Bonsoir ^^! Me revoilà avec la suite de la saga de Tsuna au supermarché. Bonne lecture et merci pour toutes vos reviews (DisiniTana, voilà enfin la suite ^^)!


Inconscients de la scène de ménage qui se déroulait un peu plus loin, trois personnes se concertaient dans un rayon, sans trouver de solution.

-VOOI! Yamamoto Takeshi, je vais te mettre une correction! clama Squalo dont la voix était bien plus forte que tous les messages que l'hôtesse envoyait avec son micro.

-Haha, je crois qu'il est sérieux, s'exclama le recherché avec un sourire un peu gêné. Et je crois que j'ai oublié mon sabre à la maison...

-Crétin de sportif! Comment veux-tu protéger le Juudaime si tu es désarmé? s'emporta l'italien.

-Aaaah! Qu'est-ce qu'on va faire? se plaignait Tsuna, saisi par un nouvel accès de désespoir.

Ils jouaient maintenant à cache-cache avec trois sadiques. Pendant ce temps, Nana faisait tranquillement ses courses, avec Reborn et Bianchi. Les cris de terreur commencèrent à se rapprocher. Visiblement, le Varia faisait fuir les quelques mamies qui faisaient encore leurs courses.

-Euh, on ferait mieux de ne pas rester ici, proposa Tsuna avec inquiétude.

Deux hochements de tête accueillirent sa remarque et ils changèrent de rayon, s'approchant de l'étal du poissonnier.

-Que va-t-on faire? se demanda le petit brun.

-Oh, tu es aussi ici, Sawada? s'exclama une voix bien connue qui chuchotait.

-Onii-san? s'écria Tsuna un ton trop fort, découvrant la personne près de lui.

-Chut! C'est extrêmement trop fort! s'énerva le boxeur.

-Qu'est-ce qui se passe tête de gazon? gronda Gokudera.

-Lussuria me poursuit avec des propositions extrêmement gênantes! Il m'a vu pendant mon footing et je suis venu me cacher ici.

-Hééé? Lussuria est aussi ici?

-Oui! Il y a aussi le mec au sourire extrême et aux couteaux.

Gokudera s'étrangla. Bel était dans la place.

La situation s'annonçait plus que catastrophique. Le boxeur jeta un œil derrière lui.

-Il arrive par là. Bonne chance à l'extrême, Sawada!

Et il partit, laissant les trois autres dans un état d'esprit extrêmement silencieux.

-Oh, maman, regarde, on dirait des Jedis, chouina un jeune enfant en montrant du doigt un garçon armé d'un manche à balai qui repoussait méthodiquement un autre armé d'une seule brosse à WC.

Hibari avait perdu la brosse verte. Ce n'était pas très solide ces choses là et ça manquait de portée. Mukuro souriait, amusé. Il n'aurait jamais cru que c'était si amusant de faire le ménage avec Hibari.

Du côté du rayon surgelés, Tsuna prenait une décision importante :

-Yamamoto, je crois que tu devrais rentrer chez toi pour aller chercher ton sabre.

-C'est vrai que si je ne l'ai pas, il ne va pas être tendre avec moi, avoua Yamomoto en pensant à l'autre pour qui l'épée était un culte dont la lame était une prière et le combat la cérémonie. Et qui pratiquait à n'importe quelle occasion.

Son téléphone sonna, le « Vooi! » enregistré étant à peine audible dans le tumulte des cris du magasin.

-Allo? demanda-t-il d'un ton joyeux en baissant le son.

-VOOOI! Où es-tu, gamin?

On entendait le squale depuis l'autre bout du magasin sans qu'il ait besoin de téléphoner. Le sourire du baseballer s'agrandit.

-Haha, au rayon sport, je regarde les battes de baseball! A tout de suite!

Et il raccrocha.

-J'en ai pour un quart d'heure pour chercher mon kintoki.

-Hum, on essaiera de l'occuper pendant ce temps, souffla Tsuna, pensant que s'ils arrivaient à échapper à l'épéiste ce serait déjà très bien.

