Disclaimer : Tout appartient à JKR, rien n'est à moi…

Note&co : Mon retard se compte en années. Oups? Par contre, j'aurai pu updaté plus tôt si ce fichu site ne m'avait pas autant posée de problèmes au niveau de la mise en page. La présentation n'est donc pas du tout comme je le voulais. Bref, je suis désolée pour l'attente. En espérant que cette fin plaira! Bonne lecture!


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Second Rôle

Chapitre 3 - Draco

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« Hermione me le paiera » Sont les premiers mots qui brisent le silence gênant qui s'est installé depuis qu'il m'a aperçu.

Très bien.

Au moins, il a deviné que cette idée stupide ne vient pas de moi.

« J'essaye de transplaner depuis ¾ d'heure » Marmonne-je pour me disculper même si ce n'est pas nécessaire.

Il ne semble ni surpris ni fâché. Et je crois que je préfèrerais qu'il le soit… Sa colère, c'est une attitude à laquelle je sais faire face. Là, il semble juste… résigné ? Sait-il quelque chose que j'ignore ?

Il se dirige vers l'entrée et essaye d'ouvrir la porte. Sans succès. Evidemment. Je m'acharne dessus depuis que j'ai compris que je ne pouvais pas transplaner.

« Tu as faim ? » Demande-t-il soudain en se tournant vers moi.

Je le regarde, surpris. Qu'est ce qu'il lui prend ?

« Pardon ? » Est la seule réponse qui sort de ma bouche.

« Si c'est Hermione qui a lancé le sort de Verrouillage – ce dont je ne doute pas un instant – on est coincé ici pour un bon moment. Et j'ai faim » Dit-il en haussant les épaules.

« Tu n'es pas censé être le sorcier le plus doué de ta génération ? » Dis je sarcastique en citant Sorcière Hebdo. « Lève le sort ! »

Ses yeux se plissent de rage pendant un instant puis… plus rien. Il se dirige vers la cuisine. Je connais cet endroit pour y avoir élaboré la majorité de mes missions d'espionnage mais je pensais que Potter s'en était débarrassé.

Attachement sentimental ? Je crois que c'est la seule chose qui lui reste de son parrain.

Je l'entends fouiller dans les placards. Il est vraiment en train de préparer à manger… Son estomac passe toujours en premier. Cela, au moins, ne changera jamais.

Je rentre dans la cuisine. Je l'entends marmonner un truc comme 'elle a même pensé à la bouffe'.

« Tu comptes cuisiner à la Moldu ? » Je demande ironique quand je vois qu'il a sortir un paquet de pâtes et des tomates.

« Il y a une autre façon ? » Dit-il en écarquillant les yeux.

Je le fixe, abasourdi. Après un flottement, il sourit et met une casserole sur le feu. Il prend les tomates, s'asseoit devant la table et commence à les peler.

« Tu ne vas vraiment pas utiliser la Magie ? »

Il soupire.

« Tu serais perdu sans la ta baguette, n'est ce pas ? » Dit-il en me jetant une tomate.

Je l'attrape et la relance. Il y a des limites.

Je ne sais pas ce que je fais ici mais ce n'est certainement pas pour que je m'abaisse à faire la cuisine. Je m'asseois en face de lui. En face du Sauveur du monde Sorcier. De l'être que j'ai haï pendant plus ou moins sept ans à Poudlard.

Toute cette énergie perdue… Toute cette énergie que j'y ai mis… pour finalement rejoindre son camp. J'ai renoncé à mon nom, j'ai défié mon père, j'ai rejeté tout ce qui me définissait. La richesse, la haine, les privilèges, la Magie Noire…

Oh bien sûr, j'ai presque tout récupéré après la guerre. Mais j'ai quand même tourné le dos à ma famille.Je m'interroge encore. Pourquoi… Pour me prouver quelque chose peut être.

Je n'aime pas y penser.

La guerre n'a été qu'une succession d'horreurs sans noms mais le pire était à venir… quand le monde Sorcier s'est réveillé pour acclamer ses héros. Les réjouissances ont duré un temps pour faire place à un autre genre de clameur car ce qu'apprécient tout particulièrement les foules, ce sont les médisances. Donnez lui un héros, elle le portera aux nues, à condition d'avoir des exutoires…

Voldemort disparu, il restait peu de figures emblématiques sur qui se défouler. Ses Mangemorts – dont mon cher géniteur – n'ont pas fait long feu. Disons que les Aurors ont fait du zèle et qu'il ne restait plus grand-chose à présenter à un procès après leur passage.

