Auteur : Umbre77

Titre : Mœurs et coutumes des sorciers Poudlardien.

Base : Discussion avec Akroma.

Degré de perversité : Très très… Très élevé !

Résumé : Ce qu'il se passe dans les vestiaires de Quidditch demeure un mystère… Enfin ! Presque… Slash HP/DM

Note IMPORTANTE : Ceci est très très pervers. Si vous êtes pudique, si vous ne supportez pas l'homosexualité ou simplement les lemons, je vous conseilles (voir ordonne) de faire demi-tour illico et de partir aussi loin que possible de ce lieu ! Merci d'avance !

Note moins importante : L'auteur de cette fic est malade. Veuillez compatir !

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Chapitre 7 : De l'utilité des cours associés…

« Les jours passent, mais ne se ressemblent pas, marmonna Ron, avachit sur la table des Gryffondor. Ou un truc du genre… N'est-ce pas, Harry ? »

Le brun, tout aussi avachi, sursauta. Il était perdu dans ses pensées et ne s'attendait pas à ce qu'on s'adressât à lui. Il fallait avouer que, depuis une heure, voir plus, son ami rouquin était occupé à faire connaissance avec la langue d'Hermione. Aussi pensait-il avoir la paix et le loisir de baver joyeusement et en silence sur un certain Serpentard blond.

« Tu dis, Ron ? demanda Harry, essuyant sa lèvre inférieur avec sa serviette de table.

-Nan, rien », répondit son ami, retournant à sa rêverie.

Harry grogna. Quel intérêt de le sortir de son mirage si c'était pour ensuite l'ignorer ? Offensé, il préféra tourner le dos à Ron et reprit sa pensée là où il l'avait laissée : Comment empêcher Draco Malfoy de le violer ?

Une moue apparut sur ses lèvres à cette pensée. Cela faisait déjà – ou seulement, ça dépendait du point de vue – cinq jours qu'ils étaient ensemble et il ne se passait pas un instant, pas une heure sans que le blond ne se débrouille pour lui envoyer une illusion sur leurs éventuelles occupations horizontales ! Et autant ne pas parler des nombreux rendez-vous clandestins qu'ils avaient eu, ceux-là même où Harry avait du faire preuve de prouesse incroyable pour ne pas se retrouver chevauché par un Serpentard bien décidé et surtout, fort excité !

La raison de son salut ? La prestance et l'application dont Harry faisait preuve pour 'apprendre' les plaisirs charnels. Car tous les soirs, Harry demandait à Draco de lui apprendre quelque chose. Et si Draco désirait lui apprendre l'accomplissement même des jeux sexuels, Harry le lui refusait !

'Il faut garder le meilleur pour la fin !', disait-il.

Et bien que déterminer à l'avoir, Draco se pliait à sa volonté et lui enseignait l'art de faire plaisir. Avec ou sans objets ! Et Harry étant un très bon élève, le blond y trouvait son compte. Il l'y trouvait même très bien, s'il en croyait les nombreux cris qu'il avait arrachés à son amant la veille.

Mais le plus important dans tout ça, c'était que le Vendredi était arrivé. Et ce Vendredi là, c'était Le soir. Le soir où Draco n'avait plus rien d'autre à enseigner au brun que l'ultime leçon, celle-là même qu'Harry avait évité de son mieux. Pourquoi l'évitait-il ? Mais par peur, pardi ! Il avait déjà couché avec des filles, par le passé. En fait, il avait couché avec une fille et il était tellement saoul qu'il ne s'en souvenait plus du tout ! Mais il n'avait jamais rien fait avec un homme ! Et même s'il s'était montré plus osé ses derniers jours, il n'en avait pas moins peur. Au contraire ! Pour avoir sucé le sexe de Draco, il savait très bien que sa première fois n'allait pas se passer sans douleur !

Mais il lui restait encore quelques heures avant de passer si promptement à la casserole et, bien que le regard du blond sur sa personne lui indiquât que les heures passeraient vite, il n'en restait pas moins accroché à ces quelques heures.

Et quelles heures ! Ce jour là, comme l'avait annoncé le professeur McGonagall, ils avaient un cours de Défenses lié aux Potions. Et si cela n'enchantait pas vraiment Harry d'avoir le professeur Snape toute l'après-midi, il se posait pas mal de question concernant le rapport avec la défense. Bons nombres d'élèves s'étaient lancés en conjecture, concernant ce cours. Les septièmes années avaient dressé une liste de possibilité, mais une seule semblait persuadée du sujet du cours : Hermione Granger. Et la Gryffondor se gardait bien de tout révéler, au grand agacement de tous les élèves.

