Chapitre 9 : Renaissance

Hermione fut enterrée dans le parc de Poudlard le lendemain, le 31 juillet. Elle en avait émis le souhait, et Arthur avait fait en sorte que sa volonté soit respectée. Sa tombe fut placée à côté de celle de Dumbledore et tout comme lui, une tombe blanche était apparue, dernier hommage d'une force plus grande. Son tableau alla rejoindre ceux des membres de l'Ordre et de tous ceux qui avaient combattus, quand le hall du Ministère fut reconstruit.

Cinq années passèrent, et la vie reprit peu à peu son cours. Chacun soigna ses blessures et avec le temps, le bonheur sourit enfin à nos amis.

Drago déménagea définitivement en France et devint artiste peintre. Alors qu'Espérance était âgée de 7ans, il rencontra une jeune femme répondant au doux prénom d'Estelle. Sa gentillesse, sa joie de vivre, sa sensibilité et ses coups de folie lui redonnèrent goût à la vie et son cœur s'ouvrit de nouveau à l'amour. Espérance trouva en Estelle, la tendresse, la chaleur et l'amour maternel qui lui manquait tellement depuis la disparition de sa marraine et tomba tout de suite sous son charme. Elle fut d'ailleurs pour beaucoup dans l'aboutissement de leur histoire ; avec l'aide de Maximilien, le petit garçon d'Estelle qui avait le même âge qu'elle et dont elle était devenue inséparable, elle prit les choses en main, les grands étant selon elle « trop lent et trop compliqués ». Ils se marièrent et vinrent agrandir leur famille recomposée d'une petite sœur, qu'ils appelèrent Sophie et d'un frère, Tibo.

Ron assuma enfin et pleinement son rôle de parrain d'Espérance et devint médicomage. Il parcourut le monde pour venir en aide aux populations dans le besoin en étant médecin bénévole dans différentes associations. C'est d'ailleurs ainsi qu'il rencontra sa femme Calliope, lors d'une mission en Amérique Latine. Il avait tout de suite été attiré par sa force de caractère et son énergie. Elle lui donna des jumeaux, Christopher et Tom, et une magnifique petite fille, qu'il appela Hermione en hommage à sa meilleure amie.

Quant à Harry….

Nous étions au mois de juillet et une légère brise soufflait. Tout était calme dans le parc. Pas un bruit, pas un mouvement ne venait gâcher la paix qui régnait en ce lieu. Un homme poussa les lourdes grilles qui gardaient l'entrée de Poudlard et pénétra dans le domaine. Il s'avança dans la nuit fragile qui précède l'aube, pour se rendre dans le parc, ce parc où il avait vécu tant de bons moments. Il arriva rapidement près du lac, où deux tombes faites dans le blanc le plus pur s'élevaient.

Harry s'arrêta devant les tombes de deux des êtres qui avaient le plus compté dans sa vie. Il déposa un lys sur celle d'Albus Dumbledore, le plus grand homme qu'il ait jamais rencontré. Puis ses yeux émeraude se posèrent sur celle de son Hermione, la femme de sa vie. Il y déposa une rose blanche, à côté de celle qui s'y trouvait déjà. Il savait que c'était celle qu'il avait déposée le jour où il l'avait mise en terre, cinq ans auparavant, jour pour jour. Elle n'avait pas été altérée et était toujours aussi éclatante. Comme elle.

Harry ferma les yeux et se laissa envahir par la magie séculaire qui se dégageait de ce lieu d'Histoire. Un petit sourire vint étirer ses lèvres et une larme coula sur sa joue. Il pouvait sentir sa présence tout autour de lui. Il savait qu'en cet instant, Hermione était avec lui.

Après l'enterrement de sa Mione, Harry était parti, en abandonnant tout derrière lui. Il avait vidé son coffre et avait fait don de l'argent à différentes associations. Il avait erré à travers le monde tout ce temps. Il s'était réfugié dans le monde moldu, renonçant à la magie, et avait vécu de petits boulots. Il ne restait jamais longtemps au même endroit. Il n'avait pas d'attaches, de racines, ne s'attachait à personne et ne laissait personne s'attacher à lui.

