15 ans, prostitué 02.
Je finis de siroter mon verre avant de dévaler les escaliers, un sourire comblé aux lèvres.
Je n'aurai voulu pour rien au monde que ce tendre moment s'arrête.
La chaleur de ses bras, son souffle mélangé au mien, mes cris de jouissance superposés aux siens… C'était si bon…
Pour une fois dans ma vie, je me suis senti aimé par un homme et pas juste la substitution d'un jouet.
Il m'a donné du plaisir et je le lui ai rendu sans hésiter.
En marchant, je relis plusieurs fois la petite carte de visite que Yoru m'a donné, jusqu'à connaître son numéro par cœur.
Je soupire de bien être. Ca fait longtemps que je ne me suis plus senti aussi bien.
Il est 18h30. Je vais au super marché et me fais plaisir. Après tout, plus vite je dépense de l'argent, plus vite je reverrais Yoru.
En rentrant chez moi, je pose les courses sur la table et plonge dans mon canapé, soupirant de contentement.
Yoru… Comme j'aurais envie que tu me sers contre toi.
On toque à la porte. Je me lève et ouvre. Je tombe sur un fleuriste, caché par un énorme bouquet de roses rouges.
-Mr Uchiha ?
-C'est bien moi.
Le bouquet avance vers moi pour atterrir dans mes bras.
-Vous pouvez signer ici, s'il vous plait.
-Bien sûr.
Je prends le calepin et le stylo puis signe à l'endroit désigné.
Il me remercie et part.
Je souris en marchant jusqu'au canapé. Je pose le bouquet sur la table basse et prends la petite carte au milieu.
« Avec tout mon amour. Yoru. »
Je rigole tout seul, devant la télévision allumée.
Ce gars…Il me tarde de le revoir.
Quelques minutes après, je reçois un message d'un numéro inconnu. Je pense tout de suite à une pub ou quelque chose dans le genre.
« J'espère que mon petit cadeau t'aura plu. Bisous. Yoru. »
Nouvel éclat de rire. Je réponds à son texto, un grand sourire collé aux lèvres.
« Idiot, tu es fou ! Oui, ça m'a fait très plaisir. Comment as – tu eu mon adresse et mon numéro ? »
Je vais ranger mes courses, fixant toutes les secondes mon téléphone. Entre le placard et le frigidaire, je reçois sa réponse.
« Tu devrais faire plus attention à tes poches. Tu n'es pas très prudent. »
Je tape à nouveau sur mon clavier et l'envoie.
« Je vais me vexer, fais gaffe. C'est pas de ma faute si tu es rusé comme un renard et que tu as les mains baladeuses ! »
On frappe encore à la porte. Je maudis celui ou celle qui ose me déranger dans ma conversation avec mon futur.
Je rougis en pensant à ce que j'ai dit. Mon futur… N'importe quoi. Un homme aussi beau ne voudrait pas d'une loque comme moi.
J'ouvre en faisant une grimace contrarié. Je me déride en voyant qui est derrière la porte.
-Ce n'est pas non plus de ma faute si tu as des fesses aussi tentantes, beauté.
Je reste bloqué sur place, la bouche ouverte et les yeux écarquillés.
-Surpris ?
Je ne réponds pas et lui saute dessus. Je le sens sourire. Il me serre fort contre lui, me soulevant presque du sol.
-Yoru…Tu m'as manqué…
-Ca ne fait qu'une heure qu'on s'est quittés. Tu commences à t'attacher à moi, Sasuke ?
Je le regarde en esquissant une moue indignée.
-Non…
-Tu mens très mal…
Il vient doucement effleurer ma bouche puis l'embrasse.
Nos langues s'entremêlent pour former une danse magistrale. Ses mains descendent vers mes fesses et les caresse à travers le tissu. Je gémis longuement, satisfait. Il rompt le baiser et me regarde tendrement derrière son masque.
-Tu ne veux toujours pas l'enlever ?
-Non. Ce n'est pas une nécessité.
-Je veux te voir.
-Mais, je suis là.
-Idiot. Tu m'as parfaitement compris.
