7- Herr Alester et les siens ont pris leur quartier a Berlin le temps de régler quelques affaires relatives a la commission mais également a leur commerce.

Bureau de Adrien

Après une semaine de vacances en compagnie de toute sa famille, Adrien ne s'attendait pas a pareille surprise en arrivant a son bureau, en effet parmi les documents amoncelés sur son bureau un nom retint son attention. Il se saisit de son téléphone pour appeler sa secrétaire :

- « enfin…. Carla…. Appelez Herr Alester et demandez lui de me rejoindre.»

C'était une excellente manière de commencer la journée, Arden père et fille avaient toujours réussi à leur échapper ainsi que la mère malheureusement pour eux le fils était plus faible et sa plus grand faiblesse leur ouvrait la porte du groupe Chevalier donc d'Arès et par extension l'accès aux plans de sécurité de plusieurs groupes.

Alester n'avait pas mis plus de cinq minutes pour se présenter au bureau de son gendre.

- « qu'est ce qui se passe ? »

- « une agréable nouvelle pour commencer la semaine. »

Adrien lui tendit le rapport qu'il avait encore entre les mains. Le visage d'Alester s'éclaira sitôt qu'il eut pris connaissance du contenu.

- « Mr Arden fils, en voilà un bien imprudent. »

- « alors que faisons nous ? »

- « comme toujours, mais cette fois c'est toi qui te présenteras comme le représentant de Monsieur Arden pour le conseil. »

- « je m'occupe de cela et ou en êtes vous avec le député Hacher… »

- « c'est un vieux de la vieille, il a survécu à Hitler depuis il résiste à toute forme de pression… nous commencerons par Mme Hacher puis nous verrons… dommage qu'il n'ait pas d'enfants… »

- « le conseil d'administration aura lieu le 12 à Paris, je demanderai à Marlene de m'accompagner elle semble quelque peu mélancolique ces temps-ci. Avant que je n'oublie Diana Montreuil a appelé, la tour est à nouveau opérationnel, nous devons interrompre l'opération pour l'instant.»

- « ce n'est pas un problème, d'ailleurs…

Il ne finit pas sa phrase, Carla s'encadra dans la porte annonçant l'arrivée de Monsieur Arden avec les documents demandés.

Diana regagnait la tour en taxi, la radio diffusait un bulletin d'information et son attention fut attirée lorsque le journaliste mentionna le groupe W, et avec force de détail revint sur la traque du tueur amoureux. Le dénouement de l'affaire a eu lieu dans la tour du groupe avec la collaboration du célèbre service de sécurité du milliardaire Largo Winch.

Bientôt le taxi s'arrêta au pied de la tour, elle descendit du taxi et laissa le soin au portier de rentrer ses affaires, elle traversait vivement le grand hall dallé de marbre et bruissant d'activité, comme à chaque fois qu'elle le traversait deux sentiments primaient. La sensation d'être écrasée par tant d'opulence et l'impression d'être jaugée, machinalement elle leva le regard vers le plafond et la comme autant d'yeux qui vous fixent les voyants des caméras de sécurité clignotaient.

Au sommet de la tour Largo l'attendait, tout un travail à refaire, en franchissant le seuil du penthouse elle trouva Largo en compagnie des deux autres membres de l'Intel tous les trois étaient autour de la table en train de déjeuner.

Largo fut le premier à la voir, il sembla heureux de la voir ou plus exactement heureux de revoir Jake.

- « salut les garçons. »

Seul Largo répondit à son salut et déposa un léger baiser sur les lèvres de sa compagne tout en la déchargeant de Jake qui en le voyant gesticulait pour descendre. Le hasard faisant bien les choses les trois hommes avaient fini de manger si bien que les deux autres ne s'attardèrent pas, Kerenski repartit en direction du sous-sol et Simon partit à la recherche de Del Ferril, cette femme l'intéressait, il ne savait pas de quelle manière mais elle l'intéressait.

Trois jours avaient passé depuis la tentative d'enlèvement dont avait fait l'objet Alicia, malgré toutes les précautions prise une fuite a eu lieu et depuis la presse faisait le pied de grue devant la tour afin d'apercevoir celle qui aurait pu être la vingt cinquième victime du tueur amoureux.

