Coucou tout le monde !

Voici la suite de 10 Commandements. Je suis désolée si je publie moins ces temps-ci, mais je traverse une année assez importante dans mon cheminement scolaire. Je dois m'appliquer si je veux aller étudier dans ce que je souhaite faire plus tard. (Biologiste judiciaire… Hum… On se demande d'où ça vient ^^)

Merci à tous ceux qui me suivent, si vous le faites encore. La suite des autres fics ne devraient pas tarder à arriver (J'ai un week-end de 4 jours !!!)

Bonne fin de semaine à tous, mais surtout bonne lecture !

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Il se laissa tomber dans son lit. Il fut tenté de fermer les yeux et de s'endormir, mais les pleurs qui résonnaient toujours dans la chambre d'à côté l'en empêchait. Il resta étendu sur son lit, dans la noirceur la plus totale pendant un moment, les yeux posés sur le plafond. Il ne souhaitait qu'une seule chose; qu'elle se taise enfin. Après un moment, le bruit agaçant et il soupira d'aise. Le repos ne fut que de courte durée. Les pleurs reprirent et sans vraiment s'en rendre compte, il se leva et se dirigea vers l'autre pièce. Dès qu'elle le vit, elle cessa de pleurnicher, se tourna dans son lit et ramena doucement ses couvertures sur sa tête. Elle semblait effrayée, mais pourquoi aurait-elle peur de lui ? Ce n'était pas comme s'il s'apprêtait à lui du mal, non ? Il s'approcha de son lit en silence. Il se pencha légèrement pour s'asseoir sur la structure métallique. Sa main passa près de sa tête, que la couverture cachait désormais. C'était le silence total dans la demeure.

Mais soudainement, un cri. Un cri, ou plutôt un hurlement déchirant, provenant d'une personne plus que terrifiée. Un douloureux appel au secours, un secours qui ne viendrait malheureusement pas. Puis, la voix caverneuse de l'homme résonna dans la maison silencieuse.

« Tais-toi, bon sang ! »

Et, d'une façon ou d'une autre, elle finit par le faire…

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Grissom entra dans la salle de repos, avec une seule feuille de papier en main. Depuis quelques temps, tout avait été assez calme au labo. Il y avait peu de crimes commis, ce qui était en fait une très bonne chose. Ils réussissaient à coincer presque tous les criminels, qui ne semblaient pas faire d'efforts pour ne pas être arrêter. Un seul lui échappait, le Prêcheur.

Le Prêcheur, le surnom presque affectueux que la presse avait donné au tueur en série qui les narguait depuis un moment. Griss avait désapprouvé ce surnom, trouvant qu'il conférait trop de prestige et de valorisation au meurtrier. Parfois, il avait l'impression que les médias oubliaient qu'à chaque meurtre, quelqu'un mourrait réellement. Que c'était la réalité et pas une quelconque série policière qui passait à la télévision quotidiennement.

Greg, Nick et Sara discutaient tranquillement autour de la table, buvant tous un café bien chaud, recette spéciale de Greg. Catherine mangeait un sandwich tout en tournant les pages d'une revue, désintéressée. Warrick était assis plus loin, perdu dans ses pensées.

Tous levèrent la tête vers leur chef quand ils le virent. Cath referma sa revue, Sara repoussa son café, Warrick leva la tête, Greg posa sa tasse vide sur le comptoir et Nick se redressa.

« Bonsoir tout le monde… Nous aurons encore une nuit tranquille, j'ai l'impression, » murmura Gil en regardant la seule feuille de papier dans ses mains. « J'ai une invasion à domicile pour toi, Catherine. Prends Nick avec toi. » Il tendit le papier à la rouquine, qui le saisit rapidement. Le texan et elle sortirent de la pièce, tout en souhaitant une bonne nuit à leurs collègues. Grissom attendit qu'ils soient plus loin avant de reprendre la parole. « Malheureusement, je n'ai rien pour vous. J'aimerais que vous jetiez encore un œil au dossier du Prêcheur. J'ai un peu de paperasse à remplir, mais dès que c'est terminé, j'irai vous rejoindre. »

Il vit ses employés acquiescer lentement. Il se tourna doucement vers Sara. « Écoutez Sara, je sais que je vous ai souvent demandé de re-jeter un œil à ces dossiers, mais je vous promets que la prochaine enquête sera pour vous. » Sur ce, il tourna les talons et retourna à son bureau, laissant les trois experts seuls.

