Chapitre 3 :
- Mais qu'est-ce que vous me voulez ?!
Kimblee s'arrêta. La jeune femme le fixait d'un air terrifié. Ils se trouvaient au beau milieu du hall de la magnifique demeure du général Harker. Il ne lui avait pas demandé son avis pour entrer, lorsqu'elle était venue voir qui s'acharnait de la sorte sur la sonnette. Il remarqua qu'elle ne portait qu'un fin peignoir de coton mauve pâle.
Il se força à adopter son sourire les plus cordiale ( Fuyez !) et tendit gracieusement le bouquet de roses rouges qu'il tenait à la main.
- Excusez-moi de vous déranger de bon matin. J'ai entendu dire que vous étiez malade. Je suis venu prendre de vos nouvelles.
Camille ne fit aucun geste pour prendre les fleurs, reculant au contraire d'un pas. Elle était très pâle. Étrangement, elle portait ses fins gants de laines même à l'intérieur. Doucement, elle reprit sa respiration et déglutit avant de parler d'une voix hésitante.
- C'est très aimable de votre part. Je vais beaucoup mieux. Je reprendrais certainement du service après-demain.
Il sourit et se rapprocha. Elle resta paralysé sur ses jambes.
- Vous m'en voyez heureux. Ces trois dernier jours, j'ai…pensé à vous.
Il glissa une main derrière la nuque de la jeune femme et amena ses lèvres à quelques millimètre des siennes. L'instant d'après, elle était à la porte qui menait au salon, essoufflée, le cœur battant visiblement la chamade. C'était à peine s'il l'avait sentie se dégager de son étreinte. Elle le regarda autour d'elle, l'air de se demandé où elle était et ce qu'elle faisait là. Son regard revient se poser sur lui et c'était comme s'il venait à peine d'arriver.
- Lieutenant-colonel Kimblee ? Vous êtes venu prendre de mes nouvelles ? C'est très aimable de votre part.
Camille se rapprocha d'un pas mal assuré et tendit les mains. Il resta un instant sans comprendre, avant de se rendre compte qu'il tenait toujours son bouquet. Elle enfuit son visage dans les roses rouges et huma profondément leur parfum, ce qui sembla l' apaiser singulièrement. Il n'était pas sûr de comprendre exactement ce qui venait de se passer.
- Vous revenez après-demain, donc ?
- Pardon ?
- Vous reprenez du service…
- Oui…oui, c'est ça. C'est ce que le docteur à conseiller. C'est Sylvain qui vous l'a dit? Vous l'avez rencontré ?
- C'est vous qui me l'avez dit, il y a quelques instants.
Un violent trouble sembla s'abattre sur elle. Elle hocha plusieurs fois la tête, comme si elle comprenait.
- Oui, c'est vrai…c'est moi qui vous l'ai dit…pardonnez-moi, je suis fatiguée…euh, est-ce que vous voudriez boire quelque chose ?
Il la suivit dans le salon, une vaste pièce luxueuse dotée d'un énorme cheminée en marbre noir et de suffisamment de divans confortable pour accueillir un douzaine de personne. Elle le pria de l'excuser pendant qu'elle montait enfiler rapidement quelque chose de plus convenable.
Kimblee en profita pour regarder les innombrables photographie qui ornait le dessus de la cheminée. Toutes représentaient Camille ou alors un bébé qu'il identifia comme devant être la fameuse Francesca. Pas le moindre signe du mari. Était-ce parce que c'était toujours lui qui tenait l'appareil ? ( Un deuxième Hugues ? ) Quelques minutes plus tard, elle était de retour.
- Vous êtes magnifique. Dit-il en souriant.
Camille le remercia sobrement. Elle portait une ravissante robe de velours rouge sombre. Sylvain lui offrait sans arrêt des robes plus belles et plus chères les unes que les autres. Elle n'avait pratiquement que ça dans sa garde-robe. Parfois elle avait l'impression d'être une poupée. Elle demanda à son invité ce qu'il voulait boire mais il ne l'écouta pas. S'en rendant compte, elle répéta.
