Note: Un chapitre un peu plus court que les autres, mais capital pour la suite car...la fameuse rencontre que vous me réclamez arrive dans le prochain! Non, ceci n'est pas un canular LoL. Il est vrai que je n'aime pas bâcler l'intrigue, mais vous voyez: tout arrive!
RAR anonymes:
Lilas: pas d'inquiétude, il souffrira...mais pas tout de suite.
Càtia: très heureuse de voir que tu continues à aimer mon histoire. Le personnage de Tonks aura un rôle important à jouer par la suite. En espérant que ce chapitre te plaise!
Et bien sûr, merci à Ggenamel, Hakanaya et molly59 (toujours fidèle au poste), ainsi qu'à Malie25 pour leurs commentaires.
Enjoy!
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Le temps se traîne quand on essaie de le pousser au derrière, c'est bien connu. Harry Potter devait en faire l'expérience durant la période séparant la destruction du « couple » qu'il formait avec Benjamin et celle des fêtes de fin d'année.
Bien évidemment, il était retourné au lycée. Pas le choix de toutes manières. Il lui avait fallu supporter les regards moqueurs et les sous entendus à peine voilés de Cutler et sa bande quasi constamment. C'était d'ailleurs un miracle que ces imbéciles n'aient pas mis la puce à l'oreille à Ron...Mais en même temps le roux n'était pas réputé pour sa clairvoyance, même si Harry s'en voulait de nourrir de telles pensées à l'égard de son meilleur ami.
En revanche, Hermione avait fait le rapprochement en un clin d'œil et l'adolescent avait dû supporter des soirées entières de tentative de psychanalyse sous le couvert d'une aide aux devoirs.
Tentative infructueuse. Le cœur de Harry était classé secret défense. Même lui doutait d'y avoir un jour accès.
Draco était de son côté devenu champion toutes catégories de la simulation d'activité. Il avait toujours un tas de choses à faire, mais employait principalement son temps à fixer le vide en triturant un objet quelconque. Inquiet, car même démotivé pour ce qui faisait le sel de sa vie: à savoir jongler avec les pilules. Lui qui avait au départ trouvé ce jeu excitant, se faisait à présent l'effet d'être un loser.
Et c'était une sensation qu'il détestait.
L'américain et le britannique l'ignoraient, mais tous deux avaient pris une certaine forme de plaisir à correspondre avec l'autre. Ce n'était pas tant de faire connaissance que de déverser un peu du poids que chacun portait sur ses épaules. Aussi les échanges de courrier se firent-ils fréquents, chaque lettre amenant son lot de bile et de venin, la palme revenant sans conteste à Malefoy, ce qui n'avait en soi rien d'étonnant.
Ce qui avait été au départ un mépris teinté d'amusement se métamorphosait petit à petit en une inimitié solidement ancrée, rassurante comme une bonne vieille paire de pantoufles. On savait où on en était et où on allait.
Si les camarades de classe de Harry -ceux de Draco le soupçonnant de s'adonner à des pratiques nécrophages- avaient pu lire certaines missives qu'il envoyait à son correspondant, ils se seraient sans doute sérieusement posés des questions.
Draco,
Je suis en train de tourner façon... toi, ce qui me fait d'avance chercher des yeux la corde pour me pendre. Même pour les gens « comme moi », la vie peut parfois être une salope. Quand une personne prétend vous aimer alors que vous n'êtes qu'un pari entre ados attardés, que cette même personne vous traite comme une pute de luxe, qu'est-ce qu'on peut dire à part ça?
Je suppose que ça te fait bander de savoir que j'en bave. T'inquiète, j'aurais ma revanche quand j'en saurais plus sur ton père...
Mais Draco le surpassait:
24 décembre,
Je présume que le « Joyeux Noël » est de rigueur, mon cher Potter.
Tu as sans doute le nez bouché par les effluves d'une bonne dinde dégoulinante de graisse. J'entends d'ici tes parents bêler des cantiques chrétiens en accrochant des décorations ridicules. Le sapin est bien sûr décoré, avec les rois mages en file indienne, même si les cadeaux que tu vas recevoir sont trop volumineux pour tenir dessous.
Ta famille s'est sans doute pointée avec les sourires faux-cul de circonstance. Ta tante a beau avoir le Q.I d'une part de pizza, tu dois faire comme si tu l'adorais.
Raconte moi Potter, quel effet ça fait de vivre dans un mauvais remake de « Sept à la maison », au moins le temps d'une soirée?
Pour être tout à fait honnête, ça mettait les nerfs à rude épreuve...
Malefoy,
Une de mes (nombreuses) bonnes résolutions est de me montrer plus aimable avec toi.
Par conséquent, bonne année.
Celle là, Harry avait un peu hésité à l'envoyer.
Potter,
Moi, je ne tiens jamais mes bonnes résolutions. M'écrire des lettres qui ne dépassent pas les dix ligne est une bien mauvaise façon de rendre hommage aux pauvres arbres amazoniens qu'on massacre chaque jour...
Cahin-caha, le temps avait fait son boulot et Harry voyait venir avec frayeur le mois de mars.