-Pas le moins du monde. Tu me fais un cours, rien que pour moi ?
Il se rapproche de nouveau de mes lèvres, les mordillant délicatement. Il nous fait reculer pour me bloquer contre le mur.
Il place une de ses jambes entre les siennes, la pressant contre mon entrejambe. Je soupire de bien – être à nouveau.
Est – ce qu'il se passe quelque chose en moi ? Dans ma tête ? Dans mon cœur ? Est – ce un sentiment nouveau ? Ou le simple fait que je le désire… ?
Je ne sais plus. Yoru me fait perdre la tête, la notion du temps et mes sens. Je ne me sens plus, je perds pied quand je suis avec lui. Je ne me soucie plus de cette haine que j'ai contre mon frère, de la douleur de la perte de mes parents et de l'indifférence des gens qui m'entoure. Je me sens vivre. Aimé par quelqu'un…Protéger. Chérir.
Je redoute le moment où mon corps ne sera plus contre le sien, ses lèvres sur les miennes… Je ne veux pas qu'il parte, qu'il me laisse seul face à moi – même. Mais, comment le lui dire ? Je ne sais pas jongler avec les mots. Je ne sais pas m'y prendre. Faut – il juste que je lui dise « reste » ?
Aime – moi, Yoru. Aime – moi aussi fort que je peux t'aimer. Fais – moi tien, laisse – moi t'appartenir. Enivre mes sens et fais – moi ressentir le goût de la liberté et de l'amour partagé.
Ne me laisse pas dans mon monde de douleur et de tristesse. Ce monde constitué de noir. Fais – moi voir la lumière. Fais – moi ressentir ce sentiment qu'est l'amour. Aide –moi à me sentir mieux dans ma peau. Guéris – moi de toutes ces blessures et toutes ces traces sur mon corps… Aime – moi…
Je me réfugie dans ses bras, humant son odeur boisé et sauvage.
-Yoru ? Y'a t – il un sens à la vie ? Y'a t – il quelqu'un sur Terre qui peut nous faire vivre ? Qui peut nous aider ?
-Sûrement. Tu ne l'as pas encore trouvé ?
-Je ne crois pas… Mais, j'aimerai tellement pouvoir me reposer sur quelqu'un.
-Ca viendra avec le temps. Mais, tant que tu ne l'as pas trouvé, tu peux te reposer sur moi, tu sais.
-Tu veux bien ?
-Evidemment. De toute façon, je serais près de toi jusqu'à ce que la mort m'emporte. Et plus encore.
Je plonge dans son regard puis l'embrasse aussi amoureusement que je le peux.
-Je crois que je ressens quelque chose pour toi, Yoru. Tu me fais oublier ma peine et je suis bien quand tu es près de moi.
-Tant mieux alors. Si je peux te faire du bien, c'est tout ce qui compte.
-Et toi, qu'est – ce que tu ressens pour moi ?
-C'est difficile à dire. J'ai besoin de toi, c'est indubitable. Mais, je pense que nous deux, ce n'est pas possible.
Mon petit monde de bonheur s'effondre à l'entente de cette dernière phrase.
-Pourquoi pas ?!
-C'est compliqué. Je… Je ne suis pas un homme facile. Et je voyage beaucoup. Je ne pourrais pas être souvent au – près de toi.
-Je pourrais te suivre. Je ne suis pas malade en bateau, j'adore prendre le train et je n'ai pas peur de l'avion.
-Ce n'est pas question de ça. Tu ne peux pas comprendre, Sasuke. Enfin, pour l'instant.
-Qu'est – ce qui empêche que je comprenne ? Ton masque, c'est ça ?
-Tu es perspicace.
-Montre – moi. Je te promets de ne pas m'énerver, Yoru.
-Tu ne pourras pas ne pas t'énerver. C'est trop douloureux. Et tu vas en souffrir si tu me vois complètement.
-Peu importe. C'est ton masque qui empêche une relation entre nous qui me fait souffrir. Montre – moi ton visage, Yoru.
Il me fixe intensément, cherchant à me dissuader mais, je soutiens son regard. Il finit par soupirer.
