Chapitre 2 : Fuir ou ne pas fuir, telle est la question...
Je n'avais pas besoin de regarder si Edward m'avait suivi ou non, il était déjà entrain de courir à mes côtés. Je ne dis pas un mot, de toute façon, il m'entendrais par le biais de mes pensées. Ma colère avait disparue, mais pas ma culpabilité, j'avais même l'impression qu'elle grandissait de secondes en secondes. L'idée que j'aurais pu la tuée me mettait hors de moi, je m'en voulais de n'avoir pas pu me contrôler. Je me mis à courir de plus en plus vite, à croire que ça me ferai penser à autre chose, et ça semblait marcher. Je m'arrêtais de temps à autre pour me nourrir, et continuais à courir sans vouloir m'arrêter. Après de longues heures, Edward finit par s'arrêter et me toiser alors que je continuais à courir.
- Ou comptes-tu aller ?
Je soupirais et m'arrêtais à mon tour avant de me retourner pour lui faire face, je lus dans son regard de la détermination, il ne me laisserai sans doute pas faire ce que je m'apprêtais à faire...
- Je ne sais pas, je vais peut-être retourner en Alaska pour quelques temps, j'ai juste besoin d'un peu de temps, je ne préfère pas empirer les choses en revenant au lycée, demain ou même n'importe quel autre jour.
- Fuir ne servira à rien !
Nouveau soupir. Tous ce que je voulais c'était m'isoler un peu pour réfléchir, personne ne peut le comprendre, merde, j'ai failli assassiner quelqu'un aujourd'hui et révéler par la même occasion ce que je suis vraiment !
- Ça s'arrangera, tu verras, avec le temps tu t'y habitueras, si tu le veux vraiment bien sur.
- Je ne comprend pas comme tu as pu y arriver, toi. C'est complètement impossible !
- Si moi j'ai réussi, toi aussi tu le pourras. J'avais toutefois de bonne raison d'essayer : Premièrement, tout comme toi, je ne voulais pas tuer et deuxièmement, je suis tombé amoureux d'elle.
- Alors c'est ça ma seule solution, tomber amoureux d'elle ?
Il rit doucement. Voilà qui n'arrangeai rien à ma situation et puis je m'étais promis de ne plus jamais retomber amoureux, le souvenir de ce que j'avais fait à Lucie me revint en mémoire et la haine pris possession de moi. Je fermai les yeux, serrais les poing et me concentrais sur autre chose. Mais ce fut pire, l'image de Lucie se transforma en celle de Casey et ce fut maintenant elle que je me voyais tuer. Edward devait assister à tous ça, et je m'en voulais de lui faire montrer les pires choses que j'ai faites et peut-être que je ferai encore. Je sentis une main s'abattre sur mon épaule et mes paupières se soulevèrent d'un coup. Edward se tenait devant moi et me souriait doucement.
- Tu te fais du mal pour rien, tu ne lui feras absolument rien, je le sais...
- Comment peux-tu le savoir ? Marmonnais-je en contrôlant difficilement la haine qui se déferlait en moi comme un poison.
- Je t'aiderai, je te le promets.
Toujours des promesses. Que pouvais-je répondre à ça ? Merci ? Non c'était bien trop insuffisant, il allait m'aider, mais si ça ne suffisait pas encore ? Je ne voulais plus me risquer à l'approcher une nouvelle fois, ni elle, ni aucun autre humain, j'étais encore trop inexpérimenté pour ça, pire, j'étais un danger, un monstre incapable de se contrôler...
- C'est bien pour ça que je vais t'aider. Répondit Edward à ma pensée en levant les yeux au ciel, et je ne pus m'empêcher de sourire.
Je n'allais pas fuir, il avait raison, ça ne servait à rien, rester cloitré dans la villa serait une bien meilleure idée. Je le vis lever les yeux au ciel une nouvelle fois, je réprimais un rire et fis demi tour sans plus attendre. Une nouvelle étape s'imposait à moi et je devrais tout faire pour la réussir. Autant dire que c'est quasiment impossible...
