Bonsoir tout le monde. Me revoilà parmi vous après une longue absence. Voilà un nouveau chapitre tout beau, tout neuf, rien que pour vous.

Merci à tous mes reviewers de continuer à me suivre. Les RAR ont été directement faites pour ceux et celles possédant un compte. Pour les autres un grand merci général

Un gros merci à Andeor pour ses excellentes corrections et suggestions .

Pour le Disclamer, voir chap 1.

Je ne vous retiens pas plus longtemps. Excellente lecture à vous tous.


Chap 9: Petites mises au point


Le lendemain de la sortie à Pré-au-Lard, Holga se leva comme à son habitude à une heure relativement matinale. Tandis que certains se réjouissaient de s'octroyer une grasse matinée bien méritée, cela n'était pas le cas de la chasseuse. Elle avait toujours été matinale. Ce matin-làaprès s'être préparée sans rien changer à sa physionomie naturelle, elle se rendit d'un bon pas chez le directeur. Il ne lui fallut que quelques minutes pour y parvenir.

Le vieil homme, confortablement installé à son bureaula dévisagea malicieusement à son entrée, les yeux pétillant de malice, et un air sur le visage qui semblait vouloir dire qu'il s'attendait parfaitement à sa visite.

« Bonjour Hermione. Un bonbon au citron ? » lui demanda-t-il en guise de bonjour.

Holga ne sursauta pas lorsqu'il l'appela par son véritable prénom. À force de l'entendre la nommer ainsi lorsqu'ils étaient seuls, elle avait fini par s'y habituer. De toute façon, à quoi bon s'entêter à lui demander de ne pas utiliser ce nom, puisqu'elle savait pertinemment qu'il ne renoncerait jamais à l'appeler par son véritable prénom.

« Non, sans façon, Albus. Mais merci tout de même pour la proposition. »

Il lui envoya un sourire sincère, tout en continuant à l'observer par-dessus ses lunettes en forme de demi-lunes.

« Que me vaut l'honneur de ta visite si matinale ? Tu aurais du faire comme tout le monde et profiter comme il se doit de cette grasse matinée.»

« Peut-être. Néanmoins vous savez aussi bien que moi que je ne suis pas comme tout le monde. Soit dit en passant, j'ai largement eu mon quota d'heure de sommeil. Il fallait que l'on ait une petite discussion tous les deux. »

« À quel propos ? même si j'en ai une vague idée. »

« À propos de bien des choses. Commençons par Severus Rogue. Il se trouve que j'ai pu avoir une petite conversation fort intéressante hier en allant au village. Ça m'a permis de prendre conscience du danger auquel il est continuellement confronté en tant qu'agent double. Je lui ai fait comprendre qu'il avait mon soutient du fait que nous œuvrons pour la même noble cause. Jeregrette un peu l'attitude que j'ai eue à son égard avant cette discussion. »

Holga ne surprit pas le regard de Dumbledorebriller malicieusement à cet instant, alors qu'elle se remémorait sa conversation de la veille avec le professeur de potions.

« C'est parfait. Je savais d'avance que tu comprendrais par toi-même sa position et donc que tu ne lui en voudrais pas. »

« Une nouvelle fois, je constate que vous avez raison. Seulement, il y a quelque chose qui m'intrigue dans sa personne. Je ne saurais dire exactement ce que c'est, mais c'est un peu comme une impression de déjà-vu. Non, en fait, plus exactement l'impression de l'avoir déjà rencontré ou déjà connu. C'est étrange puisqu'il fait tout pour ne pas s'attirer la sympathie des autres mais en même temps, il y a quelque chose comme de rassurant chez lui. Il m'est totalement étranger … et pourtant, c'est comme si je l'avais toujours connu. »

« Je n'espérais plus que tu le remarque. Cela fait maintenant presque un mois que vous vous côtoyez quasi quotidiennement. Je me demandais à quel moment tu finirais par t'en rendre compte. »

Holga dévisagea suspicieusement son aîné durant quelques longues secondes, lesyeux accrochés à ceux du directeur. Elle tentait vainement de sonder l'esprit de son aîné. Cependant rien n'y faisait, elle ne faisait que se heurter à de puissantes barrières qui rendaient toute tentative d'intrusion désespérément impossible. Cela ne l'étonna d'ailleurs nullement. Le contraire l'aurait davantage inquiétée. Ce qui amena finalement un sourire sur son visage avant qu'elle ne libère son regard de son emprise.

« Venant de vous, j'aurais du m'y attendre » dit-elle pour la forme, puis reprenantson sérieux «cela dit, ce n'est pas qu'une simple formalité que de percer un homme aussi distant que l'est ce cher Severus Rogue. »

« Je suis bien d'accord avec toi sur ce point ma chère. »

« Quoi qu'il en soit, j'ai apprit par Severus que Malfoy Senior était bien là en compagnie de deux autres évadés lors de leur réunion. » reprit-elle, la voix passablement plus dure, le regard brillant dangereusement d'une douce foliecomme à chaque fois qu'était évoqué le nom de la personne responsable de sa soi-disant mort. « J'ai comme dans l'idée qu'il ne va pas rester très longtemps inactif, sous peine de mourir d'ennui, ce qui m'arrangerais particulièrement, soit dit entre nous. On va très certainement avoir bientôt droit à la traditionnelle sortie des mangemorts » ironisa-t-elle avant de reprendre son sérieux. « j'ai quelques inquiétudes concernant la façon dont il va entrer en contact avec son fils pour tenter de le rallier à eux, ou le tuer dans le cas contraire. »

« J'imagine que c'est à ce moment que tu interviens si je ne m'abuse. Quelque chose me dit que tu as déjà partiellement réfléchi au problème. »

« On ne peut décidément rien vous cacher Albus. En effet, il est vrai que j'ai étudié la question. J'en suis d'ailleurs arrivée à la conclusion qu'il fallait discrètementpour le moment du moins assurer une protection assez rapprochée à Drago. Je sais de source sûre qu'il n'a aucunement l'intention de suivre le chemin que son père tente de lui faire prendre. C'est pour cette raison que lorsque cette information parviendra à ce cher Lucius, il attentera à la vie de son rejeton. »