Mois de mars qui se révéla pluvieux et venteux, malgré les annonces optimistes faites par les météorologues. Mais après tout, cela faisait partie du charme de l'Angleterre...
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Mc Gonagall recompte pour la quinzième fois les élèves assemblés dans la salle d'embarquement. L'aéroport de Londres Heathrow est si vaste qu'il ne faut même pas espérer faire le tour du terminal.
Donc, ma prof principale bien aimée nous recompte pour la quinzième fois, mais deux élèves manquent toujours à l'appel. A mon humble avis, Ron et Hermione se livrent à une exploration minutieuse des toilettes pour dames de la salle d'embarquement...
J'ignore quelle histoire foireuse ma meilleure amie a inventée pour que la dame pipi (taillée comme un joueur de hockey sur glace et à peu près aussi aimable qu'une porte de prison) laisse son cher et tendre l'accompagner, mais ça fait un quart d'heure qu'ils ont passé la porte.
La voix de Mc Gonagall m'arrache à ces méditations cruciales. Elle roule toujours les « r » en prononçant mon nom de famille. Bon sang, je ne suis d'origine pas biélorusse!
-Mr Potter, sauriez vous par hasard où se trouvent Mr Weasley et Miss Granger?
Seamus pouffe derrière son écharpe aux couleurs de l'équipe de foot du lycée tandis que je tente de conserver mon sérieux.
-Je l'ignore, professeur.
Elle me lance un regard noir, comme si je les séquestrais quelque part.
-Notre avion décolle dans dix minutes, nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre plus longtemps.
J'opine bêtement du chef, mais ces deux crétins ont fermé leurs portables (mesure de précaution des plus élémentaires quand on s'accorde des petits moments en privé) et je ne suis pas télépathe...
La vieille chouette m'accorde une dernière œillade assassine et file aboyer sur Parvati et Lavande, qui gloussent en montrant du doigt un baba cool qui dort comme un bienheureux sur une banquette.
Je compose, plus par acquis de conscience qu'autre chose, une nouvelle fois le numéro de ma meilleure amie. Après trois sonneries et son répondeur à la con, je lui intime gentiment de se magner le train avant que Mc Go ne nous fasse une attaque cardiaque et raccroche en échangeant un regard mi-amusé mi-découragé avec Neville.
Neville qui n'a rien trouvé de mieux à faire que d'emporter trois valises avec lui, alors que la circulaire précise bien qu'on n'a droit qu'à un bagage en soute, et qui peine à choisir laquelle emmener. En gros, trancher entre les caleçons et les bouquins d'astrophysique. Quand je dis qu'il est gentiment allumé...
Une voix féminine agréablement modulée annonce le début des enregistrements pour le vol à destination de Detroit, et toute la classe s'ébroue comme un seul homme tandis que les accompagnateurs tentent de maintenir un semblant d'ordre:
-Ne vous bousculez pas! Ça ne sert à rien de pousser, vous embarquerez de toutes façons!
Neville, qui a finalement opté à contrecœur pour les caleçons et confié les deux autres valises à sa grand mère, répond avec tant d'enthousiasme aux signes de la main qu'elle lui adresse qu'il manque de s'emplafonner dans un type qui doit faire deux fois sa taille et quatre fois son poids. Ce léger incident provoque de nouveau le rire, peu charitable, de Lavande, bientôt suivie par Parvati et Katie Bell.
Les autres passagers nous scrutent avec méfiance en présentant leurs billets à l'hôtesse. Les pauvres doivent déjà pressentir qu'ils n'auront pas un voyage tranquille avec tout un troupeau d'ados surexcité...
Le désespoir commence à me gagner, et visiblement à gagner également le professeur Mc Gonagall, lorsque Ron et Hermione surgissent de nulle part, les cheveux ébouriffés et les yeux brillants. Après le sermon d'usage, ils peuvent embarquer à leur tour, mon meilleur ami m'adressant au passage un clin d'œil coquin auquel je réponds en levant les yeux au ciel.
Je me retrouve assis près du hublot, à côté de Cedric Diggory, le no life de la classe, qui sort aussitôt son ordinateur portable et commence à pianoter comme un malade. Le vol risque d'être long...
Cho m'adresse un sourire encourageant en passant près de ma rangée et me désigne discrètement mon voisin. Elle ne veut quand même pas que je le drague?!
Ah oui, j'ai oublié de préciser que le sois-disant bourreau de mon cœur complotait avec Hermione pour essayer de me coller avec tout ce qui passe. Charmant.
Cedric est contraint d'éteindre son jouet le temps du décollage mais le garde contre lui comme un gamin avec son doudou. Wow...
Peu à peu, l'appareil prend de la vitesse. Et puis nous voilà lancés dans le ciel. J'enfile mes écouteurs, et laisse la musique me bercer tandis que le maniaque d'à côté recommence son pianotage frénétique.
-Vous voulez boire quelque chose? Manger quelque chose? Me demande l'hôtesse, avec un fort accent des pays de l'Est.
Mon sandwich a à peu de chose près la texture et le goût du carton. Il commence bien, ce voyage aux « States »...
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-Hé, toi!
-...
-Oui, toi le lecteur juste là!
-...
-Une review n'a jamais tué personne...
