NdT: Merci.

Chapitre 6

Temperance termina son rapport juste quand la lumière du soleil traversant les fenêtres du camping-car commença à rosir. Elle se leva et s'étira, sentant son T-shirt remonter au-dessus de sa taille et les yeux de Booth sur elle.

Se convaincant qu'il y avait une quelconque raison anthropologiques pour que Booth la regarde, elle rangea le rapport et éteignit la télévision.

« Hey, j'étais en train de regarder ! » protesta Booth.

Temperance haussa les épaules. « Je pensais que peut-être on pourrait faire un feu de camp ce soir. »

« Vous voyez, je vous l'avais dit ! » Booth sauta du lit, arrivant dangereusement près de l'anthropologue.

« Dit quoi ? »

« J'ai dit que je ferai de vous une campeuse et je l'ai fait. »

« Booth, je ne vois vraiment pas comment vouloir m'asseoir à côté d'un feu fait de moi une campeuse. Comme les humains sont naturellement attirés par le feu, et… »

« Uh, ouais. Epargnez-moi le cours, OK ? » Booth la tapa sur le bras et se tourna pour enfiler une paire de chaussures. Temperance se glissa dans ses sandales et attendit Booth alors qu'il prenait quelque chose dans son sac.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Temperance, indiquant le disque coloré qu'il tenait à la main.

Booth fronça les sourcils d'un air concerné. « Ca » dit-il en levant le disque, « c'est un Frisbee. »

« Je le sais, mais pour quoi ? » Temperance suivit Booth hors du camping-car, surprise par la fraîcheur extérieure.

« Le lancer. » Booth lança le Frisbee en l'air. « Et le rattraper. » Il attrapa le disque d'une main. « Vous n'y avez jamais joué ? »

« Quelques fois. Personne ne voulait jouer avec moi parce que je n'étais pas très douée. Mais c'est seulement parce que personne n'a jamais pris le temps de me montrer » ajouta-t-elle, sur la défensive.

Booth sourit. « Je suppose que c'est votre jour de chance alors. »

Temperance allait demander 'Jour de chance pour quoi ?' quand Booth arrive derrière elle, se pressant contre elle, comme il l'avait fait quand ils pêchaient.

« Qu'est-ce que vous faites ? » murmura Temperance.

« Je vous apprends à lancer un Frisbee. » Le souffle de Booth lui frôla l'oreille. Il lui tendit le Frisbee et croisa son bras droit devant elle. « Maintenant ramenez votre poignet et donnez une chiquenaude. » Même si Temperance savait que ce n'était pas nécessaire, Booth resta derrière elle, guidant son bras devant elle. Le Frisbee vola de manière nette. Et atterrit 60 cm plus loin. »

« C'était super! » s'écria Booth. Il s'éloigna enfin de Temperance et elle se retrouva à regretter presque sa chaleur rassurante.

« Non ça ne l'était pas. » Elle s'accroupit et ramassa le disque. « Pourquoi vous me dites que c'est bien alors que ça craignait vraiment ? »

Booth ignora la question. « Est-ce que vous avez dit 'craignait' ? »

Croisant son bras comme Booth le lui avait montré, elle fit voler le Frisbee, déterminée. Cette fois il traversa presque l'emplacement.

« Là c'était super. » Booth trottina pour le récupérer.

« Ouais, parce que vous n'êtes pas aussi proche et que vous ne me rendez pas nerveuse. »

Booth s'arrêta à mi-chemin. Il se redressa et se tourna pour lui faire face. « Quoi ? »

« Je dis que vous me rendiez nerveuse. Vous allez lancer le Frisbee ou pas ? »

Booth attrapa le disque et l'envoya vers Temperance, qui l'attrapa facilement des deux mains. « Je vous rendais nerveuse ? » demanda-t-il.

Temperance ne reconnut pas le changement dans le ton de Booth. « Oui. La manière dont vous vous teniez rendait mon estomac bizarre. » Elle lança le Frisbee. Booth l'attrapa, se tourna et le renvoya à Temperance.

« Bizarre bien ou mal ? »

« Je ne sais pas. Et pourquoi vous vous inquiétez tant ? »

Booth sauta pour attraper son lancer. « Inquiet ? Je ne suis pas inquiet. Qui a dit que j'étais inquiet? »

Temperance laissa tomber le sujet et ils continuèrent à lancer le Frisbee, échangeant occasionnellement des commentaires sur les performances de l'autre jusqu'à ce que le soir ne tombe complètement.

« Vous voulez faire du feu ? » demanda Booth. Temperance hocha la tête. Ils ramassèrent du bois et le jetèrent dans le foyer.

« Je pense qu'il y en a assez » dit Booth en voyant le gros tas de branches que Temperance venait d'ajouter. Il alluma une allumette et la jeta. Un petit filet de fumée laissa la place à une belle flamme.

Ils s'assirent l'un près de l'autre sur la bûche que Booth avait ramenée des bois leur premier soir. Temperance regarda le feu un moment, puis regarda autour d'eux. La nuit était tombée et le feu diffusait des ombres inquiétantes sur les arbres qui les entouraient. Des papillons de nuit se dirigèrent vers la seule lumière, et Temperance en vit un s'approcher trop près des flammes. Il tomba en cendres.