Puis finalement, il s'était installé en Espagne. Il rencontra un vieil ébéniste, qui le prit sous son aile et lui transmit son savoir. Il recommença peu à peu à s'ouvrir aux autres, à s'attacher.

Il recommença à sourire, à rire. Pour elle.

Il avait consacré les cinq dernières années à redevenir digne d'elle. Il était rentré dans le droit chemin, s'était racheté une conduite. Comme un pécheur, il avait expié les uns après les autres les péchés qui avaient éloignés Hermione de lui, et qui avaient fait qu'il l'avait perdu. Il s'était obligé à affronter son reflet dans le miroir chaque jour jusqu'à ce qu'il ne soit plus écoeuré par ce qu'il voyait.

Il s'était construit une nouvelle vie : de nouveaux amis, de nouveaux horizons, de nouveaux espoirs. Il redevint peu à peu le Harry qu'elle avait connu et aimé, le vrai Harry. Nombreuses sont les femmes qui succombèrent à son regard émeraude, son corps ferme, rassurant et protecteur, sa douceur masculine et enivrante. Un nouveau départ lui avait été offert, une nouvelle chance. Il aurait pu continuer….

Mais peut-on vraiment continuer quand on vous a arraché une partie de votre âme, la plus belle partie ? Peut-on continuer quand on sait que son cœur ne bat qu'à moitié, qu'il n'est plus entier ? Peut-on continuer quand l'être qui vous rendait meilleur, qui vous rendait plus fort et qui donnait un sens à votre vie est mort ?

Il avait essayé, essayé de toutes ses forces. Mais le fait est, que sans elle, Harry se sentait vide. Il était une ombre, juste une ombre. Hermione était sa lumière dans l'obscurité, celle qui lui avait appris l'espoir. Sans elle, il était incomplet, inachevé. C'est son amour qui faisait battre son cœur, exister son âme. Elle était son âme, sa gardienne. C'est elle qui le faisait exister, le faisait humain et divin en même temps. C'est sa force, son humanité, son feu sacré qui le faisait se sentir accompli. Elle était tant…. Elle était tout. Hermione Granger, c'était Harry Potter. Un seul et même être dans la Vie… comme dans la Mort.

Si Harry était là aujourd'hui, c'est qu'il savait qu'il en avait le droit. Enfin. Il en était digne, il était prêt.

Il s'approcha de la tombe d'Hermione et s'y allongea doucement. Au loin, à l'horizon, le soleil commença à se lever. Harry ferma les yeux. Sa respiration était calme, son visage serein…heureux. Quelques larmes roulèrent sur ses joues, des larmes de bonheur. Il allait enfin pouvoir la retrouver.

« Tu viens me chercher Hermione ? » dit-il dans un murmure.

Le vent se mit à souffler doucement dans les feuilles des arbres. Le soleil illumina le ciel, et éclaira la silhouette d'un homme enfin en paix, les yeux fermés dans un ultime sommeil.

Quand le soleil embrasa le domaine de Poudlard, il éclaira trois tombes blanches, dont deux qui fusionnaient pour ne faire plus qu'une, et qui étaient entourées d'un buisson de roses blanches éclatantes.

Harry ne savait pas où il était. Il avait juste chaud. Il se sentait juste bien. Il était libéré des notions de temps et d'espace. Il ferma les yeux pour savourer ce sentiment de plénitude. Quand il les ouvrit à nouveau, il fut ébloui. Le seul mot qui lui vint à l'esprit fut « Eden ».

Il marcha dans ce jardin aux couleurs lumineuses, se sentant bien petit devant tant de beauté et de grandeur. Il sentait le contact de l'herbe sur ses pieds nus, le vent dans ses cheveux, la chaleur du soleil sur sa peau. Il s'avança près de ce qui semblait être un lac, dans lequel le soleil se reflétait rendant le surface presque aveuglante.