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Deux heures plus tard, Sara considéra que Warrick, Greg et elle méritaient une petite pause. Ils avaient repris chaque scène de crime depuis le début, revoyant l'analyse de chaque indice en espérant trouver un détail qu'ils avaient manqués dans leurs précédentes investigations. Sara sentait que c'était peine perdue : Elle avait cela plus de huit ou neuf fois dans la dernière semaine. Elle savait pertinemment qu'il n'y avait rien de plus dans ces dossiers. Pour avoir des éléments nouveaux, il faudrait encore attendre encore une semaine.

Comme le tueur agissait à chaque quatorze jours et que sept avait passé depuis le dernier meurtre, Sara sentait qu'il tuerait à nouveau dans une semaine, très exactement. À ce moment-là, malheureusement, ils auraient une nouvelle victime, mais aussi de nouvelles preuves. Et peut-être bien, peut-être que cette fois-là, le meurtrier se trahirait et qu'ils le coinceraient une bonne fois pour toutes. Peut-être…

La jeune femme laissa les deux garçons passer devant elle. Au lieu d'aller dans la salle de repos comme eux, elle se dirigea plutôt vers le bureau de Grissom. Sa porte était ouverte, comme toujours. Tête baissé sur un document, concentré comme toujours, il ne la vit pas tout de suite. Sara en profita pour s'appuyer contre le cadrage de la porte et l'observa. Sa barbe, belle et bien taillée, plus sel que poivre, tout comme sa chevelure, ses lunettes perdues sur le bout de son nez et ses magnifiques yeux bleus qui, doucement, se relevaient vers elle.

Dès qu'il la reconnut, un doux sourire se forma sur ses lèvres fines. « Tout va bien ? » s'enquit-il, soudainement soucieux. « Un problème ? »

Sara entra dans le bureau et referma la porte derrière elle. Elle contourna ensuite le bureau et vint s'installer sur le bord de son bureau, à côté de lui. La brunette soupira, avant de révéler ce qui la perturbait vraiment. « On ne trouve rien, voilà le problème, Gil. » Griss enleva ses lunettes et les posa sur le dossier qu'il était en train de lire avant qu'elle arrive. Il appuya son dos dans sa chaise et passa une main dans ses cheveux.

Il posa ensuite sa main sur la cuisse de sa bien-aimée. « Je sais, mon Coeur… Mais il ne faut pas lâcher, tu sa- » Au même moment, la porte de son bureau s'ouvrit et Grissom retira rapidement sa main de la cuisse de Sara. Cette dernière se redressa et recula rapidement de quelques pas. Brass entra. Il fut comme si de rien n'était, mais il avait bien vu la main de Grissom se retirer et Sara reculer précipitamment. Il avait aussi entendu le « mon Cœur » de Grissom. Et par l'expression de leur visage, on aurait dit deux adolescents pris en flagrant délit.

« Salut vous deux ! J'ai besoin de vous. Une petite a été étranglée dans son sommeil. Je n'en sais pas plus. » Il les regarda tous les deux. Comme aucun ne semblait décidé à ouvrir la bouche et dire quelque chose, il leur tendit un papier avec l'adresse. « Je vous y retrouve. À tout à l'heure. »

Il sortit de la pièce avant que Sara ou Gil puisse dire quoi que ce soit. Jim referma légèrement la porte derrière lui, attendant un commentaire qui pourrait confirmer ses doutes. Lorsque Sara murmura un : « Tu crois qu'il a-a entendu ? » presque terrifié, il sut qu'il avait raison.

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La voiture s'arrêta devant le ruban jaune que la police avait installé un peu plutôt. Des voitures de police, les gyrophares allumés, étaient stationnées devant une des maisons de la rue. Il s'agissait d'un petit quartier résidentiel, composé surtout de familles pauvres. Il y avait quelques blocs appartements plus loin, tous plus désœuvrés les uns que les autres. La plupart des maisons de cette rue étaient minuscules, mal-entretenues et insalubres.

Sara descendit de sa voiture et saisit sa mallette, Grissom à ses côtés. Ils se dirigèrent vers la maison en silence. Ils montrèrent leurs badges à un officier qui les laissa passer sous le ruban qui délimitait le terrain de la maison. À leur gauche, un homme était assis sur le sol, visiblement secoué. Brass était devant, notant quelques informations dans son calepin. Dès qu'il vit les deux experts avancer vers lui, il s'arrêta et les approcha.

