NdA: Quoi...Vous êtes encore là? Je devrais vraiment vous décerner une médaille! Pour les quelques coriaces qui ont survécu au dernier chapitre, la suite est là. Pour les autres, je vous comprends^^
En vous souhaitant à tous d'agréables fêtes de fin d'année.
Bonne lecture, je ne sais pas quand je publierai la suite...
RAR anonymes:
Machin: Les choses sérieuses? On est pas sérieux quand on a dix sept ans LoL. Merci de ta review.
Amy: Merci, tu me fais plaisir!
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Car ce fut le moment que choisit le portable high-tech du plus riche des deux pour sonner...
Harry émit un léger grognement et tenta de décoller ses lèvres de celles de Draco. Ses efforts n'eurent pas tout à fait l'effet escompté puisque le blond resserra son étreinte en marmonnant quelque chose qui ressemblait furieusement à « sexy Harry » et, s'il daigna rompre le baiser, fit glisser sa bouche le long de la joue de son correspondant jusqu'à échouer sur son épaule.
-Euh...Dra...Draco?
-Grmmlblmh?
-Il faut vraiment que je réponde, là...
Pas de réaction. La main de l'anglais se fraya péniblement un chemin jusqu'à la poche de son jean, l'autre main étant occupée à essayer de maintenir la tête de l'américain en place et extirpa enfin l'objet du délit. On devait vraiment chercher à l'avoir au bout du fil, il avait compté cinq sonneries...
-Allô? Fit-il en se raclant la gorge, priant pour que Malefoy se tienne tranquille.
-Harry?
Nan, le pape...
-Quoi encore, Hermione?
Sa réplique claqua plus durement qu'il ne l'aurait souhaité et un soupir d'exaspération siffla à ses oreilles. Se souvenant juste à temps de la règle n°1 (ne jamais provoquer une Hermione Granger déjà tendue) le petit brun poursuivit précipitamment:
-Non, mais c'est pas que je ne veux pas te parler...
-Ah?! Et c'est quoi alors?! Cria-t-elle presque. Tu fais vraiment chier, Harry!
Le destinataire de cette réplique pleine de tendresse ouvrit et referma la bouche dans une imitation inconsciente du mérou asthmatique. Si la brune en arrivait à utiliser un langage qu'elle qualifiait d'ordinaire « d'apanage des lobotomisés », il y avait de quoi s'inquiéter...
-Mione, ma Mione, qu'est-ce qui se passe?
-Harry, il faut qu'on parle. Crois moi, c'est vraiment très important.
-Eh bien parlons, je t'écoute, articula notre débraillé préféré en essuyant précautionneusement ce qui devait être un filet de bave gouttant dans son coup. Dieu merci, Draco se contenta de réaffirmer sa prise sur lui mais ne se...Réveilla pas?...Depuis quand il dormait?
-Non, je ne peux pas te dire ça au téléphone. Il faut qu'on se voit. Maintenant.
Boudiou, cette fille aurait facilement remplacé Schwarzy dans Terminator...
Tandis que son cerveau fonctionnait à toute allure pour trouver un prétexte qui tienne la route, Harry poussa en douceur un Malefoy aussi inerte qu'un poisson pané sur le côté et sentit un début de panique l'envahir lorsque le blondinet se vautra avec la délicatesse d'un hippopotame souffrant d'arthrose sur le sol.
-Malefoy...Eh, Malefoy!
-Qu'est-ce qui se passe, il fait encore des siennes? Demanda Hermione avec impatience.
-Nononon...C'est juste que...Qu'il s'est endormi.
-Tu m'en vois ravie, assura sa meilleure amie avec sarcasme. Tu ne voulais quand même pas lui demander la permission de faire trois cent mètres jusque chez ma corres', non?
-Non, mais...
-Alors c'est parfait, coupa-t-elle brusquement. Je t'attends d'ici cinq minutes.
-Hermione, je peux pas là! Cria Harry d'une voix qui n'aurait rien eu à envier à celle des plus grands tragédiens. Je sais pas quelle merde Malefoy a pris, mais il est complètement dans les choux!
Silence. Profonde inspiration. Probable prière à Bouddha et toute la clique.
-O.K, alors c'est moi qui viens. Je vais voir ce que je peux faire.
-Merci, je te revaudrai ça.
-Ahem...
-Si, si, je t'assure...
Et nos deux compères raccrochèrent en très bons termes sur un meuglement de Malefoy. Harry se pencha avec précaution sur son correspondant immobile et tendit l'oreille pour récolter ces précieuses informations:
-...Rhaa...Je suis le caïman carnivore...
Comme dirait l'autre, ça faisait drôlement avancer le schmilblik...
-Malefoy, tu m'entends? Tenta l'anglais, alors que des images du baiser qu'ils avaient échangé quelques minutes auparavant s'infiltraient en force dans sa conscience rongée par une monstrueuse envie de rire. Il pouffa nerveusement en secouant le blond:
-Hé, la Belle au Bois Dormant!
Pas de réaction. Glissant maladroitement ses doigts sous les mèches pâles, Harry fut inquiet de constater que l'américain bouillait littéralement de fièvre. Nom d'un chien, sa came devait être périmée. A supposer que ces substances se périment, bien sûr.
Unique et minuscule avantage: il y avait fort à parier que Malefoy ne garderait aucun souvenir de ce qui s'était passé ce soir.
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Hermione réprima un frisson et remonta le col de sa veste, enroulant son écharpe autour de son visage jusqu'à ce qu'on ne voit plus que ses yeux marrons.
