2- la semaine passa lentement pour Georgi Kerenski qui entre deux éclairs de lucidité s'aidait de son portable pour tenter de démêler l'engrenage dans lequel il baignait depuis quelques temps, à force de patience il tomba sur un indice à partir duquel il se mit à remonter toute la ligne. Ce qu'il découvrit alors lui donna envie de vomir s'il le pouvait encore pourtant cette découverte ne fit que le glacer davantage.

- « les belles histoires qui finissent bien ne sont pas pour nous apparemment. »

Il s'enivra une nouvelle fois au terme de ses découvertes car bientôt il allait devoir prendre des mesures, pourtant il ne pouvait faire taire sa rancune vis-à-vis de Simon et Largo, ils se laissaient si facilement convaincre, il avait suffi d'un regard lancé entre les cils et d'un trucage grossier mais suffisant pour convaincre les profanes qu'ils étaient, ça avait été tellement facile.

Six semaines avaient passé depuis le début de la résurrection de Nério et tout allait de mal en pis sans que Largo n'y puisse quoique ce soit, au contraire la mort de son garde du corps semble l'avoir choqué et ce choc au lieu de lui remettre les idées en place le rendirent instable, il semblait avoir perdu cet équilibre précaire qu'il avait réussi à construire avec Simon et leur taciturne ami.

Depuis le départ de leur énigmatique ami Largo et Simon n'avaient plus remis les pieds dans le bunker. Le laissant dans l'état de désordre dans lequel Largo le retrouva à son retour de Montréal, depuis ce jour il n'avait plus reparlé de lui. Simon non plus, mais ce dernier semblait ailleurs loin de tout. Malgré tout le soutien qu'il lui avait apporté Largo sentait que quelque chose s'était brisé dans son amitié avec Simon.

Il était toujours aussi drôle et présent pour lui pourtant il avait changé, dés que Diana arrivait Simon changeait il se refermait il était toujours aimable mais distant, cet état de chose ennuyait Largo.

- « Simon bon sang dis moi ce qui se passe tu as changé qu'est ce qui t'arrive, tu avais une telle affection pour Diana, mais depuis ton retour c'est à peine si tu lui parles. »

Simon ne chercha pas à cacher son ton ironique,

- « sans blague tu t'en es rendu compte. »

- « que veux tu dire ? » le ton sur lequel lui parlait son ami le blessait.

- « depuis son retour qu'as-tu fait ? rien, tu t'es laissé dominer, tu as ignoré les conseils d'Eric et de Kerenski de même que les miens arguant que tu étais le chef et que si ce que tu disais ne nous plaisait pas nous pouvions prendre la porte. Tu es devenu le porte parole de Diana, tu as changé Largo et pas en bien, personne ne peut te tenir tête, tu n'en fais qu'à ta tête et un jour il faudra en payer le prix. »

- « tu le penses réellement ce que tu viens de dire. »

- « chaque mot, sois honnête envers toi-même deux secondes, si tu avais suivi les conseils qu'Eric te donnait en te demandant de lui laisser une heure pour préparer cette expédition nous ne serions pas tombés dans cette embuscade. »

Largo était maintenant fou de rage, Simon avait mis le doigt là où cela faisait mal

- « dis tout de suite que c'est de ma faute, je te signale que le propre d'une équipe de sécurité est d'assurer la sécurité d'un client dans quelles que conditions que cela soit. »

En entendant les hurlements de rage de Largo Diana quitte la chambre de Jake précipitamment et vient a la rencontre de Largo celui-ci semble très agités, celle-ci l'enlace et le réconforte. En voyant cela Simon est dégoûté, ses deux amis ont changé et pas en bien. D'ailleurs pendant qu'ils sont repliés sur eux-mêmes à panser leurs blessures et se jeter des récriminations au visage la commission, elle, continuait de travailler dans l'ombre et d'attaquer le groupe.

Simon a quitté le penthouse et pris la direction du parking, il avait besoin d'air mais surtout de faire le point sur la situation à laquelle ils avaient abouti.


Ils marchaient dans le parc, loin des oreilles indiscrètes, sa main lâchement abandonnée sur ses hanches. Lorsqu'elle avait accepté de quitter la réception un instant pou l'accompagner Danitza était loin d'imaginer quelles avaient été ses intentions.