Mais après bien des angoisses, le cours était enfin là. Ils allaient l'avoir dans quelques minutes à peine et, déjà, les élèves se levaient pour rejoindre la salle. Constatant cela, Harry gigota sur sa chaise. Il remarqua vite que ses amis étaient repartis en apnée et leva les yeux au ciel.

« Je vais déjà en cours, les gars ! dit-il. A bientôt… »

Sans surprise, il ne reçut aucune réponse. Il grogna et préféra quitter la salle, son sac encore lourd tapant contre sa hanche au rythme de ses pas. Il n'était pas contre le couple de Ron et Hermione, mais parfois, il rêvait sincèrement de leur aplatir la tête l'une contre l'autre pour leur apprendre à ne pas l'écouter. Et ça ne faisait que trois jours qu'ils étaient ensemble ! Il n'avait pas fini de souffrir !

Sur cette pensée, il continua d'avancer, mais alors qu'il s'apprêtait à interpeller Seamus et Dean parlant au bout du couloir, une main surgit d'un placard et il s'y retrouva aspiré. Il sentit le mur contre son dos et voulut protester, mais deux lèvres qu'il connaissait bien se plaquèrent contre les siennes.

Dés lors, son cerveau perdit toute logique et il ne fut plus que frémissement et gémissement. Tout contre lui, Draco le serrait, leur corps alors si proche que même une feuille ne pouvait s'infiltrer. Les mains du blond passaient sur son corps, le rendant presque fiévreux, comme à chaque fois. La passion, la folie que ressentait Harry ne s'était jamais amoindrie malgré le temps, à sa grande surprise. Chaque contact avec Draco l'accentuait au contraire.

« Putain, Potter, gémit Draco, contre ses lèvres. Ce que j'ai hâte d'être à ce soir… »

Harry geignit contre le blond et le serra contre lui, enfouissant son visage dans son cou. Les lèvres du Serpentard se posèrent délicatement contre son cou et son oreille, le faisant encore trembler.

« Tu ne pourrais pas m'appeler par mon prénom, de temps en temps ? »

Draco sourit contre sa peau.

« Tu sais que je préfère le dire dans certaines circonstances, dit-il. En outre, j'estime que nous ne sommes pas encore assez intime que pour le dire… Mais ce soir, ça sera réglé, n'est-ce pas ? »

Il ondula des hanches et Harry dut se retenir de lui ordonner de régler ça tout de suite.

« Je commence à me demander s'il n'y a que ça qui t'intéresse… »

Contre lui, le blond grogna de mécontentement.

« Bien sûr qu'il n'y a que ça, Potter, dit-il. C'est pour ça que je te colle depuis une semaine, je te ferais signaler ! Et c'est pour ça que je t'enseigne chaque soir une nouvelle méthode pour me rendre complètement fou ! Pour ça que je passe mon temps à te regarder… J'ai envie de toi, est-ce un crime ? Je ne pourrais penser à autre chose qu'une fois que je serais apaisé ! »

Harry pouffa.

« Qui te dit que tu seras apaisé après ce soir ?

-Absolument rien ! répondit Draco. Ainsi, j'ai bien l'intention de te garder avec moi aussi longtemps qu'il le faudra ! »

Harry leva les yeux au ciel et l'écarta légèrement de lui. Il l'embrassa avec plus de douceur, mais cela dégénéra rapidement et il dut le repousser.

« On a cours, Malfoy, dit-il.

-Et alors ? dit-il. On a qu'à le rater !

-Je ne veux pas, répliqua Harry. C'est un cours trop mystérieux. De toutes façon, on se voit ce soir, non ? »

Draco sourit et l'embrassa de plus belle. Sa main vint passer entre les jambes d'Harry, le faisant frissonner et gémir.

« Es-tu sûr de vouloir aller en cours, cher Harry… »

Un autre son échappa au brun à l'évocation de son nom.

« Cer… Certain, dit-il, tremblant.

-Tu n'es pas ce qu'on pourrait dire en état, se moqua Draco.

-Ça s'arrangera, répondit Harry, le poussant de nouveau. Faut qu'on aille en cours ! »

Draco grogna mais reprit son sac.