Yamamoto se prépara à effectuer une sortie discrète du côté des caisses, profitant que Squalo soit en train d'agresser bruyamment un vendeur pour savoir où se trouvait le rayon sport. Il fit un signe de main à Nana qui passait à la caisse et sortit précipitamment du local. Déguisé en caissière pour remplacer les filles qui avaient déserté le magasin avec l'arrivée de la Varia, Reborn sourit en encaissant le chèque de Nana. Deux secondes plus tard, le portable de Tsuna sonnait.

-Tsuna-kun? C'est moi, Lambo-chan s'est encore sauvé, fit la voix de Nana à l'autre bout du fil. Bianchi-san est partie le chercher mais ça risque d'être long.

-D'a... d'accord, répondit le fils d'une voix blanche.

Il était maudit. Quelle était la probabilité de se mettre Hibari-san et Mukuro sur le dos le même jour, dans un supermarché envahi par la Varia et où il lui fallait retrouver Lambo? Peu élevée, en théorie. Et il fallait maintenant annoncer au fumeur que leur situation avait atteint un nouveau seuil de putréfaction.

Il ouvrait la bouche lorsque deux choses se produisirent. D'un côté du rayon apparut Lussuria, très en forme semblait-il. De l'autre, il y avait la sécurité du supermarché. Sawada regarda d'un air inquiet les colosses du service de sécurité qui fixaient les tonfas et le trident d'un regard très soupçonneux.

-C'est vous qui faites autant de bruit? interrogea un baraqué avec des cheveux décolorés.

-N... Non.

-A mon avis, si, se moqua un autre en avisant le garçon fluet en face de lui, visiblement plus facile à attraper que les fous furieux qui venaient d'arriver. Suivez-nous.

-Laissez le Juudaime tranquille, vous! ordonna l'italien d'un ton sec.

-Qu'est-ce qu'il a le petit... Aaah!

Quelques explosions plus loin, la sécurité était déjà moins nombreuse.

-Ma, maaaa! Ils sont de plus en plus mon type, minauda Lussuria en se penchant vers un des hommes assommés.

Les deux autres profitèrent de la diversion pour partir en courant, Tsuna serrant contre lui le trident et les tonfas de ses gardiens.

-Gokudera-kun!

-Quoi donc, Juudaime?

-Il faut retrouver Lambo qui s'est encore échappé!

-QUOI?

-Séparons-nous, Gokudera-kun, ce sera plus simple pour le retrouver!

-Juudaime, vous êtes encore prêt à vous sacrifier pour ce bovin stupide... articula l'italien d'une voix pleine d'émotion.

-Euh, répondit Tsuna qui n'avait pas envisagé la situation de ce point de vue.

En fait, sortir de cet enfer le plus rapidement possible était sans doute la meilleure solution. Il avait trois, non, cinq personnes à éviter impérativement pour des raisons de sécurité personnelle. Sortir du magasin semblait une nécessité absolue. Les deux amis se séparèrent : Tsuna alla du côté des jeux vidéo tandis que Hayato fonçait vers les pâtisseries.

-Foutu bovin stupide, marmonna la bombe tempête en allumant une cigarette pour se calmer.

Il quitta le rayon gâteau -vide- et courut vers les biscuits.

-VOOOI! Où est le morveux au katana? brailla Squalo qui manqua de lui rentrer dedans.

Il venait de quitter le rayon sport où le gamin n'était pas là.

-J'en sais rien j'suis pas sa mère, grogna le gardien de la tempête, préparant quelques dynamites à lui balancer dessus, au cas où.

-VOII, ne te fous pas de moi, ça fait dix minutes que je tourne en rond dans ce foutu supermarché!

-Et alors?

-Faut que j'aille poser la question au gamin aux gants? s'énerva l'épéiste.

-Fous la paix au Juudaime, connard de Varia!

Et la bataille commença.

…..

Mukuro fit reculer Hibari jusqu'au rayon fruits et légumes. C'est fou ce qu'un balai peut être efficace contre une brosse en plastique. Le japonais saisit un concombre de sa main libre. C'était plus lourd, plus dense et plus solide. Il contre-attaqua, forçant l'illusionniste à reculer, changeant au passage l'ustensile bleu pour un autre légume.

