Bonsoir ou Bonjour à tous mes chers lecteurs et lectrices. Je sais que je suis terriblement en retard dans mes publications, et pour cela je vous présente mes excuses,

Il se passe beaucoup de choses dans ma vie en ce moment, qui ont pour conséquence que je passe moins de temps sur le site, et moins de temps sur la suite de mes fics, Cela ne veut pas dire que je les laisse en suspens, seulement la suite des publications sera très certainement très irrégulière et certainement très longues,

Je vais tout de même essayer de ne pas vous faire patienter trop longtemps,

Je vous remercie tous pour vos chaleureuses reviews qui sont tout de même une source d'encouragement,

Bonne lecture à tous,

Bisous,

Darky Angel

Chapitre 10 : Retour à Londres

Dumbledore et Holga se dirigèrent donc vers les appartements qu'occupaient actuellement Narcissa Malfoy, au sein du château. Ils étaient situés au troisième étage, non loin de la tour Ouest.

Alors que tous les deux tournaient au coin du couloir, Holga eut un sourire en coin, nullement étonnée, en sentant la présence d'un invité supplémentaire dans lesdits appartements. Elle savait d'avance, sans avoir le moindre doute sur la question, de qui il s'agissait. Pour elle, cela ne pouvait pas tomber mieux, dans la mesure où elle devait lui transmettre quelques informations concernant la nouvelle AH, ainsi que sa présence très chaleureusement souhaitée.

« Le jeune Drago Malfoy est déjà présent » précisa-t-elle à son aînée en tournant la tête vers lui, dévoilant ainsi le léger sourire qui effleurait ses lèvres.

« Détection ultra sensoriel je présume ? D'ailleurs je me demande encore pourquoi je te pose une telle question, puisque je connais déjà la réponse à ma propre question. »

« Je ne ferais donc que confirmer ce que vous savez déjà Albus. Je l'ai senti dès que nous avons emprunté ce couloir. »

Albus se contenta de hocher la tête en signe d'affirmation tandis qu'ils poursuivaient leur chemin. Parvenus pratiquement au bout du couloir, ils s'arrêtèrent de concert face à un tableau représentant une guerrière antique aux longs cheveux châtain clair. Une petite note à côté du tableau indiquait qu'il s'agissait de Leyra dite «la sanglante ». Ce que confirmait sans doute la lueur assassine qui brillait sans relâche au fond de son regard d'acier. Pour le moment elle ne prêtait guerre attention aux nouveaux arrivants, trop occupée juchée sur son rocher à aiguiser ses lames déjà parfaitement affûtées. Malgré son attitude particulièrement volontaire et dangereuse, elle n'intimidait pas la moins du monde Holga qui au contraire, observait le tableau un sourire moqueur aux lèvres, les yeux brillant d'amusement qu'elle ne prit même pas le peine de tenter de camoufler lorsque le directeur s'adressa au portrait.

« Leyra, ma très chère amie, comment allez-vous ces temps-ci ? On ne vous voit guerre plus dans les autres tableaux des autres étages » commença joyeusement Albus, comme à son habitude.

Cette dernière leva enfin les yeux de ses lames, pour le regarder de côté, comme si elle méditait durant quelques secondes les paroles de ce dernier, avant de se décider à lui répondre

« La guerre, dehors. Faut se préparer. »

« Non sans blague. Ça fait quand même un bout de temps qu'on est au courant chérie » ne put s'empêcher de se moquer ouvertement Holga.

Le regard que lui rendit la guerrière en dit à ce moment-là long sur ce qu'elle pensait de l'intervention de la sorcière. Les deux femmes s'affrontèrent du regard, sous l'œil amusé de Dumbledore. Connaissant leur caractère respectif comme étant très affirmé et très fort, pour ne pas dire explosif, il ne prit pas la peine de les interrompre dans leur petit échange civilisé. Toutes deux possédant donc un caractère bien trempé, et ce malgré les siècles qui les séparaient, il savait pertinemment que seules sur un champ de bataille, elles s'en donneraient à cœur joie.

La guerrière en dépit du regard noir à vous glacer le sang qu'elle lança à Holga ne reçut en retour de cette dernière qu'un sourire dès plus moqueurs. La sorcière savant d'avance qu'à ce petit jeu, elle ne pouvait que gagner. La preuve en fut, lorsque à son tour elle lui adressa l'un de ses plus beaux regards plus noirs que la plus noire des nuits noires. Cependant, il y avait également autre chose au plus profond de ses prunelles désormais plus sombres que les effrayantes ténèbres. Un petit quelque chose…d'effrayant, presque…bestial, voire…démoniaque, qui ne pouvait que sortir de l'ordinaire.

Quelque chose de tout sauf humain qui eut raison de la valeureuse guerrière, la déstabilisant définitivement, alors qu'elle sentait son sang se glacer d'effroi. Ne pouvant à présent plus soutenir le regard de la sorcière, Leyra détourna prestement le regard, marmonnant quelques paroles incompréhensibles.

Holga de son côté eut un sourire victorieux teinté d'amusement, tout en continuant son observation du tableau, le plus tranquillement du monde, comme si l'épisode précédant n'avait jamais eu lieu.

« Leyra, Mrs Malfoy est-elle là ? »

« Elle l'est. Son fils l'a rejointe il y a un petit moment maintenant » répondit-elle, en prenant le plus grand soin de croiser le regard de la sorcière dont elle pouvait encore sentir l'obscurité sur elle.

« Parfait, dans ce cas, aurais-tu la gentillesse de l'avertir de notre présence. »

La guerrière disparut de son cadre quelques instants, comme vivement enchantée de cette mission. À son retour, elle leur demanda de bien vouloir patienter quelques instants. Le tout en prenant bien soin de ne croiser à aucun moment, le regard de la sorcière.

À peine quelques secondes après leur avoir transmit son message, le tableau pivota, leur laissant apparaître le passage leur permettant d'accéder aux appartements. Ils se retrouvèrent dans le salon joliment décoré dans des tons pastel où se mariaient harmonieusement du bleu et du vert. Deux fauteuils de cuir vert faisaient face à un canapé en cuir du même vert que les fauteuils. Dans un coin de la pièce près d'une grande fenêtre qui laissait entrer la lumière salvatrice des rares rayons de soleil en cette période de l'année, trônait un grand bureau en chêne brun, tandis que de l'autre côté de la pièce une bibliothèque riche en livres se tenait majestueusement. Enfin devant la cheminée où flambait un chaleureux feu, se trouvait un grand tapis ovale, sur lequel on retrouvait cet harmonieux mariage du vert et du bleu.

Mère et fils s'avancèrent ensemble à la rencontre des deux nouveaux arrivants. Sur le visage de cette dernière ne subsistait plus aucune trace des blessures qu'elle arborait à son arrivée. Ses boucles blondes étaient élégamment retenues à l'arrière de sa tête par une barrette en forme de serpent. Laquelle ne laissant s'échapper de leur prison provisoire que quelques boucles folles, qui à leur tour venaient encadrer la finesse de ses traits. Elle était vêtue d'une simple robe de sorcière du même bleu profond que ses yeux. Elle leur adressa alors un sourire amical en guise de salutation.

