8- la lumière du jour inondait la chambre lorsque Ashley émergea de son sommeil éthylique, le silence n'était brisé que par le bruit de la douche qui bientôt s'interrompit et la porte s'ouvrit pour laisser passer un jeune homme d'un trentaine d'année de type aryen.

- « bonjour Ash, bien dormi ? »

Elle ne répondit pas à sa question car elle en avait une plus importante en tête

- « je suis sensée vous connaître. »

Il s'approcha du lit un petit sourire au coin des lèvres,

- « disons qu'après les confessions autour d'une bouteille de Whisky nous ne sommes plus des inconnus l'un pour l'autre. »

- « Ah ! »

Elle ne voyait pas quoi dire d'autre.

- « tu te souviens de ce qui s'est passé hier soir ? »

- « euh ! Pas vraiment »

- « Sûre… moi je m'en souviens et puis comme tu me plais assez disons que je ferai de mon mieux pour t'aider. »

Elle le regarda pensivement : de quoi était-il en train de parler ? Que lui avait-elle dit pour qu'il se sente ainsi l'âme d'un saint-bernard ?

- « j'ai dit beaucoup de choses hier. » avança-t-elle prudemment

- « si tu veux toujours tuer cette Joy Arden, je t'y aiderai. »

Le silence s'instaura entre eux le temps qu'elle réfléchisse à ce qu'il venait de lui proposer :

- « Je ne veux pas vraiment sa mort. En fait, ce que je veux, c'est tout ce qu'elle a. Je veux son influence sur le groupe W, et je veux Arès. »

- « alors je t'aiderai. »

Un soupçon de méfiance traversa Ashley :

- « pourquoi ? »

Son compagnon lui répondit sans prendre le temps de réfléchir à ce qu'il disait. Il semblait s'attendre à ce qu'elle posât cette question :

- « Joy Arden s'est opposée à certains de mes projets alors je veux ma revanche. »

- « le temps de me changer et nous commencerons à préparer notre affaire. »

- « ok, je descends chercher à manger. »

Pendant qu'il s'affairait dans la cuisine, l'homme ne put réprimer un sourire. Joy Arden n'avait pas été bien inspirée de prendre cette jeune personne avec elle, mais ils n'allaient pas s'en plaindre, grâce à elle l'assaut contre la tour qui avait du être suspendu à cause du retour de la garde rapprochée de Winch allait pouvoir être remis au goût du jour de plus ils avaient un autre atout dans leur manche.

Jusqu'au dernier instant Sullivan a travaillé, sa dernière soirée a NY il l'avait passée a la soirée du maire organisée pour collecter des fonds a diverses association que dirige Monique dans l'Etat de NY. En quittant la tour il avait vu Joy et Michel ensemble, ils faisaient la pair tous les deux, ensembles ils étaient redoutables, d'un machiavélisme incroyable.

Il avait toujours cru que Michel ignorait l'existence de la commission, il avait même cru pendant un moment qu'il en faisait partie puis Joy avait disparu et il avait alors découvert un autre Michel bien plus inquiétant loin de l'image du jeune loup au dent longue mais qui se heurtait à plus fort que lui, car dans sa lutte contre Largo il n'usait pas de moyens aussi violents que ceux qu'il a utilisés pour retrouver Joy.

Ce jour là si Donovan avait cherché à laver son nom en enlevant ceux qu'il tenait pour responsable de sa clandestinité, Naylor lui allait profiter de l'occasion pour éliminer Joy Arden et s'assurer ainsi les bonnes grâces du Sénateur Marsden, sénateur de l'Etat de NY mais aussi maître de la guilde en Amérique.

En effet, la Commission avait donné l'ordre de se débarrasser de Joy et de Nério mais, depuis la mort du PDG du Groupe W, la jeune femme était devenue insaisissable. Elle était devenue une ombre. Naylor avait vu en Donovan une arme malléable qu'il suffisait d'actionner.

Donovan avait approché Sullivan et Michel en leur parlant de dirigeants de grands groupes tués et d'une taupe au sein de la CIA. Les deux hommes d'affaires avaient accepté de servir d'appâts pour le tueur car ils savaient qu'ils auraient Joy pour assurer leur sécurité. La situation s'était révélée n'être qu'un piège pour kidnapper la jeune femme.

En constatant la disparition de Joy, les deux hommes s'étaient empresser de prévenir Kerensky afin qu'il entamât des recherches ; recherches qui furent vaines. Sullivan avait alors dû passer outre ses rancunes pour aller voir celui qu'il considérait comme responsable des malheurs de Joy : Charles Arden.