« Dans ce cas, que prévois-tu pour lui ? »

« Pour le moment, je le surveille discrètement en le pistant dans le château. Je le sens parfois dans un rayon plus ou moins éloigné de moi, mais jamais en dehors de mes limites, ni de celles du château, ce qui n'est pas forcément le cas de tout le monde, comme votre protégé » sourit-elle en lui adressant un clin d'œil complice «il m'arrive également d'avoir parfois involontairement accès à certaines de ces pensées, sans que lui-même ne s'en rende compte. Je peux vous dire qu'il a souvent tendance avoir un cheminement de pensées très tordu. C'est de cette façon qu'il m'arrive de communiquer avec lui »

« Penses-tu à ce que je pense ? »

« Sans avoir accès à vos pensées, cela risque d'être un tantinet difficile ! Qu'il soit mon protégé ? »

Albus lui répondit par un simple hochement de tête en signe d'affirmation.

« Je me suis posé la question les premiers jours. Je pensais que ça ne pouvait pas être le cas dans la mesure où je ne suis pas un vampire, du moins pas a proprement parler. Et d'autant plus que j'avais aussi perçu les pensées de certains autres élèves. Jusqu'à ce que je réalise vraiment que lorsque les pensées du jeune Malfoy me parvenaient, elles étaient claires comme de l'eau de roche, d'une infinie précision. Maintenant, je suis persuadée qu'il existe un véritable lien entre ce jeune homme et moi. Un lien que de son côté il ne parvient pas à maîtriser. Cela dit, je ne parviens pas moi-même à comprendre la nature de ce lien. Will m'a bien spécifié au cours de mon apprentissage que seul un vampire peut établir ce genre de lien avec son protégé » répondit-elle pensivement.

« Tu conviendras que c'est tout de même étrange. Il n'est pourtant pas destiné à devenir un vampire. Tu n'as tout de même pas l'intention d'en faire un ? »

« Albus enfin ! » s'offusqua-t-elle «pour qui me prenez-vous Vous savez parfaitement que je serais incapable de lui faire le moindre mal. »

« C'était juste une simple précision que je préférais vérifier » se justifia le vieil homme en souriant

La jeune femme lui rendit son sourire, tout en préférant garder cette allusion dans un coin de sa tête.

« Ce qui m'amène finalement à penser que vous avez effectivement raison en affirmant que c'est étrange. Je ne peux m'empêcher de faire la comparaison avec mes débuts, lorsque Will est venu à moi, et qu'il m'a prise sous son aile, m'apprenant tout ce que je sais aujourd'hui. Toujours est-il que quelque chose me dit que ce n'est pas un hasard si je me retrouve à mon tour en quelque sorte protectrice de Drago. Pourtant pour une raison que je ne parviens pas à comprendre, quelque chose m'échappe dans cette histoire. Et je n'aime absolument pas ça. »

Hermione parut réfléchir quelques instants, lorsque soudain, elle parut se souvenir de quelque chose qui amena un sourire victorieux sur ses lèvres.

« Albus, je crois avoir partiellement résolu le problème. »

« Je t'écoute Hermione. »

« Alors voilà, c'est surtout une impression, mais il se trouve qu'hier lorsque nous étions à Pré-au-Lard avec Will, nous avons eu la bonne surprise de tomber sur mon protégé, ou plutôt c'est Drago qui nous suivait. Sans entrer dans des détails aussi soporifiques qu'inutiles, nous nous sommes tous les trois retrouvés à discuter autour d'une table dans une petite auberge. Willà un moment, à commencer à agir étrangement, de façon très inhabituelle. Un comportement que je ne lui connais pas, sauf lorsqu'il est en général avec moi. Il y avait dans les yeux une flamme que je ne lui avais jamais vue. C'était comme une chaleur soudainement retrouvée après tant de temps à errer. C'était très étrange de sa part. Sur le coup, j'ai pensé qu'il se comportait comme une personne essayant de rattraper un quelconque temps perdu. C'était vraiment très étrange. »

« Étrange » admit Albus, caressant pensivement sa longue barbe blanche.

« Albus, je serais prête à renoncer à mes capacités si ce que je vais dire était totalement faux, mais il se trouve qu'à présent, je suis quasiment persuadé que ce lien dont on parlait ne concerne pas seulement Drago et moi. Ce lien concerne Drago c'est sûr mais également Will et moi. A quel niveau je ne sais pas, mais à présent j'en suis parfaitement certaine. Ce n'est vraiment pas une simple coïncidence si Will se trouve être mon mentor, et qu'à mon tour je sois la protectrice de Drago. Il y a un lien d'une nature que je comprends pas encore, mais d'une puissance exceptionnelle entre nous trois. »

« Ton raisonnement tient parfaitement la route Hermione » admit Dumbledore qui sentait que la situation prenait un tour complètement différent de ce qu'il avait imaginé après ses recherches sur Hermione, Severus, Drago et ce fameux Will. Cela le dépassait, mais il restait confiant. Le fin mot de l'histoire allait être découvert, et bien que cela puisse se révéler être d'une puissance dépassant même ses théories et espérances, cela finirait peut-être par causer la perte du Seigneur des Ténèbres, réunissant au passage des êtres que la vie avait si cruellement séparés. « Tu as toujours été d'une extrême perspicacité lorsque tu étudiais ici. Penses-tu que Drago soit en sécurité à Poudlard ? »

« Pour être tout à fait honnête avec vous Albus, oui et non. »

« Explique-toi. »

« Les protections de Poudlard sont solides, je les ai testées il y a quelques jours pour m'en assurer. La couverture anti-transplanage est infaillible. Je l'ai quand même renforcée au moyen de petites astuces que m'a apprises Will » dit-elle tout en se levant et en allant jusqu'à la fenêtre du bureau directorial qui donnait sur le parc du château, encore désert à cette heure aussi matinale.