-Comme tu voudras.
Ses mains se dirigent vers ses oreilles et tirent doucement sur le masque. J'observe ses gestes.
Une fois retiré, il le baisse lentement, en fermant les yeux.
Je déglutis difficilement en contemplant le visage de mon interlocuteur. La joie n'est plus à son comble et mes sourcils sont légèrement froncés. Mon regard devient haineux mais, je ne dis rien.
-Tu es content, Sasuke ? Voilà ton cher Yoru sous son vrai visage.
-Toi…
-Si tu verrais la haine dans tes yeux. Je mourrais presque sur place, tellement ça me fait du mal.
-Comment peux – tu être Yoru… ?
-Ce n'est qu'un nom, Sasuke. Les faits sont là.
-Itachi…
-Je ne regrette pas cette soirée avec toi. Mais, toi, tu dois avoir un goût très amer.
Je ne dis rien. Je le regarde…
-Je peux partir maintenant. Je crois que pour le coup, on peut se dire adieu.
Il ouvre la porte et la referme. Ses pas deviennent de plus en plus inaudibles.
Je reste au même endroit pendant quelques minutes avant d'aller sur le canapé. Je prends mon téléphone et relis les messages.
Ma gorge se serre et mes yeux me piquent.
Il m'a menti… Comment le Yoru que je connaissais a t – il pu me mentir !?
Je m'effondre en balançant mon téléphone à mes pieds. Je le sens vibrer. Je le prends malgré moi en essuyant mes larmes. C'est "Yoru".
« Je suis tellement désolé de t'avoir fait autant de mal. Je suis sûr que tu es en train de pleurer ; je ne suis pas mieux. Je t'aime tellement. Je voudrais que tu me pardonnes… Je ne veux pas tout briser entre nous… Pardonne – moi. Je t'aime. »
Je relis le texto plusieurs fois avant de l'effacer ainsi que son numéro.
J'allume la télévision en me rongeant un ongle.
Je tombe sur un film à l'eau de rose comme je déteste mais, me surprends à le regarder quand même.
Je ne fais que penser à "Yoru", enfin à Itachi, pendant la nuit. C'est vers deux heures du matin que je finis par aller me coucher. Mon portable ne fait que vibrer mais je connais l'expéditeur.
Je ne les lis pas et ne réponds pas.
Je suis dans mon lit en pleurant encore et toujours. Encore trahi par quelqu'un. Encore blessé par mon amour. Encore trompé par cœur.
Quand est – ce que ce malheur s'arrêtera, bon sang ?!
Personne à qui parler. Personne à qui crier sa haine.
Je garde tout en moi, m'efforçant de me battre contre moi – même.
Vers trois heures, on toque à la porte. Qui ça peut bien être à cette heure – ci ? Si c'est Itachi, je lui claque la porte au nez.
Je tombe nez à nez sur l'un des deux hommes du bar de la veille.
-Je ne suis pas en service monsieur.
-Oh allez, tu peux bien faire ça pour moi. Et j'te payerai bien ! 1000 yens, ça te va ?
-Allez vous faire foutre.
Je claque la porte mais, elle est retenue par son pied.
-Fait pas ton coincé chéri, tu verras, on va bien s'amuser.
Il est costaud, je ne peux pas le nier. Je recule en le voyant avancer. On se retrouve dans la cuisine. Etant saoule, il ne saisit pas immédiatement ce que je fais. Je lorgne sur un couteau tranchant que je prends et l'arme devant moi.
-Barrez vous !
-De quoi ? Tu veux que je t'enfonce ça ? Tu ne préfères pas ce que j'ai entre les jambes ?
Je serre les dents et ma poigne sur le manche de l'objet.
-Allez, fais pas ton difficile. T'as du travail. T'es une pute, non ?
-Fermez – là !
Je saute sur lui, le couteau en avant mais, l'homme tombe brusquement par terre avant que je le touche.
Je regarde la personne qui se tient derrière. C'est lui... Son revolver est levé vers la cible, fumant encore.
-Tu l'as tué !!
-Aurais – tu préféré qu'il te viole, Sasuke ?