« Albus, Holga »

« Bonjour très chère Narcissa »

« Mrs Malfoy, Drago » répondit simplement Holga au grand étonnement de Drago qui s'était attendu à ce qu'elle l'interroge d'entrée de jeu sur sa présence en ces lieux.

« Professeur »

« Appelez-moi Narcissa je vous prie »

« Très bien, à condition que vous m'appeliez Holga. »

« Quel bon vent vous amène ? » leur sourit-elle.

Ils ne furent tout de même pas étonnés de desceller une fugace inquiétude dans le regard de la mère de Drago.

« Nous venons nous informer des dernières nouvelles, ainsi que de vous faire part des différentes décisions auxquelles nous sommes parvenus » s'avança Albus.

« Narcissa, avec Albus, nous avons longuement réfléchi au meilleur moyen de garantir votre sécurité. Nous en sommes parvenu à une décision dont nous sommes venus vous faire part. Car sachez bien que nous n'entreprendrons rien sans que vous ne nous ayez donné votre accord au préalable. »

« Je vous en prie, venez vous installer. Nous y serons plus à l'aise pour y discuter et prendre les décisions qui conviennent » les invita-t-elle à s'installer en désignant les fauteuils de la main.

Holga et Albus prirent respectivement place dans les fauteuils, tandis que mère et fils, s'asseyaient à leur tour côte à côte dans le canapé.

« Dray mon chéri. Voudrais-tu nous laisser seuls quelques instants »

« Je préférerais rester mère. Je m'inquiète autant qu'eux quant à votre sécurité, aussi souhaiterais-je savoir ce qu'ils ont à nous proposer pour garantir votre protection. »

« Si c'est ce que tu désires, du moment que vous Albus et vous Holga n'y voyez pas d'inconvénient… »

« La présence de Drago ne constitue en rien un inconvénient. À ce propos, je souhaiterais te parler après Drago. »

« Comme vous voudrez professeur »

« « Narcissa, compte tenu de la situation actuelle, surtout depuis l'évasion de Lucius, il nous tient très à cœur de vous mettre en sécurité pour que rien ne puisse vous arriver. Nous avons donc eu à ce propos une très longue conversation avec Holga. Nous avons cherché quelle serait la solution la plus adéquate face à la situation présente. Et je dois l'avouer, la proposition que m'a faite Holga, plus une idée qu'autre chose, m'a semblé plus que parfaite. » commença Dumbledore, un large sourire aux lèvres.

« Effectivement. Avant toute chose, nous souhaitons vous placer hors d'état d'atteinte de Lucius. Aussi pensons-nous qu'il faut vous envoyer dans un lieu à la fois proche et éloigné de Lucius. Un lieu où évidemment il ne songerait jamais à vous y chercher. C'est en cela que nous somme convaincu que ce lieu doit être le plus possible éloignée de Poudlard. L'école étant vous en conviendrez le premier lieu où il commencera à vous chercher. »

« Je comprends votre logique, Holga. Si je suis la logique de votre raisonnement, je conçois parfaitement que vous ayez raison, et approuve votre décision. Dans ce cas, quel est ce lieu où vous souhaitez m'envoyer ? »

« Il s'agit en réalité d'un lieu à la fois proche et éloigné des endroits dans lesquels votre mari commencera à vous chercher. En fait nous comptons vous envoyer à Londres… »

« Londres ? ! Auriez-vous définitivement perdus la tête ! Londres ! C'est forcément le premier endroit auquel il pensera à la chercher. Et vous, vous la lui offrez sur un plateau d'argent ! » les interrompis Drago fou de rage.

« Dray mon chéri » s'interposa doucement Narcissa, retenant son fils par le bras « Dray, laisse finir ton professeur. Je ne pense pas qu'elle avait terminé de nous exploser son plan. »

« Désolé professeur » marmonna ce dernier «je me suis laissé emporté. »

« Et je ne t'en veux absolument pas. Vois-tu à ta place, j'aurais très certainement réagi de la même façon. Je disais donc, que je souhaitais vous envoyer à Londres, mais… côté moldu. »

« Oh ! ! ! » s'exclama Drago, se rendant compte de la petite erreur d'appréciation qu'il avait commise.

« Car voyez-vous, il se trouve que j'y possède un appartement dont quasiment personne n'en soupçonne même l'existence. Pour ceux qui en revanche en connaisse l'existence, nous ne sommes que trois à en connaître la localisation exacte. Il n'est occupé que par mon animal de compagnie, qui en a en quelque sorte la garde… » termina la chasseuse, laissant volontairement la fin de sa phrase en suspens, profitant de l'occasion pour observer Narcissa qui réfléchissait aux propos énoncés par Holga. Propos qui de toute évidence semblaient la satisfaire.

« Nous souhaiterions donc savoir ce que vous pensez de cette proposition Narcissa. Pour notre part à Holga et moi-même, nous restons convaincus qu'il s'agit là de la plus sure des protections. Cependant, comme nous vous l'avons précédemment signalés, nous ne ferions rien sans votre accord. Si cela ne vous convenez pas, nous nous efforcerons de trouver une autre solution. » cru bon de préciser Albus.

« Je ne vois pas ce qui m'empêcherais de refuser une telle proposition. Je suis de votre avis lorsque vous dite qu'il s'agit là de la plus sure des sécurités. De plus, ce sera l'occasion pour moi de m'immerger dans la culture moldue, qui je dois vous l'avouer m'a toujours fascinée depuis ma venue à Poudlard lorsque j'y fus étudiante. » se remémora nostalgiquement cette dernière.

« Je n'en savais rien mère. »

« Il est vrai que je ne t'en avais jamais parlé, de peur de ta réaction que je craignais sans appel. Plus jeune, j'en avais fait part à Lucius qui était entré dans une colère noire, me reprochant entre autres d'être une adoratrice des moldus et de vouloir trahir notre sang en les fréquentant. Il s'est évidemment empressé de me faire changer d'opinion à grand renfort de menaces, afin que je sois conforme à l'image qu'il se faisait de celle que je devais être. Pendant toutes ces années, il m'a fallu faire semblant d'adhérer totalement à ses idéaux, gardant intérieurement l'espoir de réaliser mon rêve d'adolescente, notamment d'en apprendre plus sur les moldus. Aujourd'hui, que vous m'en donnez l'opportunité, je ne laisserais pas cette seconde chance filer entre mes doigts. »

« Je me dois dans l'obligation que vous apprendre que certaines de vos aspirations sont disons partagées par une autre personne qui semble beaucoup apprécier certaines des technologies moldues… » sourit Holga. « Qu'en pensez-vous Mr Malfoy ? »

Le jeune homme qui ne s'y en attendait pas, s'empourpra au plus grand plaisir de la chasseuse qui il va sans dire aimait prendre les gens au dépourvu. Surtout lorsque ses petites interventions n'étaient que vérité.

