Bonjour à tous ^^!
Tout d'abord, je vous remercie pour vos reviews. Je n'ai pas eu l'occasion de répondre à tout le monde mais ça m'a fait très plaisir! Donc, voici, pour ce que je souhaite être un bon moment, la suite de ce petit bout de fic que j'avais posté. Une longue suite, pas finie, dans le même genre que ma fic « je m'ennuyais ». Merci à MmeRoronoa pour sa relecture ^^!
Bonne lecture!
Visiblement, le moindre petit Tsuna perdu ne pouvait être qu'un certain Sawada. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'Hibari ne soit pas lui aussi dans le magasin.
-Tsuna-kun! s'écria Nana, inquiète. Tu étais perdu! J'aurais dû penser que tu te perds souvent dans ces magasins et que tu gardes un mauvais souvenir de ce supermarché. Il est tellement grand avec tellement de choix!
-Euh, commença l'interpellé, rouge comme une tomate.
Il s'était perdu dedans quand il avait six ans, et une hôtesse avait passé un message. Pas de quoi en faire un traumatisme. Pas comme la fois où son père avait voulu lui donner l'impression de voler en le tenant par la fenêtre du deuxième étage et qu'il avait failli le lâcher.
-Juudaime! Est-ce que cet enfoiré vous a fait quelque chose? brailla Gokudera qui avait parfaitement reconnu la voix de l'illusionniste.
-Non... Juste une blague, murmura Sawada.
-Haha, en tout cas c'était radical comme moyen de te retrouver, rit Yamamoto.
-Imbécile! Le Juudaime nous aurait retrouvé tout seul si Mukuro ne s'en était pas mêlé! rugit l'italien, furieux. Excusez-moi de vous avoir perdu de vue, Juudaime!
-Euh, ce n'est pas grave, Gokudera-kun...
-Seuls les bébés ont besoin d'une annonce pour retrouver leur maman dans un supermarché, conclut Reborn avec un sourire méprisant.
-Reborn! Tu ne vois pas que Mukuro m'a fait une blague! Je l'ai juste suivi! se défendit Tsuna avec véhémence.
-Herbivore, où se trouve cet illusionniste? intervint Hibari sur ces entre-faits, arrivant dans le dos du futur parrain.
-HIII! Hibari-san!
-Où? demanda le chef du comité de discipline en levant une tonfa menaçante.
Tsuna désigna le rayon jus de fruit d'une main tremblante. Kyoya sourit et partit en courant, envoyant au passage un coup dans le ventre du petit brun.
-Enfoiré! vociféra Gokudera, se préparant à exploser le gardien du nuage.
-Gokudera-kun, non! cria Tsuna, ne voulant pas avoir à payer la destruction du supermarché.
L'italien avait fait des progrès. Non seulement il s'arrêta net à la voix de son ami (et idole) mais il n'avait pas encore allumé les mèches. Mukuro aurait dit que le « assis! » était la base du dressage des chiens fidèles, mais Sawada se contenta de soupirer de soulagement.
-Ce n'est pas grave, je vais bien, annonça-t-il en se relevant.
Il embrassa du regard la petite troupe et sentit monter une autre vague d'adrénaline.
-Où... où sont Lambo et Ipin? bredouilla-t-il.
Les ennuis commençaient pour de bon.
-Oh mon Dieu! Je crois que nous les avons perdus tout à l'heure! s'affola Nana, inquiète à l'idée des deux enfants sans surveillance.
-Et bien, il faut les retrouver, ordonna Reborn. Tsuna!
-Oui?
-C'est à toi de les trouver.
Le petit brun soupira.
-C'est tellement grand, ici. Le mieux serait de se séparer et de se donne rendez-vous à l'accueil dans une dizaine de minutes. Qui sait ce que Lambo peut faire comme bêtise tout seul...
-S'il a fait quoique ce soit, je le punirais, Juudaime!
Le futur parrain Vongola décida sur le champs qu'il était mauvais de laisser Gokudera faire un groupe à lui tout seul. Et ils se séparèrent, Nana, Bianchi et Reborn allant d'un côté, les garçons de l'autre. Puis, à une intersection, Tsuna alla voir au rayon confiserie tandis que ses deux amis vérifiaient les jouets. De toute façon, comment pouvait-il se perdre à nouveau alors qu'un panneau gigantesque visible dans tout le magasin indiquait l'accueil?