- « Nério, tu penses réellement pouvoir quitter la confrérie, on ne la quitte pas une fois qu'on y accède. »

- « mais je le ferais, je ne crache pas sur l'argent et pour moi tous les moyens sont bon mais tu te trompes si tu penses que je me laisserais manipuler sans réagir, tu voudrais que je me couche pour que ESTON remporte le marché moi je dis non, en plus à présent j'ai un fils, pour lui je dois lui permettre de vivre sa vie sans être influencé par mes choix, lorsqu'il sera en âge il prendra ses propres décisions. »

- « quelle vie espères-tu lui donner si tu te mets à dos la confrérie, ils te pourchasseront sans répit toi et les tiens. »

- « ceci est ma décision. »

- « et Largo mon fils aussi. »

C'est sur cette dispute que le couple se sépara, Nério semblait avoir vaguement espéré qu'elle l'accompagnerait dans cette fuite, mais non elle semblait préférer cet asservissement à la guilde plutôt qu'une vie certes faites de luttes mais de liberté aussi.

Il n'était plus assez naïf pour croire qu'elle l'aimait assez même après quatre ans de vie commune, il avait découvert une autre Danitza aussi avide d'argent que lui et prête à lui sacrifier bien des choses. Il pouvait lui concéder l'excuse de la jeunesse mais cela n'excusait pas tout, il savait par le biais d'un autre membre de la confrérie que Danitza appartenait à l'une des plus vieilles familles affiliées à la commission, l'histoire de celle-ci se confondait avec l'histoire de sa famille, d'ailleurs le frère aîné de Danitza appartenait au comité collégial qui dirigeait la confrérie.

Nério n'avait pas pris sa décision à la légère si bien que lors d'une soirée de réveillon, il enleva son jeune fils avec la complicité d'un autre homme, moins puissant que lui mais se trouvant dans la même situation, tous les deux rêvaient de laisser le choix à leur enfant.

Cette nuit-là deux enfants disparurent de la nursery de la guilde. Deux garçons, l'un âgé de deux mois et un autre âgé de quatre ans.

Ces deux enfants qui furent élevés loin de leur père. Tous les deux en Europe sous des noms d'emprunt.


Largo quittait le penthouse pour la première fois depuis une semaine, après son altercation avec Simon, on était dimanche pourtant Largo ne doutait pas de trouver Sullivan a son bureau. Durant toute cette semaine il n'avait d'autre compagnie que celle de Diana et son jeune fils.

Il s'approchait du bureau lorsque la porte de Sullivan s'ouvrit à toute volée laissant paraître un Cardignac éructant de colère.

- « ne pense pas le protéger encore longtemps de la sorte. Bientôt ils en auront tous assez, j'espère qu'il n'aura pas l'idée saugrenue de se faire tuer et de laisser son groupe à cette opportuniste et à son fils. »

- « Michel, je ne te permets pas de dire cela. » Sullivan était outré par ce que venait de dire le français.

Cardignac ne parvient pas à réprimer un ricanement

- « sois donc honnête avec toi-même crois tu réellement qu'il ait le comportement d'un leader, pendant que son ami était a l'hosto passe mais là il a réussi à faire fuir même son ami, son comportement est tel que les investisseurs commencent à aller vers d'autre groupes comme Helm's and Co. Qu'il continue de la sorte et bientôt le groupe sera à moi, je n'aurai pas à attendre longtemps.»

Sullivan : « ……

Largo s'était encadré dans l'embrasure de la porte et regardait attentivement les deux hommes, Michel fut le premier à rompre le silence.

- « Largo, que nous vaut le plaisir de votre visite ? Ou devrais je dire le déplaisir. »

- « Cardignac, je suis chez moi encore, je venais voir Sullivan donc si vous pouviez nous laisser. »

- « mais je vous laisse. Continuez de la sorte et bientôt vous ne serez plus chez vous. Je me demande ce qui a pris à Nério de vous nommer son héritier, vous n'êtes qu'un enfant irresponsable. »

- « peut être mais le groupe W m'appartient, et vous serez toujours le numéro trois. »

Michel ne put retenir un sourire.

- « ne vous réjouissez pas tellement Largo, l'avenir est tellement incertain. »

Sur ces mots Michel quitta le bureau de Sullivan pour rejoindre le sien, il avait besoin de certains documents avant de quitter la tour. Durant deux semaines il sillonnera la Géorgie pour vérifier le fonctionnement de l'agence principale et de plusieurs succursales dont les rendements ont accusé une certaine baisse durant le trimestre précédent. D'ailleurs le rapport de sécurité devrait l'attendre sur son bureau à l'heure qu'il est.

Les mots prononcés par Michel inquiétèrent Largo si bien qu'il demanda des explications à Sullivan or celui-ci ne souhaitait pas les lui fournir, si bien qu'il lui servit une explication qui de toute manière devait être amenée sur le tapis, il saisit donc la perche qui lui a été tendu.