« Je…euh…oui c'est vrai. Euh…une fois il y n'y a pas très longtemps de cela, j'ai eu l'occasion d'avoir accès à un euh… comment c'est le nom exact déjà, euh…orinateur, non…odritaneur, non…ordi…ordinateur. Oui c'est cela » bafouilla-t-il.

« Voilà qui est des plus exacts Drago. Ordinateur » lui sourit sincèrement Holga avant de retourner son attention sur la mère de ce dernier. « Parfait, voilà donc un problème de régler. Nous allons de ce fait pouvoir partir aujourd'hui. Il nous faut juste régler quelques derniers petits détails, à savoir de modifier quelque peu votre apparence actuelle qui est trop reconnaissable même mêlée aux moldus. »

« Allez-y je vous en prie, faites ce qu'il vous semble le plus juste. »

« Albus » appela-t-elle en se tournant vers ce dernier.

Ce dernier se leva de son siège, Narcissa à sa suite. Pointant sa baguette en direction des boucles blondes de la sorcière, il murmura un faible 'lissum'. Instantanément en réponse au sort, les boucles se détendirent d'elle-même au point que les cheveux de Narcissa devinrent totalement lisses, gagnant quelques beaux centimètres au passage. Un 'colorus capilarus' leur firent perdre leur couleur blonde au profit d'un châtain plus banal, assez passe partout, agrémenté çà et là de quelques mèches un peu plus claires. Au moyen d'un autre sort, le bleu des yeux de la sorcière fut accentué. Le dernier sort utilisé eu pour effet de modifier la morphologie de la mère de Drago, lui donnant des traits assez ordinaires, lui permettant de devenir en l'espace de quelques instants, madame tout le monde dans les rues de Londres. Elle se retrouva donc avec quatre ou cinq centimètres en plus que sa taille normale, un visage au final lui faisant paraître quelques années de moins que son âge réel.

Satisfait de sa performance, Albus se recula de quelques pas, venant prendre place aux côtés d'Holga afin d'observer la nouvelle Narcissa qu'ils avaient à présent sous les yeux.

« C'est parfait. Personne ne vous reconnaîtra à moins de vous observer à la loupe. » s'exclama Holga ravie de la nouvelle apparence de son interlocutrice.

« Je crois qu'il ne reste plus que les vêtement pour faire de Narcissa une véritable moldue du moins en apparence. Et comme c'est plus ton rayon que le mien, je vais te laisser t'en occuper. » sourit Albus.

« Voyons voir, hum je dirais qu'une taille 36 serait parfaite. Quelque chose de classique tout en restant dans l'air du temps. Cela me semble parfait. Je sais exactement ce qu'il vous faut. Je vais vous prêter des vêtements moldus m'appartenant qui vous iront à la perfection. Si vous voulez bien m'excuser quelques instants. »

« Naturellement, je vous en prie. »

Holga sortit des appartements. Personne dans les couloirs du château pourtant bien fréquentés en cette heure avancée de l'après-midi ne la vit passer. Et pour cause, il ne lui fallut guère plus de quelques secondes pour couvrir la distance qui la séparait de ses propres appartements.

En étudiant le contenu de son armoire, Holga dénicha les vêtements idéaux pour Narcissa. Elle en profita également pour se changer et enfiler des vêtements passe partout moldus. Un jean à la mode dans les tons bleu foncés, accompagné d'un élégant chemisier rose, sous une veste de cuir souple tombant à mi-cuisse noir. Ses cheveux reprirent leur couleur naturelle à savoir châtain. Il en fut de même pour ses yeux qui reprirent leur teinte originelle à savoir un chocolat très chaleureux.

Les vêtements destinés à Mme Malfoy calés sous son bras, Holga effectua le chemin en sens inverse dans le même laps de temps qu'à l'aller. se faufilant habilement entre les élèves présents dans les couloirs, son passage ne se résuma qu'à un léger courant d'air venu de nulle part, qu'aucun élève aussi brillant furent-ils ne purent expliquer.

Son voyage prit fin lorsqu'elle se retrouva devant le tableau le Leyra, gardienne des appartements de Lady Malfoy. Cette dernière s'était délibérément installée dos à Holga, aiguisant inlassablement ses poignards, laissant la chasseuse patienter dans le couloir, la laissant aussi s'énerver. Ce petit manège durant quelques longues secondes, durant lesquelles Holga sentait sa patienter s'envoler au rythme du passage des lames de poignards sur la pierre servant à les affûter.

« Bon tu l'ouvres ce foutu passage bordel de merde » finit-elle par déclarer exaspérée par temps de mauvaise volonté.

Le tableau sembla alors seulement s'apercevoir de la présence de la chasseuse, un petit sourire malveillant aux lèvres.

« Veuillez m'excuser très chère. Je n'avais pas vu que vous étiez revenue. J'espère au moins que vous n'avez pas eu à patienter trop longtemps »

« C'est ça fout toi bien de moi sale maudite guerrière. Bon tu te décides à l'ouvrir ce passage. Contrairement à toi, il se trouve qu'il y en a qui n'ont pas toute la journée. »

« Qu'insinue tu ? »

« Oh, simplement que moi je ne passe pas ma vie dans un tableau à aiguiser continuellement des poignards, qui nous le savons tous ne te serons d'aucune utilité. Tu perds ton temps chérie. »

« Sais-tu seulement à qui tu t'adresse, insignifiante chasseuse. JE SUIS LEYRA DITE LA « SANGLANTE ». ON ME CRAINT. PERSONNE JE DIS BIEN PERSONNE N'OSE ME PROVOQUER DE LA SORTE. ENCORE MOINS UNE VULGAIRE CHASSEUSE TELLE QUE TOI ! » s'époumona le tableau.

« EN ATTENDANT LA VULGAIRE CHASSEUSE COMME TU TE PLAIS A L'APPELER N'EST PAS CONFINEE POUR LE RESTANT DE SES JOURS DANS UN TABLEAU. ET SACHE QUE JE SAIS PARFAITEMENT À QUI JE M'ADRESSE. TU AS D'AILLEURS UNE SACREE CHANCE D'ÊTRE COINCEE DANS CE TABLEAU. SANS CELA JE ME SERAIS PERSONNELLEMENT OCCUPEE DE RÉGLER TON CAS. » hurla à son tour Holga, le regard assassin.

Leur sympathique petit échange avait du s'entendre depuis l'intérieur des appartements occupés par Mrs Malfoy car au moment ou Leyra s'apprêtait à répliquer, profondément vexée par les paroles de la chasseuse pourtant plus vraies que vraies, le passage s'ouvrit, laissant ainsi apparaître Dumbledore et les Malfoy. Si ces deux derniers lui jetèrent des coups d'œils interrogatifs, le directeur en revanche semblait une fois de plus très amusé par la situation.

« Je constate que tu t'es encore accrochée avec notre amie Leyra »

« Terminons de régler au plus vite l'affaire qui nous occupe, autrement à sa prochaine insulte je ne répondrais plus de moi et Merlin seul sait ce que je serais capable de lui faire. » marmonna Holga encore très irritée.

Holga pénétra de nouveaux dans les appartements de Narcissa à la suite de Albus, non sans avoir pu s'empêcher de marmonner quelques vilaines menaces à l'intention du tableau, qui elle le savait pertinemment les avaient parfaitement entendues.