- Que vous voulez ? Il y a du thé… pour du café, ça pendra un peu plus de temps……ou si vous voulez quelque chose de plus…
- Un café ce serait parfait.
- Ah…bon, je vais aller en préparer.
Il la suivit dans la cuisine. Bien qu'elle dû s'en rendre compte, Camille fit comme s'il n'était pas là et commença à fouiller dans une armoire à la recherche du paquet de café. Comme elle s'obstinait à lui tourner le dos et l'ignorer, il l'attrapa par les hanches et se pencha pour lui chuchoter à l'oreille.
- Comme je vous le disais tout à l'heure, j'ai beaucoup pensé à vous, ces trois dernier jours.
Elle ne dit rien, ne bougea pas d'un millimètre, la main toujours refermé sur la boite en fer blanc qu'elle était en train de déplacée. Feignant de prendre ça pour une encouragement, il lui embrassa doucement la nuque. Elle frissonna et se décida enfin à lui faire face.
- Lieutenant-colonel Kimblee, je suis mar…
Il l'embrassait à pleine bouche. Est-ce qu'elle répondait à son baiser ? Elle aurait été bien incapable de le dire. En tout cas, elle ne le repoussait pas. Il resserra un peu son étreinte, collant étroitement leur deux corps. Camille se sentait mal. Pendant un instant, elle eut l'impression qu'il faisait très chaud, l'impression que l'air était saturé de poussière et de fumée et que des cris résonnaient au loin...
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Une grande tasse de café noir. Roy Mustang releva la tête et adressa un sourire qui se voulait courageux à la jeune femme blonde qui venait de déposer le breuvage tonifiant devant lui. Le lieutenant Hawkeye soupira.
- Je ne pensais pas vous dire ça un jour mais…reposez-vous un peu, vous travaillez trop.
- Merci, lieutenant…dans une petite heure…
Avant qu'il n'ait pu réagir, elle s'était emparé des papiers étalés devant lui. Elle s'installa sur la chaise libre et commença à les feuilleter. Il voulut la prévenir mais elle fit taire d'un geste et bien qu'elle ne l'admettrait sans doute jamais, elle pâlit. Pourquoi les médecins légistes se sentaient-ils toujours obligée d'orner leur rapport de photo couleur plus qu'évocatrices ?
Voilà ce que le colonel Mustang parcourait depuis trois jours, dans l'espoir de trouver quelques choses qui permettrait d'arrêter cette tuerie, lorsqu'il n'était pas sur les lieux des crimes avec les enquêteurs à la recherche du plus petit indice. Six victimes en trois jours. Toutes militaire, toutes au moins du grade de lieutenant mais seulement un alchimiste.
Les méthodes de mises à mort variaient de l'immolation à la noyade, en passant l'électrocution et le simple massacre au couteau. Dans tout les cas, les victimes avaient été violement battue, avant de subir leur dernier supplice.
- Sadisme ou vengeance ?
- Je vous demande pardon, colonel ?
- C'est meurtres sentent à plein nez le sadisme débridé ou la vengeance…ou alors les deux mêlés.
- Vous pensez qu'il pourrait s'agir d'un émule de Scar ? Un qui n'en voudrait pas qu'aux alchimistes.
- Ce serait le pire des cas…mais il faut l'envisager.
On toqua trois fois à la porte. Riza alla ouvrir. Le colonel l'a vit reculer et compris aussitôt. Une des photos du rapport venait de prendre vie sous ses yeux. Le général Harker ignora superbement la réaction de la jeune femme, comme il faisait mine de ne pas remarquer les regards qui s'attardaient un peu trop longtemps ou se détournaient avec trop d'empressement, dans la rue. Roy, lui, se forçait à le regarder en face, car c'était son oeuvre.
