11- ils retrouvèrent Diana sur le pas de la porte qui les attendaient. Diana au bras de Largo, Joy a celui de Kerenski et Simon enfin. Ils franchirent tous les cinq les grandes portes menant à la salle de bal du château.
Le volume des discussions baissa un instant pendant que le majordome annonçait les nouveaux venus.
- « Mlle Joy Arden, Mlle Diana Montreuil, Monsieur Largo Winch, Monsieur Simon Ovronnaz, Monsieur Georgi Kerenski. »
- « je hais ces mondanités.» Largo avait parlé entre ses dents mais tous ceux qui l'accompagnaient l'entendirent.
Ils descendirent les quelques marches menant à la salle. Largo fit des mondanités, Diana s'isola dans un coin pour passer une communication, Simon partit à la chasse aux filles et Kerenski plaça en haut de la pièce afin de protéger son patron.
Joy après avoir salué Sullivan et Délia rejoignit Kerenski.
- « relax, peu de gens savent que vous êtes ici. »
- ……
- « je sais.»
En contrebas Largo avait de plus en plus de mal à faire bonne figure. Sa patience commençait a fondre et Diana qui ne semblait pas comprendre ses regards suppliants. Ses yeux errèrent un instant sur l'assemblée, bientôt ils s'arrêtèrent sur Joy Arden qui se trouvait un peu en hauteur en compagnie de Kerenski. Tous deux étaient silencieux impassibles, puis son regard croisa celui de Joy.
Il lui jeta un regard suppliant, impassible cette dernière se pencha vers Kerenski et lui murmura quelque chose à l'oreille avant de venir en sa direction.
Pendant ce temps, Edouard échaudé par les reproches virulents de sa mère tentait de convaincre Winch de suspendre le contrat liant le groupe W à sa sœur pour le reconduire avec leur compagnie. Bientôt Joy apparut à ses cotés.
- « Joy ! » et il planta là Edouard pour partir a la rencontre de la jeune femme.
- « n'oubliez pas que vous avez promis de m'accorder cette valse. »
- « je n'ai pas oublié. »
Bientôt les accords du Danube bleu de Strauss emplirent l'air et sur la piste les couples commencèrent à évoluer au son de la valse.
- « je devrais penser a remercier Monique d'avoir insisté pour que j'apprenne la valse. Merci d'être venue, je n'en pouvais plus.»
- « ravie d'avoir pu vous aider. »
Ils ne dirent plus rien et se laissèrent emporter par la musique. Il oublia le groupe, les soucis tout il n'y avait plus que la jeune femme qu'il tenait dans ses bras. Malgré tout ce qu'il avait entendu, il se sentait bien et a l'abri prés de cette femme.
Les dernières notes raisonnèrent et les couples se séparèrent après des applaudissements polis. Largo tendit le bras à Joy et l'escorta jusqu'à Kerenski. Il eut du mal à la laisser lorsqu'elle s'était encadrée sur le pas de la porte de cette salle de bain c'était comme si la foudre l'avait frappé, cette femme dégageait un quelque chose qu'il ne pouvait nommer, une sensualité et une énergie qu'elle l'aurait voulu elle n'aurait pu la cacher. Belle, non pas ce mot il était trop fade pour exprimer cette grâce.
De l'autre coté de l'immense salle Diana ne quittait pas Largo des yeux, depuis leur arrivée c'est à peine s'il lui avait accordé un regard, si ce n'est il y a quelques minutes, il semblait lui demander quelque chose mais quoi ?
Il y avait cette jeune femme brune pendue à son bras que Simon et ce Russe semblaient connaître, depuis qu'il l'avait vue il lui semblait bizarre.
Comme convenue, Diana avait informé son supérieur du déplacement de Largo en Europe sans escorte, les garde du corps n'arrivant que Lundi.
- « Mlle Arden, il est vraiment mort. »
- « oui, il n'y a pas de doute possible, il est mort, assassiné par la commission.»
Ils étaient tous les quatre installés dans un coin de la salle, Largo et Simon affalés dans des fauteuils leurs pieds étalés devant eux pendant que Joy et Georgi se tenaient debout, alors qu'il allait s'asseoir Joy n'avait pu s'empêcher de déplacer Largo de manière a ce qu'il ne soit pas une cible facile, il était assis dos au mur. En voyant sa réaction Kerenski n'avait pu retenir un sourire qui s'il était passé inaperçu au yeux des deux homme lui valut un regard noir de la part de Joy.
- « eh Joy si tu continues tu feras fuir tous les mecs même ceux comme Georgi. »
- « Simon la ferme. » cette remarque cinglante de Joy s'accompagna d'un regard noir de la part des deux ex-agents.
