
J'aurais dû être gênée, mais plus Éric nous racontait nos frasques, plus je riais à gorge déployée. Il nous avoua qu'après le départ d'Angela, il s'était senti tellement mal de ne pas avoir réussi à lui demander son numéro qu'il avait bu tout ce qui lui passait sous la main pour oublier et que c'était à partir de ce moment là qu'il ne se souvenait plus de rien. Au final, aucun de nous n'était capable de se rappeler pourquoi nous étions recouvert de boue ni comment Éric s'était retrouvé dans les bois. Je jetais un coup d'oeil à la pendule et décidais qu'il était temps de rentrer. Je me levais alors pour prendre congé d'Edward et d'Éric mais je chancelais au premier pas. « à noter: boire du vin, même en faible quantité, un lendemain de soirée n'était pas la meilleure chose à faire » pensais-je.
- Euh, Bella, commença Edward, je ne crois pas que tu sois en état de conduire. Tu ferais mieux de passer la nuit ici.
- Il a raison, dit Éric, si tu veux tu prends ma chambre, je dormirais dans le canapé.
- Je veux bien rester, répondis-je, mais sans vouloir te vexer Éric, ça ne m'enchante pas trop de m'endormir entourée de pin-up au regard coquin.
- Ah... C'est vrai que je n'y avais pas pensé. Avoua-t-il.
- T'inquiètes pas, je prendrai le canapé.
- Pas question, tu dormiras dans ma chambre. M'ordonna presque Edward.
- Non, non, le canapé ça me va, je t'assur...
- N'y compte même pas, rétorqua-t-il.
Résignée, je le suivais dans sa chambre. Il me donna des coussins supplémentaires ainsi qu'une couette au cas où j'ai froid. Je dû presque en venir au mains pour l'empêcher d'aller me chercher un traversin.
- C'est bon, ça suffira comme ça Edward, si tu continues comme ça je n'aurais bientôt plus de place pour dormir.
Il passa la main dans ses cheveux en me lançant un regard d'excuses.
- Bon, eh bien, bonne nuit, dit-il, je te déposerais chez toi demain matin avant les cours pour que tu prennes tes affaires.
- Merci, à demain.
- Oh, eh Bella, reprit-il avant de fermer la porte, si t'as besoin de quoi que ce soit n'hésites pas, je serais dans le salon.
- Ok, bonne nuit.
Je m'allongeais et examinais la chambre. La lumière de la lune passait à travers les rideaux clairs des fenêtres, habillant la pièce d'un voile bleu pale. Les minutes passaient et le sommeil ne venait pas. À la place, je sentais l'angoisse monter sans savoir pourquoi. J'avais toujours eu un peu de mal à dormir chez les autres mais ça passait généralement au bout d'un moment. Je finis tout de même par m'endormir. Je refaisais le même cauchemar que la dernière fois, sauf que ce n'était plus Lauren qui tenait la batte de base-ball, mais Jacob lui même. Je savais comment ça allait se finir, il allait me frapper avec et je ne voulais pas voir ce moment arriver.
- Bella? BELLA!
Je me réveillais en sursaut, tremblante et trempée. La porte de la chambre était ouverte et Edward se tenait à côté de moi.
- J'allais aux toilettes quand je t'ai entendu crier. Est-ce que ça va?
Encore étourdie, je regardais Edward sans parvenir à parler, je suffoquais et deux larmes roulèrent sur mes joues.
- Je... je sais pas... je...
Et puis je fondis en larme. Edward me prit dans ses bras et essaya de me consoler comme il pouvait.
- Écoute, je vois bien que quelque chose ne va pas et je ne pense pas que tu ais envie d'en parler maintenant, mais je suis là d'accord?
Je hochais la tête sans le regarder.
- Tu veux que je reste?
Je répondais de la même manière en m'agrippant un peu plus à lui. Il se glissa sous le drap et me berça en passant sa main dans mes cheveux.
Le réveil avait été difficile, j'avais évité de parler de l'incident de la veille avec Edward et je sentais son regard inquiet se poser sur moi tandis qu'il me ramenait chez moi. Je l'ignorais comme je pouvais en regardant d'un air absent par la fenêtre. La voiture s'arrêta devant l'entrée de mon immeuble. Edward attrapa mon bras juste avant que je ne sortes.
- Bella, je ne sais pas ce qu'il se passe et je ne veux pas être indiscret, mais si tu continues à te comporter comme un zombie je vais devoir me mêler de tes affaires.
- Ça va, je t'assure, mentis-je en essayant de me dégager de son étreinte.