Le gardien de la brume contourna l'étal, augmentant la distance entre lui et son adversaire. Ce dernier, avisant les fruits à côté de lui, fit tomber quelques ananas par terre et shoota dans l'une d'elle. Mukuro se baissa et le fruit explosa dans les poissons surgelés, là où était sa tête une fraction de seconde plus tôt. Grognant intérieurement contre le fichu gâchis de si bons fruits, il sourit légèrement. Ce n'était pas un japonais qui allait apprendre à jouer au foot à un italien.

Il saisit une pastèque (la trouvant bien petite) et tira à son tour vers Hibari qui esquiva, la cucurbitacée lui frôlant la hanche. S'il était resté sur place, il aurait fait un arrêt avec son entrejambe. Deux ananas s'écrasèrent dans le sillage du manieur de trident en guise de vengeance, sans plus le toucher.

-Hein? Mais qu'est-ce qu'ils font? s'étonna Bel en arrivant sur les lieux par l'allée des vêtements masculins.

Ces deux abrutis avaient entamé une partie de foot? Il observa un instant les fruits qui éclataient sur les rayons. Une pastèque loupa Hibari pour s'écraser à trois mètres du prince.

-Shishishi, ricana-t-il en se glissant du côté des melons.

Kyoya eut juste le temps de se baisser, le fruit lui fouettant les cheveux. Mukuro en profita pour lui renvoyer une pastèque. Le chef du comité de discipline tenta de parer avec un concombre mais celui-ci fut décapité par la force du tir, la pastèque le heurtant à l'oreille. Pas si solide que ça, un concombre, finalement. Il lâcha ce qu'il restait de son arme improvisée et se replia au rayon sport sous le feux de deux attaques combinées. Il envoya au passage une dernière courgette au gardien de la brume qui l'évita sans trop de problème - ce genre de projectile n'était pas très aérodynamique.

Lassé du manque de sang de leur petit jeu, Bel commença à sortir ses couteaux avant d'entendre une explosion un peu plus loin. Gokudera. Il lança deux de ses armes vers l'illusionniste qui se précipitait à la poursuite de l'alouette. Le prince allait retrouver son rival.

Kyoya regarda autour de lui. Ah, le rayon sport. Une mine d'objets utiles et dangereux qui n'était certes pas aussi fournie que le rayon cuisine ou encore jardinage, mais qui comprenait quelques objets plus menaçants qu'une brosse à chiottes ou un concombre. Hibari saisit une batte de baseball avec plaisir. S'il avait la possibilité de faire un homerun avec la tête de sa Némésis, il lui ferait traverser le magasin en volant. Rokudo apparut enfin dans son allée et lui envoya un des melons que Bel avait sortis de leur étalage.

L'alouette donna un coup de batte que n'aurait pas renié Yamamoto. Il fut néanmoins peu apprécié par le melon qui exprima son mécontentement en lui explosant à la figure. Parmi les morceaux oranges et verts qui volaient dans tous les sens, Hibari vit Mukuro lui foncer dessus.

Un coup plus loin, le balai était cassé en deux. Rokudo fit la grimace. Il perdait la main. Avisant les raquettes de tennis qui étaient là, il en attrapa une. Les deux ennemis s'immobilisèrent à quelques mètres l'un de l'autre. Ils avaient l'air d'un tennisman et d'un baseballer prêts à en découdre.

L'illusionniste se retint de grimacer une nouvelle fois. Son arme était moins maniable que le balai de tout à l'heure. Et l'alouette avait changé ses concombres pour quelque chose de plus radical contre les gêneurs. Après tout, lui même avait déjà tabassé quelques personnes à l'aide d'une batte de baseball. Et toutes n'avaient pas survécu.

-Kufufu, ricana-t-il en voyant juste à côté de lui les ballons de foot.

Parfaitement ronds, lourds et bien gonflés. Et bien plus résistants qu'un melon ou une pastèque. Il donna un coup de raquette dans l'étalage, choisit un ballon parmi ceux qui tombaient et shoota en direction de la tête d'Hibari qui s'écarta de justesse.

Kyoya était sûr que ses quelques cheveux qui avaient été sur la trajectoire du projectile avaient été raccourcis. Le ballon passa près de sa tête dans une trajectoire circulaire. Le chef du comité de discipline avait mordu à mort suffisamment d'herbivores footballeurs (football'herbivores!) qui faisaient des parties clandestines à Namimori pour prévoir la trajectoire d'un ballon. Après avoir quitté le rayon sport, l'objet continua son arc de cercle avant de heurter le rayon lingerie et de faire s'effondrer l'étagère.