Sur son siège Simon tenta de se faire tout petit pendant que Largo cachait un sourire sous ses mains qui recouvraient le bas de son visage. Joy était naturellement passée au tutoiement, Georgi ne put s'empêcher de hausser un sourcil, elle ne baissait jamais aussi rapidement sa garde. Mais au même moment une ombre traversa le jardin et un long frisson parcourut l'échine des deux agents.
- « tu es armé ?»
- « oui.»
Un même pressentiment les avait saisis et bientôt se confirma, sur le pas de la porte un commando composé d'une vingtaine d'homme investit la salle ou se trouvaient en tout une soixantaine de personnes.
Ce dernier se dispersa a travers la salle, deux hommes partirent encadrer Charles Arden afin de l'empêcher d'agir, l'un des hommes s'approcha du couple Van Diep et l'assomma en voyant cela les femme de l'assemblée se mirent a crier.
Quelques minutes auparavant Joy avait quitté la salle de Bal en compagnie de Winch et ses deux amis, ils devaient faire le point et Largo semblait avoir besoin de se retrouver et d'accepter que son père soit réellement mort et qu'il ne reviendra pas.
Tous les quatre se trouvaient sur l'un des balcons qui traversait toute la salle de réception, d'ou ils se trouvaient ils pouvaient observer tout ce qui passait en dessous tout en restant a l'abri des regards.
Joy donnait de dos à la salle, les cris n'avaient pu porter puisqu'ils furent réprimés dés que les armes se dirigèrent vers l'assemblée, le commandant du groupe prit la parole.
- « trouvez moi l'enfant et ramenez le, trouvez moi aussi Joy Arden, Winch et ses hommes méfiez vous ils sont dangereux. »
Il avait parlé fort afin que tous les hommes restés à l'extérieur puissent l'entendre.
Joy en avait assez entendu pour tirer ses conclusions et en croisant le regard de Kerenski elle vit que celui-ci était parvenu aux mêmes conclusions. N'ayant pas encore été découverts Joy prit le téléphone et appela Helen.
- « Helen, prenez Natalia et disparaissez, je vous recontacterai. Une voiture attend en dehors de la propriété, faites attention il y a des hommes a l'extérieur…
Joy ne put parler plus longuement, des bruits de pas se faisaient entendre, bientôt quatre hommes apparurent sur le balcon.
- « chef nous avons trouvé Winch et ses hommes….. La femme pas encore……..salut beauté, tu vas être bien gentille avec moi si tu ne veux pas avoir bobo. »
Tout en parlant l'homme s'était avancé pour attraper Joy tandis que les trois autres encadraient les trois hommes de l'Intel. Celle-ci réagit au quart de tour attrapant la main de l'homme elle tira dessus et envoya celui-ci par dessus la balustrade, il s'écrasa quelques mètres plus bas malheureusement les assaillants étaient parfaitement entraînés voyant ce qui s'était passé, ils pointèrent leurs armes en leur direction empêchant toute tentative d'évasion.
C'est ainsi que l'Intel et Joy regagna la salle sous l'escorte de trois soldats.
- « Monsieur, nous ne trouvons aucune trace de l'enfant répondant au signalement remis. »
- « Monsieur une voiture s'échappe avec a son bord une femme et un enfant. »
- « Lancez une équipe à leur poursuite. »
Il se dirige vers Joy qui se trouve au milieu de la salle de bal en compagnie de Kerenski et des autres, pendant un court moment il tourna autour d'eux comme un charognard autour d'un cadavre et sans crier gare assena un coup de fusil au niveau des genoux de Kerenski qui tomba avant de reprendre ses déambulations puis ce fut au tour de Simon.
- « alors, ou se rend l'enfant ?»
- « quelque part. »
- « vraiment ! Est ce que Mr Winch connaît l'existence de cette enfant ? »
Joy ne pipa mot.
- « Non ! »
- « un enfant si adorable avec de jolis yeux bleus et des boucles blondes………. D'un autre coté ce pourrait être l'enfant de Monsieur Kerenski…..pourtant je me suis laissé dire que certaines dates correspondent…... vous voulez savoir comment nous avons appris l'existence de l'enfant je le vois a votre regard, l'un de nos chef vous a vus a l'aéroport en compagnie de Monsieur Sullivan…… Mlle Arden vous me faites attendre….
Et brusquement il s'arrêta a sa hauteur et lui mit une gifle magistrale, mais Joy parvint a se maintenir debout cependant un mince filet de sang coulait de ses lèvres.