La population a donc déplacé sa haine ailleurs, sur les « sidekicks » plus précisément.

Les rumeurs ont commencé à courir, les critiques ont fusé, les murmures se transformant en grondements.

« Tout le poids laissé sur les fragiles épaules d'un adolescent » reprochait-on aux membres les plus âgés de l'Ordre. Aux plus jeunes, le mépris total.

Pendant cette période, j'ai été jusqu'à regretter d'avoir combattu pour sauver… ça.

Je soupire et décide de laisser Potter à sa cuisine pour revisiter l'endroit se rapprochant le plus d'un foyer pour moi au temps de la guerre. Il a été presque totalement rénové et l'atmosphère y est nettement moins étouffante. J'essaye de situer de mémoire la pièce où se trouvait la tapisserie de l'arbre généalogique. En vain…

« Je l'ai remisée »

Il est derrière et semble conscient de ce que je cherche.

« Tu as fini de massacrer de pauvres tomates innocentes ? » Dis-je sur un ton mordant.

« Tu as fini de te planquer sous une couche de sarcasmes ? » Répond-il aussitôt.

Oui… Non… La raillerie est la seule méthode que je connais pour dissimuler mes failles.

Il fait demi tour et retourne dans la cuisine. Je prends sa suite.

Et je me rends compte que c'est ce que j'ai toujours fait toute ma vie. Etre second.

Je ne suis pas sûr que revoir Potter soit une chose positive. Cela fait ressurgir toutes les rancoeurs, toutes les désillusions nées à Poudlard.

Période d'insouciance mêlée d'un sentiment plus amer.

On me surnommait le Prince des Serpentards. Je semblais être au premier plan. Les rumeurs tournaient autour de ma petite personne et on me jalousait d'être au centre d'une telle agitation. Mais je savais bien que je n'étais pas une vraie étoile.

Le véritable aimant se trouvait chez les Gryffondors et n'avait pas vraiment conscience de son potentiel attractif. Les dernières années, il fédérait sans même le vouloir. Il suffisait qu'il émette une idée et toute l'école le suivait sans même contester.

Agaçant.

Concernant mon soi disant statue de Prince, les autres Maisons n'ont jamais su que le pouvoir de décision ne m'est pas revenu sans bataille. Mon nom de famille n'a rien changé.

La haute noblesse des Serpentards se réduisait à peu de membres. Blaise, Théo, Pansy et moi… Les quatre têtes pensantes. J'étais au premier plan mais je me rends compte à présent que c'est le Draco Malfoy que tout le monde pensait connaître qui apparaissait.

Pansy me l'a avoué bien plus tard. Elle ne me reconnaissait pas quand je jouais le Serpentard en puissance. Elle me suivait parce que c'était ce qu'elle était censée faire. Mais selon ses propres mots, chacune de mes transformations lui donnait la chair de poule. Elle craignait que je reste à tout jamais dans le rôle. Cette idée m'a aussi trotté dans la tête… et quelque peu terrifié.

Il a fallu que je m'impose dès les premières années - en jonglant entre manipulation et coups d'état. Parce que oui, je n'ai pas seulement été proclamé 'Prince des Serpentards' pour les six lettres de mon nom de famille. Il a fallu que je m'impose. Mais même après m'être hissé au sommet, j'arrivais derrière le Survivant. Les exploits réitérés chaque année dépassaient de loin mes jeux politiques.

Malgré les notes brillantes, les victoires sociales… Mon père ne voyait que Potter et sa potentielle mort.

C'est vers cette époque que j'ai cessé de détester Potter pour haïr mon géniteur au-delà des mots. Quelque soit les maisons, le Survivant passait au premier plan.

Ce n'est pas vraiment le climat idéal pour le développement d'un enfant. J'ai donc très vite cessé d'en être un et mon passage à l'âge adulte a été succinct. Lucius a d'abord été surpris de cette soudaine maturité dans mon comportement mais cet enfoiré a rapidement su trouver matière à en profiter en demandant l'avancement de mon intronisation en tant que Mangemort auprès de son cher Lord.