Charles Arden, l'accueil fut à la hauteur de ses espérances il les a accueillis arme à la main, Kerenski et Michel réussirent à le prendre par surprise. Malgré tout ce qu'il lui apprit Charles ne sembla pas s'émouvoir outre mesure, il se contenta de leur donner le nom d'une ville : Montréal.

Et c'est dans cette ville que se conclut l'affaire Donovan, pendant qu'ils cherchaient et passer au peigne fin les diverses planques de la CIA, bon an mal an malgré la haine farouche qui opposait les deux hommes.

Donovan tentait de faire la lumière sur ce qui s'était passé il y a de cela deux ans quand une nuit, la CIA avait fait irruption chez lui pour l'arrêter pour trahison.

Naylor tentait de se dégager de toute responsabilité tandis que Joy gardait le silence à quoi bon parler d'ailleurs ce qui devait arriver est arrivé, il n'y avait pas de retour en arrière possible, pourtant un doute vit le jour dans son esprit à cause d'une malheureuse phrase que prononça Naylor.

Bientôt l'entrepôt raisonna des bruits de coup de feu la cavalerie arrivait, mais l'irrémédiable eut lieu, et la vérité se fit, Naylor mourut en traître mais John mourut aussi mais son honneur fut lavé.

John attendait patiemment à l'extérieur le dénouement de l'affaire, bientôt Joy apparut le visage hagard, les vêtements déchirés un poids de plus sur les épaules, elle était encadrée par Kerenski encore plus imposant dans ses vêtements sombre et avec pour cadre le paysage désolé de cet entrepôt montréalais, Michel était comme à son habitude tiré a quatre épingle dans un pantalon de velours et un col roulé marron.

Ils se détestaient cordialement et cela ne risquait pas de changer pourtant ils avaient accepté de dépasser leur mésentente afin de sauver cette femme. John ne regrettait pas de s'être déplacé, il avait pu voir le Russe perdre pour une fois contenance, ils approchaient de la voiture et il avait pu entendre Joy les remercier.

- « merci Georgi, je sais que tu as horreur de quitter ton bunker pour aller sur le terrain. »

- « pas de quoi ce n'est pas tous les jours que je sauve des demoiselles en détresse alors demoiselle en détresse et de la CIA, je peux faire une exception.»

- « trop aimable, (elle se tourna alors vers Michel) Grand frère je te remercie pour ton aide, tu m'as sauvé. »

- « j'ai perdu ta trace il y a de cela quinze ans quand ils sont venus te chercher et je n'ai rien pu faire maintenant je peux et je le fais. »

- « je te remercie, je vous remercie tous les deux. »

Puis chacun se mura dans le silence et le retour se fit également dans le silence, Joy s'envola ce jour là pour l'Europe pendant que le Jet prenait la direction de New York.

Le vol durait sept heure de New York à Paris et durant tout le temps que dura le voyage Joy travailla, elle ne savait rien faire d'autre, si elle savait s'arrêter pour apprécier une belle œuvre d'art la maison qu'elle possédait quelque part dans le nord de l'Europe était remplie d'œuvres d'arts, certaines étaient des originaux d'autres d'excellentes copies. Mais même dans ces cas la elle demeurait a l'affût pourtant sa demeure était une véritable forteresse.

L'avion atterrit et sur le tarmac une luxueuse berline attendait les passagers de l'avion pour les conduire vers un château se trouvant à l'extérieur de la ville de Paris ; la demeure a été réservée pour la durée du conseil du groupe Chevalier.

Dés que les documents accordant à Adrien Van Diep les pouvoirs de gérer les avoirs d'Edouard Arden en tant que représentant celui-ci avait passé les dernières semaines à parcourir les dossiers du groupes durant les trois dernières années, il avait pu voir avec quelle efficacité Joy Arden avait amélioré le rendement des équipes de la filiale sécurité du groupe, les contrats avait augmenté de 20 et les économies sur le fonctionnement avait été de l'ordre de 10 même l'accroissement de l'investissement en équipement n'avait pas nui à la rentabilisation du projet bien au contraire.

Le plus grand apport demeurant tout de même le contrat de maintenance de Winch Air et Winch Télécom. Malheureusement avoir la voix d'Edouard au conseil ne suffisait pas, les statuts de la société veillaient à ce que les dirigeants des filiales n'aient aucun droit de regard sur une autre filiale en ce qui concernaient le mode de fonctionnement interne.

