RAR:
hardray68: Merci.
Sati-san: Draco, un caractère super? LoL je n'aurais peut être pas employé ces termes, mais je suis contente que l'usage que j'ai fait des personnages plaise! En effet, je voulais changer un peu de ce que je lis d'habitude.
I-love-ahmon: Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira...
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Londres, capitale de l'Angleterre.
Je m'ennuie, ça m'arrive de plus en plus souvent.
Si Ron Weasley, mon meilleur ami, était là, il dirait que c'est parce que je n'ai toujours pas de petite copine à dix sept ans passés.
Si Hermione Granger, mon autre meilleure amie, se tenait à mes côtés, elle affirmerait qu'il est grand temps que je me bouge un peu le popotin et que je me trouve enfin un petit copain.
Vous avez l'impression que quelque chose vous échappe? Normal. Je m'explique. La vérité est que le lâche que je suis n'a toujours pas trouvé le courage d'avouer à son frère de coeur, le type qui l'épaule depuis la maternelle, qu'il est...gay. Et que ce même lâche l'a révélé à la petite amie dudit type, qu'il ne connaissait à l'époque que depuis dix minutes.
Hermione m'a juré sur tout ce qu'elle avait de plus sacré -à savoir la bibliothèque de ses parents- qu'elle ne dirait rien à Ron, et je pense qu'elle tiendra parole. Mais cela ne l'empêche pas de me harceler pour que je dise la vérité à mon meilleur ami...Bonjour le micmac!
Quand j'y pense, il est tout de même étrange que deux personnes aussi opposées finissent en couple. Alors que Ron ne pense qu'à manger et jouer au foot (enfin pratiquement), Hermione passe son temps à dévorer des bouquins épais comme Gregory Goyle, le pilier de l'équipe de rugby du lycée.
Mais ils sont bel et bien ensemble depuis maintenant six mois, malgré quelques disputes mémorables, la plupart à mon sujet. En effet, Ron a tendance à être un peu surprotecteur, ce qui insupporte sa moitié. Hermione clame régulièrement que je n'ai plus besoin de nounou et qu'il n'est pas étonnant que je ne parvienne pas à me trouver quelqu'unvu que son petit ami me colle en permanence...
Avoir un garde du corps improvisé présente cependant bien des avantages, quoi qu'on en dise. Qui a démoli Seamus Finnigan parce qu'il s'était moqué de ma tignasse? Ron. Qui a déboulé chez moi en pleine nuit pour me consoler suite à un énième rateau de Cho Chang? Encore Ron.
Mais je dois préciser, avant qu'on me prenne pour un loser, que Cho est ma complice depuis mon entrée en quatrième. Elle joue volontiers les briseuses de coeur lorsque les tentatives de mon meilleur ami pour m'extirper du célibat deviennent un peu trop envahissantes.
Je sais, je suis minable...
Mais fort heureusement un évènement inattendu est venu chambouler ma petite routine tout récemment. Et pour une fois, je suis heureux que Ron ne puisse pas s'interposer entre moi et les choses. D'après ce que nous a dit notre professeur principal, Mrs Mc Gonagall, il s'agirait de faire un échange « culturel » (hum, je vois d'ici les pervers se ramener) avec un lycée de Cleveland.
Mon prof d'histoire de troisième nous avait fait tout un discours sur la révolution industrielle, entre 1800...et des brouettes...et 1939, juste avant la deuxième guerre mondiale. Il avait cité quelques grandes villes qui en avaient bénéficié, et parmi elles Cleveland. Il avait ensuite précisé que les usines de la ville avaient peu à peu fait faillite, car elles n'étaient plus assez compétitives face à la concurrence.
Aujourd'hui, il semblerait que Cleveland soit dans la merde, passez moi l'expression.
Je vais donc correspondre par courrier (vive les technologies modernes, n'est-ce pas Mrs Mc Gonagall?) avec un élève de President Lincoln High School. Les noms de lycée sont toujours d'une originalité redoutable, mais bon passons...
C'est là que les choses se compliquent. Mrs Mc Gonagall m'a donné la fiche de mon correspondant qui était...vierge, à l'exception de ses noms et prénoms. Il y avait aussi une photo de lui, mais je doute qu'elle ait été prise dans les dix dernières années. A moins qu'il n'ait encore des bouclettes et des joues de baigneur, bien sûr.