Il me regarda l'air de dire «c'est vrai ce mensonge?».
- Bon c'est vrai qu'en ce moment il y a pas mal de choses qui me préoccupent, mais c'est pas très important.
- Tu veux en parler? Demanda-t-il.
- Pour l'instant je ne sais pas vraiment ce dont j'ai envie, mais ce que je sais c'est qu'on va arriver en retard si tu continues à m'empêcher de sortir. Lui dis-je gentiment.
- Très bien. Dit-il en lâchant mon bras.
Je me dépêchais de monter jusqu'à mon appartement tandis qu'Edward m'attendait en bas, le moteur allumé. Je détestais agir comme ça avec lui mais c'était plus fort que moi. Des bribes de la soirée m'était revenues pendant la nuit. Je m'étais revue dans ses bras et quand je m'étais réveillée et que je l'avais vu étendu à mes côtés je m'étais sentie plus gênée que jamais. Cette gêne n'avait rien à voir avec celle que j'avais éprouvé la veille en me réveillant également avec lui, elle était plus marquée et plus profonde. Peut-être plus incohérente aussi dans le sens où je me battais avec moi même pour ne pas la ressentir. J'avais tellement peur que quelque chose se soit brisé entre nous. Ça bouillonnait dans ma tête et je ne voyais qu'une seule chose pour réussir à me calmer et à évacuer toutes ces pensées: une douche bien chaude.
J'étais restée un moment sous l'eau et en sortant de ma douche je me sentais plus détendue et plus apaisée. J'avais aussi les idées plus claires, j'avais décidé de prendre sur moi, après tout si Edward ne changeait pas d'attitude envers moi je n'avais aucune raison de le faire. Je prenais donc mes affaires quand le téléphone se mit à sonner. Je l'ignorais pour laisser mon répondeur prendre le message et sortais de mon appartement. Edward était toujours là à m'attendre dans sa voiture. Je pouvais entendre en sourdine la musique qu'il écoutait et le voir battre le rythme de ses doigt sur son volant tout en chantant en playback. Je restais là à l'observer à travers la porte de mon immeuble. Je n'avais jamais remarqué jusqu'à présent les nuances de couleurs de ses cheveux à la lumière, ni à quel point sa peau semblait réfléchir celle-ci. Je comprenais mieux le comportement de Lauren envers moi. Il était très séduisant et je concevais maintenant que les filles qui tombaient amoureuses de lui pouvaient être prêtes à tout et agir comme de vraies garces par jalousie. Comme si il avait senti mon regard sur lui, il tourna la tête vers moi et souri. Je retrouvais sur son visage l'expression rassurante des premiers jours où nous nous étions connus, celle qui m'avait mis en confiance depuis le début. Non, rien n'avait changé.
Nous arrivâmes pile à l'heure pour notre premier cours. En rentrant dans la classe, j'examinais attentivement l'expression des filles à la vue d'Edward. Il y avait celles qui lui jetaient un bref coup d'oeil avant de baisser la tête, rougissantes. D'autres le regardaient l'air ahuri, la bouche ouverte et les yeux pleins d'admiration. Et il y avait celles dont le regard insistant semblait s'enflammer de désir. «Dingue». Au moment où il me laissait passer devant lui, toutes leurs expressions changèrent en même temps, on pouvait maintenant lire sur leur visage le désespoir, l'envie et l'amertume. Je n'en revenais pas, à part quelques unes que je savais lesbiennes ou en couple, elles avaient toutes eu les yeux rivés sur lui. Quant à Lauren n'en parlons pas.
Le phénomène se répéta tout au long de la journée, à la cafétéria, à la bibliothèque, au bureau administratif, exactement les mêmes expressions. Et ce qui était valable pour les étudiantes l'était aussi pour les dames de l'accueil. J'avais l'impression d'être dans un mauvais film de soap-opera où l'action centrale se déroulait principalement autour d'Edward et, bien entendu, je n'avais pas le rôle de la gentille fille que tout le monde appréciait. Edward semblait avoir remarqué mon air pensif, il aborda le sujet pendant l'heure du déjeuner.
- Il y a quelque chose qui te contrarie Bella?
- Hein? Demandais-je, sortant de mes réflexions.
- Tu es restée silencieuse presque toute la matinée.
- Oh, ça, t'inquiète pas pour moi, j'ai juste plein de choses en tête et j'ai du mal à faire abstratction.
- Écoute, commença-t-il, si c'est à propos de l'autre soir, je veux que tu saches qu'il n'y a aucun problème...