- « voilà qui complique notre tâche, Alester. »

- « pas forcément, nous avons un pied dans la place, cela nous fournira au moins une idée sur les contrats d'Arès de même que nous aurons le contrôle d'Apollon, ce n'est pas rien, un réseau de galerie de ce niveau est toujours un atout, surtout que Arden fils est l'unique héritier de sa mère, il serait bon de s'adjoindre ses services. »

- « cela ne sera pas difficile, il est fourbe et malhonnête. Sa mère lui passe tout, son père le méprise car il est faible selon lui et a échoué dans ses examens pour Langlay, il n'hésitera devant rien pour nuire à sa sœur et son géniteur. »

- « c'est un élément intéressant…

- « mais instable, il ne pourra guère évoluer à long terme, sa fausseté le poussera à tenter de nous trahir dés la première occasion. »

- « et pour la mère ? »

- « froide et carriériste. Elle n'aime pas que quelque chose lui résiste sa seule faiblesse est son fils, mais si elle découvre ses pertes dans nos casinos elle risque de le déshériter, elle vient d'Europe et est assez puritaine, les mots comme honneur ne sont pas dénués de sens pour elle ou pour son mari. Les Arden ont consacré leur vie au service de leurs pays respectifs. »

- « notre seul accès à Joy Arden est donc son sot de frère. »

- « oui… et pour leur informaticien…

- « Kerenski, après Marissa il a complètement disparu et n'est réapparu qu'il y a de cela une semaine en compagnie de Joy Arden et de Simon Ovronnaz depuis il a remis la tour à niveau compromettant l'assaut de Ein. »

- « il est difficile à atteindre, depuis son arrivée au groupe il a rarement quitté la tour gardant toujours une distance entre lui et le reste du monde. »

- « pourtant….

Alester n'eut guère le temps de finir sa phrase après avoir frappé à la porte Marlene accéda au bureau de son époux, elle sembla gênée lorsqu'elle vit son père assis sur l'un des canapés.

- « je ne voulais pas vous déranger. »

- « nullement au contraire nous finissions de discuter travail. »

- « je venais chercher Adrien car la voiture nous attend pour nous conduire au château de Rambouillet où se déroulera la réunion du groupe auquel assistera Adrien. »

- « parfait, je vous souhaite un agréable séjour, pendant ce temps ta mère et moi allons profiter de votre présence en France pour vous demander de vous rendre à une galerie de Montmartre où un des tableaux de la résidence parisienne se trouve pour y être restauré. »

Sur ces mots, Lord Alester embrassa tendrement sa fille, salua son gendre puis les regarda partir. Il avait fait un choix de vie il y a de cela plus de vingt cinq ans, sa femme aussi son fils également pourtant lorsqu'il voyait sa fille, son ange aux cheveux d'argent, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de regret, Adrien n'avait pas caché que son mariage avec la fille de Lord Alester Richard Van Diep était avant tout un mariage stratégique.

Que ce soit lui ou sa femme ils étaient parmi les familles les plus puissantes de la commission, l'assemblée collégiale gérant les affaires était sous leur influence de même qu'il revenait à Alester la nomination des agents ayant la charge de venir à bout des compagnies récalcitrantes.

Adrien n'avait pas eu droit à un cadeau le groupe W n'est pas une proie facile mais il n'était pas le seul une autre menace existait elle avait pour nom Joy Arden cette mission, elle fut confiée à Pierce pourtant l'un comme l'autre se heurtait à un mur ils ne parvenaient pas à les anéantir, Joy en ne se fixant nulle part et ne laissant personne l'approcher leur dernière chance concrète remontait à Naylor et cet homme John Donovan depuis ce jour plus rien elle n'offrait aucune prise. Pas de liaison sérieuse ou quoi que ce soit il y avait bien Stevens mais ce dernier en se faisant prendre avec Renata leur avait fait perdre un moyen de pression sur la femme, côté famille : RAS, le père se désintéresse complètement de la fille la preuve leur en a été donnée par leur agent présent lors du dénouement de l'affaire Lillers, la mère ou le frère ils ne valent pas mieux.

En descendant d'avion Joy avisa près de la voiture une jeune femme tenant près d'elle une enfant de deux ans environs qui en voyant l'arrivante se détacha de son accompagnatrice pour se précipiter Joy qui ravie de la voir s'accroupit en ouvrant grand les bras.