« Emily Higgins. Étouffée dans son sommeil. Le père, Jared Higgins, dit qu'il a entendu du bruit provenant de la chambre de sa fille. Il s'est levé et l'a vue inerte sur son lit. Il a appelé les urgences, tout en lui administrant les premiers soins. Ils l'ont amenée à Desert Palm. Les médecins s'occupent d'elle, mais elle est encore loin d'être tirée d'affaires. Ils craignent encore pour sa vie. » leur expliqua rapidement Brass, tout en consultant son carnet.

« La mère ? » demanda Sara.

« Décédée dans un accident de voiture il y a une semaine et demie. Les parents ont divorcés il y a trois ans, lorsque la petite avait un peu moins de deux ans. La mère a obtenu la garde. Après sa mort, c'est à lui que c'est revenu,» ajouta le policier.

« Je vais commencer à examiner la chambre. » dit Sara, tout en s'éloignant vers la maison. Gil la regarda s'éloigner. Jim se tourna alors vers lui. « Ça fait combien de temps ? » fit-il, sans préciser de quoi il parlait.

Si Grissom comprit ce dont son ami voulait parler, il n'en laissa rien paraître. Il se composa un air étonné et répliqua d'un ton tout à fait innocent : « J'ignore de quoi tu parles. » avant de s'éloigner lui aussi en direction de la maison. Brass l'observa entrer dans la maison et se faire diriger par l'officier à l'intérieur de la baraque miteuse.

Jim ne put empêcher un sourire de prendre possession de ses lèvres.

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Les deux amoureux trouvèrent très peu de preuves sur les lieux dans la chambre de la petite. Il n'y avait pas de sang, seulement quelques empreintes digitales sur le rebord d'une fenêtre ouverte. Le père disait qu'il avait vu un homme sortir par la fenêtre de la chambre, qui se trouvait au deuxième étage. Sur le sol, rien ne montrait qu'une échelle y avait été posée et il n'y avait rien qui aurait pu aider un humain à grimper le long du mur extérieur. Quand Mandy analysa les empreintes, elle y trouva une correspondance avec celles de Jared, le père. Ils apprirent aussi que le père avait été arrêté plusieurs fois pour possession de stupéfiants, surtout du cannabis. Il était écrit dans son dossier qu'il était violent et colérique. Il avait aussi été impliqué dans plus d'une bagarre de bar au cours des dernières années.

L'étau se resserrait autour de lui. Quand Sara visita l'hôpital pour aller recueillir des preuves sur la fillette, elle constata qu'elle avait de nombreuses blessures, antérieures à l'agression. Emily avait notamment des ecchymoses sur ses jambes et hanches, comme si on l'avait poussé contre des meubles aux coins plutôt pointus. Elle avait aussi de la peau sous ses ongles, preuve qu'elle s'était défendue contre son agresseur. L'experte photographia toutes les blessures de la petite, se jurant qu'elle trouverait à tout prix le salaud qui avait osé faire cela à une fillette sans défense. Une fois sortie de la chambre, elle se laissa tomber sur une chaise, atterrée. Elle avait sa petite idée sur qui lui avait fait tant de mal…

En rentrant au labo, elle alla interroger le père avec Grissom et Brass.

« Et si vous nous expliquiez ce qui s'est passé hier soir ? » proposa l'entomologiste, assis devant Higgins, calme comme toujours.

« Je vous l'ai déjà dit ! » s'exclama Jared. « J'ai été cherché ma fille à l'école après le travail. Je l'ai aidée à faire ses devoirs et j'ai préparé le repas. Nous avons mangé et écouté la télévisions. Vers huit heures, elle a été se coucher. Je me suis couché deux heures plus tard. Je suis réveillé une heure plus tard et j'ai été m'assurer qu'elle allait bien. Je me suis rendu compte qu'elle ne respirait plus. J'ai appelé les urgences et ils m'ont dit quoi faire afin de la garder en vie jusqu'à l'arrivée d'une ambulance. »

Grissom échangea un regard avec Sara. Il sut qu'elle avait remarqué la même chose que lui. « C'est curieux que vous ne parliez pas de l'homme que vous avez prétendument vu s'enfuir par la fenêtre de la chambre… » rétorqua-t-elle, les bras croisés, faisant les cent pas autour de la table, qui se trouvait au centre de la pièce. Elle s'arrêta, posant ses deux mains sur la table. Si elle cherchait à être intimidante, elle avait réussi, car Higgins la toisa avec peur pendant une demi-seconde. Il se reprit ensuite.

