Pour commencer, je voudrais dire un grand merci à tous les lecteurs qui ont suivi ma fiction et à ceux qui l'ont ajoutée dans leurs favoris. Merci également aux revieweurs « anonymes », Shaina, Zaika, Brigitte, Démy, Kaylee, Calimero, SucreBleu et les autres ! :^)

Bonne lecture !

Les Mangemorts courraient au travers de la Forêt Interdite. Ils trébuchaient sur les racines des arbres noueux, et leurs lourdes capes se prenaient dans les branches basses. Mais tout cela aurait été supportable s'il n'y avait pas eu les gémissements de Bellatrix.

« Fais-la taire, Rodolphe ! rugit Lucius Malefoy.

-Tu as entendu, Bella ? Tais-toi ! » beugla Rodolphe Lestrange à l'attention de sa femme. Mais la sorcière ne sembla pas le remarquer. Elle continua à pleurnicher en tirant férocement sur ses cheveux.

Son mari finit par la gifler, agacé. Ses pleurs redoublèrent et elle se mit à gémir :

« Je vais tuer ce satané Potter ! Je vais tous les tuer ! JE VEUX VENGER LE SEIGNEUR DES TENEBRES !

-La ferme ! cracha Rodolphe. Tu vas nous faire repérer !

-Arrêtez-vous ! fit soudain Avery. Je…j'ai vu quelque chose là-haut. » ajouta t-il en levant les yeux. Les arbres poussaient tout près les uns des autres, sans régularité. Leurs branches les plus hautes s'entremêlaient et leurs feuillages formaient une masse compacte qui ne laissait pas filtrer les rayons de la lune.

« On n'y voit rien, grommela un autre Mangemort.

-Si ! Là ! » Leurs regards convergèrent vers la direction montrée par Avery. Et en effet, il semblait y avoir quelqu'un qui se retenait à un tronc, à presque une quinzaine de mètres du sol. Elle bougea soudain, se déplaçant d'un arbre à l'autre à une vitesse folle avant de s'arrêter à nouveau.

« C'est probablement une de ces monstruosités qu'on trouve à foison dans cette maudite forêt, lança Lucius. Reprenons notre chemin ! » Et ils allaient s'exécuter quand la créature éclata d'un rire moqueur, les clouant définitivement sur place.

« Stupéfix ! » hurla Avery en levant sa baguette en l'air. Le sort fusa mais ne toucha personne. Lucius Malefoy empoigna le sorcier par sa cape et le secoua férocement :

« Es-tu vraiment stupide à ce point, Avery ?! Tu viens d'indiquer notre position aux Aurors !

-Mais…j'essayais juste…

-Il y en a plusieurs ! » les coupa Rodolphe. De multiples ombres se déplaçaient maintenant dans les arbres, mais elles ne riaient plus.

« Il faut partir, intervint Lucius. Tout de suite !

-Arrête, ce ne sont que des…AAAH ! » Le Mangemort qui avait parlé venait d'être projeté au sol. L'une des ombres lui était tombée dessus. Littéralement. Mais si le sorcier se tordait maintenant de douleur, la créature se releva avec une grâce surnaturelle et cria :

« Le dîner est servi, mes amis ! » Les Mangemorts se mirent à hurler et à courir dans tous les sens, sans grand succès. Des silhouettes descendaient à une vitesse vertigineuse des arbres pour les attaquer. Lucius Malefoy, quant à lui, restait pétrifié devant celle qui avait parlé.

« Qu'est-ce que tu es ? » chuchota t-il. La créature s'approcha de lui jusqu'à être à quelques misérables centimètres de son visage.

« Lumos ! » fit le sorcier, braquant sa baguette sur le visage inconnu. Il ne fit pas attention aux yeux, au nez ou au menton. Mais jamais il n'oublierait le large sourire qui exhibait des canines proéminentes. Le vampire se jeta sur lui. Des hurlements de terreur résonnèrent longtemps dans la Forêt Interdite, cette nuit-là. Et puis le silence revint sur le lieu magique.

Harry regarda le soleil se lever par la fenêtre et ferma les rideaux avant de revenir s'asseoir au chevet du lit dans lequel était allongé Drago. Harry disait qu'il était dans le coma, mais c'était faux. Il ne savait pas du tout ce qu'il était. Drago ne respirait pas. Drago ne bougeait pas. Et Drago était ainsi depuis presque trois jours maintenant. Harry avait l'impression de veiller sur une statue de pierre, et il sentait son cœur se serrer douloureusement à cette idée. Il posa une main sur le front glacé, la fit glisser sur les paupières obstinément closes, le nez un peu pointu, les lèvres fines. Ses yeux le piquèrent mais il se refusa à pleurer. Il prit une profonde inspiration et posa sa tête sur le torse immobile et chuchota :

« S'il te plaît, Drago, réveille-toi. J'ai besoin de toi, tu comprends ? Tu ne peux pas…ça ne peut pas finir comme ça ! Tu ne peux pas me dire que tu m'aimes et…et… » Une larme perla au coin de son œil, qu'il s'empressa de sécher du revers de la main. Il se redressa et fixa ses yeux au plafond sombre, essayant de se calmer. Mais il n'y arrivait pas. Son regard revint sur le vampire. Il passa une main dans ses cheveux si blonds et se pencha sur le visage inexpressif.

