Journal de Bella
Dimanche, 3 février 2002.
23h20,
Comme prévu, je suis allée me promener, avec Emmet, dans le village de mon enfance. Ca se situe entre Cagnes-sur-mer et Saint-Paul-de-Vence. Lorsque j'habitais dans le Pas-de-Calais, je passais toutes mes grandes vacances là-bas. Je n'y étais plus retournée depuis mon arrivée à Cannes, il y a de cela 10 ans. Pourtant, ce n'est pas loin de chez moi. Ca m'a fait drôle d'y aller. Je me revoyais, entourée de ma famille, en ce temps-là réunie, montant au village par les nombreuses marches en pierre. Nous étions tous essoufflés au milieu du parcours, il faut dire qu'il n'y avait que des pentes. J'ai été très étonnée en arrivant, je ne reconnaissais plus rien, je suis passée devant la villa, celle où je passais mes vacances, sans la voir. De nouveaux bâtiments sont apparus de tous les côtés. Le village s'est modernisé mais, malheureusement, ne s'est pas embelli. Le charme s'est quelque peu envolé. Je voulais montrer à Emmet le lieu où je rêvais de m'installer quand je serais prête à fonder une famille. A vrai dire, je n'en ai plus très envie. Je suis trop déçue.
Emmet m'a dit que son village d'enfance avait subi le même sort, qu'il n'y avait plus la chaleur d'antan et que ça ne lui faisait plus pareil de rendre visite à sa famille. A cause de la modernisation, on ne se sent plus chez soi.
Il n'empêche que je lui ai fait escalader toutes les marches de pierre, je lui ai fait croire que j'allais lui montrer l'endroit où j'ai reçu mon premier baiser. Mais, j'étais beaucoup trop jeune pour avoir vécu ma première histoire d'amour.
En repartant, nous sommes repassés par Grasse, la ville du parfum, pour nous en acheter quelques flacons.
De retour à l'appartement, Jasper et Edward faisaient une partie de jeu vidéo avec Eric.
Lorsque j'ai franchi la porte et que je l'ai vu, assis dans le fauteuil, mon coeur s'est mis à battre très, très, fort, comme si je venais d'escalader tout le village de La Gaude. Il était si beau avec sa casquette crème. Il s'est levé pour me faire la bise, je ne sais pas si j'ai rougi mais, à l'intérieur de mon corps, il faisait chaud. Il m'a dit que je sentais le printemps. Je crois que je vais adopter ce parfum pendant le restant de mes jours.
J'ai voulu les inviter à dîner mais Jasper avait un rendez-vous avec Alice et comme Edward avait pris sa voiture, il devait le raccompagner.
Si seulement il pouvait lire dans mes pensées et voir à quel point j'en suis folle amoureuse. Hélas, ce n'est pas demain la veille que mon voeu se réalisera.
Je suis allée prendre ma douche et, en sortant de la salle de bains, il n'était plus là, pourtant j'avais fait vite...
Avant que je commence à écrire, Emmet était dans ma chambre, il me parlait de sa copine, puis il a doucement dévié sur mes amours. Il m'a dit qu'il avait deviné mon béguin pour Edward, qu'il fallait que je lui en parle et qu'il pensait que c'était réciproque, naturellement, il ne dira rien à personne et gardera mon secret.
Je suis contente qu'il le sache, au moins j'aurais l'avis d'un homme sur le comportement à adopter face à un amour impossible, puisqu'Edward a une copine, ou peut-être qu'ils sont fiancés, en fait, je n'en ai aucune idée.
C'est ça grandir, on voit tout changer autour de soi, on voit des gens s'aimer, se déchirer et on tombe amoureux de personnes complètement inaccessibles, alors qu'il y en a des autres qui n'attendent que ça. Mais, c'est la vie !
Bonne nuit.
Journal d'Edward
Dimanche, 3 février 2002.
Emmet m'a invité à venir jouer au foot en salle, hier soir. N'ayant rien prévu, j'ai accepté.
J'ai vraiment l'air ridicule... Je dois être le seul mec de 23 ans qui ne sort pas le soir. J'ai des amis, je ne suis pas moche, je ne vis plus chez mes parents, je ne suis pas malade et je n'ai même pas de petite copine jalouse.
Tout ce que je sais faire c'est me morfondre dans mon grand appartement.
Jasper se pose de plus en plus de questions, je le vois bien, il se tait mais il ne comprend pas que je puisse m'isoler à ce point à cause d'une fille. A mon avis, il croit que c'est à cause de Tanya.