Son bébé était là dans ses bras, elle pouvait sentir son parfum et sentir ses petits bras l'enlacer, elle en rêve depuis plus de trois mois maintenant, trois mois loin d'elle quelle souffrance en retrait, John observait Joy et sa fille, il était heureux pour la jeune femme, un petit rayon de soleil illuminait cette journée morne, elle semblait oublieuse même de sa main qui devait rester au repos le temps de la cicatrisation.

Sur la seconde piste un second jet s'était posé sur le tarmac, la porte s'ouvrit pour laisser le passage à Pierce Van Diep. Pris dans une houleuse conversation Pierce faillit passer devant une information capitale mais son épouse attendrie par le spectacle de cette mère enlaçant son enfant malgré le bandage visible attira son attention, mais à la sollicitation de sa compagne, il suivit la direction qu'elle lui montra et son regard reconnut Joy Arden en compagnie de Sullivan mais le plus important était sans conteste l'enfant, cette enfant dont le vent emportant la voix leur fit entendre le mot « maman. »

Bien qu'occupée par sa fille, Joy n'avait pas manqué de noter la présence du couple mais aussi des gardes qui les accompagnaient, jugeant qu'ils s'étaient trop attardés Joy fit signe à tous de prendre place dans la voiture.

Bientôt la voiture s'insinua dans la circulation rejointe par l'autre véhicule, mais personne n'y prêta attention, installée à l'arrière en compagnie de sa fille et John Joy profitait de la compagnie de sa fille qu'elle n'avait pas vue depuis trois mois.

Au bout d'une petite heure, l'enfant fatiguée de jouer et de parler se laissa doucement glisser dans le sommeil, laissant ainsi à Joy et à Sullivan tout le loisir pour se plonger dans leur réflexion.

Joy regardait la route défiler depuis l'arrière du véhicule et sentait le poids de sa fille sur son sein pourtant son cœur était glacé il ne savait plus reconnaître les émotions, elle n'avait que vingt six ans pourtant elle ne comptait plus le nombre d'hommes qu'elle avait tué au nom de la nation et au nom d'une guerre sans fin contre la commission. Elle était fatiguée de toujours lutter de toujours courir, elle avait une fille pourtant elle ne la verra pas grandir car en acceptant le fardeau que lui avait dévolu Nério elle renonçait à toute espoir de vie normale avec un mari et des enfants. Sa vie se fera dorénavant dans la clandestinité.

Sullivan observait Joy et sa fille avec affection, Nério aussi avait de l'affection pour l'enfant, il avait aidé Joy pendant la grossesse lui aussi ainsi que Michel, mais ce dernier veillait sur elle de loin il avait changé et John ne savait pas pourquoi, Joy semblait au courant et l'acceptait comme il était. Joy attirait à elle les hommes les plus sombres et les plus durs mais ces derniers semblaient vouloir délaisser leur dureté un instant en sa présence afin de la protéger elle.

Nério connaissait son fils et très bien même bien que Largo n'ait pas grandi sous son regard, il le voyait pour ce qu'il était un idéaliste qui s'il avait une chance dans le monde des affaires et pouvait défendre si le groupe était attaqué il ne possédait pas la science nécessaire pour porter l'attaque dans le camp de la commission, pour cela il avait formé Joy et Michel.

Nério se trouvait à son bureau et travaillait à l'élaboration d'un plan d'action quinquennal visant à placer le groupe W parmi les cinq fabricants mondiaux d'ordinateurs, il était entouré sur ce projet par Sullivan, Cardignac et Van Dreema.

Michel n'était pas encore président de la Winch Airlines il se formait encore auprès du président en exercice, de loin Sullivan et lui avaient suivi son évolution. La première fois qu'il avait entendu parler de lui ce fut lorsque leur chasseur de tête était venu leur dire qu'il avait trouvé trois perles pour le groupe, a Georgetown, MIT et Yale.

Il ne fut pas déçu par ces trois éléments, c'est a partir de la que Nério initia un ambitieux projet, il se mit a proposer des recrutement dés les bancs d'écoles aux plus prometteurs des étudiants de ces établissements.

L'opération fut un succès sur toute la ligne, ainsi une nouvelle génération de cadres pour le groupe W fut formée, quatre d'entre eux siégent a présent au big board auprès de l'héritier de Nério.

Il était tard, bientôt il ne resta que Nério, son bras droit et Michel. Malgré l'heure tardive les trois hommes débordaient encore d'énergie, Michel se trouvait en ligne avec un correspondant français et parlait avec volubilité avec lui au bout d'une trentaine de minutes les deux hommes semblèrent se mettre d'accord et la communication prit fin.