« Je t'aime, murmura Harry. Ne me laisse pas. » Il posa ses lèvres sur celles, figées, de Drago et cette fois-ci, une larme vint s'écraser sur la joue blême. Harry voulut l'essuyer mais il se passa alors quelque chose d'étrange. A l'endroit où la larme était tombée, la peau livide du blond avait pris une teinte plus foncée. Cela restait très léger, et son épiderme était toujours pâle. Mais plus aussi blafard qu'auparavant. Et puis ce phénomène se propagea sur l'ensemble de son visage à une vitesse affolante avant d'atteindre ses bras et son torse. Harry recula brutalement et cria :

« Wow, wow, wow ! Qu'est-ce qui se passe ?! Madame Pomfresh ! MADAME POMFRESH ! » Il assista à la transformation, complètement impuissant et désespéré. Lorsque tout le corps de Drago eut prit une carnation plus humaine, le blond écarquilla brutalement les yeux et ouvrit grand la bouche, avalant de grandes goulées d'air. Il se redressa et regarda tout autour de lui. Son regard se posa sur Harry et un sourire naquit sur ses lèvres. L'Elu se précipita dans ses bras :

« Drago ! Drago, tu es vivant ! » Les deux jeunes hommes restèrent enlacés un long moment, riant et pleurant à la fois. Puis Harry se recula et fronça les sourcils :

« Je t'interdis de me refaire ça ! Plus de mensonges.

-Je te le promets. Mais ça a marché !

-Tu n'en étais même pas sûr !

-Il fallait bien essayer.

-Tu es complètement fou ! lui reprocha Harry. Si tu ne t'étais plus jamais réveillé, je…je ne sais pas ce que j'aurai fait.

-Ne dit pas des choses comme ça. Je devais choisir entre toi et moi. Le choix était vite fait. » Le brun ne répondit rien. Il prit le visage de Drago en coupe et l'embrassa doucement. Lorsqu'il se recula, il aperçut Ron et Hermione à l'entrée de l'infirmerie. Les deux jeunes gens s'approchèrent timidement. Hermione sourit et lança :

« Nous t'avons entendu appeler Pomfresh, mais elle n'était pas là alors nous sommes venus. Je suis heureuse de te revoir parmi nous, Drago ! ajouta t-elle à l'adresse du blond.

-Tu nous aurais quand même un peu manqué ! renchérit Ron avec un sourire goguenard.

-Quelle délicatesse, Weasley !

-C'est ce qui fait mon charme.

-Je vois ça, oui…Harry, est-ce que c'est toi qui tape des pieds comme ça ? demanda soudain Drago à son amant.

-Non…pourquoi ? fit le jeune homme, déconcerté.

-J'entends un bruit étrange. Et vraiment agaçant. On dirait quelqu'un tape quelque chose, je ne sais pas. Ou est-ce Pomfresh qui toque à la porte ?

-Je n'entends rien. » répliqua Harry en fronçant les sourcils. Mais il se leva et lui et Ron se mirent à chercher dans l'infirmerie ce qui pouvait bien faire ce bruit si dérangeant pour Drago. Hermione, elle, n'avait pas bougé. Ses yeux noisette pétillaient. Elle s'approcha du blond et avança la main vers son torse. Son regard accrocha celui de Drago, demandant silencieusement la permission de le toucher. Il haussa les épaules et elle posa sa paume bien à plat sur sa poitrine. Elle resta ainsi quelques secondes avant de murmurer :

« Je crois bien que tu vas devoir te faire à ce bruit « agaçant », Drago…

-Comment ça ?

-C'est ton cœur. Ton cœur bat. » Le blond en resta bouche bée. Quant à Harry et Ron, ils s'étaient figés. Drago secoua la tête et rit d'un air forcé :

« Tu délires, Granger, ça fait plus d'un an que mon cœur ne bat plus ! » Hermione resta muette, mais elle prit la main de Drago pour la poser contre sa poitrine. Le jeune homme ne dit plus rien et son regard se perdit dans le vide tandis qu'il restait concentré sur un bruit qu'il n'avait plus entendu depuis des mois.

« Comment est-ce possible ?! bafouilla t-il.

-Et tes mains sont tièdes, fit Hermione.

-Tu serais…tu serais redevenu un sorcier ?! » lâcha Harry. Drago bondit hors du lit et se précipita vers la fenêtre.