« Tenez Narcissa. Voici quelques vêtements moldus pour nous permettre de rejoindre sans encombre votre nouvelle demeure »

« Je constate que vous-même vous êtes également changée. Dois-je donc comprendre que vous souhaitez partir le plus rapidement possible ? »

« C'est tout à fait cela. Plus vite nous vous saurons en sécurité, plus vite nous cesserons de nous inquiéter pour votre sécurité. »

« Bien, si vous voulez bien m'excuser quelques instants, le temps de me changer. »

« Je vous en prie, allez-y. Je vais profiter de votre courte absence pour parler avec toi, Drago. »

« Oui, qu'y a-t-il professeur ? » demanda timidement le jeune homme.

« Avant toute chose, il faut que tu sache que tu n'as aucun soucis à te faire quant à l'endroit ou je m'apprête à conduite ta mère. On ne pouvait pas trouver mieux, mis à part Poudlard bien évidemment. Comme je l'ai précédemment dit, personne à quelques exceptions prêts ne connais l'existence de cet endroit. En ce qui concerne les exceptions que j'ai mentionné, ceux qui en ont eu vent à savoir Albus, Remus, et Will, ils n'en connaissent pas l'exacte localisation, sauf pour Will qui m'a aidé à le choisir. » sourit-elle.

« Je crois que si mère vous accorde sa confiance sans poser plus de question, je peux faire de même. Bien évidemment puisqu'il s'agit de ma mère, je ne peux m'empêcher d'éprouver un léger sentiment d'impuissance ne pouvant la protéger moi-même. »

« Ce qui m'amène à un second point que je voulais aborder avec toi. »

« Qu'est-ce donc ? »

« Je souhaiterais que tu fasses discrètement parvenir une information à trois de tes camarades de Serpentard. »

« Je vous écoute professeur »

« Vous-même, Mr Zabini, Mr Leidger et Miss Lorat êtes tous les quatre convoqués demain soir à 20h dans la salle de duel pour un supplément de cours particuliers. Je ne vous en dis pas plus pour le moment. Vous saurez tout ce qu'il y a à savoir demain soir. »

Drago coula en sa direction un regard légèrement étonné, une petite idée faisant lentement son cheminement dans sa tête.

« Très bien, je peux quand même vous poser une question ? »

« Allez-y Mr Malfoy. »

« Je pense savoir pourquoi vous souhaitez me voir demain soir. Je pense que cela doit avoir un rapport avec le fait que je refuse de suivre les traces de mon père et devenir l'un des serviteurs du Seigneur des Ténèbres. Je pense par ailleurs que Blaise soit dans le même cas que moi. Cependant j'avoue ne pas comprendre pour Ledger et Lorat. Qu'est-ce qui vous pousse à croire qu'ils puissent être dans le même cas que nous, si c'est bien de cela qu'il s'agisse. »

« Votre réflexion est très intéressante Mr Malfoy. Vous pourriez être extrêmement étonné par des choses que je sais sur vous. Des choses auxquelles vous ne pensez pas encore, des choses auxquelles vous n'osez pas encore penser, et qui pourtant pourraient grandement vous aider. Toujours est-il que vous aurez les réponses à vos questions demain soir en venant au rendez-vous, accompagné de vos trois camarades. »

« Bien professeur, nous viendrons. »

Narcissa qui était revenue depuis quelques instants eut un sourire attendrit envers son fils. Elle se rendait bien compte à quel point son fils avait mûrit, réfléchissant par lui-même, se faisant ses propres opinions, ne répondant plus avec mépris à ses professeurs.

Pour montrer sa présence, elle s'avança plus dans pièce, faisant inévitablement converger les têtes des occupants dans sa direction. Et pour cause, les vêtements généreusement apportés par Holga étaient tous sans exception moldus, ce qui la changeait grandement de ses habits sorciers. Elle portait à présent un jean à la mode dans le monde moldu d'une couleur bleue, ainsi qu'un chemisier en soie vert d'eau qui mettait son teint clair en valeur. Par-dessus elle portait une veste trois quart en velours côtelé noir. Elle avait glissé sa baguette sans la poche arrière de son jean sous sa veste.

« Les enfants, ils est à présent temps de partir. » les informa Dumbledore.

« Par quel moyen allez-vous vous y rendre ? » interrogea encore Drago

« On allons utiliser un portoloin qui nous mènera directement à l'appartement dans une pièce aménagée. Je m'arrangerais pour que vous puissiez vous voir tous les deux. »

Les deux intéressées acquiescèrent d'un même mouvement de tête avant de se serrer longuement dans les bras l'un de l'autre. Elle ne semblait pas encline à le relâcher, la séparation se sentant de plus en plus inévitable. Même le fait de savoir qu'elle le reverrait bientôt ne semblait rien y faire. Il s'agissait de son fils…son seul fils…Malgré les apparences, elle l'aimait plus que tout. Cet au revoir lui faisait plus l'effet d'un adieu qu'autre chose. Elle avait beau essayer de se rassurer, se dire qu'ils se reverraient prochainement, qu'ils passeraient du temps ensemble, rien n'y faisait. Son cœur se serrait plus que de raison de devoir partir sans lui.

Drago non plus ne semblait pas vouloir se détacher de l'étreinte maternelle. Il ressentait facilement son angoisse. Elle qui souhaitait tout le temps savoir ou il était, entouré de gens susceptibles de le protéger. Il sentait que c'était une épreuve pour elle de partir dans un lieu ou elle serait en sécurité tout en le laissant seul à Poudlard, sans personne avec qui parlait si le besoin s'en faisait sentir, car elle ne serait pas là le soir pour répondre à ses longues lettres pleines de questions et de sentiments à demi avoués. Il mit donc tout son amour dans cette étreinte, dans cet au revoir qui lui laissait un désagréable sentiment d'adieu. Il tenta de la rassura du mieux qu'il le pouvait, même s'il n'en menait pas large, mais il tenta de ne pas le lui montrer. Il finit par lui murmurer à l'oreille des mots que seule une mère pouvait entendre dans un cas tel que celui-ci.

Que seule une mère pouvait entendre ? …non, à côté de Dumbledore, Holga sourit au fur et à mesure que les paroles du jeune homme prononcées à l'oreille de sa mère lui parvenaient bien plus clairement qu'on ne pourrait le croire. Son sourire s'attendrit progressivement, devenant presque maternelle, alors qu'intérieurement elle se promettait de veiller sur Drago à la place de Narcissa.

Ce fut Narcissa elle-même qui mit fin à l'étreinte de son fils, en se dégageant doucement de ses bras. Elle avait les yeux brillants. On pouvait voir qu'elle faisait tout son possible pour retenir les larmes, qui à tout moment menaçaient de s'échapper de la barrière que formaient ses paupières.

« Nous pouvons partir. Je suis prête » leur dit-elle d'une voix étouffée

Albus et Holga qui s'étaient volontairement reculés pour leur laisser quelques instant d'intimité se rapprochèrent de nouveau. Holga sortit alors de la poche de sa veste une simple clef d'appartement moldue en métal gris. Elle la tenait à l'une des extrémités, celle en forme de dents, tendant l'autre côté soit le bout le plus arrondi à Narcissa.