Enseveli sous un tas de chaussettes féminines et un présentoir en bois de plusieurs mètres de long, Sawada maudit l'idée qu'il avait eu de couper par cette allée pour rejoindre les aliments pour animaux. Et ce n'était pas passé loin : il portait toujours les armes qu'il avait confisqué à Mukuro et Hibari. Il avait failli tomber sur le trident dont les petites pointes qui ornaient la base des pics se seraient fait un plaisir de l'égratigner - et plus si affinités. Tsuna se demanda vaguement quelle tête ferait le gardien de la brume s'il devait apprendre que tous ses vains efforts pour posséder le corps du futur parrain auraient pu être simplement évités en confiant son trident au petit brun la première fois qu'ils s'étaient croisés et en attendant qu'il se casse la figure avec. Rirait-il ou bien serait-il dégoûté? La situation serait pathétique et ridicule.

Rampant tant bien que mal pour se sortir de là, Tsuna soupira et se demanda s'il ne devrait pas porter secours à Gokudera. Il se battait, il le savait. Il fallait dire que son adversaire n'était pas un modèle de discrétion.

-VOOOI, gamin! C'est ce que tu fais de mieux? brailla Squalo avec un grand sourire.

Ils n'avaient encore détruit que les deux étalages du rayon gâteau.

-La ferme! Moi au moins j'ai pas encore besoin de changer de veste!

-VOOI!

Hayato était encore indemne, mais la veste de l'épéiste avait malencontreusement été déchirée par une explosion et avait reçu en prime une portion de gâteau à la crème.

-Je vais te mettre en pièce, demi-portion! gronda le squale.

-ROMEEEOOOOOO! hurla une voix féminine à quelques mètres de là.

-AAAAAAHHH! s'égosillait une autre plus masculine.

-A... Attendez! s'exclama une troisième, encore plus grave.

-Hu? s'étonna Squalo, se rendant compte que les bruits de courses et de cris approchaient.

Visiblement certains ici s'éclataient.

Lambo adulte passa en courant entre lui et le fumeur, les empêchant de se jeter une nouvelle fois dessus. Il avait sur sa chemise une composition culinaire plus que suspect qui émettait de la fumée violette et un grésillement inquiétant. Derrière lui, une Bianchi furieuse le poursuivait, balançant divers plats sur lui. L'un d'eux s'écrasa près du squale, liquéfiant le carrelage du magasin.

-Grande sœur! s'écria Gokudera en la reconnaissant.

-Hayato! Fais attention à toi! lança la tueuse, en jetant un regard inquiet à son petit frère.

Elle retiré ses lunettes, et le squale assista impuissant à la neutralisation instantanée de son adversaire.

-Arrrg! gémit le manieur d'explosif en tombant au sol en se tenant le ventre à deux mains.

-Qu'est-ce que...? hoqueta Squalo devant la situation qui venait de déraper.

-Attendez! hurla de nouveau Levi en passant entre Gokudera et Squalo, peinant à suivre les deux autres.

Il bouscula son chef et se précipita à la suite de Bianchi. Il y eut un blanc du côté du bras droit de la Varia. Il s'était passé quoi, au juste? Il y a encore une seconde, il avait un adversaire et un terrain de jeu, et maintenant, Gokudera Hayato se traînait par terre et il valait mieux ne pas marcher dans les munitions que la cuisinière du diable avait laissé derrière elle.

En fait, Lambo était bien en train d'achever le saccage du rayon nourriture pour animaux lorsque Levi était arrivé. Le gardien de la foudre Varia n'avait pas vraiment apprécié l'atterrissage du contenu d'une boîte pour chiens gourmets sur ses vêtements et avait décidé de tuer l'impudent morveux. Le rugissement de colère avait attiré l'attention du bovin, qui, prenant peur à la vue du colosse brandissant un parapluie avait utilisé son bazooka, amenant son « lui » de quinze ans.