Quel temps de merde...
Quelle vie de merde...
Fille unique et solitaire, la jeune anglaise avait très tôt eu la certitude que les livres étaient les seuls compagnons fidèles et fiables. Elle n'avait simplement pas mesuré à quel point c'était vrai. Et dire qu'elle avait cru en lui, qu'elle lui avait fait confiance...
C'est dingue comme on s'attache vite aux gens, aux choses, même quand on est sensé être blindé et prévenu. Même quand on en a déjà tellement pris dans la tronche qu'on devrait être dégoûté. A croire que certaines personnes sont sur Terre pour être les éternels couillons, les dindons de la farce.
Elle avait été naïve et se jurait comme à chaque fois qu'on ne l'y reprendrait plus, tout en sachant très bien que son coeur s'emballerait pour le prochain connard qui saurait placer les mots et les gestes là où il fallait.
Il n'aurait même pas besoin de faire cet effort en fin de compte, juste de lui accorder un peu d'attention.
De lui faire croire, le temps d'une pulsation cardiaque ou d'un café dégueu, qu'elle pouvait présenter un intérêt quelconque. Qu'elle n'était pas juste un tas de viande parmi d'autres. Qu'elle avait ce petit plus, ce petit truc spécial.
Qu'elle était digne d'être aimée, vraiment aimée, pour ce qui créchait au fond de son âme.
Ne plus être la Miss Je-Sais-Tout casseuse d'ambiance professionnelle ou l'inadaptée retranchée derrière ses pulls tricotés à la main comme dans un bunker.
Savoir qu'elle n'avait pas besoin de passer dix ans dans sa salle de bains ou de moduler son rire sur la même fréquence frisant l'ultrason que les pétasses du lycée, parce que lui les méprisait.
Y croire autant qu'une gamine de dix huit ans peut y croire, et être immanquablement déçue.
Immanquablement.
Soufflant dans ses paumes pour les réchauffer (elle avait oublié ses mitaines, encore une fois) Hermione pressa longuement le bouton de l'interphone et attendit que la voix de son meilleur ami grésille dans l'appareil en sautillant sur place, la fumée s'échappant de ses lèvres gercées à chaque expiration.
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On a pas été trop de deux pour traîner cette grande chiffe molle jusqu'à son plumard. Je voulais lui faire, de gré ou de force, avaler un cachet pour faire tomber sa fièvre (39.2° dixit le thermomètre déniché sous le lavabo) mais Hermione maintient qu'il serait imprudent de faire des mélanges, d'autant qu'on a toujours aucune idée de ce que Monsieur a ingéré.
-On fait quoi alors? Demandé-je en fixant mon correspondant immobile comme s'il allait soudain bondir comme un diable hors de sa boîte en criant « poisson d'avril! ».
-Il faut lui faire prendre un bain, ça fera au moins baisser sa température. Ma mère faisait ça quand j'étais bébé, me répond ma meilleure amie en se mordillant les lèvres.
-Un bain? Tu veux dire...tout nu? Enfin...
Je pique un fard tout seul avec ça. Une chose est claire: je ne le désaperai pas!
Regard apitoyé.
-On peut aussi le faire tout habillé mais je doute qu'il apprécie de se réveiller dans des vêtements trempés, tu n'es pas d'accord?
-Hein? Euh...Si, si.
Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à ôter une à une les différentes couches qui recouvrent le corps de Malefoy. Pire qu'un oignon, ce client là. Il a au moins trois pulls et autant de trucs en dessous.
Mes mains tremblent quand je déboucle la ceinture. Pathétique. Pa-thé-ti-que. Le caleçon a la bonne idée de partir en même temps que le pantalon et je me retrouve à fixer bêtement son entrejambe comme si quelque créature mutante s'y trouvait cachée.
Son sexe est de taille normale, je dirais même tout à fait respectable...
Stop, Harry! (ça, c'est la voix de la raison)
Avoue que tu fantasmes, espèce de petit pervers! (la voix de la dure réalité)
Malefoy est maintenant immergé dans une eau que j'estime être à environ 37°. Pourvu que ça marche...
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Est-ce que je suis mort?
Dites moi mon Dieu, est-ce que j'y suis cette fois?
Si je ne vois pas la lumière, des voix assourdies me parviennent. Une féminine, un chuchotement anxieux et précipité. Une masculine, trahissant la stupéfaction de son propriétaire.
-Quoi?! Mais...Où...Comment...
Je reconnais bien là mon petit pote Potty et son sens de la formule. Je ne suis peut être pas si mort que ça, finalement. Mais dans ce cas, qui est la deuxième voix? Ma mère? Seigneur, tout sauf elle!
-J'ai trouvé ça dans son sac de cours...Je...J'ai fouillé dedans, pour te dire toute la vérité.
Rectification. Tout sauf elle ET Hermione Granger.
-MAIS COMMENT T'AS OSE LUI FAIRE UN COUP PAREIL???!!
Vénère Potty...
-C'ETAIT POUR TON BIEN, ESPECE DE CON!!!
Idem pour ma petite Grangy...
-Arrêtez de couiner, vous me faites mal au crâne.
J'ai comme qui dirait jeté un froid. On s'agite autour de moi. Des mains me palpent le front avec délicatesse. Si c'est pour me faire tripoter comme ça, je rayerai définitivement les frères Bulstrode de mon carnet d'adresses...
-Potter, c'est toi?
-Euh ouais, pourquoi?
-Rien, tu peux continuer...