« Prenez soin de vous mère » lui dit Drago

« Toi aussi mon chéri. Je t'aime. Au revoir Drago. »

« Au revoir mère »

« C'est le moment Narcissa, le portoloin va se déclencher. »

« Au revoir Albus, et merci encore pour l'aide que vous m'avez apporté. »

« Ne me remerciez pas pour le moment. Vous n'aurez qu'à le faire lorsque tout sera terminé. Au revoir Narcissa »

À son tour la mère de Drago prit l'autre extrémité de la clef entre ses doigts, que lui tendait Holga. Quelques secondes à peine plus tard, le portoloin s'activa. Les deux femmes eurent la désagréable sensation qu'un crochet les avait sournoisement attrapées par le nombril, en les tirant irrésistiblement en avant. Leurs pieds avaient quitté la terre ferme. Elles semblaient filer droit devant elle, dans un tourbillon de couleur et dans un sifflement comparable à celui du vent. Soudain leurs pieds retouchèrent le sol, le tourbillon s'estompa au profit d'une étrange salle entièrement blanche.

« Ce que je peux détester ce moyen de transport. Rien ne vaut le transplanage ! »

Puis étonnée de n'obtenir aucune réponse de la part de son invitée, Holga tourna la tête pour trouver celle-ci en pleine contemplation de la pièce dans laquelle elles se trouvaient.

Il s'agissait d'une pièce de taille moyenne aux murs entièrement blancs, et vierges de toute décoration. Il n'y avait pas non plus de fenêtre. Dans un coin de la pièce, un parchemin flottait à environ un mètre du sol, un plume flottant à côté. À ce moment précis, la plume comme soudainement pourvue de vie s'activa d'elle-même. Elle se mit à inscrire quelque chose sur le parchemin.

Intriguée, Narcissa s'approcha du parchemin de façon à pouvoir déchiffrer ce qui s'y inscrivait. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque qu'elle put lire : Dimanche 2 octobre, 16 h 43 min 37 secondes, arrivées en provenance de Poudlard de Holga Garreng chasseuse de vampires accompagnée par Narcissa Malfoy.

Une fois l'information inscrite, le parchemin s'enroula autour de la plume qui semblait à présent dépourvu de toute vie. Cependant le plus intrigant pour Narcissa fut sans nul doute l'espèce de boite carrée lumineuse posée sur une table. Dans ladite boîte les mêmes informations que celles inscrites quelques instants plus tôt sur le parchemin apparurent soudainement.

« Qu'est-ce donc que cela ? » demanda alors Narcissa se tournant à demi vers Holga.

« Un ordinateur »

« C'est étrange » continua Narcissa malgré elle fascinée.

« Qu'y a-t-il d'étrange ? »

« Je sais bien qu'il s'agisse d'un objet moldu, pourtant l'inscription s'y est faites mystérieusement, presque magiquement. »

« Vous n'avez pas tort. C'est bien un objet moldu que j'ai soumis à divers sortilèges pour le détourner de sa fonction principale. De ce fait, lorsqu'une personne arrive par cette pièce, l'ordinateur et le parchemin, le détectent simultanément. Ils en prennent aussitôt note comme vous venez de le constater. »

« Voilà un procéder très astucieux. Mais n'avez pas peur qu'une personne mal intentionnée ou ne voulant pas que l'on sache sa présence en ces lieux ne les modifie ? »

« C'est impossible. On peut les approcher mais on ne peut les toucher. Il n'y a que moi qui le puisse. Et peut importe l'endroit où je me trouve, je peux à tout moment en consulter le contenu. »

Sur ces paroles, Holga invita Narcissa à la suivre, en se dirigeant vers l'unique porte de la pièce. En attendant que son invité ne la rejoigne, elle en profita pour tendre l'oreille, cherchant à capter un bruit particulier. Ce qu'elle perçut dans les profondeurs de l'appartement, notamment une lente et régulière respiration accompagnée par des bruits étouffés de voix en sourdine, provenant de la télévision.

Narcissa sur ses talons, elles sortirent enfin de la pièce, se retrouvant dans un très long couloir aux murs beiges qu'elles longèrent. De nombreuses décorations en tout genre semblaient y trouver leur place. Tout comme les tableaux moldus qui côtoyaient d'autres tableaux sorciers, sans que cela ne soit choquant.

Elles parvinrent finalement devant une grande double porte de verre brunis un peut comme s'il s'agissait de vitraux. Ce qui semblait parfaitement adapté à l'endroit. Une certaine richesse sans que cela ne soit trop ostentatoire. Les portes s'ouvrirent en grand, presque majestueusement sur un somptueux salon d'une taille quasiment aussi grande que celle du manoir Malfoy.

D'emblée, Narcissa fut saisie par l'harmonie que dégageait le lieu. Tout comme dans le couloir, les couleurs, le choix de la décoration, le mariage merveilleux entre le style moldu et le style sorcier rendait cet endroit chaleureux et unique en son genre. Les photographies moldues cohabitaient sereinement aux côtés d'autres photographies sorcières. L'horloge de localisation semblait avoir trouvée sa place au-dessus d'une nouvelle boite noire très mystérieuse aux yeux de Narcissa, alors que des personnages des tableaux moldus semblaient écouter avec délice et sérénité la douce mélodie qui s'élevait du piano sorcier qui se trouvait juste en dessous.

Pendant que son invité détaillait méticuleusement son intérieur, Holga décida de faire savoir leur présence au gardien des lieux comme elle se plaisait souvent à se surnommer.

« Eh oh mon grand, on est rentré, viens nous rejoindre, nous sommes dans le salon ! » cria Holga ce qui provoqua le soudain étonnement de Narcissa.

En effet, cette dernière avait brusquement interrompu son émerveillement pour la décoration de son hôte en l'entendant crier à quelqu'un qu'elle ne voyait pas son retour en ces lieux. À aucun moment Holga ne lui avait précisé qu'elle ne vivait pas seule, aussi se demandait-elle qui pouvait bien être cette mystérieuse personne.

En observant plus attentivement la chasseuse, elle put voir un sourire naître sur ses lèvres, sourire qu'elle qualifia de contentement, puis de satisfaction alors qu'elle semblait en même temps chercher un son bien précis.

En tendant à son tour l'oreille, elle cru entendre dans le couloir des bruits de pas ou plutôt de course mais étouffée par la distance. Comme si un animal courait dans leur direction. En même temps le caractère étouffé des pas ne lui permettait pas d'être bien précise sur qu'elle entendait.

De son côté elle Holga entendit clairement les bruits de pas ou plutôt de cavalcade comme elle les qualifié souvent. Dès l'instant ou elle avait crié à son intention, elle savait que le message avait parfaitement reçu. Et même s'il se trouvait dans la dernière chambre de l'appartement, celle qu'il avait choisi en arrivant ici, elle avait entendu du bruit dans sa chambre signe qu'il venait de se relever. Quelques minuscules secondes plus tard, elle comprenait qu'il était sous sa forme animal, et ce pour deux raisons. La première, à cause de l'odeur particulière qui émanait de son poil, la seconde à cause de ses pattes molles dont le tapis su couloir en étouffait les sons.

