Chapitre 2 : Prise de conscience

Un jour, puis deux passèrent. Puis une semaine, deux, trois. Puis un mois, deux, trois, huit.

Elle n'était pas revenue.

Harry était assis dans leur appartement plongé dans le noir, comme souvent ces derniers mois. Elle était partie : cette litanie tournait en boucle dans sa tête, sans vouloir s'arrêter.

Il avait d'abord cru qu'ils vivaient une de leurs nombreuses crises, et n'avait pas pris la situation au sérieux malgré ses mots et son regard, et même si une partie de lui crevait de peur. Il avait continué sa petite vie en attendant qu'elle se calme et qu'elle revienne. Au bout d'une semaine il avait commencé à se dire que c'était peut-être plus sérieux que d'habitude. Au bout de deux mois sans qu'elle n'ait pris contact avec qui que ce soit, Ron et lui commencèrent sérieusement à paniquer. Et quand ils en arrivèrent au cinquième mois sans elle, ils durent se rendre à l'évidence :

Elle était partie.

Harry s'était alors lancé à sa recherche, désespéré : il alla à tous les endroits qu'elle fréquentait, rencontra tous les gens qu'elle connaissait, fouilla dans ses affaires pour trouver un indice. C'était comme si elle s'était envolée. Elle avait laissé toutes ses notes et des instructions extrêmement claires quand à la marche à suivre pour que le musée la remplace et que son successeur ne soit pas pris de cour. Personne ne savait où elle était. Le sorcier avait fait appel à toutes ses relations pour la retrouver, demandant même l'aide des aurors. Mais rien. Et il savait que si elle ne le désirait pas, personne ne la retrouverait. Elle était bien trop maligne.

Il avait peu à peu fait le vide autour de lui, s'était renfermé sur lui-même. La journée il la cherchait, la nuit il pensait à elle. Il n'était plus qu'un zombie ; il mangeait peu, ne dormait pratiquement plus. Il ne voulait plus entendre parler des autres. Il ne voulait plus de tous ces paradis artificiels qu'étaient les maîtresses, les drogues en tout genre, les sensations fortes. Il ne voulait qu'elle. A quoi cela lui servait de vivre si elle n'était plus là ? Il se sentait vide, inutile. Il aurait été prêt à vendre son âme ne serait-ce que pour la voir, même de loin. Il repensait aux moments qu'ils avaient eu ensemble, à ses sourires, ses baisers. Il repensait aussi aux larmes qu'elle avait versées parce qu'il l'avait trompée, à leurs disputes déchirantes, à tout le mal qu'il lui avait fait. Dans ces moments là, il se laissait tomber à terre et se repliait sur lui-même pour pleurer toute la nuit, ou se précipitait pour aller vomir. Et il avait beau savoir qu'il la rendait malheureuse, il avait beau savoir qu'elle serait mieux sans lui, il avait beau se haïr du mal qu'il lui avait fait, il ne pouvait tout simplement pas. Il ne pouvait pas la laisser partir car elle était tout. Il l'aimait plus que la vie elle-même, il l'aimait à en crever. Ne pas pouvoir la voir, lui parler, c'était le condamner à mort. Alors il continuait encore et encore à la chercher.

Car elle était partie et qu'il ne pouvait accepter.