« Prétendez-vous que je mens ?! » répliqua-t-il, avec colère. Il se leva debout, souhaitant à son tour effrayer Sara. La jeune femme resta cependant dans sa position, ne reculant même pas. Elle fixa Higgins dans les yeux, même pas dérangée par son regard froid et menaçant. Elle soutint le regard pendant un moment, jusqu'à que Brass place sa main sur l'épaule du désormais suspect pour le rasseoir sur sa chaise. Elle se redressa un peu et croisa ses bras.

« Je crois que vous avez intérêt à vous calmer un peu… » le prévint l'inspecteur. « Votre attitude colérique vous perdra… » Jim recula et se mit à faire quelques pas autour de la table. « À moins que ça ne soit déjà fait… » ajouta-t-il en jetant un regard à Higgins.

« Je n'ai rien fait ! »

Grissom eut un sourire et un léger rire le secoua pendant un moment. Il voulut ouvrir le dossier, mais attendit encore. « On ne vous a accusé de rien. » murmura-t-il doucement. Il leva la tête, échangeant un regard avec Sara, qui compléta sa pensée.

« Pour l'instant. » Jim Brass avait surpris leur regard. Il était certain que quelque chose se passait entre eux. Ce qu'il venait de voir ne faisait que le confirmer. Ils étaient bien trop à l'aise l'un avec l'autre. Il fallait vraiment les voir se compléter pour comprendre la puissance de leurs sentiments envers l'autre.

Grissom ouvrit le dossier et étala les photographies de la scène de crime au suspect devant lui. Sur la première, il y avait le lit, les draps défaits. Sur la deuxième, les rebords blancs de la fenêtre, où on apercevait les empreintes couvertes d'une poudre à empreintes noire. Une troisième montrait le mur extérieur de la maison, où on voyait la fenêtre de la chambre d'Emily. Les autres photographies montraient Emily dans son lit d'hôpital avec ses blessures.

« On a retrouvé des cheveux, qui vous appartenaient dans le lit de votre fille. » dit Grissom en pointant la première photo. Il démontra ensuite du doigt la deuxième. « Vous voyez ces empreintes sur le rebord de la fenêtre, là ? Ce sont les vôtres. Et sur celle-ci, » commença-t-il, en poussant la troisième vers Higgins. « Sur ce mur, vous conviendrez qu'il n'y a rien qui aurait pu aider quelqu'un à grimper. Comme l'agresseur de votre fille a-t-il fait pour monter et descendre ? » lui demanda Griss.

Jared haussa les épaules. « Il a sûrement utilisé une échelle, je sais pas moi ! C'est à vous de trouver ! »

« Regardez-là, et là. Aucune trace d'une échelle. » Il désigna les photographies des blessures d'Emily. « Vous voyez ces ecchymoses ? Elles ont commencées à guérir, on le sait grâce à leur couleur, ces ecchymoses sont antérieures à son agression. Mais elles datent toutes de moins d'une semaine, ce qui représente l'arrivée d'Emily chez vous. Pouvez-vous m'expliquer, monsieur Higgins ? » s'enquit Gil.

« Vous savez, ces enfants, docteur Grissom, ces enfants se font souvent mal… » tenta maladroitement d'expliquer Jared.

Sara vit rouge et tapa du poing sur la table. « Trouvez n'importe quel enfant et je suis prête à mettre ma main au feu qu'il ou elle n'aura pas autant d'ecchymoses que votre fille ! » s'écria-t-elle avec plus de force et de colère qu'elle ne l'avait voulue.

« Monsieur Higgins, nous avons vos empreintes sur le rebord de la fenêtre. Nous sav-» commença Griss, mais quelques coups frappés à la porte de la salle l'empêcha de poursuivre. Sara soupira et Grissom et elle allèrent répondre. Il s'agissait de Wendy, avec les résultats pour l'ADN sous les ongles d'Emily Higgins. Elle communiqua rapidement les résultats et s'excusa de les avoir dérangés en plein interrogatoire. Grissom la réconforta en la remerciant aussitôt pour son travail qui leur permettait de coincer un criminel.

