Journal de Bella
Jeudi, 31 janvier 2002.
22h14,
Je suis si contente que tout aille mieux avec Edward.
Je l'aime toujours autant, peut-être même plus qu'avant... Après le cours d'anglais, Jasper est venu discuter avec Vic' et moi. Il nous a confié qu'il était étonné de ne jamais voir Tanya à leur appartement. Il a ajouté qu'elle ne téléphonait pas et qu'Edward ne parlait plus d'elle. D'ailleurs, il trouve que son colocataire parle que très rarement de lui et de ses sentiments. D'après lui, Edward ne fréquenterait plus Tanya et il serait amoureux d'une fille déjà prise.
Cela serait tout à fait possible !
Quand Tanya est présente à ses côtés, elle le colle sans arrêt mais, lui, il n'a pas l'air attiré par ses charmes. Je devrais même dire qu'il l'ignore. Mais, de là à dire qu'ils ne sont plus ensemble et qu'il en aime une autre... Je n'y crois pas réellement !
Pour changer de sujet, les années lycées me manquent énormément, enfin surtout les vacances, il y en avait tous les deux mois, maintenant, à l'université, il n'y en a pratiquement plus.
Ca s'empirera lorsque nous serons sur le marché du travail, comme tout le monde, cinq semaines de congés payés.
Emmet est très affecté par le départ d'Eric. Il n'en parle pas mais ça se voit. Il ne s'adresse plus à lui de la même manière, ça fait bizarre. De toute façon, il ne faut pas se leurrer, nous n'allons pas vivre ensemble éternellement. Chacun prend doucement son propre chemin. Je serais certainement celle qui gardera cet appartement. Vu ma situation amoureuse, les garçons vont partir vivre avec leur fiancée et, moi, n'ayant personne, je resterais seule. Ca commence déjà puisqu'Eric part aux Etats-Unis avec sa copine.
J'espère au moins que je serais heureuse dans mon travail... Si je n'ai que ça !
Salut.
Journal d'Edward
Jeudi, 31 janvier 2002.
Ca va beaucoup mieux avec Bella. Elle est venue me dire bonjour avant le début du cours. J'aime la voir aussi souriante. On parle de tout et de rien, mais c'est génial !
Jasper est sur son petit petit nuage grâce à sa nouvelle copine. Je lui ai dit qu'il pouvait l'emmener à l'appartement quand il le souhaitait. J'ai l'impression qu'il n'ose pas. Après tout, il est chez lui. Puisque je ne veux pas qu'il me paye un loyer, normal vu que c'est mon grand-père qui me l'a acheté, il fait les courses une fois par semaine. Heureusement qu'on ne mange pas comme des ogres !
J'ai, enfin, fini la lettre pour Bella.
Depuis qu'on se reparle, je n'ai plus envie de la lui donner. J'ai peur de sa réaction. Pour l'instant, je la garde dans la poche intérieure de mon blouson, quelque fois que le courage me revienne...
J'ai appelé le Directeur de la salle de musculation pour l'avertir de ma décision. J'ai accepté. C'est un métier que j'aime, les horaires sont supers et, en plus du salaire très intéressant, c'est près de chez moi. Je n'aurais même pas à me servir de ma voiture. Je vais gagner plus d'argent et je pourrais économiser de l'essence, que demander de plus ?
Salut !
Vendredi, 1er février 2002.
Plus que deux petites semaines d'enseignement du fitness.
Je ne verrais plus Bella tous les matins, que vais-je devenir ?
Rien qu'à y penser, je ressens déjà un grand vide.
Je suis très content qu'il n'y ait pas de vacances de février pour les étudiants, ça me laisse davantage de temps pour la voir, j'en profite.
Je me suis rendu compte que j'étais devenu un vrai romantique, limite fleur bleu, depuis que j'écris un journal intime. Par moment, je ne réalise pas que c'est moi qui ai écrit. L'amour, que j'éprouve pour Bella, y est également pour quelque chose.
Jasper s'étonne de ne pas voir Tanya. Je lui ai répondu que c'était normal, mais je n'ai rien ajouté. C'est grave tout de même, je n'ose pas avouer que je suis célibataire depuis des semaines. Je devrais en discuter avec lui. Il pourrait m'apporter son aide pour Bella. Il la connait bien. Et puis, j'apprendrais sûrement des choses que j'ignore à son sujet. Je saurais si je suis son genre et si j'ai une chance, même une toute petite... Je tenterais demain.
Salut !
Journal de Bella
Vendredi, 1er février 2002.