Elle resta là à observer le monde à ses pieds, laissant ses pensées vagabonder, jusqu'à ce que la voix du directeur lui parvienne, la ramenant ainsi à la réalité

« Mais, car j'imagine aisément qu'il y a un mais dans ton raisonnement. »

« C'est vrai » répondit-elletoujours plongée dans la contemplation du parc« Lucius et ses amis mangemorts pourraient parfaitement débarquer d'une autre façon; portoloins, animagi, passages secrets, magie noire, et j'en passe. Et à ce moment là très précisément, j'ai bien peur que nous ne soyons plus à l'abri. »

« Penses –tu avoir une solution pour remédier à ce problème ? »

« En principe oui. J'avais demandé à Will vendredi dernier, lorsque nous avons appris l'évasion, que trente de nos meilleurs éléments se tiennent prêts au moindre appel. Hier j'ai eu confirmation par Will qu'ils étaient fins prêts et que d'autres s'étaient également portés volontairesau cas ou le nombre requis n'aurait pas été suffisant. »

« Je crois voir où tu veux en venir. Tu veux les placer en faction permanente tout autour de Poudlard pour qu'ils puissent rapidement nous prévenir de toute anomalie. »

« C'est cela même Albus. Je sais que vous n'appréciez pas spécialement les vampires du fait que nous soyons des créatures sanguinaires. Mais ceux-cije peux vous le garantir, ont renoncé à la tuerie pour se nourrir en me rejoignant. »

« Comment se nourrissent-ils alors ? »

« Je leur fournisde manière tout à fait légale ce dont ils ont besoin en matière de nourriture. »

« Dans ce cas, je ne peux que te donner le feux vertHermione. Puisque j'ai une parfaite confiance en toi, si tu me dis que nos étudiants ne risquent rien en présence de ces vampires, je ne peux que me ranger à tes côtés. »

« J'apprécie énormément la confiance que vous m'accordez Albus. Vous savez, ces vampires me sont d'une fidélité exemplaire. Dès mes premiers pas dans leur monde, ils m'ont acceptée comme étant l'une des leurbien que je ne le sois pas véritablement. Jamais je ne leur permettrais de faire le moindre mal aux vivants, que ce soit pour le simple plaisir de s'amuser ou pour se nourrir. Ce n'est arrivé qu'une seule fois au tout début. Une seule fois qui a servi d'exemple en matière de châtiment pour non-respect des règles établies à l'encontre des vivants. Je peux vous assurer que vos étudiants sont bien plus en sécurité entourés par mes vampires que protégéspar n'importe quelle autre bouclier. »

« Puisque tu m'as convaincu que nous ne courions aucun danger en leur présence, quand penses-tu pouvoir les faire venir ? »

« Je contacterai Will en soirée. Ils seront là demain matin à la premièreheure. »

« Comment vas-tu t'y prendre pour leur permettre de se nourrir ? »

« J'y veille personnellement. Comme ils ont été entraînés à tenir de longs jours sans se nourrir, tous les trois jours, un vampire de confiance que j'ai nommé pour cette tâcheleur apportera de quoi se nourrir. Une fois par mois avec Will, nous faisons un inventaire des stocks restant, et grâce aux contacts que nous avonsprincipalement dans le monde moldu, nous nous réapprovisionnons également une fois par mois. »

« Bien, bien, tout ça m'a l'air très soigneusement organisé. Le problème Drago Malfoy m'a donc l'air en très grande partie réglé. Ce qui nous amène inévitablement au problème Narcissa Malfoy. Bien que sa présence en ces lieux ne me gêne absolument pas, je ne pense qu'il serait très prudent de la faire demeurer très longtemps ici. C'est évidemment le premier endroit dans lequel Lucius pensera la trouver. »

« C'est précisément ce à quoi je pensais. Selon moi, le plus prudent serait de l'envoyer se réfugier dans un endroit où il ne lui viendrait jamais à l'esprit d'aller chercher. C'est pour cela que je pense que la meilleure solution reste mon appartement londonien, côté moldu bien évidemment. Personne ne connaît précisément son emplacement, mis à part quelques personnes d'absolue confiance, et là encore le nombre est très restreint. Elle n'y sera en plus pas seule, un gros chien noir lui servira d'animal de compagnie. »

« Ce n'est pas une mauvaise idée. Et permets-moi d'ajouter que ça sera là l'occasion pour eux deux » ajouta Hermione avec un clin d'œil entendu « de renouer des liens après toutes ces années. Je pense sincèrement qu'au fond d'elle-même, elle l'a toujours su innocent. »

« Je pense que lui aussi sera heureux de la revoir, c'est pour cela que je ne vais pas le prévenir, si Narcissa Malfoy accepte notre proposition. Ils pourront s'expliquer sur bon nombre de choses. Après tout ils sont cousins. Si cette proposition la séduit, je pense qu'il nous sera plus prudent de partir au plus tard dans la soirée. »

« Nous ? »

« OuiNarcissa et moi. Je dois également m'y rendre pour me tenir au courant d'une autre enquête en cours là-bas. »

« Tu ne m'en avais pas parlé. » lui reprocha gentiment le vieil homme.

« Pour la simple raison, qu'il s'agit là de quelque chose d'un peu plus personnel, qui concerne un ami proche à qui j'ai promis de l'aide pour son problème. »

« Je pense avoir une petite idée de ce dont il s'agit. »

« Vous ne direz rien Albus, pas vrai ? Pour le moment, dans la mesure où aucune de nos informations n'est sûre à cent pour cent, cela doit rester le plus secret possible. »

« Tu n'as pas le moindre souci à te faire à ce niveau. Dis-moi, as-tu l'intention d'aider Harry ? »

« Parfaitement. J'ai cru comprendre en sondant leurs esprits qu'il y a deux ans, avec quelques autres élèves, ils avaient monté une sorte de mini-organisation qui avait pour but de leur apprendre à se battre comme de véritables petits soldats. L'Armée de Dumbledore si ma mémoire est exacte. »

« Et elle l'est. Harry en était le responsableà la demande de ses petits camarades. Il enseignait aux autres élèves des sorts d'attaques et de défense. Malheureusement, ça n'a pas duré longtemps. »

« Eh bienje pense que cette organisation va reprendre du service avec à sa tête Holga Garreng, chasseuse de vampire et professeur de son état. »

« Voilà une nouvelle que je n'espérais plus entendre. Veux-tu que je me charge de faire l'annonce ? »

« À vrai dire non. Tous les élèves ne pourront pas y participer » affirma-t-elle une lueur dangereusement brillante dans le regard.