« Trop raisonnable, tout ça ! dit-il, se rajustant. Mais bon, j'attendrais ce soir… »

Harry sourit et referma sa robe avec attention.

« Je sors en premier, dit-il. A bientôt ! »

Et, avec un dernier baiser, il s'échappa du placard, de crainte de ne pas pouvoir résister plus longtemps.

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Alors qu'il marchait dans les couloirs en direction de la classe, Harry ne put que penser aux paroles de son futur ou presque amant.

'J'ai envie de toi, est-ce un crime ? Je ne pourrais penser à autre chose qu'une fois que je serais apaisé !'

Cette phrase même le dérangeait. Qu'était-il pour le Serpentard ? Tenait-il à lui ou à ses fesses ? Il commençait à se poser trop de question ! Il commençait à se trouver des ressemblances avec les midinettes les plus stupides de l'école ! Néanmoins, il devait admettre qu'il n'avait pas envie de servir de simple plan cul. Loin de là, même…

Et il ne voulait surtout pas comprendre pourquoi il ne voulait pas simplement être un plan cul… Non, surtout pas !

Apitoyé – tant par ce qu'il s'était passé avec Malfoy et par le cours en perspective – Harry se rendit dans la salle en traînant les pieds. Il croisa Snape et accéléra, agacé de le voir détailler sa silhouette. Ce fut pour croiser le regard d'un Draco Malfoy déterminé. Il finit par courir se réfugier auprès des Gryffondor, se laissant tomber auprès de sa meilleure amie.

« Salut Harry, dit-elle. Un souci ? »

Le brun la regarda comme si elle était une extraterrestre.

« Hermione, dit-il. Snape me fait du rentre dedans et Malfoy est mon petit ami officiel depuis presque une semaine ! Et ce soir, je vais peut-être avoir l'honneur de coucher avec lui. Mais non aucun souci ! »

La jeune fille le regarda un instant, fixement. Puis elle sourit.

« J'en étais sûre ! dit-elle. Ce n'était pas normal que tu gigotes autant sur ta chaise, il y a quelques jours, à la bibliothèque… »

Harry rougit brusquement.

« Tu… Tu as tout vu ?

-Disons que je t'ai vu bouger étrangement. Honnêtement, Harry, ta chaise couinait ! »

Le brun laissa son front tomber sur la table, geignant avec désespoir.

« Hermione, dit-il. Qu'est-ce que je dois faire ? »

Son amie lui sourit.

« Uniquement ce dont tu as envie, Harry, répondit-elle. Uniquement ce que tu as envie…

-Mais je ne sais pas ce que je veux ! dit-il. Malfoy… Il me plaît, tu sais ? Mais je n'ai pas envie de servir de plan cul, tu comprends ? »

Hermione eut l'air un instant pensive. Elle finit par sourire.

« Je crois que ce cours va t'être utile, dit-elle. Tu n'as qu'à bien écouter. »

Harry resta sous le choque. Quoi ? Le cours ? Mais… Il lui confiait un point important de sa vie et tout ce qu'elle disait c'était 'Tu n'as qu'à bien écouter le cours ?'. Il fit retomber son front contre la table, restant ainsi jusqu'à ce que, soudainement, le silence tombe. Il releva alors la tête et vit Snape faisant le tour des bancs pour déposer devant les élèves un petit flacon marqué d'une étiquette. Harry grimaça en reconnaissant son propre flacon que Snape posa, non sans le fixer un long – trop long – moment.

Quand enfin, le professeur de potion eut fini de distribuer les potions, il alla s'isoler dans un coin et n'en bougea plus. A la grande horreur de Harry, il le fixait. Tout le monde se tourna pourtant vers le professeur de défense contre les forces du mal, alors posté juste à côté d'un immense objet protégé d'un drap grisâtre.

« Mesdemoiselles, Messieurs, dit-il. Cela fait longtemps que je cherche l'occasion de vous offrir ce cours. Après maintes discutions, j'ai enfin le plaisir de vous présenter l'un des objets magique les plus intéressants du monde sorcier… »

Il tira sur le drap et la surface pâle d'un miroir se fit voir. Les élèves poussèrent un son d'étonnement alors qu'Harry, lui, cherchait une corde pour se pendre. Le miroir du Rised… Il ne manquait plus que lui !