Dès leur retour dans la pièce, Grissom et Sara restèrent debout face à Jared Higgins. « Nous savons qu'aucun agresseur n'est passé par la fenêtre pour étrangler votre fille. Nous savons que vos empreintes étaient sur le bord de la fenêtre, quand vous l'avez ouverte avant notre arrivée. Il y avait de la peau sous les ongles de votre fille. L'ADN était la vôtre. Vous êtes cerné, monsieur Higgins. Si j'étais vous, je passerais aux aveux… » le conseilla Grissom.

« Je veux un avocat ! » s'exclama Higgins.

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Malheureusement pour lui, l'avocat de Higgins conseilla à son client de passer aux aveux, afin d'avoir une réduction de peine. Jared se vida le cœur. Il expliqua qu'il avait paniqué. Ça faisait plusieurs nuits que Emily pleurait sa mère toute la nuit, empêchant son père de dormir. Évidemment, son père, perdant facilement patience, n'arrivait plus à contrôler sa colère. Il poussait sa fille contre des meubles, contre le mur… La nuit où il avait étranglé Emily, il n'avait pas vraiment réfléchi. Il avait simplement agi. Quand il avait réalisé ce qu'il venait de faire, il avait immédiatement appelé les secours, après avoir, bien sûr, ouvert la fenêtre de sa chambre.

« De toute façon, je serai arrêté pour quoi ? Tentative de meurtre ? Et je ferai quoi ? Dix ou quinze ans de taule au maximum ? » fit Higgins, se montrant complètement arrogant. Au même moment, le portable de Brass sonna. Le silence se fit dans la pièce, alors qu'il prenait le temps d'écouter ce que son interlocuteur lui disait. Jim remercia la personne et revint vers Jared Higgins.

« Croyez-moi, vous ferez bien plus que dix ou quinze ans de prison… » Il capta le regard incertain de Sara. « C'était l'hôpital, » dit Brass en montrant son portable.

« Votre fille vient de mourir, monsieur Higgins. »

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« Je n'arrive pas à y croire… » murmura Sara à Grissom, alors que tous les deux se dirigeaient vers les vestiaires où se trouvaient déjà le reste de l'équipe. « Et pourtant, tout indiquait depuis le début que c'était lui, l'agresseur. »

Grissom lui jeta un regard de biais. Il savait que cette enquête l'avait secouée. Elle les avait tous secouée, mais pour elle… Un père violent, une petite fille incapable de se défendre. C'était beaucoup trop familier pour ne pas la troubler. Griss était prêt à parier que son sommeil serait troublé par des cauchemars… « Parfois, notre esprit refuse simplement de s'avouer certaines choses… » dit l'entomologiste en entrant dans les vestiaires en même temps que Sara. Tous les regards se tournèrent vers eux.

« Warrick, Greg, avez-vous trouvé quelque chose ? » demanda Grissom, bien qu'il savait que la réponse serait négative. Si les deux gars avaient trouvés quoi que ce soit, ils auraient appelé leur superviseur.

« Désolés, Grissom. Rien de nouveau. » s'excusa Warrick. Gil ne dit rien, il se tourna simplement vers Catherine. « Et votre invasion à domicile, Catherine ? »

« Ils avaient laissé une tonne d'empreintes. Le rapport est sur votre bureau. » marmonna-t-elle rapidement. « Et votre enquête ? Comment va la petite ? »

Sara regarda à peine par-dessus son épaule. « Elle est décédée il y a trente minutes. Son père l'a étranglée. » dit la brunette, sans aucune émotion. Catherine se tourna vers la jeune experte, qui lui tournait toujours le dos. « Pourquoi a-t-il fait ça ? » s'enquit la rouquine.

« Elle l'énervait… » Sara parlait avec une désinvolture choquante pour Catherine, Nick, Warrick et Greg. Mais au fond, Grissom savait que ce n'était qu'une sorte de mécanisme pour se protéger.

« Elle l'énervait… » répéta Nick, dépassé par l'attitude de Higgins. « Mon père avait d'autres façons de me faire taire quand je l'énervais… Généralement, une bonne tape derrière la tête suffisait… »

Greg sourit, repensant à Papy Olaf. « Mon grand-père me punissait toujours en m'empêchant de sortir pendant quelques jours. C'est pourquoi j'ai passé mon adolescence enfermé chez moi… » raconta le jeune expert.

« Et que tu as perdu ta virginité à 22 ans. » compléta Warrick en riant. Nick et Catherine éclatèrent aussi de rire. Grissom eut un léger sourire. Sara ne réagit même pas. Greg, sur la défensive, répliqua aussitôt.