Enfin, alertée par les « sale morveux! Je vais te tuer! » de l'assassin, Bianchi s'était précipitée dans le rayonnage.

-Laisse cet enfant! ordonna-t-elle, un plat fumant à la main.

Levi était devenu tout rouge en la voyant. Séduit par la beauté italienne devant lui, il hésitait entre engager la conversation et achever de tuer son rival de cinq ans. Le silence s'était maintenu pendant quelques secondes, jusqu'à ce que Lambo, gêné, s'éclaircisse la gorge.

-ROOMEEEOOOO! s'époumona Bianchi, oubliant dans la seconde l'assassin Varia.

Le bovin était parti en hurlant, échappant de peu à des spaghettis-fléchettes. Ne sachant toujours pas comment réagir, Levi s'était finalement précipité à la suite des deux autres. « Le pervers électrique a encore frappé » aurait dit Bel s'il avait été là à ce moment là.

Squalo soupira bruyamment et tourna les talons, partant à la recherche de Yamamoto. On entendit un « pof! » bruyant d'un bout du magasin. Rendue légèrement perplexe par la disparition de son ex-amoureux, Bianchi ramassa le bovin et tourna les talons.

-S'il vous plaît, mademoiselle... tenta Levi. Donnez-moi votre numéro de téléphone!

Lambo se mit à pleurer en le voyant. La jeune tueuse fronça les sourcils et lui envoya une assiette à la figure pour toute réponse.

-Tu fais peur aux enfants, reprocha-t-elle en partant, le morveux sous le bras.

Et elle sortit du supermarché, tapotant un message pour Tsuna et son frère sur son portable.

…..

-Ushishishi, qui voilà donc? ricana Bel en voyant Gokudera qui se tenait le ventre.

-Enfoiré, murmura l'autre en voyant le prince sortir lentement ses couteaux, un sourire un peu dément aux lèvres.

Bel était ravi. L'un de ses adversaires favoris était sans défense. Il allait enfin pouvoir la faire, cette vivisection ; en admirant la grimace de douleur d'Hayato, en buvant ses cris de plus en plus faibles au fur et à mesure que le sang coulerait des blessures qui seraient de plus en plus nombreuses et graves.

-Laisse-moi voir ce que tu as dans le ventre : je te dirais ce que tu as mangé ce midi et tu me diras si je me trompe, ushishishi, lui proposa le blond, ses dents scintillant dans les néons du plafond encore en état de briller.

-Je vais te... menaça faiblement la bombe tempête en tentant de mettre la main sur une de ses dynamites.

-Essaye donc, le provoqua l'autre, faisant entendre son rire étrange.

Deux couteaux cliquetèrent entre ses doigts.

-Commençons doucement, d'accord? prévint le Prince, comme si Gokudera allait tout lui saccager en attrapant un couteau pour se charcuter vitesse grand V.

-Haha, j'arrive à temps? claironna quelqu'un en sortant d'un rayon adjacent, un kintoki à la main.

-Yamamoto! s'étouffa le fumeur, mi-soulagé mi-furieux.

Pourquoi ce n'était pas le Juudaime?

-Hu? Tu es le gamin qui a mis une correction à Squalo, toi? Hors de mon chemin, commanda dédaigneusement Bel en agitant la main.

-Pas question, trancha le baseballer d'un ton ferme, se plaçant entre son ami et le fou furieux.

-Pourquoi? s'enquit le Varia de sa voix légèrement traînante.

-Parce que Gokudera joue avec moi, déclara le japonais d'un ton tranquille.

-HEIN? brailla l'intéressé, bravant son traumatisme stomacal pour exprimer son désaccord. Jouer? Avec toi? Mais à quoi?

-A la mafia!

Deux mafieux furent réduits au silence par cette affirmation balancée avec un grand sourire niais. Il y a des cas perdus, pensaient-ils. Mais le combat ne l'était pas et il commença. Squalo serait très déçu d'avoir loupé son meilleur adversaire.

…..

