Disclaimer : L'histoire est fondée sur des personnages et un univers qui appartiennent au talentueux Thomas Harris. Je ne touche pas d'argent en l'écrivant et je ne possède malheureusement pour moi que le personnage du Dr Rose Sullivan.
Note : Deuxième vignette, plus courte que la précédente, malgré la non-reviewation (néologisme quand tu nous tiens…). J'espère que vous l'apprécierez et sachez que je ne mettrais pas le prochain chapitre sans review. Je déteste employer ce genre de chantage qui me semble prétentieux, mais je dois avouer qu'il est déplaisant de ne pas avoir de retour, même quand c'est pour dire "j'aime pas ce que tu fais"…
Deuxième vignette :
-Je ne comprends pas pourquoi vous insistez à ce point ! Lecter n'est pas votre patient et vous l'avez rencontré il y a trois jours. Je ne vois pas ce que vous…
-Je vous répète que je ne veux pas le voir en tant que malade, mais en tant que confrère. J'écris un nouvel article et je souhaite avoir son avis. Vu le nombre d'étudiants et de médecins qui viennent lui rendre visite, je ne comprends pas pourquoi vous faites tant de difficultés dans mon cas.
Le manque de passion dans la voix de Rose désarma Chilton. Après tout, il n'avait pas de raison de l'empêcher de Lecter à nouveau, en dépit que lui avait causé le fait qu'il avait parlé à Sullivan, alors qu'il refusait de lui adresser la parole depuis deux ans.
-Franchement, miss Sullivan…
-Docteur Sullivan, s'il vous plaît, rectifia Rose de sa voix la plus froide (l'agacement était une émotion qu'elle contrefaisait correctement). Je vous demande votre accord par courtoisie, mais dans l'absolu, je n'ai pas à le faire. Après tout, je travaille ici, et il n'y a pas de restrictions de ce genre dans mon contrat.
Chilton eut un geste agacé.
-Très bien, si c'est pour votre article, allez-y. Mais n'oubliez pas à quel point il est dangereux.
-Très franchement, Docteur Chilton, répliqua-t-elle en se levant pour sortir, vous non plus ne devriez pas l'oublier.
-Je ne vous attendais pas si tôt, Docteur Sullivan.
-Et moi, je dois avouer que je ne pensais pas revenir. Pourrais-je avoir votre opinion sur cet article en avant-première ?
-Il est bon… du point de vue du style. Et il ne contient pas d'ineptie, cette fois-ci. Vous êtes meilleure historienne de l'art que psychiatre.
Rose haussa les sourcils puis secoua légèrement la tête.
-J'ai fait ma thèse sur le Raphaël. Allez-vous glisser cette fine allusion à ma profession dans votre critique ?
-Non. Mais vos compétences n'ont rien à voir avec votre sujet de thèse. Vous manquez d'empathie.
-Cela évite le contre-transfert, rétorqua Rose d'une voix tranquille.
Lecter observa les mains de la jeune femme, puis se replongea dans la lecture de son article. Au bout d'une minute ou deux, il reprit la parole.
-Avez-vous conscience de ce que vous dessinez, Docteur Sullivan ?
-Pas au moment où je le dessine. Et je ne sais pas toujours que je dessine. Vous êtes le premier à vous intéresser à cela. La plupart des gens pensent que je prends des notes. Les autres se disent simplement que je suis folle.
-C'est parfois une étiquette bien utile.
-Vous en êtes un exemple flagrant.
Lecter ne sembla pas réagir à ce qu'elle disait et reporta son attention sur son carnet.
-Ressentez-vous la douleur physique ?
-Non. Mes parents m'ont fait voir des médecins innombrables, mais on ignore d'où ça vient exactement. Ce serait génétique.
-Avez-vous des souvenirs d'enfance ?
-Pas avant mes 7 ans. Mais pourquoi ces questions ?
Lecter eut l'air songeur.
-Votre façon compulsive de dessiner m'intrigue. J'ai le sentiment qu'il ne s'agit pas seulement d'une manie. Cela m'intéresse.
-Etes-vous en train de dire que vous voudriez que je sois votre patiente ? C'est assez incongru dans nos situations respectives. Vous n'espérez tout de même pas que je vais accepter ?
-Je dois reconnaître que c'est en effet assez inhabituel, mais je ne peux pas vous faire de mal. A quelque niveau que ce soit.
Rose se leva et s'approcha de la vitre à une trentaine de centimètres et planta son regard dans celui du Dr Lecter.
-Et si cette cage n'était pas là, vous m'en feriez ?
-Ne soyez pas grossière.
-Je ne pensais pas l'être, répondit-elle en levant les mains d'un geste qui se voulait apaisant, mais il est légitime de se poser la question. Après tout, vous avez tué certains de vos patients.
-Seulement ceux qui m'ennuyait.
D'un point de vue purement objectif, on nageait en plein surréalisme. Après tout, il était le prisonnier et elle était le médecin. Techniquement, c'est elle qui aurait dû le traiter, pas le contraire. Et les motivations d'Hannibal Lecter étaient très nébuleuses. Elle savait qu'il recherchait toujours un moyen d'échapper à son ennui et qu'il aimait surtout faire du mal. Alors, la déclaration qu'elle fit ensuite fut totalement illogique.
-Très bien. Mais je me réserve le droit d'arrêter à n'importe quel moment.
-Bien évidemment. Nous pourrions y consacrer une heure par semaine, peut-être plus, selon les besoins… Revenez donc mercredi prochain à 4 heures. Et j'aimerais que vous apportiez donc le carnet que vous aviez lundi. Vos dessins peuvent nous apprendre des choses. Nous travaillerons à partir d'eux.
-Très bien.
-Je suppose que vous les gardez tous.
-Tous depuis le premier. Par ordre chronologique. Cela prend beaucoup de place.
-Nous verrons du plus récent au plus ancien. A mercredi, Docteur Sullivan.
-Au revoir, Docteur Lecter.