Lambo n'était pas au rayon confiserie, et Tsuna soupira, mi-inquiet mi-soulagé. D'un côté il n'avait pas retrouvé le gamin, de l'autre il n'avait pas à gérer un rayonnage dévasté par le gardien de la foudre. Pris d'un pressentiment inquiétant, le futur mafieux sortit du rayon pour aller dans l'allée centrale. « Lingerie féminine » indiquait le panneau. Ça ne coûtait rien de vérifier...
-Né, madame, je peux avoir des lunettes lasers plus grandes? marmonna une voix bien connue à une vendeuse qui ne savait pas trop comment arrêter le morveux qui jouait avec un soutien gorge.
-Lambo! s'écria Tsuna, gêné et mécontent.
-Il est à vous? demanda la responsable du rayon, l'air en colère.
-Euh, plus ou moins... leur apprit Sawada, les joues rouges.
Il se maudit de ne pas être resté avec Gokudera et Yamamoto. Lorsque l'on cherche seul, on assume seul les conneries des autres. Et les bêtises de Lambo étaient les plus gênantes de toute la famille.
Une minute d'excuses plus tard, il sortit du rayon en sermonnant le gamin, essayant de l'empêcher de s'échapper à nouveau.
-Tsunaze, j'ai faim! Ce rayon-là n'est pas intéressant! beugla le veau en s'agitant.
-Oya, jeune Vongola, je ne pensais pas que c'était ton genre, susurra une voix grave dans son dos.
-Mu... Mukuro!
Le jeune homme avait les bras chargés avec des bouteilles de jus de fruit.
-Kufufu, il y a de meilleurs endroits pour emmener un enfant...
-Mukuro! s'exclama Sawada, de nouveau rouge. C'est Lambo qui...
Et, s'interrompant brusquement :
-Mais qu'est-ce que tu fais là, toi? réalisa-t-il.
L'illusionniste ne sembla pas du tout gêné.
-Je fais aussi des course pour Chrome, rétorqua-t-il en levant un sourcil surpris, comme si la réponse était l'évidence même.
-Oh... fut tout ce que l'autre trouva à répondre, même s'il doutait que la jeune fille ait demandé à son mentor de lui acheter des sous-vêtements affriolants.
Sentant le Bovino recommencer à tirer vers le rayon confiserie, Tsuna coupa la conversation en concluant :
-En tout cas ce n'était pas très gentil tout à l'heure.
-Je ne suis pas quelqu'un de gentil, jeune Vongola, tu devrais le savoir, depuis le temps... Naïf, kufufu...
Tsuna aperçut au loin une silhouette qui ressemblait fortement à Hibari. Il attrapa Mukuro par les épaules et le tira dans l'autre sens avec Lambo en s'écriant :
-Viens par là, il y a des promotions que tu trouveras très intéressantes, j'en suis sûr!
-Oya?
-Mais si!
-Tsunayoshi-kun, c'est très gentil, mais les soutien-gorges bonnet F ne vont pas à Chrome. Tu as déjà dû le remarquer, je pense, kufufu, se moqua l'illusionniste en voyant l'étalage devant lequel son « Boss » l'avait emmené.
Sawada s'empourpra en voyant la dentelle. La responsable de rayon leur jeta un regard bizarre, insistant sur le jeune homme qui tirait le gamin insupportable.
-Euh...
L'essentiel était tout de même sauf : Hibari n'avait pas vu Rokudo (et l'inverse, porteur de catastrophe n'avait pas eu lieu non plus). Mais il passait maintenant pour un pervers débile aux yeux du porteur de l'anneau de la brume. On ne peut pas tout avoir, surtout quand on s'appelle Tsuna.
-Ah, j'ai dû me tromper... Hahaha! rit-il d'un air gêné.
Mukuro lui jeta un regard impénétrable, un peu agacé.
-Hum... Enfin. J'ai encore des courses à faire. A la prochaine, Tsunayohi-kun.