21h27,
Etant donné que c'est la dernière semaine des soldes, j'ai embarqué Vic' pour aller faire les magasins. Je me suis offerte une matinée de repos. Je suis rentrée les bras chargés de sacs. On peut dire que j'en ai profité.
Voici la liste de mes achats: une paire de baskets mauves Puma, un jean noir coupe droite, un pantalon beige taille basse, une longue jupe droite orange, une veste zippée col chemise vert amande, un pantacourt bleu clair en jean avec les rebords américains, une paire de chaussures noires à talons carrés, une nuisette courte rose bonbon, deux ensembles de sous-vêtements en dentelle, quatre paires de chaussettes bariolées et, enfin, un pull à capuche, le même que celui d'Edward.
Pour le tout, j'ai payé 274,41 euros.
De toute façon, il fallait que je me rhabille.
Vic', elle, a flambé. Moi, je regardais les prix, pas elle. Elle a dû dépenser aux environs de 700 euros. J'ai halluciné !
Elle m'a expliqué que, tous les six mois, pour les soldes, elle mettait de l'argent de côté exceptionnellement pour cette dernière semaine. Dans un sens, elle a raison mais, dans l'autre, je suis sûre qu'il y a des affaires qu'elle ne portera jamais. Elle est comme ça, Victoria. Parfois, elle achète un vêtement et elle me l'offre car, tout compte fait, ce n'est pas à son goût.
Bref, nous avons passé une excellente demi-journée, même si je n'ai pas vu mon "cher professeur". Je n'ai pas eu le temps de penser à lui, sauf quand je me suis payée le même pull mais ça n'a pas duré longtemps.
En parlant de lui, il a dû se demander pourquoi je n'étais pas présente à son cours. Vic' n'y va qu'une fois sur deux, moi, j'y suis pendant deux heures tous les jours, sauf le week-end naturellement.
J'ai dit à Emmet de lui dire la vérité, que je faisais les magasins... Pourquoi mentir ?
Voilà, plus que onze petits jours avant le départ d'Edward. Je sais que nous resterons en contact mais ce sera différent, je n'aurais plus de bonnes raisons pour me lever avec le sourire aux lèvres. A présent, j'irais en cours en trainant les pieds...
Bonne nuit.
Samedi, 2 février 2002.
23h46,
J'ai promis à Emmet de l'emmener dans le village, "La Gaude", où je passais mes vacances d'été. Ce n'est qu'à une trentaine de kilomètres. Il faut bien que je roule un peu avec ma nouvelle voiture, je dois avouer que je ne m'en sers pas beaucoup. J'habite près du centre-ville, la marche me suffit. Je l'utilise surtout pour aller faire les courses de la semaine, à Antibes.
Je n'ai rien fait de passionnant aujourd'hui, j'ai regardé la télévision et j'ai fait quelques révisions.
Voilà, c'est génial d'être une fille de 19 ans, je m'ennuie et je suis certaine que même les nonnes s'amusent plus que moi...
Il doit y avoir pire que moi, j'espère !
A demain.
Journal d'Edward
Samedi, 2 février 2002.
J'ai recommencé la lettre pour Bella. Au début, elle faisait deux pages recto-verso, à présent, elle en fait la moitié. Je vais l'écrire pour la garder en souvenir, au cas où j'arriverais à lui donner.
" Bella,
Je ne peux plus taire ces sentiments qui me hantent depuis des semaines.
Tu es la seule et l'unique dans mon coeur.
Si tu partages mes sentiments, je t'en prie, dis-le moi, ne me laisse pas déprimer dans mon coin. Il faut que je sache si j'ai la moindre chance de t'aimer librement et d'être aimé en retour.
Je suis ton ami, et je le resterais toujours, mais j'aimerais tellement être plus que ça...
Je t'aime,
Edward "
Ca fait un peu le mec désespéré mais je n'en peux plus de l'aimer en secret. Je deviens fou !!!
Maintenant, il ne me reste plus qu'à avoir le courage de lui transmettre et c'est le plus dur.
Je n'ai toujours pas parlé aux garçons, je n'y arrive pas !
C'est la première fois qu'une fille me met dans cet état-là.
Hier, Bella n'était pas à mon cours, Emmet m'a dit qu'elle était partie faire les magasins avec Victoria. Je n'en reviens pas, je n'aurais jamais osé avouer à un de mes profs la raison de ma véritable absence, mis à part si j'étais réellement malade. Elle n'a pas froid aux yeux. J'adore sa franchise et son franc-parler, on voit qu'elle a du caractère.
J'espère qu'elle sera là lundi.
Salut !
