Hunting the coyote
Titre : Hunting the coyote.
Chapitre : 09, The none so happy almost ending (La pas si heureuse presque fin).
Auteur : Katel Belacqua.
Fandom : Gundam Wing.
Persos et Pairing : Heero x Relena, Peter.
Rating : T.
Genres : UA, romance, drame, vie quotidienne.
Disclaimer : Gundam Wing manga à Koichi Tokita. Gundam Wing anime à Masashi Ikeda et au studio Sunrise. "Gundam" à Yoshiyuki Tomino et Hajime Yadate.
Nombre de mots : 3 200 mots.
Notes globales sur le texte : - La soundtrack n'est, évidemment, qu'une indication. Ce ne sont pas des chansons qui m'ont inspirée ou que j'ai écoutées en écrivant, plutôt des chansons qui correspondent à l'ambiance du chapitre en question. Pour ceux qui veulent, j'ai les chansons, je peux les envoyer par mail !
- Aucun humain ou animal n'a été maltraité durant l'écriture de ce texte. Sauf l'auteur et Gugus, ordinateur portable de son état.
- Les idées évoquées dans le texte n'impliquent que les personnages, bien évidemment. Ca fait partie de l'histoire, rien de plus. Pas la peine de partir dans un débat pro-chasse, anti-chasse, ce n'est ni le lieu ni mon intention ni ce que j'espère vous faire retenir de cette histoire.
Chapitre 9 - The none so happy almost ending
Soundtrack : Damien Saez - Toi tu dis que t'es bien sans moi
Le quartier parut étrangement calme à Heero quand il arriva à destination. Etait-ce seulement une semaine plus tôt qu'il s'était précipité ici à la nuit tombée, la peur au ventre, certain que Brian allait faire du mal à Relena ? Il lui semblait qu'un mois au moins s'était passé depuis.
Il fallait avouer que sa vie avait bien changé en ce court laps de temps. Il ne faisait plus partie de la bande de Brian, avec qui il était quasiment en guerre. Les rares personnes qu'il appréciait parmi ceux qui gravitaient autour de lui avaient tourné le dos à Brian après lui avoir dit ce qu'ils pensaient de son attitude et de sa personnalité en général, ils avaient ensuite rejoint Heero, si bien que celui-ci les considérait désormais comme ses amis… Et Peter avait fini de convaincre son fils qu'il avait bien fait de remettre à sa place le « petit caïd ». Des relations comme lui, on s'en passerait volontiers, comme il avait dit. Elles n'apportaient strictement rien, sur le moment ou plus tard, si ce n'est un paquet d'ennuis.
Peter avait énuméré une liste de services que Brian aurait pu demander à Heero s'il continuait à être de ses fréquentations. A faire frémir. Prêter de l'argent qu'on ne reverrait jamais. Rendre des services à tout moment, qu'il fasse jour, nuit, qu'il soit occupé, au travail, en congés, en vacances. Rencontrer des gens dont la compagnie pouvait être douteuse, juste parce que Brian affirmerait « qu'ils étaient des amis à lui ». Gérer les retombées de certaines magouilles, comme des soirées qui avaient mal tourné, avec par exemple drogue, alcool, filles dont on avait forcé la main. Et le risque à courir d'être vu avec Brian, ce qui pouvait considérablement nuire à la réputation.
Vraiment, il avait fait une bonne action en l'envoyant balader, avait conclu son père.
Effacer Brian de sa vie avait tout de même fait étrange à Heero. Il lui semblait qu'il s'ôtait une partie de lui-même. Personne ne l'avait forcé à rejoindre la bande, il y avait même eu des moments où il s'était bien amusé, des discussions passionnantes, des débats intéressants, où tous confrontaient ses idées… Heero ne participait peut-être pas aux sorties ou aux activités du groupe hors du lycée, mais ça ne voulait pas dire pour autant qu'il avait été tenu à l'écart. Qu'il le veuille ou non, c'était à une partie de sa vie qu'il tournait le dos. Il avait ressenti un vide, sur le moment. Mais Relena l'avait vite comblé. Il la voyait de plus en plus, durant les pauses, à la sortie du lycée, en ville… Normal, c'était sa petite amie. Un sourire d'elle et ses ennuis s'envolaient. C'était pour cette raison qu'il allait chez elle à ce moment précis.
