J6 (Vendredi) : Restaurant
Ils pénètrent tous les cinq dans le restaurant traditionnel que Michael et Lincoln ont choisi pour inviter leur petite famille. C'est un endroit qui semble chaleureux et qui propose à la fois une nourriture délicieuse et une musique sympathique. Michael demande une table pour 5, et ils sont conduits jusqu'à un endroit un peu à l'écart. En bon gentleman qu'il est, Michael tire la chaise de sa douce et lui dépose au passage un baiser sur le front. Il s'assied à côté d'elle en posant son portefeuille sur la table. Véronica et Lincoln prennent place face à eux tandis que LJ s'assoit au bout de la table. Le restaurant est presque complet mais étonnamment assez silencieux pour pouvoir converser tranquillement. Le serveur arrive et demande s'ils souhaitent un apéritif. Ils se consultent du regard puis Michael demande leur meilleure bouteille de champagne. Sara et Véronica échangent un regard impressionné, mais Lincoln, qui lui est un peu moins admiratif, attend que le serveur se soit éloigné pour regarder son frère sévèrement.
« Eh doucement frangin, tout le monde n'a pas la chance d'être ingénieur en génie civile et d'avoir retrouver un boulot dans l'une des meilleures boîtes de Chicago en à peine deux mois. »
Michael lui sourit. Effectivement, il a eu une sacrée chance. Mais son frère n'a pourtant pas à se plaindre avec le demi million que l'Etat lui a gracieusement donné en dédommagement des ennuis occasionnés par son inculpation pour meurtre à tord. Il lui en fait d'ailleurs la remarque.
« Ouais mais tu ne sais pas ce que ça coûte un mariage toi ! » Lance-t-il.
Véronica sourit et lui répète :
« Je t'ai déjà dit qu'on pouvait se passer de la calèche et du lâché de colombes…
_ Non, je veux tout ça moi… »
Il prend la main de sa fiancée et la baise en ajoutant :
« Rien n'est trop beau pour ma princesse. »
Véronica lui caresse la joue et ils se mettent à discuter de l'avancée des préparatifs du fameux mariage. Véronica se plaint auprès de Sara de la lenteur de la couturière tandis que Lincoln évoque avec son frère son envie d'aller aux Bahamas pour leur voyage de noces. Au bout de quelques minutes, le serveur leur apporte le champagne en leur tendant le menu pour la suite. Michael fait sauter le bouchon sous les regards étonnés des autres clients du restaurant qui n'ont pas l'habitude de voir des personnes boire du champagne dans un endroit aussi modeste. Il sert tout le monde puis repose la bouteille et lève son verre, imité par les quatre autres et prend la parole :
« Je porte un toast à ces merveilleuses vacances qui, malheureusement, se terminent trop vite. Et également à la future union de mon frère et de sa magnifique fiancée. »
Lincoln prend la main de Véronica et ils se sourient. Les verres se percutent les uns contre les autres dans un bruit délicieux et tout le monde boit. La discussion s'anime alors autour d'un éventuel mariage entre Sara et Michael mais ceux-ci assurent vouloir prendre leur temps. Ils n'ont goûté aux joies d'une vie à deux que depuis six mois après tout. Qui plus est, Michael n'a même pas encore tout a fait divorcé de sa précédente épouse, Nika, qui tarde, probablement volontairement d'après Sara, à renvoyer les papiers qui la proclameront officiellement Ex Mme Scofield.
Alors qu'ils regardent la carte, Lincoln met au défi son fils de faire avec lui un concours pour déterminer lequel a le plus gros appétit des deux.
« Je t'en prie LJ dit non, sinon ton père va encore être malade. » Le supplie Véronica.
Lincoln se retourne vers elle en fronçant les sourcils.
« Tu ne me crois pas capable de manger la moitié d'une tome à moi tout seul ? »
Sara, en bon médecin, et surtout en amie et future demoiselle d'honneur qu'elle est, intervient pour soutenir Véronica :
« C'est très mauvais de manger tant de fromage fondu Lincoln. Une étude a récemment montré qu'à partir d'un certain âge, l'Homme devrait cesser de manger des produits laitiers. »
Lincoln la regarde en remarquant :
« Si on écoutait toutes leurs études, on ne mangerait plus ! »
Sara sourit, et se penche vers le menu. Elle discute avec Michael de son envie de manger une fondue savoyarde, typiquement française, tandis que Lincoln tente toujours de convaincre son fils de faire ce concours avec lui. Lorsque le serveur revient quelques minutes plus tard, tout le monde semble s'être décidé. Fondue savoyarde pour le couple Tancredi / Scofield, raclette pour le père et le fils, qui s'est finalement laissé séduire, et tartiflette pour maître Donovan.