« Je crains d'avoir un peu de mal à te suivre ; » lui confia sincèrement Albus.

« Ahdésolée En fait ce que je voulais dire, c'est que c'est moi qui vais choisir les élèves qui en feront partie. J'ai déjà fait une présélection en fonction de ce que je sais d'eux, de leur motivation, de ce que m'a en parti révélé leur cœur.

Elle abandonna alors son poste d'observation pour revenir jusqu'au bureau. Elle agita sa baguette et un long parchemin accompagné d'une plume en sortirent. Un nouveau coup de baguette permit au parchemin de se dérouler.

Plus amusé qu'intrigué, Dumbledore se leva, venant prendre place aux côtés de sa jeune amie, qui agita pour la troisième fois sa baguette. La plume sembla alors prendre vie, prête à retranscrire sur le parchemin les noms bientôt cités par Holga.

« Vous conviendrez tout comme moi que le nom de M. Potter est indispensable à cette liste. »

« Je confirme. Tout comme le nom de son fidèle ami Ronald Weasley. »

« Exact. Je continue en ajoutant les noms de Messieurs Malfoy et Zabini. »

« En es-tu parfaitement certaine Hermione ? »

« Je sais que ça peut vous paraître étrange, cependant j'en suis on ne peut plus certaine. Une attitude tout comme des paroles peuvent tromper. Le cœur en revanche ne le peut. Il est on ne peutplussincère sur les sentiments et émotions que peuvent éprouver les êtres humains. Il y en a deux ou trois autres d'ailleurs pour qui c'est également valable. Jordan Leidger et Lucie Lorat. Ces deux derniers se sont forgés une telle carapacetout en étant pourtant des personnes très discrètes, que j'avoue avoir eu au début quelques difficultés à lire et comprendre ce que laissait filtrer leur cœur. »

« Bien, bien. Penses-tu prendre Neville Londubat ? »

« J'y compte bien. Il a un énorme potentiel. Il faut simplement l'aider à le canaliser et à l'utiliser à bon escient. Mais avant, il faut l'aider à trouver la confiance en soi nécessaire pour utiliser pleinement ses dons. Il se pourrait que ce jeune homme nous surprenne de façon très agréable. Croyez-moi. Je compte également prendre Messieurs Finnigan, Jordan, Thomas, Mac Millan, ainsi que Mesdemoiselles Brown, Patil, Weasley, Bones et Abbot. »

Pendant qu'elle annonçait successivement les noms des futurs élèves, la plume retranscrivait les noms sur le parchemin.

« Voilà qui nous amène à seize élèves. C'est un bon début. »

« Comment vas-tu t'y prendre pour leur annoncer cette nouvelle ? Certains Serpentard notamment trouveraient cela suspect. »

« C'est assez simple. Pour les Gryffondor aucun problème, une note sera affichée dans leur salle commune. Pour les Serdaigle, cela sera leur directeur de maison qui l'apprendra aux heureux élus. Nous ferons passer cela pour des cours de rattrapage. Quant aux quatre Serpentard sélectionnés, cela sera M. Malfoy lui-même qui passera l'information à ses petits camarades. »

« Il n'y a que toi pour trouver de telles solutions. »

Un rapide coup d'œil à la pendule murale permit à Dumbledore de constater que cela faisait déjà deux bonnes heures qu'ils discutaient.

« Ma chère Hermione. Nous allons pour le moment laisser de côté cette charmante conversation, le temps d'aller prendre un bon petit déjeuner. »

« Toujours aussi gourmand à ce que je constate. Votre gourmandise vous perdracher Albus. »

« Et je te rappelle qu'à ta demande, une petite réunion suivra directement le petit déjeuner. » lui rappela-t-il gentiment, ne relevant pas sa remarque sur sa gourmandise.

Tous deux sortirent finalement du bureau directorial quelques instants plus tard, prenant ensuite la direction de la grande salle, où seuls quelques élèves se trouvaient installés.

Une petite demi-heure plus tard, la grande salle se remplissait à vue d'œil. Dumbledore se tourna alors vers Hermione, pour la trouver occupée à passer chaque élève à un sort de détection dont elle seule avait le secret, une tasse fumante à la main pour donner le change. Ses yeux parcouraient toute la grande salle, alors qu'elle se glissait habilement dans leurs pensées. Personne ne s'en rendait compte.

Apparemment satisfaite de son examen matinal, elle mit tout aussi soudainement fin à l'inspection qu'elle l'avait commencée alors qu'elle sentait un regard glisser sur elle. Tournant légèrement la tête dans la direction sentie, elle rencontra deux yeux noirs qui la fixaient sans sourciller. À son tour, elle plongea son regard dans les yeux sombres de son collègue, le professeur Rogue. Elle fut alors pour la première fois depuis son arrivée au château prise d'un malaise, alors que des images du passé, qu'elle pensait oubliées, mais qui étaient profondément enfouies dans sa mémoire resurgirent avec force, alors que l'impression d'avoir déjà plongé son regard de cette façon dans le regard de son collègue s'insinuait dangereusement en elle. Ce qui accentua davantage son malaise.

Lorsqu'elle répondit à son défi en plongeant son regard dans le sien, Severus eutun véritable choc, ramenant à la surface des souvenirs heureux qu'il avait cru à jamais enfouis dans sa mémoire. Et pour cause, ce regard chocolat lui paraissait trop réel pour être vrai. Il ressemblait en tout point à celui de la seule personne qu'il ait réellement aimée. Le regard de cette chasseuse et celui de son Hermione, qu'il ne pourrait jamais oublier, étaient en tout point identiques. Sa raison lui criait qu'une telle chose ne pouvait être qu'impossible alors que son cœur voulait s'y raccrocher et croire qu'il pouvait y avoir une chance. Il connaissait que trop bien cet éclat dans les yeux d'Holga, signe qu'elle avait vécu beaucoup trop de choses d'événements particulièrement éprouvants, voir même traumatisants pour les avoir lui-même vécus.

