Chapitre 3 : Espoir

Le Ministère de la Magie ressemblait à une fourmilière en ce début d'après-midi. Des gens se précipitaient de toute part pour vaquer à leurs occupations, s'arrêtant pour discuter, donner un renseignement.

Une jeune femme marchait tranquillement ; elle portait un élégant dos nu en satin rouge, un tailleur noir et des chaussures à talons. Elle respirait la classe et le charme, ce qui ne laissa pas tout le monde indifférent. Elle déambulait dans l'immense hall principal, à la recherche de quelqu'un. Elle admira une fois de plus l'endroit, émerveillée par ce qu'il était devenu.

Le ministère avait été détruit lors de la guerre, ayant été l'un des principaux théâtres des affrontements. Le nouveau premier ministre avait alors décidé de le reconstruire, pour marquer un nouveau départ. Arthur Weasley avait été nommé ministre à l'unanimité par le gouvernement provisoire qui avait été mis en place à l'époque. Il avait en effet fait preuve d'une telle efficacité et pragmatisme quand aux décisions à prendre pour le pays dans les heures qui avaient suivi la fin de la guerre, qu'il avait été jugé le plus à même pour l'aider à se reconstruire. Il avait pris des décisions énergiques : les minorité telles que les centaures, les gobelins, les elfes de maison avaient acquis un statut égal à celui des sorciers et n'étaient plus parqués et traités comme des animaux. Il avait créé un ministère pour s'occuper des relations entre moldus et sorciers, quand l'un des deux mondes interférait avec l'autre. Il avait fait détruire Askaban et l'avait remplacé par des prisons de haute sécurité, gardées par l'élite des aurors. Il avait également mis en place un système de sécurité, en imitant les installations moldues (caméras, grille de sécurité, alarme…). Si le ministère était attaqué ou qu'une menace importante planait sur la communauté sorcière, un dispositif se déclenchait au niveau national pour prévenir la population et la mettre en sécurité.

Mais il avait surtout rendu hommage à tous ceux qui avaient péri. Les portraits animés de tous ceux morts au combat étaient accrochés sur les murs du ministère, pour que jamais personne n'oublie.

Hermione vit les portraits défiler et répondit au salut de chacun, s'arrêtant souvent pour discuter. Puis elle passa devant la partie consacrée aux membres du Phénix. Elle vit Tonks se chamailler avec son cousin Sirius qui avait été réhabilité et lavé de tous soupçons après sa mort et son compagnon Remus. Elle sourit tendrement devant Fleur et Bill qui étaient enlacés sur un banc. Elle salua Minerva McGonagall qui discutait avec Dumbledore. Celui-ci lui fit un petit clin d'œil et ils échangèrent un regard plein de tendresse. Elle se dirigea alors vers le portrait le plus à droite. Elle sourit tristement ; elle porta une main à ses lèvres et déposa un baiser sur le tableau d'une petite rouquine.

« Tu me manques tous les jours ma petite Ginny » dit Hermione d'une voix émue.

« Tu me manques aussi Mione » répondit la jeune fille avec douceur.

Elle discutèrent quelques instant puis Hermione s'en alla, saluant tout le monde au passage. Elle se dirigea vers les étages en prenant l'ascenseur et arriva finalement au bureau « publicité et marketing ». Elle toqua et une voix masculine lui dit d'entrer. Elle avait à peine ouvert la porte qu'une tornade rousse miniature se jeta sur elle.

« Marraine ! Je suis trop contente de te voir » cria la petite Espérance.

Hermione la souleva dans ses bras et lui fit un énorme câlin.

« Moi aussi ma petite fée. Tu m'as beaucoup manqué » répondit Hermione en l'embrassant.

« Papa il a dit qu'on viendrait te voir ce week-end. Mais il faut pas le dire, c'est un secret » continua la petite.

Elle babilla toute seule sous le regard attendrit de sa marraine.

« Espérance, tu veux bien laisser ta marraine tranquille » lança Drago amusé.

Hermione redéposa la petite à terre et alla à la rencontre de son père. Elle le serra fort dans ses bras et l'embrassa sur le front.

« Je suis heureux de te voir Mione. Mais également surpris. Que fais-tu ici ? » Demanda t'il en la faisant s'asseoir.

« Le moment était venu » se contenta-t-elle de répondre.