Il délaissa Joy un moment pour faire le point avec ses hommes, la dizaine d'homme qui se trouvait a l'extérieur du château avait pris en chasse le véhicule, l'enfant représentant beaucoup pour la commission.
Tous les invités avaient été attachés entre eux dans un coin de l'immense salle permettant ainsi au chef du groupe de disposer de plus d'homme pour s'emparer des tableaux venant des galeries Apollon et qui se trouvaient en ce lieu.
- « Emparez vous de tous les tableaux. »
Il quitta la salle de bal et partit rejoindre ses hommes. Bientôt la salle se vida de tous les assaillants, seul quatre demeurèrent avec pour mission de surveiller Winch, ses amis et les deux Arden.
Largo avait assisté impuissant aux coups qu'avaient reçu ses amis, lui-même étant immobilisé par un garde.
Les gardes s'étaient placés aux quatre coins de la salle, ayant ainsi une vue d'ensemble de la pièce et de ses occupants, Arden père avait été poussé auprès des quatre autres mais ils gardaient leur distance.
Le silence de la salle n'était rompu que par les sanglots rapidement étouffés des femmes et le bruit des pas des hommes chargés de garder les otages. Simon était toujours a terre, d'ou qu'il se tourna il ne voyait aucune issue au problème qui se posait a eux.
Lors de la petite séance de torture Joy s'est retrouvée propulsée aux côtés de Kerensky, debout aucun des cinq otages ne bougeait guettant une occasion celle-ci se présenta lorsque les hommes vinrent dans leur direction.
Bien qu'ayant appartenu à des camps opposés les deux agents avaient reçu le même type d'entraînement et conservaient tous leurs réflexes, Charles n'avait rien perdu du silencieux dialogue des deux ex-agents si bien que dés que les gardes furent a leur hauteur ils se jetèrent sur eux, dans un même mouvement Joy, Kerenski et Charles brisèrent net la nuque des trois hommes prés d'eux pendant que Simon et Largo immobilisaient le quatrième qui dans la lutte avaient perdu son arme. Toute l'action n'avait duré que quelques secondes, mais pour les otages le temps avait suspendu son envol.
- « nous devons trouver le chef du commando.»
- « les deux otages qu'ils ont pris. »
- « ce ne sont pas des otages Monsieur Winch, mais des hommes de la commission, Mr Van Diep en tout cas. »
- « comment pouvez vous en être sûre ? »
- « la bague a son doigt, lorsque nous nous sommes serrés la main tout a l'heure j'ai reconnu le symbole gravé dessus. Nério possédait le même. »
- « et alors ils ont eu le même bijoutier.»
- « Simon ce n'est pas le moment.»
- « navré Joy je ne vois pas ce qui t'énerve ça ne fait qu'une entreprise de plus qui passe sous la coupe de la commission. »
- « la CIA Simon, la CIA, Arès est l'une des meilleures couvertures jamais mise en place par la CIA pour ses agents, entre les trahisons et la mise à mort d'agents ce sera un massacre. Que crois tu qu'il se passera lorsque les intérêts de l'agence s'opposeront à ceux de la commission ? »
Elle n'avait jamais autant parlé ni dévoilé ce qui se passait c'était l'un des secrets les mieux gardés de l'agence peu de monde connaissait le véritable rôle de cette agence de sécurité, elle avait beau haïr l'agence ce n'était pas pour autant qu'elle voulait la mort de tous ces agents sur la conscience, elle avait tellement de poids sur les épaules.
- « Joy. »
La voix de Charles avait sèchement claqué dans une tentative de la faire taire mais celle-ci ne prit pas la peine de relever le rappel à l'ordre.
- « nous devons les neutraliser, mais sans armes ça va être dur.»
- « les otages….il faut les libérer….Diana (son regard parcourt l'assemblée avant de croiser son regard)
Il se précipite vers les otages, obligeant Simon à l'accompagner mais ce dernier ne se prive pas de pousser un gros soupir pour lui signifier que la traque des méchants aurait été plus drôle.
- « Largo t'est pas drôle tu sais, pour une fois qu'on fait la chasse a la commission avec un super canon faut que tu joues au chevalier. »
- « on parle de Diana Simon, c'est pas les voisins »
- « et alors c'est pas une raison. »
- « Simon je croyais que c'était ton amie.»
- « non, cette Diana n'est pas celle que j'ai connue, elle a changé. »
A quelques pas derrière eux,
- « allons…
Joy était toujours aux aguets, les otages se trouvaient dos a une porte fenêtre donnant sur les jardins si bien qu'elle faisait le guet pendant que les deux hommes libéraient les otages et Kerenski surveillait la porte.