- Oh non, l'interrompais-je, ça n'a vraiment rien à voir.
- Alors qu'est ce que c'est?
Son visage était confus, j'hésitais avant de lui répondre.
- Je pense avoir trouvé mon sujet pour l'étude comportementale.
- Continue.
- Tu ne t'es jamais senti dévisagé Edward?
- Euh, je ne vois pas trop où tu veux en venir.
- Ce que je veux dire c'est que depuis ce matin, dans chaque pièce où tu rentre, tout les visages, je veux dire les visages féminins, se tournent dans ta direction. Et toutes ces filles ont la même expression.
- Qu'est ce que tu racontes? Demanda-t-il, visiblement mal à l'aise.
- Je te dis que pratiquement toute la gente féminine de cette Université n'a d'yeux que pour toi, et pas seulement aujourd'hui, je suis sure que c'est comme ça tous les jours!
- Dis pas de bêtises.
- Je t'assure, insistais-je, tiens, retourne toi pour voir.
Il me lança un regard méfiant.
- Mais allez, vas-y, de quoi t'as peur? Répliquais-je de plus belle. Attends, ça marchera mieux si tu bouges.
- Comment ça?
Je lui tendis ma bouteille d'eau vide.
- Tiens, t'as qu'à aller remplir cette bouteille à la fontaine. Je t'en pris Edward, fais le, ajoutais-je en voyant son air dubitatif.
Il soupira et se leva de sa chaise.
- Et n'oublies pas d'observer, lui criais-je presque alors qu'il s'éloignait.
Il revint s'asseoir quelques minutes plus tard.
- C'est complètement dingue, commenta-t-il en me rendant ma bouteille.
- C'est là où je voulais en venir.
- C'est peut-être juste une coïncidence.
Je lui lançais mon regard le plus éloquent avant de lever les bras au ciel en m'écriant de façon caricaturale:
- Bon Dieu Edward, quand vas tu enfin cesser de le nier, tu es un sex-symbol!
Ma performance eu raison de lui, il se mit à exploser de rire.
Il reprit son sérieux.
- En parlant de regards, j'en connais un qui a les yeux rivés sur toi au moment où je te parle.
- Qui ça? Demandais-je en me retournant brusquement.
- Bonjour la discrétion! S'exclama-t-il. De toute façon tu vas pas tarder à le savoir, il s'approche vers toi.
Je regardais du coin de l'oeil cette fois, intriguée. Je sentis mon visage se décomposer et je me retournais horrifiée vers Edward.
- Oh non!
Je plongeais la tête sous la table en faisant mine de chercher quelque chose dans mon sac. Réflexe stupide, j'en avais conscience. Je fûs bien forcée de relever la tête quand j'entendis ceci:
- Salut Edward!
- Salut Mike, ça va?
- Très bien, et toi Bella?
Totalement prise au dépourvu, j'avais perdu l'usage de la parole.
- Hum, Bella vient de s'étrangler avec sa pomme. indiqua Edward pour me sauver la mise.
Je fis mine de tousser.
- Euh, oui, pardon, ça va bien et toi? Balbutiais-je.
- Ça va, dis moi, après ta performance vocale à ma soirée, je me disais qu'on aurait pu faire un karaoké un de ces quatre?
- Euh... Oui, pourquoi pas, ça pourrait être marrant, hein Edward. Répondis-je.
Mike eu l'air embarrassé. Avant de s'éloigner il ajouta:
- Je te tiens au courant alors, bye.
Je plongeais la tête dans mes mains, morte de honte.
- Tu sais Bella, je ne crois pas que l'invitation me concernait. Précisa Edward.
- Je sais mais qu'est ce que tu voulais que je fasse? Je n'ai absolument pas envie de me retrouver seule avec Mike en le regardant me chanter des chansons d'amour. Rétorquais-je, à travers mes mains.
Encore une fois ma réplique le plongea dans un état total d'hilarité mais cette fois sans que je l'ai voulu.
Je rentrais chez moi épuisée. Sans prendre la peine d'enlever ma veste je m'étalais sur mon canapé de tout mon long. Le clignotant rouge de mon répondeur m'indiquait que j'avais un message. Je me relevais en soupirant pour aller l'écouter.
« Vous avez un nouveau message. BIP. Aujourd'hui à 8h12. BIP.
Salut Bella... C'est moi... Tu ne réponds ni à mes mails, ni à mes sms et ni à mes lettres... Je suis dans le coin pour quelques semaines... J'aimerais vraiment te parler... Rappelle moi s'il te plaît. BIP »
Et M****!
