Chapitre 9

Temperance s'éloigna, les lèvres gonflées. Elle regarda Booth dans les yeux et ne put s'empêcher de sourire. Il souriait comme un ado transi d'amour et elle était sûre qu'elle avait la même expression sur le visage.

Elle posa sa tête sur l'épaule de Booth et regarda autour d'eux. Presque tout le monde était parti maintenant ; seuls quelques couples de passionnés restaient dispersés sur l'herbe. Des papiers de bonbons et des cannettes de soda vides couvraient la zone, souvenirs d'un feu d'artifice qu'elle n'avait pas vraiment regardé…

Booth repoussa une mèche de cheveux et lui embrassa le cou d'une manière qui disait qu'elle ne lui donnait pas assez d'attention. Quand elle se tourna il souriait toujours. Son estomac fit un salto, tandis qu'elle se souvenait de ses lèvres sur les siennes. Elle rougit, heureuse qu'il fasse sombre.

« Et maintenant ? » murmura-t-elle, ne voulant pas briser le silence.

« Eh bien » répondit Booth en faisant courir son pouce sur ses lèvres. Sa peau la picotait là où il la touchait. Et là où il ne le faisait pas. « Je suppose que je dois te ramener à la maison. » Il se pencha pour un autre baiser.

Ce n'était pas exactement ce qu'elle avait voulu dire, mais sa réponse ferait l'affaire. « Je ne veux pas rentrer chez moi. »

Booth ouvrit les yeux en grand. « Chez moi? »

Elle secoua la tête, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire. Elle regarda sa montre. On était maintenant officiellement jeudi et elle était supposée être au travail dans 7 heures. « Je veux retourner au camping. »

« Bones, c'est à 1 heure et demie de route » dit-il, entrelaçant ses doigts aux siens. Elle aimait la manière dont sa main se moulait parfaitement dans la sienne, la manière dont se tête se posait contre son épaule, la manière dont son bras entourait sa taille, protecteur.

Elle aimait tout de ce moment.

« On n'est pas obligés de partir » dit-elle doucement, mais elle ne le pensait pas. « C'est juste que je ne veux pas vraiment aller travailler demain. »

Si c'était possible, les yeux de Booth s'agrandirent encore. « Tu ne veux pas aller travailler ? »

Temperance haussa les épaules. « Pas vraiment. »

« Et tu veux retourner au camping? »

Elle hocha la tête.

Tout ce qu'elle sut ensuite fut qu'ils étaient dans le camping-car, sur l'autoroute. Ils se tenaient la main et occasionnellement échangeaient des sourires timides.

Il n'y avait pas beaucoup de monde et le trajet ne prit pas aussi longtemps que prévu. Temperance se dit que tout le monde tirait son propre feu d'artifice ou passait du temps en famille. Les plus sérieux dormaient sûrement.

Mais Temperance n'était pas fatiguée. Découvrir ce qu'elle éprouvait pour Booth avait semblé la réveiller, lui rendre une certaine énergie.

Elle réalisa quelque chose. Booth lui avait tant montré, pas simplement ce dernier week-end, mais depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Elle ne serait pas la moitié de la personne qu'elle était aujourd'hui sans lui et quelque part, plutôt que de l'effrayer, cette pensée la satisfaisait. Booth était une partie d'elle. Elle était une partie de lui et elle devait s'assurer qu'il le savait.

« Booth, je… »

« Je sais, Bones. Je sais. »

Avant qu'elle s'en rende compte ils étaient revenus au camping et Booth leur avait pris un emplacement. Temperance se demanda s'il n'avait pas tout prévu, parce qu'à cette heure personne ne devait travailler. Elle décida de ne pas demander.

Booth tourna dans un emplacement, attrapa la main de Temperance et la tira vers son lit. Et ensuite elle fut perdue. Perdue en lui. Dans ce qu'il sentait, ce qu'il était, au-dessus d'elle, dans la manière dont leurs corps étaient pressés l'un contre l'autre.

C'était tout simplement incroyable. Elle n'avait jamais ressenti ça auparavant, comme si elle signifiait réellement quelque chose pour quelqu'un. Pour Booth.

Il lui avait déjà enlevé son T-shirt et s'attaquait maintenant à son jean.

« Booth… »

Il s'arrêta et s'assit. « Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Temperance le voulait plus que tout. Mais elle voulait aussi ne pas ruiner ce qui venait de commencer. « Je ne pense pas qu'on devrait. Le sexe, je veux dire » ajouta-t-elle en voyant son regard.