Le trajet jusqu'à la villa fut bien plus court que je ne l'aurai imaginé et j'eus envie de rebrousser chemin une nouvelle fois, mais cette fois-ci ce n'était pas pour fuir cette fille, mais ma famille, je ne voulais surtout pas entendre ce qu'il aurait à me dire, ni à devoir subir les reproches de Rosalie. surtout pas ça... Edward éclata de rire en entendant cette pensée et je le foudroyait du regard, ce qui le fit rire encore plus. Je soupirai et franchis les derniers mètres qui me séparaient de la villa.
Quand je franchis le seuil, tous le monde était présent mais personne ne daigna m'accorder de l'attention. Alors quoi ? C'est tout ? J'ai failli tuer une fille aujourd'hui et c'est tout ce que ça leur fait ? Décidément, je ne les comprendrais jamais. Même Rosalie ne réagit pas, enfin pas vraiment, elle me lança juste un simple regard qui aurait pu me tuer si elle avait eu des flingues à la place des yeux, mais c'est tout... Je restais planté en plein milieu du salon, totalement hébété. J'avais une folle envie de hurler, mais je me retint tant bien que mal, j'avais l'impression que ce n'était plus moi qui avait un problème. C'en était trop, il fallait que je dise quelque chose, n'importe quoi, mais quelque chose qui déclencherai tout, les leçons de moral de Carlisle, les reproches cinglantes de Rosalie, le réconfort d'Esmé et les blagues douteuses d'Emmett.
- Je suis désolé...
Bien joué mec ! On t'as demandé de dire quelque chose, pas d'empirer les choses !
- Et tu voudrais qu'on te pardonne peut-être ? Lâcha enfin Rosalie. T'es vraiment qu'un imbécile, mais à quoi tu pensais, tu ne sais donc pas te retenir !
- Parce que tu crois vraiment que je l'ai fait exprès Rosalie ? Tu ne sais pas à quel point ça a été difficile pour moi de ne pas la tuer, mais j'ai pris sur moi et résultat, elle est encore vivante. J'aurais très bien pu me laisser aller et la tuer en révélant par la même occasion ce que nous sommes vraiment, mais je ne l'ai pas fait, voilà une bonne raison de me pardonner !
Nos visages etaient quasiment collé l'un à l'autre, bien qu'elle du se mettre sur la pointe des pieds pour me faire face. Tous le monde semblait avoir repris vie et Carlisle posa sa main sur mon épaule pour me faire reculer tandis qu'Emmett emmenait Rose à l'étage, sans doute pour la calmer.
- Tu n'as pas à t'excuser Riley, c'est un accident c'est tout, nous ne te reprochons absolument rien. Nous aurions du le prévoir tous simplement, alors cesse de culpabiliser, c'est déjà arriver une fois, et regarde comment ça c'est terminé ! Me dit-il en désignant du menton Bella, Renesmée et Edward qui se tenaient dans un coin de la pièce. Ils se sourient et Carlisle reposa son regard sur moi en me souriant cette fois-ci.
Je ne savais pas si je devais le croire, est-ce qu'il disait la vérité ou est-ce qu'il disait simplement ça pour me rassurer et faire en sorte que je ne culpabilise plus ?
Tous se bousculait dans ma tête, j'avais l'impression qu'elle allait exploser, je ne savais plus quoi penser, ni quoi faire d'ailleurs. Mon cerveau marchait au ralenti. Je ne me rendis pas compte que je fixais avec insistance cette famille unie. Bella me sourit doucement, un encouragement sans doute, rien qu'avec son regard, je savais ce qu'elle voulait me dire. Ce simple regard me suffit à reprendre un peu confiance. Et s'il avait raison, si j'arrivais à me controler et garder Casey en vie ? Edward avait bien réussi, alors pourquoi pas moi ? D'accord il avait 50 de plus que moi quand c'est arrivé et donc plus d'expérience, mais pour la première fois depuis l'incident, je me surpris à croire que c'était possible.
Par ailleurs, je n'avais jamais compris pourquoi Bella était si gentille et attentive avec moi, mon but avait quand même était de la tuer la première fois que nous nous étions vus...
Comme je l'avais prévu, Esmé me pris dans ses bras, mon étreinte fut maladroite et indécise, mais ça resté réconfortant tout de même. Emmett qui avait refait surface, plus serieux que jamais, ne blagua même pas, il se contenta de m'assener une tape dans le dos, sans doute la seule chose qu'il savait faire pour donner un peu de courage à quelqu'un. Nessie, elle, ne réagi même pas, elle resta planté dans son coin, les sourcils froncé, sans doute en pleine réflexion.