-Je sais me défendre ! Je n'ai pas besoin de toi ! Emmène – le et sors d'ici !
-...Comme tu voudras.
Je le regarde faire. La porte se ferme.
T'as pas changé. Toujours le même regard, toujours le même masque d'impassibilité sur le visage, toujours le même caractère, toujours la même personnalité...
Alors que Yoru, il avait un regard tellement doux, tellement amoureux, qui exprimait tant de promesses et tant de bonheur...
Mais, ce beau reflet que j'avais de lui s'est effondré, comme si rien ne c'était passé.
"Je serais près de toi jusqu'à ce que la mort m'emporte"... Ce n'est qu'un tissu de mensonge ! Il croit que je peux tout effacer comme ça ! Il a tué mes parents, bon sang ! A 13 ans, le merveilleux jeune homme qu'il était s'est transformé en monstre...
Il a tiré un trait sur sa vie pour…
Je rigole ; je ne sais même pas pourquoi il les a tués.
Parce que c'est un malade mental. C'est la seule explication que j'ai.
Je me recouche une nouvelle fois, en pensant à Itachi et l'homme qu'il a tué. Ce mec… Comment j'ai pu faire l'amour avec lui…
Je frissonne à cette pensée. J'ai aimé être sien, être dépendant de lui… Je me mets des claques mentales. C'est du passé. Je ne reviens jamais sur mes principes. Je ne lui pardonnerai jamais, quel que soit la raison de ce massacre.
Il les a tués et m'a abandonné par la suite. Peut – être qu'il m'aurait tué s'il m'avait trouvé…
Aujourd'hui, il réapparait dans ma vie comme si de rien n'était. Non mais, pour qui il se prend !
Mon poing atterrit au creux de mon oreiller.
Mon portable vibre encore une fois. Je le prends. A ma grande surprise, c'est un appel et non un message.
-Allô ?
-Je voudrais te revoir, Sasuke. Je pense qu'on a beaucoup de choses à se dire.
-Moi, je n'ai rien à te dire.
-Si. Tu peux au moins exprimer ta haine.
-…Où et quand… ?
-Demain matin, dix heures. Même chambre, même hôtel.
-Très bien.
J'éloigne mon téléphone de mon oreille et m'apprête à l'éteindre quand j'entends sa voix m'appeler.
-Sasuke ?
-Quoi ?
-Je t'aime.
Je lui raccroche au nez. Mes yeux me piquent comme tout à l'heure.
-Putain… !
Je déverse ma peine. Mon subconscient essaye dans bien que mal de trouver des excuses à Itachi. Peut – être avait – il été forcé ? Peut – être qu'il n'était pas dans son état normal ?
…Je ne sais plus quoi penser. J'aimerai croire que je suis tombé dans le plus cruel des cauchemars. Je veux être dans les bras de Yoru… J''ai besoin de lui…
-Itachi…
Mon oreiller capture mes larmes.
J'ai tellement accumulé de souffrance depuis que je suis jeune que je me demande par quel miracle je suis encore en vie.
J'ai du mal à tenir debout, je voudrais me laisser aller.
La fatigue me gagne, je m'endors en rêvant sûrement de Yoru…
La lumière du matin passe à travers les volets de ma chambre et le chant des oiseaux me réveillent doucement.
Je vais lentement dans la salle de bain. Je me pose devant le miroir et contemple mon visage encore endormi et mes cheveux en bataille. Je passe un gant pour me réveiller avant de descendre déjeuner.
Ceci fait, je mets ma tasse de café dans le lavabo et remonte dans ma chambre. Je choisis un jean noir moulant, troué au niveau des genoux ainsi qu'un tee – shirt blanc à l'effigie d'un rocker et une veste noire. Je manque de tomber en enfilant mon pantalon. Je repasse dans la salle de bain et prends un crayon Khôl noir. Je m'en mets sous les yeux puis sors de la maison. Je vais en direction de l'hôtel de la veille, pour le rendez – vous.
Je demande la même chambre et monte à l'étage.