Cela ne pouvait être son Hermione. Elle les avait quittés vingt ans plus tôt. Pourtant, certains faits le troublaient. À commencer justement par ce regard. Et à y regarder de plus prêt, les traits de son visage lui semblaient vaguement familiers. Sans parler de la façon dont elle l'avait affronté durant leur petit duel. Il avait eu l'impression pendant quelques secondes d'effectuer un bond dans le passé et de se retrouver de nouveau face à sa bien-aimée lorsqu'il entraînait celle-ci au maniement des poignards, puisque telle avait été sa spécialité. Lors de leur affrontement, il se souvint maintenant qu'il avait su à l'avance quel serait son prochain coup, même s'il n'en avait rien laissé paraître et joué la carte de la surprise. Cela l'avait grandement rassuré mais en même temps, il avait été surpris, puisque la comparaison avait commencé à ce moment précis.

Cela ne pouvait être Hermione. C'était impossible ! Et pourtant cette petite voix au fond de lui ne cessait de lui hurler que trop de pointscoïncidaient entre Hermione et elle. Il avait envie d'y croire, pourtant en même temps, il avait peur. Oui peur, peur d'y croire et d'être en fin de compte terriblement déçu lorsque il s'apercevrait que ça n'était pas elle. Peur d'y croire, et de tomber de haut. Peur de ne jamais plus pouvoir se relever de son désespoir et de ce mal qui le rongeait de l'intérieur, si un nouvel échec devait s'ajouter aux précédents bien trop nombreux.

Pourtant, parce qu'il semblait qu'en ce moment sa vie ne se résumait qu'à ce mot, marque d'une possibilité quelconque qui donne envie d'y croire et de s'y raccrocher, même son travail était une nouvelle concordance entre Hermione et elle. Elle était chasseur de créaturesde la nuit. Était-ce une coïncidence si son Hermione voulait faire exactement ce même travail ? Holga semblait beaucoup aimer ce qu'elle faisait pour ces créatures que peu de monde comprenait réellement. Il en arriva à ce demander si elle avait la même fougue que son amour perdu lorsqu'elle en parlait.

Il en était conscient, il y avait beaucoup trop de coïncidences entre elles deux pour que ça ne soient que des coïncidences. Se pouvait-il en fin de compte que son Hermione ne soit en réalité pas morte vingt ans plus tôt ? Impossible ! Si elle n'était pas morte, il l'aurait tout de même su. Elle ne l'aurait tout de même pas laissé sans nouvelle, elle ne l'aurait pas laissé se complaire dans la douleur qu'avait provoquée l'annonce de sa mort ? À moins que quelque chose ne l'en ait empêchée? Mais quoi ? De toute façon, Dumbledore ne l'aurait tout de même pas laissé dans l'ignorance ? Non…

Par les tripes de Merlin, non ! Cette stupide chasseuse de Vampire ne pouvait pas être son Hermione cria-t-il intérieurement, mettant brutalement fin au contact visuel entre eux.

Son Hermione était morte vingt ans plus tôt, sur ordre de Voldemort avec la complicité de Lucius Malfoy et sa cinglée de belle-sœur Bellatrix Black épouse Lestrange. Il soupçonnait même ce sale rat de Pettigrowsans en avoir véritablement la preuve, de les avoir aidés Malheureusement ou heureusement, tout dépendait du point de vue, il ne le saurait jamais ; Black junior s'était occupé de lui dix-sept ans plus tôt, ce qui lui avait d'ailleurs valu de passer douze ans à Azkaban. Ce crétin de Black qui n'avait jamais cessé de clamer son innocence. Douze ans derrière les barreaux, et lorsqu'il avait réussi à en sortir, il n'avait rien trouvé de mieux que de se faire tuer au ministère par sa cousine. Bravo Black, ironisa-t-il mentalement.

Holga quant à elle se demandait ce que pouvait bien signifier ce regard, qu'elle était à présent plus que sûre d'avoir déjà croisé, observé Elle ne savait pas et n'aimait pas ne pas savoir. Néanmoins, elle n'eut pas le temps de s'interroger plus longuement sur la question : elle fut brutalement tirée de ses pensées par une question qui lui fut posée non sans une certaine brusquerie dans la voix de son interlocuteur.

« Vous aimez ce que vous faites ? »

Holga se risqua un regard en biais vers Severuspuisque c'était lui qui venait de lui poser la question

« Vous pourriez peut-être m'aider en précisant un peu votre demande. Parce que j'imagine que vous voulez parler de mon travail ? Reste à savoir duquel vous voulez parler. Celui d'enseigner, ou celui de chasser ? » lui répondit-elleune once de moquerie dans la voix.

« Ne jouez pas à la plus fine avec moiGarreng. Aimez-vous votre métier de Chasseuse de Vampire ? »

Elle prit le temps de réfléchir quelques instants, ne sachant pas vraiment où il souhaitait en arriver. Elle prit alors le parti de lui répondre avec sincéritépour une fois.

« J'adore mon métier. D'aussi loin que je m'en souvienne, c'est ce que j'ai toujours voulu faire » commença-t-elle à s'enflammer «je ne les tue pas systématiquement. J'essaie d'abord d'entrer en contact avec eux et de leur apporter mon aide pour les inciter à se rallier à moi. Je ne tue principalement que ceux qui s'en prennent à d'innocentes personnes pour le plaisir de faire des victimes ou de se nourrir. Pour ceux-làje n'ai pas la moindre pitié »

« Quand avez-vous su que ça serait ce métier pourtant fort dangereux et pas un autre que vous souhaitiez faire ? »

« Depuis toujours Severus. Enfin comme je l'ai déjà dit, d'aussi loin que je m'en souvienne, c'est le métier que j'ai toujours voulu faire. Mais il fut une période où j'ai bien cru que jamais je ne pourrais le faire. » dit-elle tristement, son regard évitant le sien, s'assombrissant douloureusement, avant de finalement ajouter dans un soupir qu'il n'entendit quasiment pas «une période où j'ai bien cru mourir. »

« Qu'a-t-il bien pu se passer ? » demanda-t-il sincèrement sentant quelque chose se briser dans la carapace pourtant indestructible de la chasseuse.