Cette fille est vraiment jolie ! Commenta Alice. Mais son avenir est tellement flou, elle ne sait vraiment pas ce qu'elle veut !
Tout le monde la fusilla du regard, quant à moi, je souris bêtement, pour leur faire croire que je ne culpabilisais plus, évidement, personne n'eut l'air de me croire, tans pis, j'aurais essayé !
Préférant la solitude, je regagnai ma chambre en silence. Je n'irai pas au lycée demain, ça c'est certain, il est encore beaucoup trop tôt pour moi, pour elle. Les yeux rivés vers l'horizon, mon esprit vagabondait, posant le pour et le contre, je ne vis pas le temps passer, le soleil se coucha peu à peu pour laisser place au ciel noir de la nuit. Je sortis de ma rêverie quand quelqu'un toqua à ma porte, je ne me retournais pas cependant, sachant déjà de qui il s'agissait, je connaissais aussi ses intentions, c'était d'ailleurs la seule chose que ma famille avait en tête en ce moment même. Je refoulais mon envie de soupirer et affichait un masque serein, j'essayais en tous cas.
- Entre, Nessie !
- Je ne te dérange pas ? Me demanda-t-elle d'une toute petite voix.
- Bien sur que non !
Nessie et moi avions une relation très particulière, elle m'aidais, me soutenais quand j'en avais besoin et vice versa. J'ai trouvé en elle la sœur que je n'avais jamais eu. Elle vint sans bruit se poser à mes côtés et fixa elle aussi l'horizon, sans dire un seul mot. Elle posa sa tête sur mon épaule et nous restâmes ainsi un moment. Le silence qui s'était installé entre nous frisé l'embarras, et le ridicule ! Je sentais qu'elle avait quelque chose à dire, mais qu'elle n'osais pas, et comme d'habitude, je devrais la poussé pour qu'elle crache le morceau.
- Alors, ta journée ? Demandais-je sur un ton détaché.
Elle soupira bruyamment et je ris. Elle posa sa main sur ma joue et me montra en détails la journée qu'elle avait passé, un seul sentiments revenait le plus souvent : l'ennuie.
- J'aurai aimé que ma journée se passe exactement comme la tienne, tu sais ! Soupirais-je.
Nessie releva doucement la tête et me força à la regarder. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais la referma aussi vite avant de baiser la tête.
- Tu sais très bien que je ne suis pas très patient, alors dépêche-toi de me dire ce que tu as à me dire ! Dis-je sur un ton faussement autoritaire. Et ça semblait marcher puisqu'elle sourit, ça ne dura qu'une demi-seconde, mais c'était déjà ça !
- Je lui ai parlé... après que tu es perdu le contrôle. S'empressa-t-elle de me dire tellement bas que je dus presque lui demander de répéter... Je me raidis, une partie de moi voulais qu'elle me dise exactement ce que Casey lui avait dit, mais je savais que ce n'était pas une bonne idée.
- Tu n'étais pas obligé ! Après tout, elle doit être juste... traumatisé d'avoir vu mon regard de tueur, mais elle s'en remettra !
Je n'avais pas remarqué que ma voix avait monté d'un ton, j'étais en colère, une nouvelle fois...
- Je savais que tu réagirais comme ça ! Mais justement, c'est tout le contraire... J'ai même trouvé ça bizarre.
Alors ça c'était la meilleure ! Cette fille avait presque failli se faire tuer de sang-froid, et elle n'avait même pas eu peur... Incroyable !
- Elle est vraiment marrante et... bizarre, mais je l'aime bien ! Poursuivit-elle sur un ton neutre.
Je ne l'écoutais presque plus, en cet instant, la seule que je trouvais vraiment bizarre, c'était que j'étais heureux que Casey n'est pas peur de moi !
Voila c'est tout pour cette semaine, j'espère que ça vous a plu ! Je sais c'est un peu court mais je me rattraperais au prochain chapitre, promis ;)
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La semaine prochaine, c'est le chapitre 7 de ma première fiction "Les autres" qui sera posté, soyez au rendez-vous !!!!
Océane.