Et à mesure qu'il avançait, il sentait quelque chose en lui. Comme si…. Comme si…. Comme si son cœur recommençait à battre, était entier. Comme s'il était à nouveau entier.

C'est quand il la vit qu'il comprit. Elle était assise sur un banc. Son regard se perdait au loin, vers les montagnes. Elle portait une longue robe blanche. Ses cheveux étaient détachés et cascadaient dans son dos. Tout comme lui, elle était pieds nus. Angélique et humaine à la fois. Elle se leva et se tourna. Elle s'approcha de lui, plongeant ses iris chocolat pétillant dans ses émeraudes brillant de larmes contenues. Elle s'arrêta à quelques centimètres de lui et lui fit face :

« Hermione…. »

Il tendit une main vers son visage et le toucha. Les larmes coulaient sur les joues d'Harry, sans qu'il cherche à les retenir. Hermione posa sa main sur la sienne, pour sentir sa peau sur sa joue, pour sentir sa chaleur. Elle aussi pleurait.

« Harry…. Mon Harry…. »

Harry l'attira alors à lui et la serra de toutes ses forces dans ses bras. Il enfouit son visage dans son cou pour en respirer le parfum. Hermione passa les bras autours de son cou, laissa ses mains vagabonder dans ses cheveux et son visage, le serra contre elle comme jamais. Leurs larmes se mêlaient, leurs cœurs battaient à l'unisson. Harry trouva ses lèvres et l'embrassa comme un désespéré. Il la colla à lui, encore et encore, et encore. Il goûta à ses lèvres sucrées, à ses larmes salées, à sa langue chaude et douce. Il parsema son visage et son cou de mille baisers, de mille caresses. Hermione redessina le contour de son visage, de sa mâchoire, de ses doigts et de ses mains, de ses lèvres. Ils se touchaient fébrilement, voulant posséder l'autre, voulant le faire sien. La peau contre la peau, leurs mains liées, leurs âmes à nouveau unies. C'était tellement violent et tendre à la fois.

C'était parfait.

Hermione prit finalement son visage dans ses mains et lui sourit à travers ses larmes. Harry observa sa lionne, le cœur débordant d'amour, avec la sensation d'être là où il devait être, d'être ce qu'il devait être.

D'être accompli.

« Hermione… Merlin Hermione… J'ai tellement à te dire… Si tu savais, si tu savais à quel point…» commença t-il en en posant son front contre le sien, mais elle posa une main sur sa bouche.

« Je sais Harry, je sais… » Dit-elle en embrassant ses paupières closes.

Elle embrassa son visage pour faire partir la souffrance qu'elle ressentait chez lui. Elle ne s'arrêta qu'une fois qu'elle sentit qu'il était à elle de nouveau.

Elle l'obligea à le regarder et lui donna un baiser fiévreux. Elle le serra contre elle, et posa une de ses mains d'homme sur son cœur, pour qu'il sente qu'il ne battait que pour lui, que grâce à lui. Elle le regarda et Harry vit dans ces yeux, un amour et une foi sans limite pour lui. Un amour et une foi égale aux siens. Il prit alors une de ses petites mains et la posa sur son cœur pour qu'elle sente les pulsions de vie qui n'était que pour elle.

« Nous avons tout le temps mon amour…. Tout le temps » dit-elle en posant à nouveau son front contre le sien et en fermant les yeux.

Harry ferma les siens et se laissa bercer par le son de sa voix.

« Nous avons des secondes…. Nous avons heures pour nous aimer. Nous avons des hivers et des printemps, des saisons entières. Nous avons des matins et des jours, nous avons des mois et des années. Nous avons des siècles Harry, nous avons des millénaires.

Hermione mêla ses lèvres aux siennes dans un baiser aussi doux et profond, que symbolique. Elle serra Harry plus fort contre elle et dans un souffle lui dit :

« Nous avons une Eternité…. »