« Il y a que j'ai frôlé la mort de près, de très près. J'ai réellement cru mourir. C'est à Will que je dois la vie. Il est arrivé au moment crucial, comme un ange tombé du ciel spécialement pour moi. Sans son intervention, je ne serais pas aujourd'hui en mesure de vous parler. Je suis restée dans un état critique, à lutter contre la mort qui gagnait toujours un peu plus sur la vie pendant deux longues années, alors que je n'étais encore qu'une enfant. »

« Et à votre réveil, que s'est il passé ? »

« Je me suis réveillée dans un lieu totalement inconnu, sous le regard d'un ange également inconnu. C'était Will, il m'a immédiatement prise sous son aile. J'ai passé les trois années suivantes à me remettre de cette épreuve et à suivre un entraînement spécialement mis au point par Will. Entraînement intensif dispensé par Will lui-même, n'ayant qu'une idée en tête, qu'un seul objectif à atteindre, retrouver les responsables de ma mort, parce que quelque part, je considère que je suis morte. C'est trois ans, m'ont permis de ruminer ma rage, développant considérablement ma magie, ma maîtrise des armes, qui selon mon professeur était déjà bien développée auparavant. Lorsque enfin je fus prête, je fis part à mon mentor de ce travail qui m'avait toujours fascinée, et je devins chasseuse de Vampire. Il m'a soutenue et m'a même aidée dans mes débuts, en se mettant à mon service. Toutes ses connaissances l'ont suivi, se sentant en sécurité sous mes ordres. Aujourd'hui, je dirais qu'environ les trois quarts des vampires foulant cette terre se sont ralliés à moi. Il en va de même pour les loups-garous, que je protège de la cruauté humaine. »

Severus, qui l'écoutait d'une oreille plus qu'attentive ne put une nouvelle fois s'empêcher de remarquer que l'intensité des paroles quant à sa missionavaient la fâcheuse tendance à être similaires aux propos que tenaient Hermione dans sa jeunesse. Comment ne pas avoir immédiatement envie de penser à Hermione à l'entente de telles paroles ?

Le doute s'immisçait toujours plus cruellement en lui. Il avait de plus en plus de mal à émettre un jugement clair. Cette femme, qui qu'elle puisse réellement êtrelui rappelait beaucoup trop Hermione. C'était très troublant, et surtout très douloureux. Tout portait à croire que c'était sa Hermione, portant aujourd'hui un nom d'emprunt. Hermione Granger…Holga Garreng…Hermione Granger…Holga Garreng….Hermione Garreng…Holga Granger…les initiales HG pour l'une et les initiales HG pour l'autre.

Merlin que c'était impossible ! Ça ne pouvait être elle.

Insidieusement, sa petite voix ne cessait de lui faire remarquer que les trop nombreuses coïncidences ne pouvaient en être. À commencer par leur âge.

Leur âge. Voyons voir, cette Holga devait approximativement avoir une trentaine d'année. Certainement pas plus de trente-cinq ans. Et Hermione, elle avait quatorze ans à l'époque des faits. Aujourd'hui, elle en aurait…trente-trois.

Merlin Non ! Non et non ! tenta-t-il de se raisonner. Cela ne peut être elle. Elle m'aurait reconnu, je n'ai tout de même pas tant changé. Mais mon nom lui n'a pas changé. Elle l'aurait reconnu la première fois qu'elle l'aurait entendu. On n'oublie quand même pas jusqu'au nom des gens qu'on a aimés

Même s'il devait bien se l'avouer à lui-même, il y avait chez elleun je ne sais quoi qui lui rappelait son Hermione.

Il n'entrevit qu'une seule solution à son problème, une possible lueur d'espoir : Albus Dumbledore, qui, il le voyait du coin de l'œil, se levait déjà. Si quelqu'un dans ce château pouvait lui apporter une réponse, c'était bien Albus. Il savait toujours tout sur tout, avant tout le monde. Du coup, sans perdre de temps, ni même s'excuser auprès de sa collègue, qui de toute évidence attendait toujours une réponse ou une autre question, il se leva emboîtant le pas à son aîné, bien décidé à ce que ce dernier lui fournisse quelques précisions pour ne pas dire quelques réponses. Ses capes voltigèrent à sa suite, alors qu'il marchait d'un pas, rattrapant Albus alors que celui-ci venait de pénétrer dans la petite pièce au fond de la grande salle. Severus s'y glissa à sa suite, refermant soigneusement la porte derrière lui.

Il s'apprêtait à faire signe de sa présence au vieil homme qui comme d'habitude le prit de vitesse, sachant visiblement que le maître des potions l'accompagnait, avant même de regarder derrière lui si c'était bien la bonne personne.

« Que puis-je pour toi Severus ? » s'enquit alors Albus, tout en prenant place dans l'un des fauteuils face au feu.

« Il faut que l'on parle tous deux. » répondit le maître des potions en prenant place dans le second fauteuil. « Ça ne peut plus attendre. »

« Bien, seulement si tu me dis de quoi tu veux que l'on parle »

« Vous savez pertinemment de quoi je souhaite m'entretenir avec vous. Je n'irai donc pas par quatre chemins. Qui est-elle ? » s'impatienta-t-il

« De qui parles-tu donc Severus ? »

« Vous le savez aussi bien que moi. Dites-moi qui est Holga Garreng ! »

« C'est une jeune femme tout à fait charmante, chasseuse de vampires, qui œuvre pour une bonne entente entre les vampires et les loups-garous principalement. »

« Ce n'est pas de cela que je veux parler. Qui est-elle réellement ? Pourquoi ne cesse-t-elle de me rappeler continuellement Hermione ? » murmura-t-il

« De quoi parles-tu Severus ? » demanda Albus qui semblait sincèrement s'inquiéter pour son maître des potions.

« Trop de coïncidences » grinça-t-il «trop d'attitudes familières » révéla-t-il en se prenant la tête dans les mains.