J'enlève ma veste et m'installe sur le canapé en attendant silencieusement. Encore 10 minutes et il devrait être là. Je ne reste assis que quelques secondes, je vais ensuite faire les cent pas.
La porte s'ouvre sur mon frère, toujours habillé élégamment.
-Je suis content que tu sois venu, Sasuke.
-Dépêche, j'ai pas que ça à faire.
-Asseyons nous, veux – tu…
Je m'exécute en lui emboîtant le pas.
Il se racle la gorge avant de commencer son récit.
-Le jour de l'assassinat de toute notre famille, je n'étais pas le seul à les éliminer. J'étais extrêmement doué à l'arme à feu, c'est vrai. Mais, jamais je n'aurais pu les tuer seul.
-Tu avais un complice ?!
-Oui. Mon mentor, mon enseignant…
-Qui ?
-Madara Uchiha. Mort depuis trois ans.
-Mais pourquoi ??! Pourquoi les avoir tués ?!! Ils étaient innocents ! Ils n'avaient rien fait !!
-Si justement Sasuke !!
Je sursaute devant le ton haineux d'Itachi.
-Ils avaient tout à se reprocher !! Je ne regrette pas de les avoir tués.
-Qu'est – ce qu'ils ont fait de si mal ?!
Itachi se lève et enlève le haut de son costard. Il se tourne, tout en parlant.
-Voilà le pourquoi.
Mes yeux s'ouvrent au maximum. Des cicatrices énormes ornent son dos.
-J'ai subi ça pendant des années, Sasuke. Les brûlures, les coups, les viols… Le pourquoi j'ai tué mon père…C'était parce qu'il voulait te faire connaître le même destin funeste !!
C'est un coup – de – poing extrêmement violent que je reçois en plein estomac.
Je le regarde apeuré.
-C'est impossible !! Tu mens ! Père n'aurait jamais fait ç-
-Père…Père… Père était un monstre qui n'espérait qu'une seule chose et c'était te voir mourir blessé, humilié et violé !!! Ouvre les yeux : Père te détestait !! Il te détestait parce que tu étais parfait !! Le fils parfait !! Tu avais tout pour toi !! L'amour du monde, un visage d'ange, un corps parfait, des compétences exceptionnelles ! Père ne le supportait pas !! Si je l'avais pas tué Sasuke, tu aurais fini dans un bordel à l'autre bout du monde !!
Des larmes douloureuses coulent sur mes joues.
-Pourquoi me haïssait – il ??
-Je te l'ai dit : tu étais parfait… Je t'ai sauvé la vie en me sacrifiant plusieurs fois. Ne trouvais – tu pas que certains oncles étaient trop attentionnés envers toi ? Qu'ils avaient des gestes déplacés ? Souviens – toi, Sasuke…
Des flashs du passé renaissent dans ma tête. Je me souviens de cette main sous mon tee – shirt, de ces lèvres dans mon cou. Tout ça alors que je n'étais qu'un gamin de 5 ans, innocent mais, déjà promis à tant d'hommes…
Mes larmes redoublent d'intensité.
-Je sais que c'est dur à entendre mais, c'est la stricte vérité…
-Je ne peux pas y croire, je ne peux pas !! Père n'était pas un homme comme ça… !
-Si malheureusement… Tout le monde était avec lui.
-Même Mère ?!
-…Je n'en sais rien. Je n'avais pas eu le temps de vérifier, le temps pressait. De toute manière, personne ne devait survivre.
-Qu'est – ce que tu veux dire ?
-Tu aurais dû mourir, toi aussi. J'aurais dû te tuer. Mais, lorsque je suis entré dans ta chambre, tu dormais si paisiblement. Le petit être que tu étais ne se doutait de rien. Je n'ai pas eu la force de prendre de ta vie… J'ai pensé que ça vaudrait mieux pour te le monde si personne ne survivait… J'avais prévu de me suicider, après t'avoir ôté la vie… Mais, le simple fait de te voir à changé mes plans… Tu étais si beau. Je n'ai pas pu. Je te demande pardon de t'avoir fait autant de mal… J'espère que tu comprends que c'était pour ton bien…
Itachi s'accroupi par terre, juste devant moi, implorant mon pardon. Je suis complètement perdu. Ma vue se trouble...