Mon identité en a été assez affectée : Héritier Malfoy amené à accomplir de grandes choses pour la gloire de son lignage, fils de Mangemort, espion, Mangemort lui même…

Dans ce Curriculum Vitae, je ne voyais pas la moindre trace de… moi. Où étais-je ? Qui étais-je ?

Que de questions existentielles que j'ai très vite balayées quand j'étais en présence de l'Ordre et il fut peu à peu difficile de quitter la demeure des Black. Reconstituer le masque était à chaque fois un peu plus douloureux comme si on arrachait une partie de moi-même… que je ne retrouvais que quand je revenais.

Cette comédie quotidienne m'est devenu difficile. Écarteler entre les idéaux nauséabonds de mon père et mon identité naissante qui me hurlait de cesser de jouer la comédie. J'ai lutté pour ne pas m'effacer jusqu'à ce que la guerre arrive. Et malheureusement, ce sont ces conditions qui m'ont permis d'être moi-même et de révéler tout mon potentiel.

Les réunions de l'Ordre m'ont guérie de ma schizophrénie latente parce que je pouvais être autre chose qu'un Malfoy.

Toute l'éducation Malfoyenne de mes parents n'aura pas été vaine cependant puisque j'ai pleinement utilisé les enseignements de mon père en tant qu'espion pour le compte du vieillard fou.

Mais mon masque était toujours aux premières loges et Potter était toujours la vedette… Un rôle que j'ai appris à ne plus envier en prenant conscience de sa véritable fonction, du poids qu'il portait… Une arme de guerre humaine.

Puis la guerre prit fin. Et j'étais à nouveau perdu. Plus tout à fait Malfoy, pas Mangemort et plus espion… Je me suis alors pratiquement exiler dans le manoir Malfoy – qui m'appartenait suite aux déces de mes parents – non sans en avoir totalement changé l'intérieur. Trop de mauvais souvenirs.

En parlant d'isolement…

« Pourquoi ? » Demande-je en m'adossant aux placards près de l'endroit où il surveille la cuisson des pâtes.

« Je m'excuse, même si j'en ai l'air, je ne lis pas encore dans tes pensées »

« Pourquoi Hermione nous a-t-elle enfermés ici ? »

Il sourit.

« Parce qu'on ne peut pas fuir indéfiniment… On finit toujours par être rattrapé » Murmure-t-il comme pour lui-même.

Je sens une furtive dépression dans mes oreilles, signifiant que le sort de Verrouillage est levé.

Rattrapé…

Je sors de mes pensées et le regarde. Je n'aperçois que son profil mais il a les yeux dans le vague.

Le repas est prêt. Il fixe le placard dans lequel – j'imagine – se trouvent les couverts.

Potter ne me regarde toujours pas mais je sais qu'il l'a senti lui aussi.

Je reste totalement immobile. Je ne fuis pas.

Il a la main sur la poignée et lui non plus ne fait pas un geste.

Finalement, il se tourne vers moi et je peux lire une multitude d'émotions dans ses yeux trop verts. Je pourrai partir… je pourrais… car ce que son regard reflète m'attire et m'effraie tout à la fois. Mais ce serait fuir, n'est ce pas ?

Donc je reste et je le fixe. Elémentaire.

Pas une seule parole n'a été échangée depuis la fin du sort. Mais un accord tacite semble s'être établi.

Potter prend des couverts pour lui… et pour moi.

Et je relâche cette respiration que je ne me savais pas retenir.

J'accepte d'être second dans ma propre vie…

Après tout, cette impression de décalage, cette sensation d'être un spectateur de mon existence m'aura donné la force de devenir espion, de défier ce père, de trahir ce nom.

Pour exister…

J'accepte puisque en définitif, il y un second rôle auquel je n'échapperai pas, auquel je n'ai jamais pu me dérober. Peut être n'en ai jamais eu l'envie…

J'accepte de te suivre, toi.

« Laisse moi te rattraper, Potter »

Un murmure dans ton oreille.

« Mon patronyme n'a pas besoin d'assistance… » Soupires-tu.

Je souris tout contre toi.

« Laisse moi te seconder… Harry »


Voilà, c'était la dernière partie... J'hésite à faire une suite. On verra bien. Les reviews sont toujours bienvenues bien sûr! Et câlin à vous tous parce que oui j'abuse pour le retard!