Après être restés assis dans un silence confortable pour ce qui semblait être des heures mais n'avait été que des minutes, Booth s'exclama : « Je sais ce qu'on peut faire ! »

« Quoi ? » murmura Temperance. Regarder le feu commençait à vraiment fatiguer ses yeux.

« On peut raconter des histoires de fantômes » dit Booth dans un murmure dramatique.

Temperance se redressa, instantanément réveillée et prête pour le challenge. Elle se tourna pour voir Booth. Ses yeux brillaient dans la lumière du feu et quand il sourit ses dents semblèrent luire. Temperance baissa la voix. « OK. Une fois, j'ai été appelée pour exhumer… »

Voyant l'éclat malicieux dans les yeux de Temperance, qui n'était certainement pas dû au feu, Booth l'interrompit. « Whoa, attendez. J'avais oublié. Vos histoires de fantômes sont vraies. »

Temperance hocha la tête et continua. « Comme je disais, j'ai été appelée pour exhumer un corps couvert d'insectes mangeurs… »

Booth mit les mains sur ses oreilles. « Je veux pas entendre ça ! »

Temperance leva les yeux au ciel. « La mort est une part de la vie. Et comme les fantômes sont simplement des produits de l'imagination, je vois d'où vient l'inspiration de beaucoup d'histoires. Je vois ça régulièrement. Et vous aussi. »

« Ca ne veut pas dire que je veux entendre vos folles aventures de fouine maintenant. Ou jamais. » Booth avait enlevé les mains de sur ses oreilles.

Temperance se retourna vers le feu. « Très bien, alors allez-y. Mais ça a intérêt à être une bonne histoire. »

De nouveau ils restèrent silencieux, Booth se levant de temps en temps pour ajouter une bûche dans le feu. « On est bien » dit-il après s'être rassis.

Temperance acquiesça et enroula ses bras autour d'elle-même. Avec la chaleur qu'il avait fait plus tôt, il faisait assez frais maintenant.

« Froid ? » Il lui frictionna les bras quand elle hocha de nouveau la tête. « Je reviens. » Il se dirigea vers le camping-car.

Cinq minutes plus tard Booth revint, les bras pleins. Il étendit une couverture élimée sur les épaules de Temperance. Elle la serra, refoulant les frissons qui n'allaient pas tarder.

« C'est la seule couverture que j'ai pu trouver dans laquelle aucun de nous ne dort. Et croyez-moi, vous ne voudriez pas dormir dans une couverture qui sent le feu de camp. »

Temperance sourit en remerciement et examina les autres paquets dans les bras de Booth. Du chocolat Hershey. Des crackers. Des marshmallows. « C'est pour quoi? »

« Allez, Bones! Du chocolat, des crackers, des marshmallows… »

Temperance le regarda.

Même si elle ne le voyait pas vraiment, elle était sûre que Booth levait les yeux au ciel. Il s'éloigna de nouveau, prit un long bâton, et revint. Il ouvrit le sac de marshmallows et en glissa un au bout. Puis il mit le bâton dans le feu.

« Booth ! » s'exclama Temperance. « Vous n'allez pas manger ça, hein? »

« Non. » Temperance soupira de soulagement. « Vous allez le faire. »

« Quoi ? Mais ce bâton est couvert de millions de bactéries et… »

« Et je viens de le mettre dans le feu. C'est bon. Décoincez-vous un peu. » Temperance ne pensait pas qu'elle était supposée entendre ses derniers mots.

Booth sortit le bâton du feu après quelques minutes. Alors que Temperance prenait le bâton et examinait le marshmallow parfaitement grillé au bout, Booth sortit 2 crackers et un morceau de chocolat. Puis il glissa le marshmallow et le chocolat le long du bâton, mit un cracker en dessous et l'autre au-dessus, et le présenta à Temperance.

« Ta-da ! Un s'more. »

Temperance prit le s'more, le marshmallow coulant sur ses mains. Elle le lécha. Quand elle leva les yeux vers Booth, il la regardait avec une expression ahurie. « Plus de quoi ? » demanda-t-elle.

(NdT : 'some more' = plus de)

« Non, Bones. S'more. »

« Je ne comprends pas. Plus de quoi? »

« Oh, Bones, mangez-le. »

Elle le regarda avec hésitation.

« Mangez-le c'est tout » dit-il encore. « Qui s'en soucie si c'est un peu sale ? Ca ajoute du goût ! »

Alors elle mangea. Et elle dut admettre que les 3 ingrédients se complétaient parfaitement. Après que Booth eut fini le sien elle en demanda un autre.

« C'est vous qui avez inventé ça? » Elle indiqua le s'more à demi-mangé.

Booth rit. « Non, Bones. Tout le monde mange des s'mores. » Il se pencha et mordit dans le sien. Elle le regarda une seconde, puis termina le reste rapidement.