Le soulagement apparut immédiatement sur son visage. « Je pensais que tu voulais rompre avant même que je te le demande. »

Temperance essaya la technique de Booth : ne rien dire en voyant ce qu'elle pouvait en tirer. Ca marcha.

Booth avait l'air nerveux maintenant. « Bones, est-ce que tu voudrais être ma petite amie ? »

Temperance rit. « Je n'ai pas entendu ça depuis mes 12 ans. »

Booth haussa les épaules, attendant sa réponse.

« Oui, Booth. Je serai ta petite amie » dit-elle en riant encore.

« Bien. Parce que je n'aurais pas accepté non comme réponse » dit Booth en frôlant ses lèvres des siennes.

Il ne poussa pas, comprenant qu'elle n'était pas prête. Il supposait que c'était une bonne chose, qu'elle ne veuille pas aller trop vite. Et puis il faisait chaud.

Temperance s'endormit dans les bras de Booth, aimant la manière dont elle se sentait en sécurité. Elle avait attendu ce genre de relation depuis longtemps et ça avait été là tout ce temps, juste devant elle.

Quand elle se réveilla, Booth était pratiquement couché sur elle, ronflant doucement. C'était comme s'il ne pouvait s'approcher assez. Temperance sourit et se blottit contre lui. Elle ne bougea pas jusqu'à ce qu'il se réveille, et même là elle ne voulut pas se lever.

Booth murmura à son oreille, lui disant des choses qui la rendaient écarlate. Après un commentaire elle bondit hors du lit, incapable d'en entendre plus. Les choses qu'il faisait à son corps…

Elle leur prépara le petit-déjeuner et au lieu de s'asseoir en face l'un de l'autre comme d'habitude, ils s'installèrent côte à côte.

« Je ne vais pas arrêter de t'appeler Bones » dit Booth entre 2 bouchées d'omelette.

« Très bien. Ne t'attends pas à ce que je t'appelle Seeley » répondit-elle.

Booth feignit de bouder.

Temperance tendit un morceau de pêche comme gage de paix, et Booth le prit avec son doigt dans sa bouche. Il enroula sa langue autour de son doigt et le suça doucement. Quand son doigt fut presque sorti de sa bouche, il le mordit légèrement. Temperance haleta presque au choc envoyé dans son corps.

Elle lui donna un autre morceau, puis un autre, puis ils s'embrassèrent et Temperance voulait que ça ne s'arrête jamais.

On ne sait comment elle réussit à sortir son téléphone et à appeler le travail. Elle trouvait difficile de parler, alors que Booth ne bougeait pas ses lèvres de son cou.

« … ne viendrai pas au travail aujourd'hui. » Booth lui titilla le lobe de l'oreille et elle réussit à transformer un halètement en quinte de toux. « Je ne me sens pas bien. »

Elle se sentait, en fait, spectaculairement bien.

Fermant son téléphone, elle se tourna vers Booth. Elle secoua un doigt devant lui. « Tu es très coquin. »

Booth attrapa son poignet et l'attira sur lui. « Je sais. »

Ils quittèrent le camping en début d'après-midi. Booth était supposé aller chercher Parker pour le dîner ce soir.

« Tu veux venir ? » demanda-t-il, manœuvrant le camping-car sur la voie rapide.

Temperance secoua la tête.

« J'oubliais. Tu ne peux pas t'empêcher de me toucher » dit Booth avec un sourire. « Tu as raison. C'est probablement mieux si Parker ne voit pas ça. »

Temperance rougit. Il avait raison. « Je dois vider mon sac et appeler mon éditeur. Et je devrais aussi aller me coucher tôt. »

Booth se gara devant chez elle et l'aida à porter ses sacs. Quand toutes ses affaires furent rentrées, Booth se tourna vers elle. Elle ne savait pas quoi faire.

Booth résolut le problème pour elle. Il l'embrassa longuement. Ce baiser était différent des autres; c'était un baiser d'au-revoir. Elle savait qu'elle le verrait demain au travail mais c'était trop long. Elle l'embrassa en retour avec autant de ferveur.

A bout de souffle, Booth s'écarta. Avec un sourire, Temperance lui fit encore un petit baiser sur les lèvres. Souriant largement, Booth se tourna vers la porte. « Je t'appellerai » dit-il.

« J'attendrai. »