Assise à son bureau Alicia peinait à se concentrer sur son travail, elle avait besoin de toute son attention pour occulter et tenter d'oublier le regard tour à tour triste ou halluciné de Jean Lillers sans l'intervention d'Ovronnaz… elle préférait cesser d'y réfléchir mais dés que le tumulte de ses pensées se calmait les bruits des déflagrations et du regard se vidant de vie de Lillers s'imposait à elle.

A cet instant quelqu'un frappa à la porte de son bureau, distraite elle ne put s'empêcher de sursauter violemment et de renverser sa tasse de café. Face à ce désastre elle ne put s'empêcher de pousser un cri de frustration, inquiet Simon n'attendit plus et poussa la porte du bureau, debout Alicia observait les dégâts.

Sur le pas de la porte Simon découvrait une autre Alicia, moins agressive que ne la décrit Largo lors d'un conseil, plus féminine moins femme d'affaire car lorsqu'elle arborait ce masque elle devenait tellement glaciale qu'elle en était effrayante.

- « tout va bien Alicia. »

- « bien ? Depuis deux jours la presse fait le siège devant chez moi m'obligeant à dormir dans l'un des appartements de la tour, j'ai peur de sortir et le moindre bruit m'effraie. Est ce que j'ai l'air d'aller bien ? »

Sur ces derniers mots la voix d'Alicia montait vers les aigus.

- « euh… non.»

En disant cela Simon n'était sur de rien, il ne voulait surtout pas la contrarier. Sa tête devait être risible car Alicia ne put réprimer un sourire, tout fier Simon traversa le bureau.

- « venez je vous raccompagne chez vous, mais avant on va s'occuper de réparer les dégâts causés par le café. »

Si Simon avait découvert en entrant qu bureau une autre Alicia, Del Ferril découvrait à son tour un autre visage du chef de la sécurité de la tour W, attentif plus difficile à appréhender qu'elle ne le supposait.

Au 35ème étage Joy entraînait les nouvelles recrues avant de prendre une décision, cela lui octroyait six mois pour prendre sa décision mais déjà les grandes tendances de ce groupe se dessinaient, meneur, suiveur, bagarreur et traître potentiel tout cela commençait à se dessiner.

Depuis trois heures Joy dirigeait le groupe dans une opération d'assaut, elle avait placé les agents de renseignement sur le terrain et les agents de terrain dans un poste de renseignement, l'exercice visait à déterminer le temps de réactivité des agents et leur capacité d'adaptation à des situations ne correspondant pas à leur profil.

Jusqu'à présent tous s'en sortaient honorablement si ce n'est l'agent Ashley Parson qui peinait à crocheter une serrure depuis 60 secondes.

- « Parson, time over, passez votre tour, à vous Carson…

L'agent Allan mit 40 secondes, Denison 35 secondes.

- « Parson reprenez le parcours. »

Ashley trouvait la situation injuste et n'hésita pas à le faire savoir à Joy

- « vous ne pouvez pas m'y obliger, je suis un agent de renseignement avant tout et non un agent de terrain je n'ai pas besoin de savoir ce que vous nous montrez ici. »

- « vraiment, alors je vous propose une petite surprise. Salle info, lancez la simulation Epsilon…. Agent Ashley voici pour vous ce à quoi sert mon enseignement. »

Elle fit signe aux autres de la suivre et bientôt Ashley se retrouva seule dans la grande salle, avec son ordinateur.

Une voix off expliqua à Ashley la situation dans laquelle elle se trouvait et lui assigna sa mission.

Obtenir les relevés de compte d'une personne soupçonnée de blanchir de l'argent au profit d'un cartel de la drogue sud américain.

Elle se mit au travail, elle savait ce qu'elle cherchait et où chercher mais elle eut beau faire rien n'aboutissait tous les comptes consultés étaient nickels pourtant l'information qu'elle avait lui certifiait que cette personne avait des connexions avec le cartel.

Elle parvint aux conclusions suivantes elle allait devoir s'aventurer dans la demeure du suspect pour fouiller ses documents afin de trouver des preuves et le courant a été coupé si bien que sa machine ne lui servirait à rien elle ne pouvait compter que sur elle-même.