Il ne put voir l'air malicieux et réjoui de son aîné, trop occupé à se torturer l'esprit avec ses sempiternelles questions sans réponses. Une flamme victorieuse brillait dans les yeux de Dumbledore, ravi que le trouble et les interrogations s'emparent enfin de Severus. Cette flamme, il s'empressa de léchanger contre de l'inquiétude lorsque son protégé releva la tête. C'était l'une des rares fois ou l'on pouvait voir un grand doute sur les traits de Severus. Il essayait en vain de comprendre ce qui se passait. Tout lui semblait parfaitement clair et pourtant parfaitement confus à la fois. Elle lui apparaissait des plus familières tout en demeurant pour lui une parfaite inconnue.

« C'est une personne noble, qui a traversé les pires épreuves que la vie peut nous réserver, mon garçon. Elle a vu la mort, l'a approchée de bien plus près qu'aucun d'entre nous. »

« Je le sais Albus, elle me l'a dit. Pourquoi lorsque je la regarde, c'est le visage de Hermione qui s'impose à moi ? Lorsqu'elle parle, il me semble entendre la voix de Hermione. Pourquoi son raisonnement est-il le même que celui auquel serait parvenue Hermione ? Pourquoi sa façon de penser est-elle identique à celle de Hermione ? Pourquoi a-t-elle la même façon que Hermione de se servir d'un poignard ? Comment tout cela peut-il être possible ? »

« Ce ne sont que de simples coïncidences, tu l'as toi-même dit Severus. »

« Non Albus. C'est bien plus que cela. Même leurs noms ont les mêmes initiales. Son métier : le même. Holga a la même fougue que Hermione lorsqu'elle en parle. Les mêmes motivations et les mêmes objectifs. Et je ne vous parle pas de leur âge. Pourtant vous m'avez dit il y a vingt ans qu'Hermione était morte. Était-ce vraiment la vérité ? Que me cachez-vous Albus ? »

« Je ne te cacherai jamais rien, surtout si tu étais concerné. Tu as confiance en moi Severus. Crois-tu réellement que je te cacherais des choses qui te concernent? »

« Justement, je vous connais trop pour savoir que vous êtes capable de ne me mettre au courant de certaines choses qu'au tout dernier moment, si cela me concernait. Je sens que vous me cachez quelque chose Albus, je ne suis pas bête. Quelque chose quisi je ne me trompe pasconcerne cette Holga Garreng si tel est bien son vrai nom. Ce dont entre nous je doute fortement. »

Albus poussa un profond soupir de découragement avant de regarder fixement Severus. Il allait enfin être totalement honnête avec son protégé. Enfin dans la mesure du possible :

« Severus, il est vrai que je ne t'ai pas tout dit à propos de notre amie Holga. Comprends-moi, elle a traversé tellement d'épreuves difficiles dans sa jeunesse. Se retrouver orpheline du jour au lendemain à un âge aussi jeune, sans y avoir été préparée, c'est quelque chose qui marque forcément. N'oublions pas qu'elle a flirté avec la mort. En revanche, elle n'a rien à voir avec Hermione. Hermione est morte il y a vingt ans, ne l'oublie pas. Je ne peux rien t'apprendre de plus sur Holga sans qu'elle ne soit d'accord. Je lui ai promis de garder son histoire secrète. Je ne trahirai donc pas cette promesse. Il vaut mieux que tu oublies cette histoire, cela ne t'aide pas vraiment Severus ! »

Severus le fixa intensément comme s'il tentait d'avoir accès aux pensées du vieil homme. Chose qu'il ne réussit assurément pas. Cependant, à bien observer le vieil homme, Severus crut voir dans ses yeux comme une sorte de regret. Ce qui quelque part réconforta le maître des potions dans sa certitude que son mentor lui cachait quelque chose.

« Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que vous me cachez autre chose. Que vous le vouliez ou non, je n'oublierai pas cette histoire. Sachez que j'ai bien l'intention de découvrir précisément ce que vous vous efforcez de me cacher. »

« Tu sais Severus, il y a parfois des choses qu'il vaut mieux ne pas chercher à comprendre. Il y a des vérités qui font bien plus mal que les mensonges. Comprends-moi Severus, j'essaie de te protéger du mieux que je peux, mais toi tu cours un grave danger en t'exposant de la sorte à tenter de comprendre des choses qui te dépassent pour le moment… »

Severus aurait bien aimé avoir quelques explications supplémentaires quant à ces paroles pour le moins obscures. La porte de la salle s'ouvrant dans son dos ne lui permit néanmoins pas de poursuivre sa réflexion, laissant passage à Hagrid, suivit de très près par Mac Gonagall, Flitwick, Chourave. Enfin la dernière personne à entrer fut Holga qui referma soigneusement la porte derrière elle.

Tout occupé à observer les nouveaux arrivants, Severus ne put donc voir le regard que lui adressa Albus, ni n'entendait cette petite phrase prononcée par le directeur, qui l'aurait sans aucun doute convaincu que ses interrogations en valaient bien la peine

'…Pourtant, parfois il est bien plus sage que d'écouter ce que nous dit notre cœur !'

« Bonjour à tous » les salua Holga chaleureusement.

Son regard se posa successivement sur les six personnes présentes, qui à en croire leurs expressions de profonde interrogation, ne semblaient pas comprendre la raison de cette réunion tardive, pour le moins improvisée, comprenant seulement une petite partie de l'équipe professorale. Holga reprit alors la parole :

« Vous devez certainement vous interroger sur le pourquoi de cette réunion. À vrai dire c'est à ma demande que vous vous retrouvez ici. »

Sa déclaration les laissa plus perplexe qu'autre chose.

« Verriez-vous un inconvénient à entrer directement dans le vif du sujet ! »

« C'est vrai, vous avez raison Severus. J'ai discuté avec Dumbledore des derniers événements qui s'étaient produits. La guerre est véritablement commencée, et l'ultime bataille approche plus rapidement que ce que nous avions pu penser. Je le sens. C'est pour cette raison qu'il m'a semblé important de modifier légèrementavec votre accord et celui du directeur, le contenu du programme de cette année. »

« Autant vous dire dès à présent qu'il est totalement exclu que je modifie quoique se soit dans mon programme sous prétexte qu'un chasseur de créatures de la nuit jouant au professeur l'a jugé utile. » siffla Severus.