A la fin du repas, Lincoln à l'impression qu'il va exploser tellement il a mangé. La demie tome y ait bel et bien passé, mais il ne l'a, heureusement, pas mangé seul. Son fils et lui n'ont donc pas pu se départager mais le père assure pourtant qu'il a avalé plus de fromage fondu que LJ.
« Si ça peut te faire plaisir…Concède l'ado, en tout cas, à moi il me reste suffisamment de place pour le dessert. »
Lincoln bombe le torse et affirme avec fierté :
« A moi aussi il me reste de la place… enfin si on me laisse un peu de temps pour digérer. »
Véronica sourit en entendant les premières notes d'une de ses chansons préférées.
« Tu sais ce qui est parfait pour digérer mon chéri ? » Demande-t-elle à son fiancé qui la regarde avec un sourire en coin.
« Ca ne se fait pas en publique Véro… » Souffle-t-il avec espièglerie.
Elle baisse les épaules, signe que ce n'est pas la réponse à laquelle elle s'attendait.
« Non, danser un slow avec ta fiancée, idiot. » Lui répond-elle
Il se redresse pour affirmer :
« Pas question. »
Il a toujours eu horreur de danser parce qu'il se donne l'impression d'être un empoté et ça Véronica le sait très bien. Michael aussi d'ailleurs, mais il ne peut s'empêcher de lui poser une question :
« Comment tu feras à ton mariage ? »
Lincoln s'avachit dans son fauteuil.
« Personne n'a dit qu'il fallait danser à son mariage. »
Véronica le regarde avec une mine de chien battu.
« Et la tradition qui veut que les mariés ouvrent la première danse ?
_ On n'est pas obliger de suivre toutes ces traditions. Affirme-t-il.
_ Mais moi j'ai envie de la suivre. » Lui répond sa fiancée.
Il la regarde puis regarde Michael et dit :
« Tu n'auras qu'à danser avec mon témoin. Je vous donne l'autorisation. »
Michael sourit. Le témoin en question c'est lui, et bien qu'il adore Véronica, il préférerait réserver cette danse à la jolie demoiselle d'honneur. Véronica le comprend parfaitement d'ailleurs, parce qu'elle aussi a envie de donner la première danse de sa vie de femme mariée à son époux.
« Dans ce cas si c'est avec lui que je danse à mon mariage, c'est lui que j'épouserai ! » Décrète-t-elle.
Michael et Sara se redressent, pas certains d'avoir bien entendu. Lincoln sourit, ne prenant absolument pas la menace au sérieux.
« Euh si tu n'y vois pas d'inconvénients Véro, j'aimerais autant que se soit moi qui devienne Mme Scofield. » Souffle Sara.
Michael sourit en caressant la cuisse de sa dulcinée. L'entendre s'appeler ainsi lui plait assez, et il faut dire que Sara Scofield sonne beaucoup mieux à ses oreilles que Nika Scofield. Il préfère de toute façon ne pas tenir compte de cette union et se dire qu'il n'a jamais été marié. Et dans un sens c'est un peu le cas puisque c'était un pacte plus qu'un mariage. Véronica regarde sa "belle-sœur" en souriant.
« Ne t'inquiète pas, j'adore Michael, mais pas au point de l'épouser. »
Lincoln émet un « hum » qui traduit toute sa pensée quant aux menaces en l'air que lance sa compagne. Mais, alors qu'il est persuadé que sa belle n'ira pas voir ailleurs, un homme s'approche de la table et l'invite à danser. Lincoln se redresse soudainement, ce que Véro ne manque pas de remarquer. Ca et l'air jaloux qu'il arbore. Elle va pour accepter l'invitation quand Lincoln se lève pour faire face au type.
« Ca tombe mal, elle allait justement m'accompagner sur la piste de danse. »
L'homme hausse les épaules et s'en va un peu plus loin. Véronica se lève et lui fait remarquer :
« Je croyais que tu ne voulais pas danser ?
_ J'ai changé d'avis ! »
Michael et Sara éclatent de rire tandis que Lincoln entraîne Véronica sur la piste de danse et qu'il l'enlace au plus grand plaisir de la future Mme Burrows qui se dit qu'elle n'aura finalement aucun mal à le convaincre d'ouvrir la danse avec elle dans six mois.