Encore ce pressentiment d'une catastrophe imminente, Joy tenta de percer la noirceur de la nuit pour tenter de repérer un hypothétique sniper, ne pouvant rien discerner de l'endroit ou elle se trouvait elle se mit a se rapprocher du groupe d'otage lorsqu'elle vit la femme sortir une arme.
Dans un réflexe elle repoussa Simon qui se trouvait prés d'elle, il chuta entraînant Largo avec lui, cette chute lui sauva la vie, la balle qui devait le tuer ne fit que lui effleurer l'épaule.
- « « des questions, Largo tu ne comprends rien, ils ont résolu mes problèmes que sais tu des fins de mois difficiles…. D'un enfant dont les besoins ne cessent de se multiplier…..
- « tu dérailles Diana, je te signale qu'on était encore plus fauché que toi, il n'y a pas si longtemps, et puis dés que la situation au groupe s'est stabilisée Largo est venue te chercher. »
- « boucle la Simon, ça te va bien de parler, tu vis au crochet de Largo depuis le début, tu ne fous rien de tes journées si ce n'est sauter tout ce qui bouge donc la ferme….
Joy allait tenter de s'approcher d'elle lorsque Diana déplaça a nouveau son arme vers Largo.
- « un mouvement Mlle Arden et Largo tire sa révérence… Je sais qui vous êtes…. Dés que j'ai entendu prononcer votre nom je me suis rappelée ce qu'on raconte sur vous…. C'est vous qui avez fait capoté la plupart des missions visant à assassiner Largo, une ombre tapie dans l'ombre….les rapports de certaines missions montraient toujours la présence d'un autre tireur embusqué que nous ne trouvions jamais…. Les deux premières fois je n'ai rien su puis j'ai jeté un œil aux archive et j'ai trouvé…. Les tirs provenaient toujours d'un neuf millimètre, un Beretta…. Votre arme de prédilection….puis avant de mourir Van Dreema nous a parlé du pacte signé par vous les ombres de Nério….. Un homme d'affaire et un tueur….tu ne laisseras jamais mourir un Winch…. Nério savait ce qu'il faisait en t'envoyant en Europe…. Il savait que quelqu'un avait eu vent de l'existence de Largo et que ce quelqu'un allait lui régler son compte, alors il t'a envoyé toi son ombre loyale….
Elle se tourna vers Largo dont les yeux semblaient poser des milliers de questions.
- « pourquoi….si tu meurs Largo le groupe sera à moi et à Jake. »
- « je t'ai donnée de l'argent….
- « ah oui, et quand tu te serais lassé de moi. Non Largo il n'y a pas de retour en arrière possible. »
Anéanti, il ne comprenait rien à ce qui lui arrivait, Diana, cette femme qu'il avait crue incapable de la moindre traîtrise pointait une arme sur lui, elle le voulait mort. Tout n'avait été qu'un immense mensonge, un vaste blague, elle l'avait poussé à douter de son ami, Kerenski et de son frère il avait failli trouver la mort dans ce hangar et Eric en était mort.
Comme un pantin désarticulé il s'était remis debout en titubant, le regard vide.
- « adieu Largo sans rancune. »
Deux coups de feux avaient retenti, un seul corps tomba sur le sol celui de Diana. Largo l'arme toujours au poing regardait le corps sans vie de celle qui fut sa compagne.
- « le coup est parti tout seul. »
Doucement Joy s'approcha de lui et lui prit l'arme de la main.
- « Simon occupe toi de lui.»
- « Joy tu peux m'expliquer ce qui se passe ici. »
- « je n'ai pas le temps papa, il y a plus urgent…..Mesdames je vous prie de regagner vos chambres…..Messieurs vous aussi (tout en parlant Joy avait fait un discret signe de la main, signifiant aux agents en couverture de se mettre à sa disposition.)
Si bien que pendant que sur la soixantaine de personnes composant l'assemblée une dizaine demeura sur place.
- « nettoyez moi le château, je ne veux aucun survivant….
- « bien mademoiselle. »
Kerenski partit avec les autres, ils devaient faire vite car les risques que les coups de feux aient été entendus n'étaient pas écartés.
- « Joy j'attends toujours tes explications.»
- « je ne te dirai qu'une chose si l'un de ces hommes parvient à quitter le château tous tes hommes sont morts. »
Elle laissa Simon s'occuper de Largo et partit elle aussi traquer les assassins de la commission, Charles n'eut alors d'autre recours que de la suivre.