« Quelqu'un sait-il ce qu'est ce miroir ? »

Les élèves échangèrent des regards alors qu'Hermione, trois Serdaigle, deux Serpentard et un Poufsouffle levaient la main.

« Monsieur Jardu ? demanda le professeur.

-C'est le miroir du Rised, répondit le Serdaigle interrogé. Il a la réputation de montrer à tous ce qu'il désire le plus au monde. »

Le professeur sourit.

« Exactement, dit-il. Cinq points pour Serdaigle. Et à votre avis, quelle est la potion que vous avez du produire avec le professeur Snape et qui va être utilisé sur ce miroir ? Et surtout, pourquoi ? »

Cette fois, seule Hermione tendit la main.

« Miss Granger, bien entendu », dit l'homme.

Celle-ci se leva.

« Le miroir du Rised montre ce que l'on désire. Mais combiné à la potion de révélation animée, le miroir du Rised ne fait plus du tout la même chose. Il devient un peu… Comme les télévision moldue. Il montre une série d'image de notre vie combinée à une chanson. Les deux sont destinées à nous faire réfléchir sur quelque chose d'important à nos yeux. En outre, sans la potion, nous sommes seuls à voir ce que le miroir nous montre. Avec elle, toutes personnes présentent peut y assister !

-Bien ! Quinze points pour Gryffondor. A présent, nous allons tester vos potions… sur ce miroir. Tous vos noms ont été placés dans ce chapeau. Je vais pécher au sort et la personne désignée ira verser sa potion sur le miroir – sans oublier d'y ajouter un cheveu au préalable – et ensuite, nous observerons les résultats… »

Le professeur s'approcha du chapeau dans lequel il fourra la main. Aussitôt, la plupart des élèves se mirent à gigoter sur place.

'Pas moi, pas moi, pas moi, pas moi', pria Harry.

Mais au moment où il pensait ces mots, il vit clairement son professeur de potion faire un mouvement de baguette en direction du chapeau. Aussitôt, le professeur de défense poussa un cri victorieux et sortit un petit papier.

« Aha ! dit-il. Nous commençons fort ! Harry Potter ?! »

Le brun faillit hurler. Il voulut se lever et hurler à la triche. Mais face à tous les regards de ses camarades, il n'osa pas et se contenta de s'approcher, son flacon en main. Jamais il ne souhaita autant que son flacon de potion soit mauvais. Jamais il n'espéra autant l'avoir raté… Il s'approcha du miroir du Rised tout en arrachant un de ses cheveux qu'il fit tomber dans le flacon avec un air morose. Il vit sa potion tourner au rouge et grimaça. La peste. Elle était réussie, pour une fois.

D'un mouvement souple, sans oser regarder ce qu'il voyait dans le miroir, il jeta la potion sur sa surface. Il ne se passa au début rien. Le liquide coula tout le long du verre puis ruissela le long de son montant. Elle se mit soudainement à grimper le long de son encadrement et deux yeux rouges semblèrent apparaître au-dessus de la grande arche. Un frisson secoua Harry qui s'éloigna de quelques pas. Lorsqu'il rencontra un banc derrière lui, il s'arrêta et attendit, comme tous les autres.

Soudain, alors que tous désespéraient, une musique entraînante se fit entendre et la surface se troubla. Une image apparut doucement, celle d'un petit garçon aux grands yeux verts innocent. Il se tenait debout sur une estrade et regardait un autre, tout aussi petit que lui, aux cheveux gominés et à l'air arrogant.

Et une succession d'image défila alors, des images que Harry redécouvrait avec une sorte d'étonnement. Malfoy et lui en première année, occupés à se tester, Malfoy et lui en seconde, alors qu'il se cachait dans l'armoire de Barjow et Beurk et que le blond s'apprêtait à l'ouvrir – il l'avait vu ! Il l'avait vu et il n'avait rien dit ! – Malfoy et lui en troisième, alors qu'il tombait de son balai et que le blond affichait un air horrifié. La quatrième année, lors du bal de Noël. Ils dansaient l'un derrière l'autre, sans même s'en apercevoir, se frôlant inconsciemment. La cinquième année, où un simple regard de Harry troubla Draco et fit tomber le verre de vin qu'il faisait léviter lors de sa buse d'enchantement. La sixième, lorsqu'ils se virent dans les toilettes, Malfoy en larmes. Et où, pendant une fraction de seconde, Harry eut l'envie de le consoler. L'année de la guerre, au moment où Harry ouvrit les portes de la cellule d'un Draco Malfoy mince, blessé, sale… Moment où il détacha sa cape et où il l'étendit sur son dos avec douceur pour caresser sa joue et le serrer contre lui. Le procès de Draco, où Harry se leva avec rage pour le disculper…