Et l'autre quitta le rayon avec ses jus de fruits. Presque remorqué par le morveux, Tsuna lui emboîta le pas, essayant de le ramener vers l'accueil plutôt que vers une zone dangereuse pour le porte-monnaie, type rayon confiserie et gâteaux. Ce qui revenait à traîner un fardeau hurlant et s'accrochant à tout ce qui pouvait être attrapé pour ne pas s'éloigner encore de ce paradis qu'était un rayon remplis de choses sucrées. Sawada dut remettre en place une vingtaine d'objets, dont neuf culottes et trois paires de collants avant d'arriver dans l'allée centrale.
-Vous deux... fit une voix glacée en provenance du rayon café et thé.
-HIII! Hibari-san! sursauta le Dixième Vongola alors que Lambo décidait de se taire, pour sa sécurité personnelle.
Le brun leur jeta un regard méprisant, et le malchanceux chronique vit qu'à sa jambe était accrochée Ipin, en mode compte à rebours. Kyoya se pencha et la saisit délicatement. Il la fourra dans les bras de Tsuna et s'en alla au pas de course, non sans jeter un coup d'œil menaçant au gosse en pyjama vache.
-HIII! Elle va exploser! s'affola Tsuna, se rappelant que la petite chinoise était amoureuse d'Hibari.
Il n'y avait qu'une seule chose à faire.
Plantant Lambo là, il courut de toutes ses force vers la sortie du magasin, heureusement en vue. Il passa devant un Mukuro plutôt amusé par la situation et fonça vers les portiques d'alarmes sous le regard ahuri et suspicieux des caissières. Poussant les portes à battant, il se précipita dehors et lança la fillette de toutes ses forces. Une petite seconde plus tard, une violente explosion fit vibrer les vitres du quartier.
-On rejoint les autres? proposa Tsuna à Ipin qui était revenue à l'état normal.
-Oui! couina la chinoise.
Et ils rentrèrent de nouveau dans le supermarché, croisant de nouveau les yeux soupçonneux des vendeuses. Voyant que dix minutes s'étaient écoulées, le brun se dirigea vers l'accueil où le reste du groupe l'attendait. Sauf évidemment Lambo.
-Oh, Tsuna-kun, je croyais que tu avais retrouvé Lambo-chan, s'étonna la maman d'un ton anxieux.
-On l'a entendu hurler des insultes dans tout le magasin, siffla entre ses dents un Gokudera furieux.
Le bovin stupide stupide allait payer pour toutes ses insultes envers le Juudaime. Même si celui-ci avait un cœur en or, ce genre de comportement n'était pas tolérable, surtout venant d'un moins que rien comme ce morveux. Brailler que le Juudaime était un sale pervers qui faisait dans son lit méritait la peine de mort, ni plus ni moins.
-J'ai retrouvé Ipin, conclut Tsuna après un bref résumé des évènements. Dépêchons-nous de retrouver Lambo.
-Oui, approuva Reborn en souriant d'un air malicieux. Parce que ça ne sera pas le seul à faire des dégâts : il vaut mieux sortir d'ici avant que Hibari trouve Mukuro.
-AAAAH! Mon Dieu c'est vrai! s'affola Tsuna.
Tout à ses problèmes, il avait oublié l'autre compte à rebours qui s'égrenait. Avec un peu de chance, Mukuro se dissimulerait pour faire ses courses tranquilles. Mais le connaissant, il ne fallait pas y compter.
-Non, en effet, sourit l'arcobaleno, lisant dans ses pensées. Il faut absolument protéger la Mama du danger qu'ils représentent.
-Tu penses toujours à ton ventre en premier! accusa Tsuna, mécontent.
Et pourquoi pas protéger aussi les autres clients? Et les enfants? Et Bianchi? Et lui? Et ses amis?
-Au travail, Tsunaze! ordonna Reborn en lui donnant un coup de pied sur la tête. Retrouve Lambo et empêche Mukuro et Hibari de se battre pour que la Mama fasse ses courses tranquille!
-Comme c'est gentil, Tsuna-kun! s'émerveilla Nana, ravie de l'homme qu'elle avait enfanté.
-On réussira, Juudaime!
-Ne t'inquiète pas, Tsuna! fit Yamamoto en lui tapant sur l'épaule. Lambo est sans doute au rayon sucettes! On le trouvera vite!
-Ouuaaaah! Mais comment je vais faire pour ces deux là? se lamenta le brun, malgré tout.
Séparer Hibari et Mukuro? Autant arrêter une vague avec les mains.
-Allons-y, Juudaime!