Elle partit donc en direction de la demeure, après avoir parfaitement assimilé les mouvements des gardes elle se faufila dans la demeure, cependant elle ne remarqua pas l'alarme silencieuse qu'elle a déclenchée en effleurant le détecteur mis sur les fenêtres à peine franchissait elle le seuil du bureau que la lumière s'allumait et un garde l'abattait.

Ashley se releva mais elle arborait un air mauvais, elle n'appréciait que moyennement la démonstration sur la nécessité d'une connaissance du terrain tout ce qu'elle retenait c'est que Joy Arden l'avait humiliée et cela elle ne l'oubliera pas de sitôt.

Elle quitta donc la salle en claquant la porte, l'entraînement dura toute la matinée et à midi Joy partit déjeuner en compagnie d'Alicia Del Ferril afin de convenir des nouvelles mesures de sécurités de Winch Télécom quelle ne fut sa surprise de découvrir Simon Ovronnaz également.

Pendant tout le repas la discussion roula principalement autour des nouvelles mesures de sécurité à prendre autour des sites où s'effectuaient les montages des satellites du groupe W ainsi que les centres de recherches et développements, en effet lors d'un audit lancée par Alicia il était clairement apparu que des failles existaient dans les systèmes de sécurité.

La vie reprenait doucement ses droits, Kerenski remettait en état le bunker seul puisque Joy était trop occupée pour lui donner un coup de main, Largo gérait son groupe mais s'éloignait de plus en plus de Diana, Simon assurait la sécurité de la tour avec l'aide de Kerenski depuis deux ans il s'était plus qu'amélioré.

La commission était omniprésente, si bien que dés Joy avait posé un pied sur le sol new-yorkais deux hommes s'étaient attachés à suivre les déplacements des agents l'accompagnant afin de voir par quel moyen l'atteindre.

Ils n'eurent pas a attendre bien longtemps, Ashley Parson quitta la tour au pas de charge son visage exprimant de façon visible sa colère et sa rancune, discrètement l'homme emboîta le pas a sa proie.

Ashley avançait droit devant elle indifférente au vent glacial de novembre qui soufflait fort en ce jour. Ses pas la menèrent jusqu'à un bar éloigné de quelques centaines de mètres de la tour, sans plus de cérémonie elle partit s'installer au bar et commanda une bouteille de whisky et se mit à l'avaler, bientôt, elle se fut complètement saoule et se mit à parler à tort et à travers, profitant de l'aubaine l'homme s'approcha d'elle, il n'eut rien à faire ayant depuis longtemps sombré dans un délire éthylique il se contenta de l'écouter maudire Joy Arden de toutes les façons possibles et imaginables.

- « wow, vous devez sacrement détester cette nana pour la vouer aux gémonies de l'enfer. »

- « la détester, je la hais, pour qui se prend elle ? Elle a 25 ans comme moi et occupe un poste dont je ne pourrais même pas rêver après vingt ans de carrière. Et de plus elle m'a humiliée devant les gardes. Pour le coup je la déteste, je veux ce qu'elle a son poste, son influence même pas je la veux morte. »

- « je peux exaucer ton vœu si tu le souhaites réellement. »

- « ze… je… suis bourrée » elle avait prononcé ce dernier mot sur un ton victorieux « si…. Tu… veux …parle ….de…main. »

- « allez ma belle c'est l'heure de faire dodo. Garçon la note. »

Il paya et partit emmenant avec lui une Ashley complètement ivre et endormie.

A la tour Largo finissait de se préparer pour se rendre à la soirée organisée par le maire, dehors Simon l'attendait déjà en compagnie des deux gardes du corps et de Monique, Diana ayant refusé de l'accompagner.

- « je t'aime Largo mais nous avons eu cette discussion à plusieurs reprises je ne veux pas voir mon visage s'étaler à la une de toute la presse. Je refuse que Jake et moi devenions des cibles. »

- « Diana, je t'en prie je vous protégerai….

- « non Largo n'insiste pas….