C'est promis, dès que j'en ai l'occasion, je lui dis toute la vérité par rapport à Bella. Pour l'instant, je préfère le laisser profiter de son après-midi, avec sa "Alice", dans le salon.
Je vais regarder un bon film dans ma chambre, comme un gentil gamin de 12 ans...
Salut !
(suite)
Je viens de rentrer, Eric était tout seul et il a pensé qu'on aimerait faire une partie de jeu vidéo, Jasper et moi. On a accepté puisqu'Alice devait repartir au restaurant, pour le service du soir. De toute façon, comme d'habitude, je n'avais aucun projet, et puis, l'espoir d'apercevoir Bella m'a immédiatement secoué. J'ai rapidement échangé mon survêtement contre un jean et un sweat. Je me suis dit que même si elle n'était pas là, elle allait forcément rentrer et, moi, je serais là !
Et ça a marché !
Lorsqu'elle est apparue dans le salon, j'ai pu lire sur son visage qu'elle était surprise mais contente de me voir. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps de discuter avec elle, elle est partie prendre sa douche et j'ai raccompagné Jasper, il devait aller rechercher sa copine et c'est moi qui conduisais. J'étais très déçu mais heureux quand même de l'avoir vu...
Lundi, 4 février 2002.
Je me suis fixé une date pour lui remettre la lettre: le jour de la Saint-Valentin. C'est le jour idéal !
Le 14 février, ce sera le dernier jour de fitness, ce sera également le jour du test final. Je demanderai à chaque élève de déposer leur sac de sport à côté de moi, comme ça, lorsque ce sera le tour de Bella, je glisserai mon petit message à l'intérieur, discrètement. Et puis, de cette façon, si elle ne partage pas mes sentiments, je n'aurais pas à l'affronter le lendemain matin. Elle viendra me voir parce qu'elle le souhaitera et non par obligation d'assister à mon cours. J'ai hâte d'y être.
Ce matin, elle avait l'air radieuse, elle souriait à tout le monde, même à moi !
On a discuté après le cours, je lui ai dit que si elle continuait à aussi bien bosser, elle allait encore obtenir une bonne note au test. Je sais, j'aurais pu lui parler d'autre chose, mais je n'y parviens pas. J'aurais voulu lui caresser son visage et passer ma main dans ses magnifiques cheveux noirs. Je donnerai tout pour l'embrasser tendrement, et pas sur la joue comme un simple copain.
J'aimerais être invisible pour savoir ce qu'elle fait, avec qui elle est et ce qu'elle dit. Juste le temps d'être sûr de ses sentiments à mon égard, pour savoir à quoi m'en tenir...
Salut !
Journal de Bella
Lundi, 4 février 2002.
21h18,
Je donnerais n'importe quoi pour pouvoir arrêter le temps.
Il ne reste plus que dix jours de cours de fitness Mes journées vont sembler si fades, après. Je suis de plus en plus malheureuse mais, je me dis que ça m'aidera à l'oublier, ne plus voir Edward c'est comme m'interdire de penser, petit à petit, je deviendrais folle. Il va tellement me manquer...
Je sais très bien que nous sommes amis mais pas aussi intimes qu'avec Emmet.
Quelles raisons vais-je pouvoir inventer pour le voir aussi souvent que maintenant ?
Au mieux, nous nous verrons une fois par mois ou nous nous rencontrerons par hasard, lors d'une promenade au bord de la mer.
Je ne pense plus beaucoup à mes études. Naturellement, j'ai toujours de super notes mais, à quoi ça va me servir d'avoir un bon travail, si je n'ai que ça ?
Je nage en plein doute. Je passe mon temps à étudier mais ça ne me suffit plus aujourd'hui, j'ai besoin d'autre chose. j'ai, simplement, besoin de lui... d'Edward !
Si quelqu'un lisait mon journal, il dirait que je suis folle, que je ferais mieux de le coincer dans une pièce isolée et de l'embrasser, puis d'attendre sa réaction. C'est facile à dire mais pas évident à faire. Nous sommes amis et je pourrais tout gâcher en quelques secondes. Ca passe ou ça casse !
Si seulement je pouvais avoir le courage et l'audace de réagir de la sorte, ça me simplifierait la vie.
Je crois que je vais attendre la fin de ses cours pour tenter cette approche.
Bonne nuit.