-Hum, je ne sais pas si c'est mieux se séparer de nouveau, soupira le futur Boss Vongola.
-Bah, on peut se débrouiller, seuls, tu sais, suggéra le sportif en lui tapant sur l'épaule. Pour l'instant il s'agit de retrouver Lambo! On verra après pour Hibari et Mukuro. On ne sait pas où ils sont, de toute manière.
-C'est vrai, reconnut Tsuna.
Si jamais les deux ennemis se trouvaient, le bruit des rayons fracassés le guiderait infailliblement vers eux. Le petit groupe se dispersa donc de nouveau, Tsuna fonçant vers le rayon confiserie tandis que Yamamoto revenait au rayon pâtisserie et que Gokudera voyait au rayon jouet.
Sawada ne vit pas le bovin sur son chemin.
-Rien? demanda-t-il avec inquiétude à Yamamoto qui revenait de sa zone de recherche.
-Nope! Il doit être ailleurs!
Les deux garçons se dirigèrent vers le rayon gâteau.
-Voooiiiiii!
-Hiii! couina Tsuna en se tournant vers l'origine du hurlement.
-Haha, ne t'inquiète pas! rit le baseballer.
Il sortit son portable de sa poche.
-J'ai enregistré ça pour les appels de Squalo, expliqua le sportif. Haha, au moins ça annonce la couleur de l'appel...
-Hé? Un appel de Squalo? s'étouffa le futur parrain.
-Ça faisait un bail, Squalo! s'exclama Yamamoto en ouvrant son téléphone, avant de l'écarter vivement de son oreille, hilare.
-VOOOOI, gamin! Où te caches tu? brailla la voix du Varia, faisant se retourner les gens.
Yamamoto baissa le volume de son téléphone en riant aux éclats. Tsuna était sûr que tout le magasin avait entendu les cris de l'épéiste.
-Toujours aussi dynamique, Squalo! Tu vas bien?
-Vooi, arrête de dire des conneries et dis moi où tu te planques! gronda la voix de l'assassin.
-Haha, je suis au supermarché, répondit joyeusement Yamamoto sans voir les « NON! » que Tsuna faisait avec sa tête et ses mains, affolé.
-Squalo? Tu es au Japon? Squalo? Oh! Il a raccroché, s'esclaffa le sportif.
Sawada sentait la journée de merde approcher à grands pas. Lambo, Hibari, Mukuro, et maintenant, Squalo. Si ce supermarché était encore en un seul morceau à la fin de la journée, promis, il serait major du collège cette année. Ou ferait tout pour l'être.
-Meuhahaha! fit une voix bien connue au loin.
-Ah, il est par là! se réjouit Yamamoto en se dirigeant vers le rayon biscuits secs.
Le petit brun le suivit, peu rassuré. Quand Lambo avait cette voix là, les ennuis n'étaient pas très loin.
-Par là! indiqua Yamamoto en tournant dans un rayon.
Sawada hésita. Une alarme carillonnait dans sa tête, sans doute envoyée par son hyperintuition. Lambo devait être dans le rayon nourriture pour animaux. Pour une raison inconnue de tous sauf de l'intéressé, le veau devait-être en train de jouer avec la nourriture pour chien.
Tsuna accéléra, laissant le sportif partir de son côté. Et une fois arrivé à destination, son cœur s'affola : il avait eu raison.
-Lambo! cria-t-il, furieux.
-Meuhaha, mange, Tsunaze! beugla le morveux en balançant un sachet de croquettes ouvert sur son tuteur officieux.
-Je t'ai dit de rester sage! gronda l'adolescent, essayant d'esquiver les divers projectiles qu'envoyait dans tous les sens le môme, se prenant sans doute pour un soldat au milieu d'une armée ou quelque chose du genre. Les rares clients qui n'avaient pas fuis le rayon recevaient de ma viande cuite livrée par les bons soins du bovin qui aimait beaucoup les cibles vivantes. Une mamie vit sa perruque recolorée en brun de cette manière.
-Tsunaze, je suis fatigué, porte moi! ordonna-t-il quand l'autre parvint enfin à le désarmer -et à l'empêcher de manger ce qu'il avait ouvert en braillant qu'il était un panda-chat.
-Tu viens! On rejoint les autres! s'écria le malchanceux chronique en l'attrapant par la main et le tirant, essayant de faire preuve d'autorité.