Le choc est trop rude pour ce que puisse le combattre. Je ne veux pas le croire… Pourquoi Père… ? Je faisais tout pour que tu me remarques et tous ces efforts m'ont conduit à ta haine de moi ?... Je ne comprends pas… J'étais un petit garçon parmi tant d'autres, à part que je portais le nom prestigieux des Uchiha. C'était tout. Je ne faisais rien pour me faire remarquer, au contraire. J'étais plutôt timide et réservé. Alors pourquoi est – ce que j'ai attiré des foudres ? Et ce désir de me voir souillé… pourquoi était – ce si important pour toi de me voir finir ainsi… ?
Ca fait mal… Je ne vois pas ce que j'ai fais de mal et ça me bouffe.
Je n'ai rien fait pour être ce que je suis.
-A chaque fois que tu ouvrais la bouche, Père disait que ce n'était pas normal qu'un gamin comme toi était aussi pur, aussi beau, aussi intelligent. Il disait que tu pouvais lui rapporter bien plus d'argent en un mois dans un bordel, que lui en un an de travail acharné. Ca me dégoûtait…Comment notre propre père pouvait songer à te prostituer ? Il disait qu'à 8 ans, tu serais prêt à y aller… Tu avais déjà des oncles qui te voulaient. Je ne pouvais pas le laisser faire, c'était plus fort que moi. Je ne voulais pas que tu vives ce que j'ai vécu.
Je lève brusquement mon regard rempli de larmes vers lui.
-Parce que tu l'as vécu ?!
-Oui. Plus d'une fois. Combien de fois nos oncles m'ont pris en "vacances" pour me…m'avoir dans leur lit, sans que leur femme sache. Combien de fois ils m'ont photographié nu, soumis et drogué… Combien de fois ont – ils prient une vidéo de nos ébats… Et combien de putain de larmes j'ai pu verser ??!
Je reste sans voix, me contentant de le regarder. J'ai tellement mal pour lui. J'observe son visage crispé de haine.
Je pose ma main sur son genou en baissant la tête et en laissant couler d'autres larmes.
-Je suis désolé, Itachi…
-Tout ça appartient au passé, Sasuke. Tu n'as pas à t'excuser. C'est moi qui ai mal fait les choses.
-Non au contraire !! Tu…tu m'as sauvé la vie, grand – frère…
Il tourne la tête vers moi, visiblement troublé par ma fin de phrase. Je l'ai appelé "grand – frère" et pas "salaud", "ordure" ou quelque chose dans le genre.
Je rougis de gêne. Je jette un coup d'œil en sa direction en constatant qu'il me regarde toujours.
Je rebaisse ma tête mais sa main m'en empêche. Il la tourne vers moi et se penche sur mes lèvres. Il les frôle puis les embrasse tendrement.
Une vague de chaleur me submerge. Je participe aussi à l'échange. Entre chaque baiser, il me répète des "je t'aime" fiévreux.
Il monte progressivement sur moi, ne quittant pas mes lèvres. Ses mains viennent voguer sous mon tee – shirt sans aucune gêne. Mes lèvres partent dévorées mon cou et finissent par me faire un suçon. Je pousse un long gémissement. Il lève ma chemise et ses dents vont mordiller un de mes tétons, déjà dur. Je suis bien…
-Je t'aime…
Je me cambre en disant ces trois petits mots. Il abaisse mon jean et mon boxer puis prend ma virilité en bouche. Sa langue chaude s'enroule autour. Ma main gauche est perdue dans ses cheveux tandis que mon bras droit cache mes yeux. Je gémis une nouvelle fois en arquant mon dos. Ses mains glissent sur mes fesses, les palpant avec envie.
Il quitte mon membre pour retirer son pantalon. Je me redresse à l'aide de mes mains et contemple le corps de mon frère. Il est bâti comme un dieu. Ces muscles se contractent à vue d'œil lorsqu'il sent mes mains sur sa peau.
-Cette fois – ci, je prends les commandes.
