Le jeune Potter porta la main à sa joue, le regard embué par des larmes qu'il tentait en vain de réfréner… Ceci était la première gifle de sa vie. Elle en était par ce fait que plus douloureuse. Il sentait cette douleur parcourir sa joue, mais il ne souhaitait pas qu'elle disparaisse, comme pour maintenir cette colère qu'il ressentait envers sa sœur. Pourtant, il le savait, il ne pouvait pas lui en vouloir, il le voulait mais ne le pouvait pas.
- Imbécile !
Ce mot était parti sans qu'il ne puisse le retenir, oui, c'était un imbécile, il avait quelqu'un à qui il tenait réellement et c'était arrangé pour qu'elle se mette en colère contre lui. Elle n'allait pas bien et cette affaire ne risquait pas d'arranger son état. Sans plus de pensées négatives, il fit demi-tour, pénétra dans la pièce où Rose restait encore. Ces yeux étaient rougis, des larmes trahissaient sa tristesse, elle restait là, fixant au loin les feuilles des arbres danser sous la douce brise d'été.
- Excuse-moi…
La jeune femme se retourna et ne put s'empêcher de prendre son frère dans ses bras, celui-là restait distant, cette douleur morale était encore là.
- C'est moi qui m'excuse Harry. Je… je n'aurais jamais dû te gifler. C'était stupide, je me suis emportée.
- Tu t'es emportée à cause de moi. Tu me promets qu'on n'y reste pas longtemps ?
- Promis…
- En même temps, ça m'étonnerait qu'elle nous invite à boire le thé…
- Tu as raison… mais on ne sait jamais. Harry… on… on efface tout et on recommence ?
Le jeune homme acquiesça d'un signe de tête, si tout pouvait être aussi simple…
Il eut bien le temps d'y penser pendant le chemin qui le séparait de cette maison du 4 privet drive. Il tuait le temps, comme il le pouvait, observant les visages angéliques de ses nièces qui dormaient prés de lui. Ils avaient décidé d'utiliser un moyen de transport moldu qui de ce fait éviterait la crise cardiaque à la famille Dursley. La voiture de Malo paraissait parfaite, ce dernier avait pris le volant et tenter en vain d'apaiser la tension. Il venait de mettre la radio, moldue. Pourtant cette musique qu'Harry avait oublié le lassait… elle lui semblait bien fade à côté du dernier tube à la mode, côté sorcier. Puis comme toutes les choses qu'on appréhende arrivent plus vite que prévu, celle-ci ne déroge pas à la règle. Malo venait de garer sa voiture dans la rue, non loin de cette petite maison si semblable aux autres.
Lentement, Harry descendit de la voiture, fixant la même direction d'un œil dégoûté. Lui qui croyait ne jamais avoir à remettre les pieds ici s'était bien trompé. Il tourna la tête vers Malo et Rose qui descendaient tant bien que mal les filles de leurs sièges auto. Ils étaient bien trop rapides à son goût. Sans plus de mots, il suivit sa sœur à travers cette rue où aucune haie n'était plus haute que les autres. Et se retrouva rapidement devant la maison.
- Ca va aller… Je suis là…
Harry aurait eu envie de lui dire que ça ne changeait pas grand-chose mais se tut, la regardant appuyer sur cette maudite sonnette. Harry recula un peu, préférant observer cette scène d'un peu plus loin. Il vit alors son cousin Dudley apparaître derrière la porte, toujours aussi gros qu'à l'habitude, revêtu de vêtements qui devaient être à la mode dans le monde moldu. Il le vit observer Rose, de haut en bas, et maintenir son regard sur son visage, attendant visiblement les présentations.
- Je suis Rose. Rose Alieson…
Harry vit le jeune homme hausser ses épaules dodues et ne pas bouger d'un millimètre.
- J'aimerais voir Pétunia…
- Elle vous connaît ?
Harry n'en pouvait plus, il tressaillait devant la passivité de son cousin, n'y tenant plus, il se montra et lança ces quelques mots devant le regard effaré de Dudley.
- On ne te demande pas de savoir si on l'a connaît ou pas, on voudrait que tu ailles chercher ta mère…
- Harry… Je t'en pris…
Ce dernier tourna la tête vers sa sœur et se ravisa retournant à sa place initiale. Dudley restait là, la bouche ouverte.
- Dudleynouchet, qui est-ce ?
Et ce fut la tante qui fit son apparition, son célèbre tablier autour de la taille.
- Vous êtes ?
- Rose Alieson…
- Je vous connais…
- Je pense… peut-être aurais-je dû dire Rose Potter.
Encore une fois, la terre aurait pu s'arrêter de tourner que Pétunia n'y aurait rien vu. Bien vite, elle reprit ses esprits et lança, le regard noir…
- Qu'est-ce que tu viens faire chez moi ? Ton frère n'est pas là. Il est majeur chez vous non ? Il n'a plus à vivre ici.
- Ca on le sait déjà.
Encore une fois, il ne put retenir cette phrase et se montra.
- Je vois… Tu ne comptes pas nous le laisser encore une fois ?
- Je… je ne ferais pas cette erreur deux fois ma chère tante.
Harry jubilait, enfin sa sœur avait compris qui se cachait derrière ce personnage.
- Le fait est que je viens de rentrer de France… Et j'ai eu la soudaine envie de revoir ce qu'il me restait de ma famille, ici.
- Bien, comme tu peux voir, on va tous bien…
- Tante Pétunia…
Cette dernière sursauta en entendant cette phrase, un sursaut qui fit sourire Harry.
- Je sais toutes les rancœurs que tu portes… mais je ne vois pas pourquoi on aurait à en pâtir… Ecoutes, ça fait un moment que nos parents, que ta sœur est décédée et… il serait peut-être tant de passer à autre chose…
- C'est facile à dire pour toi… Tu parles de ce que tu ne connais pas…
- Tu as raison, je ne connais rien, alors pourquoi m'en vouloir… Je… je voulais te présenter ma famille… je ne sais pas si ça t'intéresse mais, c'était important pour moi de le faire. Alors voici Malo, mon mari.
Ce dernier s'avança et lui tendit une main qu'elle ne serra pas.
- Et mes filles, Lily-fleur et Elysée, elles ont quatre mois…
Cette fois encore, elle ne sembla nullement touchée par cette intention.
- Bon et bien… voici notre adresse, j'aimerais que… que tu m'appelles de temps en temps…
- Tu sais ce qu'est un téléphone ? Toi ?
- Je suis un moldu, tout comme vous… et nous vivons donc comme vous.
La tante Pétunia sembla outrée parce qu'elle venait d'entendre.
- Bon et bien, on va te laisser…
Rose fit demi-tour, Harry semblait sentir la tristesse qui envahissait sa sœur. Bien sûr, il savait que la rencontre n'aurait pas pu se passer autrement, pourtant, à cet instant, il aurait souhaité qu'il n'en fût pas le cas. Lorsque soudain :
- Tu ressembles à ta mère… autant qu'il ressemble à son père…
Rose se retourna, lui souriant, alors que la porte se refermait déjà. Harry doutait que cette phrase soit vraiment une gentillesse mais Rose paraissait sûre du contraire, il n'osa pas la contredire.