Il lui sourit gentiment, pour lui dire qu'il avait compris. Ils discutèrent tranquillement, tandis que la petite jouait avec son chat Ratatouille.

Eh oui, Hermione Granger et Drago Malfoy était devenus amis. Mais cela ne s'était pas fait en un jour. Tout avait commencé quand Hermione avait découvert que Ginny et Drago sortaient ensemble, en sixième année. Dire qu'elle était tombée de haut était un euphémisme. Elle était tout simplement tombée sur le cul. Et même si elle avait été réticente, elle avait accepté de laisser une chance au garçon. Elle avait vu ses yeux quand il les posait sur Ginny et avait compris qu'il l'aimait vraiment. Elle leur avait apporté son aide pour que leur relation reste secrète et quand tout avait été découvert, elle les avait défendus bec et ongle, affrontant frontalement Ron et Harry.

Ils s'étaient peu à peu rapprochés, pour le bien et le bonheur de Ginny. Ils s'étaient découvert des affinités, des points communs, et des liens forts s'étaient peu à peu tissés. Ginny était tombée enceinte durant leur septième année à Drago et elle, et ils lui avaient demandé ensemble d'être la marraine du bébé, ce qu'elle avait accepté avec joie. Et c'est elle qui avait été le témoin de la jeune rousse quand ils s'étaient mariés, peu de temps avant la bataille.

Puis la rouquine avait été tuée au combat. Elle était en train d'affronter Lucius Malfoy, et ni Hermione ni Drago n'avait empêché le sortilège de la mort de la frapper dans le dos.

Le blond avait été anéanti, et la seule chose qui l'avait empêché de la suivre avait été leur fille. Cette petite merveille qui était née la veille de la bataille et qui était son portrait craché : sa chevelure de feu, son caractère entier, sa bonne humeur, sa générosité. Elle avait néanmoins hérité des yeux de son père, montrant ainsi que le feu et la glace peuvent se mélanger pour donner quelque chose de pur. Sans l'aide et le soutien inconditionnel d'Hermione, il aurait probablement été incapable de continuer. Ils avait eu besoin de s'éloigner et était parti s'installer en France. La jeune femme qui y faisait ses études était restée à ses côtés, s'occupant de lui et d'Espérance avec patience et amour. Elle lui avait peu à peu redonné goût à la vie, l'avait encouragé quand il avait voulu entreprendre des études d'art, l'avait aidé dans l'éducation de la petite, l'avait consolé quand il faisait des cauchemars où il revoyait son père lui prendre sa douce Ginny, l'avait laissé pleuré dans ses bras quand cela était trop dur. Ils étaient devenus très intimes et s'aimaient sincèrement.

C'était d'ailleurs vers lui que Hermione s'était tournée quand elle avait quitté Harry. Quand il l'avait trouvée sur le pas de sa porte, trempée de la tête au pied, la détresse et le soulagement se mêlant sur son visage, il avait compris. Il s'était occupé d'elle comme elle l'avait fait. Il avait compris que l'éloignement était nécessaire et il lui avait donné les clés de l'une de ses propriétés. C'était une petite maison à la campagne, à l'écart mais pas isolée. Elle y était allée vivre et ils avaient pansé ses blessures ensemble. La journée il travaillait lui laissant Espérance, et le soir, ils rentraient les retrouver. Au contact de la petite, Hermione se sentait revivre ; elle était si candide, si exubérante. Son innocence, sa gentillesse agissaient comme un baume sur son âme meurtrie. Elles faisaient de longues balades à travers la forêt, lisaient des tas d'histoires, faisaient des gâteaux pour Drago. Elle voyait Espérance épanouie et cela lui suffisait pour être heureuse.

Hermione et Drago avaient fait en sorte que Harry ne puisse pas la retrouver. Il était venu voir le jeune homme, et connaissant leur relation, avait eu des soupçons quand il disait qu'il ignorait où elle était. Il l'avait fait suivre, mais n'avait jamais trouvé la jeune femme. Hermione avait protégé la maison et ses alentours de puissants sortilèges et incantations. Elle avait besoin d'être seule, de se retrouver. Elle n'était pas encore prête ; elle avait besoin de temps pour se détacher de Harry et lui faire à nouveau face. Elle savait que quand ils se retrouveraient, il voudrait la récupérer. Elle devait être suffisamment forte pour dire non. Il devait comprendre que cette fois, si il la voulait, il devrait se battre et être digne d'elle, ce qu'il n'était plus, avait-elle fini par conclure.