- « alors ? »

- « eh bien, selon lui, l'union est en train de mette en place plusieurs mesures visant a accorder encore plus d'aide au produits communautaires, le prochain conseil devrait entériner cette décision. »

- « l'idéal serait de s'implanter en Europe mais où ? »

- « nous avons le choix, Nério, il y a l'Irlande qui commence à devenir un pole intéressant sinon nous avons la Pologne et les reste des pays prétendants à l'union, dans les deux cas nous réussirons à éviter les mesures protectionnistes de même que nous pourrons bénéficier de fiscalité intéressantes visant à promouvoir l'investissement. »

- « dites moi Michel quelles sont vos convictions ? »

- « mes convictions ? Que voulez vous dire ? »

- « en quoi croyez vous ? Qu'est ce qui vous motive ? »

- « je veux réussir, le pouvoir. »

- « quel que soit le prix a payer même votre vie. »

- « ma vie m'appartient j'en suis le seul maître, je ne laisserai plus personne interférer dans cette vie que je me crée, je veux le pouvoir et l'argent oui mais il est hors de question que je laisse quiconque venir me dicter ce que je dois en faire. »

- « en êtes vous sûr ? »

- « certain. Pour ne pas avoir eu assez de maîtrise sur mon destin on m'a enlevé ma sœur et je n'ai rien pu faire. Donc soyez certains je ferais n'importe quoi pour avoir l'argent et le pouvoir qui va avec mais jamais je ne me laisserai embrigader. Je veux ce pouvoir pour moi seul et non au nom de quelconque organisation. »

Michel avait vingt trois ans au moment de cette discussion, les années ont passé et tous les espoirs qui avaient été placés en lui se concrétisèrent, a vingt six ans il prit la place du président de la Winch Airlines, de même que Del Ferril devint présidente de la filiale Télécoms et Buzzetti celui de la filiale Divertissement.

Les trois hommes avaient trouvé la mort dans des accidents de voitures, si la coïncidence étonna plus d'un aucun ne fit le moindre commentaires, ils devinrent ainsi les plus jeunes membres du conseil.

Les trois nouveaux conseillers tinrent leur promesse et leurs filiales devinrent les plus performantes du groupe, accroissant les performances du groupe mais créant aussi de nouvelles opportunités.

C'est dans ce contexte que le mariage de Del Ferril commença à connaître des problèmes et au bout de deux années de scènes de ménages son mariage prit fin, depuis elle se contentait d'une amitié faite de rivalités et d'intrigues avec Waldo et Michel, tous les trois ils formaient un trio infernal comme disait Sullivan.

Michel avait rencontré une femme, cela semblait assez sérieux entre eux puisque lors d'une soirée ou tous les trois s'étaient retrouvés il leur avait fait part de son désir de l'épouser.

Leur histoire durait depuis un an lorsqu'un matin en ouvrant le journal ils virent la notice nécrologique annonçant sa mort. Michel ne réagit absolument pas, il s'enferma toute la journée dans son bureau avant d'en sortir pour aller voir Nério.

Depuis ce jour un autre Michel vit le jour, plus cassant moins enclin au compromis il broyait tout sur son passage ne raisonnant plus qu'en terme de rendement et rentabilité, n'hésitant pas à délocaliser ou fermer des unités entières de production au nom des économies d'échelle du rendement et des ratios.

Et puis deux ans avant la mort de Nério Joy Arden fit son apparition au groupe W, elle n'était qu'une ombre de plus dans le département espionnage du groupe, pourtant Nério et Sullivan semblaient attendre sa venue.

Lorsqu'elle avait franchi la porte tambour du hall l'alarme s'était déclenchée rameutant tous les gardes du hall qui l'avaient encerclée, tout ce battage lui avait fait quitter son air sombre l'espace d'un instant mais son visage recouvra immédiatement sa sévérité coutumière.

Elle était silencieuse et discrète dans tout ce qu'elle faisait mais doucement elle se fit une place au sein du groupe, au bout de six mois elle devint l'escorte officielle de Nério puis bientôt elle s'occupa de certaines affaires pour le conseil principalement pour Nério, Sullivan et Cardignac. Elle devint pour tous : la femme de l'ombre, l'ombre du conseil, l'ombre de Nério, son bras armé.

Pourtant tout ne se passa pas comme Nério l'avait prévu, Largo a renvoyé tous les éléments du département espionnage et parmi eux Joy celle qu'il avait formé pour qu'elle devienne l'ombre de Largo.