Holga capta également le regard que lui lançait Narcissa, qui apparemment était légèrement pour ne pas dire complètement dépassée par les événements. Cela ne fit qu'accentuer son sourire en pensant à la réaction de ses deux invités lorsqu'ils se découvriront ou redécouvriront.

La course de l'animal se faisant de plus en plus précise aux oreilles de Holga, cela signifiait qu'il ne lui restait que quelques mètres avant de faire son entrée dans le salon. Et c'est exactement ce qu'elle avait prévu qui se passa.

Moins de quinze secondes plus tard, un gros chien noir déboulait à vive allure dans le salon, non avoir d'abord très légèrement embrassé le mur du couloir et cela à cause de l'angle qu'il avait prit très serré. Mais que cela ne tienne, passées les portes du salon, heureusement encore grande ouverte, il se jeta ni plus ni moins sur Holga qui failli mine de rien tomber à la renverse sous le poids du chien cumulé à la violence feinte de la collision. Mais étant habituée à cette étreinte canine, ses facultés avaient fait tout le travail, l'empêchant de se retrouver au sol sous 90 kg de muscle. Du coup comme elle ne tomba pas en arrière, elle entoura le chien de bras, lui donnant d'affectives caresses sur la tête, alors que ce dernier les pattes négligemment posées sur les épaules de la chasseuse, lui râpait à présent la joue au moyen de sa langue.

Trop occupés à se faire mutuellement la fête, heureux de se retrouver après une si longue absence, aucun des deux ne faisaient attention au regard de Narcissa qui ne semblait pas pouvoir se détacher du chien. Comme hypnotisée, elle regardait sans voir, alors que des souvenirs remontaient avec force du plus profond de sa mémoire. Des souvenirs qu'elle pensait à jamais oubliés. Souvenirs heureux pour certains, mais également souvenirs malheureux pour d'autres, c'est-à-dire pour la grande majorité.

'Ce chien' ne cessait-elle de penser. Il ressemblait tellement à l'un des rares épisodes heureux de sa jeunesse. Ce dernier épisode remontait à vingt ans. Et maintenant, plus jamais elle ne serait heureuse comme à cette époque-là. Elle savait que plus jamais elle ne le reverrait. Il était mort au cours de l'année 1995, lors de l'attaque du ministère de la magie. Jamais elle ne pourrait lui dire toutes ces choses qu'elle avait toujours voulu lui dire. Qu'elle l'aimait comme une cousine aime son cousin, qu'elle l'avait toujours su innocent malgré tout ce que le monde pensait de sa culpabilité. Son cœur lui avait toujours hurlé qu'il était innocent, et elle avait toujours cru son cœur en secret. Lui dire aussi qu'elle s'en voulait tellement d'avoir été faible pendant toutes ses années au point de ne jamais lui avoir apporté son soutient, ce qui elle en prenait conscience l'aurait certainement beaucoup aidé. Toute cette mélancolie, ces regrets, ces tristes souvenirs lui arrachèrent un léger gémissement de douleur, de culpabilité.

Si elle ne s'en rendit pas compte, ce ne fut pas le cas des autres personnes présentes dans la pièce. Holga et le chien, dont les têtes se tournèrent dans une parfaite synchronisation vers Narcissa. Bien que son regard demeurait posé sur le chien, elle ne le voyait pas, tout à ses souvenirs.

Holga qui comprenait ce que traversait en ce moment, n'en dit rien au chien qui la regardait, l'air interrogateur, attitude absolument pas naturelle pour un simple chien.

Un très léger sourire teinté de tristesse étira ses lèvres. En réponse, le chien pencha la tête de côté, semblant vouloir demander 'Que se passe-t-il ?' seulement Holga ne lui répondit rien, si ce n'est un signe négatif de la tête.

Réponse qui sensiblement ne plut pas au chien qui aboya bravement en gage de mécontentement. L'aboiement du chien eut au moins le mérite de faire sortir Narcissa de sa torpeur. Elle cligna des yeux, se rappelant l'endroit où elle se trouvait présentement. Pourtant la vue du chien qui continuait à l'observer suspicieusement ne l'aida pas vraiment à se concentrer.

Holga s'approcha d'elle, posa une main bienveillante et rassurante sur son épaule. Par ce simple geste, elle lui signifiait qu'elle bénéficiait de tout son soutient. Alors seulement elle lui demanda :

« Vous ne vous sentez pas bien ? Je vous trouve très pâle. »

« Rien qu'un petit moment d'égarement. Rien de bien inquiétant rassurez-vous. »

« Si vous le dites. »

Puis elle reporta son regard sur le chien, qui resté à sa place dévisageait la visiteuse d'un air méfiant. La situation amusa grandement Holga qui n'en laissa cependant rien paraître. Elle pensa simplement qu'il était grand temps de mettre une fois pour toute un terme à cette séparation qui n'avait que trop durée pour l'un comme pour l'autre.

« Alors Patmol, on ne dit plus bonjour aux invités ? » s'amusa-t-elle tout en guettant discrètement leur réaction.

Narcissa étouffa un nouveau cri de surprise à l'annonce du nom du chien.

« Pa…Patmol comme le Patmol de … enfin vous savez ? ! »

« Pas vraiment. Je dirais plutôt Patmol comme le seul et unique Patmol qui existe en Angleterre. »

« Par Merlin c'est impossible enfin… serai-ce seulement possible que…» balbutia la jeune femme avant que l'ampleur des paroles précédemment dite ne prennent corps dans sa tête.

« Je sais que de très nombreuses choses se sont passées. Vous n'étiez pas la seule à ne pas être au courant. En réalité très peu de gens ne le savent. On peut dire que désormais vous êtes privilégiée. »

« Oh par Merlin… Je ne peux y croire…Sirius ? » appela-t-elle le regard planté dans celui du chien, qui bien que très perplexe ne cherchait nullement à fuir son regard.

Il y avait à présent dans le regard de cette inconnue un petit quelque chose qui lui semblait familier, mais dont il ne parvenait à en identifier la source.

« C'est bon Patmol, tu peux reprendre apparence humaine. Elle sait qui tu es. Elle te connaît plus que bien. Elle ne dira rien car elle trop pour te perdre de nouveau Siri » sourit tendrement Holga.

À la seconde suivante, le chien se métamorphosait sous leurs yeux en un homme de grande taille. Il mesurait un bon mètre quatre-vingts, les cheveux noirs comme l'ébène. Il avait les yeux d'un bleu pur et profond. Rasé de près, les cheveux ni trop long ni trop court, il respirait la joie de vivre. Il était vêtu de façon simple et moldue : un jean noir et une chemise noire à demie boutonnée.