Tout ça pour en venir à l'image des toilettes. Harry en eut un long frisson dans le corps. Ils dégageaient un tel érotisme… Une telle passion… La même que celle de Neville et Blaise. Exactement la même. Et la scène dans la bibliothèque – il entendit des 'ouuuh' moqueurs – alors que Malfoy le forçait à passer ses jambes autour de sa taille. La scène laissa Harry chamboulé. Pouvait-on vraiment exprimer autant de ferveur avec seulement du désir ? S'il n'avait pas vécu cette scène, il aurait juré que les deux hommes l'un contre l'autre s'aimaient réellement… Le tout s'arrêta lorsqu'ils se séparèrent, se fixant encore. Avec ce que Harry croyait être du désir… Mais qui n'en était pas.

Dans la salle, un long silence se fit entendre. Le professeur finit par se racler la gorge.

« Hem, dit-il. Merci, Monsieur Potter… Vous pouvez regagner votre place. »

Harry se redressa et quitta le banc. Il se dirigea vers sa place mais ne s'assit pas. A la place, il remit sa cape, enfila son sac et prit le morceau de papier que lui tendait Hermione avec un air inquiet. Sans se préoccuper des appels de son professeur, il quitta la salle, fermant la porte avec force. Dans un premier temps, il marcha, avant de commencer à courir pour dévaler les escaliers. Arrivé dans le hall, il ne réfléchit plus et s'élança dans le parc trempé de Poudlard.

Pendant le peu de temps qu'il avait passé au cours, le soleil avait été recouvert par d'épais nuage bien décidé à recouvrir le ciel entier. Et ils déversaient leur pluie sur le parc, sans s'inquiéter de la boue qu'ils créaient.

Dans sa course, Harry non plus ne s'en souciait pas. Il tenait contre lui le morceau de parchemin d'Hermione, comme pour se retenir à quelque chose. Et lorsqu'il arriva auprès des arbres de la forêt, près du lac, il s'arrêta, essoufflé. Il se laissa tomber au pied du premier, ravit de la terre couverte d'épine et bien sèche. Là, il se permit de souffler. Essayant de mettre en lui une sorte de clarté. Mais il n'y arriva pas. Alors il baissa les yeux sur le papier d'Hermione pour découvrir des mots écris à la va-vite par la main de sa meilleure amie.

Tu as beau ignorer,

Repousser,

Salir,

Mentir…

C'est là.

Tu as beau regarder ailleurs,

T'enfouir dans les mirages,

Crier à l'erreur,

Vouloir tourner la page…

C'est là.

Ne détourne pas les yeux,

De ce qui peu te rendre heureux,

Ne voile pas la vérité,

Quand cela peut tout changer.

C'est là,

C'est là,

Juste pour toi,

A côté de toi,

Derrière toi,

C'est là, c'est là.

Ne le rate pas.

Tu peux nier,

Tu peux rejeter,

Tu peux frapper,

Tu peux effacer,

C'est là.

Tu peux déguiser,

Masquer,

Voiler,

Enterrer…

C'est là.

Cesse donc de te mentir,

Tu ne fais que salir,

Ce qui pourrait être plus beau,

Que la pureté même de l'eau.

C'est là,

C'est là,

Juste pour toi,

A côté de toi,

Derrière toi,

C'est là, c'est là.

Ne le rate pas.

C'est là.

Pendant un petit moment, Harry se demanda ce qu'étaient ces mots. Puis il comprit qu'il s'agissait de la chanson qui s'était diffusée avec les images de Draco et lui. Et il la relut. Une dizaine de fois. Il savait bien ce que tout cela voulait dire, mais il avait peur. Tellement peur ! Peur du regard que le blond allait dorénavant porter sur lui. Car les images… Elles montraient tant de choses ! Tout le monde savait à présent qu'ils avaient une aventure. Toute l'école devait déjà en parler. Ça devait être le sujet le plus raconter !