-Nan! Je veux une sucette! Je veux une sucette maintenant! se mit à couiner de toutes ses forces le gosse.
Tout le monde les regardait. Gokudera et Yamamoto ne devraient pas mettre très longtemps à les trouver avec Lambo qui braillait comme une alarme. En moins mélodieux.
-Juudaime! Tenez bon, on arrive! encouragea l'italien de l'autre bout du magasin.
Les gens devaient les prendre pour une bande de cinglés. Tsuna poussa un soupir et traîna le môme hors du rayon dans l'allée centrale, se frottant au passage l'oreille droite qui semblait être sur le point de perdre quelques points d'audition.
-Tais-toi! grogna-t-il, exaspéré, essayant en même temps de se débarrasser des boulettes de viande collantes qui étaient arrivées dans ses cheveux.
Il leva les yeux, fatigué, et se figea sur place. Dans le rayon juste en face de lui, Hibari arrivait vers lui d'un air menaçant. Le manieur de tonfa, exaspéré par les braiments sonores du morveux et par l'absence de sa Némésis dans les rayons venait de prendre la décision qui s'imposait : faire taire la catastrophe ambulante et mordre à mort son tuteur. Pour la paix du magasin de Namimori et la tranquillité de son téléphone portable personnel.
Dans le rayon juste à côté, ignorant la présence du japonais, Rokudo Mukuro se dirigeait vers les fruits et légumes, les bras chargés de bouteilles de jus de fruit. Le sourire aux lèvres, il réfléchissait à la blague qu'il allait faire au futur parrain Vongola qui restait planté sur place dans l'allée centrale, le môme brailleur accroché à son bras. Allait-il lui demander s'il était de nouveau perdu, ou lui accrocherait-il un des soutiens-gorge de tout à l'heure (qu'il tenait caché sous sa veste et une illusion) dans le dos? Ou les deux?
Tsuna se décomposa.
-Fais quelque chose! lui hurla sa conscience devant la catastrophe qui s'annonçait. Pars! Ils viennent vers toi! Cours!
Mais il n'y avait rien à faire. Hibari fronça les sourcils, faisant taire la sirène bovine qui se rappela que, contrairement à ce qu'il prétendait, il n'était pas invincible. Mukuro prit l'air innocent du quidam qui fait ses courses. Trente centimètres puis les deux sortiraient en même temps de leurs allées respectives, et se verraient. Kyoya sortit ses tonfas, et Rokudo le sous-vêtement, sous couvert de l'illusion. L'illusionniste se demanda vaguement si sa cible favorite avait la phobie de se perdre pour tirer une tête pareille. Le chef du comité de discipline se dit que l'herbivore devait commencer à comprendre ses leçons pour être aussi pâle - mais alors qu'est-ce qu'il attendait pour faire taire ce morveux d'une façon brutale?
Les deux ennemis parcoururent un mètre dans l'allée principale avant que le gardien de la brume se demande qui pouvait bien regarder Tsuna avec une tête de condamné à mort et que celui du nuage jette un œil pour voir qui était dans la limite de son champs de vision.
Le temps sembla s'arrêter pour le petit brun qui les vit se tourner l'un vers l'autre comme au ralenti, puis se figer un bref instant en se reconnaissant mutuellement. Explosion imminente.
Les bouteilles que tenaient Mukuro éclatèrent sur le sol, tâchant le soutien-gorge. L'illusionniste venait de parer de justesse un coup de tonfa qui aurait dû lui fendre le crâne.
-Kufufu, ça faisait un bail, Hibari Kyoya.
L'autre fit montre de sa loquacité habituelle en ne répondant pas. Deux secondes plus tard les deux gardiens étaient en pleine bataille. Tsuna décréta qu'il était temps pour lui d'effectuer un replis stratégique. Saisissant Lambo qui tremblait contre sa jambe, il courut pour s'éloigner le plus possible de l'apocalypse qui se déroulait au centre du magasin.
Il tourna au rayon des vêtements pour femmes et faillit rentrer dans sa mère.
-Tiens! haleta-t-il en tendant le garçonnet. J'ai retrouvé Lambo. Mais on ferait mieux de partir très vite.
-Pas si vite, Tsunaze! intervint une petite voix aigüe. Tu dois les empêcher de faire des dégâts!
