Résumé : L'amour, ça peut être une marge d'erreur, le sacrifice, de la dévotion, l'action, un soleil, un suicide, l'instinct, le besoin, la douleur, tant d'autres choses… Drabbles à différents moments du manga, Yaoi hinté.
Disclaimer : ils ne sont pas à moi, mais j'espère qu'ils s'aiment beaucoup quand même…
Part 3 : On The Road.
oOo
« Love is instinct. »
(Hakuryu)
Le rencontrant enfin, tu avais eu le sentiment d'avoir attendu si longtemps avant de le trouver… 500 ans peut-être bien.
Ensuite, ça avait été facile.
Rester près de lui, toujours. L'aider si tu pouvais, même si cela signifiait prendre la plus humiliante des apparences (cette forme de jeep est une horreur). Haïr la pluie parce qu'il la déteste. Te battre pour chiper la nourriture du gamin aux yeux d'or, exactement comme ce kappa stupide, simplement parce que ça le fait sourire. Avoir faim du contact de sa peau sur tes écailles.
Tu as l'impression que c'est juste.
Tu ne t'interroges pas sur ce sentiment :il est bien plus ancien que toi.
« Love is the mirror that makes you real. »
(Hakkai)
Habitué bien plus aisément que toi à ce nouveau nom : il l'a été.
Alors qu'il le prononçait ce soir-là, tu es resté sourd à cet appel, et il resta
K.-O. debout, à te regarder, perdu pour lui dans la tempête que tu fixais au-dehors.
Kyrielle de caresses se posant sur ton épaule,
Avec une main apaisante.
Il la laissa se glisser sous ta chemise, se poser tranquillement sur la peau détruite de ton ventre.
Inévitablement, tu ne pouvais que
Soumettre ton corps à cette embrassade étrange et
Blottir ta tête dans son cou, l'y enterrer pour ne plus entendre la pluie dont l'
Onde murmurait doucement ton ancien nom. Tu pouvais
Reposer en paix. Tu n'appartiens à
Nul autre que lui, maintenant.
« Love is need. »
(Gojyo)
Parfois, tu réalises à quel point tu es égoïste. Tu en éprouves même de la honte.
Si tu appelles son nom chaque fois que tu rentres à la maison, c'est parce que tu as peur qu'il soit parti pendant que tu étais sorti.
Si tu lui en veux à chaque fois qu'il essaye de te protéger, c'est parce que si un jour il en fait trop, à quoi ça aura servi de te sauver toi, alors ?
Si tu le sers si fort dans tes bras, à chaque fois qu'il pleut, ce n'est pas seulement pour le réconforter. C'est parce que tu as peur qu'il oublie ton existence.
Dorénavant, tu es incapable d'imaginer une maison vide de sa présence.
« Love is sun. »
(Goku)
Sanzo est parti.
Ça semble impossible. Comme si Hakkai t'avait dit que quelqu'un avait décroché le soleil du ciel.
Depuis que Sanzo n'est plus dans Jeepu, au travers du pare-brise, vers l'Ouest, c'est le soleil que tu peux voir au lieu de sa nuque. Tes yeux brûlent.
Alors tu les fermes, mais le soleil est toujours là, comme un papillon rouge sous tes paupières.
Comme l'écho d'un coup de feu, longtemps après qu'il ait été tiré.
Même quand tu ne peux le voir, le soleil est. C'est réconfortant.
Tu espères que Sanzo va bien.
Il le faut. Parce que quand tu l'auras retrouvé… quand tu l'auras retrouvé…
« Love is pain. »
(Sanzo)
Tu es incapable de le prendre. Ce serait un viol.
Tu es incapable de l'accepter. Ce serait une faiblesse.
Tu es incapable de le donner. Pourquoi le ferais-tu ?
Tu es incapable de le sauver. Les gens meurent, toujours.
Y penser fait mal.
Il pleut : encore une fois, ton maître est assassiné juste sous tes yeux.
L'entendre fait mal.
Dans certaines auberges, Hakkai et Gojyo oublient que les parois sont aussi fines que du papier.
Le toucher fait mal.
Goku a un sourire dans son sommeil. Aussitôt, tes mains fuient son visage.
Alors, une fois le jour levé, tu dis : Ne tenez à rien.
Et eux, pauvres âmes, ils osent te croire.