La porte d'entrée était verrouillée. Il en fut soulagé. Relena n'avait pas intérêt à se montrer distraite et à risquer de se faire cambrioler ou à nouveau agresser. Heero lui avait recommandé de prendre soin à verrouiller portes et fenêtres chaque soir, et de vérifier autant de fois qu'il le fallait pour qu'elle soit rassurée de l'avoir bien fait.
Il sonna et attendit. Telle qu'il la connaissait, elle allait regarder par une fenêtre ou le loup pour savoir qui lui rendait visite avant d'ouvrir la porte. Mais cinq minutes s'écoulèrent sans que rien ne se passe. Il sonna à nouveau, patienta… Rien. L'intérieur était encore plus silencieux que l'extérieur. Craignant que la sonnette ne soit cassée, il frappa plusieurs fois contre le panneau de la porte.
- Relena ? Relena ?! appela-t-il, se demandant si elle s'était terrée dans un coin de la maison.
Elle était chez elle, il en était certain. Elle ne se promenait pratiquement plus dans la forêt, craignant les mauvaises rencontres, comme elle le lui avait expliqué, Heero avait pris l'habitude de l'accompagner chaque fois qu'elle allait faire ses courses ou se promener en ville… Elle ne sortirait pas sans l'avertir, c'était une certitude. A moins que une chose grave ne soit arrivée.
Heero insista, frappa, sonna, appela, mais sans résultat. Au bout d'un quart d'heure, il eut l'idée de faire le tour de la maison et de passer par le jardin. Peut-être était-elle occupée à jouer avec le petit coyote… ?
Mais l'arrière-cour était tout aussi silencieuse que le reste. Et pire encore : les cages avaient été démontées, les grillages enlevés, et le tout avait été rangé le long de la façade, à l'abri du vent et de la pluie. Le coyote avait disparu, ainsi que les oiseaux.
Bien qu'il sache au fond de lui qu'il n'apprendrait rien de plus que ce qu'il avait déjà conclu, Heero essaya la porte de derrière, qui s'avéra être aussi fermée que le reste. Il jeta un regard à l'intérieur, par la fenêtre de la cuisine : il n'y avait plus rien dans la pièce, à part quelques meubles qui ne pouvaient être décrochés du mur, le four et le frigo, entrouvert, vide et débranché.
Relena était partie. Elle avait déménagé.
Pour s'assurer qu'il ne prenait pas de conclusion hâtive, il alla interroger les voisins. La plupart n'étaient au courant de rien. Mais une vieille dame lui apprit qu'un camion de déménagement était venu dans la matinée et que des hommes avaient passé trois heures à y faire entrer tous les cartons et les meubles. Relena était montée dans la voiture qui avait suivi le camion, sans un mot, sans un regard en arrière. Elle était accompagnée de quelqu'un dont elle semblait proche. Elle n'avait pas laissé d'adresse, ni cherché à prévenir le voisinage.
Son frère était venu l'aider à prendre ses affaires, comprit Heero. Et elle n'avait pas estimé nécessaire de lui en parler. Evidemment. Il aurait dû se douter que sa famille allait s'affoler et lui demander de rentrer. Elle n'avait pas eu le choix. Enfin, elle avait eu le choix de lui parler avant son départ, de lui téléphoner, mais ne l'avait pas fait. Elle n'avait pas cherché à le contacter, à passer le voir, rien.
En marchant sur le chemin du retour, Heero n'arriva pas à laisser le sentiment de trahison derrière lui. Juste au moment où il se disait que tout allait bien… Il n'était pas assez important pour qu'elle lui parle de ce genre de décision, visiblement. Elle partait comme une voleuse, comme si elle était coupable de quelque chose. Mais de quoi ? D'avoir été agressée ? Elle n'avait pas provoqué Brian, c'était lui qui perdait la tête à son sujet et n'avait pas digéré leur séparation. Pourtant, ils étaient trop différents pour s'entendre, tous les deux. Autant Brian était égoïste, autant Relena désirait aider tous ceux qui lui étaient proches et qui avaient des problèmes. Ils ne seraient pas restés ensemble très longtemps. Mais Brian était ainsi fait : il quittait, il n'était pas quitté. Son orgueil ne supportait pas que ce soit une fille qui lui dicte sa loi.