« Severus je t'en prie » le coupa froidement Dumbledore. « Laisse Holga terminer ce qu'elle a à nous dire avant d'émettre un quelconque jugement. »

« Écoutez Severus, je n'ai vraiment pas envie de me battre avec vous dès le matin, alors ne venez pas sciemment me chercher des noises »

« Encore heureux » marmonna-t-il pour lui-même.

Ce qu'il ne sut pas immédiatement, c'est que Holga avait parfaitement entendu sa remarque, toute marmonnée fût-elle. Si bien que lorsqu'il lui jeta un coup d'œil quelques instants plus tard, ce fut pour recevoir un magnifique regard plus noir que noir de la part de son interlocutrice.

« Donc, je disais, que je souhaitais que vous modifiiez légèrement vos programmes. Enseignez leur selon vos disciplines des notions qui leur permettront de s'en sortir dans des situations critiques. Des plantes qu'ils puissent reconnaître et utiliser, des sortilèges bien utiles en cas de combats, des métamorphoses d'objets en armes, en portoloins d'urgence. Quant à vous Severus… »

« Merci bien, je sais ce que j'ai à faire ! »

« J'ose l'espérer car je compte beaucoup sur vous pour les former efficacement. Vous pouvez commencer à en parler avec vos sixièmes années. Il y a quelques remarquables potentiels chez ces jeunes. »

« J'aurais une question pour vous ! » l'interrompit Severus.

« Je vous écoute, quelle est-elle ? »

« C'est bien gentil de nous donner diverses instructions quant à notre enseignement. Néanmoins qu'en est-il pour vous ? Qu'avez-vous prévu pour votre discipline ? »

Cette question, Holga l'attendait, ce qui amena un sourire sur ses lèvres.

« Je compte pour ma part remanier mon enseignement, en faveur d'attaque et de défense. Je vais bien évidemment les entraîner à donner le meilleur d'eux-mêmes. À cela, je vais ajouter quelques cours supplémentaires le soir deux fois par semaine au sein de l'AD. »

« Qu'est-ce que l'AD ? » demanda Mac Gonall.

« C'est le nom de la mini-organisation créée par Harry Potter il y a deux ans. Une organisation qui a pour but d'entraîner les élèves à se défendre au moyen de bons sortilèges en cas d'attaque. Avec Albus, nous avons déjà effectué une première sélection. Nous sommes à seize élèves pour le moment. Nous aurons de nouveaux élèves tels que Messieurs Malfoy et Zabini pour les Serpentard. Ces deux élèves en particulier ne voulant pas suivre l'exemple de leurs parents ont grandement besoin de notre protection. Il leur faut savoir se défendre au cas ou du fait de leur refus, il leur arriverait quelque chose. Ceci est également valable pour M. Leidger et Mlle Lorat de Serpentard. »

« Comment pouvez-vous affirmer de telles choses ? » demanda Severus, très étonné qu'elle ose affirmer ce que lui ne faisait que soupçonner.

« Ils ne m'ont rien dit de vive voix de peur de ne pas être pris au sérieux. Il a donc fallu user de moyens plus subtils pour comprendre. J'ai donc étudié leur comportement qui différait sensiblement de celui de leurs camarades de Serpentard. Cela m'ayant grandement intrigué, j'ai poussé un peu plus en décidant de lire ce que pouvaient m'apprendre leurs cœurs. Ce que j'y ai lu a confirmé ce que je pensais. »

« Vous avez compris ce que je soupçonnais seulement. » confessa sincèrement Severus. « Comment comptez-vous procéder pour l'AD ? »

« Il y aura des simulations de duel, différentes situations embarrassantes desquels ils devront se sortir par eux-mêmes. Des sortilèges d'un niveau un peu plus élevés que ceux enseignés ici. Je songe également à leur apprendre les rudiments du maniement des armes. Ce qui je l'avoue me posera un léger problème. Même avec Will comme maître d'arme nous ne pourrons nous occuper de seize élèves… » songea Holga.

« C'est bon ne cherchez plus, je vous donnerai un coup de main pour cette discipline que je maîtrise très bien » avança Severus comme à regret, une légère pointe de défi dans la voix.

« C'est ce qui m'avait semblé.» Voyant son air interrogatif, elle ajouta «lors du duel qui nous a opposés, vous avez abandonné votre baguette au profit d'une épée. Quelques élèves de votre maison ont alors pensé que je n'avais aucune chance de vous battre, prétextant que vous étiez le meilleur dans ce domaine. »

« Je me souviens. Il est vrai que j'ai longtemps pratiqué cette discipline »

« C'est donc parfait. Nous serons deux dans un premier temps, puis trois. Les cours auront lieu les lundis et vendredis à 20h, dans une salle que nous attribuera Dumbledore. Cela vous convient-il ? »

« Parfaitement. »

« Vous n'êtes pas tenu d'être présent lors des premiers cours, sauf si vous le souhaitez. Je commencerai à leur enseigner des sorts. »

« Je verrai. Peut-être viendrais-je voir comment vous vous débrouillez. Je serais curieux de voir votre façon de travailler ainsi que de savoir si vous vous ferez respecter des Serpentard » glissa-t-il moqueur.

« Vous seriez étonnémon cher Severus. »

« Je ne demande qu'à voir cela. »

La réunion improvisée prit fin quelques minutes plus tard. Les professeurs sortirent les uns à la suite des autres, Severus le premier. Holga retint Flitwick un instant, lui demandant de glisser discrètement aux élèves dont elle lui donna les noms de se présenter le lundi soir suivant aux cours privés.

Il lui assura qu'il le ferait, et sur un dernier sourire il sortit à son tour, laissant à nouveau Holga seule avec Albus.

« Quel est ton programme maintenant Holga ? »

« Direction les appartements de Narcissa pour une petite discussion avec elle. Ensuiteparce que je suis persuadée qu'elle sera entièrement d'accord, nous partirons à Londres. Je dois aussi demander à Will de m'envoyer pour demain matin mon paquet de vampires. »

« Bien, bien, allons donc voir Narcissa. Je te suis, après toi… » lui sourit-il.

À suivre…