- « Largo, votre comportement commence à avoir des répercussions sur le groupe, vous êtes devenus versatile et colérique si bien que nos investisseurs commencent à se demander s'ils ne ferait pas mieux d'aller voir les autres conglomérats. Nos actions baissent, nous avons perdu prés de 15 points sur les marchés américains, asiatiques et européens si bien que nous courons le risque d'une OPA. »

- « je ne le savais pas pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? »

- « Largo le rapport est sur votre bureau depuis plus d'une semaine. Des fois je me demande si Michel n'a pas raison, je vous couvre tellement que vous ne faites plus d'effort, vous partez sur un coup de tête me laissant me dépêtrer seul avec le conseil. Je pense qu'il faut que cela cesse dorénavant vous assumerez vos actes seul.»

Craignant de proférer des paroles qu'il pourrait regretter par la suite Sullivan s'apprêtait a quitter son bureau lorsque le téléphone sonna.

- « Sullivan a l'appareil……. Edouard comment vas tu mon garçon…….. Le 12 du mois prochain, je suis disponible à cette date..…… à Paris……. J'envoie une équipe de nettoyage préparer le 35eme étage….. Natalia sera la aussi, excellente nouvelle j'ai hâte de la voir……. Oh Edouard est ce que Joy sera présente elle aussi……en Allemagne ? Qu'est ce qu'elle fait en Allemagne ?... Bien demande lui de transmettre mes amitiés aux Haddad. »

- « nous avons un locataire pour le 35eme étage de la tour ? » Dire que Largo était surpris était un euphémisme.

- « l'étage a été loué il y a de cela six mois, mais le groupe qui l'a loué est basé en Europe principalement. C'est à lui que revient la gestion de la sécurité de la Winch Air Lines mais aussi Télécoms. La société fait aussi office de consultant pour certains de nos contrats avec l'armée. »

- « Sullivan je croyais que nous ne devions jamais concentrer autant de nos activités chez une société étrangère au groupe. »

- « je sais ce que je fais et sachez que si le groupe est aussi bien protégé en Europe c'est grâce à sa rigueur. Elle ne laisse rien échapper. Tout ce qui concerne le groupe est géré par elle personnellement, personne d'autre n'a accès aux données nous concernant. »

- « mais….

- « je vous en prie Largo cela ne vous va pas de jouer celui qui s'inquiète, vous avez une équipe de sécurité dont vous faites peu cas alors il suffit. »

Enervé Sullivan quitta son bureau au pas de charge, laissant derrière lui un Largo de plus en plus désemparé, celui-ci sentait non seulement le cours de sa vie lui filer entre les doigts mais voyait son monde s'écrouler autour de lui sans qu'il n'y puisse rien. Seule Diana restait prés de lui, l'écoutait le comprenait, elle au moins ne le contredisait pas systématiquement.

Diana est repartie en Allemagne en compagnie du petit Jake. Seul et désœuvré Largo se rendit dans l'appartement de son pote mais il le trouva vide, pire il semblait inoccupé, Simon était un épicurien il ne prenait jamais le temps de ranger ses affaires, or l'appartement était dans un état impeccable signe de l'absence de son occupant un brun survolté.

Simon avait erré pendant des heures dans New York avant de s'enhardir à prendre la direction de l'appartement du Russe. Jusqu'à présent il ne savait comment qualifier le Russe, depuis leur rencontre dans ce bar servant la vodka, il y a de cela un peu plus d'un an et son recrutement sur les conseil du père Maurice, Kerenski n'avait jamais été très loquace au contraire il demeurait en toute circonstance avare de mots, distillant les informations au compte goutte ne disant jamais plus que nécessaire. Cela Simon avait du mal à le comprendre. Même après un an de cohabitation il demeurait une énigme.

Les débuts avaient été difficiles, non que par la suite les choses se soient arrangées au contraire il semblait prendre un malin plaisir à mettre Eric dans des situations intenables. Si bien que dans un moment de colère et de découragement Largo a nommé Simon chef de la sécurité dans une vaine tentative de calmer les esprits.

Malheureusement Simon dut vite se rendre à l'évidence Kerenski leur tenait toujours la dragée haute. Il était le mieux informé et de par sa formation au KGB, il était habitué à diriger des équipes. Eric n'avait pas cette compétence, il était un garde du corps purement et simplement, il n'avait jamais dirigé d'équipe il était un soldat a la base et rien d'autre. Lui, Simon ne pouvait se vanter de quoique ce soit, en tant que voleur il avait toujours travaillé en solitaire alors diriger une équipe.