Peut-être Draco ne serait-il pas ravi que tout le monde le sache… Peut-être aussi serait-il énervé de cette chanson… Peut-être saurait-il, lui aussi, que les sentiments de Harry n'étaient pas innocent. Qu'ils n'étaient pas que du désir… Et ça aussi, ça lui faisait peur. Malfoy n'aimait pas exposer ses faiblesses et lui non plus ! Il détestait ça. Parce que même s'il y avait entre eux un trait d'union, il n'était pas certain que ce trait soit basé sur du respect et l'assurance de ne pas être brisé sciemment par son amant lui manquait.

Perdu dans ses angoisses, dans ses pensées, Harry resta là, sous la pluie. Il serrait les paroles de la chanson dans sa main, ses idées flottant dans l'air, avec l'humidité. Les images qu'il avait vues l'avaient perturbé. Il n'avait jamais remarqué l'importance de Draco dans sa vie. Il n'avait jamais perçu cette espèce d'impérativité que lui avait communiqué le miroir. L'ampleur qu'avait prit le blond près de lui. A ses côtés. Et alors qu'il y pensait, il comprenait parfaitement cela. Il avait besoin de lui. Vraiment. Pour se dépasser. Pour apprécier la vie, réellement. Draco était l'épice qui rendait tout plus intéressant. Son caractère, sa beauté… Son imprévisibilité… C'était ça qui faisait de lui l'élément clef, capital de sa vie.

Bien sûr, Hermione, Ron et tous les autres étaient important. Mais Draco avait ce petit plus qui le bouleversait. Il était l'instigateur de sa folie, de sa passion. Il était l'élément déclencheur de la fantaisie des jours gris, il était… Trop de chose à ses yeux.

Mais lui, qu'était-il pour le Serpentard ? Un cul ? Un ennemi intéressant à découvrir horizontalement ? Il savait que non. Ils avaient tous les deux consciences de l'importance de l'autre. Leur rivalité était si capitale qu'Harry n'avait pas hésité à déambuler presque nu sur le terrain de Quidditch. A leur manière, ils s'estimaient. A leur manière, ils avaient besoin de l'autre. Le problème, c'était que Draco avait prit une importance plus grande encore aux yeux de Harry. Le problème, c'était que le blond était dans le cœur du Gryffondor. Et que celui-ci doutât fortement d'être dans celui de son ancien ennemi. Ou en tout cas, pas de la même manière. Et ça le rendait fou !

L'absence de goûte de pluie sur son crâne étonna Harry. Il releva la tête qu'il avait alors plongé dans ses genoux serrés contre son torse et s'étonna de voir qu'il pleuvait toujours. Levant la tête, il découvrit un parapluie tenu par un bras aux bouts de manches vertes et argentées. Un sourire se dessina sur ses lèvres.

« Tiens-tu donc à ce point à tomber malade, Potter ? demanda le blond, appuyer contre l'arbre et penché sur lui.

-Non, pas spécialement, répondit Harry. Mais je savais que tu viendrais pour m'en empêcher… »

Les yeux argentés de Malfoy brillèrent d'une manière étrange. Il lança un sortilège au sol et un coussin apparut. Souplement, il s'installa dessus, l'air royal. Harry ne put qu'en rire et le blond lui fit une moue signifiant clairement qu'il était précieux et s'en fichait.

« Tout le monde parle de nous, maintenant, dit le Serpentard, après un moment.

-Je m'en doute bien, dit le brun, gêné.

-Ça me dérange pas, dit Draco, nonchalant. Au moins, maintenant, je peux t'embrasser où je veux… »

Harry écarquilla les yeux et se tourna vers le blond. Celui-ci se contenta de lui étendre les jambes et, d'un mouvement souple, s'assit sur lui.

« Tu t'en fiches qu'on sache ? s'assura-t-il.

-Complètement, répondit Draco. Comme je te l'ai dit, au moins, je pourrais te faire ce que je veux, comme je veux et où je veux. J'aime pas trop me préoccuper des autres… Puis… On fait ce qu'on veut, non ? »

Harry eut un sourire et se laissa faire lorsque les mains du blond, plongées dans ses cheveux, l'obligèrent à rapprocher son visage du sien. Il souriait toujours alors qu'ils s'embrassaient, sans s'inquiéter de toutes personnes éventuellement présentes dans le parc.

« Donc, c'est vraiment officiel, maintenant, dit Harry, quand ils furent séparés. On est ensemble…

-Semblerait, répondit Draco. Ça te gêne ? »

Harry eut l'impression d'entendre comme une pointe d'angoisse dans la voix du blond.