-NOOON! s'affola le dixième parrain Vongola en se cachant les yeux.
Tout plutôt que de s'approcher de la bataille nucléaire qui avait lieu quelques rayons plus loin. Tout seuls, Hibari et Mukuro étaient déjà dangereux à approcher. Avoir les deux mécontents sur le dos était bien pire que de contrarier Xanxus.
-En tant que futur parrain tu dois gérer ta famille.
-Je ne veux pas devenir parrain! brailla Tsuna.
-Ils sont en train de tout démolir, insista Reborn, l'air de rien.
-Comme si je pouvais les en empêcher!
-Ils mettent en danger des civils. Et la Mama.
-Mais j'y peux rien! Maman peut sortir et faire ses courses au marché!
-Dame-Tsuna... Tu ne peux rien faire, hein? se moqua l'arcobaleno.
-Non! s'exclama le brun, soulagé.
-Même si tu sais qu'ils sont en train de s'entretuer?
-... répondit Tsuna, inquiet.
C'était vrai que les deux là étaient sérieux et qu'il n'avait pas envie de les voir mourir. Mais il n'avait pas non plus envie de se suicider.
-Kyoko pourrait être en train de faire ses courses avec Haru ici, suggéra le bébé avec un sourire.
-Kyoko-chan! cria le futur parrain avant de passer en hypermode et de s'envoler au dessus du rayon.
-C'est la force de l'amour, commenta Bianchi avec un sourire attendri.
-Hum! approuva son amoureux avec un sourire.
Comme si Kyoko était ici à faire ses courses...
Dès qu'il fut en l'air, l'hypermode-Tsuna comprit que Kyoko n'était pas ici. Reborn s'était joué de lui pour le faire réagir.
-Bon sang, grommela-t-il en se dirigeant vers les deux combattants.
-Juudaime! brailla Gokudera en voyant une météorite passer au dessus de lui.
Hibari et Mukuro avaient détruit trois rayonnages, pris dans la fureur de leur combat. L'illusionniste ricanait et le chef du comité de discipline tirait sa tête des mauvais jours. Son sourire viendrait à la première blessure sérieuse de l'autre. Les vendeuses avaient déserté le magasin.
-Stop! intima Tsuna d'une voix ferme en se plaçant entre les deux. Ça suffit!
Ils se figèrent sur place, l'air agacé.
-De quoi te mêles-tu, herbivore?
-Vous détruisez le magasin et mettez des innocents en danger, répliqua le Boss d'un ton implacable.
Mukuro se retint tout juste de lui demander s'il savait ce qu'il pouvait en faire de ses précieux innocents.
-On continuera dehors, répondit Hibari sur le même ton.
-Non. Il est hors de question que je vous laisse vous entretuer.
-Tsunayoshi-kun, cela ne regarde que nous, affirma Rokudo, commençant à s'énerver un peu.
-Non. Et les gens qui vous aiment, vous y avez pensé? demanda l'hérissé en hypermode.
-Non, rétorquèrent les deux autres dans un parfait ensemble, l'air de dire que l'un de ceux-là en particulier n'en valait pas la peine.
Tsuna soupira.
-Je vois.
Mukuro leva un sourcil, et Hibari plissa légèrement les yeux. Sawada allait-il enfin les lâcher?
-Je ne peux pas vous surveiller tout le temps pour vous empêcher de vous battre, concéda-t-il.
Les tonfas furent arrachées des mains de leur propriétaire et le trident se retrouva dans le gant estampillé « X ».
-Mais je peux vous désarmer. Je vous les rendrais après. Si vous continuez à vous battre, je reviendrais vous corriger, annonça le mécontent en prenant de la hauteur.
-Sawada Tsunayoshi. Ta courte vie prendra fin lorsque je mettrais la main sur ma paire de tonfas de rechange.
-Jeune Vongola, il existe de multiples manières de tuer douloureusement quelqu'un, déclara suavement Mukuro, une lueur menaçante dans le regard. Trident ou non.
Hibari avait l'air de mâcher un citron particulièrement acide. Il fusillait du regard le garçon qui planait au dessus d'eux.
-Herbivore, je vais te mordre à mort et tout ce que tu as vécu de pire jusqu'ici te paraîtra une plaisanterie, articula-t-il d'un ton glacé que même le gardien de la brume dans ses meilleurs jours n'avait jamais réussi à lui faire prendre.