Ce dont ils auraient besoin c'est d'une présence capable de gérer le comportement froid et méthodique du Russe mais aussi son emportement a lui et Largo car avec le recul, Simon se rendait compte qu'Eric n'était jamais emballé par leurs escapades il les subissait la plupart du temps.

Il passa une heure à l'attendre mais celui-ci n'apparut pas, un voisin le prenant en pitié l'informa que Monsieur Kerenski était parti en voyage la veille et qu'on ne savait pas la date de son retour, d'ailleurs il passait si peu de temps dans son appartement.

Abattu, Simon regagna la tour pour la première fois depuis une semaine. Après sa dispute avec Largo, Simon avait entassé pèle mêle quelques affaires dans un sac et avait pris la direction de la maison que Largo avait acheté sur un coup de tête dans le Connecticut, sur place, il prit le temps de faire le point sur sa vie et sur les changements survenus durant cette dernière année.

Dans le Connecticut loin de tout, Simon, refit le point sur la situation dans laquelle il se retrouvait, de voleur malhabile il est à présent chef de la sécurité du groupe W dont le PDG n'est autre que son meilleur ami, Largo Winzclav connu aujourd'hui sous le nom de Largo Winch. Il se souvient encore du jour ou tout a commencé.


- « Largo, tu peux me dire ce qu'on fait ici….. C'est pas que je m'ennuie mais les églises c'est pas vraiment ma tasse de thé. »

- « on attend le père Maurice, quand je l'ai eu au téléphone il semblait quelque peu nerveux or pour qu'il me demande de l'aide il faut que cela soit vraiment très sérieux. »

Avant que Simon ne puisse rajouter quoique ce soit, le père Maurice s'encadra devant l'autel, il quittait le bureau du Père Flavio, le prêtre officiant dans cette église du sud de l'Italie, entre ses mains un volumineux livre.

- « Largo, mon fils je suis heureux de te voir même en de telle circonstance. »

Personne n'eut l'occasion de placer un mot au même moment quatre hommes vêtus de costumes sombre et armés de Kalachnikov firent irruption dans le lieu saint et se mirent a tirer sur eux.

Dans un réflexe Largo et les autres portèrent un bras à la hauteur de leur visage et se baissèrent.

- « père Maurice que se passe-t-il ? Que vous veulent ces hommes ? »

- « ils veulent ce livre. Et ils veulent la mort de Nério. »

- « j'aurai du me douter qu'il était mêlé à cette histoire d'une manière ou d'une autre. »

Malgré le danger et le pas de course qu'ils avaient adopté pour quitter l'église Simon voulait être informé.

- « je peux savoir qui est ce Nério dont vous ne cessez de parler. »

Largo d'une voix coupante, chose étonnante pour qui connaît l'homme

- « personne. »

Au même moment le père Maurice répondait à la question

- « son père. »

Simon ne rajoute rien il est très occupé à tenter de semer les malabars au volant de la berline qu'il leur a volé. Largo qui avait trouvé d'autres armes dans la voiture, tirait depuis la fenêtre tentant vainement de leur crever les pneus ou de blesser le conducteur afin de les ralentir.

Après une poursuite qui dura plus de deux heures dans les routes et chemins italiens Largo parvint à semer leurs poursuivants, à la sortie de Milan Largo et les autres abandonnèrent le véhicule et partirent à pied en direction d'une autre église ou les attendait le frère Dimitri dans une petite voiture qui avait connu des jours meilleurs.

Dans la voiture Simon bombarda Largo de questions afin d'avoir de plus amples information concernant le géniteur de celui qu'il considérait son meilleur ami, or ce dernier observait un silence buté et boudeur, ce fut le père Maurice qui fournit quelques éclaircissements au Suisse.

Quelques heures plus tard ils furent en vue du monastère qui avait vu Largo grandir. Mais le répit fut de courte durée, une heure a peine après leur arrivée le monastère, Sarjevane était pris d'assaut par un commando.

Dés les premiers coups de feux le père Maurice entraîna Largo et Simon à sa suite dans les catacombes du monastère, le livre toujours précieusement serré contre lui.

Malheureusement leur fuite fut découverte et ils furent pris en chasse par quatre hommes de la commission.

Ils en désarmèrent deux et leur prirent leurs armes mais bientôt le reste du commando arriva et cela devint plus dur, pendant un instant ils se crurent perdu lorsqu'un second commando arriva.