« Non, répondit-il. Ça ne me dérange pas. »

Draco sourit et l'embrassa encore. Les bras d'Harry vinrent se passer naturellement autour de sa taille alors que ses mains venaient flatter ses fesses. Le blond frissonna et s'écarta un peu.

« Si je te dis que j'ai envie de toi, Potter, vas-tu encore m'opposer une barrière quelconque ? »

Harry eut un étrange sourire.

« Oui, dit-il. Pas question de faire ça dans le parc ! »

Draco rit.

« Pourquoi pas ? Ce serait excitant, non ? »

Harry répondit par un grognement et lui mordilla le cou. Draco bougea des hanches pour se rapprocher et l'exciter.

« Les vestiaires… (il haleta) ne sont pas loin, Potter, dit-il. On pourrait aller là… »

Harry regarda dans la direction indiquée.

« Pourquoi pas dans un lit ? demanda-t-il, recommençant à mordiller sa peau.

-Parce que personne ne nous laissera atteindre une chambre dans le château ! Tous les élèves de Poudlard veulent nous poser des questions ! Mieux vaut le vestiaire, pour l'instant… »

Harry sourit. Il s'en écarta pour l'embrasser encore. Etrangement, sa peur était comme envolée. Sans doute parce que Draco n'avait pas honte. Ou peut-être parce qu'il en avait vraiment envie… Il s'en fichait un peu. Il le laissa se relever et lui prit la main qu'il tendait, pour ensuite se laisser guider vers les vestiaires.

Etrangement, ils ne coururent pas. Même s'ils se dévoraient mutuellement des yeux. Même si leur pantalon serré les dérangeait. Ils marchaient normalement, mais atteignirent vite les vestiaires. Naturellement, Draco ouvrit celui des Serpentard et Harry ne le contredit pas. Il le suivit d'un pas léger et se laissa plaquer contre la porte close avec une étrange satisfaction.

Celle de savoir qu'il allait enfin toucher Draco. Le toucher et le sentir entièrement. Son appréhension était partie très vite, remplacer par une flamme dont il ignorait l'existence. Et Draco était si… excitant !

Contre lui, le Serpentard était plus qu'occupé à essayer de le déshabiller. Ses mains passaient partout, cajoleuses et déshabilleuses. La cravate avait été une plaie à enlever, mais une fois jetée au loin, le reste était d'une simplicité déconcertante. Et Harry était déjà torse nu lorsque Draco lui fit remarquer qu'il était encore fort vêtu. Dés lors l'effeuillage fut la mission principale des deux intéressés. Et même s'ils ne pouvaient s'empêcher d'embrasser la peau révélée, ils étaient si impatients de se retrouver nu qu'ils ne s'attardaient pas vraiment.

Pourtant, une fois qu'il fut entièrement révélé à Draco, Harry prit peur. Cette fois, c'était le moment. Ils allaient réellement aller très loin. Et cette soirée allait peut-être déterminer la survie ou la mort de leur couple étrange. Mais la peur s'éloigna quand il vit le corps nu du blond. La provocation fut sa première réaction. Il s'appuya contre la porte qu'il verrouilla d'un mouvement emprunt de défis et lança à Draco un regard si sensuel que le blond l'attira à lui en grondant.

Plaquer l'un contre l'autre, ils ne se résolvaient pas à se coucher sur le sol froid et dur. Tous deux le regardèrent finalement et grimacèrent.

« J'ai connu plus confortable », avoua Harry, l'air ennuyé.

Draco marmonna et retourna jusqu'à sa cape pour en sortir sa baguette. En quelques mouvements, le sol se réchauffa et devint si mou qu'Harry eut l'impression d'être sur un de ses gros tapis de gym sur lesquels il sautait étant enfant. Il sourit d'un air satisfait et, toujours avec son expression provocatrice, se coucha sur le sol. Draco l'observa un instant, semblant hypnotisé, puis il vint le rejoindre sur le carrelage. Couché à côté de lui, légèrement redressé, il retourna l'embrasser et, d'un mouvement habile, se retrouva de nouveau entre ses cuisses.

