J7 (Samedi) : Départ
« LJ dépêche-toi l'avion ne va pas nous attendre ! » Rappelle Lincoln au jeune homme.
Il frappe un coup à la porte de la salle de bain pour déloger son fils qui y est enfermé depuis une bonne demi-heure. LJ ouvre la porte, une brosse à dent à la main, quelques traces de dentifrices sur les lèvres.
« Il faut absolument que j'enlève la sensation de cette horrible langue dans ma bouche. »
Lincoln sourit à son fils. Emilie a tenu à donner un baiser d'adieux à LJ la veille et elle y a visiblement été de bon cœur. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle LJ a dû se brosser les dents 5 ou 6 fois depuis la veille. Il se demande encore comment une si jolie fille peut avoir une telle haleine, et un tel taux de stupidité mais ça c'est autre chose. Il referme la porte au nez de son père tandis que Michael passe à côté de lui avec sa valise pour lui confier :
« Il ne dira pas toujours ça. »
Lincoln hoche la tête de dépit.
« Je sais, malheureusement. »
Michael donne une tape de soutien sur l'épaule de son frère et sort. Il charge sa valise dans le coffre du taxi et s'éloigne un peu pour regarder la montagne. Il est plongé dans ses pensées quand il sent des bras enserrer sa taille. Il sourit et caresse les "intrus". Sara pose le menton sur l'épaule du jeune homme.
« Tu penses à quoi ? Demande-t-elle.
_ A cette semaine. »
Elle l'écoute en silence, attendant qu'il développe sa pensée. C'est ainsi qu'ils fonctionnent tous les deux. Les semaines qui ont suivi Sona ont été si éprouvantes pour Michael que Sara a dû faire preuve de beaucoup de patience pour qu'il accepte de lui livrer ces images horribles qu'il a ramenées de son séjour en enfer.
« Tu n'imagines pas à quel point ça m'a fait du bien. J'avais vraiment besoin de ses retrouvailles avec ceux que j'aime. » Lui avoue-t-il.
Elle hoche la tête.
« Ce n'est pas parce que les vacances sont finies que tu vas nous perdre Michael. »
Il sourit. Encore une fois, elle a deviné exactement ce qui le tracassait réellement. Il s'émerveille chaque jour de voir à quel point elle le comprend. Il aimerait croire qu'il arrive à la cerner aussi bien mais il doit admettre que le travail de reconstruction qui s'accomplit à l'intérieur de lui a quelque peu faussé ses facultés à voir au-delà des apparences. Il sait néanmoins, que tout ça ne va pas durer et qu'il pourra bientôt l'aider à affronter ses démons à elle. Il se retourne et la sert dans ses bras. C'est là qu'il se sent le plus en sécurité, et bien sûre, elle le sait parfaitement.
Lincoln et Véronica sortent à leur tour et chargent leurs valises dans le coffre du deuxième taxi. Lincoln se retourne vers le chalet et râle après LJ qui n'est toujours pas sorti de cette foutue salle de bain.
« Il est vraiment pire qu'une nana, parfois je me demande si c'est bien mon fils. »
Il regarde son frère et sa fiancée pour ajouter :
« Honnêtement, vous lui avez fait quoi pendant que j'étais en tôle ? »
Michael et Véronica se regardent puis sourient.
« On lui a appris la sensibilité pour qu'il se comporte bien avec les filles. Répond Véro.
_ Tu parles d'un résultat, le voilà dégoûté par les french kisses et passant plus de temps à se pomponner que vous trois réunis ! » S'insurge Lincoln/
Véronica lui caresse la joue.
« Mais au moins pendant qu'il se pomponne il ne fait pas de bêtises. » Lui fait-elle remarquer.
Lincoln hoche la tête, peu convaincu, lorsque LJ arrive enfin avec sa valise il lui dit :
« Et bien enfin, on a bien failli congeler sur place. »
LJ bougonne tout en mettant sa valise dans le coffre. Les quatre adultes se retournent et se retrouvent face à la montagne derrière laquelle le soleil apparaît lentement. Le silence se fait tout naturellement comme si chacun avait senti à quel point cet instant était magique. Les yeux de tout le monde s'illuminent d'une lueur d'apaisement et tous semblent pris dans leurs pensées. Des pensées qui trahissent à quel point chacun avait espéré sans trop y croire que tout se terminerait ainsi. LJ, qui préfère se dire que tout ça n'est que le début d'une nouvelle vie, brise le silence en rappelant, d'une voix grave, ressemblant par si méprendre à celle de son père que « l'avion ne va pas nous attendre ». Tout le monde réagit alors à cette vérité et grimpe dans la voiture direction l'aéroport afin de s'envoler vers Chicago, la tête pleine de merveilleux souvenirs car c'est exactement l'idée qu'ils s'étaient faits des vacances en famille.
FIN
Le 28/02/08