A table, LJ regarde son père danser avec Véronica avant de se tourner vers Michael et Sara qui, visiblement ont encore oubliés qu'ils n'étaient pas seuls. Michael est en effet en train de chuchoter à l'oreille de sa compagne, et d'après les petits rires de la jeune femme et ses quelques « Michael ! » poussés par-ci par-là, LJ devine qu'il ne lui parle pas de la météo. Il pousse un soupire pour leur faire comprendre qu'il est là. Cela semble fonctionner puisque Michael le regarde en lui demandant ce qu'il a.
« J'ai l'impression d'être la cinquième roue du carrosse… » Répond LJ.
Michael sourit avant de fixer la porte d'entrée qui vient de s'ouvrir. Il se penche légèrement vers son neveu pour lui confier :
« Peut-être plus pour très longtemps… »
LJ se retourne pour voir ce que son oncle regarde et réagit aussitôt en se retournant vivement et en se cachant le visage.
« Oh non pas elle ! »
Michael fronce les sourcils puis regarde Sara pour voir si elle est aussi larguée que lui quant à la réaction de l'ado. Emilie, la petite serveuse du bar d'à côté, que LJ s'est vanté d'avoir draguée, vient d'entrer dans le restaurant.
« Je croyais qu'elle t'avait filé son numéro. » Demande Michael
LJ regarde furtivement par-dessus son épaule et constate que la jeune fille est toujours à portée de vue, en train de saluer les clients d'une table un peu plus loin. Il se retourne vers son oncle et sa future tante.
« C'est le cas, mais je n'ai pas envie de la voir.
_ Pourquoi ? Demande Sara.
_ Elle est trop bizarre comme fille… et puis elle a un accent horrible. »
Michael et Sara se regardent en souriant. Et la jeune femme demande des précisions :
« C'est-à-dire ?
_ Ben elle roule les « r » et on a l'impression qu'elle a un cheveu sur la langue quand elle prononce les « th ». »
Sara hoche la tête d'un air contrit.
« C'est normal. Pour les francophones, ce n'est pas évident de parler Anglais. Et l'inverse est aussi vrai d'ailleurs… ce sont deux langues tellement différentes. » Lui explique-t-elle.
LJ jette un nouveau coup d'œil.
« Ouais ben justement, on a absolument pas la même langue, alors je ne vois pas comment communiquer avec elle. »
Michael sourit devant la naïveté de son neveu.
« Oh il y a des tas de façons de communiquer avec les filles LJ… La langue est d'ailleurs un excellent moyen. » Ajoute-t-il d'un air entendu.
LJ comprend de quelle langue il parle et reprend :
« Ben parlons-en, elle embrasse comme un manche ! Cette façon qu'ont les Européens d'aller jusqu'au fond de la gorge, c'est écœurant ! »
Michael et Sara éclatent de rire, tandis que LJ se cache un peu plus en priant pour qu'elle ne le voie pas.
« Pourquoi tu as demandé son numéro alors ? Demande pertinemment Sara.
_ Pour prouver à mon père et mon oncle que j'avais réussi à la draguer. »
Véronica et Lincoln reviennent à cet instant de leur danse langoureuse et s'assoient.
« De quoi vous parliez ? » Demande Lincoln.
LJ répond précipitamment qu'ils ne parlent de rien. Il ne veut pas que son père sache que la fille qu'il a draguée est là, car avec sa discrétion naturelle, il est sûr qu'il va lui mettre la honte. Seulement Lincoln est aussi curieux que discret et insiste pour en savoir plus. Michael et Sara rient doucement, refusant de dénoncer le jeune homme. Lincoln persiste tellement qu'il finit par attirer l'attention de la jeune Suisse qui s'écrie avec son horrible accent français :
« LJ ! »
LJ prend sa tête dans ses mains.
« Oh merde ! » Souffle-t-il pour lui-même.
Michael et Sara se retournent pour rire du sort du pauvre LJ, tandis que Lincoln semble ne plus rien comprendre. LJ relève la tête vers la jeune fille et prend un sourire faussement enjoué.
« Emilie ! »
Il se lève et pose la main un peu fort sur l'épaule de son père, tout en y enfonçant ses doigts.
« Merci papa ! »
Il s'éloigne pour aller voir la serveuse et Lincoln qui semble toujours dans le brouillard s'adresse à la tablée.
« Qu'est-ce que j'ai fait ? »
Michael et Sara sont repris d'un fou rire, sous le regard ébahit de Lincoln.
Décidément la semaine sans le père et le fils aurait été vraiment terne.