« Tout le monde, hein ? » Elle lécha ses doigts. Booth ricana. « Quoi? »

Il leva doucement la main vers son visage et essuya le coin de sa bouche. Ses doigts s'attardèrent et il la regardait intensément dans les yeux. Temperance ne put s'empêcher d'écarter son regard en rougissant. « Merci » murmura-t-elle.

Booth soupira et s'essuya les mains sur son pantalon. Puis il s'approcha de Temperance qui était toujours protégée contre la fraîcheur de la nuit.

« Vous allez partager la couverture ? »

« Je ne l'avais pas prévu, non. »

« Partagez la couverture, Bones. » Il ressemblait à un père qui la réprimandait, mais Temperance savait qu'il faisait l'imbécile. Elle ouvrit la couverture et l'enroula autour de Booth. Elle était assez étroite et ils étaient vraiment serrés l'un contre l'autre. Temperance se rendit compte que sa main était restée sur sa hanche et que le bras de Booth était passé de manière possessive autour de sa taille.

Ne sachant pas que faire d'autre, elle posa la tête sur l'épaule de Booth. Ce n'était pas comme s'il y avait un autre endroit où la poser. Booth passa un bras hors de la couverture et tira l'élastique maintenant ses cheveux en queue de cheval. Ses cheveux tombèrent sur ses épaules, encadrant son visage.

« J'aimerais bien que vous ayez vos cheveux comme ça tout le temps » dit Booth, les yeux de nouveau dans les siens. Elle sentit le trop familier bond dans son estomac.

« Ce n'est pas vraiment pratique dans mon travail. »

Booth remit son bras sous la couverture et le mit sur le genou de Temperance. « Vous êtes vraiment quelqu'un. »

« Je sais. »

« Et modeste, aussi. »

Temperance sourit. « Oh fermez-la. » Elle bondit sur ses pieds, un sourire grandissant sur le visage, et se dirigea en courant vers le camping-car.

« Est-ce que vous venez de me dire de la fermer ? » appela Booth. « C'est ça ? » Il éteignit le feu avec de l'eau et la suivit à l'intérieur.

Ils se préparèrent pour se coucher en silence. Temperance ne savait pas ce qui venait de se passer, mais ça devenait de plus en plus difficile de nier ce qui se passait. Maintenant était l'un de ces moments où elle souhaitait vraiment avoir une meilleure compréhension du concept général des émotions humaines.

Booth était silencieux aussi. Temperance essayait d'imaginer ce à quoi il pensait. Elle avait du mal; elle ne savait même pas ce qu'elle pensait. Enfin, ça et le fait que Booth était torse nu.

Elle se mit au lit et essaya de dormir, mais roula encore et encore sur elle-même. « Je n'arrive pas à dormir. »

« Moi non plus » fut la réponse de Booth.

« Vous voulez parler ? »

« De quoi ? »

Elle haussa les épaules, oubliant qu'il ne pouvait pas la voir dans le noir. « Je ne sais pas. »

« Bien sûr. Venez. »

« Pourquoi ne pas simplement s'asseoir à table? »

« Parce qu'il fait froid. » Il avait raison. Sans couverture ils auraient froid.

« Très bien. » Elle rejeta les couvertures et se dépêcha vers la couchette de Booth. Il l'aida à monter et elle s'installa sous ses couvertures, s'assurant qu'ils ne se touchaient pas.

Eh bien, ça semblait familier.

« Alors » Booth s'appuya sur un coude. « De quoi voulez-vous parler ? En dehors des histoires de fantômes et de morts, je veux dire. »

« Je ne sais pas » dit-elle de nouveau.

« Ou alors on peut parler d'histoires de fantômes et de morts si vous voulez. »

« Non. » Temperance bâilla.

Ils restèrent silencieux. Temperance trouvait étonnant que, même quand ils ne parlaient pas, elle sentait qu'ils communiquaient. C'était comme s'ils étaient connectés.

« Je peux vous demander quelque chose ? »

« Vous venez de le faire. »

« Vous savez ce que je veux dire. » Temperance le sentit s'approcher, mais elle ne le voyait pas dans le noir.

« Quelle est votre question ? »

Booth ne dit rien pendant quelques instants, comme s'il n'était pas complètement sûr de si elle l'autorisait vraiment. « Qu'est-ce que vous voyez quand vous me regardez ? »

Temperance bâilla de nouveau. « Je ne vous vois pas, Booth. »

« Encore une fois, vous savez ce que je veux dire. »

Elle ne pensait pas qu'elle le pouvait, mais elle essaya de répondre tout de même. « Je vois un homme fort qui est passionné par son travail. » Elle bâilla encore. « Vous feriez n'importe quoi pour protéger ce que vous pensez être bien, même si tout le monde désapprouve. » Elle essaya en vain de réprimer un nouveau bâillement.

« Eh bien, quand je vous regarde je vois une femme courageuse qui pense qu'elle sait exactement ce qu'elle veut. Mais elle ne sait pas. Bones, vous mettez en scène ce que vous voulez que nous croyions tous, vous agissez comme quelqu'un de résistant et d'indépendant et les gens vous croient. Mais je vois à travers. Je vois la femme que vous voulez être, la femme que vous avez peur d'être. »

Il attendit une réponse mais Temperance s'était endormie.