Je le pousse sans ménagement. Il tombe sur le dos en me jetant un regard interrogateur.
-Qu-… !
Je prends son membre et fais de long va – et – vient tout en le regardant. Je passe ma langue mutine sur mes lèvres en lui faisant un regard provocateur.
Il inspire fortement en fermant les yeux. Je dirige ma tête entre ses cuisses, en mordant une au passage. Ses gémissements sont rauques et graves. Je remonte vers ses lèvres et détache ses cheveux. Ils forment une cascade sur ses épaules.
Mes yeux s'illuminent de plaisir. Je retourne à la rencontre de sa verge que je prends en bouche.
J'y dépose quelques baisers tout le long avant de passer ma langue sur le bout.
Il se mord les doigts puis en glisse un entre ses lèvres. Je vois sa langue s'entortiller autour. Cette vision me donne envie de le prendre, là, maintenant.
-Ne joue pas à ça, Itachi… Je ne vais pas tenir longtemps…
Il ouvre ses yeux et me fixe avant d'enfourner un deuxième doigt. Je rigole en me mordant la langue. Je caresse son torse en formant des zig – zag.
Je m'allonge sur lui avant d'unir nos lèvres. Une de ses mains glisse dans mes cheveux et l'autre caresse mes fesses.
Je brise le contact et redescend finir le travail.
Je passe mes lèvres sur son membre avant de prendre l'intégralité. Je le caresse entre ses cuisses puis vais titiller son intimité. Il remue, montrant que cette soumission ne lui plait pas.
-…sale petit pervers… !
Je pousse un léger rire entre deux va – et – vient.
Il ne tarde pas à jouir dans ma bouche. Je souris, satisfait de le voir si fatigué, si troublé. Je me lève et vais dans la cuisine.
-Tu ne vas pas arrêter les hostilités maintenant ?
-Bien sûr que non ! Par contre, cette fois, tu restes dessous.
-On verra. Dis…Tu fais quoi… ?
-J'amène une surprise.
Je retourne sur le sofa en souriant mystérieusement.
-C'est quoi ?
Je tends l'objet de ma convoitise. Ses yeux deviennent ronds comme des soucoupes.
-Du Nutella ?! Tu ne veux pas manger du Nutella maintenant ?!
-Et pourquoi pas ?
J'ouvre le pot et plonge un doigt à l'intérieur en fixant Itachi dans un soupire coquin.
J'enfonce mon doigt dans ma bouche après avoir pris un peu de pâte au chocolat.
Je le sors de ma bouche en continuant de le lécher, du bout de ma langue. Ses yeux sont toujours aussi écarquillés, ce qui me fait rire intérieurement.
Je reprends encore un peu de pâte sucré et en passe sur mes lèvres. Itachi comprend le message et vient m'embrasser pour l'enlever. Il suçote ma bouche tandis que je passe mes bras autour de son cou et mes jambes autour de sa taille. Il me soulève un peu et me pénètre doucement, tout en léchant le reste de chocolat.
Je bouge mon bassin en gémissant. Sa langue vient danser avec la mienne après avoir finit son travail. Il griffe mon dos et mord mon épaule. Nouveau suçon. Ses bras serrent fort ma taille en faisant des mouvements délicieux en moi.
Il est profondément encré en moi et touche le point de gravité qui me fait voir les étoiles. Un son rocailleux se fraye un chemin hors de mes entrailles et se perd dans les oreilles de mon amant.
Ma tête tombe en arrière. Je libère quelques larmes de douleurs. Itachi les happe d'un coup de langue.
Il accélère de plus en plus vite. Je me laisse aller. Ma semence se colle à son torse. Il sourit tendrement en cessant ses va – et – vient. Je l'embrasse amoureusement en soupirant de bien être.
-Je t'aime, Sasuke… Je t'aime…
-…moi aussi je t'aime…
Un sourire amoureux nait sur ses fines lèvres.
-Je veux faire ma vie avec toi…
-Jusqu'à ce que la mort nous sépare… ?
-Oui. Jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Je me blottis contre lui et m'endors sous ses caresses…