Il s'appelle Malefoy, Draco Malefoy. Son nom de famille m'évoque vaguement de vieux cours de français. Mrs Blainwitch, la prof, une vieille fille amoureuse de ses matous, essayait de susciter parmi nous un vague intérêt pour la grammaire. Il va sans dire que sa démarche ne fut pas couronnée de succès, l'option français fut d'ailleurs supprimée dés l'année suivante.
Je me suis donc rabattu sur l'informatique. Choix judicieux, Mr Gellert est tout le temps absent. Et puis je suis avec Neville.
Neville Londubat est l'Albert Einstein en herbe du lycée. En d'autres temps, je suis sûr qu'il aurait raflé tous les prix d'excellence. Mais il est tout sauf vaniteux, toujours prêt à rendre service aux autres. Il a même tenté de me faire aimer les Maths, c'est tout dire...Et puis on l'aime bien, notre Neville qui bégaie et casse quasiment tout sur son passage. A croire que la nature a rééquilibré les choses en le rendant si maladroit.
La seule personne qui ne l'apprécie pas c'est Rogue, le prof de chimie. Tout ça parce que notre génie aurait sois-disant manqué de faire sauter le labo...N'importe quoi, je sais qu'Hermione le surveille de trop près pour que quelque chose de ce genre ne se produise.
Mais il a été plus chanceux que moi avec son corres'. Un certain Théodore Nott, qui lui a déjà envoyé des bouquins sur la théorie de la relativité. Ils s'entendront sûrement à merveille...
Seamus Finnigan (oui, le crétin qui s'était moqué de mes cheveux en primaire, depuis devenu un de mes potes) raconte même à qui veut l'entendre que Dean, son correspondant, est homosexuel. Il a parié cinquante livres sterling qu'il le séduirait d'ici la fin des deux semaines que nous devons passer à Cleveland. Ron dit souvent en riant que Seamus serait capable d'exciter une statue de pierre. On jugera sur le terrain...
Et au cas -très improbable- où les tentatives de l'irlandais échoueraient, je pense tenter ma chance avec ce fameux Dean. Hermione a raison, il serait peut être temps que je me bouge le popotin.
Les élèves de Cleveland étaient sensés envoyer le premier courrier. Je dis bien sensés car je suis le seul de la classe à ne rien avoir reçu, ce qui n'a pas manqué d'alimenter les spéculations sur le compte de mon correspondant.
Finalement, Mrs Mc Gonagall m'a convoqué dans son bureau. Elle a passé environ une plombe à m'expliquer en enrobant le plus possible que Draco Malefoy était « fragile psychologiquement », qu'il avait quelques « problèmes familiaux », etc...Bien sûr, il faut que le marginal de service soit pour ma pomme! Hermione a raison quand elle dit que je suis trop gentil.
La suite m'a écoeuré. Mc Gonagall a dit qu'elle m'avait choisi pour ma sociabilité et mon ouverture d'esprit. Selon elle, me cotôyer ne pouvait qu'être bénéfique à ce garçon. Merde, je ne suis pas assistante sociale!
Et c'est là que vous allez voir que je suis vraiment trop gentil. Au lieu de me lever et de réclamer un correspondant sain d'esprit, comme l'aurait fait n'importe quel ado à peu près normalement constitué, j'ai murmuré un pauvre « je ferai de mon mieux » qui a dû réjouir mon professeur, puisqu'elle s'est exclamée:
-Ah Mr Potter, je savais que je pouvais compter sur vous!
Honnêtement, qu'est-ce que je pouvais répondre à ça? Elle a ajouté:
-Vous comprendrez donc, j'en suis sûre, que je vous demande d'entamer la correspondance avec Mr Malefoy au lieu de l'inverse?
J'ai dit que oui, que j'allais me mettre à l'écriture sitôt rentré chez moi, mais je bouillais intérieurement.
Je suis ce qu'on pourrait qualifier de normal. Je veux dire: mes parents ne me battent pas, je ne me drogue pas d'avantage, et je ne m'automutile pas non plus. Je fais régulièrement mes devoirs, je ne sèche aucun cours, j'ai des amis, une vie de famille plutôt sympa. L'année prochaine j'irai sans doute à l'université, peut être en sport études...
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir trouver à raconter à ce mec?