« Et toi, ta grand-mère ne te punissait pas, peut-être ? »

Warrick lui répondit sans attendre. « Elle n'a jamais eu besoin. J'étais beaucoup trop sage pour mériter une punition ! » Nick roula les yeux, tout en se tournant vers Catherine. « Et toi, Cath ? »

« Sam a toujours été comme un père pour moi… Ou du moins, avant que je découvre qu'il l'était vraiment. Et Sam me gâtait toujours. Il ne m'a jamais puni. » fit-elle en prenant son sac. « Et vous, Griss ? » demanda Greg en se tournant vers son patron.

Ce dernier prit ses affaires et referma légèrement la porte de sa case avant de répondre à la question. « Mon père est mort quand j'étais très jeune et j'ai grandi avec une mère sourde. » Il s'arrêta un instant. « Et je n'ai jamais eu à me faire punir pour quoique ce soit. » déclara-t-il ensuite. Il prit son manteau. En même temps, Sara saisit son sac à main et voulut sortir de la pièce. Mais le : « Hey, Sara ! Comment tes parents te punissaient-ils ? » l'en empêcha.

Elle figea et se tourna vers ses collègues. « Je ne vois pas ce qu'il y a à dire… » fit-elle.

« Voyons Sara, tu ne parles jamais de ta famille… » commença Catherine.

« Oui, c'est vrai. » ajouta Greg. « Où sont tes parents ? As-tu des frères ou des sœurs ? »

Grissom, sentant le malaise de sa compagne, tenta de l'aider. « Si elle ne veut rien dire, elle n'est pas obli-» Le texan le coupa aussitôt.

« Et surtout, pourquoi n'en parles-tu jamais ? »

Sara soupira, furieuse. « Vous voulez vraiment savoir, hein ? » Ses collègues acquiescèrent tous, sauf Grissom bien sûr.

« Très bien. Vous voulez entendre parler de ma famille et bien allons-y ! Mon père buvait, il était violent. Il aimait bien battre ma mère. Un jour, ce ne fut plus suffisant pour passer sa colère. Je suis arrivée en retard à la maison. Il était furieux. Il a tenté de me punir en me tuant. Ma mère l'en a empêché. Ils se sont battus, elle l'a poignardé à plusieurs reprises devant moi. Il est mort, elle est allée en taule et moi en famille d'accueil. Fin de l'histoire. » Durant tout son récit, elle avait regardé chacun de ses collègues, espérant les voir regretter leur question. « Et non, Greg, je n'ai pas de frères, ni de sœurs. » Elle tourna sans attendre les talons et surtout. Grissom soupira.

« C'est vrai ? » demanda Greg, d'une toute petite voix. « Elle n'a pas seulement inventé ça pour qu'on la laisse tranquille ? »

« J'ai bien peur que ce soit tout à fait vrai… Gardez cela pour vous, s'il vous plait. Inutile que ça fasse le tour du labo. » dit Grissom, avant de sortir à son tour de la pièce. Il quitta le LVPD et, une fois à l'extérieur, il vit Sara appuyée contre un arbre, les yeux fermés alors que des larmes coulaient sur ses joues.

« Ils ne savaient pas, Sara… » lui dit Gil en approchant doucement. Elle n'ouvrit pas les yeux.

« Ils auraient dû respecter le fait que je ne veuille pas en parler. » Griss vérifia qu'il n'y avait personne avant de prendre Sara dans ses bras. « Je sais, mon Amour, je sais. »

« Et maintenant, ils savent… » Quelques larmes coulèrent sur l'épaule de Grissom. « Ramène-moi à la maison, je t'en prie… »

Grissom passa un bras autour de la taille de Sara et fit ce qu'elle lui avait demandé.

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La voiture s'arrêta devant la maison. Un homme s'en extirpa lentement. Il fit le tour de la demeure sans bruit. Son ombre se fondait dans la noirceur, à tel point qu'il était presque impossible de le voir. De la fenêtre, il vit une femme dans sa cuisine. Seule, elle chantonnait en lavant son plancher. Un sourire s'afficha sur les lèvres fines de l'homme.

Il avait enfin sa prochaine victime.

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Vous croyez que Sara a bien fait de tout dire aux autres ? Que c'est mal que Brass sache pour Gil et Sara ? Que Jared Higgins était un salaud ? Une seule façon de me le faire savoir… Envoyez-moi une review !