Elle était assise sur le porche en train de lire, quand elle avait compris qu'elle était prête. Son regard avait admiré le paysage ; la nature était plus épanouie que jamais en ce mois chaud de juillet. Et d'un coup, cela s'était imposé à elle. Après huit mois, elle l'était enfin. Elle s'était levée et habillée, puis avait transplané à Londres. Elle avait déambulé dans le Londres moldu, puis s'était finalement rendue au Ministère pour aller voir Drago et Espérance.

« Que diriez-vous d'une glace jeune fille » demanda Hermione à sa filleule.

La petite se tourna vers son père et lui fit une petite moue adorale :

« S'il te plaît Papa ! STP, STP, STP, STP » sautilla-t-elle sur place.

Drago leva les yeux au ciel et lança un faux regard de reproche à la sorcière.

« Tu ne trouves pas qu'elle est suffisamment excitée comme ça ? Tu veux en plus lui donner du sucre pour recharger ses batteries » lança-t-il en fronçant les sourcils.

Hermione lui sourit et fit à son tour une petite moue

« S'il te plaît Drago ! STP, STP, STP, STP » imita t'elle en reproduisant la petite.

Drago sembla réfléchir un instant, puis déclara finalement :

« Bon aller, c'est d'accord »

« SUPER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! » hurla Espérance.

Elle se mit à courir à gauche à droite pour ranger ses affaires, installa confortablement Ratatouille et récupéra son doudou. Elle alla dans les bras de son père, et ils sortirent pour aller dans les ascenseurs. Ils eurent la surprise de croiser Arthur dans le hall principal quand ils arrivèrent.

« Grand-père ! » se précipita la petite sorcière en herbe.

« Mais que vois-je ? Ma petite princesse ! » S'exclama le rouquin en lui tendant les bras.

Espérance se jeta sur lui et le serra de ses petits bras. Drago et Hermione les rejoignirent et le saluèrent.

« Je suis heureux de te revoir Hermione. Tu nous manquais » dit le premier ministre en l'enlaçant.

« Vous me manquiez aussi Arthur » répondit Hermione en souriant.

Il eut le tact de ne pas lui poser de questions, ce dont elle fut soulagée. Ils discutèrent tranquillement, tandis que la petite rouquine discutait avec le tableau du premier ministre de 1545 à 1610, quand un bruit effroyable se fit entendre, figeant tout le monde sur place.

L'alarme venait d'être déclenchée, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : le Ministère était attaqué. Une voix se fit alors entendre :

« Ceci n'est pas un exercice, ceci n'est pas un exercice. Rendez-vous vers la sortie la plus proche dans le calme et dirigez-vous vers l'un des points de rassemblement… »

Une panique sans nom s'empara alors de la foule. Elle se dirigea vers les centaines de cheminées et s'engouffra dans les âtres pour utiliser le réseau de cheminette qui permettait d'aller d'un point à un autre.

Hermione attira tout de suite Espérance à elle, et Drago et elle la protégèrent de leurs corps, tentant de chercher ce qu'il se passait. Les gens arrivaient de toutes parts, sortant des étages. La petite serrait fébrilement le cou de la jeune femme, effrayée par cette soudaine et violente agitation. Ils virent Arthur s'éloigner vers un groupe d'aurors aux visages sombres et discuter avec. Il donna des ordres pour faire évacuer les lieux et revint vers eux, baguette en main ; Il était livide.

« Il faut que vous partiez immédiatement. Je vais vous faire escorter par deux aurors…. » Commença t'il.

« Nous serions plus utiles ici ! C'est la panique totale, il faut des effectifs pour aider les gens à transplaner » répondit Hermione.

« Mais qu'est-ce qui ce passe bon sang ?» demanda finalement Drago que la mine de son ex beau-père inquiétait.

Arthur se passa la main sur le visage et les regarda avec gravité.

« Lucius Malfoy vient de s'échapper du quartier de haute sécurité… » Commença t'il.

Hermione et Drago ouvrirent des yeux stupéfaits sous le choc et resserrèrent instinctivement et d'un même geste leur étreinte sur Espérance.

« … Et il est ici ce moment même » conclu t'il, le visage sombre.