-J'en doute, coupa le Dixième en s'envolant et disparaissant dans les hauteurs du magasin.
Les deux ennemis restèrent plantés là, furieux.
Tsuna atterrit une dizaine d'étalages plus loin, dans les jeux vidéos. Sa flamme disparut et il se laissa tomber sur le sol, paniqué. Les armes le rejoignirent dans un claquement métallique.
-Aaahh! Qu'est-ce que j'ai fait? Maintenant j'ai Hibari-san et Mukuro en colère après moi!
-Juudaime!
-Tsuna!
Le garçon releva la tête et sourit à ses deux amis qui arrivaient. Gokudera resta bouche ouverte en reconnaissant les armes dans les mains de Tsuna.
-Juudaime, souffla-t-il d'une voix sourde et admirative. Vous... vous l'avez fait, Juudaime! Vous avez désarmé ces deux fous! Vous... êtes vraiment incroyable.
-Haha! Joli coup, Tsuna! le complimenta Yamamoto.
-Oui... Mais maintenant les deux me cherchent pour me... souffla Tsuna d'une voix angoissée.
-Je vous protègerai, Juudaime! le rassura l'italien d'une voix forte. Ce ne sont pas deux tarés désarmés qui pourront vous faire du mal!
-M... Merci, Gokudera-kun!
-Ne t'inquiète pas, Tsuna, dit à son tour Yamamoto. On est là.
Oui. Maintenant, ce n'était plus qu'une partie de cache-cache avec un manieur de tonfa sadique et un évadé illusionniste qui ne l'était pas moins. La vie était belle. A se demander pourquoi on s'inquiétait.
De leur côté, Mukuro et Hibari se fusillaient du regard, hésitant sur la conduite à tenir. Se lancer à la poursuite de Sawada? Régler leurs comptes ici? Obéir à l'herbivore/naïf de service? Sans armes, la décision était dure... D'autant que si l'autre se rendait compte qu'ils continuaient leur bagarre, il allait revenir. Et ils étaient désarmés. Fichu Vongola Decimo et ses bons sentiments dégoulinants de bonté qui ennuyaient tout le monde.
Hibari s'apprêtait à tourner les talons lorsque quelque chose le fit se figer.
-VOOOOOOOOOOOIIII! Gamin! Où es-tu? rugit une voix bien connue qui fit trembler le rayon nettoyage dans lequel ils étaient.
On entendit un bruit de chute d'étalage au loin.
-Kufufu... On dirait que le petit Tsuna va être très occupé ailleurs, commenta Mukuro.
Kyoya referma son portable après avoir envoyé un court message à Kusakabe.
-Je me demande comment tu te débrouilles sans tes tonfas, se moqua l'illusionniste. Comme un chiot téméraire, je suppose.
Le japonais se figea, une grimace de colère sur le visage.
-Sans ton trident tu es juste bon à corriger quelques herbivores effrayés, sale pervers d'illusionniste, réagit-t-il en se tournant vers sa Némésis.
Quel genre de personne trimballait un imposant soutien-gorge caché dans la poche de sa veste, si ce n'est un pervers?
-Oh? railla Mukuro en levant un sourcil. Tu veux vérifier?
Il tendit la main et attrapa un balai qui était en promotion à moins cinquante pour cent. Hibari jeta un œil au rayon près de lui. De la lessive, du nettoyant, du papier toilette. Résigné, il saisit une brosse à WC bleue et envoya un regard noir à l'autre qui se fendait la poire. L'ustensile manquait peut-être de densité pour être efficace, mais après tout, Sawada lui avait bien résisté avec un plumeau en plastique. Le japonais était sûr que l'usage qu'il ferait de cette brosse à toilette donnerait des cauchemars pendant longtemps aux ménagères qui seraient témoins du spectacle. Il en attrapa une deuxième (vert pomme), et Mukuro attaqua.
Supermarché : Endroit suffisament grand pour que l'on y perde sept personnes, mais trop petit pour empêcher Hibari et Mukuro de se croiser. Source : Sawada Tsunayoshi.
Voilà ^^! Une suite et fin est prévue pour clôturer cette séance de courses. J'espère que vous n'avez pas été déçus XD.