Il se souvenait parfaitement du visage de son supérieur et de la terreur dans son regard, cette nuit là à Ishbal, lorsque, rendu fou par les atrocités auxquels il venait d'assister, il avait levé sa main ganté vers lui et que sans le reconnaître ou peut-être en le reconnaissant très bien, il avait claqué des doigts. Il n'y avait jamais eu de rapport, jamais eu de plainte. Officiellement, Sylvain Harker avait été défiguré durant l'explosion d'un bâtiment. Il ne l'avait jamais démenti.
La question le frappa un instant de savoir si Camille Harker était au courant de cette histoire. Son mari serait-il confier à elle ? Mais il avait plus important pour le moment. Le général semblait ébranler et le colonel commençait à se demander si son indifférence par rapport à la réaction de Hawkeye était bien due à une grande force de caractère ou il ne l'avait tout simplement pas remarquée, tellement il était choqué.
- Général Harker, que se passe-t-il ?
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Kimblee rouvrit les yeux. Les draps étaient tiède autour de lui. Quelqu'un marchait dans le couloir et s'arrêta devant la porte. Deux léger coup furent donner contre le bois et une voix de vielle femme retentit prudemment.
- Camille, mon ange, est-ce tu vas bien ?
Tiens, voilà, une situation problématique. Comment est-ce qu'il avait pu dormir aussi longtemps ? Il voulut réveiller la jeune femme pour qu'elle réponde, avant que l'autre ne se décide à entrer, mais découvrit le lit vide à ses côtés. Il s'empressa de se lever et de se placer derrière la porte qui s'entrebâillait lentement.
- Je suis désolé de te réveiller mais il faut absolument que tu aies rejoindre Sylvain. Il s'est produit quelques choses d'épouvantable…C'est ton parrain…Antonin…
Ce n'était pas l'envie de d'exploser cette vielle qui lui manquait, en ce moment mais alors qu'elle posait un premier pied dans la chambre, une voix se fit entendre venant d'un coin obscure près de la fenêtre, dont les lourdes tenture était tirée ne laissant filtré qu'une fine raie de lumière.
- Je prend un douche et je m'habille. Attendez-moi en bas, belle-maman.
- Il n'y pas le temps pour une douche, c'est…et pourquoi me vouvoies-tu d'un coup ?
- J'ai besoin d'une douche. Je ne suis pas présentable.
C'était bien la voix de Camille Harker mais plus ferme et plus dure que quiconque l'ayant entendue en temps normal n'aurait put l'imaginer. Laetitia Harker finit par reculer en hochant la tête.
- Tu as raison…je vais t'attendre en bas.
La porte se referma et la chambre fut à nouveau plongé dans les ténèbres presque totale. Kimblee tâtonna à la recherche de l'interrupteur mais lorsqu'il l'eut enfin trouver, il interrompu par un ordre proférer sur un ton glaçant au possible.
- Ne touchez pas à ça.
Une porte claqua. Il comprit qu'elle venait de s'enfermer dans la salle de bain attenante à la chambre et alluma la lumière. Il ramassa rapidement ses vêtements entassé au pied du lit et s'empressa de les remettre. De l'autre côté de la porte, la douche allait bon train.
Une quinzaine de minutes plus tard, Camille ressortait enroulée dans un grand essuis moelleux. Elle lui accorda à peine un regard et se dirigea vers son armoire. Elle enfila rapidement une robe composé d'une juxtaposions de voile noir semi translucide. Il ramassa la paire de mitaine qui traînait au milieu des draps. Elle n'avait consentit à les ôter qu'une fois les lumière éteinte.
Quand elle se retourna, il comprit pourquoi. Ce n'était pas laid au contraire. L'entièreté de ses paumes, de ses poignet et du dos de ses mains étaient couvert de tatouage. Il était difficile de voir ce que cela représentait exactement. Ce n'est que lorsqu'elle se rapprocha pour reprendre ce qui lui appartenant qu'il réalisa qu'il s'agissait de minuscule symboles alchimiques entrelacer de façon extraordinairement complexe.
- Vous sortirez après notre départ. Passez par la porte fenêtre, elle n'est jamais fermée.