Sa famille n'avait pas à obliger Relena de revenir au domicile familial si elle ne voulait pas. Il devait y avoir des lois, quelque part, contre ça. Elle avait subi une épreuve traumatisante qui aurait pu lui enlever toute envie de vivre seule, certes, mais ce n'était pas une raison pour lui imposer ça. Elle avait le droit de choisir. Il y avait forcément une autre solution à envisager. Elle pouvait… Elle pouvait déménager et trouver une cohabitation plus près du centre-ville, par exemple. Habiter avec une amie de confiance. Elle ne risquerait rien, ne souffrirait plus de la solitude. Quant au coyote, un refuge pourrait s'occuper de lui. Cela ne l'empêcherait pas d'aller le voir très souvent. Le gouvernement américain tenait à préserver la faune de son pays. Les refuges et fermes d'animaux sauvages promettaient de s'occuper des bêtes qu'on leur confiait, souvent blessées ou orphelines (1). Le public et les touristes aimaient aller les voir et se prenaient d'affection pour ces animaux à la fourrure toute douce, qui semblaient si domestiqués tant qu'ils étaient dans ces fermes d'élevage.
Elle aurait pu rester… Mais les raisons qui auraient contrebalancé la décision de sa famille n'avaient pas dû peser assez lourd sur la balance. Elle n'était même pas restée pour lui.
Comment Heero put regagner l'appartement sans encombre, ce fut un mystère complet pour lui. Il lui semblait n'avoir vu aucun feu, aucune voiture, aucun piéton. Tout s'était effacé. Peut-être avait-il manqué d'être renversé, peut-être l'avait-on insulté pour son inattention, peut-être des personnes qui le connaissaient avaient-ils cherché à lui parler dans la rue. Il n'en savait rien. En entendant claquer la porte dans son dos, ce fut comme s'il se réveillait d'un rêve. Sauf qu'il n'était pas dans son lit, qu'il ne se sentait absolument pas détendu et reposé, et qu'il avait l'impression de recevoir une chape de plomb sur la tête.
Relena avait disparu. De la ville comme de sa vie.
Comprenant pleinement ce que cela signifiait, il se laissa glisser au sol et se prit la tête entre les mains.
Quand avait-elle compris qu'elle devrait partir ? Quand avait-elle pris sa décision ? Avant Brian ? Quand Brian était venu ? Quand elle avait téléphoné à ses parents et qu'elle parlait dans une langue qu'il ne comprenait pas ? Ou le lendemain, quand la sonnerie du téléphone avait retenti, était-ce déjà un ordre impératif de faire ses bagages et ses adieux ? A chaque fois qu'elle avait une conversation, il s'éloignait par politesse, car il savait d'expérience combien cela pouvait être énervant de se faire espionner. Mais s'il avait écouté… S'il avait été attentif aux signes… Aurait-il compris ? Il aurait pu la retenir. Lui parler, lui proposer des alternatives. Aller voir ses parents et les supplier de la laisser encore un peu.
Soudain, il réalisa que son comportement était foncièrement égoïste. Relena avait été très choquée par l'agression, plus que ce qu'elle voulait bien montrer. Peut-être avait-elle eu besoin de s'éloigner de la ville, et la décision avait pu venir d'elle-même. La peur de tomber un jour sur Brian dehors, d'entendre les commentaires de commères, de se faire insulter juste parce qu'elle avait reporté un criminel en devenir… Heero n'avait sans doute pas été capable de se montrer compréhensif. Elle avait pensé qu'elle l'ennuierait à raconter ses doutes, sa peur, alors que lui était persuadé que tout allait bien.
- Un problème, fiston ?
Heero tressaillit et leva les yeux. Son père le regardait d'un air intrigué. Il devait être là depuis un moment, il ne paraissait pas surpris de le voir effondrer contre la porte.
- Relena est partie, lâcha l'adolescent d'une voix atone.
Un éclair de sympathie traversa les yeux de Peter.
- Ah.
- C'est tout ce que tu trouves à dire ?
- Que veux-tu que je te dise d'autre ? Je ne la connaissais pas. Elle n'a pas… Je ne sais pas, moi. Changé de maison, par exemple ? Elle n'est pas allée à l'hôtel quelques jours ?
- Avec tous ses vêtements ? Tous ses meubles ? Sa voisine m'a dit qu'un camion est venu. La plaque n'était pas du coin. Elle est partie. Vraiment partie. Et ne m'en a pas parlé.
- Ca arrive, parfois, tu sais. Tu n'as pas à t'en faire. La vie continue.