Tsuna parvint enfin à s'extraire de son rayon et du monceau de chaussettes en toile fine qui lui étaient tombés dessus. Il avait mis du temps à se dégager. Le brun sortit son téléphone qui avait vibré pendant son évasion. Lambo avait été retrouvé. Parfait. Il ne restait plus que Gokudera, Ryohei et Yamamoto à évacuer de la zone dangereuse. Ah, et que faisait-il des tonfas et du trident qu'il se trimballait? Il les envoyait à leur propriétaire respectif par la poste? En tout cas, il était hors de question de leur rendre en personne. Et pourquoi pas se menotter devant eux, en prime?

-Ma, ma, plutôt séduisant à ramper comme ça, fit une voix aiguë dans son dos.

-Lu... Lussuria!

-Huuuum! Et si tu venais faire un tour avec moi, jeune homme?

-Euh... Je... suis pressé. Oui, très pressé! Hahaha!

-Ne dis pas çaaaaaaaaaaa! Ryohei-chan m'a dit la même chose avant de courir! Je te promets beaucoup de plaisir, gloussa l'assassin avec un clin d'œil.

Tsuna adopta la méthode de Ryohei et Lambo, c'est-à-dire la fuite éperdue. Sa vie et sa dignité le valaient bien.

-Attends-moiiiiiiiiiiii! couina Lussuria mi-déçu mi-rieur.

-Pourquoi moi? Pourquoi? s'interrogeait Sawada en sprintant entre les rayons encore debout.

Il cria et tourna à droite, sentant l'autre le rejoindre. Une main s'écrasa contre le rayon, là où était son bras un instant plus tôt.

Quelques allées plus loin, entendant son poursuivant loin de lui, Ryohei décidait de tenter une sortie et de partir du magasin. Il rentra dans Squalo qui pianotait sur son portable, cherchant à joindre Yamamoto.

-VOOOI!

-Oh. L'épéiste extrêmement bruyant.

-Qu'est-ce que tu fous là, connard?

-Je fais des courses à l'extrême! brailla le boxeur, tout aussi fort, oubliant que le gardien du soleil Varia était loin d'être sourd.

Squalo tiqua. En t-shirt, survêtement, sans rien à la main, et en train de faire les courses? Les japonais avaient des mœurs bizarres. Ou l'autre se foutait extrêmement de sa gueule.

-Vooi, peu importe, tu vas me servir d'échauffement en attendant l'autre morveux.

Ils échangèrent un coup d'épée et un maximum canon. Squalo dégomma le rayon charcuterie devant lui, et le souffle du coup du boxeur envoya valser le rayon couche-culottes.

Tsuna passait encore par là. Il esquiva juste à temps l'ensemble de l'étagère, mais son contenu partit dans tous les sens. Lussuria encaissa le rayon tandis que le petit brun reçut simplement un paquet de couches dans la figure.

Un paquet de couches emballées dans du plastique transparent imprimé est quelque chose de relativement mou. On peut frapper quelqu'un avec sans risquer de le blesser, puisqu'il n'y a rien de rigide, rien de piquant, rien de coupant. Néanmoins, un maximum canon restant un maximum canon, la force du coup fut suffisante pour que l'objet moelleux estampillé « sans danger » assomme le futur parrain pendant quelques secondes. Reborn soulignerait plus tard que s'il avait reçu un paquet de 12 rouleaux de papier toilette, il aurait eu une fracture du crâne à cause du carton rigide. Ryohei devait être l'une des rares personnes sur terre à pouvoir tuer rapidement quelqu'un avec des rouleaux de papier toilette. Ses gardiens avaient des pouvoirs terrifiants.

Titubant un peu, Tsuna se releva et commença à s'éloigner tant bien que mal, les armes de ses gardiens toujours dans les bras.

-Ma, ma, Squalo-chan est avec Ryohei-chan. Tant pis, je lui demanderais de me le rendre après.

-Hiiiiiiiiiii! couina Sawada en entendant la voix de dessous l'étagère.

Visiblement, il courait moins vite que le boxeur. Être une cible facile n'avait rien de bon. Le brun se dépêcha de mettre de la distance et de partir se cacher, espérant que la prochaine étagère ne serait pas pour lui.


Supermarché (n.m.) : endroit où le commun des mortels fait ses courses et les mafieux la chasse. Endroit propice à l'expression d'un karma pourri.


Et voilà, fini ^^! Je plaisante, je cherche juste quelques idées pour conclure le dernier chapitre! Des avis ^^?