« Drago ! » cria l'Elu. Mais le blond ne l'écouta pas. Il ouvrit brusquement les rideaux et la lumière chaleureuse du soleil envahit l'infirmerie. Sans le blesser. Sans le brûler. Il regarda ses mains d'un air ahuri et étouffa une exclamation. Puis il se mit à rire. Il tira sur les lourdes poignées de la fenêtre pour l'ouvrir également et la fraîcheur de l'air matinal l'enveloppa, lui donnant la chair de poule. Il ressemblait à un enfant émerveillé et le soleil allumait des éclats d'or dans ses cheveux. Hermione essuya discrètement une larme et prit la main de Ron. Quant à Harry…il regardait celui qu'il aimait, aux anges. Il rit à son tour et s'avança vers Drago, le tirant en arrière :

« Tu vas te brûler les yeux à force de regarder le soleil comme ça, idiot !

-Mon Dieu, Harry…je ne suis plus un vampire…comment est-ce possible ?!

-Je n'en sais rien, Drago… » Le blond se mordit la lèvre avant de serrer Harry contre lui. Le brun lui rendit son étreinte. Et ils échangèrent leur premier baiser au grand jour.

William vint les voir dès la nuit suivante. Devant la « métamorphose » de Drago, il resta stupéfait :

« C'est vraiment incroyable !

-Incroyable, et inexplicable ! répliqua Hermione. J'ai eu beau faire des recherches à la bibliothèque, il n'y a jamais eu de cas pareil auparavant.

-Peut-être que le sort de l'Avada s'est inversé en me touchant, énonça Drago. Parce que j'étais déjà mort, en quelques sortes. Nous ne saurons jamais.

-Et…en es-tu heureux ? » demanda William. Le blond resta songeur un moment avant de répondre. Il baissa les yeux et expliqua :

« L'année dernière, quand j'ai fui avec les Mangemorts et que j'ai été transformé, alors que nous allions rejoindre Voldemort…j'ai pris ça comme un signe. C'était complètement imprévu, mais c'était surtout une aubaine. La possibilité de changer de voie. J'ai pris cela comme une bénédiction, une chance de recommencer ma vie et j'ai fait en sorte d'être le meilleur vampire qui soit, si bien que je suis rapidement devenu le Maître de la zone 5. Malgré le fait que j'étais très jeune. Mais les choses ont changé depuis, même si je ne regrette rien.

-Sache que tu étais un excellent dirigeant. Nous allons te regretter. Et il va falloir que tu nommes un nouveau Maître.

-C'est déjà fait. Il est devant moi ! rétorqua Drago avec un sourire.

-Moi ?! fit William. Je ne sais pas si…

-Tu seras parfait, trancha le blond. J'ai une totale confiance en toi. » William acquiesça lentement avant de s'autoriser un sourire sincère.

« Adieu, Drago. Prends soin de toi et du Sauveur ! » Le jeune homme hocha la tête et regarda le vampire disparaître dans la nuit noire. Puis il traversa le hall et monta les escaliers jusqu'au dortoir des Serdaigles. Harry l'y attendait. Il allait entrer quand le brun le repoussa en arrière :

« Attends, nous allons autre part. » Surpris, il se laissa guider. Harry l'amena jusqu'à la Salle sur Demande. Il passa trois fois devant, jusqu'à ce qu'une porte apparaisse sur le mur de pierre, et l'invita à entrer. Drago franchit le seuil et se retrouva dans une splendide chambre, dont l'élément principal était un superbe lit à baldaquins. Il s'en approcha et effleura les voilages rouges suspendus aux barreaux.

« Mm…pas très original ! » dit-il d'un air faussement déçu. Harry lui tira la langue, et il afficha un sourire carnassier. La vérité était qu'il se sentait déjà excité. Il avait perdu ses instincts vampiriques, mais la perspective d'une nuit avec son aimé le mettait toujours en forme ! Le brun extirpa alors quelque chose de sa poche. Une tablette de chocolat. Il déchira le papier et en cassa un carreau qu'il tendit à Drago. Celui-ci le saisit délicatement et le glissa dans sa bouche. Il ferma les yeux et laissa échapper un soupir de plaisir.

« Délicieux…cela faisait si longtemps que je n'en avais pas mangé ! » Harry sourit et se lécha les lèvres. Il prit un deuxième carreau et chuchota :

« Tu en veux un autre ? » Drago s'avança vers lui, mais il l'introduit dans sa bouche avant que le blond n'ait pu le prendre. Le sourire de Drago se fit plus ravageur encore et il l'attira contre lui pour un baiser vertigineux, au goût de chocolat. Harry se laissa faire un moment avant de chuchoter tout contre sa bouche, taquin :

« Je me demande si les morsures ne vont pas me manquer. » Drago haussa un sourcil et retroussa les lèvres. Ses canines n'étaient plus aussi longues qu'avant, certes, mais elles gardaient tout une même une belle taille :

« J'ai toujours eu des crocs, beau brun. Pas de problème pour les morsures ! » Harry éclata de rire et se laissa renverser sur le lit, conquis. Les yeux d'un gris sombre plongèrent dans les deux émeraudes. Leurs lèvres se rencontrèrent. Et l'amour les emporta pour la nuit.

FIN