- Mais j'ai pas envie qu'elle continue, bordel ! J'ai envie de savoir où elle est, si elle va bien, pourquoi elle a déménagé sans rien me dire…
Heero baissa les yeux. Il n'arrivait pas à savoir quelle émotion dominait : la colère ou la tristesse ? Devait-il éclater de fureur ou se mettre à se lamenter ?
- J'ai envie de l'avoir à mes côtés…
L'adulte vint s'accroupir près de lui et posa une main sur son épaule. Il ne voulait pas consoler son fils – Heero prendrait outrage du fait d'être traité comme un enfant – mais lui faire comprendre qu'il était là, tout simplement.
- Je sais. C'est dur, parfois, les séparations. Elle n'a sans doute pas voulu te faire de la peine. Crois-moi, si elle te quitte de cette façon-là, c'est qu'elle n'a pas une grande estime de toi. Tu vaux bien mieux.
Heero n'arrivait pas à croire à ses paroles.
~ * ~
Heero avait passé une très mauvaise nuit. Il ne se souvenait plus des détails, mais il était sûr d'avoir peu dormi et fait des cauchemars quand il avait réussi à sombrer dans le sommeil. Son père dirait certainement que c'était parce qu'il ressassait toujours les mêmes choses, à savoir la rupture et le départ précipité de Relena, mais il n'était pas là quand l'adolescent se leva, alors il eut la chance d'éviter la leçon de moral. Il voulait oublier la veille. Effacer tout simplement ce jour du calendrier. Prétendre, en se levant, qu'on était non pas samedi mais vendredi. Il avait de la chance : ces deux jours-là, il ne commençait les cours qu'à onze heures, cela lui laissait largement le temps de dormir. Quand il dormait. Pas comme aujourd'hui. A neuf heures, l'esprit au ralenti, il se leva parce qu'il était incapable de rester davantage au lit.
N'ayant pas d'appétit, il sauta le petit-déjeuner. Il n'avait envie de rien. Dormir, boire, manger, sortir, profiter du beau temps, lever un pied… Tout cela lui paraissait ne présenter pas le moindre intérêt. Si son corps ne le faisait pas pour lui-même, il aurait peut-être arrêté de respirer. L'existence lui pesait. C'était une maladie horrible contre laquelle on ne pouvait pas lutter. Il avait hâte qu'elle se termine. Le néant était préférable à cet état d'abattement total dans lequel il était.
Le facteur passa un peu plus tard dans la matinée. Heero alla prendre le courrier, plus par automatisme qu'autre chose. Il promena les yeux sur les différentes lettres, ne lisant pas vraiment le nom du destinataire ni les détails sur l'expéditeur. Pourtant, il fut intrigué par une lettre. Elle n'avait pas de timbre, pas de signe distinctif, l'adresse était écrite à la main… et elle lui était destinée.
Il posa le reste du courrier sur la table de la cuisine et ouvrit celle-là en premier. Les mots lui sautèrent aussitôt au visage.
« Heero,
Je suis désolée d'avoir dû partir si vite et sans te prévenir. Mais mes parents ont paniqué. Ils ne supportaient pas l'idée que je puisse rester seule et ils n'ont pas voulu m'envoyer une personne de confiance qui resterait avec moi… Alors ils m'ont obligés à rentrer. "Obliger" est peut-être un peu fort : ce sont mes parents, ça fait un moment que je ne les ai pas vus, ils me manquent. Il faut croire que les événements m'ont remuée plus que je ne pourrais le dire, car je n'ai pas hésité un instant. Je devais m'en aller d'ici.
Tu n'es pas responsable de mon choix. En aucune façon. Si j'avais eu une seule raison de rester, ça aurait été parce que tu étais là. Mais j'avais pris ma décision, tout s'est précipité, je n'ai pas pu reculer. Mon frère est venu s'assurer que je ne revienne pas sur ma parole. Je n'ai rien pu faire. Je suis désolée. Je sais que tu dois m'en vouloir à ce moment précis… J'ai juste le temps de t'écrire ce mot pendant que les déménageurs chargent les derniers cartons.
Sache que je ne regrette rien. Rien de ce qui s'est passé entre nous, rien de ce que j'ai pu vivre ici, à Nekoosa. A part qui tu sais, évidemment. J'y ai passé de si bons moments… Mais je sais que je ne reviendrai plus. J'ai besoin de tourner la page, de changer d'air, de découvrir ma voie, et ce n'est pas ici que je trouverai ce que je veux faire de mon avenir. Je ne laisserai à personne le soin de le faire, même s'il y a des milliers de Brian de par le monde.