Ils se souvient d'une piqûre à la nuque puis plus rien, à leur réveil ils étaient à NY, ce qui s'est passé durant ce laps de temps leur a été conté par Sullivan. Pourtant même après deux ans, il sentait qu'une partie de l'histoire lui échappait. Qui les avait sauvés ce jour là au monastère ?


Del Ferril était rompue de fatigue les dernières semaines avaient été très dures pour tout le groupe son PDG absent, c'était un peu la débâcle au niveau du centre de commandement de l'empire Winch. Alors dans ces moments la, elle regrettait encore plus la mort de Nério mais aussi certaines tentatives avortées de Michel de prendre la direction du groupe. Ils étaient de la même race que Nério et Sullivan le boulot d'abord le reste ensuite, arrivé à ce niveau dans le monde très fermé des affaires internationales il n'y avait plus de place pour les sentiments bons enfants.

Elle avait bataillé dur pour atteindre les plus haut échelons du groupe W, à trente trois ans elle pouvait s'enorgueillir de tout posséder l'argent, le pouvoir et l'influence pourtant en chemin vers le sommet son mariage n'a pas tenu le coup.

Lens avait de moins en moins bien pris ses succès dans ce monde exclusivement masculin. Si bien que son mariage prit fin, depuis elle se contentait de brèves liaisons sans lendemain aucune ne tenait la distance. Tous finissaient par se lasser de devoir passer après une réunion du conseil et des réunions de dernières minutes. De dîners en cocktail.

Michel parti pour le Week-end et toute la semaine prochaine elle se retrouvait seule a NY. Même Buzzetti rentrait retrouver sa petite amie, alors en rejoignant le parking des membres du conseil qu'elle se rappela que la maison que le groupe possédait dans le Connecticut était vide.

Sans plus hésiter elle repartit en direction de son bureau d'ou elle récupéra un petit sac de voyage qui se trouvait en permanence dans son bureau et hop.

Il était très tard lorsqu'elle fut en vue de la maison. Tout était silencieux et plongé dans l'obscurité, pourtant à peine venait elle de poser son sac à ses pieds qu'une main agrippa son bras et le tordit violemment dans tandis que brusquement la pièce s'illuminait.

Alicia fut abasourdie, l'homme qui l'immobilisait n'était autre que Simon Ovronnaz l'acolyte de Winch. Elle ne pouvait pas voir son visage mais elle sentait son souffle chaud sur sa nuque. Son étreinte ne se desserrant toujours et ne faiblissant pas Alicia ne put retenir plus longtemps le gémissement de douleur qu'elle retenait, il la relâcha.

Aucun mot ne fut échangé, lorsque Simon se fut assuré qu'il s'agissait bien d'Alicia il la relâcha et reprit la direction du salon.

Encore sous le coup de la frayeur, Alicia le vit partir, son corps gardait encore la sensation des muscles durs de sa poitrine contre son dos et le goût de cognac qu'avait son souffle.

Il quittait à présent le hall d'entrée, pour la première fois elle fit réellement attention a lui, il n'était pas très grand comme ses deux amis Largo et Kerenski mais il était musclé et trapu et dans son jean et sa chemise ouverte sur son torse il paraissait plus sexy.

- « tiens c'est la première fois que je pense a lui comme a un homme de chair et de sang. »

Sans plus s'appesantir sur cette réflexion, elle empoigna son bagage et partit à la recherche d'un chambre ou s'installer.

Un quart d'heure plus tard elle rejoignit Simon au salon, ce dernier se trouvait prés de la cheminée, seulement éclairé par le feu de la cheminée qui réchauffait la pièce en cette nuit de janvier.

Il fut indifférent à sa présence durant cette soirée et pendant tout le WE, il était le premier levé et n'eut été la cafetière pleine qui l'attendait le matin elle aurait pu douter de sa présence, en contrepartie a midi elle laissait son repas en évidence. Sinon elle n'entendit à aucun moment le son de sa voix. Le Simon qu'elle voyait face à elle différait de celui du groupe, ce dernier n'était pas sérieux pour deux sous et il ne gardait jamais son sérieux il tournait tout en dérision, or celui face à elle était différent, taciturne et renfermé une version brune du Russe qui régnait sur la tour depuis le bunker au troisième sous-sol.

En visitant la propriété elle ne vit aucune trace de sa voiture si bien que dimanche soir en quittant la propriété elle lui proposa de repartir avec elle. Il accepta et ils quittèrent l'endroit. La semaine reprit et sa ronde de réunion avec elle. En l'absence de Cardignac les réunions étaient d'une monotonie accablante surtout que Winch brillait toujours par son absence.

Elle comme les autres voyait la tourmente pointer.