Leurs sexes se touchant, Harry poussa un léger gémissement, suivit d'un autre, lorsque leur peau fut totalement en contact avec celle de l'autre. Il plongea ses yeux dans ceux du blond, s'amusant de la lueur de désir brillant dans les deux prunelles. Doucement, Harry donna un coup de hanche pour l'encourager et, dés lors, ils perdirent complètement la tête. Lorsque les bouches ne se cherchaient pas, elles découvraient le corps de l'autre avec une insatiabilité étonnante. Ils se léchaient, se mordaient ou se griffaient mais n'éprouvaient aucune douleur. Tous deux avaient attendu ce qu'il leur semblait être des siècles. Ainsi, aucun ne voulait calmer le jeu.

Ce ne fut que lorsque Draco commença à préparer Harry que le rythme ralentit. Le brun avait avoué – péniblement – à son amant qu'il était vierge, quelques jours plus tôt. Ainsi, soucieux que ça se passe bien, il avait fait promettre à Draco d'y aller doucement la première fois, ce que le blond fit, bien qu'avec difficulté. L'envie de le posséder était clairement lisible dans son regard mais il resta patient malgré tout.

Lorsqu'il estima qu'ils étaient assez préparés, il reprit sa baguette pour leur lancer un sortilège de protection et, doucement, commença à entrer en Harry. Celui-ci grogna. Ce n'était pas agréable. Autant les allées et venues des doigts étaient une vraie satisfaction, autant, soudainement, il n'aimait pas trop ça. C'était peut-être un peu trop gros pour lui.

Mais il ne fit aucun mouvement pour arrêter le blond. A la place, il se mordit la lèvre avec force et ferma les yeux. Il ne les ouvrit qu'après le passage de deux lèvres sur chacune de ses paupières. Draco était alors entièrement en lui et sa main caressait son sexe un peu moins dur qu'au début. Rapidement, l'excitation revint et ce fut Harry qui amorça le premier mouvement, gémissant aussitôt, ainsi que le blond.

Les premières allées et venues furent un peu douloureuses, à son goût. Mais il les oublia vite pour ne plus être qu'une chose tremblante et criante. Il adorait ça ! Il adorait sentir le membre de Draco le prendre. S'enfoncer en lui pour ensuite ressortir. C'était divin ! Et le bruit que faisait leur corps en se réunissant… Et les sons qu'ils produisaient… Et la bouche de Draco dans son cou, sur son torse, sur sa propre bouche… et ses mains qui le caressaient… Harry resserra ses jambes autour de la taille de Draco, ses talons plantés dans les fesses de Draco, l'obligeant à aller et venir plus vite. Ils bougeaient si violemment que leurs corps avançaient de quelques centimètres à chaque instant, si bien qu'après un moment, Draco finit par se mettre à genoux et par saisir les hanches d'Harry pour ne pas rentrer dans le mur. Il amenait le brun vers ses hanches et l'éloignait à la puissance de ses bras, le prenant plus fort encore.

Dans les vestiaires, une odeur bien différente de celle que la pièce avait l'habitude de sentir se répandit. L'odeur du sexe. Celle de deux corps se faisant l'amour avec une rage presque animale. C'était bon. Et ils voulaient que ça dure, éternellement. Malheureusement, bien vite, Harry sentit quelque chose monter en lui. Comme s'il était un volcan prêt à entrer en éruption. Il voulut désespérément retarder ça. Il voulut se retenir pour que ça continue, encore et encore. Mais, bien vite, il renversa la tête en arrière et jouit, une félicité étrange s'emparant de lui.

Deux mouvements de hanches plus tard, Draco le rejoignait en criant lui aussi. Seul sa position l'empêcha de se laisser tomber sur Harry. Il lâcha ses hanches étroites marquées par ses ongles et ses doigts pour ensuite s'étendre juste à côté du Gryffondor à la respiration précipitées. Pendant un long moment, ils restèrent immobile puis, de toutes ses forces, Harry se tourna vers lui.

« Alors ? demanda-t-il. Apaisé ? »

Draco eut un vague sourire amusé, respirant toujours aussi vite. Il prit plusieurs goulées d'air avant de répondre, d'une voix hachée.

« A fond, dit-il. Cela dit… T'es un trop bon coup que pour te laisser filer tout de suite… Ça te tente de rester un peu avec moi… ? Le temps de profiter pleinement l'un de l'autre… »

Harry laissa échapper un rire et l'embrassa, se plaçant à califourchon sur lui.

« C'est demandé si gentiment », dit-il.

Et il retourna l'embrasser, satisfait.

A suivre…

Et le prochain chapitre est le… dernier, si je ne me trompe pas…

A dans un mois ! Gros poutoux !