« Holga, si tu me disais qui est ton invité. Et par la même occasion que sous-entend tu par 'Elle sait qui tu es. Elle te connaît plus que bien. Elle ne dira rien car elle trop pour te perdre de nouveau' car bien qu'elle soit très charmante, je suis désolé de t'apprendre que je ne sais pas qui est ton invitée. »

« Désolé vieux mais ce n'est pas à moi de te répondre. »

Comprenant que c'était désormais à elle de lui faire savoir qui elle était, Narcissa s'avança de quelques pas, puis prenant la main de Sirius dans la sienne, le regarda droit dans les yeux :

« Sirius…Oh par Merlin tu es vivant…Sirius ne me reconnais-tu donc pas ? »

« J'ai vraiment beau chercher, votre visage m'est totalement inconnu. Peut-être que si vous me disiez votre nom, cela m'aiderait. » s'excusa presque Sirius vraiment troublé.

A cet instant Narcissa se traita mentalement d'idiote. Elle avait complètement oublié qu'entre temps on lui avait modifié son apparence physique. Alors forcément qu'il ne pouvait pas se souvenir d'elle.

« Sirius c'est moi…ta cousine… Narcissa ! »

« Merlin, Cissa ? ! C'est vraiment toi ? Je ne te reconnais pas. »

« Euh Sirius c'est normal que tu ne puisses pas la reconnaître. Nous avons volontairement modifié son apparence physique afin de lui garantir une plus grande protection. C'est vrai, qui croirait que cette femme devant toi puisse être Narcissa Malfoy ? »

« Narcissa Black, je préfère. Oh Cissa… alors c'est vraiment toi. Laisse moi te prendre dans mes bras ma petite Cissa »

C'est tout naturellement que cette dernière se jeta dans les bras aujourd'hui encore protecteur de son cousin, sous le regard bienveillant et triste de Holga.

Les deux cousins restèrent longtemps enlacés, sans prononcer la moindre parole. Juste à apprécier la présence de l'autre.

Finalement au bout de quelques longues minutes, Narcissa se détacha des bras de Sirius, le détaillant attentivement, comme pour graver cette image au plus profond de sa mémoire pour ne plus jamais l'oublier.

C'est alors que tout s'accéléra sans que personne n'ait pu le voir venir. La main de Narcissa se leva au-dessus de sa tête, fendit les airs provoquant un léger sifflement dans les airs pour venir s'abattre avec force sur la joue de Sirius.

Tous les trois en restèrent éberlués, bien que Sirius sut au fond de lui-même qu'il l'avait certainement méritée.

« Quinze ans sans la moindre nouvelle de TOI ! » s'exclama-t-elle les larmes aux yeux. « Je t'ai cru mort après l'attaque du ministère. Si tu savais comme je m'en suis voulue, comme je t'en ai voulu, comme je leur en ai voulu à tous. Ne me refais plus jamais une chose pareille Sirius. Promets-le-moi. On était fort ensemble, mais pendant toutes ces années sans toi à mes côtés pour me soutenir, j'étais si faible…promets-moi Sirius que plus jamais tu ne me laisseras seule… » pleura-t-elle.

« Shsss Cissa. C'est fini maintenant. Je suis là, tu ne seras plus jamais seule » lui assura-t-il en la serra dans ses bras.

Il la réconfortait du mieux qu'il le pouvait, alors qu'elle continuait à débiter des paroles plus ou moins compréhensibles.

« Sirius » appela doucement Holga «je vais vous laisser tous les deux pour le moment. Vous devez avoir tellement de choses à vous dire. Prenez votre temps. Tu peux tout lui raconter si ça peut vous aider, mais fais-le doucement pour ne pas la secouer plus qu'elle ne l'est déjà. Je serais dans mon bureau. »

Sirius acquiesça d'un geste de la tête avant de reporter son attention sur sa cousine. Il passa autour des épaules puis la conduisit doucement vers le canapé où il la fit asseoir avant de prendre place à ses côtés, et de la reprendre dans ses bras.

Holga quant à elle tourna les talons après s'être assurée qu'ils n'avaient plus besoin d'elle. Elle longea alors le couloir en sens inverse jusqu'à la sixième porte sur sa gauche. La porte différente des autres était en bois noir ; des ciselures d'or en parcouraient la surface.

Elle actionna la poignée et la porte s'ouvrit sans la moindre difficulté. Il s'agissait d'une pièce de grande taille. A côté de la porte se tenait une imposante bibliothèque dans laquelle on retrouvait la cohabitation du monde sorcier et du monde moldu. Sur le mur d'à côté, trônait majestueusement une immense cheminée de granit à laquelle faisaient face trois fauteuils en chintz marron qui formaient un arc de cercle. À leurs pieds, reposait un tapis persan aux couleurs douces et apaisantes. De part et d'autres de la cheminée on retrouvait deux grands tapis représentant pour l'un un lion rouge sur fond or fièrement dressé sur ses pattes arrières la gueule grande ouverte, alors que l'autre représentait un serpent vert sur fond argent, étendu sur toute la longueur de son corps.

Au fond de la pièce, la grande baie vitrée donnait sur un jardin public. Et juste devant la baie, en maître des lieux se trouvait un immense bureau tout en verre, dominant toute la pièce par sa simple présence. Rectangulaire d'un côté, mais formant un angle de l'autre côté. C'est d'ailleurs sur cette partie en angle que se tenait sagement un écran d'ordinateur dernière génération, décoré de nombreux post-it, à côté d'un écran de télévision pour le moment éteint. Sur la partie centrale du bureau, parchemins, feuilles de papiers, plumes, encriers, stylos bille, marqueurs se côtoyaient.

Enfin sur le dernier mur de la pièce, soit du côté gauche du bureau se trouvait une petite porte fermée à clé encadrée d'un côté par un bar et de l'autre par un dispositif de communication moldue à savoir un télécopieur, un fax, un scanner une imprimante et une petite télévision dont l'un des fils courait le long du mur jusqu'au plafond avant de disparaître dans la pièce voisine toujours fermée à clé par un tout petit trou dans le mur.

Enfin quelques tableaux agrémentaient la décoration.

Holga traversa la pièce et prit place dans le fauteuil du bureau. Une fois confortablement installée, les pieds négligemment posée sur le bureau, elle laissa ses pensées la submerger. Machinalement, elle porta la main au tiroir central du côté droit duquel elle en extirpa une photographie sorcière représentant un jeune homme d'environ 17ans, enlaçant une jeune fille un peu plus jeune que lui. Ils semblaient tellement heureux dans les bras l'un de l'autre, comme si rien ne pouvait leur arriver. De temps à autre, le jeune homme aux cheveux corbeaux qui lui tombaient sur les épaules déposait de tendres baisers sur la joue de sa compagne.

« Dans la vie comme dans la mort je t'aimerais. Dans l'attente comme dans l'oublie je te chercherais. Si la vie nous rassemble je t'aimerais. Si la vie nous sépare, je t'attendrais. Si la mort nous sépare, je te rejoindrais. À jamais je t'aimerais mon amour de Serpentard. » lut-elle à l'arrière de la photographie.

Une unique larme s'échappa de ses yeux, roula le long de sa joue et termina sa course sur la photo.