J'emmène le coyote avec moi. Il est trop petit pour survivre dans la forêt, il n'est pas encore capable de chasser. J'aurais pu avoir la possibilité de le laisser dans un foyer, le confier aux bons soins d'un ranger… Mais je m'y suis attachée. Ce petit coyote, il me rappelle toi, d'une certaine façon. Luttant pour vivre, animé d'une grande force, protégeant les siens, mais maladroit, gauche, dans l'incapacité de s'en sortir sans aide.
Quand il sera plus grand, je le relâcherai dans la forêt près de chez moi. Elle est bien loin du Wisconsin mais qui sait ? Les coyotes voyagent beaucoup. Tu le reverras peut-être. Et si c'est le cas, Heero, s'il te plaît… ne lui tire pas dessus. Rappelle-toi ce petit être tout chaud que tu as transporté dans ta poche. Rappelle-toi combien ça a été difficile de leur apprendre à boire du lait, à eux qui venaient tout juste de perdre leur mère et leur père. Rappelle-toi que ce n'est pas la nature qui a ordonné qu'ils devaient être orphelins, que l'Homme est capable de les aider et de les prendre sous son aile comme s'il s'agissait d'êtres humains. Après tout, ne sommes-nous pas aussi des animaux, à l'origine ? On a déjà vu des tigres élever des petits faons, alors qu'ils se nourrissent de cette espèce. Et nous, on élève bien des vaches, des lapins, des poulets, pour les manger. Certains en font leurs animaux de compagnie. Moi, je veux juste avoir la fierté de me dire que j'ai aidé un petit coyote à grandir. Il survivra parce que j'ai été là. Parce qu'on a été là. Toi aussi, tu l'as aidé.
Je dois y aller maintenant. Milliardo s'impatiente. Je crois qu'il pense que tu peux venir à tout moment… Je ne lui ai pas dit que tu étais en cours pendant que je m'envolais comme une voleuse. Il n'a pas posé de question à ton sujet. C'est dommage. J'aurais bien aimé que tu le rencontres, je suis certaine que vous vous entendriez très bien (2).
Adieu, donc. Porte-toi bien.
Et entre à la MIT, que je n'ai aucun regret à avoir passé tant de temps à te faire réviser…
Relena D. »
Au moins, cela clarifiait son départ. Mais cela lui donnait également une dimension plus réelle. Relena était vraiment partie. Et elle ne reviendrait pas.
Il ressentit vaguement l'envie de pleurer, lui qui d'ordinaire ne pleurait jamais. Quand sa mère était partie refaire sa vie ailleurs, il n'avait rien dit. Quand il avait tué son premier animal à la chasse, un lapin à la fourrure brune qui paraissait adorable, il n'avait rien dit non plus. Mais là, il avait envie de retrouver Relena juste pour lui demander… de ne pas partir. Et il était déjà trop tard. Comprenant qu'il aurait essayé de la retenir, elle avait quitté Nekoosa sans lui toucher un mot de sa décision. Lui laissant seulement cette lettre, cet ultime message.
Cependant, Heero ne pleura pas. Les garçons ne pleurent pas, comme le répétait un de ses amis (3). Il rangea la lettre dans un tiroir, prépara son sac, et alla au lycée de la même manière qu'il y serait allé si Relena l'y attendait.
Il ne lui laisserait pas le luxe d'éprouver de la tristesse pour son départ.
Si elle voulait vivre sa vie, alors lui aussi la vivrait. Objectif : la MIT. Plus que jamais, il tenait à y entrer.
A suivre dans le chapitre 10
(publication le lundi 08 mars)
Notes de lecture :
(1) : Il existe un peu partout, aux Etats-Unis, en France, au Canada, etc., des refuges pour les animaux sauvages, car la priorité est d'essayer de les réinsérer dans la nature. En aucun cas ils ne doivent être considérés comme des animaux de compagnie.
(2) : Mouais ben c'est pas gagné. Ils ne sont pas ennemis dans la série, contrairement à ce qu'on pourrait penser, mais ils ne sont pas non plus les meilleurs amis du monde. Ayant tous les deux les intérêts de Relena en tête, il leur arrive d'avoir des divergences d'opinion, on va dire.
(3) : Ai-je vraiment besoin de préciser qu'il s'agit évidemment de Duo ?