- « alors qu'est ce que tu fais ici, tu as quitté le penthouse pour un autre appartement tu n'es jamais là quand j'ai besoin de toi. »

- « et toi ? Où es tu ? »

Le ton montait rapidement entre les deux si bien que bientôt leurs éclats de voix parvinrent jusqu'au salon, Simon en était gêné mais ne pouvait intervenir, Kerenski avait été très clair tant que la seconde taupe n'aura pas été découvert il ne devait en aucun cas offrir des opportunités à celle-ci de nuire en semant la zizanie a nouveau entre eux.

- « Monique, vous pouvez aller voir, venant moi il risque de mal le prendre.»

Prestement Monique se dirige vers la chambre de Largo afin de tirer cette affaire au clair, bien qu'elle se soit gardée de donner son avis sur la liaison qu'entretenait celui qu'elle considérait comme un fils avec cette femme, néanmoins elle ne pouvait en son for intérieur que réprouver cette liaison, elle manquait de tout de raffinement et de présence mais surtout elle ne donnait pas à Largo cet apaisement qu'il semblait rechercher de plus en plus dans les bras d'autres femmes.

- « Largo, Diana qu'est ce qui se passe ? »

- « il se passe que Diana refuse de m'accompagner…

- « pourquoi ? »

- « comme je lui ai dit je ne veux pas voir mon visage s'étaler partout mais surtout je ne veux pas que Jake soit mêlé aux quêtes de vengeances des gens appartenant au passé de Largo son père ou le groupe, je ne risque pas d'oublier ce jour où Simon a été pris en otage avec Marissa et Jerry (en référence à l'épisode insurrection) »

- « écoutez mon petit (la voix de Monique est un mélange de condescendance et de mépris) le jour où l'on accepte de partager la vie d'un Winch c'est à la vie à la mort, pour le meilleur et pour le pire…. Bon ça suffit Largo nous sommes en retard.»

Sur ces mots Monique entraîne Largo à sa suite et tous quittèrent le penthouse.

Simon était un peu à la traîne lorsqu'ils passèrent devant le bureau de Cardignac. La porte de ce dernier n'était pas fermée et les deux voix qui s'en échappaient retinrent son attention, l'une de ses voix appartenait au Français alors que l'autre était sans aucun doute féminine, ces intonations ne lui étaient pas inconnues. Alors qu'il s'approchait de la porte pour pouvoir jeter un coup d'œil à l'intérieur du bureau les voix se transformèrent en éclat de rire. Il fut estomaqué par le spectacle qui s'offrait a lui : Joy était assise dans le fauteuil de Michel alors que ce dernier assis sur le rebord de son bureau semblait raconter des choses que la jeune femme semblait trouver très drôle.

Cardignac présentait ainsi une image bien différente de celle qu'il donnait habituellement.

Simon en est tellement troublé qu'il n'entendit pas Largo qui revenait sur ses pas le chercher.

- « Simon ! »

- « minute Largo y'a pas le feu. »

- « et vous dites que je suis toujours en retard…

Largo s'interrompit brusquement, huma l'air et ferma les yeux pour s'imprégner encore plus de ce qu'il sentait : un parfum.

- « Largo….eh Largo….

- « hein….

- « ça va tu te sens bien ? »

- « oui, mais c'est ce parfum, cela fait deux ans que je ne l'ai plus senti.»

- « arrête Largo, c'est insensé, et je peux te citer au moins deux de tes dernières copines à avoir porté ce parfum, tiens maintenant qu'on en parle elles étaient plus que deux. »

- « non Simon, tu ne pourras pas comprendre, tu te souviens il y a deux ans quand on s'est réveillé au groupe et que Berdych a essayé de me tuer…

- « tu l'as neutralisé. »

- « je n'étais pas seul, quelqu'un m'a aidé je me souviens d'un regard d'ambre qui m'a fixé un instant après plus rien, et des doigts comme des ailes de papillons, quand je me suis réveillé à nouveau j'ai trouvé Sullivan à mes côtés puis les événements se sont précipités. »

- « arrête de délirer Largo…

- « elle existe, maintenant j'en suis sûr alors un jour ou l'autre je la croiserai. »

Dans son bunker Kerenski souriait, Largo savait il que la femme qui le faisait rêver depuis deux ans, il l'avait renvoyée sans autre forme de procès dés sa prise de pouvoir et imaginait il seulement les liens qui la liaient à son pire ennemi au conseil.