Elle resta là plus d'une heure à contempler la photographie sans réellement la voir. Ses pensées vagabondant, pour finalement se fixer sur Severus Rogue. Cet homme l'intriguait, mais en même temps lui rappelait une chose qu'elle ne parvenait pas à identifier. Quelque chose dans son attitude, dans sa façon d'être, de parler, de la rabaisser et d'agir, lui laissait systématiquement une vague impression de déjà-vu. Surtout la façon dont il l'avait affrontée lors de leur duel à l'épée. Elle avait été capable de prévoir ses coups et de les anticiper et elle savait qu'il en avait été de même pour lui. Cela l'avait profondément déstabilisé, elle qui d'ordinaire ne se laissait déstabiliser par rien. Son jeu lui avait semblé familier quasiment identique au sien. Et puis il y avait cette mélancolie, cette profonde tristesse pourtant bien cachée qu'elle avait captée avec force chez lui. Comme une profonde blessure que le temps ne parvenait pas à panser.

Ce n'est qu'une bonne heure plus tard, qu'elle mit fin à ses pensées. Elle devait se reprendre. Ça n'était pas le moment de se laisser aller. Elle ne devait sous aucun prétexte laisser sa faiblesse prendre le dessus. Elle ne devait faire preuve d'aucune faille pour ne pas laisser à son adversaire la possibilité de l'atteindre. Elle se devait d'être forte, dure comme un roc. Infaillible, invincible.

C'est pourquoi elle rangea vivement la photo, alluma son ordinateur, consultât son courrier électronique. Elle étudia à la fois ses dossiers moldus concernant l'organisation mondiale du don du sang, ainsi que les grands orphelinats qu'elle avait crée dans le monde entier. Elle surveilla ses actions en bourse. Quand tout fut fait, elle rangea les dossiers et sortit deux gros classeurs rouges.

Sur l'un était inscrit : Holga Garreng chasseuse de créatures de la nuit. Projet : union des vampires et des loups-garous. Dossier qu'elle étudia longuement, ajoutant ici et là quelques nouvelles informations qui lui étaient parvenues par le système moldu d'Amérique du Sud, et par quelques coups de téléphones passés à droite et à gauche. La aussi quand ce fut fait, elle le rangeait.

Il ne lui restait à présent que le second dossier rouge. Seules les lettes Q : PP avaient étaient inscrite à l'encre verte. Son regard se durcit instantanément alors qu'elle se décida à l'ouvrir. le dossier contenait de nombreuses notes pour la plupart rédigées à la main, des rapports qui semblaient très complets, des photos moldus de lieux divers, tous différents les uns des autres, et enfin la photo d'un homme assez jeune, très peu sûr de lui. L'homme de la photo malgré son sourire des plus sincères répugna une nouvelle fois Holga.

« Oh tu peux te cacher autant que tu voudras. Quelque soit l'endroit je te retrouverais, même si pour cela je doive parcourir la planète entière. J'ai décidé de te retrouvé alors sache que tu ne m'échapperas pas. On n'échappe pas si facilement à Holga Garreng. »

Un mauvais rictus étira ses lèvres fines. Elle parcourut rapidement le dossier pour y dénicher les dernières informations en date. Elle trouva ce qu'elle cherchait, à savoir tous les endroits où il avait été aperçu. Elle constata alors qu'il s'agissait essentiellement de grands bois, mais aussi de forêts plus ou moins connues.

Elle fit alors magiquement apparaître le planisphère transparent au-dessus de son bureau lorsque la porte principale s'ouvrit sur un Sirius particulièrement heureux. Néanmoins sa mine s'assombrit au vu du planisphère, avant de croiser le regard plus que déterminé de son amie. Il traversa la pièce d'un pas rapide, s'asseyant à même le bureau entre elle et le planisphère.

« Je t'avais pourtant déjà dit de laisser tomber Mione. Je ne veux pas que tu te focalises exclusivement là-dessus comme tu le fais. Ça n'en vaut vraiment pas la peine. »

« Qu'as-tu fais de Narcissa ? » se déroba-t-elle.

« Dans la chambre bleue pastel c'est celle qu'elle a choisie. Je l'ai laissé le temps qu'elle prenne ses marques. Mais ne détourne pas la conversation jeune fille. »

« Je le sais Sirius. Mais tu sais aussi bien que moi que justice doit être faite. Je ne peux concevoir que tu doives payer pour le crime qu'un autre ait commis. C'est inadmissible, et si la justice ne veut rien entendre, elle sera bientôt forcée de m'écouter. Je ne lui en laisserais pas le choix. Tout ce que tu pourras me dire ne m'empêchera en rien de le traquer jusqu'à ce que je le retrouve. »

Sirius poussa un soupir mi-exaspéré, mi-admiratif envers son acharnement pour l'aider.

« D'accord, dis-moi ce que tu espère trouver sur ce planisphère. »

« Je viens de me rendre compte que les endroits où il a été aperçu au cours des derniers mois sont essentiellement de grandes forêts ou de grands bois. Il a toujours trouvé le moyen de nous fausser compagnie parce qu'il avait un avantage sur nous, ce qui l'a rendu malin pour une fois. »

« Quel avantage ? »

« Il connaît sa prochaine destination. Il a donc eu le temps de l'étudier et trouver à chaque fois le moyen de s'enfuir si sa tourné mal. Il a donc pu étudier toutes les zones de transplanages des ses forêts. Ce que nous nous ne connaissons pas donc que nous ne pouvons étudier. Ce qu'il nous faut découvrir c'est sa prochaine destination. Lorsque ça sera fait, je pourrais alors y poster des éclaireurs qui me préviendront dès qu'il y apparaîtra. »

« D'accord, je vois où tu veux en venir. Alors dis-moi ce que tu penses de la forêt des pays scandinaves ? » tenta Sirius en étudiant attentivement la zone.

« Non ce sont des sapins, et puis il y fait mortellement froid. » réfuta-t-elle

Tous deux plongèrent dans un silence prolongé, étudiant tour à tour le planisphère devant eux ainsi que les lieux où il avait déjà été aperçu, tentant de faire des regroupements.

Soudainement et dans une action commune ils relevèrent la tête

« La forêt d'Europe centrale » s'écria Hermione.

« La Transylvanie » s'exclama Sirius

Ils se regardèrent et se sourirent mutuellement, à présent certain de l'avoir retrouvé.

« On le tient Patmol ! »

« On le tient Hermione ! »

Hermione s'attela aussitôt à prévenir par la pensée le Quartier Général pour que dix vampires se rendent immédiatement sur place. Elle nota ses dernières découvertes dans le dossier qu'elle rangea ensuite avec les autres. Elle éteignit ensuite l'ordinateur pendant que Sirius retournait auprès de sa cousine.

Lorsque tout fut rangé, elle fit pivoter son fauteuil le regard au-delà de la baie vitrée.

« Je te tiens, tu ne m'échapperas pas. Ce n'est plus qu'une petite question de temps à présent. La partie de cache-cache est terminée sale traître. Et c'est encore moi qui ai gagné » s'exclama-t-elle un sourire triomphant aux lèvres.

À suivre...